Observations des refus

Publié le par isa

La rentrée est passée, les pleurs vont cesser, restent certains refus.

Avec des petits élèves, l’enseignant apprend vite à juger du bien-fondé de ses propositions et de l’intérêt qu’il suscite.

Avec des petits élèves, l’enseignant n’apprend pas toujours très vite à répondre à la résistance obstinée des « NON » qu’il reçoit.

Quels sont–ils d’ailleurs ces « NON » ?

Quand les retrouve-t-on ?

Est-ce que tous les « NON » se valent ?

Comment vous sentez-vous face au refus ?

Comment ne pas rentrer dans un cercle d’obstination de la part de l’élève mais aussi de l’adulte ?

Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à en débattre, ne me laissez pas face à un refus :-))

Observations des refus

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sophie 28/02/2016 10:05

Bonjour,

Je suis maman de Gabriel qui a 3 ans et demi (né début Juillet), l'école pour lui c'est très bien passé au début, sauf 3 convocations avec la maitresse car il étranglait ses camarades, c'est quelques chose qu'il faisait lorsque j'allais le chercher chez la nourrice, ce n'ai pas vraiment étranglé, il m'était ses mains autour de mon coup mais ne serrait pas, il est vrai que cela peut être choquant (il ne le fait plus).
Il a changé de maîtresse 3 fois déjà, sa 2ème maitresse était super, la nouvelle est un peu spécial, en même pas 1 mois un débriefing (Gabriel ne fait pas les activités proposées, ne connait pas les couleurs, se traine dans la cour, il reste allongé au sol, c'est ce qu'il fait à la maison aussi mais surtout si il se fait disputé, ne se mélange pas trop, il joue avec les mêmes camarades).

A la maison il écoute assez bien, mais ne mange pas beaucoup, il veut des biberons ... et une histoire dans son lit avant de dormir.

Je trouve qu'il régresse, de nouveau pipi au lit la nuit. Il est suivie par une psy (séparation avec son papa, ça se passe très bien entre nous) nous vivons encore ensemble, la psy me dit que Gabriel va bien, pourtant ce n'ai pas ce que l'on me dit à lécole !
Quand je le question, pour chaque question, il me répond "C'est nul !"

Je ne sais pas quoi pensez, je n'ai pas l'impression qu'il soit perturbé, il ne dit souvent qu'il est grand, je trouve que c'est plutôt bon signe.

Florence 18/12/2015 09:29

Bonjour,

Quel chouette blog! Je suis arrivée ici parce que mon petit bout de 3ans et 3mois est entré en septembre en 1ere maternelle. Je suis en Belgique donc les termes sont peut-être un peu différents. Il est entré en avril en "accueil" et tout s'est bien passé. Il pleurait au moment de la séparation mais on m'a dit qu'il était comme un poisson dans l'eau. En septembre il est entré dans une classe mixte 1ère-2ème maternelle. La prof m'avait fait bonne impression, nous expliquant le déroulement d'une journée et sa manière de structurer les activités pour que les 2 âges s'y retrouvent. Mais depuis la mi-novembre, la situation se dégrade. On m'a dit qu'il faisait des colères et crises au repas chaud de midi pour ne pas goûter. On a alors appris qu'en classe il ne voulait pas tout le temps participer et qu'il se met les mains en bouche pour se faire vômir quand il ne veut pas faire quelque chose. Et cette semaine, il m'a raconté que son instit s'est fâchée, qu'il a eu peur et qu'il a dû aller dessiner dans le bureau de la secrétaire. Le dessin en question, il devait le faire pour une petite fille dont c'était l'anniversaire mais avec qui il ne s'entend pas car elle est difficile et ennuie les autres enfants également. Que penser? D'un côté je me dis qu'on doit être plus strictes à la maison (on a tendance à obtenir ce qu'on veut par des discussions et on le contourne pour éviter les conflits en frontal) mais j'aimerais proposer à son instit de ne pas l'obliger s'il ne veut pas faire quelque chose.
Dans la cour, il a dit un soir qu'il n'avait pas de copains mais ce n'est pas constant. Il vient d'arrêter la sieste et du coup doit peut-être trouver sa place dans la cour maintenant qu'il s'y retrouve?
Auriez-vous des suggestions?

Florence 18/12/2015 12:11

Merci, non, rien de particulier à priori depuis novembre... vivement les vacances qui commencent ce soir pour qu'il puisse se reposer (et nous aussi). On va rencontrer l'instit à la rentrée et je vais demander de faire un point récurrent pour voir si ça s'améliore. Je vais essayer aussi de faire des activités bricolage, coloriage pendant les vacances pour lui montrer que ça peut être amusant aussi parce que pour le moment on joue avec d'autres choses à la maison. Bonnes fêtes!

isa 18/12/2015 11:57

Bonjour Florence et merci de ton intérêt pour le blog. Tu es inquiète pour ton petit garçon qui semble avoir un passage difficile en ce moment, pourquoi depuis la mi-novembre justement, que s'est-il passé ? Y a-t-il des changements dans sa vie ? A-t-il été malade ? Parfois la fatigue peut expliquer cela et quand tu me dis qu'il ne fait plus la sieste, je trouve qu'à 3 ans, c'est un peu tôt. Dans ce cas, l'enfant a tendance soit à s'agiter, soit à se replier.On pourrait dire qu'il a choisi l'option 2, celle du repli et des refus. Je regarderai du côté de cette sieste dont il a peut être encore besoin.

IsaG 24/09/2015 15:19

Bonjour,

je suis contente d'être tombée sur ce blog en farfouillant un peu sur internet. Je m'explique: cela fera donc bientôt 1 mois que la rentrée est passée; mon fils de 3 ans est en PS. il a toujours été habitué à être avec d'autres enfants, joue d'ailleurs très bien avec eux (cousins, voisins, copains de crèche jusque là). A la crèche, il participait le plus souvent aux activités proposées avec enthousiasme mais refusait déjà quelques fois. Il a un fort caractère: quand c'est non, eh bien on a beau discuter et tout faire pour le faire changer d'avis, il reste campé sur le non. Donc depuis le commencement de l'école, mon fils R. joue volontiers avec les jeux de la classe, semble écouter les histoires et chansons/comptines, mais il refuse catégoriquement de faire les activités proposées par la maîtresse (peinture surtout, et à peu près tout le reste).
j'en ai parlé déjà de nombreuses fois avec lui, en lui expliquant que c'est un peu comme à la crèche, que ça reste des jeux mais qu'il faut participer comme les autres enfants. Pensant que ça pourrait le motiver je lui ai montré une partie des travaux de sa grande soeur en PS (qui avait la même maîtresse) en lui expliquant, sans pour autant faire de comparaison avec sa soeur au même âge, simplement tout ce qu'il pourrait faire en participant: "tu as vu tu vas apprendre à faire énormément de choses, avec de la peinture, des crayons, feutres, encre, gommettes, de beaux dessins, etc"; il m'a répondu que la peinture il veut la faire à la crèche, à la maison mais pas à l'école. pourquoi? il ne sait pas répondre.
en classe quand il refuse de participer du coup il reste seul sur le tapis, tranquille, et la maîtresse fini par lui proposer un jouet pour l'occuper car il pourrait rester sans rien faire du tout (je suppose qu'il écoute tout de même)... ça me désole et contrarie car il n'a jamais été comme ça!
De ce que je comprends, je ne crois pas qu'il joue beaucoup avec les camarades de classe, hormis un peu avec une petite fille qui est notre voisine dans la résidence et qui était à la crèche avec lui. Dans la cour s'il joue ce sont des plus grands qui connaissent sa grande soeur et qui savent donc qui il est qui vont vers lui.

La maîtresse me dit qu'elle le laisse tranquille jusqu'en octobre mais qu'en suite elle va essayer de le forcer, mais qu'il risque de pleurer. J'ai peur que ça le braque encore plus.

je suis donc un peu rassurée de voir que Célestine a eu un déclic mais je m'inquiète énormément pour R. D'autant plus que depuis cette rentrée scolaire il enchaîne de plus en plus les caprices à la maison, ce sont des rapports de force épuisants qui s'installent entre nous (encore depuis 2 jours il semble s'être calmé un peu)...

que pensez-vous de la réaction de la maîtresse? il faut savoir que c'est une classe mixte PS/MS et il y a 2 maîtresses (en alternance). j'ai demandé à ce qu'il soit dans cette classe simplement pour qu'il ai la même instit qu'à eu sa grande soeur en PS (même système avec 2 maîtresses) et car l'autre PS est celle de la directrice et je n'ai pas vraiment un bon feeling avec la directrice (ça vient de moi je fais un blocage par rapport à elle). Mais ses instits sont super pourtant.
Le lendemain de la rentrée, il a également était embeté par un peu plus grand, et le 2° jour aussi. Atsem et instit sont au courant mais est-ce que là aussi ça a pu créer un blocage?

isa 24/09/2015 16:08

Merci de ta confiance Isa, je vais essayer de répondre à tes questions. Tu as très bien décrit ton petit garçon et ça m'aide à comprendre même si rien ne remplace la proximité. R est dans la phase d'opposition qui caractérise les enfants de son âge, à la fois, très sensible à son attachement à toi, à son papa ( tu n'en parles pas) et en même temps voulant une forme d'indépendance car il commence son lent détachement qui l'amènera à la séparation quand il sera suffisamment autonome mais tout cela débute. C'est donc un sacré dilemme, être proche pour ne pas perdre l'amour et être éloigné pour exister par soi-même. Il est donc normal qu'il dise non et certains se montrent encore plus inflexibles que d'autres, question de tempérament mais aussi de relation affective , un petit garçon et sa maman, ce n'est pas pareil qu'une petite fille et sa maman. Voilà déjà pour te rassurer le tableau normal d'un enfant de 3 ans. Maintenant, ces refus se manifestent de manière beaucoup plus régulière et marquée à l'école. L'école ce n'est ni la maison, ni la crèche, ni la famille, c'est un lieu porteur d'attentes fortes (quasiment chez tout le monde), R le ressent, et même si tu (vous) penses ne pas le montrer ou si tu te crois détachée de ces attentes, elles sont là qu'on le veuille ou non.R Alors voilà un lieu étranger avec beaucoup, beaucoup plus d'enfants et beaucoup beaucoup moins d'adultes pour s'occuper de lui que dans tous les autres lieux qu'il a connus, où l'inconnu est encore plus inquiétant parce qu'il y a une attente qui n'est pas formulée, du coup, ton petit R choisit la méfiance et se campe dans son attitude qui te "fait craquer" en espérant (peut-être) qu'on l'en sorte. Il manque donc dans tout cela des mots. Tu as tenté et c'est bien de le faire de l'inscrire dans une filiation ( montrer ce que sa soeur a vécu), mais ça n'est pas suffisant, il faut lui expliquer ce qu'il vit, ce qu'il ressent et ce que tu attends de lui, de l'école, exprimer ta confiance en lui, en l'école aussi. Ainsi tu peux lui dire: " C'est normal que tu aies peur de l'école et que tu refuses de participer, il y a tant de choses nouvelles, de gens nouveaux que tu as besoin de temps pour regarder et pour connaitre. Je ne suis pas pressée, tu vas le faire, je le sais parce qu'à l'école, on apprend tout ce qu'il faut pour devenir grand.Tu ne sais pas si tu as envie de devenir grand mais tu n'as pas le choix, tu vas grandir et tu voudras savoir écrire pour m'écrire des mots quand tu seras grand, et savoir lire pour lire les mots que je t'écrirai, et puis il y a plein d'autres choses à apprendre à l'école et je sais que dans tout ça tu seras content de me ( nous) montrer ce que tu as fait. C'est comme les petits enfants qui sont avec toi, ils deviendront des bons copains que tu auras plaisir à retrouver, vous jouerez ensemble, vous rigolerez, ce sera bien. Je me suis un peu inquiétée en voyant que tu ne participais pas dans la classe mais j'ai compris qu'il te fallait un peu plus de temps que les autres, on va attendre et ça va venir." Voilà comment je ferais, effectivement, la maîtresse choisit d'attendre, elle parle de le bousculer un peu en Octobre, c'est maladroit de le dire ainsi, mais je ne peux juger à sa place, parfois certains enfants ont besoin d'un déclic et d'une certaine fermeté qui va les sortir de l'embarras dans lequel ils se sont mis tout seuls et ne savent plus comment s'en sortir. fais lui confiance et n'anticipe pas une mauvaise réaction de la part de R. J'avais l'habitude de dire aux parents de ma classe, "vous me confiez vos enfants, faites moi confiance"

jeanne 22/11/2014 16:15

Bonjour
je vous écris en tant que maman perdue....ma fille très ouverte, avec un caractère bien marqué on va dire! qui adore rigoler et etre un peu au centre des attentions, refuse TOUT en classe. Elle a eu 3ans et demi en septembre à son entrée en PSM. Et là....cata....refus de faire les activités, refus de jouer dans la cour, refus de manger à la cantine, refus d'aller aux toilettes....elle ne fait RIEN...la maîtresse me dit qu'elle reste prostrée avec son doudou et en suçant ses doigts assise.....la maîtresse s'inquiete et me dit que les journées doivent etre longue pour elle....on ne comprend pas pourquoi elle fait ça. Elle est seconde d'une fratrie, a eu une nounou qui l'emmenait partout et surtout au relais des assistantes maternelles où elle voyait beaucoup d'enfants....Elle a du accepter 2 ou 3 activités depuis le début de l'année et des activités où le nombre d'enfants était restreint....on est paumé..on ne sait plus comment faire et quand on en parle avec elle rien ne sort...et on se dit que c'est du gachis car elle a beaucoup de potentiel, joue avec sa soeur de 7 ans et fait des jeux avec elle, et d'ailleurs les seules activités qu'elle a accepté de faire, la maîtresse nous a dit qu'elle les faisait sans aucun probleme.....que faire? que dire? comment agir?????.....

isa 25/01/2015 19:45

Merci beaucoup Jeanne et voilà que le problème semble se résoudre, la patience et la compréhension finissent toujours pas être récompensées.
N'hésite pas à participer aux débats qui t'intéressent.

jeanne 25/01/2015 16:08

Bonjour Isa
vous m'avez beaucoup aidée, et il me paraissait important de vous en faire part. Celestine participe tous les jours maintenant, et mange à la cantine quand on lui donne....elle refuse toujours de faire pipi....mais elle ne sait pas expliquer pourquoi. En tout cas elle est à présent très épanouie et heureuse de nous montrer ce qu'elle fait en classe! nous sommes très fière d'elle et continuons à l'encourager ;) je suis votre blog qui est très interessant, et qui me passionne d'autant plus que je suis orthophoniste! je puise des idées et lis vos articles. Bravo pour votre travail et votre implication et merci encore

isa 16/01/2015 09:43

Merci Jeanne d'avoir pris le temps de nous faire un retour, c'est parfois ce qui est le plus frustrant quand on lit un témoignage et qu'il n'y a pas de suite. Vous avez eu de la patience et votre petite fille a été bien accompagnée dans ce passage délicat. Le fait d'avoir sa famille (Papa compris, c'est trés important) et l'école réunies pour elle a occasionné un déclic dans une phase où elle sentait qu'elle "pouvait" changer. J'imagine ton soulagement et je suis de tout coeur avec vous.

jeanne 16/01/2015 08:43

Bonjour et bonne année malgré tout ce qu'il se passe....je viens vous tenir au courant de l'évolution de Célestine. Elle a refusé de tout faire jusqu'aux vacances de Noel. Au retour des vacances de Noel, pareil.....alors j'ai appelé la directrice, et j'ai demandé qu'on se réunisse pour en discuter. Mercredi matin nous avons fait une petite réunion avec Celestine, mon mari et moi, la directrice et la maîtresse. Nous avons discuter du probleme ensemble et à la fin, la directrice a parlé à Celestine en lui disant que grandir et apprendre c'etait évidemment écouter en classe ce qu'elle faisait très bien mais que c'etait aussi "faire". Et que maintenant, il fallait qu'elle fasse car elle savait faire...elle a fait non de la tete....et finalement! eureka! elle a tout fait mercredi matin et a joué avec des copines dans la cour (chose qu'elle n'avait jamais faite!!!) et hier elle a mangé à la cantine (bon c'est l'atsem qui lui a donné mais elle a mangé!!!!) alors qu'elle n'avait jamais rien mangé!!!
Merci encore pour votre blog, et si mon temoignage peut aider d'autres mamans....merci encore

isa 24/11/2014 10:29

C'est exactement ça, tu as su prendre le recul nécessaire sur cette situation, cela aura un effet bénéfique, sois en sûre.

jeanne 24/11/2014 10:08

Merci Isa.
Ce matin j'en ai donc reparlé avec elle et sa soeur, et nous avons discuté toutes les 3 et ma grande lui a dit qu'elle aussi était restée longtemps prostrée dans la cour, qu'elle avait peur mais qu'un jour elle s'est fait une copine. Je lui ai dit que j'avais confiance en elle et je sais qu'elle y arrivera. Je lui ai dit Qu'il fallait du temps, que je comprenais que ce soit dur en ce moment mais que je ne doutais pas de ses capacités à surmonter cette étape.
A 11h30 je vais la prendre, le lundi j'ai la chance de pouvoir manger avec mes filles sans le petit frère ;) je discuterai un peu avec la maîtresse qui est vraiment extra, et effectivement j'essaierai de lui soumettre ta proposition.
Merci pour ta patience, ton écoute et le temps donné

isa 24/11/2014 09:40

Bonjour Jeanne, je pense que ta petite fille perçoit les remaniements et sent qu'elle va devoir changer d'attitude, tout changement angoisse, c'est normal. Moi je proposerais plutôt que l'adulte (enseignant ou atsem) propose à d'autres enfants de donner la main à ta petite pour l'aider à s'habituer à la cour. Je le faisais souvent en début d'année :" qui veut donner la main à X, elle a besoin qu'on l'aide à aller dans la cour ?" Il y avait toujours des volontaires car les enfants sont capables d'empathie. Ta petite fille doit aller vers les autres et se détacher des adultes qui restent bien évidemment protecteurs. Rassure la en lui disant que toi aussi tu as eu peur quand tu étais petite, c'est important que sa peur s'inscrive dans une filiation qui la normalise.

jeanne 23/11/2014 21:26

Désolée de deranger encore, mais ce soir dans son lit je l'ai sentie pour la premiere fois angoissée. Elle m'a d'abord demandé si elle allait dans la cour demain...alors je lui ai dit oui pourquoi tu as peur? au debut, elle me disait non non...puis elle m'a dit "oui"...elle ne sait pas expliquer mais elle a peur dans la cour, car il y a beaucoup d'enfants et beaucoup de cris....y a-t-il une possibilité qu'elle reste près d'une ATSEM ou d'une maîtresse qui lui fasse faire le tour de la cour par exemple? apres elle m'a redemandé si je venais la chercher après la psychomotricité.....j'avoue que ça m'a fendu le coeur.....

isa 23/11/2014 15:01

merci Jeanne, si tu es intéressée par notre sujet du jour http://www.ecolepetitesection.com/2014/11/quel-reperage-pour-les-lettres-des-prenoms-par-guinie.html et que tu as un avis d'expert que tu veux partager, ne te gêne pas. C'est toujours un plaisir d'avoir des regards croisés de différents professionnels. Tu es la bienvenue sur ce blog.

jeanne 23/11/2014 14:36

Un grand grand merci! ton blog est fabuleux. Je suis orthophoniste et ton blog m'intéresse énormément. D'ailleurs si tu as des questions je peux aussi participer et répondre!

On parle beaucoup à notre fille et on lui a bien dit qu'elle avait le droit d'en vouloir à son frère et de nous en vouloir à nous, car elle n'avait rien demandé. Qu'on comprenait que ce soit une periode difficile mais qu'on allait passer ce cap ensemble. Son petit frère n'a que 7 mois donc forcément, il demande beaucoup d'attention.....j'espère qu'elle réussira à surmonter tout ça et surtout qu'elle entrera dans les apprentissages....

merci encore

isa 23/11/2014 11:59

Jeanne, je n'avais pas voulu te poser la question mais je me doutais qu'il y avait une histoire de place dans la famille, et tu viens confirmer ce que je pensais, le petit frère occupe la place qu'elle aimerait avoir. Dans la jalousie enfantine ( c'est bien de cela qu'il est question), c'est important de ne pas nier celle-ci, il est même préférable de la reconnaitre et de dire à l'enfant: " Oui tu as raison, c'est difficile d'avoir un petit frère qui prend beaucoup de place, c'est normal que cela te mette en colère", plus on lui intime de ne pas être jaloux plus on accentue celle-ci, car l'enfant ne sait pas quoi faire de cette émotion qui le dépasse. Il a donc besoin de compréhension, de valorisation. Il faut éviter de le culpabiliser parce que c'est déjà ce qu'il ressent vis à vis de lui-même, c'est toute l'ambivalence de ses sentiments. Il faut que ta petite fille se sente de taille par rapport à son petit frère et alors elle pourra dépasser sa rivalité. Elle doit renoncer à l'exclusivité et se tourner vers d'autres enfants, elle sent bien que c'est ce que lui offre l'école, mais elle ne fait pas encore le pas. Ton accompagnement va l'y aider. A la fois en étant ferme mais aussi en lui affirmant toute ton admiration ( ce qu'elle sait faire, ce qu'elle a appris, combien elle sait être agréable...). je pense que vous êtes toutes les deux sur la bonne voie, et qu'elle va y parvenir. ne te décourage pas, c'est vrai qu'il y a des passages exténuants, dis toi que ce sont des passages, rien de définitif. N'hésite pas à me recontacter.

jeanne 23/11/2014 10:15

Merci Isa, c'est exactement ça. Elle a beaucoup de mal avec la frustration, et je pense que l'école est une énorme frustration pour elle qu'elle refuse à sa maniere. Selon le caractère de l'enfant c'est plus ou moins facile, mais là j'avoue qu'elle vérifie les limites à longueur de journée et que nous sommes exténués.....je viens de discuter un peu avec elle, elle me dit qu'elle veut qu'on s'occupe plus d'elle que de son petit frère, et que à l'école l'atsem a fini par lui donner à manger et qu'elle était contente!!! je lui ai bien expliqué que dans la vie, on ne faisait pas que ce que l'on voulait, et qu'il fallait qu'elle apprenne à accepter la frustration (enfin avec des mots d'enfants) et qu'il etait hors de question que l'atsem lui donne à manger comme à un bébé. Je comprends aussi l'atsem qui a fini par s'inquieter car elle refuse de manger depuis le debut de l'année. Mais je ne pense pas que ce soit une solution.
merci pour tes réponses et ton soutien

isa 22/11/2014 23:37

Je poursuis pour te dire que votre fille vous demande de fixer les limites et de les tenir, même si elle vous provoque c'est sa façon pour elle de vérifier que vous restez les mêmes avec elle. L'exemple que tu donnes illustre tout à fait mon propos, elle veut être portée comme un bébé mais en même temps te commander comme une grande qu'elle voudrait être. C'est toute l'ambiguïté de cet âge. Les réponses que tu donnes maintenant ne seront plus à donner à l'adolescence où la même problématique va se rejouer. Courage Jeanne ça va aller !

isa 22/11/2014 23:30

Je corrige le a n'a pas d'accent,c'est mon correcteur ,oh il m'énerve ...

isa 22/11/2014 23:29

(Suite) donc et ne pas exister par soi même mais aussi ils oscillent entre une attitude d'opposition systématique pour exister indépendamment de la volonté des parents. C'est pourquoi c'est difficile pour les parents.

isa 22/11/2014 23:24

Jeanne, l'éducation demande de la persévérance, de la force mentale. Oui ta petite fille à besoin du rapport de force comme beaucoup d'enfants à cet âge, cela ne veut pas dire qu'il faille briser sa détermination mais l'aider à en faire une force. C'est une qualité de savoir ce qu'on veut et à cet âge les petits oscillent entre deux attitudes: rester bébé pour bénéficier de l'amour des parents au risque de se fondre dans leur désir de l'enfant parfait

jeanne 22/11/2014 21:19

merci à toi pour ta réponse....je pense que c'est exactement ça. Plus elle fait ça, plus on s'inquiete et plus on s'occupe d'elle....d'ailleurs c'est très très dur à la maison. Caprices sur caprices pour exister....on l'emmene voir une psychologue qui n'est pas inquiete mais qui nous a expliqué que c'etait une enfant qui se construisait dans le rapport de force. Or nous ne sommes pas comme ça et refusons d'eduquer nos enfants là dedans. il n'y a pas de perdant ni de gagnant, il y a juste des règles à respecter et à apprendre dans le respect d'autrui. C'est pour cela que nous sommes desemparés.....elle en arrive à être "tyrannique" et ça me perturbe beaucoup car nous ne fonctionnons absolument pas comme ça. ce soir elle m'a dit "si tu ne me montes pas dans les bras pour me coucher je fais un caprice" je suis restée completement scotchée car j'ai trouvé ça violent, et tyrannique....
je ne comprends pas comment tout cela a pu arriver, mais je pense qu'à l'école, elle a peut-etre trouvé cette façon de faire pour montrer son mecontentement, et également pour que finalement on parle beaucoup plus d'elle que des apprentissages...
j'avoue que nous sommes à bout d'arguments et de solutions, mais on aimerait tellement qu'elle soit épanouie en acceptant les regles en société, et le fait que oui, il y a une hierarchie qu'il faut respecter. Nous ne sommes absolument pas laxistes (du moins il me semble) mais je pense qu'elle cherche, certainement inconsciemment, une maniere d'exister, une façon aussi de se différencier des autres, et une possibilité de s'opposer....il n'en reste pas moins que nous sommes dans une impasse.

Je trouve l'idée très bonne de la discussion sur le fait qu'elle a choisi de ne rien faire en classe parce qu'elle aimerait peut-etre que la maîtresse ne s'occupe que d'elle mais qu'il faut qu'avec le temps elle se rende compte que ça n'est pas possible et que surtout c'est la seule à en subir les conséquences: l'ennui, la solitude, et la tristesse.....

merci pour ton blog, et merci de m'avoir lue

isa 22/11/2014 17:16

Bonjour Jeanne et merci pour ta confiance. Ce n'est jamais simple de vivre une entrée à l'école aussi déroutante et comme tu le dis si peu en adéquation avec le caractère que ta petite fille avait montré jusqu'à présent. En te lisant, je vois plusieurs explications que je te soumets , tu me diras ce que tu en penses. D'abord tu décris ta fille comme une personnalité qui aime se faire remarquer, et je constate qu'elle s'est fait remarquer puisque tout le monde s'inquiète pour elle, cela veut dire qu'elle peut être dans la crainte d'être oubliée, en se mettant elle-même à part, elle provoque chez les adultes des réactions vis à vis d'elle et elle occupe toute la place à sa manière. L'autre raison est sûrement liée à la première,ne rien faire évite de se retrouver en échec et lorsque tu dis qu'elle a beaucoup de potentiel, j'entends bien qu'il y a des attentes vis à vis d'elle. En résumé, elle a besoin d'être reconnue et de se sentir en confiance,et dans une classe avec de nombreux enfants, cela lui est sûrement apparu très difficile, d'où son repli et ses refus. Alors que faire ? Première chose, ce n'est pas parce qu'un enfant se met en retrait qu'il est en dehors de ce qui se passe, et si ta petite fille est vive et comprend bien, alors elle se nourrit de ce qu'elle observe. Deuxième chose, elle ne peut pas expliquer elle-même ce qui motive son comportement, je pense que c'est bien trop difficile, par contre, les adultes peuvent tenter de lui expliquer, ça s'appelle parler en son nom et les enfants ont besoin d'entendre que les adultes les comprennent, ainsi aussi bien la maitresse que toi et son papa vous pouvez lui dire " Tu as choisi de ne rien faire en classe parce que tu voudrais que la maitresse s'occupe uniquement de toi,elle le peut de temps en temps, mais pas toujours.A l'école, c'est comme ça, on partage la maitresse, mais elle ne t'oublie pas et elle sera toujours là pour t'aider, parce que tu ne peux pas tout réussir, pour apprendre, on commence par se tromper, ce n'est pas grave. Nous avec Papa, on sait que tu vas t'habituer à l'école et que tu vas trouver des copines et des copains, prends ton temps." Voilà une façon de dire, je ne peux pas t'affirmer que ça va fonctionner, mais voilà comment je comprends son attitude, je me trompe peut-être mais avec les enfants,il faut savoir tenter des choses différentes jusqu'à trouver la bonne. Sois confiante Jeanne, tu as la chance d'avoir une petite fille intelligente et vive, elle va trouver sa place à l'école. Mardi, je publie un article sur l'ennui , cela pourrait aussi t'intéresser.

isa 14/09/2014 19:35

Quand je dis que le petit de 3 ans a les mêmes "non" que l'adolescent de 13 ans, c'est parce que je pense que les enjeux sont les mêmes. L'enfant et l'adolescent sont soumis à leur ambivalence, tous les deux ont à conquérir une autonomie à deux stades différents. Ils se trouvent donc écartelés entre le désir de dépendance aux adultes parce que c'est sécurisant de se sentir protégé, aimé et leur désir d'être les seuls à décider de leur vie. C'est pourquoi l'opposition est si forte à ces âges-là. Cette opposition répond à leurs deux problématiques : " Donne moi des limites pour me montrer combien je suis important à tes yeux, combien tu es capable de me protéger des autres mais aussi de moi-même" mais également " Je ne peux pas t'obéir car sinon je réponds à ton désir qui ne peut pas être le mien, et si ce n'est pas le mien alors je n'existe plus en tant que personne autonome". C'est donc toute la difficulté des messages envoyés par ces NON. En tant qu'adulte responsable mais aussi professionnel ( dans le cadre de l'école), nous avons l'obligation de répondre aux deux demandes. Affirmer notre autorité parce qu'elle sécurise et permettre à l'identité de s'affirmer. C'est un travail subtil ,travailler sur les règles est une manière de faire autorité sans faire de l'autoritarisme et aide à la sécurisation, et travailler comme nous le faisons sur l'identité ( ma famille, mes goûts, mes choix) aide à l'affirmation de soi et à la reconnaissance de chacun pour ce qu'il est ,ce qu'il a envie de montrer et occuper son espace de parole. C'est donc aussi dans le travail proposé qu'on peut résoudre le problème des refus. Il faut être convaincu que ces petits enfants sont tiraillés par leur ambivalence et que les accompagner à passer cette phase de leur vie fait partie de notre travail. L'adulte ne doit jamais se sentir attaqué personnellement par un refus (mais je comprends que cela existe), il doit se détacher de cette affectivité (cela ne veut pas dire "pas d'attachement")et se placer en tant que professionnel avec la bonne distance. c'est donc d'abord un travail sur soi avant de trouver la meilleure attitude.

sylvieh 14/09/2014 22:09

Intéressant comme toujours...ces discussions: me viennent à l'esprit un déplacement de ma part, une prise de distance vis à vis de ces NON rencontrés ds ma classe. Effectivement j'ai vécu cette situation: un enfant qui me dit NON pour l'arrêt d'un jeu ou je ne sais plus, je me souviens d'un petit hic chez moi, "quelle doit être ma réaction? je ne peux accepter cela ! "et d'être un peu tendue... parce que ss doute, inconsciemment je pensais en effet que cela m'était destiné...Tout est différent quand comme tu le dis Isa, nous sommes à la bonne distance; je pense à plusieurs NON depuis la rentrée: le NON d'Alban qui ne veut pas venir au coin regroupement mais est tout prêt ds le coin garage, d'abord je me dis "normal, cela fait 2 jours que nous sommes rentrés, laissons lui le temps, ensuite je vois qu'il boit mes paroles (album, comptines)...Le lendemain, il est avec nous sans problème mais je pense que si je l'avais obligé, cela aurait été becp plus tendu ds nos relations (sa maman m'a dit qu'il était très capricieux mais pour l'instant, je ne l'ai pas remarqué du tout),un autre NON, celui de MAYSSA au dortoir qui ne comprend pas ce qu'elle y fait, sa maman la dépose à 14h, elle voit les autres couchés, je l'emmène ds son lit, lui explique, elle hurle...J'essaie de l'accompagner, je lui dis qu'elle va s'allonger pour se reposer puis ensuite elle pourra jouer avec les autres ds la classe, refus, hurlements, je décide enfin de la laisser tranquille, elle est droit comme un I, assise sur son lit mais semble s'apaiser, je la regarde et lui sourit, lui dit qu'elle n'est pas obligée de dormir mais qu'elle risque d'être fatiguée ensuite, elle m'observe longtemps ds sa position puis se couche et s'endort. le lendemain, elle se couche sans problème. Accepter le NON parfois quand on sent que c'est de la crainte, de l'insécurité, de l'affirmation de soi ss que cela ne gêne la classe bien sûr...

isa 14/09/2014 16:52

On a beaucoup parlé des non craintifs et seulement un peu des non d'opposition. C'est pourtant les plus fréquents. Le non, je ne veux pas m'asseoir, le non je ne veux pas ranger, le non je ne veux pas donner la main, le non je veux encore jouer, le non je ne veux pas rentrer, le non je ne finis pas, le non je n'écoute pas, le non t'es pas belle.... peuplent les classes et met l'enseignant en déséquilibre. Dois-je me fâcher au risque d'une crise encore plus forte ? Dois-je céder pour avoir la paix ? Dois-je accepter certains non et pas d'autres ? Comment faire ? Comment se sent-on face à ces non ?

Monique 14/09/2014 21:02

Cela me fait pensé à mes propres enfants. Dans l'école élémentaire où ils sont allés un instit , un seul, pratique la pédagogie Freinet. ma fille ainée est très pragmatique, il faut toujours savoir où elle va, le programme etc. Mon fils , lui, se laisse vivre sans se poser de questions et attend qu'un problème arrive vraiment pour s'en inquiéter. Ils sont allés tous les deux dans la classe de cet instit et j'en étais ravie.
3 ans plus tard quand ma dernière fille est aussi allée dans sa classe et qu'ils étaient un peu plus grands, nous avons parlé ensemble des méthodes Freinet et je leur ai un peu expliqué la philosophie de cette méthode de travail. A ma grande surprise, ma fille m'a dit qu'elle avait détesté son année (bien qu'ayant d'excellents rapports avec son instit qui lui avait laissé de bons souvenirs). Elle a exprimé que cette liberté qui lui était donné la mettait mal à l'aise et qu'elle était un peu angoissée car rien n'était établi de façon définitive et les journées pouvaient être très différentes les unes des autres en fonction des projets. Mon fils, lui, était absolument ravi.
Tout ça pour dire qu'en fonction du "caractère " de chacun, on ne réagit pas forcément p

isa 14/09/2014 19:16

et moi je fais des fautes d'orthographe en veux-tu en voilà !!!

Annaig 14/09/2014 19:04

Merci Isa de mettre les termes justes sur mon ressenti.

isa 14/09/2014 18:55

Elodie, parfois le travail en profondeur qui est fait en amont comme tu l'as fait avec ce petit garçon permet pour lui de changer de comportement au changement de classe. J'ai le sentiment qu'il s'est installé dans un rôle et qu'il n'a pas su en sortir avec toi, même si comme tu dis, il apprenait en observant et en participant aux ateliers autonomes. Je crois qu'il faut te réjouir qu'il soit maintenant capable de participer aux activités dirigées.

isa 14/09/2014 18:51

ma réponse juste au dessus était pour Annaig.

isa 14/09/2014 18:50

Oui l'attitude paradoxale est parfois un sauve qui peut. Je me souviens d'un petit garçon qui était nettement dans l'opposition systématique, un jour ,au moment d'aller se coucher, il décide qu'il dormirait avec son manteau, l'atsem commence un bras de fer et lui se renfrogne, pique une crise, je vais le trouver et je lui dis gentiment: " Mais bien sûr que c'est très agréable de dormir avec un manteau, tu as raison, garde le". Un peu surpris par ma réaction, il ne dit plus rien. Il a dormi avec son manteau , nous avons fait comme si cette situation était normale et plus jamais il n'a fait ce genre de crise. Il fallait qu'il passe par l'inconfort de son choix pour mesurer ce que l'adulte lui demandait de faire. Toutes les situations ne peuvent être gérées par l'attitude paradoxale, il faut apprécier les moments. Ce n'est pas que nous cédons mais c'est que nous acceptons le point de vue de l'enfant en le soumettant à sa logique. Quel était le message de ce refus ? C'était un défi à l'adulte et un moyen de retarder le coucher de la sieste. Ma réponse a été "je sais bien que le manteau n'est qu'un prétexte mais le collectif impose des règles communes, et l'heure de la sieste est commun, alors je maintiens l'heure pour tout le monde, je suis garante du groupe et je veux que tu sentes que tu appartiens à ce groupe"

Elodie 14/09/2014 18:34

J'ai rencontré l'an dernier en PS un petit garçon qui a dit Non à toutes les demandes de l'adulte toute l'année...
Comme l'ont déjà dit d'autres collègues dans les messages précédents, il y a des cas non négociables quand il s'agit de la sécurité ou du bien être du reste du groupe, dans ces cas là, il fallait être très ferme et très vigilante, ne rien lâcher, utiliser des limites physiques (portes fermées, bras qui contiennent...) puis il "lâchait"
Pour le travail je n'ai jamais réussi à le forcer à venir travailler.
Dans ma classe un plan de travail est affiché, certaines activités sont obligatoires d'autres pas. Les élèves ont le choix de l'ordre dans lequel ils les font, ils peuvent continuer à jouer le temps qu'ils en ont besoin. Je pointe qui est passé, je préviens quand bientôt ils n'auront plus le choix et qu'il faudra venir car tous les autres sont passés. je leur laisse donc l'occasion de dire "non pas maintenant". Ce petit garçon l'a traduit par "je fais ce que je veux". Il pouvait participer aux ateliers spontanément, le faisait bien quand il l'avait décidé mais même s'il mourrait d'envie de le faire, il suffisait que je l'appelle pour qu'il s'oppose. Mes tentatives d'obligation à venir s'installer ont rarement été concluantes et provoquaient systématiquement des crises assez violentes et il n'était pas en état d'apprendre quoi que ce soit dans ces cas là. J'avais noté qu'il nous observait quand même et qu'ils maîtrisait toujours ce que j'avais demandé aux autres car il ne refusait jamais de venir montrer devant le groupe lors des bilans... Lors des ateliers individuels, qui se passaient toujours très bien, il me montrait qu'ils savait beaucoup de choses.
L'année a été longue, éprouvante et je n'ai pas débloqué réellement la situation pour les ateliers dirigés.
Cette année, il est chez les moyens, dans sa nouvelle classe il y a des groupes, une tache imposée, il n'y a pas de choix et il ne s'oppose pas... A-t-il muri pendant l'été ou était-ce la liberté que je proposais au groupe à d'autres moments qui a renforcé ce comportement ? Les 26 autres ont pleinement tiré parti du dispositif mais cette expérience m'a interpellée.

annaig 14/09/2014 18:01

l'important est de se sentir inébranlable donc calme. Un enfant qui ne veut pas donner la main, et bien il reste tout seul et finit par la donner. Je veux encore jouer, oui mais dans l'autre pièce, tout seul avec l'Atsem pour ne pas gêner le regroupement ou si c'est le moment de sortir, pas le choix, tout le monde s'en va. Le non je ne veux pas rentrer finit à la même enseigne: mon intervention dans le calme et sans d'autre choix mais parfois il faut détourner l'attention de l'enfant de son désir en parlant simplement d'autre chose. Le non t'es pas belle me fait bien sourire. C'est peut-être vrai d'ailleurs mais là n'est pas la question.
Face à tous ces non d'opposition, j'ai senti pendant des années ce déséquilibre jusqu'à ce que je comprenne qu'il fallait être plus malin que le diable et prendre l'enfant à son propre piège, le tout dans le plus grand calme et la bonne humeur et en lui laissant toujours une porte de sortie honorable car il ne faut surtout pas le rabaisser ou le stigmatiser. Je ne dis pas que j'y arrive tout le temps mais j'essaie.Disons qu'à la place de ce sentiment d'être mise à mal par l'attitude d'un enfant, maintenant il y a dans ma pensée très calme la question: bon là , qu'est-ce que je fais? Et généralement il y a une réponse qui se profile. Bon il y a parfois des ratés mais...

isa 14/09/2014 16:53

et metTENT l'enseignant, je corrige.

Monique 14/09/2014 15:09

Argh! j'ai cliqué n'importe comment !
Je reprends:
Moi même à chaque fois que j'ai changé d'école après plusieurs années dans la même , je me suis à chaque fois sentie déstabilisée de n'être qu'un prénom dans ma nouvelle structure avant de représenter vraiment quelqu'un à leurs yeux.
J'imagine qu'il doit en être de même pour les enfants, l'anonymat peut faire peur !

annaig 14/09/2014 16:52

Ah oui l'idée est bonne. Je vais tenter ça la prochaine fois

isa 14/09/2014 16:47

Oui alors ce cas est aussi fréquent, la peinture peut faire peur, l'aspect, le risque de se salir, la nouveauté le fait de mettre un tablier aussi, c'est trop pour certains. On peut choisir l'évitement comme tu l'as suggéré Annaig, on peut aussi passer par un autre biais qui est la préparation des peintures des autres, les enfants aiment transvaser et on propose au petit récalcitrant de mettre la peinture dans les pots à l'aide de petites bouteilles( même sans tablier, je prenais la responsabilité de ce risque mais je pensais qu'il en valait la peine pour aider à surmonter cette appréhension). L'élève ne s'exclut pas, il participe à sa manière et apprivoise la nouvelle matière.

annaig 14/09/2014 15:33

Derrière le NON, chercher le message. C'est aussi ce qui est passionnant dans ce métier. L'autre jour j'ai eu un non de la part d'un autre enfant ( un autre de l'année dernière qui a mis des mois avant de toucher à la peinture) concernant l'atelier peinture qui était supervisée par l'atsem. Elle me demande que faire. Je lui dit de proposer deux nuances de feutres bleus à l'enfant au lieu des pots de peinture bleue. Et l'enfant a dessiné des bonhommes avec plaisir. Pour la peinture, on verra plus tard. Il y reviendra tranquillement.

Monique 14/09/2014 15:06

Je partage complètement le point de vue de Coda.
Il y a autant de raisons au non que d'enfants qui le prononcent.
Je partage aussi l'avis d'Annaig: je fais confiance à la curiosité des enfants et leur besoin d'agir .
Un enfant de 3 ans qui voit les autres s"amuser" dans une activité, et la maitresse s'amuser aussi et valoriser ladite activité ne peut résister longtemps: la curiosité et l'envie l'emportent toujours. J'ai la prétention de dire que l'ambiance créée par l'enseignante est un facteur déterminant pour vaincre les réticences de certains.
Je vais aussi utiliser un argument facile et éculé c'est le nombre d'enfants dans la classe et le temps que nous pouvons accordé en individuel à chacun.
Exemple concret: j'ai cette année un élève de MS nouveau dans l'école. Sa maman m'a dit que l'intégration avait été très difficile l'année dernière. En effet, depuis le début de l'année, pas un mot à moi ou aux autres élèves.
Vendredi,enfin, un moment de calme, je m'arrange pour lui accorder un temps à lui tout seul. je lui propose un puzzle facile et demande s'il veut qu'on le fasse ensemble. Je le laisse un peu faire puis m'extasie sur ses compétences et sa rapidité. je lui dis qu'il est rapide comme l'éclair. Là, il me regarde avec un grand sourire et me répond "non, je suis rapide comme Flash Mc Queen ". j'approuve.
Quand il a fini, je le laisse aller jouer au garage et 3 minutes plus tard, je l'entend discuter avec une petite fille.
Voilà, il m'a suffit de 5 minutes d'intimité pour le décoincer (ou tout du moins marquer un point).
Mais avec31 élèves dans ma classe, ces moments sont très rares, trop rares à mon goût !
La qualité de l'accueil est très important. Se sentir une goutte d'eau anonyme dans un océan ne doit pas être très rassurant.
Moi même à chaque fois que j'ai changé d'école après plusieurs années dans l et ne se sont pas senties un peu déstabilisée de n'être qu'un prénom pour les personnes qui nous entourent

isa 14/09/2014 15:19

et quel prénom , hein Mimi ? ( petite parenthèse souriante) Mais c'est très juste et c'est aussi pour ça que j'ai crié avec mon article sur les effectifs, moi qui ne crie jamais. Et dans le cas de classe surchargée, ceux qui tirent leur épingle du jeu, ce sont les non d'opposition.
En fait Monique, tu as répondu à ma question de manière détournée , le petit qui refuse de parler, c'est qu'il n'a pas son espace de parole sécure. Il faut donc trouver comment le sécuriser pour qu'il ose se lancer tel un saut dans le grand bain. Alors effectivement chacun est unique et les réponses ne sont pas universelles mais quelques exemples ( comme tu l'as fait) peuvent donner des pistes à ceux qui sont totalement désarmés et novices. Dans ton exemple, tu montres que malgré tes 31 élèves, tu as repéré celui qui est un des plus insécurisés, tu lui adresses une parole unique ( juste pour lui), tu lui proposes un jeu qu'il peut réaliser en lui indiquant que tu vas l'aider puis tu l'encourages et tu le valorises. Tu installes la confiance, tu lui accordes son espace de parole. C'est simple, ça a marché pour lui, pour un autre, il faudra recommencer encore et encore et pour un autre, il faudra trouver une autre manière d'agir.

isa 14/09/2014 11:55

Le débat montre bien à travers vos questions que la compréhension des Non est logique et que vous semblez bien savoir distinguer les non craintifs des non d'opposition ( même si je pense que parfois des non d'opposition sont également des non craintifs et inversement, comme c'est compliqué !). Les réponses semblent se faire à tâtons et présentent les difficultés que vos questions confirment. Jusqu'où laisse-t-on un élève refuser toute participation ? Jusqu'où laisse-t-on un élève refuser toute autorité ? A partir d'exemples, pouvez vous dire ce qui a le mieux fonctionné dans les deux cas ? je prends un exemple : " Un élève refusait de parler dans toutes les situations, qu'est-ce qui dans votre classe a permis de débloquer ce comportement ?"

isa 14/09/2014 16:34

oui Edith c'est un cas particulier mais qui , on peut le considérer comme ça, s'apparente à du refus pour celui qui n'a pas détecté le mutisme.
Alors ce que tu décris pour une bonne acclimatation avec présence de la mère ou du père et apprentissage de l'éloignement progressif, c'est exactement ce que Dolto suggère dans l'esprit de la maison verte qu'elle a créée. L'importance d'accompagner les enfants dans ce processus de détachement si important pour s'élancer dans la vie, la séparation est ( devrait être) l'objectif de tout parent, il en va de la santé psychique, et elle a mis en place ces lieux de rencontre qui permettent de commencer ce processus de détachement dans un cadre sécurisant avec le parent présent mais dont on peut s'éloigner un peu, puis de plus en plus. C'est dans une de ses maisons que j'ai travaillé après mon départ de l'Education Nationale. Et c'est tout petit qu'on peut commencer, on accueillait des bébés avec leur maman jusqu'aux enfants de 3 ans. C'est un aparté mais qui permet de comprendre que certaines étapes n'ont pas été suffisamment bien passées et que l'enfant qui arrive à l'école peut être dans un sentiment de perte immense, d'où son refus global de s'aventurer.

edith 14/09/2014 15:59

Pas de souci Annaig!
Mais comme il n'y a pas d'arborescence, ce n'est pas toujours facile de savoir qui parle ou répond à qui.
Il fait beau en Bretagne? En Bourgogne, temps splendide!

annaig 14/09/2014 15:43

Excuse-moi Edith. J'avais aussi cru comprendre qu'Isa s'adressait à toi mais je n'étais pas sûre, étant donné la place de la réponse.
J'ai eu aussi connaissance de l'association " Ouvrir la voix" mais c'était en fin d'année dernière et notre problème était déjà résolu. Néanmoins, si le cas se représente, nous suivrons les recommandations qu'elle propose, bien entendu.

edith 14/09/2014 15:15

Réponse à Isa: je crois que c'est à moi que tu t'adresses quand tu demandes des exemples concrets facilitant la prise de parole.
Je me suis fait aider par la psy. scolaire et la présidente de l'association "Ouvrir la voix". Il y a eu mise en place d'un PAI avec accord des parents. Le processus est bien décrit sur le site de l'association. Il s'agit d'une désensibilisation, d'un dispositif progressif d'acclimatation à la classe, à l'enseignante hors temps scolaire au départ. Jouer dans la classe en présence de sa mère (ou son pére), puis peu à peu, introduction de la maîtresse et éloignement du parent. Les jeux étaient à l'initiative de mon élève, puis peu à peu c'est moi qui ai décidé ce qu'on allait faire pour découvrir divers espaces de la classe pas encore investis. Mon élève a avancé très vite dans cette phase, on a pu ensuite poursuivre en petit groupe en APC autour de jeux libres, mais aussi de situations plus pédagogiques (reproduire un modèle, résoudre un problème, jouer une histoire avec des marionnettes.....) toutes activités qu'elle a pu ensuite intégrer en grand groupe en participant oralement.
Et je reprécise que ce n'est pas un refus de parler, c'est une incapacité à le faire dans le contexte de la classe.

isa 14/09/2014 14:26

Annaig, tu introduis deux autres points importants que celui de l'attitude de l'enseignant, c'est l'intérêt de la tâche "Parfois, elle oubliait même son problème tellement elle avait envie de participer" et l'organisation matérielle des apprentissages "La liberté d'action donnée par les ateliers autonomes qui sont plus faciles d'accès cette année dans ma classe, le choix de bouger au toboggan pour moi sont des ingrédients qui concourent au bien-être des enfants et qui leur permettent d'être ouverts à autre chose".
Effectivement, l'ennui, le non sens de certaines activités, la longueur de certains regroupements, la passivité de certaines situations doivent être interrogées dans les attitudes de refus même si c'est difficile d'être toujours dans l'enthousiasme et l'inventivité. Cependant, l'alchimie pour développer le goût d'apprendre dépend de tout cela. Un élève qui dit Non, ne dit pas que cela, en s'arrêtant un moment sur ce refus, en cherchant le message, on se rapproche de lui et on active un processus qui va l'aider.
Concernant l'organisation matérielle, c'est indéniable que l'autonomie suggère la confiance et la confiance est un moteur pour agir, je cite souvent le sentiment de pouvoir. Ce sentiment nait du regard des adultes porté sur le petit enfant. Si la classe est pensée en ayant la volonté d'accorder sa confiance, alors cela garantit l'action. Cette organisation est donc censée répondre aux besoins des enfants. Quel est donc le besoin du petit élève qui refuse de parler ?

annaig 14/09/2014 14:10

Dans le cas que je cite, c'est l'envie de participer aux activités, de faire l'appel en fin d'année ou bien la météo , ou dans la situation des coins jeux, l'envie de " diriger" le jeu qui a facilité sa prise de parole. La même chose s'est produite dans la classe de MS avec l'autre maîtresse. Je pense qu'elle en a eu marre de rester sans pouvoir parler car elle sentait qu'elle se privait de beaucoup de satisfactions .

isa 14/09/2014 12:52

Ton exemple montre bien que l'adaptation est remise en question à chaque changement, y compris un changement qui n'en est pas un ( même classe, même enseignante). C'est une fragilité qui demande effectivement du temps. Peux-tu donner des exemples concrets de situation qui ont facilité sa prise de parole ou bien était-ce une participation progressive ?

annaig 14/09/2014 12:48

Le refus de parler c'est pour moi le cas le plus délicat... J'ai eu une petite fille en PS 1 puis en PS2 qui ne parlait pas en classe. Blocage total, pas une parole mais elle participait à toutes les activités sauf en sport où elle était plutôt craintive. Là, j'avais l'impression de marcher sur des oeufs et il me fallait faire très attention à ne pas la brusquer. Au début de l'année de PS2, j'ai eu un entretien avec sa maman et elle où elle parlait sans problème. C'est là que j'ai découvert sa voix. J'ai décidé de la prendre en soutien tous les jours, un court moment avant la sieste afin que ma position de maîtresse lui devienne plus familière et qu'elle "ose" enfin s'exprimer. Elle a fait des progrès tout au long de l'année, chantant dans le groupe, parlant aux copines dans les coins jeux, à condition que je ne sois pas trop près (je signale que cette enfant avait la même attitude dans d'autres lieux que l'école, chez la nounou par exemple). Parfois, elle oubliait même son problème tellement elle avait envie de participer puis tout d'un coup retournait dans son mutisme. Un autre enfant allait alors l'aider . A la fin de l'année je sentais qu'on n'était pas loin du dénouement , qu'il ne manquait qu'une toute petite once de confiance. J'ai bien échangé avec l'enseignante qui l'a accueillie en MS et la situation s'est débloquée en cours d'année. En fin d'année elle a même participé à une petite pièce de théâtre " Dix petites graines", jouée en breton devant les copains et copines de PS, puis filmée par un parent d'élève, avec un travail sur la diction qui a nécessité plusieurs passages.
Malgré son mutisme, cette petite fille avait acquis rapidement un très bon niveau de breton qu'elle ressortait tranquillement le soir à la maison. Visiblement , elle voulait tout maîtriser avant d'être entendue!
Autre cas que j'ai évoqué l'année dernière: un petit garçon de PS1qui commençait par le non respect de la règle ne pas taper puis qui devant notre demande aussi calme soit-elle d'arrêter redoublait au contraire puis une fois éloigné du groupe partait dans une grosse colère dont il ressortait tout calme et comme si de rien n'était parfois seulement quelques minutes après. Vers la fin de l'année, les choses s'étaient calmées sauf la mise à la sieste qui posait encore problème.
Il est encore dans ma classe cette année. Ce que je ressens le concernant, c'est qu'il a besoin d'être perçu dans son individualité, il a besoin de se sentir proche de l'adulte. Il y a encore des moments de NON mais ils sont momentanés, rares et soumis à une règle , pour ne pas gêner le groupe. Il n'y a plus de provocation et de gestes impulsifs comme l'année dernière. La liberté d'action donnée par les ateliers autonomes qui sont plus faciles d'accès cette année dans ma classe, le choix de bouger au tobbogan pour moi sont des ingrédients qui concourent au bien-être des enfants et qui leur permettent d'être ouverts à autre chose. Dans son cas c'est assez clair, en tout cas pour l'instant.

edith 14/09/2014 12:12

Refus de parole...... ou......... incapacité à produire un son dans le groupe, ou en présence de la maîtresse: j'ai eu le cas l'année dernière pour une PS, je me suis renseignée sur le mutisme sélectif (elle en avait tous les symptômes, encore fallait-il connaître cette difficulté) et j'ai mis en place un dispositif pour aider mon élève à passer le cap....beaucoup de progrès,mais cette année, chez les MS, dans la même classe, avec la même maîtresse, des petites réticences sont encore là.....je vais y aller tout en douceur, forte (oui, forte!) de mon expérience de l'année dernière. Ne pas brusquer, informer et obtenir la confiance des parents.

annaig 14/09/2014 11:26

Coda a déjà dit beaucoup sur ce non. Je me retrouve bien dans sa réflexion.
Je ne laisse jamais un enfant s'enfermer dans le non , mais je réfléchis afin de moduler ma réponse selon l 'individualité qui est en face de moi et la tâche ou l'objet de la sollicitation. Il faudra parfois patienter, d'autres fois accompagner, parfois encore insister pour montrer l 'intérêt de ce qui est proposé. Ou pas du tout et laisser l'enfant revenir de lui-même . A chaque fois, la situation est différente et particulière et pourtant les principes qui régissent l'intervention de l'adulte sont et doivent être perçus comme constants.
Quand c'est le refus de la règle et que le bien-être de l'autre ou de l'enfant lui-même est en jeu, il n'y a pas de question et l'intervention de l'adulte est immédiate, colère ou pleurs de l'enfant n'y feront rien.
Oui il y a quelque chose qui ressemble au non des 13 ans.
Entre le passage du monde du bébé à celui de l'enfant et le passage de l'adolescence, c'est toujours d'affirmation de soi qu'il s'agit et d'un désir légitime d'autonomie...avec la recherche du cadre et des limites;

Bobinette45 14/09/2014 11:11

Coda, ton analyse est impressionnante d'acuité et passionnante. C'est cette subtilité là qu'il convient de faire entendre à certains de nos collègues pour qui l'épithète de Tête de lard est pratique car figé et sans appel...
Pour ce partage d'analyse, vous pouvez comptez sur moi!

Alex 14/09/2014 11:37

C'est aussi un débat qui m'intéresse tant pour l'école que parce que j'y suis confrontée également avec mes propres enfants!!

Et voilà la réflexion que je m'étais faite avec mon premier: quel est le premier mot que nous souhaitons qu'il comprenne dès son plus jeune âge... NON "ne touche pas à la prise", "NON tu n'auras pas de bonbons avant le repas!" ... bref alors que l'enfant se construit, alors qu'il devient autonome et cherche à faire des expériences nous mettons des barrières, des limites pour sa sécurité, pour son bien. Alors quoi de plus normal que l'enfant répète à son tour ce mot, non?
.
Pour ma part, je fais face à cette situation dans ma classe. Depuis le début de l'année deux enfants n'ont pas encore touché à un pinceau et refuse toute activité. Pour l'instant je les laisse faire... je ne veux pas les braquer, les brusquer. Je pense qu'ils ont peut être besoin de plus de temps pour endosser le "costume d'élève". J'essaye de ne pas donner trop d'importance à ce NON parce que j'ai l'impression que c'est pour eux une manière de s'opposer à l'école, au fait qu'on les emmène dans un endroit où ils n'ont pas du tout envie d'être.

C'est aussi, il me semble, une affaire de patience et de CONFIANCE. Par exemple, une petite qui pleurait énormément les premiers jours, refusait de s'allonger lors de la sieste, mais risquait de tomber de sa chaise à chaque clignement d'œil, tellement elle était fatiguée. Je n'ai rien dit et l'ai prise sur les genoux, malgré les angoisses de mon ATSEM qui se voyait passer l'année avec la petite sur les genoux. Petit à petit, dans la seconde semaine, sans rien dire, je l'ai approchée d'un lit (proche de mon bureau) sur lequel j'avais collé son étiquette en lui expliquant que c'était son lit pour l'année, jusqu'à jeudi où la puce est allée d'elle même s'allonger dans son lit. Elle était rassurée, la porte était entrebâillée et elle pouvait m'apercevoir. Certes, il ne s'agit pas d'une activité à proprement parlé mais il s'agissait d'un refus.
Il faut qu'un climat de confiance s'installe entre l'enfant est nous. Jouer et découvrir de nouvelle choses est inné chez l'enfant alors pourquoi ne veut-il pas entrer dans les activités qu'on lui propose? Peut-être parce qu'il n'a encore assez confiance?!

Par contre je me pose la question du moment à partir duquel je devrais les "forcer" à entrer dans les activités, à leur faire comprendre que ce n'est pas négociable. Pour l'instant, ces NON s'accompagnent de pleurs alors je ne veux pas trop les secouer mais il ne faudrait pas qu'ils se disent qu'à chaque fois qu'ils pleurent ils vont être dispensés d'activités (un peu comme un chantage).

Coda 14/09/2014 10:10

Drôle de tonalité pour commencer un dimanche ! :)
NON, je ne répondrai pas … pas tout de suite, … quoi que… en y réfléchissant bien… finalement, je vais peut-être bien vider un peu mon petit sac trop plein de « NON » de toute cette semaine !
Non, c’est peut-être le refus d’entrer sur le chemin d’un autre, c’est ne voir que son propre chemin… ou ne pas voir de chemin du tout… et ne pas voir l’autre du tout non plus… peut-être…
Non, c’est peut-être la déception de ne pas voir le monde autour de moi se conformer automatiquement à mes attentes…et commencer à comprendre que l’adaptation devra aussi se faire de moi vers le monde… (Tiens, que voilà un NON bien partagé entre la maîtresse de PS et ses petits élèves, à ce moment de l’année !!!)
Non, c’est le refus de perdre sa toute-puissance sur le monde des objets et des gens. Je fais ce que je veux, quand je veux, comme je veux, « Si tu me contraries, je pleure »… Cela a bien marché jusque-là pour la plupart des enfants, surtout avec les personnes très sensibles aux pleurs des petits enfants, « qui ne veulent QUE leur bonheur » (comme papa ou maman ou nounou ou mamie…) La maîtresse qui n’a (presque pas) peur (presque pas du tout …) que je pleure, elle entend le non, mais elle sait que ce n’est pas une question de sentiment, d’affection, ou d’amour perdu ou gagné. Ce qui se joue là, c’est la construction d’une personne, avec sa capacité à lire le monde, à le comprendre, à sortir de ses « illusions » pour « être » au monde et aux autres.
Non, c’est ne pas savoir que l’effort donne aussi le plaisir de la réussite… L’obstacle surmonté, c’est l’image de soi en POSITIF qui grandit !
Non, ça ressemble parfois à un rapport au monde comme un survol, sans engagement, en passant très vite d’une sollicitation extérieure à une autre… C’est un non-engagement déguisé aux couleurs de la volonté affirmée !
Tous les non ne se valent pas, je pense.
Certains « non » sont comme une « mauvaise habitude », ils sortent tous seuls, ne sont pas pensés. Ce sont ceux que les enfants disent d’abord, avant de regarder ce qui se passe, et enfin de s’associer, ou d’adhérer. Ces non deviennent oui quand le plaisir ambiant est perceptible…
Non est aussi quelquefois un appel à l’adulte, pour éviter de se confronter seul à une tâche inconnue ou difficile… Ce non-là deviendra un « moi tout seul » si je l’aide à mûrir. Belles éclosions en perspective !
Face au refus, je me dis :
- que le temps joue pour moi… il faut donner le temps aux enfants de faire leur expérience personnelle de ce qui leur est proposé. La nouveauté, l’inconnu, l’inédit, ça ne fait pas forcément envie au premier abord. Les « choses de l’école » vont de soi pour nous, pas pour eux… Par contre, il ne faut pas tourner le dos à la nouveauté : je peux refuser de faire, mais je vais regarder pour voir les autres faire, voir ce qui va se passer, voir ce que je ferai la prochaine fois… L’enfant va avoir le temps de se projeter, de s’imaginer dans la situation… Il va constater que ce « nouveau » n’est pas désagréable ou dangereux…
- que ce refus n’a rien de personnel, qu’il ne s’adresse « pas vraiment à moi » ! Il s’adresse à tout ce qui reste à digérer, à surmonter, à accepter… Les enfants qui me disent non n’ont pas encore découvert que je suis leur « alliée face aux difficultés ». Ils ne savent pas demander de l’aide, ni à moi ni aux autres adultes, ni aux autres enfants.
Certains ne savent pas que l’aide existe,
l’aide qui sert juste à faire réussir,
qui ne fait pas à sa place
qui peut attendre plusieurs essais
qui peut attendre le bon moment…

Pour ne pas entrer dans l’obstination j’essaie d’être capable d’attendre,
de ne pas « mettre tout le monde dans le même sac ».

Mais l’école est AUSSI un fonctionnement collectif, et certains moments de l’école ne laissent pas la possibilité d’attendre. Dans ces moments-là, je ne laisse pas supposer qu’il pourrait y avoir une autre solution. Je dis ce qu’on va faire, LA bonne raison qui va avec, et ensuite j’agis (prendre la main ou emmener aussi doudou…).
Je dis aussi dans ces moments-là qu’à l’école, c’est la maîtresse qui dit ce qu’on va faire, et on le fait, et la maîtresse peut toujours aider à le faire ! C’est comme ça l’école !

Pour élargir notre approche du problème, je constate aussi (dans des activités de décloisonnement avec les classes primaires) qu’il existe des NON qui perdurent bien au-delà de la PS et qui interrogent (ou devraient interroger …) les acteurs de l’école. Des enfants de primaire installés dans
- Le non à la relation qui implique chacun
- Le non à la classe, son contenu, ses formes de travail
- Le non à l’enseignant, aux adultes de façon générale…

Certains jours, ça fait un peu peur, quand même…

La photo de ta grenouille, il me la faut en poster ! 3mx4m minimum ! Trop belle !!!

Claire KB 14/09/2014 11:15

Je suis tout à fait d’accord avec toi Coda... il y a des NON que l'on accepte car ils sont une réserve... il faut laisser le temps à l'enfant, d'observer, de comprendre de s'approprier et voir les autres faire ce que je ne veux pas faire m'aidera à finir par dire OUI!
Il y a des NON qui deviennent rituels: Non maîtresse je ne te dirai pas bonjour... peut-être parce que cela veut dire "au revoir à papa ou à maman", mais dans 2 minutes quand ils seront partis, je viendrai te faire un gros câlin.
Il y a aussi des NON auxquels en tant que maîtresse de la classe, je me dois de dire stop, ici c'est moi le chef, c'est moi qui décide, maintenant la récréation est terminée nous allons dans la salle de motricité, et même si tu n'en as pas envie, tu n'as pas le choix parce que je ne peu pas te laisser seul dehors!
Ces NON ne sont pas ceux des mêmes enfants et sont assez révélateurs de leur personnalité. Il n'y a qu'en les observant, en ayant un regard bienveillant et en sachant expliquer ce que nous attendons d'eux aux enfants que nous arriverons à les faire évoluer en douceur.

isa 14/09/2014 10:28

oh comme j'apprécie que ton Non de départ se soit transformé en longue réflexion, sorte d'introspection bienfaisante à la lumière d'une expérience qu'on sent bien établie. C'est cette expérience qui aide les autres, non pas pour affirmer que mais pour porter le regard différemment. C'est toujours une question de regard, regard sur l'enfant mais aussi regard sur soi. Ton prolongement est intéressant et il indique que l'école et ses acteurs ont à s'interroger sur cette question. Le Non à 3 ans est pour moi le même qu'à 13 ans. Qu'est-ce que tu en penses ?

Flavie 14/09/2014 09:11

Je ne te laisserai pas face à un refus car cette question m'intéresse puisque je suis face à une élève de MS qui me dit beaucoup beaucoup NON ;)
Je suis arrivée dans cette école l'année dernière au mois de mai, elle était en PS. On me l'a présenté comme une "tête de lard" qui ne veut jamais rien faire ...
Effectivement elle n'a jamais participé au sport, en récré elle restait collé à moi, pas moyen de la faire parler au coin regroupement, et en effet j'étais désarmé, en 2 mois je n'ai pas observé de progrès.
Cette année je l'ai de nouveau dans ma classe. Alors qu'aucun PS pleure, elle elle pleure tous les matins (enfin crie...) mais ça passe très vite. Elle a déjà ses rituels, après avoir crier, elle me demande si elle peut dessiner, et c'est parti. Elle participe à tous les ateliers que je propose et réinvesti automatiquement pdt les moments de jeux libres. En récréation elle commence un peu à jouer à côté des autres. Par contre en sport rien à faire, elle refuse systématiquement de participer. A la rigueur quand ce sont des jeux où ils sont seuls elle veut bien faire en me donnant la main (courir, jouer avec le cerceau, le ruban), mais les jeux collectifs hors de question. Je n'arrive vraiment pas. Alors je la laisse observer...
C'est la seule MS pour qui j'ai mis en place l'album langage, là ça marche pas trop mal. Elle murmure mais parle au moins.
Par contre au coin regroupement elle est fermée, elle ne veut pas parler, ni pour les rituels, ni pdt les moments de langage libre ou dirigé.
Mais ce qui est sur c'est qu'elle prend beaucoup, je le vois bien. Et les parents aussi.
Pour moi ce n'est pas une question de sale caractère mais plus de l'ultra timidité.
Il y a du progrès depuis mai dernier, mais je pense qu'elle a progressé seule, car je ne sais pas du tout ce que je pourrai faire pour l'aider à progresser.
Mes collègues me disent de la bousculer, mais je suis persuadée que je vais la braquer. Mais je ne peux pas continuer à la laisser faire "comme elle veut" et attendre patiemment qu'elle s'ouvre ... ?

PS : désolée pour le post complètement décousu...

isa 14/09/2014 10:16

Je te remercie Flavie et je ne doutais pas qu'il y ait une réaction tant cette situation est fréquente. Effectivement, cataloguer un enfant dés son plus jeune âge en lui attribuant une étiquette "tête de lard" est la pire des choses à faire pour que cela ne change pas. Une identité en construction se joue aussi dans ce que l'enfant perçoit du regard des adultes, pourquoi faire des efforts si de toutes les façons on est mis dans une case ? C'est donc une première attitude à bannir même si le refus renvoie une impuissance qui remet en cause l'adulte. Pour le reste, je laisse la discussion s'étoffer avec les différentes manières de faire.