C'est quoi l'autonomie ?

Publié le par isa

Qu’est-ce qu’on met derrière le mot « autonomie » ?

Quels sont nos objectifs quand on souhaite développer cette autonomie ?

Choix libre et autonomie, est-ce la même chose ?

 

En attendant vos retours sur le test qui mesure le besoin d’autonomie de vos élèves dans le cadre de notre projet sur l'aménagement de l'espace, je vous propose de réfléchir avec moi. Je sais que ce sujet est large et peut paraitre complexe, mais je sais aussi que cela passionne et je m’adresse à ceux qui ont envie de s’interroger. Surtout n’hésitez pas à lancer vos idées comme elles viennent, ne cherchez pas à trouver une réponse mais laissez votre esprit faire ses connexions.

Ce sujet touche tous les âges de la scolarité. Pour vous, il s’agit de commencer avec les petits enfants qui vous sont confiés, certes ils sont jeunes et sont encore très dépendants, il n’empêche qu’il y a un enjeu majeur, sûrement celui d’apprendre à apprendre.

Actuellement, la transmission des savoirs ne se fait plus majoritairement à l’école, les outils modernes surpassent l’enseignant, et pourtant son rôle reste fondamental. L’autonomie est au cœur de ce bouleversement culturel. La mission enseignante a à accompagner les enfants dans la prise de pouvoir de leur indépendance et de leur affirmation. Dés la maternelle, cet accompagnement est pensé, c’est sûrement le lieu qui est le plus à la pointe de cette transformation. Il n’empêche qu’il est impératif de poursuivre et d’accentuer cette position.

Comment ? A mon avis, en commençant par s'arrêter quelques minutes ou quelques heures c'est selon et en se demandant ce qu'on entend par autonomie ou ce qui nous vient immédiatement à l'esprit. Comme toujours ici, il n'y a sûrement pas une réponse unique, il y a un débat où chacun va trouver ce qui s'approche le plus de lui, ce qui lui correspond et qu'il a le plus à coeur d'envisager, c'est dans le choix face à la diversité d'opinions qu'on forge ses propres arguments et qu'on se sent la force de changer.

C'est quoi l'autonomie ?

Publié dans aménagement

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Michele d 23/01/2015 00:03

Enfin j ai utilisé les brevets de réussite pour l habillement , chaussure et fermeture...
Les enfants ont bien adhéré...

Michele d 23/01/2015 00:01

Habille tout seul le premier...
D autre part j ai presque fini les test d autonomie... Comment m en servir ?
Peux tu redonner le lien ?
Bises michele

isa 23/01/2015 07:45

Pour le test, attends la semaine prochaine, j'expliquerai comment partager . Mais tu as déjà porté un regard sur tes élèves qui va t'aider et peut être savoir qui solliciter.

Michele d 23/01/2015 00:00

Ok je viens de lire les commentaires ... Jusqu à la fin... Tjrs intéressant plus plus

Ma compréhension de l autonomie , la différenciation avec l indépendance ... Faut que je çreuse ...
Ça reste flou ... Effectivement qu il sache s habiller tout seul ... Ça prend du temps mais après ça aide l enseignant ... C est pas contradictoire... Ça laisse du temps pour autre chose, c est un vrai travail à faire ou on peut bien observer les enfants... Et ils nous surprennent ... Dans ma classe l enfant qui s est habillé tout seul, fermeture éclair comprise, est celui qui me paraît le moins autonome... Par rapport à ses parents mais aussi dans la classe...

isa 23/01/2015 07:46

Qu'a-t-il répondu à ton test , ce petit qui sait s'habiller ?

Michele 21/01/2015 13:02

Isa, merci de ta réponse, mais je ne comprends pas ce que tu veux dire par faciliter son travail?
J aime bien l idée d autonomie affective développée plus bas...
J ai moi aussi un petit énergumène qui me pose des problème... J ai essayé de dénouer le conflit qui s amorce avec lui en le renvoyant à ses émotions... Et en l interrogeant dessus ...

isa 22/01/2015 11:24

Sylvie, les progrès avec ton petit A est le résultat de tout le travail que tu as fait sur ta propre confiance en toi ( ce n'était pas gagné , hein ?) qu'est-ce que tu as souffert par moment mais tu as tenu et j'en suis tellement contente. Tu restes une personne qui s'interroge beaucoup, et tu soulèves un nouveau sujet "La cour de récréation", c'est intéressant et il y a beaucoup de choses à dire, reste que son aménagement qui influe beaucoup sur les comportements ne dépend pas de toi comme peut l'être ton espace classe. Malgré tout, je ne veux pas te laisser sans réponse, et je peux te raconter comment j'agissais lors de mes tours de surveillance. En premier, nous avions des règles communes à tous les enseignants et les élèves savaient que changer d'instit ne changeait pas les règles. Ensuite, j'étais très observatrice, c'est à dire que lorsque je surveillais, je ne faisais rien d'autre que d'observer les élèves, cela me donnait beaucoup d'informations sur les "leaders" ou les "victimes" ou les"agresseurs" ou les"suiveurs"....Je n'intervenais que lorsqu'une confrontation me semblait dangereuse, les petites bagarres qui voient se confronter des élèves ne sont pas toujours à bannir, certains élèves ont besoin de mesurer leur force, c'est une manière de se protéger, d'autres recherchent la confrontation pour apprendre ou pour entrer dans un groupe, c'est structurant et ça joue sur la confiance en soi. Tout est dans le "faire mal" et on sait très bien faire la différence. Donc de ce point de vue, j'étais très ferme et j'intervenais le plus rapidement possible , en courant, car ça montre notre détermination à protéger et c'est une force aux yeux des élèves. Ensuite, je m'occupais d'abord de la victime en m'assurant que tout allait bien, puis je demandais à chacun leur version des faits calmement. Je prenais l'agresseur avec moi et je lui disais qu'il avait besoin de se calmer et que tant que sa colère n'était pas finie, il resterait avec moi et pour sentir s'il était apaisé, je lui donnais la main et on marchait ensemble, tant que je le sentais crispé, je le gardais.J'en profitais pour parler avec lui, et lui demandais qu'est-ce qui le mettait ainsi en colère. Dans la discussion, il retrouvait son calme, cela durait 5 minutes en général et il repartait jouer. Certains garçons testaient ma force en tentant de me faire lâcher la main mais je tenais bon et je résistais sans rien dire, ils abandonnaient parce que la discussion servait d'échappatoire. Parfois aussi, je soupçonnais un élève de provoquer une bagarre pour me donner la main. Alors, je lui disais carrément quand nous étions tous les deux qu'il pouvait venir me donner la main sans passer par ce subterfuge. En résumé, il me semble qu'il faut trouver l'attitude équilibrée qui va faire progresser les élèves dans leur capacité à se contrôler et en tant qu'adulte, nous sommes des modèles, nous devons d'abord garder notre contrôle avant de l'exiger des élèves.

sylvieh 21/01/2015 23:28

Mes commentaires sont très hachés aujourd'hui car j'ai eu pas mal d'activités...donc je n'ai pas été très claire...Ce que je voulais dire par rapport à la prof citée précédemment, c'est qu'elle avait peur, pas confiance en ses élèves et surtout pas confiance en elle. C'est vraiment le point que tu soulèves et que je crois hypra important : leur faire confiance et accepter un certain désordre qui peut être finalement très organisé parce que chacun a ses repères et sa place. Accepter que certains aient besoin de plus de temps pour s'en saisir, ne pas se crisper, réduire, voire faire disparaître les grincements de dents. Je suis très heureuse de voir le petit A de ma classe, qui , jusqu'au mois de décembre, tapait du pied ( je me le suis même pris un jour ce pied ! , se roulait en boule dans le coin repli et me disait quand je m'approchais de lui: "tu sens pas bon" et quand je lui rappelais les règles de la classe... : "T'es méchante, je vais appeler la police". je dois dire que cela n'a pas toujours été facile mais j'ai très vite senti qu'A avait besoin de ce temps ...pour rentrer dans le groupe, que ce n'était pas contre moi, que c'était une véritable marche à franchir et donc j'avais vraiment confiance en lui....Alors j'étais cadrante mais avec une marge de liberté...et il est venu petit à petit....C'est un super cadeau! on les a gravi ensemble ces marches et c'est vraiment très agréable! Sa maman m'a dit qu'à la maison maintenant, il dit : "je vais le dire à ma maîtresse", il est entré ds le monde de l'école.
Maintenant, j'ai une préoccupation qui me travaille de plus en plus en ce moment: face aux enfants de la cour de moyenne section et grande section, je ne supporte plus de les voir se bagarrer à grands coups de pied... je trouve qu'ils sont super violents...et depuis les derniers évènements, c'est qq chose que je ne peux plus voir (même si nous avons deux récrés différentes: Petits / Moyens Grands. J'ai vraiment envie qu'ils réfléchissent à leurs actes, leur demander de verbaliser, régler les problèmes par la parole....j'arrive très vite au chapitre Ateliers de philo que je compte commencer avec ma collègue de grande section, j'ai vu le film " ce n'est qu'un début", j'ai été éblouie par la parole de ces petits philosophes....je réfléchis...mais je pose cette question également: comment les conflits, bagarres de récré sont ils réglés, discutés, sanctionnés dans vos écoles? Avez vous mis des choses en place? merci

sylvieh 21/01/2015 20:36

fait dans les autres cours). Donner ces repères, ces habitudes....prend un certain temps, c'est un véritable apprentissage.
Quand je vois encore certains enfants galérer avec les spatules à colle qu'ils n'essuient pas et qui coulent....Je me dis qu'à cette époque de l'année ceux là ont d'autant plus besoin d'être "tutorés" par d'autres et qu'il ne faut pas se dire (je confie telle tâche à untel car il sait le faire) . Maintenant sur l'aspect "cela aide surtout la maîtresse...", je vais y réfléchir mais à priori même si je pense aussi que des élèves très autonomes au niveau matériel, ne le sont pas forcément au niveau de leur pensée.... ( à éclaircir encore pour moi), je suis sûre que cela renforce l'estime d'eux-mêmes et c'est déjà très important, et par ailleurs la classe semble plus légère, je suis plus dispo dans ma tête et ceci aussi est important. D'ailleurs, je reviens juste du magasin du grand suédois: achat de brots avec couvercle, tunnel et tente, gros pouf dinosaure...bref des envies d'enrichir mes coins de classe encore....avec toutes les idées, photos de ce blog!

sylvieh 21/01/2015 20:24

Juste une petite anecdote pour corroborer ce que tu disais Isa sur le fait que les ados sont moins accompagnés dans l'autonomie: Un ami qui a, durant un moment, occupé un poste d'enseignant faisant le lien entre CM2 et sixième (super intéressant m'a t'il dit et très instructif et utile... je n'en doute pas), a proposé a une prof de français qui trouvait que les enfants n'allaient pas vers les livres (ou une autre problématique, je ne me souviens plus excatt), bref, il lui a proposé une organisation de séance avec différents groupes d'élèves et plusieurs pôles d'intérêt avec des livres et dans plusieurs endroits de la salle de classe,donc avec une autorisation des déplacements. La prof qui était pourtant chevronnée, a hésité, appréhendait... était habituée à ce que chaque élève soit devant sa table. Elle lui faisait part de ses doutes....Cela s'est très bien passé, elle était soulagée mais je trouve que même si ce n'est pas le cas de tous les profs (attention, je ne leur jette pas la pierre....Quelle est leur formation? ? Etj e pense que c'est peut-être moins évident de leur donner cette autonomie sur un cours ds la journée (si ce n'est pas f

karine 21/01/2015 16:56

Mince.
C'est mercredi apm et j'essaie de travailler avec le bruit des enfts qui sont gardés à la maison et du coup, je suis moins concentrée.
MERCI ;
Dommage j'apprécie les vidéo conférences

isa 21/01/2015 15:56

Non Karine, je crois qu'Elodie a utilisé le terme lien dans le sens liaison et non lien internet.

karine 21/01/2015 15:35

Pour continuer les recherches, peux tu nous repréciser le lien d'Elodie stp: "dépendance au regard/jugement/évaluation de l'adulte et la confiance en soi".
Est ce les pingouins sur la banquise?
Merci bcp

isa 21/01/2015 14:34

oui tout cela est logique, les enfants ont besoin d'un ensemble ancré et rassurant parce connu, tous les changements doivent être assistés, expliqués et pourvus de nouveaux repères qui vont permettre une appropriation. Effectivement, ce qui est le plus déstabilisant ce sont les changements intempestifs ou les cadres qui n'en sont pas parce que mouvants, sans fermeté ( j'y reviens) mais tout cela ne veut pas dire rigidité et fixité. Qu'on comprenne bien, je trouve qu'en maternelle les enseignants sont déjà très en avance sur leurs collègues des autres niveaux ( je pense au lycée par exemple où les élèves ne sont pas suffisamment accompagnés dans l'autonomie, celle à laquelle ils vont se retrouver confrontés dans le supérieur), et notre débat est , comme tu le dis Christine, de la recherche car tout peut toujours être amélioré et inventé.

sylvieh 21/01/2015 14:22

C'est pour cela que je parlais vraiment DE PRISE DE REPERES ! Je cours emmener ma fille au conservatoire car elle n.....a pas encore le permis....pas assez autonome....pour moi!

christine G 21/01/2015 14:14

L'autonomie est un accompagnement de l'enfant ! oui!! d'ou notre mise en difficulté étant donné que chaque enfant est différent( intelligences multiples). Côté pratique on apprécie les enfants qui sont "autonomes", rapides, en fait ceux qui comprennent tout et vite, non?
Je reviens sur notre intervention hier soir du CRAHN (centre réferent de l'autisme) pour aider ces élèves il conseille de structurer l'espace (le rendre stable et prévisible), structurer le temps (donner des moyens à l'élève d'anticiper les changements), structurer les activités pour qu'elles soient compréhensibles, organisées et adaptés et là seulement nous pouvons mettre l'élève en situation de progrès et d'autonomie (autiste ou non )...notre travail est donc ardu dans l'aide à l'autonomie, nous sommes en recherche perpétuelle.

isa 21/01/2015 13:38

C'est la même chose en famille quand une mère veut que son enfant soit autonome pour être moins sollicitée mais ne supporte pas la séparation d'avec son enfant.

isa 21/01/2015 13:35

Je veux dire, Michèle, que parfois l'autonomie est d'abord une volonté d'ordre pratique pour l'enseignant et c'est normal d'espérer que les 30 petits sachent mettre leur manteau pour accélérer la sortie par exemple, mais cette démarche vise en premier lieu l'enseignant, c'est bénéfique pour lui. Or développer l'autonomie est un accompagnement et n'est pas pour l'adulte mais bien pour l'enfant d'abord.

Annaig 20/01/2015 23:52

Etre autonome...
Dans ses gestes,( faire seul , essayer de faire seul tout ce qui est possible dans les tâches de la vie quotidienne)
Dans sa pensée( se faire comprendre, comprendre les tâches proposées, s'approprier les consignes, aller jusqu'au bout de son travail)
Dans le domaine affectif, accepter de quitter ses parents, différer ses envies et respecter les autres, se sentir bien dans le groupe, accepter et mettre en pratique les règles de la classe, se sentir responsable, aimer l'école et les apprentissages.
L'autonomie dans les gestes, à un âge où tout passe par le corps permet à l''enfant de se sentir autonome, capable de faire tout seul, par lui-même et lui donne envie d'aller plus loin.
L'autonomie dans la pensée, elle a besoin d'être guidée, apprise( langage, consignes, apprentissages mathématiques , etc) et l'enfant se les approprie
L'autonomie affective, elle naît dans le climat de confiance et d'amour de la part des adultes référents, dans l'enthousiasme suscité par les projets de classe et dans l'apprentissage du respect des règles et des personnes, des pairs. L'enfant se rend compte de ses progrès et désire aller plus loin. Il apprend à essayer, s'efforcer et prend conscience qu'en faisant l'effort, il peut réussir.
C'est sans doute cette autonomie -là qui est la plus importante et conditionne tout le reste. C'est celle-là que je veux viser , au travers des 2 autres pour pouvoir dire que tel enfant comprend ce qu'est l'école et ce qu'il y fait.
Bon je n'ai pris aucun exemple dans ma pratique mais beaucoup a déjà été dit sur le "faire seul" et les ateliers autonomes entre autres vont dans ce sens.

isa 21/01/2015 11:28

Je lis avec beaucoup d'attention ton témoignage et il me plait bien-sûr. C'est effectivement dans l'attitude que beaucoup de choses se passent même si notre préoccupation pour notre projet est "l'organisation de l'espace", les détours sont nécessaires sur notre propre vision et compréhension de la conquête de l'autonomie. Il y a sûrement à élaborer sa propre définition, puis à tenter de se mettre en adéquation avec elle, c'est le plus difficile à mon sens parce que faire confiance c'est compliqué, cela nous renvoie à notre propre confiance en nous. Et ne pas faire à la place n'est pas non plus le laisser faire, c'est pourquoi il faut creuser aussi dans cette direction pour trouver ce point d'équilibre. Sans réflexion, nous agissons à l'émotion ou par habitude institutionnelle, parfois il faut se mettre à distance d'elle et comprendre comment nous agissons, ce qui nous motive ou nous freine.

Annaig 21/01/2015 11:13

Je veux ajouter quelque chose au sujet de l'autonomie affective. Dans d'autres débats, Isa, tu as parlé du regard que nous portons sur chacun de nos élèves et sur leur famille.
J' expérimente en ce moment ce qu'est rester positive et aimants en face d'un enfant qui pose problème dans le groupe.
Avec le recul, je m'aperçois que mon regard, déjà l'année dernière était interrogateur vis à vis de la famille (il s'agit du petit colérique dont j'ai déjà parlé ailleurs). Une autre phrase venue de toi m'a fait réfléchir. Ne pas médicaliser ou pathologiser à tout prix, avoir confiance en ma propre pratique.
L'enfant va beaucoup mieux. Les adultes de l'école à ma suite ont changé leur regard et leur attitude et restent positifs malgré ce que l'enfant donne à voir parfois.Au lieu d'être dans la réaction, nous cherchons d'abord à le calmer, par un rapprochement physique qui le replace en confiance vis à vis de lui-même. Puis, nous échangeons calmement et je l'invite à mettre en mots ce qui a provoqué sa colère. Il commence à y parvenir. Alors, nous revenons vers l'autre s'il en est l'objet et tout le monde s'explique dans la bienveillance. Après un mois, un mois et demi dans ce climat, l'enfant est plus dans la relation avec ses pairs, les colères ont fortement diminué et il garde un souvenir positif de sa journée à l'école.
Je constate qu'il a un grand besoin de repli à certains moments. Je n'ai pas encore réussi à installer ce précieux endroit dans la classe. Alors il l'invente: en se faufilant derrière une étagère basse dans le coin poupée ou en se blottissant sous le toboggan .Nous lui permettons ces moments tout en allant le solliciter régulièrement.
Il a pu me dire hier qu'il était gêné par certains bruits ce qui doit avoir une incidence sur ses éclats d'humeur
Il commence à se dévoiler comme un petit garçon plein de richesses et les autres, qui avaient tendance à se méfier de ses réactions jouent volontiers avec lui dans la cour et dans la classe.
Pour raccrocher avec l'autonomie, je dirais que ce passage par l'exploration du ressenti de l'enfant , c'est aussi cela ne pas faire à leur place, ne pas décider une fois pour toutes.
Laisser à chacun d'eux son propre cheminement ...

isa 21/01/2015 09:06

Hélène et Annaig, merci pour vos réflexions qui apportent encore un éclairage à notre débat. On voit bien que cette question ouvre des portes. Etre autonome, c'est tout le contraire de l'individualisme, se confronter à son apprentissage ne peut se faire qu'au travers du groupe, que ce soit le groupe familial, amical mais aussi (et c'est notre champ) scolaire.Oui Annaig, je pense comme toi que préparer à,l'autonomie c'est avant tout de la confiance et du respect et c'est ce qui est le plus difficile, on en revient au commentaire de Michèle qui disait plus haut " on a tendance à faire à leur place", c'est peut être sur ce point qu'il faudrait qu'on s'arrête.

Hélène 20/01/2015 23:15

Selon moi, autonomie et indépendance sont deux choses à distinguer; l'autonomie étant la capacité à faire des choix, prendre des décisions, à s'affirmer, alors que l'indépendance est la capacité à réaliser des choses seul. Ainsi, on peut être dépendant et autonome à la fois, comme les tout- petits.

Elodie 20/01/2015 20:37

qu'est-ce qui est à leur portée ? est-ce que ce que j'attend d'eux est possible ? trop ambitieux, pas assez ? sont-ils capables, ont ils envie de plus/de moins d'autonomie que ce que je leur propose ? tous ? qui ? ... pas facile...

En y réfléchissant je ne mettais pas la même chose derrière le mot "autonome" quand j'avais des Gs ou maintenant avec des Tout petits.
Je me trouve du coup très ambitieuse dans ce que j'attendais de l'ensemble de mes élèves de GS.
L'autonomie dans la vie quotidienne me semblait acquise (repérage dans l'espace classe/école, autonomie matérielle chercher ce dont on a besoin/ranger, être attentif à ses besoins et y répondre seul (aller aux toilettes, boire, se couvrir/se dévêtir...), je trouvais parfois ceux qui faisaient tout ça pas autonomes quand ils ne l'étaient pas "au travail", là encore je trouvais normal qu'ils sachent faire des choix pour les ateliers individualisés mais aussi parmi les ateliers du plan de travail de la semaine, qu'ils sachent rapidement s'y inscrire, je travaillais surtout et c'était difficile pour qu'ils soient capables de se souvenir de la consigne ou qu'il en fasse la demande à quelqu'un de groupe ou qu'il s'appuie sur un outil pour la "relire", j'attendais qu'ils sachent seuls s'ils avaient terminé ou non la tache demandée avant de quitter la table et aller ranger son travail mais aussi des vérifier si c'était réussi, tout ça bien sur en référence à des consignes que je passais un temps fou à préparer (je dois... j'ai fini quand... J'ai réussi si et si ... critères de réussites explicités oralement ou par une trace)
Aujourd'hui je vois la séparation à la rentrée comme une étape primordiale de l'autonomie, l'envie de faire seul, le fait d'essayer de faire seul même s'il n'y arrive pas comme une réussite, je les félicite de savoir choisir parmi les possibles, de savoir organiser son espace de travail, d'accepter de réparer leurs maladresses... aujourd'hui j'ai bien en tête que rien n'est évident, que tout se construit...

isa 20/01/2015 21:47

Oui Elodie, tous les efforts ne suffisent pas toujours à tous mais c'est cela le travail d'un enseignant : travailler pour tous avec le même désir de les faire réussir tous tout en connaissant la difficulté d'y parvenir et le risque d'échouerc'est toute la détermination dont tu parles qui respecte le plus les élèves

Elodie 20/01/2015 21:33

quand tu dis "débrouillardise" ça me renvoie à tous ces élèves qui "font" sans pour autant pouvoir "dire ce qu'il font" "penser/anticiper/mettre à distance/analyser"...
Je focalisais sur ce 3° pole en GS mais là avec les petits j'aimerais les conduire dans cette voie, les aider à dépasser le "faire", à se projeter mais c'est très difficile. Tout ce que j'essaie pour leur faire prendre conscience de leurs réussites par exemple me demande beaucoup de temps et d'energie mais je n'en vois pas les fruits avec tous. Mon atsem me regarde comme une extraterrestre depuis 2 ans, je vois bien qu'elle pense que ça sert à rien et que ca irait bien plus vite qu'on leur serve à boire, il y en aurait moins par terre et qu'on mette nous les adultes un bonhomme content ou pas plutôt que de leur verbaliser les critères de réussite pour qu'ils les valident avec nous... je me demande souvent si c'est adapté ou trop tôt mais je crois que ça se construit pas à pas, que je n'attends pas qu'ils y arrivent de suite mais que ça chemine, qu'ils essaient avec moi pour u jour le faire seul
Je mets en lien la dépendance au regard/jugement/évaluation de l'adulte et la confiance en soi

isa 20/01/2015 21:20

Il y aurait donc des niveaux d'autonomie comme je disais à Edith mais aussi différentes formes d'autonomie comme tu le dis Nathalie. C'est peut être pourquoi chacun la pense différemment ...

nathalie 20/01/2015 20:59

il y a effectivement des élèves très débrouillards dans une classe, ils rangent, nettoient, vont chercher le matériel, mais qui n'ont aucune autonomie scolaire, ne savent pas utiliser les outils (bande numérique, dictionnaire...)

isa 20/01/2015 20:49

Elodie tu pointes une chose importante, l'autonomie ne serait pas forcément attachée à réussite et serait dans les intentions. Je pense également que débrouillardise n'est pas suffisant comme critère d'autonomie. Qu'en penses tu ?

Clairette 20/01/2015 20:15

Justement pour moi, en plus de tout ce qui a été dit être autonome c'est se mettre en "route" tout seul, se mettre au travail sans aide, faire son choix et se tenir à son activité puis la ranger seul également... Quand on voit des enfants qui commencent à faire ça dans la classe c'est magique je trouve!

isa 20/01/2015 20:40

Clairette, y a t il d'autres critères qui te font dire qu'un élève a acquis de l'autonomie ?

edith 20/01/2015 20:14

Pour moi, c'est très utopique: mais ça serait qu'ils soient capables d'adopter à chaque moment en classe le comportement attendu pour chaque activité, et d'être capable de satisfaire ses besoins seuls ou de savoir demander l'aide adequat. C'est utopique, car on aura beau mettre en place des règles de vie, des organisations d'enfer, des supports attractifs ils ne sont que des enfants et entrent en jeu bien des liens psychologiques dans la relation aux autres, pairs et adultes. Et c'est difficile à gérer dans le groupe. Ils n'ont pas tous la maturité suffisante pour tout ce qui leur ait demandé (apprentissages et comportements, respect des autres). Ils sont peu habitués à la maison qu'on leur laisse faire autant de choses.
Cela semble défaitiste: mais en réalité dans ma classe je suis comme vous je cherche comment améliorer tout ça, mais il y a forcément des limites et je pense qu'on est souvent trop exigeant.
La règle est "Je vais t'apprendre à ...pour que tu puisses ensuite le faire tout seul" ou "je vais vous apprendre à faire.....pour qu'ensuite vous le fassiez seul"

isa 20/01/2015 20:37

Mais justement Edith, n'y a t il pas des niveaux d'autonomie en fonction de l'âge et n'est ce pas l'objet de ma deuxième question ? Enfin, est ce que l'autonomie de manière générale est une utopie ?

marielle 20/01/2015 19:13

autonomie individuelle = s'habiller seul, mettre sont tablier seul, se servir seul, son verre d'eau quand on a soif, savoir anticiper le besoin de matériel en fonction de l'activité, savoir d'avance ce que l'on fait et quand (chronologie de la matinée).Gérer ses relations autres par le langage (dur dur en TPS ). aider les enfants qui en ont besoin et demander de l'aide quand il le faut, réparer ses erreurs (eau renversée, sable à balayer, toboggan à essuyer...),ne pas se mettre en danger et ne pas mettre les autres en danger (notamment en sport, ne pas pousser et prendre des risques dans en mesurant ce que l'on est capable de faire (risque mesuré), Choisir entre plusieurs activités, et s'inscrire...L'autonomie c'est aussi, dépendre le moins possible de l'adulte ...

isa 21/01/2015 14:50

ça pourrait être un sujet d'observation dans sa classe et tenter de déterminer les élèves les plus autonomes ( selon ses propres critères), vous auriez peut être des surprises .... ou des difficultés ,en tout cas, tant qu'on ne sait pas ce qu'on met derrière autonomie, on ne peut pas mesurer.

marielle 21/01/2015 12:55

pour repérer ceux qui sont autonomes, quand on demande au groupe classe "choisissez ce que vous voulez faire " ... pff... je dirais que ce sont les premiers qui se dirigent vers un "activité".... tout dépend du cadre dans lequel je pose la question (après présentation des différents choix possibles) ou le mercredi ( ou récréation pluvieuse) quand ce sont les élèves qui décident ce qu'ils veulent faire... les moins autonomes seraient les "suiveurs" ou ceux qu'il faut prendre par la main pour les faire participer...

isa 20/01/2015 21:10

ChoisiS

isa 20/01/2015 21:10

Nathalie, ce petit garçon semble être dépendant de l'attente des adultes, il ne peut s'engager dans une activité qui s'apparente à des apprentissages sans un soutien, cela ne veut pas pour autant dire qu'il n'aspire pas à l'autonomie et le petit test peut révéler cette aspiration ou confirmer sa dépendance. Il est important de l'encourager à se détacher petit à petit. Il y a des étapes pour chacun, pour ce petit garçon, on peut imaginer passer par l'étape : je reste à côté de toi mais c'est toi qui choisi par exemple

sylvieh 20/01/2015 20:00

Juste avant de me mettre à table, mais parce que ce sujet m'intéresse becp car c'est dingue comme les enfants grandissent en ce moment...Alors pour moi autonomie c'est prise de repères de plus en plus grande donc référents, habitudes données, accepter de perdre du temps pour en gagner, accepter les bêtises ou maladresses avant l'habileté, la maîtrise...c'est aussi mettre en place des habitudes de solidarité, coopération....Bon, il faut que j'y aille! Bon app!

nathalie 20/01/2015 19:48

non je ne l'ai pas fait, je fait cela dès demain matin, merci beaucoup de ton aide

isa 20/01/2015 19:45

Nathalie, est ce que tu as utilisé le test que j'avais proposé la semaine dernière pour mesurer le besoin d'autonomie avec ce petit garçon ?

isa 20/01/2015 19:41

Marielle, on sent que tu connais ton sujet :-)) c'est pourquoi je te pose une question :comment dans un groupe d'enfants à qui on dit :" choisissez ce que vous voulez faire" on repére ceux qui ont de l'autonomie ?

nathalie 20/01/2015 19:35

oui il va dans les coins jeux, il a peur de se tromper alors que c'est un élève très performant.*
je crois qu'il ne veut pas être seul devant une activité, il pleure aussi à chaque fois qu'il est sur ordinateur, être dans un groupe le rassure, il ne pleure jamais lorsqu'il est dans un atelier avec moi ou sur une tâche commune à son groupe

isa 20/01/2015 19:25

En fait il ne sait pas choisir son activité mais en dehors de cela, est ce qu'il choisit ses jeux, sait-il se diriger vers les coins jeux ?

nathalie 20/01/2015 19:22

pour l'instant, je vais avec lui pour choisir un atelier, et je l'oriente un peu pour qu'il cesse de pleurer mais du coup il ne choisit plus vraiment! je me dis que c'est gagné, mais le lendemain il recommence à pleurer si je ne l'accompagne, je ne sais plus quoi faire, est ce que je dois ne plus lui proposer ?

D michele 20/01/2015 18:57

Coucou
Depuis le début de ce débat... J ai cette idée d autonomie en fond de ma journée à l ecole,
Donc presque sans arrêt je me dis intérieurement ... Et l autonomie... Et l autonomie... Et très souvent je me dis je leur demande d être le plus autonomes possible ... Mais est ce que c. Est possible pour eux ...
J ai du mal à expliquer, je me pose donc la question de renforcer leur autonomie dans chacune des tâches que je leur propose... Mais je me demande si je mets à leur disposition les moyens de l être..
En tous cas c est une problématique que je ne me posais pas systématiquement mais qui est très intéressante
Bref ...
J ai quelquefois l'impression de les mettre en difficulté , presqu en danger...
Et d autre part je me suis rendue compte que très très souvent on a tendance dans l ecole et sans doute aussi à la maison à faire à leur place...
Voilà mes modestes réflexions

isa 20/01/2015 19:21

Michèle, j'apprécie tes interrogations même si je vois qu'il y a du trouble chez toi. Mais le questionnement a des vertus bienfaisantes, peut être que tu ressens qu'il est nécessaire de clarifier et que l'autonomie telle que tu la proposes n'est qu'une volonté d'adulte pour faciliter son travail. C'est donc pour cela que tu t'interroges es effets sur tes élèves.

nathalie 20/01/2015 19:05

peut être qu'autonomie et choix libre sont 2 choses différentes
comment aider un élève qui angoisse devant le choix, doit on tout de même lui proposer un choix ou attendre qu'il soit prêt, avec le risque que cela ne vienne pas cette année.
En sachant qu'il ira dans une classe de CP où on ne lui proposera pas

Patricia 20/01/2015 17:45

Alors pour moi autonomie = faire seul. Donc mettre tout en oeuvre pour que l'enfant puisse se débrouiller seul (pour s'habiller, pour ranger et fermer sa mallette, aller chercher son matériel et le ranger, ..... ). Je veux dire par là créer des référentiels et des outils personnels ou collectifs, des affichages pour les rangements, l'amener à réfléchir et à se poser des questions, etc etc. Pour moi, notre rôle est d'amener l'enfant à faire seul. Je pense que nous avons tous des outils communs mais que nous avons aussi tous des outils différents en fonction de la classe ou de nos élèves tout simplement.

isa 21/01/2015 14:02

mais c'est vrai que le choix est quelque chose de difficile à mener pour bien des personnes, combien d'adultes doutent et ne parviennent pas à trancher, il y a dans le choix une affirmation de soi qui déroute et peut paraître risquée. Seulement, moins on y est confronté et moins on apprend à surmonter les hésitations, plus on a besoin des autres, et plus on est influençable. Alors choisir est absolument structurant pour l'enfant, ensuite on adapte selon les capacités des uns et des autres.

christine G 21/01/2015 13:44

une conference hier soir concernant les TED troubles envahissants du développement pour ne plus dire "autisme", l'intervenant expliquait que ces élèves sont perdus dans les activités à choix multiples ou libres, il préconise de ne présenter que 2 choix à l'enfant, je pense que cela peut convenir également à nos anxieux. L'autonomie c'est donc pour moi plus que faire seul, c'est être capable d'émettre un choix et de mener son projet à terme

isa 20/01/2015 19:12

Choisir c'est affirmer qui on est, c'est se dévoiler, c'est effectivement risqué parfois. Le risque est que le choix fait soit jugé négativement par les autres. Qu'est ce qui peut rassurer un enfant qui s'angoisse face à un choix ? Comment fais tu Nathalie ?

nathalie 20/01/2015 18:43

eh bien moi j'ai un problème avec un élève qui est très anxieux, a peur de se tromper et ne supporte pas être seul devant une tâche. Chaque fois, que je propose les ateliers autonomes, il pleure, ne sait pas quel ateliers choisir, le choix l'angoisse, il préfère être dirigé cela le rassure. Comment faire?