Les conflits : volet 1-reconnaitre sa vulnérabilité

Publié le par isa

Maintes et maintes fois, je me suis dit qu’il y avait vraiment un travail à faire collectivement pour comprendre ce qui menait aux situations de conflit dans les relations humaines à l’intérieur de l’école, que ce soit entre enseignants, entre parents et enseignants, entre atsem et enseignants.

 Maintes et maintes fois en recevant des demandes d’aide ou en lisant l’un de vous évoquant ce type de difficulté, je me suis dit qu’il fallait m’y lancer parce que le sujet méritait d’être éclairé et qu’il me passionnait.

Maintes et maintes fois, j’ai remis la réflexion à plus tard, sachant que j’allais toucher à un sujet sensible et que je n’avais peut-être pas tous les éléments, toutes les connaissances, tout ce qui permet une ouverture intelligente de la situation, tout le temps nécessaire pour mener des recherches approfondies.

Et puis, ma fille m’a envoyé cette vidéo sur la vulnérabilité et je me suis dit que c’était le moment. Le discours de cette femme chercheur Brené Browne m’a convaincue qu’il fallait se lancer sans vouloir tout prévoir, tout contrôler. Qu’accepter de regarder ensemble ce qui conduit aux oppositions destructrices, aux incompréhensions, aux disputes relevait de la stratégie des petits pas à laquelle je crois et devait permettre de soutenir ceux qui traversaient actuellement ou traverseraient ces problèmes.

J’ai donc décidé qu’épisodiquement, je ferai un article sur cette problématique.

Pour aujourd’hui, je vous propose de visionner cette vidéo et de commenter ce que la vulnérabilité vous inspire.

Merci de contribuer à l'aide collective sur ce blog.

Les conflits : volet 1-reconnaitre sa vulnérabilité

Publié dans conflit

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Karine 15/01/2016 20:35

Je vais essayer mais ce we je ne peux pas.
J ai besoin de repos.
Je vais replonger dans ce livre avec plaisir .
Et je te tiendrai au courant Isa .

isa 15/01/2016 21:00

Quand tu as le temps Karine :-)

Florence 15/01/2016 19:01

A la demande d'Isa, je vais essayer de synthétiser ce qu'est la CNV. Comme je suis très très débutante, je vous prie de m'excuser si je ne suis pas assez claire ou si j'oublie des choses importantes.

La CNV est un autre langage qui vient en complément de celui que nous avons tous appris qui s'appuie sur des siècles et des siècles de relations humaines basées sur la soumission et la domination, sur les jugements, les interprétations, la comparaison, le j'ai raison, tu as tord, la non écoute et la non prise en compte de l'autre.... bref, nous fonctionnons "contre" plutôt que "pour" ou "avec"...

C'est une manière de penser et de parler qui vise à mettre de la compréhension et du respect mutuel dans les échanges.

Elle ne cherche pas à supprimer les conflits. Elle permet de les transformer.
Elle n'a pas pour objectif de changer l'autre. Elle aide à développer des attitudes qui respectent à la fois l'autre et soi-même. Si l'autre change, il le fera parce que cela aura du sens pour lui, et non par peur ou obligation.

La CNV explique que tous les êtres humains ont les mêmes besoins fondamentaux et qu'il y a conflit dès lors qu'un de nos besoins n'est pas nourri et entendu. Or, personne ne nous a appris cela donc la majeure partie du temps, nous ne sommes pas clairs dans ce que nous voulons et nous fonctionnons à l'émotion, si je puis dire.

La démarche de la CNV
- nous intéresser à ce qui se passe ici et maintenant
- nous centrer sur ce que nous voulons vivre avec nous-même et avec l'autre
- dissocier notre observation de nos pensées et jugements
- chercher la cause de nos ressentis à l'intérieur de nous

La CNV s'appuie sur 4 étapes: l'observation des faits, l'expression facultative des sentiments, l'expression du besoin sous jacent et la formulation d'une demande.

un exemple tiré du livre " pratiquer la cnv" de Françoise Keller dont j'ai emprunté quelques autres passages (merci!):
"il est 19h30. Nous avons essayé de convaincre un de nos enfants de venir mettre la table avec des arguments raisonnables. Puis nous avons dit: "viens mettre la table tout de suite!". Parfois, cela fonctionne mais aujourd'hui, cela n'a aucun effet. Comment faire autrement?

maman: Paul, il est 19h30 et je me suis organisée pour que le repas soit prêt maintenant. Je suis fatiguée et j'apprécierais de recevoir de l'aide. Serais-tu d'accord de mettre la table maintenant?

paul: j'en ai marre de mettre la table. C'est chiant.

maman: quand tu dis ça, est-ce que tu veux dire que tu veux bien m'aider mais que tu aimerais le faire autrement?

paul: oui, j'ai envie que ça change. Je peux étendre la lessive par exemple ou préparer le repas. J'ai une recette de riz à l'ananas super bonne!

maman: j'aime bien cette idée et en même temps, maintenant je vois que je ne suis pas très disponible pour l'explorer. Est-ce que tu pourrais mettre la table aujourd'hui et on reparle de ça samedi?

paul: ok.

Voilà. Je trouve les vidéos de Marshall B. Rosenberg beaucoup plus éclairantes.
Je redonne le lien:
https://www.youtube.com/playlist?list=PLD4EA7E0148B8AF5A

En espérant que cela donne envie à d'autres...

isa 16/01/2016 11:33

Merci Florence, c'est une méthode qui demande de l'entraînement, certaines personnes la pratiquent intuitivement, mais la plupart du temps, la réaction est de se mettre en mode défensif, la réaction des autres étant toujours interprétée vis à vis de soi- même, perpétuelle remise en question qui n'est que l'écho de sa propre vulnérabilité. En parler peut permettre de prendre conscience de certains processus et c'est déjà un pas.

vivi 14/01/2016 21:19

Quelle femme étonnante. ça fait réfléchir...
Je me rapproche de Dao miche qui déteste les conflits. Je fuis les problèmes en prenant beaucoup de choses à la légère. Je dit souvent "c'est pas très grave...ça va s'arranger."
Du coup, quand j'avais la direction, je me faisais "bouffer" et je ne me sentais pas légitimée dans cette fonction ingrate. Je suis vulnérable. Je l'accepte, c'est mon caractère...

isa 15/01/2016 16:50

Etre vulnérable et le reconnaitre ne veut pas dire pour autant qu'on ne peut pas gérer nos relations humaines et qu'on est incapable de surmonter les conflits, c'est bien cette dimension que Brené Browne décrit, elle observe que lorsqu'on est capable de se reconnaitre vulnérable et qu'on accepte cet aspect de notre personnalité, on est alors plus ouvert aux autres, plus capable d'être tolérant et gentil envers eux et cela permet des relations plus apaisées. Le conflit aurait alors pour origine une relation à soi défaillante, une façon de ne pas accepter ses propres failles, de ne pas reconnaitre ses propres peurs. Ce n'est donc pas en reconnaissant sa vulnérabilité qu'on se rabaisse mais plutôt qu'on s'élève dans sa capacité relationnelle.

karine 13/01/2016 15:38

Florence.
Je te remercie d'avoir pris le temps de mettre les liens.
J'avais bien lu tes articles hier soir mais pas noté ces liens. Je m'en excuse.

J'ai lu aussi "Cessez d'être gentil , soyez vrai". Très éclairant et enrichissant.

Merci encore.

isa 15/01/2016 17:09

Une petite fiche lecture Karine ?

karine 13/01/2016 14:46

Merci Florence.
Le sujet me passionne aussi.
"Etre soi, être vrai".
Peux-tu me dire le lien ou le livre ce que tu as lu sur la gestion des conflits via la CNV stp?

Merci bcp

Florence 13/01/2016 15:09

J'indique dans ma réponse d'hier soir plusieurs liens qui donnent aussi une bibliographie. Les livres que j'ai lus sont:
"les mots sont des fenêtres ou bien des murs" et "enseigner avec bienveillance" de Marshall B. Rosenberg
j'adore aussi Thomas D'Ansembourg qui pratique aussi la CNV et l'explique dans son livre "cessez d'être gentil, soyez vrai".
Voilà, voilà!

Florence 13/01/2016 14:00

Cette vidéo m'a tellement inspirée hier soir que je suis directement passée de la vulnérabilité à la gestion de conflits via la CNV.
Je reviens donc aujourd'hui sur le sujet proprement dit.
J'ai découvert il y a quelques années que s'accepter dans sa fragilité et l'expliquer aux autres (quand cela est nécessaire) avaient l'effet inverse de celui que je craignais (être rejetée, attaquée). A chaque fois que j'ai accepté de montrer ma vulnérabilité, j'ai "gagné" en considération, en compréhension et en qualité de connexion dans ma relation à l'autre. Que ce soit dans la sphère personnelle mais aussi professionnelle où je n'ai pas la sensation d'être différente. Je suis authentique, car petit à petit, j'ai comprends que c'est la seule voie possible qui me permette de me sentir bien. C'est un cercle vertueux!

isa 15/01/2016 17:08

Y aurait il quelqu'un pour nous faire une fiche lecture afin d'expliquer les principes de la cnv ?

Florence 12/01/2016 22:28

Un grand merci pour cette magnifique vidéo.
Pour répondre à Dao Miche et à Isa, certes la découverte et l'acceptation de sa propre vulnérabilité est une clé. Il me semble toutefois en avoir trouvé une plus grande encore en découvrant, il y a peu, une démarche qui s'appelle la Communication Non Violente. Son fondateur est Marshall B. Rosenberg, docteur en psychologie, élève et collaborateur de Carl Rogers.
Elle part du principe que nous avons tous appris un langage basé sur la soumission et la domination, le qui a tord? qui a raison? les jugements, les interprétations...etc...
Je cite: "la CNV a pour but prioritairement, avant d’aboutir à un résultat, d'établir (ou de rétablir) le lien entre les personnes pour qu’elles installent et/ou restaurent une relation qui favorise la reconnaissance et l’accueil de la réalité de chacun.
Avec ce processus, les critiques, les accusations, les jugements sont traduits en faits, sentiments et besoins afin de permettre, au delà des mots, de clarifier les intentions, d’être entendu dans les besoins fondamentaux, de trouver par soi-même des solutions, adaptées et durables, en exprimant des demandes claires."
Je trouve cela passionnant. En premier lieu pour se comprendre et se connaitre soi-même puis, bien sûr pour développer des relations saines et constructives.
Pour ceux que cela intéresse:
deux sites:
http://www.cnvformations.fr/index.php?m=10&ms=118
http://www.cnv-ip.com/
des vidéos
https://www.youtube.com/playlist?list=PLD4EA7E0148B8AF5A

Karine 12/01/2016 22:21

Oui je me sens moi-même car j existe à l extérieur "avec ma vraie personnalité " et j ai la chance d habiter juste à côté de l école de je peux couper en rentrant chez moi par ex, en déjeunant en ville , faire les boutiques .
C est possible à gérer car j ai fait un long travail sur moi pdt 3 ans .

Pour moi, au travail je suis "une partie de moi" , pas toute entière . Je garde ma personnalité et mes goûts mais je suis "enseignante " , c est ma profession donc j ai des attitudes particulières , une manière de m exprimer , de reformuler les propos de l autre ( collègues , parents ),...

Je me sens le plus vulnérable face à l inspection . J ai de très bons rapports mais c est éprouvant pour moi . C est synonyme d un cadre fermé. Il faut répondre à une norme ( mais cela doit être une fausse idée).

Merci encore Isa . Il me tarde déjà le volet 2.

Karine 12/01/2016 21:47

Confiance en soi et serenite nous aideraient à gérer les conflits .

Merci Isa . Sujet passionnant aussi pour moi .

Karine 12/01/2016 21:41

Je choisis ce qu on veut laisser apparaître :
Au travail, on choisit de divulguer ou pas des parties de sa personnalité avec ses collègues .C est mon choix pour me protéger et travailler sereinement .
On peut dire q on est fatiguée , on a des préoccupations , on est moins disponible sans parler de ses problèmes personnels . Peut être q certains en ont besoin mais on choisit ses amitiés profesionnelles .J ai déjà choisi de dire q j avais des problèmes gynécologues très éprouvants sans dire toute la vérité par ex.

Avec les parents : on choisit sa position autour de la table , son langage , son vocabulaire selon les familles . On peut rassurer des parents en disant que nous connaissons une situation identique et q on entend leurs problèmes : par ex, c est pas facile qd l enft ne dort pas la nuit .
Avec d autres familles , je peux choisir plus de distance.
Il s agit de choisir pour être professionnelle et du coup , prendre de la distance pour ne pas être "vulnérable ", touchée personnellement ( difficulté sociale des familles , précarité ,...).

isa 12/01/2016 22:11

Est ce que tu te sens toi même dans ces divers positionnements ? Je comprends ce que tu veux dire, je vois bien que les interlocuteurs n'ont pas tous la même place. Face à qui tu te sens plus vulnérable ?

Karine 12/01/2016 20:35

Perso. Je pense q il s agit de Choisir que se soient avec les collègues , parents , atsem.
Il est intéressant de réfléchir à ce que l on choisit de laisser apparaître . Ce choix peut être maîtriser au travail puisqu il y a eu une réflexion .
Après je pense que lors des entretiens ou échanges avec les collègues , il faut aussi paraître " vivant avec des émotions et des sentiments ". Sinon il me semble q on n est pas humain et c est ainsi que viennent les conflits .

C est tout simplement arriver à communiquer donc à s affirmer ( avec douceur et confiance en l autre). "Tes propos m ont touchée, tu as le droit de ne pas être d accord avec ma vision de la classe , par contre , tu n as pas le droit de me critiquer personnellement". Par ex

Avec les parents , on choisit le point précis à aborder à l entretien et on mène l entretien en restant sur ce q on doit dire : moins de vulnérabilité puisqu on guide les échanges , c est préparé . Je propose 3 entretiens par an mais de 20-30 min maxi .

J ai rencontre bcp de conflits et j étais très vulnérable . Un long travail avec les livres de F.Fanget m ont aidée à être moins vulnérable et du coup apaisée au travail .
Par contre , toujours compliqué avec mon aide maternelle .

Merci

isa 12/01/2016 21:22

Choisir ce qu'on veut laisser apparaitre, que veux tu dire ?

dao miche 12/01/2016 19:12

Conflit avec les familles, conflit avec les collegues , conflits extérieurs au monde du travail, notre facon de les gérer n'est elle pas toujours la même ????

isa 12/01/2016 21:21

C'est justement ma question, est-ce la même situation ? N'y a-t-il pas une forme d'obligation de supporter des choses qu'on n'est pas obligé de supporter quand on est ailleurs ?

dao miche 12/01/2016 18:43

Alors en ce qui me concerne je déteste les conflits quels qu'ils soient, donc je les refuse, j'essaie de ne pas en arriver là.... et surtout quand ils arrivent je ne sais pas les gérer, je monte en pression comme une cocotte minute qui va exploser et c'est jamais la bonne solution explose!!!!
d 'autre part être trop à l'écoute n'est ce pas une façon de s'effacer? Quelles est la bonne attitude?
fuir les conflits n'est pas une bonne solution quand on doit amener les parents à affronter un eventuel problème de leur ....

isa 12/01/2016 13:42

Les relations aux autres dépendent de notre propre vulnérabilité, l'accepter permet d'être plus à l'écoute. Tout semble partir de ce préalable.
Le conflit est un mode de relation, est-il une façon de refuser ou de cacher sa vulnérabilité ?

Daomich 12/01/2016 12:38

Et bien je crois que je me sens la plupart du temps tres vulnérable.... Peut être meme un peu trop...
Isa tu parles de conflit et de vulnérabilité... J aimerais creuser là dessus je sens Qu il y a quelque chose qui m'échappe biz

maud 12/01/2016 09:33

La collectivité j'aime pôs c'est nul, les autres c'est rien que des méchants... Voilà je pense avoir bien aider au débat

isa 12/01/2016 20:06

Un comportement "saleté" interroge, n'est-ce justement pas une manière de ne pas accepter sa vulnérabilité ? De ne pas vouloir montrer ses failles ... C'est un sujet complexe mais combien intéressant. J'avais bien compris que tu blaguais, je le sais et je voulais effectivement qu'on s'interroge sur la position professionnelle qui va demander une plus grande adaptation aux autres que dans la vie personnelle.

maud 12/01/2016 17:51

Oh mais il manque un bout de mon message... Je blaguais... Il manque " ok je sors et je vais regarder la vidéo"
Après blague à part on n'est pas dans le même mode de relation. Tu ne choisis pas tes collègues mais tu subis les affectations avec plus ou moins de chance. A cela s'ajoutent les problèmes perso qui peuvent parasiter les relations ou te mettre en situation de vulnérabilité alors si en plus tes collègues sont des saletés et bien tu coules... Heureusement qu'il y a les vacances pour refaire le plein d'énergie.

isa 12/01/2016 13:44

Oui tout fait avancer le débat et tu soulèves la question de la relation professionnelle, est on dans un mode de relation équivalent au travail et en dehors ?