Question à propos des élèves précoces par Sev

Publié le par isa

J'ai cette année 2 élèves dans ma classe intellectuellement précoces dont un qui vient d'avoir 3 ans et qui connait déjà tous les sons des lettres rugueuses et qui sait dénombrer jusqu'à 10... J'ai peur que cet enfant finisse par s'ennuyer dans ma classe, car mon matériel a ses limites. De plus, il n'est pas très à l'aise dans son corps et donc en motricité. Que faire ? Nous sommes 2 enseignantes pour les 4 niveaux de maternelle.

Question à propos des élèves précoces par Sev
http://www.anpeip.org/quest-ce-que-la-precocite-intellectuelle/si-precocite-pourquoi-savoir/pour-ladaptation-pedagogique

http://www.anpeip.org/quest-ce-que-la-precocite-intellectuelle/si-precocite-pourquoi-savoir/pour-ladaptation-pedagogique

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Milya 02/02/2015 22:36

J'aurais beaucoup de choses à dire aussi sur ce sujet. Il me semble que le fait de passer les tests est vraiment important pour pouvoir prendre en compte les spécificités d'un enfant précoce. Mon fils de 9 ans a été testé cette année. Il a eu des problèmes psychologiques plus ou moins importants depuis ses 3 ans. Je pense que ça l'aide à prendre confiance en lui et que ça pourra nous aider en cas de "rechute"....Le fait de tout réussir sans effort et de ne pas supporter l'échec peut être un problème pour la suite.
Nous l'avons inscrit au piano à partir du CP. Il passait forcément par un moment d'échec à la découverte de chaque morceau. c'était difficile pour lui de gérer ces moments, de persévérer et de faire des efforts. C'est lui qui a choisi de continuer le piano à la fin de chaque année mais il semble aimer jouer que depuis un an.
Quant au saut de classe chaque enfant est différent, c'est vraiment une question compliquée....il faudrait pouvoir jeter un oeil dans le futur pour prendre la bonne décision!!!

Laeti42 01/02/2015 23:10

Bon j'interviens ce soir et je me fais l'avocat du diable...
Primo: après les DYS voici les EIP... Nouveau sigle? Nouvelle vague? Nouvelle mode?
Secundo: fort pourcentage d'enfants précoces chez les enseignants mesdames? Tous vos enfants chez certaines? Ouahhhhh...j'hallucine....
Se peut-il que nos enfants aient tout simplement bien compris les enjeux du métier d'élèves puisqu'ils vivent avec des pédagos (Sans connotation négative dans ce terme puisque j'en suis)... Se peut-il que nous les baignions depuis qu'ils sont nés au milieu des livres, des jeux éducatifs ou non d'ailleurs, mais que nous jouions avec eux ala poupée, à la marchande, au docteur... Que nous ouvrions leurs esprits à toutes les formes de culture, que nous leur parlions, que nous répondions a toutes leurs questions... Bref, que nous faisons notre boulot de parents( plutôt bien d'ailleurs) ce qui les rend meilleurs...Plutôt que de les abrutir devant les écrans par exemple comme la grande majorité des parents débordées d'aujourd'hui (et je ne me permets pas de juger ces parents). Bref, tout ça pour dire que nos enfants, ne sont pas précoces, mais éveillés, intéressés, ouverts au monde et que cela est possible à tous si seulement .... Les EIP foutaises selon mon psy scolaire.... Des brillances oui chez certains, mais les EIP c'est coller des étiquettes aux enfants... Et après la solution pour un EIP : saut de classe:ouahhh génial on avait besoin d'un sigle pour s'en occuper... Alors arrêtons avec ses gamins précoces et cherchons des solutions de classe plutôt que des cases à remplir...

Laeti42 02/02/2015 22:44

voila Isa, tes derniers commentaires énoncent très bien ce que je pense mais je l'ai traduit maladroitement... Je pense qu'il faut être attentif à tous les enfants et chacun a ses spécificités... Que nous sommes là pour différencier.... Plusieurs fois dans vos commentaires vous évoquez la " super enseignante" qu'il a eu et avec qui ça passe bien .. Cette super enseignante n'est-elle pas tout simplement celle qui fait son travail de différenciation au quotidien dans sa classe d'apres ce qu'elle a pu observer de ses élèves?
Ce qui me gêne avec ces enfants précoces c'est que l'on a tendance à cataloguer dès qu'un enfant présente des brillances dans certains domaines... mon grand a appris à lire en MS, tout seul, parce que ca l'interessait ( une vrai caricature de Maria Montessori Isa!!!!!) donc ça me parle... Mais mon seul objectif, en tant que maman est qu'il soit épanoui ... Et je n'attends donc pas de l'ecole qu'elle lui apprenne à lire...puisqu'il savait... Mais qu'elle développe toutes ses autres potentialités pour en faire un être équilibré... Parce que lire... C'est pas tout... Rêver, créer, sentir, vivre ensemble, s'emerveiller, écouter ... Voilà des choses tout aussi passionnantes qui feront de nos enfants les citoyens de demain... de la même facon, je ne suis pas pour le saut de classe, qui ne tient compte que de ses performances scolaires.... Il faut mesurer les conséquences plus tard, au collège notamment....
Mais peut être qu'au fond, je tiens ce discours parce que je suis en école rurale, avec des classes multi niveaux, et que je n'ai pas a faire sauter une classe car chaque enfant peut avancer à son rythme et suivre la ou ca lui convient.... Peut être que l'on baigne dans la différenciation, les plans de travail, l'autonomie au quotidien.... Sans le mesurer vraiment et que du coup l'enfant précoce comme l'enfant en difficulté trouve sa place dans cette configuration... Je n'ai pas vraiment de réponse... Je veux juste que les parents ne cherchent pas à coller une étiquette a leur enfant pour justifier leur difficultés scolaires ou comportementales... parce que dans ma classe, si j'écoutais mes parents, j'aurai les 3/4 d'enfants précoces !!!!

laetitia 02/02/2015 21:06

Ah quel sujet passionnant que celui des enfants précoces. Pour laeti42, ton témoignage m'a marqué, car pour être la maman d'une enfant précoce, j'ai et parfois encore je me retrouve à penser comme toi. Je me dis que nos enfants sont plus éveillés avec tout ce qui les stimule autour d'eux. Mais, je peux te dire que les enfant à haut potentiel ne sont pas une généralité, et pour certains la vie et la scolarité ne sont pas si simples.
Pour ma part, nous avons découvert que ma grande est EIP. Nous avons choisi de passer à l'étape bilan puisque ayant appris à lire et à écrire toute seule en MS (je me suis toujours refusée de la stimuler, et d'essayer d'aller plus vite que l'école, je n'en voyais pas l'intérêt). Elle avait un train d'avance, mais je ne connaissais pas bien ce sujet à l'époque, et je faisais confiance à mes collègues, si elles avaient vu quelque chose, elle m'en auraient parlé. Sauf que la demoiselle avait réussi à dissimuler son potentiel en classe pour être comme les autres. Un jour j'ai été invité à une conférence et le sujet m'a interpellé car j'y ai retrouvé ma fille dans beaucoup de point. Nous l'avons finalement faite testée parce que : baisse des résultats scolaire en CE2, un comportement ressemblant un à mal être voir dépression. Le résultat est tombé, ça lui a fait du bien de savoir. Elle a une enseignante super, et bien au fait du sujet ça l'aide. Mais les problèmes existentiels existent toujours et nous essayons de lui apporter de l'aide pour qu'elle vive au mieux cette différence. Il s'agit d'une manière de fonctionner différente (et en aucun cas de surdouement) sans le travail, ça ne marche pas. Mais il faut prendre ceci en compte car l'approche du travail pour ces enfants là est différente, bien qu'ils soient dotés de capacités plus aisées pour réussir. De savoir pour ces enfants là est une chance pour leur vie future. Ils ne sont pas nombreux et beaucoup d'enfants peuvent faire penser à des EIP. Parfois il faut que nous fassions attention de ne pas passer à côté de certains pour pouvoir les accompagner au mieux dans leur scolarité. Et il ne s'agit pas toujours de nos meilleurs élèves. Je trouve que chez des PS ce n'est pas facile de les détecter, mais en mettant en place une pédagogie différenciée, ces enfants peuvent y trouver leur compte. Et si c'est au profit des autres tant mieux.

isa 02/02/2015 13:40

Sylvie, tout cela montre que cette maman et ce papa semblent ne pas se positionner , à la fois elle déplore que son garçon réclame des robes de déguisement mais elle lui en achète, elle déplore les poupées mais elle lui achète. Mais ce petit garçon a le droit de choisir les jeux qu'il préfère. Plus on focalise et plus l'enfant est mal dans ses choix, n'oublions pas qu' à cet âge, l'enfant est dans l'opposition tel un adolescent rebelle. Qu'y a t il de mal à aimer s'identifier à sa mère ? Encore une fois, arrêtons avec nos normes rigides et anxiogènes. J'avais une malle à déguisement dans ma classe avec robes et chaussures à talon entre autres, combien de petits garçons les ont enfilés sans que personne n'y trouve rien à redire et heureusement !

isa 02/02/2015 10:55

Oui Dominique, c'est important de dire que les recherches sur le cerveau ont permis de mieux comprendre et ce n'est pas fini car son fonctionnement reste encore mystérieux. Je ne pensais pas à un désaccord à propos de la lecture, je parlais de cette habitude qui est de réduire l'enseignement et la réussite des élèves à cette seule compétence, quand je lis Montessori qui n'est pas surprise d'observer que des enfants très jeunes apprennent à lire parce que c'est leur volonté et qu'elle leur a donné les outils pour le faire, je me dis que nous devons sortir de nos normes. Certains le veulent, d'autres non, ne cherchons ni à précipiter les choses ni à les freiner, sachons être des observateurs avertis. Concernant les EIP, je suis contente de ce débat parce que j'avoue que je n'avais pas les connaissances et que j'en sais un peu plus aujourd'hui grâce à vous.

Dominique 02/02/2015 09:26

Laeti, les EIP ont toujours existé, il y en a de manière égale dans toutes les tranches sociales de population, mais dans les tranches "défavorisées" ils sont moins détectés, et c'est bien triste, d'où notre rôle important en maternelle. On en entend davantage parler et c'est tant mieux, ce n'est pas une mode, c'est juste qu'on en sait un peu plus sur le fonctionnement du cerveau et de ces enfants. De même pour les dys, les TDAH etc.
Pour savoir si un élève est à haut potentiel ou pas, il n'y a à ce jour qu'un moyen et c'est le test WISC4. Tant qu'on ne l'a pas fait passer on ne sait pas.
Le fait est que les enseignants ont un regard différent, professionnel, et donc effectivement leurs enfants comprennent globalement mieux comment fonctionne l'Ecole (mais encore une fois: pas de règle...). Cela dit, il est aussi remarqué dans plusieurs études sérieuses que le haut-potentiel est quelque chose de familial, et n'a rien à voir avec les enfants d'enseignants. Je ne parle pas ici des bons élèves ou des élèves brillants. Un élève à haut potentiel pouvant être un élève en grande difficulté scolaire.
Certains psychologues scolaires ne sont pas formés au haut-potentiel. Les enseignants n'y sont pas formés du tout (sauf en formation de directeurs, à peine deux heures) et c'est bien dommage, car souvent les aménagements mis en place pour ses enfants profitent à toute la classe en effet.
Isa je ne suis pas en désaccord avec tes propos: j'ai parlé de la lecture car c'est le premier élément qui doit interpeller pour se poser la question de la précocité ;-) mais je suis bien d'accord, il y a beaucoup d'autres choses à découvrir et à explorer à la maternelle! Et tout dépend de l'enseignant. Bonne journée!

isa 02/02/2015 08:23

Laeti, c'est ça le débat, il y a des avis contradictoires et c'est bien, tu donnes le tien et ça met un pavé dans la mare. Ce que je retiens de cette discussion est que la souffrance d'un enfant ne doit jamais être nié mais que si tout va bien et qu'il a la chance d'avoir des capacités importantes il est peut être mieux de le laisser vivre sa vie. Tu as raison Laeti, les enfants d'enseignants sont en proportion importante dans ceux qui réussissent à l'école.

sylvieh 02/02/2015 00:05

A est il tourné vers l'imaginaire au point de se raconter des histoires comme le fait d'être une fille? J'ai travaillé sur cette notion, certains ne l'avaient pas acquises mais il me semblait que pour A, cela l'était; je vais davantage l'observer...je dois dire que cet entretien avec la maman est tout récent. je sais qu'elle est inquiète, me dit qu'elle ne sait parfois pas quoi répondre à son fils, elle a consulté et c'est son médecin qui lui a conseillé d'en discuter avec moi.Elle est déconcertée par le décalage entre sa maturité affective et sa maturité intellectuelle...je lui ai dit que nous nous tenions au courant ....Je dois dire que tout ce que vous évoquez m'interpelle donc également. j'aurais tendance à dire que ce qui m'importe pour chaque enfant, c'est qu'il trouve son compte dans la classe: que ce soit adapté ( ni qu'il ne s'ennuie, ni qu'il ne s'y repère) donc qu'il y ait du sens également...A suivre

sylvieh 01/02/2015 23:55

l'accent: le fait de demander des robes ne me dérange pas du tout mais le fait d'en avoir 9 et d'en réclamer une autre...Je lui ai dit qu' A cherche vraisemblablement des limites et que cela l'angoisse certainement...Elle me dit qu'il dit qu'il est une fille, quand elle lui dit que non, il dit qu'il va se transformer en fille.
De mon point de vue, à l'école, tout se passe très bien pour lui. Et finalement, si cela se passe ainsi à la maison, il doit trouver le repos à l'école. la maman est d'ailleurs très contente car elle voit qu'il est serein...

sylvieh 01/02/2015 23:50

Cette question m'interpelle....car j'ai un petit garçon dans ma classe dont j'ai très vite trouvé le langage super construit, des questions, des observations, arguments qui me surprenaient par leur pertinence. Cependant, il venait avec le doudou, avait du mal avec la séparation... A mon sens, Il se plait à l'école, trouve sa place...a des amis...
La maman a voulu me rencontrer et m'a expliqué les difficultés d'A: A la maison, pas le même, toujours en questionnement, dit qu'il s'ennuie, en parlant de l'école également ( ce que je ne ressens pas une seconde) et quand je lui dis qu'il ne l'exprime pas du tout, elle m'explique qu'il lui a dit qu'il ne veut pas le dire car il a peur que je ne m'occupe plus de lui (?) ...A la maison, il est ds la provocation, écrit sur ses mains...Le soir, quand il se couche, il parle et compte : 2 +2 = 4...La maman dit qu'il pose des questions sur l'univers... et est en même temps très angoissé (ils sont en train de déménager: il emmène son frère de 18 mois ds un carton et qud sa mère le découvre, il lui explique que comme cela, elle ne les oubliera pas (!). Par ailleurs, se greffe un autre problème: A adore tout ce qui parle des princesses, possède 9 robes de P, connaît la chanson de la Reine des neiges par coeur . A l'école, il aime en parler, de ses robes et quand je lui proposé de chanter, il m'a répondu: " je n'ai pas ma robe de couronnement". la maman est inquiète car il a une robe emplie de poupées, robes...et quand, elle lui dit qu'elle va cesser de lui en acheter, car ce n'est pas une fille et qu'elle lui demande si il ne préfèrerait pas un déguisement d'animal, il lui répond qu'il n'est pas non plus un animal (Et toc! ). Ce qui l'inquiète, c'est que A est en perpétuelle questionnment vis à vis d'elle et de son père, en perpétuelle demande aussi. C'est là dessus que j'ai mis l'

Emilie44 01/02/2015 18:21

Sev, je fais comme toi : du Montessori mixé avec du Isa, c'est un mélange top je trouve et dans ce genre de fonctionnement on peut mieux prendre en compte autant les élèves en difficultés que les enfants précoces. J'ai un élève cette année pour lequel je me pose vraiment la question : il parle très très bien, a des capacités d'abstraction supérieures au reste de la classe (je lui ai demandé d'aller chercher 10 bouchons dans une barquette et de me les apporter : il les a comptés et il en avait apporté 11, alors de lui-même il en a repris un pour aller le remettre dans le bac). Il a de gros problèmes de comportement à la maison et dans la classe.

J'ai donc essayé de faire des ateliers plus complexes avec lui, j'ai commencé une séance pour l'instant du jeu "je devine". Mon "problème" c'est que maintenant les autres élèves de la classe demandent aussi à faire cet atelier! lol

Emilie44 02/02/2015 00:07

Non, ce n'est pas un problème, c'est pour ça que je l'ai mis entre guillemets! lol

isa 01/02/2015 18:35

Est ce un problème ? Émulation pour apprendre, non ?

virginie90 01/02/2015 17:57

Bonsoir
Une question en tant que maman, je sens mon fils en souffrance depuis quelques temps. J'ai d'abord pensé à de la jalousie avec l'arrivée de se petite sœur il y a 2 ans, mais j'en ai parlé à mon médecin traitant qui m'a demandé si je l'avais fais testé. Ma question est comment voit-on que son enfant est précoce? (mon fils a 7 ans)

edith 01/02/2015 18:08

Regarde sur le site ANPEIP qu'Isa donne en bas de cet article, il y a un tableau avec des repères

Dominique 01/02/2015 11:19

Bonjour,
Je suis votre site en sous-matin depuis des mois et j'apprécie ce qui se vit ici et la manière que vous avez de partager et d'offrir votre travail.
Concernée par la précocité par mes deux filles (9 ans et demi et 7 ans), ça a été pour l'aînée un parcours du combattant. Les enseignantes la trouvaient parfois immature, pas forcément à l'aise dans l'espace, et donc n'ont pas voulu accélérer le parcours, alors qu'elle était en classe multi-niveaux toute la maternelle.
Résultat: en GS elle a commencé à avoir des troubles du comportement, en CP elle a explosé en plein vol tellement elle était mal. Nous avons fait le nécessaire (tests, psychiatre, psychologue) et sa précocité a été reconnue. Pour autant, refus de l'école de la faire avancer plus vite (elle lisait des clubs des cinq pendant que les camarades apprenaient la syllabique). Il n'y a qu'en tapant du poing sur le table, en me positionnant du côté de ma fille clairement que nous avons réussi à accélérer son parcours. Il est difficile de sauter une classe ou de glisser de l'une à l'autre en élémentaire, sauf si l'enseignant est extrêmement attentif et bienveillant et personnalise le parcours.
Mon avis de mère, de maitresse de maternelle et de directrice d'école est le suivant: un glissement en MS vers la GS (choix fait pour ma deuxième fille et pour des élèves de mon école), une fois les compétences de MS vérifiées, est à mon sens la meilleure solution, car alors une attention particulière peut être donnée au graphisme et à l'apprentissage de la cursive, ce qui est trop tard si l'enfant saute la GS et va en CP directement, ou si le CP est sauté. La rééducation en écriture existe et aide ces élèves atypique. La manque de maturité ou les problèmes d'écriture sont de toute façon caractéristiques et ne sont pas un argument pour laisser un tel élève dans sa cohorte d'âge.
L'AGEEM35 (dont je suis) a travaillé sur ce thème l'année dernière (nous étions plusieurs enseignantes à avoir été confrontées à ces enfants) et des articles et ressources sont disponibles sur le site http://ageem35.fr/ (partie ressources).
J'ai déjà fait glisser une élève de PS en MS en cours d'année quand j'avais une classe de PS/MS, avec accord des parents (la maman avait sauté une classe aussi enfant...). Cela se décide très simplement en conseil de cycle. S'il y a un doute les tests existent dès la maternelle à partir de quatre ans, ce ne sont pas les mêmes après 6 ans.
Bonne réflexion et bonnes recherches, ce genre de décisions n'est pas anodine et impacte fort!

isa 01/02/2015 19:44

Et je rajoute que ma fille n'est pas à haut potentiel donc je ne connais pas la question

isa 01/02/2015 19:40

je corrige "Ces" années, car ma fille n'a pas eu d'années sautées

isa 01/02/2015 19:37

J'ai le sentiment que la lecture est le seul objectif des petites classes et qu'en dehors de cet apprentissage rien n'existe, alors effectivement dans ce cas, savoir lire en MS pose question ,mais je ne conçois pas l'école de cette manière, j'y vois une ouverture bien plus large à toutes les connaissances et tous les savoir faire, de la même façon le goût de l'effort se travaille dans d'autres domaines , c'est de la responsabilité de l'enseignant. Je ne cloisonne pas de manière aussi étanche les différentes classes et je pense que savoir lire en MS est une grande chance pour l'enfant qui en avait le désir et la capacité. On peut s'ennuyer ferme dans une classe de CP même si on est en âge d'être en MS, je ne vois pas comme un avantage le fait de passer plus vite si l'enseignement reste insipide et sans aventure intellectuelle. Je provoque un peu, mais je veux dire par là que l'enseignant compte bien plus que le niveau de classe. Et puis s'il ne faut sauter qu'une ou deux classes pour ne pas se retrouver trop tôt dans le grand bain du supérieur, qui dit que l'ennui et le mal être ne refera pas surface vu les capacités de ces élèves à haut potentiel ? C'est pourquoi comme pour les élèves qui ont besoin de plus de temps pour apprendre et pour lesquels l'enseignement doit toujours être adapté pourquoi ne pas l'adapter également pour ces enfants particuliers ? Je continue de poser mes questions. J'ai ma dernière fille qui savait lire en MS ( jamais compris comment elle a fait) et qui n'a sauté aucune classe, qui a toujours trouvé ( ou presque) des enseignants qui acceptaient qu'elle fasse tout très vite, elle a tout réussi au maximum, elle se pose toujours trente six mille questions ( c'est fatigant), elle est allée en prépa ( c'était son choix, elle n'aime que la difficulté) et a abandonné au bout de deux mois tellement elle se sentait mal, vraiment mal, j'ai souffert avec elle mais j'avais confiance, elle a réussi à intégrer l'école qu'elle voulait en repassant par la fac, elle n'a jamais raté une année, quand elle est allée continuer ses études à l'étranger , ses copains d'université de multiples nationalités lui disaient "Mais tu es si jeune, chez nous on prend notre temps, on va voyager puis on revient étudier" et maintenant elle est sur le marché du travail et ce n'est pas facile, on lui rabâche à longueur de temps qu'elle est jeune et qu'il faut qu'elle patiente. C'est pourquoi je m'interroge sur ses années "sautées"et je me dis à quoi bon ?

Dominique 01/02/2015 17:38

Dans ma classe, même le fonctionnement en atelier échelonnés avec brevets de réussite a trouvé ses limites avec ces élèves. Quand un élève de MS réussit déjà le niveau GS sans même un effort, cela questionne. La solution n'est alors peut-être plus dans sa classe, mais dans la classe du collègue de GS...
Ils vont plus vite que les autres, donc le décalage ne fait que s’accroitre avec le temps. Même en différenciant et leur donnant la possibilité de se nourrir davantage ou différemment des autres, il se trouve un moment où il ne se sentent plus à leur place dans le groupe, il n'ont pas non plus les mêmes préoccupations que leurs pairs, les mêmes centres d'intérêt. Les albums de la semaine ne les intéressent pas, les rituels ne les intéressent plus... et ça se complique de manière notable.
Ils finissent par travailler seuls dans leur coin et ne rien faire comme les autres, d'où la proposition de "glissement" possible quand on a un multi-niveau. L'enfant à qui l'on permet de glisser dans le niveau supérieur en cours d'année peut avancer à sa vitesse et continue à progresser plus vite que les autres. C'est souvent salvateur, l'élève retrouve le goût de l'école, va mieux globalement.
Evidemment ces enfant ne doivent pas à mon sens "sauter" trop de classes, mais que faire quand un élève de MS sait lire en janvier? Lire et pas juste déchiffrer? Que va-t-il faire en GS l'année suivante, et au CP ensuite?
Dans une classe chacun court à sa vitesse, mais globalement il y a quand même un peloton central, des élèves qui courent plus lentement, d'autres qui courent plus vite. On ne peut pas obliger un élève à ralentir ou à refaire des choses qu'il a déjà assimilées pour rester dans sa cohorte d'âge, quand il va tellement vite qu'il pourrait suivre dans le niveau au dessus ou dans la classe du collègue d'à côté.
Le cliché de l'enfant précoce en faculté à 15 ou 16 ans est très minoritaire.
Bien souvent l'adaptation du parcours en avançant plus vite d'une année et enrichissant le contenu peut suffire.
Bien entendu il n'y a pas de règle, selon les enfants c'est différent, d'où l'importance de notre œil vigilant pour proposer ce qu'il y a de mieux pour nos élèves. L'adulte s'adapte aussi à l'enfant en lui permettant d'avancer à sa vitesse, y compris dans la classe au dessus si nécessaire.
D'où l'importance aussi de bien différencier le Haut potentiel (très atypique) de l'élève brillant.

Je sais qu'il n'y a pas de solution idéale, qu'effectivement il faut faire au cas par cas, je suis très subjective car je le vis aussi en tant que maman, c'est donc simplement un ressenti basé sur une expérience personnelle et professionnelle.

isa 01/02/2015 11:54

Merci Dominique de sortir du sous-marin et de venir apporter ta contribution au débat avec des ressources disponibles. Est-ce que tu ne crois pas que la différenciation pourrait être une vraie solution comme on peut ( devrait) le faire avec les enfants en difficulté plutôt que de faire sauter de multiples classes et de voir un enfant ou adolescent qui ne se retrouve plus parmi ses pairs du fait de la différence d'âge. J'ai en tête l'exemple d'un médecin qui me racontait avoir eu 3 ans d'avance au cours de sa scolarité et qui longeait les murs au lycée arrivant le dernier en classe pour ne pas avoir à se retrouver parmi les autres, se retrouvant à 15 ans confronté à des situations en faculté de médecine qui l'ont (d'après ses dires) traumatisé et ayant un recul sur ses années d'avance très défavorable. Je sais que c'est une situation complexe et qu'il n'y a sûrement pas une réponse pour tous, mais plutôt au cas par cas. Mais l'hypersensibilité de ces enfants n'en fait-elle pas des êtres plus vulnérables pour aborder l'âge adulte ? Je pose des questions, je n'assène pas une vérité, tout cela m'interroge. J'ai toujours pensé la scolarité comme une préparation à la vie et je projette toujours vers l'après. Je me dis que c'est d'abord aux adultes de s'adapter aux enfants et non l'inverse. Ce débat amènera peut-être des prises de conscience, qu'est-ce qui interdit à un enseignant de complexifier le travail d'un élève afin de lui donner ce à quoi il aspire du fait de ses compétences intellectuelles ?

Dominique 01/02/2015 11:19

en sous-marin je voulais dire ;-)

Sev 01/02/2015 00:44

Ouh là, je reviens ce soir et je vois que j'ai soulevé "un gros caillou"...!
C'est la première fois que je suis confrontée à 2 enfants précoces dans ma classe donc je me documente, je lis et c'est vraiment important pour comprendre le comportement de ces enfants qui ne fonctionnent pas comme nous.
Il parait qu'il y en a en moyenne 2 par classe et quelquefois, on passe donc complètement à côté..

J'utilise la méthode Montessori dans ma classe et aussi la méthode d'Isa, c'est un savant mélange qui me plait bien; mais je n'ai pas tout le matériel, mon budget m'a permis pour l'instant d'avoir celui des premiers apprentissages; je me rends bien compte que le fait de les laisser aller vers leurs besoins est vraiment important, d'autant plus pour ces enfants.
Ce petit de 3 ans me demande tous les jours les lettres rugueuses et l'ordinateur (il avance avec P'tit Floc a une vitesse incroyable); il m'a dit "je veux lire des livres maitresse", donc j'ai commencé à lui présenter les premiers mots à écrire avec les lettres mobiles, maintenant qu'il connait les sons de chacune. Cela lui a plu, il en voulait encore !

C'est vrai qu'on ne sait pas si on prend une sage décision en faisant sauter une classe à ces enfants; pour l'instant, il ne s'ennuie pas; j'attends de voir...
On est beaucoup plus formé à la prise en charge des enfants en difficulté d'apprentissages qu'aux enfants précoces. c'est quand même un problème...

Sido 01/02/2015 10:57

De glisser en GS en cours d'année, malgré des difficultés nettes a tenir en place, mais parce qu'elle s'ennuyait ferme dans ma classe, malgré les activites autonomes et les approfondissements que je pouvais lui amener... Et je ne l'ai pas proposé à un autre enfant de MS, qui lui semble bien dans son groupe et les activites, sans ennui... Faisons nous confiance pour évaluer les besoins de ces enfants, tout en restant très à l'écoute des parents, souvent démunis face à leur petit.

Sido 01/02/2015 10:54

Bonjour, lectrice de l'ombre, je prends ma plume virtuelle pour intervenir sur ce sujet qui me tient à cœur... Car comme les collègues, c'est d'abord en tant que maman que j'ai été confrontée à la précocité: mon aîné a été diagnostiqué précoce à l'âge de 7ans, mais il avait déjà sauté une première classe en maternelle, car après une TPS réussie, il pleurait tous les jours et ne voulait plus aller à l'école en PS (d'abord maman, c'est pas l'école, on fait que jouer, et moi je veux apprendre!me disait mon petit bout de 3ans...). Après son diagnostic, il a effectué une autre glissement (CE2/CM1 en une année) et est entré cette année en 6eme avec 2ans d'avance...
Pas facile tous les jours de présenter et faire accepter sa différence, mais impensable pour nous et surtout pour lui de ne pas le laisser avancer a son rythme! Alors bien sur, l'écriture est et restera sa bête noire, bien sûr, les profs ne sont pas toujours (rarement même!!) bienveillants et prêts à l'alimenter à sa faim, mais certains essaient, et si nous enseignants de maternelle et de primaire nous leur en offrons la possibilité, il ne faut pas hésiter à alimenter leur curiosité sans fond. Pour le saut de classe, tout est question de personne: j'ai moi-même déjà proposée à une enfant de MS glisser en GS

Nathalie M 31/01/2015 20:35

Oui Edith, j'aimerais avoir tes conseils aussi, je suis maman de trois enfants, pour l'instant seul mon grand en 5ième est diagnostiqué précoce et n'a pas sauté de classe, mon second est en cm2 (il n'a pas fait le ce2) et ma troisième en cp-ce1 et elle suit le ce1 depuis fin décembre. Le collège est une période difficile pour l'aîné qui comme je l'ai lu plus haut se retrouve confronté à l'echec et à l'obligation de travail qu'il ne connaissait pas. Je suis très heureuse de voir qu'on parle aussi de ces enfants différents parce que certains collègues ne sont pas du tout sensible et lorsqu'ils sont enseignants de nos enfants c'est compliqué!!!

edith 31/01/2015 22:04

Le saut d'une 2ième classe s'est proposé à ma fille dont je décris le parcours plus haut, pendant le collège: c'était une des éventualités pour répondre à une rapidité de travail et de compréhension...et donc à un dysfonctionnement: elle bavardait, n'avait pas besoin d'écouter, n'avait pas de réel problème d'apprentissage à résoudre. On a longtemps hésité et nous n'étions pas d'accord mon mari et moi. Le collège, qui avait un projet d'établissement pour les "EIP", a proposé un aménagement des heures et de sa présence en cours et en études : ma fille en a bénéficié, elle a pu développer ses centres d'intérêt autres que les contenus habituels. Nous avons eu des échanges très soutenus et nombreux avec l'équipe qui était formidable. Nous n'avons pas fait sauter une 2ième classe. Elle était petite en taille, et elle souffrait déjà des moqueries des autres.
Dans mon témoignage, je crois que je mets en avant la qualité des enseignants, formés et volontaires pour travailler avec des précoces, et le travail d'équipe menée par le principal qui travaillait aussi avec les familles.
Mon autre fille n'a pas eu cette chance: pas de test, pas de saut de classe, pas de collège ni de lycée adapté...et cela pour X raisons car tous les enfants expriment leur précocité différemment. Malgré tout nous avons toujours été présents auprès des profs pour rappeler cette spécificité, pour comprendre le système et tenter de ne pas subir des organisations qui mettent à mal le bien-être des jeunes: j'étais représentante des parents par exemple pour avoir les informations, pour faire partie d'une équipe qui est partie prenante de la scolarité au collège et au lycée. On ne fait pas bouger des montagnes, mais on se sent moins seul.

edith 31/01/2015 19:25

Merci pour cette discussion et pour ce tableau.
Je suis concernée en temps que maman: mes filles sont grandes maintenant, mais elles ont toujours cette particularité. On est passé (elles et nous, les parents) par bien des questionnements et des embûches. L'important est de prendre en compte cette particularité, que l'enfant le sache, être attentif au bien-être et proposer une aide à l'enfant avec un psychologue au fait de la précocité.
Je suis d'autant plus attentive en tant qu'enseignante de maternelle. Le tableau est très éclairant sur ce qui peut être envisagé pour diversifier mais aussi pour comprendre que tous ne se manifestent pas de la même façon....et la détection est parfois longue avant de venir en aide à certains élèves.

edith 31/01/2015 21:40

Ce qui a été important pour moi c'est de savoir qu'on parlait bien de haut potentiel, donc test auprès d'un psychologue qui connaît cette spécificité (liste disponible par région sur les sites des associations de parents d'enfants précoces) Mais autour de moi, tout le monde (mon mari et une de mes filles, nos amis) ne voulaient pas passer par ce test. Des psychologues non avertis m'ont aussi dissuader d'aller contre l'avis de ma deuxième fille qui ne voulait pas se faire tester.
Le test peut avoir lieu à différents moments de la scolarité, pas trop tôt je pense (pas avant 7 8 ans) sauf mal-être avéré en liaison avec les apprentissages.
L'enseignant doit être impliqué dans les étapes à franchir et informer des particularité d'un enfant précoce.
Le saut de classe, à mon avis, n'est pas systématique si l'environnement proposé par le maître est adapté, mais il ne devrait pas avoir lieu trop tôt car effectivement les modalités de fonctionnement d'une classe maternelle donnent toute possibilité de diversifier les approches en rapport avec les capacités des "précoces" (on va faire simple)
L'enfant doit savoir qu'il a cette particularité et qu'il a un mode de fonctionnement et une compréhension du monde très particulière. Le soutien d'un psychologue pourra être utile à différents moments, notamment pour affronter le regard des autres, pour accepter sa différence.
Le passage au collège est effectivement délicat. Une de mes filles a commencé sa 6ième avec un an d’avance (elle a sauté le CE2) dans un collège classique. Mais dès décembre, après rencontre avec les professeurs et le principal, nous avons été heureusement orienté vers un collège proche de notre résidence et qui avait une classe de "précoces". Ce collège n'accueillait pas que des "précoces" mais ils avaient un projet d'établissement pour cette classe, encadrée par des professeurs volontaires. C'est là que le test de QI nous a été demandé. Nous avons été très contents de cet établissement, nous avons été très présents, et notre fille, qui ne voulait pas changer de collège en 6ième, nous a finalement remercié (en fin de 3ième!) d'avoir fait ce choix pour elle. C'est un point important aussi. Ce sont les parents qui font ce type de choix pour leur enfant...parfois contre leur gré, cela a été notre cas....pas facile! Elle est allée dans un lycée classique et s'est retrouvée "mélangée", en décalage, difficile d’être insérée aux groupes. Nous avons essayé de garder les liens avec les profs pour informer et nous avons suivi notre fille et son bien-être nous importait : nous avons rencontré les même difficultés que les parents d’adolescents

isa 31/01/2015 19:54

oui Edith, c'est une particularité, le mot est juste et en cela, on dédramatise. C'est une richesse qui fait que l'enfant se sent porté et compris et non exclu et incompris.J'imagine que le regard des parents sur lui est fondamental et que ce regard va dépendre également de l'aide bienveillante qu'ils pourront trouver. Avec le recul puisque tes filles sont grandes, quels conseils donnerais tu en tant que parent pour d'autres parents sur la traversée de la scolarité ?

isa 31/01/2015 17:55

Je viens d'ajouter un tableau assez concis qui donne des pistes et des éclairages trouvés sur le site de l'association pour enfants intellectuellement précoces, le lien est sous l'image.

luben 31/01/2015 19:44

Ton blog est d'une grande richesse pour nos préparations et pour la gestion de classe. Mais aussi pour les rencontres avec d'autres enseignantes, maman...On s'y sent bien, on peut parler librement. Un grand merci à toi, isa ;)

isa 31/01/2015 19:23

Je comprends tes inquiétudes, elles se posent également à bien des familles. Il y a une vulnérabilité mais qui existe sous différentes formes pour d'autres enfants à profil différent. J'ai toujours eu le même discours et avec le recul , que ce soit celui de la mère de famille nombreuse que je fus ( les miens sont adultes maintenant), que ce soit celui de l'enseignante que j'étais, je garderais le même, c'est à dire CONFIANCE et DIALOGUE, s'intéresser à leur vie, à leurs copains, à leurs goûts, à leurs craintes, discuter, les inciter à argumenter pour développer l'estime d'eux-mêmes, ne pas vouloir ni faire ni penser à leur place, garder une grande confiance en ce qu'ils sont et en ce qu'ils vont devenir, les accompagner tout en acceptant que ce soit pour nous quitter. Ils auront besoin de tout cela pour choisir leur vie.

luben 31/01/2015 19:03

Le collège me fait déjà très peur. En septembre 2016, mon ainé y rentrera. Je suis très angoissée pour lui . C'est pour cela que j'étais contre le saut de classe. Mon mari était pour. J'ai lu pas mal de choses sur le sujet avant de prendre ma décision. Les enfants précoces qui n'ont pas été détectés avant l'entrée au collège se retrouvent en échec scolaire à partir de la 4 ième , 3ième. Pourquoi? simplement car ils n'ont jamais eu d'efforts à founir pour apprendre et n'ont donc aucune méthodologie (ils ne savent simplement pas apprendre ) , ils ne savent pas non plus expliquer (par exemple pour résoudre un problème de maths) et n'acceptent pas l'échec . C'est ce qui m'a fait changer d'avis.

Pour moi, le plus dur sera le collège car le manque de maturité et la méchanceté gratuite des enfants de cet âge peuvent faire beaucoup de dégats (surtout avec tout ce qu'on entend avec les réseaux sociaux). Il va falloir être très vigilent et surtout beaucoup parlé avec nos enfants. J'ai déjà évoqué le sujet du harcélement avec mon grand suite au suicide de ces deux jeunes collégiens et de cette maman qui se bat pour faire bouger les choses (Nora Fraises).
On propose généralement à ces enfants d'autres sauts de classe, en moyenne deux. Je pense que je refuserai justement pour éviter que le décalage avec les autres finissent par se voir. (Mes enfants sont grands en taille et physiquement, personne ne remarque le saut de classe c'est déjà ça.) Ils sont par contre très vulnérables , mon grand a déjà été malmené par des garçons de sa classe cette année en CM1/CM2. Il est très naîf, très droit et ne voit jamais le mal.
Pour la suite, je n'arrive pas à me projeter . Mes enfants resteront certainement dans le cursus normal. Je ne connais pas leur QI exact, je n'ai pas voulu savoir. Heureusement, je pense qu'ils ne sont pas THQI car là , le système scolaire n'est pas du tout adapté .

luben 31/01/2015 17:42

bonsoir,
Mes deux garçons étaient dans ce cas. Le saut de classe n'a été envisagé que plus tard, ils ont sauté le CP. Je pense qu'il est préférable d'attendre que l'enfant grandisse un peu et profite des premières années de maternelle car en effet, mes garçons au niveau moteur n'étaient pas prêts ( le graphisme est une activité très pénible pour eux encore maintenant , ils ont 6 et 8 ans). Les ateliers autonomes sont une bonne alternative. Ces enfants s'entraîneront surtout en motricité fine pour la prépartion au graphisme et à l'effort. Tu peux également t'inspirer du matériel montessori afin qu'ils continuent à progresser à leur rythme (dictée muette, les perles...) . Il faut garder à l'esprit qu'ils sont encore petits à 3 ans (besoins spécifiques : besoin de repos, un temps de concentration plus court...) même s'ils parlent comme des enfants de GS. Ils sont également bien plus sensibles que les autres enfants...Bon courage car ce n'est pas simple à gérer.

isa 31/01/2015 18:26

Cette hypersensibilité est un point important à comprendre et à surveiller. Peut-être que maintenant qu'il y a une prise de conscience des diversités des élèves, il y aura également une réflexion plus générale sur les formes de travail et les organisations en classe de manière large c'est à dire à tous les niveaux de la scolarité. Personnellement, je m'interroge toujours sur la réduction du cursus scolaire sachant que le problème va se poser à nouveau dans l'enseignement supérieur puis ensuite pour trouver du travail ( vous êtes trop jeune !)... qu'en penses -tu toi qui connais la question ?

luben 31/01/2015 18:17

Les contraintes physique de l'école primaire (rester assis, écrire sur des lignes, soigner son cahier...) sont difficiles à vivre pour ces enfants ( surtout pour les garçons, pour les miens en tout cas). La maternelle est tout à fait adaptée à ces enfants, tu as raison isa. L'arrivée des ateliers type montessori permet aussi d'éviter l'ennui chez ces enfants. Mes garçons n'ont pas connu cela. Mon plus grand a passé un an à apprendre le planisphère de la classe par coeur et à faire la lecture aux autres. Il n'a jamais été en souffrance. Mon second c'est autre chose. Par contre à la maison, la pédagogie montessori m'a beaucoup aidée.

isa 31/01/2015 18:01

Je te rejoins Luben, la description des activités et des formes d'activités qui sont préconisées pour ces enfants correspond bien à ce qui est fait en maternelle à condition de nourrir et de diversifier et suis certaine que Sev le fait. J'ai apprécié de lire combien développer l'autonomie était valorisante pour eux. C'est précisément notre travail actuel dans le débat sur l'aménagement de l'espace. Je pense effectivement que ce sont aux adultes de s'adapter aux élèves.

Else 31/01/2015 17:12

Bonsoir,

Ces élèves ont-ils été diagnostiqués par un médecin ou c'est un ressenti?
Si ils ont été diagnostiqués, il faut se réunir avec des professionnels connaissant la précocité et les parents pour vous aider et SURTOUT il faut sentir si l'enfant est bien ou s'il est en souffrance. S'il se sent bien, on peut attendre. Dans le cas contraire, il faut beaucoup parler entre vous et avec les parents. Nous avons eu des cas dans notre école (une fratrie), et les enfants étaient en souffrance (soit à la maison, soit à l'école) et nous avons décidé de les passer dans la classe supérieure, mais ce n'est pas une obligation. Tout dépend de l'enfant et de son bien-être.
Dans notre département vient de se mettre en place un groupe de réflexion sur les Elèves intellectuellement précoces, peut être y en a t il un aussi dans ton département? Vous pouvez les contacter pour qu'ils vous aident.
Bonne soirée

Sev 31/01/2015 17:38

Merci Else
Une a été diagnostiquée avec un QI de 131, elle était en souffrance à la maison et ne voulait plus venir à l'école; depuis le diagnostic, elle est beaucoup plus sereine car elle a ressenti que les adultes autour d'elle ont compris le pourquoi de son comportement. Le diagnostic a permis de conforter notre intuition (à moi-même et aux parents) et depuis le début de la semaine, nous avons aménagé et elle va faire des ateliers de numération et de langage avec les MS. Nous verrons donc si nous la faisons passer directement en GS en septembre prochain.
Pour l'autre petit, c'est autre chose: il est beaucoup en avance sur le plan scolaire mais est encore immature. Aucun diagnostic pour l'instant et je n'en ai pas encore parlé avec les parents.(je pense le faire très prochainement). Il est heureux de venir à l'école, c'est sa première année de scolarisation, il n'a pas fait de TPS.