Comment favoriser l'autonomie intellectuelle dans l'organisation de la classe ?

Publié le par isa

Nous poursuivons notre débat autour de l’autonomie et l’organisation de la classe.

Nous avons commencé par l’autonomie affective ( capacité à se séparer) qui est ,à mon sens, le premier enjeu. Les élèves auront des difficultés dans les autres types d’autonomie si celle-ci est défaillante. Cela n’empêche pas de mettre en place les conditions autonomes générales mais je pense que vous devez aller voir du côté de l’affectif pour comprendre pourquoi tel ou tel enfant ne parvient pas à entrer dans les apprentissages.

Nous avons poursuivi avec l’autonomie physique et matérielle (capacité à agir seul) qui se définit par un cadre facilitant et des adultes encourageants.

Nous allons conclure en allant explorer l’autonomie intellectuelle.

Elle recouvre une part importante du travail d’enseignement, elle représente l’ objectif à atteindre pour tout professeur dont le but est de faire apprendre à apprendre. Pour l’enfant, c’est sa capacité à penser seul, à utiliser ce qu’il a appris, à trouver les bons outils, à mesurer ce qu’il apprend mais aussi à tenir compte des autres et à se mettre à leur place.

Pour notre débat, nous l’aborderons d’un point de vue pratique puisque notre fil conducteur est l’organisation de l’espace en classe.

Il nous faut donc chercher quels sont les supports, les outils, les organisations spatiales qui favorisent le développement de ce type d’autonomie.

C’est vrai , comme le dit De Vecchi, que rendre autonome, c’est perdre une partie de son pouvoir, mais devenir autonome ne se fait pas sans un enseignant parce que c’est également un apprentissage. Il y a donc une progression dans la mise en place des outils et des organisations. C’est également cette partie qui nous intéresse, c'est-à-dire comment faire évoluer une activité autonome.

Afin de vous aider dans votre réflexion, voici quelques points concrets pour que l’élève développe son autonomie intellectuelle : centrer son attention sur l'activité, prendre l'information, trier, émettre des suppositions, faire des choix, planifier, évaluer, corriger.

Dans chaque classe, il y a des idées pour l’un ou l’autre de ces points, partageons-les !

 

Comment favoriser l'autonomie intellectuelle dans l'organisation de la classe ?

Publié dans aménagement, autonomie

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Clairouille 06/04/2015 15:17

Isa, ta question entraine tant d'autres questions ! Je m'interroge sur la liberté de l'enfant de mener ses apprentissages. Cette année, je décharge une directrice avec qui j'adore travailler. On est d'accord sur le fonctionnement, on s'y retrouve. Et c'est vraiment plaisant.

-On a quelques plateaux d'"ateliers autonomes" et c'est vrai que c'est un régal de voir les enfants s'emparer ainsi de leurs apprentissages. J'adore quand je les vois hyper concentrés et déterminés. J'adore aussi les voir inventer de nouvelles utilisations pour réinvestir un apprentissage ( par exemple aligner très minutieusement des jetons de tri ou trier les petits losanges de mosaïques) Bref, je trouve que cette pratique permet à l'enfant un fort investissement dans une activité et une sacrée autonomie intellectuelle !

- On ne travaille pas par groupe et les enfants viennent d'eux même. Bon on régule à la fin mais grosso-modo, ça fonctionne bien. Et quand un élève ne veut vraiment pas réaliser une activité , tant pis ( pour les emballages en période 3, j'ai un élève qui a refusé plusieurs fois, son cadeau n'a donc pas été emballé)
Et cette année pour la première année, certains élèves demandent à refaire une activité. Et je trouve ça super ! Jamais auparavant un élève ne me l'avait demandé. Je me dis que c'est parce qu'on leur laisse le choix que certains arrivent à identifier ce qu'ils aiment, à avoir envie de se re-confronter à certaines activités ( recherche du prénom d'un copain / graphisme / peinture comme Catherine Boutten ). Et quand c'est possible matérielement je répond positivement à cette demande. Comment refuser !?!

isa 07/04/2015 08:20

Tu as raison Clairouille, c'est très important que les élèves recommencent ce qu'ils ont déjà fait, c'est pour eux une manière de stabiliser ce qu'ils ont réussi, l'étape suivante (qui est assez difficile mais qui fait partie du processus d'autonomie intellectuelle) est qu'ils soient capables d'expliquer à quelqu'un d'autre. On n'a pas toujours le temps, et dans mes préparations, je propose ce temps en fin de journée qui donne l'occasion de faire ce fameux langage d'évocation avec les activités en rappel ( dire ce qu'on a fait, comment on l'a fait, ce qu'on a réussi, ce qui était difficile ...) C'est difficile d'interroger chaque élève sur ces apprentissages, ils sont trop nombreux, avoir un moment dédié est déjà une forme de rituel qui engage les élèves à mettre en pensée ce qu'ils font.

sylvieh 05/04/2015 21:00

"Penser par soi-même, c'est aussi avoir des projets ou évoquer le passé" : ces derniers temps, j'ai essayé quelque fois de faire ce que tu préconises ds tes prep : faire dire aux enfts en fin de journée ce qu'ils ont fait, les faire expliquer comment ils ont fait ceci ou cela...Il faut juste prévoir le temps pour le faire..Raconter un évét en petit groupe permet également cela et à cette époque de l'année ils sont mûrs pour ça!

Silbale 05/04/2015 08:42

Bonjour,
pas trop de temps à consacrer au blog en ce moment, mais je lis, je lis...
Les ateliers autonomes sont un très bon moyen, oui!
L'autonomie intellectuelle n'est pas simple à évaluer mais on en a un bon exemple quand les élèves "réinvestissent" comme on dit...
A chaque fois, c'est comme une victoire, un moment de grâce...
Par exemple, je galérais depuis un bout de temps pour faire évoluer leurs représentations du "bonhomme" (il faut dire que j'ai une classe de très jeunes) en essayant différentes entrées. La dernière en date, un atelier dirigé de pâte à sel où la consigne était de réaliser une tête... certains s'y sont repris à 4 fois pour arriver à un résultat concluant acec l'aide de l'adulte...
Et puis, surprise... lors des ateliers autonmes, depuis une semaine, je vois les plus vieux se ruer sur les ateliers pâte à modeler... et depuis je photographie des têtes en pagaille avec pleins de détails (joues, sourcils...) et une finesse dans les représentations (des cheveux fins, des nez pointus...). Ils "réinvestissent", améliorent, se copient, enrichissent... bref, je respire...

marielle 04/04/2015 11:15

Pour apprendre à se centrer sur une activité, il me semble que les ateliers de manipulation individuel, sont un bon moyen...ils sont aussi un moyen de faire des choix parmi les ateliers proposés
Un travail sur le déroulement de la matinée, est aussi un myen pour que les enfants repère où ils en sont et ce qu'ils feront...
Les inscriptions aux ateliers leur permet aussi de faire des choix dans l'ordre " d"exécution"des activités obligatoire...c'est difficile à expliquer...
Les activités en science, avec émission d'hypothèses, sont des moments où certains élèves arrivent à réfléchir et à faire des suppositions...ce sont souvent les mêmes (il me semble que c'est difficile de se rentre compte que l'on peut penser par soit même, même chez des adultes)...
Ensuite, il y a les brevets pour l'auto évaluation, mais je n'ai jamais réussit à en mettre en place...
Voilà, quelques idées...
Merci Isa : tu nous fais réfléchir !

isa 04/04/2015 14:30

merci Marielle, oui c'est difficile parce qu'il faut se décentrer et observer son propre travail pour s'interroger sur ce que l'on fait et qui répond à ce but. L'auto-évaluation peut être simplement de connaitre le critère de réussite et de vérifier s'il est atteint par un petit système lisible ( symbolisation du critère de réussite par exemple image du verbe d'action visé: cochage ou collage ou coloriage). Je crois qu'il n'est pas question de penser que ceci requiert une organisation complexe, parfois des petites choses peuvent suffire pour répondre à l'objectif. Je pense qu'il est bon aussi de se questionner sur ce qu'on met en place pour inciter à réinvestir dans un autre contexte ce qui a été acquis , c'est une étape de l'apprentissage qui peut parfois faire défaut.
oui évidemment les ateliers autonomes sont de bons outils au développement de l'autonomie intellectuelle. Ils obligent l'élève à utiliser ses propres ressources pour comprendre et agir, la notion de choix est prépondérante, les nécessaires attention et concentration sont mises à l'épreuve, les critères de réussite sont évidents ou précisés ce qui favorise une auto-évaluation mais également la possibilité de corriger ses erreurs, la relation aux autres est mise en exergue puisqu'il y a la nécessité de travailler en ne dérangeant pas les autres, la nécessité de ranger pour que chacun puisse retrouver le matériel en ordre, la nécessité d'attendre que l'autre ait fini si l'activité choisie est déjà prise et puis l'entraide est sous-jacente. Penser par soi-même, c'est aussi avoir des projets ou évoquer le passé, planifier ou remémorer, et bien des choses dans vos classes visent ces actions.