Comment favoriser l'autonomie affective dans l'organisation de la classe ?

Publié le par isa

Notre travail sur l’autonomie nous a amenés à nous interroger sur ce besoin de l’enfant. Nous avons mené une observation qui devait faire émerger des questionnements sur la représentation que chacun a de ses élèves face à cette capacité.

L’autonomie est-elle seulement le fait d’agir seul ? Quelle considération doit-on avoir de la relation aux autres dans le développement de l’autonomie ? Quels sont les leviers pour aider l’élève dans cette conquête ?

Après des discussions fructueuses, il est temps d’affiner cet apprentissage dans sa dimension pédagogique en pensant l’organisation pratique de la classe.

Je vous propose un plan de travail pour la période 4.

L’autonomie comporte différents pôles qui interagissent entre eux : le pôle affectif, le pôle physique et pratique et le pôle intellectuel.

Pour chacun d’eux, nous consacrerons deux semaines de débat et d’échanges d’outils en recherchant ce qui lui correspond ou peut lui correspondre dans l’organisation scolaire.

L’autonomie affective ouvre notre champ de travail.

 

Qu’est-ce que l’autonomie affective

 et en quoi est-il important de la conquérir ?

Cette autonomie est le socle sur lequel s’appuie l’enfant pour exister en tant qu’individu singulier et unique.

L’attachement à sa famille et notamment à sa mère va tisser le lien qui lui permet d’être en capacité de se séparer .C’est dans cette séparation que l’enfant se construit en se confrontant à la découverte du monde qui éveillera sa curiosité mais aussi en dépassant l’absence qui à travers le manque sera source de désir et lui permettra de créer et d’agir. C’est aussi en pensant l’absence que l’enfant accèdera à la représentation à travers l’image mentale, le jeu du faire semblant, les dessins et bien évidemment le langage. C’est donc l’accès au développement intellectuel que l’autonomie affective détermine.

Elle est à traiter avec considération au sein de la classe tant elle est essentielle dans la suite de la scolarité.

Comment favoriser cette autonomie ? Quels sont les champs d’action au sein de la classe et est-ce que la relation famille-école est concernée ? Quelle organisation pratique répond à cet objectif ? Quels sont les outils existants et peut on en inventer d’autres ?

 

 

Liu Ye

Liu Ye

Publié dans aménagement, autonomie

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Clairouille 01/03/2015 14:13

Cela fait quelques jours que je lis ... relis ton post, et que je tourne les questions dans ma tête, que j'attend que le débat commence...
Car je trouve ces questions importantes, centrales, pour notre profession, mais c'est aussi des questions que je me pose en tant que jeune maman !
Alors, je me lance. Je serai peut-être à côté de la plaque ...
Dans la classe dans laquelle je travaille cette année, ma directrice dont j'assure la décharge à mi-temps a mis en place un album des familles. C'est un simple porte vue avec des photos de nos élèves avec leurs parents. Cet album a été un élément très sécurisant pour beaucoup d'élèves en début d'année ( aujourd'hui encore il est très consulté, mais pas forcément pour les mêmes raisons je pense ) Ils venaient y prendre une petite bouffée affective. Ils venaient vérifier que leurs parents existaient même s'ils en étaient séparé. C'est quelque chose qui pourrai sembler ne pas favoriser l'autonomie, mais je crois que c'est tout le contraire. Il est important que l'enfant soit sécurisé pour pouvoir devenir autonome affectivement. Et cet album des familles y a contribué !

sylvieh 04/03/2015 18:47

Cherché...trouvé sur l'article sur la Conférence bien sûr!!!! Suis-je bête!

sylvieh 04/03/2015 18:40

Où cites-tu le livre: "cessez d être gentil, soyez vrai". Je ne le vois pas dans ces commentaires...Merci

sylvieh 04/03/2015 18:36

Lu le livre d'Alice Miller "c'est pour ton Bien" par le biais de la fac: beaucoup aimé. Il m'a vraiment marqué! pas vu la vidéo citée mais vous me donnez envie!

Karine 03/03/2015 22:28

Isa. Je viens de commander le livre que tu cites "cessez d être gentil, soyez vrai".
Je pense q il est essentiel de réfléchir sur nous même pour avoir une attitude professionnelle face aux enfts car nous évoluons et exerçons ds des conditions parfois compliqués .
J aime le tournant des Nouveaux programmes même si nous le savons tous que le regard positif est essentiel mais pas tjs facile avec 30 éleves si différents.
Merci de m amener vers une nouvelle réflexion.
Les prog de 2008 permettaient à mon avis une mise en avant de la différenciation. Je trouvai intéressant le travail en GS assez large pour répondre à chaque individu . J ai un peu peur avec les prog 2015 du saut du grand écart vers le cp même si je sais que construire autrement les app permet d entrer ds la lecture et l écriture .

Je vais lire lire et aussi construire ces idées .

isa 02/03/2015 23:53

Ce serait prétentieux de dire que les nouveaux programmes reprennent mes convictions, mais je reconnais que je suis plus en phase avec ces nouveaux futurs programmes, il y a toujours des manques mais je pense qu'on avance dans la bonne direction.
Oui Karine, je fais les recherches que vous n'avez pas toujours le temps de faire et c'est normal. Et c'est encore le cas ce soir, j'ai voulu retourner lire des écrits d'Alice Miller parce que les propos de Mme Gueguen m'ont rappelé mes lectures anciennes sur la maltraitance et notamment "c'est pour ton bien" et " l'enfant sous terreur"

karine 02/03/2015 21:55

isa.
Est-ce que les Nouveaux Programmes reprennent tes convictions ?
Il me tarde de lire tes recherches. Merci pour ce travail d'abeille qui est si difficile à avoir quand on a une classe sous sa responsabilité et une famille aussi.

isa 02/03/2015 21:33

Avant de faire la lecture de cette vidéo, j'avais une certaine idée de la manière d'agir avec les enfants, je sors confortée de ce visionnage et cela me donne encore plus de conviction à transmettre ce à quoi je crois.

isa 02/03/2015 21:28

La vidéo sera en ligne demain, elle va révéler des connaissances qu'il me semble important de connaître. Les études sont récentes mais elles sont si nombreuses à démontrer les mêmes choses que nous ne pouvons les ignorer, le cerveau commence à devenir un peu moins mystérieux grâce à l'imagerie médicale. Est ce que ces informations vont mettre 10 ans à faire changer les comportements ou peut on avancer plus vite en décidant de diffuser et de faire connaître ? C'est mon parti.

Clairouille 02/03/2015 20:55

Ah chouette pour la vidéo de Mme Gueguen, j'apprends beaucoup de choses et cela vient aussi appuyer des sentiments que j'avais. Il me tarde de découvrir cette vidéo.
Moi je fais parti des professeurs qui n'ont pas eu de formation, enfin si peu ( après la suppression des iufms et avant la naissance des masters ) et au début je voyais l'élève comme un élève, un apprenant uniquement en laissant complètement de côté la spécificité du petit enfant. C'est au fil de des lectures personnelles et au fil du temps, à force d'empathie que j'ai commencé à comprendre que l'accueil du petit enfant devait être spécifique. Je suis contente que les futurs programmes rappellent cela.

karine 02/03/2015 10:27

merci Isa.
Donc en ce qui concerne mes élèves, l'autonomie affective passe par un accompagnement de leurs émotions (un projet en nov - déc) en lien avec l'expression corporelle et les arts.
Puis , un travail en vocabulaire sur la peur grâce à un réseau d'albums pour les aider à avoir envie de grandir.

Donc les lèves arrivent à nommer leurs émotions, ils se sentent reconnus et prêts à de nombreuses découvertes en classe.

Merci Isa de nous éveiller et de pousser tjs vers de nouvelles réflexions. C'est ce que j'aime dans ce métier : s'interroger et aider à apprendre.

isa 01/03/2015 22:53

Bien sûr Karine, les grandes sections sont concernées également, l'environnement affectif ne s'arrête pas en petite section, c'est important ,la construction du cerveau continue, les cinq premières années sont cruciales, mais comme l'explique la pédiatre C.Gueguen, le cerveau possède une plasticité tout au long de la vie. Apprendre à gérer l'absence, à faire vivre le parent absent est un très bon moyen de développer cette autonomie. C'est tout le paradoxe, il faut s'être senti aimé, soutenu et protégé pour être à même de se séparer. La séparation est la survie psychique, rester dans l'état fusionnel ne permet pas à l'enfant de se sentir sujet et apte à aller vers les autres, or c'est cette capacité relationnelle qui détermine la capacité à vivre de manière épanouie et à s'engager dans les apprentissages. Pour avoir le désir d'apprendre, il faut avoir eu une ouverture au monde, avoir pu développer sa curiosité, avoir manqué pour ressentir le désir. Si tout m'est donné, comment exprimer mes souhaits, comment affirmer qui je suis ? Oui se séparer fait mal mais c'est en étant accompagné lors de cette étape dans l'empathie, dans la bienveillance que l'enfant se sentant en sécurité osera ensuite renouveler cette expérience de séparation et deviendra curieux du monde et des connaissances.

karine 01/03/2015 22:04

Isa.
Depuis que tu as lancé le débat, je m'interroge aussi.
Peut-on mener cette réflexion aussi avec les gs?
Je me suis aussi interrogée si le coin bouger et repos avaient leur sens ds une classe ds gs?
L'autonomie affective doit à mon sens être poursuivie puisque l'enfant reste une PERSONNE à accompagner et à considérer tout au long de sa scolarité.
En gs, en début d'année, j'utilise un poster des "Petits philosophe" de Pomme d'Ap intitulé 'Pourquoi faut-il se séparer?".
L'enfant construit son image mentale de sa journée d'école et celle de ses parents. Que font- ils pendant que nous sommes à l'école?

isa 01/03/2015 21:37

Non pas du tout Clairouille et c'est drôle parce que j'ai l'intention de vous mettre une vidéo de Mme Gueguen pour appuyer notre réflexion sur l'autonomie affective ( je la visionne depuis hier, elle est longue mais elle vaut vraiment le temps qu'on y passe). Oui, c'est maintenant établi que les conséquences sur le cerveau sont primordiales en fonction de l'environnement affectif. Mes premières lectures sur le sujet remontent au rapport innocenti 8 de l'Unicef en 2008 et qui reprenaient les recherches en neurosciences sur les effets du stress sur le développement du cerveau chez l'enfant. On commence maintenant à prendre tout cela au sérieux et à chercher comment agir. Nous avons donc la responsabilité d'en tenir compte et de réfléchir comment répondre au mieux à cette problématique. ce que tu évoques dans ton propos, c'est l'aide à apporter aux enfants pour exprimer et reconnaître leurs émotions, c'est un autre point après le maintien du lien avec la famille, après l'importance que l'enfant se construise en tant que sujet au travers du jeu symbolique, après d'autres propositions que vous n'allez pas tarder à faire, bref les émotions sont à accueillir, à traduire au nom de l'enfant ( ça je vous le dis souvent, un enfant a besoin d'entendre que ce qu'il fait a une raison, parfois cela le dépasse et si l'adulte est là pour lui faire comprendre, il identifie puis reconnait alors peut mieux contrôler ses émotions) .

Clairouille 01/03/2015 21:18

Et c'est pour ça que l'accueil du matin est si important, ce moment de transmission. Le réservoir affectif de l'enfant est rempli ( j'aime bien cette idée de réservoir affectif, c'est Isabelle Filliozat je crois )
Je crois que pour que l'enfant acquiert son autonomie affective, nous devons le guider avec bienveillance comme tu rappelles souvent ! Nous devons lui apprendre à mettre des mots sur ses émotions lorsqu'il déborde, tape, pleure, crie . Ce n'est pas facile avec une classe entière. Et les "mauvaises habitudes" ont tendance à ressurgir, mais je crois qu'il vaut mieux dire à un élève : " tu tapes untel car tu es en col!ère contre lui: il ne voulait plus jouer avec toi" plutôt que : "Tu es vilain de le taper " .
Je suis entrain de lire un livre de Catherine Gueguen, pédiatre qui s'interesse au développement du cerveau à la lumière de récentes études et elle parle des ravages que peuvent faire certains mots sur la construction du cerveau de l'enfant.
Je crois donc que l'attitude du maître ou de la maîtresse peut être un levier pour favoriser l'autonomie affective de l'enfant.
J'espère que mon propos n'est pas trop confus

isa 01/03/2015 20:02

Je mets le lien vers l'article de Mimi
http://www.ecolepetitesection.com/2015/03/le-coin-imitation-au-service-du-langage-et-de-l-autonomie-affective-chez-mimi.html

isa 01/03/2015 20:01

Merci de te lancer Sylvie, je suis étonnée qu'au cours d'une animation pédagogique sur l'aménagement de la classe, les coins qui correspondent aux besoins fondamentaux tels que bouger et se reposer ( chez les petits) ne soient pas pris en compte ou juste partiellement. Je comprends tes interrogations sur le tien (coin à bouger) et c'est toujours une adaptation à une nouveauté qui peut perturber. Il faut chercher le bon fonctionnement et observer l'adéquation. Cependant, pour ce qui est de notre questionnement, l'autonomie affective se vit au travers d'autres dispositifs, même si il y a toujours une transversalité dans cette compétence intrapersonnelle et interpersonnelle. Mimi a soulevé dans sa proposition de coin "toilette" ( coin imitation) un point important qui rentre complètement dans la perspective des expériences affectives, ce sont les capacités relationnelles. Oui vos coins à faire semblant sont des lieux où l'autonomie affective est travaillée, car pour exister, l'enfant passe par l'imitation, il a besoin de rejouer les scènes de la vie qu'il a pu observer pour se construire et se connaitre lui-même. C'est donc fondamental de proposer ce type de coins et de permettre des évolutions, des nouveautés, des progressions afin d'accompagner l'élève dans le jeu des émotions et des sentiments.

isa 01/03/2015 19:47

Clairouille, je ne suis pas étonnée de ta réaction et je savais que j'allais dérouter, parce que ce n'est pas une question facile. Pourtant, il y a déjà beaucoup de choses qui sont mises en place dans les classes et qui relèvent du développement de l'autonomie affective. Ne serait ce que la première journée de classe où l'enseignant accepte que les parents restent un peu et positionne l'enfant en tenant compte de sa famille. Effectivement, dans mon article je tends une perche, celle du lien famille -école, et je pense que la sécurité affective permet l'autonomie affective, c'est pourquoi l'idée de l'album familial est un outil dans l'aménagement de la classe. Il y a également d'autres leviers pour cette fameuse autonomie affective qui influence et agit sur le développement intellectuel. C'est donc un sujet très sérieux et tu as eu raison Clairouille de prendre le temps de la réflexion.

sylvieh 01/03/2015 15:21

Allez, moi aussi je me lance (je reviens des pistes enneigées alors je suis tout fraîche!) : j'ai eu, avant les vacances, une anim sur l'aménagt des coins ds la classe. Première constatation, le coin Repos n'a pas été évoqué par les collègues et les animatrices de la réunion et quand je l'ai cité, il n'a pas été repris, discuté. J'ai évoqué le Coin à Bouger, des yeux ronds mais intéressés ont écouté mais là encore pas de reprise, pas plus d'interaction. Si je suis complètement convaincue par l'utilité et les bienfaits du coin repos, , je me suis à nouveau posé la question de l' existence du coin à Bouger dans ma classe: le tunnel et la petite tente par laquelle les enfants passent (que j'ai achetées chez IK...) ne sont pas souvent sortis....? pourquoi? a quel moment je le propose? Si je prends en compte mon organisation de classe,l'espace pas si important dont je dispose, la présence nécessaire de mon Atsem ou la mienne pour ce coin ...., je constate la difficulté que je rencontre. je proposais ce coin après les ateliers...mais souvent j'avais autre chose à faire (comme accompagner des enfants qui rangent, nettoient..observer, encourager les réalisations des enfants aux ateliers autonomes, construction qui commencent à reproduire des modéles ou en crée...Je pourrais me dire que ce coin était très utile en début d'année et peut-être moins maintenant...et pourtant certains enfants m'en ont fait la demande. Le Coin à Bouger existe de toute façon avec les poussettes, caddies qui sont conduits dans le couloir rmais...je vais voir à la rentrée si je ne peux pas me contraindre à l'installer dès les activités touchant à leur fin (plus tôt pas possible, espace et niveau sonore ne le permettant pas...) Ou en êtes-vous avec votre coin à Bouger?
Mais je voulais parler d'un autre Coin en rapport avec l'autonomie.lors de cette animation, il nous a été proposé de travailler un coin de notre classe afin de l'enrichir...
Avec une autre collègue, j'ai choisi mon coin Arts Pastiques.
Mes objectifs:
stimuler le désir d'y aller pour dessiner, laisser sa trace, peindre, expérimenter, reproduire, chercher, faire des choix...et favoriser l'autonomie.
Donc, penser le matériel (supports et outils enrichis et faciles à prendre, ranger), l'accès au Coin (peinture y compris), des référents ou éléments inducteurs..Le brevet de Mimi pour le coin Peinture m'a d'ailleurs intéressé ...je vais tenter de prendre des photos de mon Coin (avant la ré-organisation) et puis si cela vous intéresse de participer à ma réflexion, vous pourrez me donner des idées, conseils..
Jusqu'à présent, le coin peinture n'était ouvert que durant les ateliers, en présence de mon Atsem, il y avait généralement une consigne.
je souhaiterais l'ouvrir en accès libre, et je pense pour l'instant, sans consigne, juste proposition de matériel, ou choix entre quelques matériaux...pendant le temps où je suis en atelier Langage...A suivre...