Grosse colère chez Desbois

Publié le par isa

Aujourd’hui je voudrais te faire part ( ça fait un petit moment que cela me démange de t’écrire pour cela) du fait que

LA MOUTARDE ME MONTE AU NEZ…pour le dire autrement je deviens très en colère :

Peut-être les collègues de toute la France ne subissent pas les mêmes …que dire prérogatives, ordres, je ne sais plus bien ,  je dirais « injonctions » car ressenties très violemment par un certain nombre de personnes du métier qui m’entourent et par moi-même, je  fais un rapide résumé :

Attentats en janvier 2015 : prise de mesures sécuritaires telles que  vigilance concernant entrées de personnes à l’école et mesures telles que réalisation d’invitations pour filtrer les entrées des parents…

Jusqu’ici, tout à fait d’accord.

Après les attentats de Novembre 2016 :

Avalanche de mesures très sécuritaires (en apparence c’est sûr !) : voici ce qui se passe dans mon école et dans ma circonscription (et certainement ailleurs !) pour les écoles qui suivent les mots d’ordre à la Lettre :

Plus personne ou presque ne rentre dans l’école excepté les gens qui y travaillent : plus d’atelier pâtisserie, plus de jeu maths avec parents…seules sont conservées les interventions prévues sur l’année avec intervenants dans le cadre d’un projet .

  • Les enfants  et parents ne sont plus accueillis dans les classes mais sur le trottoir (chaussée toute petite, voitures circulant…) : toutes les maîtresses au grillage (plusieurs entrées )  et enfants allant jusqu’à leur classe tout seuls ou accompagnés d’une atsem qui fait des allers et retours quand  il y a escalier… ma collègue des petits et moi-même avons, il y a deux mois, demandé à ma directrice la possibilité d’être dans la classe une fois sur 2 car nous considérons qu’il se passe quand même des « petites choses » importantes à l’accueil L…c’est ironique mais nous ne sommes que 3 sur 9 à le faire depuis…
  • Il y a eu un exercice de confinement pour s’entraîner au cas où un attentat ou autre risque majeur se produirait… : tout le monde dans le couloir, assis par terre , le plus calmement possible pendant une heure…( heureusement  nous avions pris des livres, feutres..) . Pour cet exercice, nous avons parlé aux enfants d’entraînement au cas où il y aurait un orage…MAIS ON NOUS DEMANDE DE REALISER MAINTENANT UNE  AUTRE SIMULATION AVEC  INTRUSION DE DEUX PERSONNES DANS L’ECOLE ! l’objectif est ce jour là de se cacher, de communiquer sans bruit voire de s’enfuir.  En amont, on nous demande d’entraîner les enfants au son d’un signal sonore (un mot qui serait le même pour toute l’école par exemple) à se cacher, ou se taire, se mettre à plat ventre ou apprendre des mots en langue des signes… de façon quotidienne. Il a été demandé à ma directrice de faire un compte rendu sur cet entrainement…Bien entendu, libre à nous d’expliquer, pourquoi et comment  aux élèves…J’arrête là…. : que certaines de ces activités soient pratiquées dans les classes, cela ne me choque pas ,bien au contraire, nous les pratiquons…mais que le sens donné soit celui là : intrusion, APPRENDRE A AVOIR PEUR me choque à un point que je peux décrire .
  • La rentrée des petites sections se  fera en principe au grillage…. !!!! ( je ne commente même pas tellement je trouve cela violent et pour moi non pas disproportionné mais ridicule et surtout tellement violent) : je me vois bien en septembre arracher les enfants au bras de leur parents.
  • Pour la réunion des nouveaux parents des Petits, la directrice demande aux parents de venir sans sac !!!! et il y aura contrôle des identités !!! j’ai dit, pour ma part, que je ne le ferai pas, je suis une  instit et qu’à ce moment là, si l’on va jusqu’au bout de cette démarche, c’est un vigile qui contrôlera  !!!
  • Toutes les fêtes d’école (ou presque) de la ville sont annulées …Il y aura des fêtes internes à l’école, entre enfants et enseignants… par contre, la fête de la Ville est maintenue, fête au cours de laquelle certaines classes de la ville viennent danser… Expliquez moi la cohérence : le nombre des personnes n’aura rien de comparable avec celui du nombre de parents dans une fête d’école…

Je sais qu’en cette saison, le parapluie est de mise mais là…..je suis tout simplement ATTERREE.

Je pense qu’au lieu d’apprendre à avoir peur, il est important d’apprendre à RESISTER, non part prendre les armes ou plutôt les armes de la PENSEE, développer le COURAGE, de façon symbolique comme tu nous le proposes Isa avec les albums, les défis EPS …..mais qu’allons nous transmettre comme valeur à nos élèves ???? Une génération d’angoissés, traumatisés par un certain nombre de ces mesures ???

Isa voilà, ma colère…. Doublée du fait que je n’entends parler de tous ces éléments qui me choquent (concernant l’Ecole)nulle part, à part, en chuchotement parmi les instits….et sur le blog, qu’en pensent, qu’en disent, que vivent les collègues ?

Grosse colère chez Desbois

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maud 02/06/2016 21:54

Je suis une râleuse née mais j'aime mon boulot surtout quand je le fais bien, alors suite à mon message j'ai réfléchi et je me suis creusée les méninges pour mon PPMS...
On a réfléchi avec les collègues et on a même rigolé en nous imaginant courant comme des folles dans notre école toute vitrée... nos chances sont assez minces...
Alors on s'est dit qu'il fallait tenter le PPMS intrusion avec fuite car le confinement on sait faire...
En tant que dirlo j'ai expliqué à chaque classe qu'on allait joué à un nouveau jeu tous ensemble, comme quand on va dans la salle de motricité pour être bien en sécurité, sauf que là on partait tous au dortoir et qu'on allait jouer au roi du silence le plus longtemps possible. J'ai expliqué par où on passait (choix le plus sécur si tant est que ce soit possible sur notre scénario) j'ai sifflé avec la flute (bon bin porte fermée personne ne m'entendait... va falloir trouver autre chose, parceque là j'ai du faire des grands gestes et taper aux baies vitrées!) sinon et bien ca a fonctionné les PS se sont tous mis sur leur lit et les MS et GS assis par terre, on a verrouillé les portes et on a attendu dans la pénombre, je leur ai expliqué qu'on ne devait pas allumer la lumière pour ce jeu. Bon je n'ai pas tenté la fuite par les fenêtres car on donne sur le tramway et la route et je ne voulais pas risquer la vie de mes petits juste pour un exercice... ils ont été super déçus car quand ils m'ont vu ouvrir la fenêtre et regardé si ça pouvait passer ils étaient tout excités... Mais je leur ai dit qu'il pleuvait alors pas possible de sortir de l'école par les fenêtres mais j'ai promis un vrai test (euh si la police veut bien, la mairie, l'ien et même les pompiers?) ! on les a félicité pour avoir si bien gardé le silence et on n'a pas fait durer le plaisir plus longtemps... bon 10min c'est pas beaucoup mais si je devais vraiment fuir avec mes nains de jardin j'espère que je mettrai moins de temps à les faire sortir...

isa 03/06/2016 08:53

oh oui Maud , tu aimes ton boulot, je confirme.

desbois 02/06/2016 20:23

Barbare, c'est le mot JUSTE quand on a connu avec et sans rentrée échelonnée, avec et sans prépa de la rentrée "à la Isa", avec le dessin de sa famille par papa et maman qui partent sereinement au boulot ( c'est vraiment le sentiment que j'ai depuis que je procède avec rentrée échelonnée... ). Bon mais disons qu'il y a pire dans la vie, relativisons...les inondations... Seule Sortie de l'année demain: annulée ... Décidemment cette année....Comme je disais aux parents, "quand ça veut, ça veut pas!! Nous avons donc dansé pour appeler le soleil ce matin sur Salif keita...et ça, ça réchauffe le cœur...j'adore! Alors en septembre, on prendra des chaudoudous, j'en accrocherai sur le grillage, je ferai comme pour les mariages corses une arche de myrte, des ballons de couleur et un chemin qui mènera à la classe tout décoré!!!

Christine 02/06/2016 19:35

Je peux comprendre votre indignation quand a une rentree des classes sans les parents chez les petits mais pour vous rassurez je vous signale que j ai vecu ca durant les debuts de vigipirate lors attentats a Paris il y a 20ans et le constat fut que la rentree ne s etait jamais aussi bien passee que cette annee la(parents restant a la porte de l ecole, enfants accompagnes par les atsems avec un grand preau a traverser)alors pas d angoisse a ce sujet meme si ca vous parairt barbare.

catherine 01/06/2016 18:56

Je partage ta colère et si effectivement certains n'en profite pas pour faire une crise d'autorité idiote aigüe!
Je suis dans une école à Paris 11ième, pas loin de Charlie, pas loin du Bataclan, pas loin du quartier Faidherbe avec ses terrasses et..... on continue à accueillir les parents comme avant, on continue à sortir (il y a eu une interruption c'est vrai), bref on vit!!! Tu a raison de te révolter parce que c'est révoltant : il faut refuser ces attitudes de peur qui ne peuvent engendrer que du repli ,l'abandon des valeurs de partage et d'ouverture qui sont les seules façons de lutter contre toutes les horreurs de cette année! Au mieux ce sont des peureux idiots au pire des peureux malfaisants mais ne pas baisser les bras!

Valérie 93 01/06/2016 17:49

On dirait les adultes dignes de Saint-Exupéry, dans le Petit Prince: ils ont oublié l'essentiel, ils sont aveuglés par le pouvoir qu'ils peuvent gagner grâce à la peur!!!
Ici grande ville ZEP près de Paris, bref.... l'école est ouverte aux parents et restera ouverte pas d'exercice de confinement autre que celui que l'on fait habituellement et surtout notre base :dialogue et respect des familles et des enfants et des adultes travailllant dans l'enceinte de l'école !! Pourtant rien n'est parfait ici ( pas d'atsem) mais vraiment quand j'ai lu ce témoignage je suis restée bouche bée!!! c'est terrible! Tu as bien fait de tout raconter ici car on est loin d'imaginer tout çà!! Ce matin encore des parents sont venus encadrer des jeux de société dans ma classe et vendredi sortie au zoo avec des parents!!! Et nous maintenons les RV avec les parents des futurs PS bien sûr...ainsi que la fête de l'école un samedi matin. Bon courage!

classe6 01/06/2016 15:49

Chez nous aussi c'est délicat : Une école maternelle en REP+ à 30 minutes de la frontière belge. Les consignes étant fluctuantes selon les interprétations (et notre IEN sans voix), voilà ce que l'on a choisi de faire chez nous : Accueil des parents et des enfants dans les classes mais une atsem toujours présente à la porte d'entrée. Ateliers avec les parents maintenus car c'est une grande partie de notre projet d'école REP+. Sorties maintenues y compris en métro et bus de ville. Fête d'école décalée hors temps scolaire (un samedi après-midi) l'autonome de solidarité nous ayant affirmé que nous n'en étions pas responsables si c'est l'APE qui organise tout. Pas de réunion des nouveaux parents en juin. Exercice de confinement fait (1 heure) mais pas entendu parlé d'un exercice où il faudrait cacher les élèves pour cause d'intrusion. Bon courage à toutes et tous pour cette fin d'année sous tension !

Sébastien 01/06/2016 09:52

Tout à fait d'accord avec toi, ça fait du bien de s'exprimer là-dessus.
Me concernant, pas énormément de changement mais je ne suis sans doute pas dans une ville tout à fait en danger (même si on ne sait jamais...).

Cela dit, les mesures de sécurité de folie instaurées dans ton école ne dureront qu'un temps, j'imagine. Comme partout, il y a un moment où la sauce va retomber. Comme tu le dis, je ne suis de toute façon pas certain du tout que l'apprentissage de ces étapes de "mise à l'abri" par les élèves engendre autre chose que de la peur... et on ne peut pas prendre part à tout ça constamment en enseignant la peur, dès le plus jeune âge. On va former des générations de traumatisés.

J'espère que ta situation s'adoucira. En attendant, as-tu pensé faire une petite conférence sur internet pour remplacer ta réunion ? ;) Bon ça vaut ce que ça vaut et ça ne remplace pas le contact humain mais ça peut aider le temps que ça se calme. Ou alors un lieu "neutre" en dehors de l'école, comme un café ?

Courage

Desbois 31/05/2016 21:36

une étrange! !! Tel Portable à la noi...sette! ( Mais non je ne suis pas en colère moaaa!)

Desbois 31/05/2016 21:34

Je me retrouve devant un etrange situation. ..

Desbois 31/05/2016 21:33

Concernant la réunion des nouveaux parents ( demande de venir sans sac et contrôle d'identité), j'ai appelé un syndicat pour savoir quels étaient nos droits et devoirs par rapport à cela. Leur réponse: si les mesures sont si contraignantes, autant ne pas faire de réunion. Arrêtons de subir, c'est une réunion en dehors de nos heures, "en plus", arrêtons d'arranger toujours tout le monde et de prendre de telles responsabilités. Les parents, mécontents, s' en prendront à qui de droit, à l'Inspection et peut-être qu' à ce moment, le message sera compris: "Ca suffit!".
Je suis d'accord et en même temps, ne pas accueillir les parents. ..c'est une autre violence...et je ne le peux pas...mais je suis d'Accord. Comment arrêter de subir si ma directrice applique à la lettre ce que mon Inspectrice applique à la lettre? Je vais essayer de contacter ma conseillère pedago pour évoquer cette rentrée ps au grillage et lui expliquer mon indignation. ..avec diplomatie, certes! Je ne peux pas croire que toutes les écoles de ma circonscription appliquent ce même "régime" :(
Je sais déjà que les mesures y sont appliquées de facon beaucoup plus souple. .. J'avais un père militaire... et je retrouve devant une étrange situation. Oui RESISTER , j'entends bien ce mot Chris de Lorraine mais ce n'est pas si facile quand la colère, l'affect s' en mêle. Les carottes sont elles cuites? :)

david 31/05/2016 21:20

Hé ben ! ça donne envie d'aller travailler en ville toutes vos histoires !! Si quelqu'un sait comment cacher 100 marmots qu'il me fasse signe ! Nous à la campagne on n'a pas su :-) Et puis même problème que Maud : que des baies en simple vitrage, pas de volets, une barrière à peine haute de 1,5m... c'est pas un PPMS qui réglera le problème si un malade a décidé de rentrer !!
Et une heure et demie de confinement en maternelle??? J'en tombe à la renverse de ma chaise...
Le bon sens bon sang de bonsoir, le bon sens...

maud 31/05/2016 20:54

et bien demain je dois faire mon deuxieme exercice PPMS... sauf retrait sur salaire et même tampito... je refuse de faire ce stupide exercice stressant de PPMS intrusion... Mon école est toute vitrée impossible de rester dans la pénombre, faut être lucide yaurait pas beaucoup de survivants.... alors merde je vais faire le minimum mais rien de plus si jamais intrusion il devait y avoir on aviserait.
Pourquoi faire peur? de toute façon on ne réagirait pas du tout de la même manière s'il y avait un danger... Ils m'agace ces technocrates qui n'ont jamais vu 145 enfants de 3,4,5 ou 6 ans dans un même lieu faut être idiot pour croire qu'ils peuvent être silencieux...

ChrisdeLorraine 31/05/2016 19:17

Pour nous, peu (voire aucune) d'injonctions de notre IEN par contre des phrases à faire peur et faire des cauchemars la nuit : A notre dernière réunion de directeurs, l'IEN a annoncé en parlant des fêtes de fin d'année, que l’organisateur était 100% responsable de ce qui pouvait arriver. Alors une directrice a levé la main et a demandé qui était l'organisateur si c'était en dehors des heures scolaires , la mairie propriétaire des locaux ou la coop ou les enseignants??? L'IEN a répondu froidement : Le directeur est 100% responsable quelque soit le lieu, le moment (scolaire ou en dehors), le thème....ça nous a refroidi et de suite certains ont décidé de tout annuler. Mais l'IEN a bien continué à dire que lui n'imposait rien, n'obligeait en rien et que surtout il ne fallait pas stresser ! Nous nous sommes vraiment tous sentis très seuls tout d'un coup! Donc entre les hiérarchies qui imposent des exercices et des aménagements stricts et un IEN qui n'impose rien et qui fait comprendre qu'on n'a qu'à se débrouiller, je ne sais vraiment pas ce qui est mieux! En tous les cas, sans injonction, nous n'avons absolument rien changé dans l'organisation de notre école. Sorties de fin d'année (en Belgique car nous sommes frontaliers!!!!!!), spectacle, ateliers des parents, entrée/sorties de l'école, invitation des futurs PS sur demie journées en mai/juin.... tout est là. Et moi en tant que directrice je fais confiance et je reste optimiste. C'est ma façon à moi de résister.

Desbois 31/05/2016 19:01

C"est drôle (enfin pas vraiment! ) mais je discutais avec mon atsem qui me disait qu'il y avait quand même des avantages à cette nouvelle situation: les parents n'arrivent plus en retard et l'école est PROPRE. Je comprends bien mmon atsem mais l'école n"est elle pas un des derniers mieux où il y ait du LIEN. Et n'est ce pas ce qu'il est plus qu' important de préserver? Ne va t'on pas retourner , pour certaines écoles, et heureusement pas toutes:), à des écoles CASERNE ?
Heureusement il nous reste les cahiers de liaison...

Florence 31/05/2016 18:56

Je partage cette colère. Si, ouf, dans notre école, nous avons fait le choix de maintenir l'accueil dans les classes, le dernier exercice de confinement a, quant à lui, été particulièrement difficile: une heure et demie! Des enfants en souffrance... des adultes, fatigués, qui n'arrivaient plus à gérer le groupe. Et des élus venus en observateurs qui ne souhaitaient pas raccourcir ce temps car, disaient-ils, il fallait se préparer, et comment allions nous faire, hein, le jour où se serait pour de vrai!!! Mais Pourquoi fait-on subir cela aux enfants? Je ne crois pas que l'on puisse se préparer à un événement dont on ne connait pas vraiment la teneur. C'est oublier un peu vite nos émotions, notre cerveau reptilien qui prendra le dessus qu'on le veuille ou non. Je partage l'avis de A., à savoir "que ce genre d'exercice ne sert pas à grand chose car il est impossible de préparer les élèves (à une telle intrusion) qu'il vaut mieux se réunir entre adultes et essayer d'envisager toutes les possibilités. Ce sont surtout les adultes qui doivent se préparer."
Quand notre directrice est revenue de sa réunion de directeurs en nous disant qu'il allait falloir maintenant trouver un lieu pour se cacher, alors là, trop c'est trop! Nous avons décidé de ne pas chercher et de renvoyer ce problème à ceux qui veulent nous l'imposer, en leur demandant de venir nous aider à trouver comment cacher 30 enfants d'une classe, 170 enfants d'une école.
Notre société est devenue malade à la recherche d'un risque zéro qui n'existe pas. Et qui cherche non pas à résoudre les problèmes qu'elle a engendrés mais à colmater les brèches. Pour finir, et je ne sais pas si cela va bien avec le schmilblick, cette belle citation de Francis Blanche: "il vaut mieux penser le changement que changer le pansement."

Desbois 31/05/2016 18:53

Je suis juste indignée de voir la Non pertinence de certaines mesures et je n'arrive pas à faire passer ma colère en constatant la violence qui peut en découler: comment imaginer une rentrée des Petits au grillage???? J'ai des envies de VOMIR en y pensant.

christine G 31/05/2016 17:29

entièrement d'accord ...des nouveaux programmes mentionnant l'ouverture et la communication avec les familles mais en fermant l'accès à nos classes c'est paradoxal...en Normandie le prochain PPMS est la dite intrusion mentionnée par le collègue ...les directeurs s'offusquent et nous devons réfléchir à comment refuser une telle bêtise!!GRRRRR

isa 31/05/2016 09:13

Encore une fois, nous constatons les interprétations multi-formes des directives officielles, je me dis qu'à chaque échelon les personnes ajoutent ou retirent un niveau de sécurité selon leurs propres sentiments et c'est ainsi que des écoles sont tout sécuritaires et d'autres peu ou pas du tout. En s'enfermant, non seulement on ne se protège pas mais on maintient la peur de l'autre , c'est ce qui encourage les incompréhensions et le manque de communication. Il est juste d'évoquer les dangers de la vie avec les enfants afin qu'ils sachent s'en protéger, la mort est un sujet de préoccupation qui les touche autour de la moyenne section, il ne faut pas éluder, il faut en parler quand ils posent des questions. Plus on cherche à maintenir les enfants dans du coton, plus on les fragilise, plus ils sentent la peur de l'adulte, plus ils imaginent le pire. C'est donc des adultes forts et rassurants dont ils ont besoin qui ne travestissent pas la vérité et qui n'en rajoutent pas non plus pour leur faire peur. C'est un exercice délicat qui doit permettre que chacun ose poser les questions qui le tracasse. Vivre avec le danger ,c'est vivre tout simplement parce que personne ne sait ce qui peut lui arriver demain.

isa 31/05/2016 18:07

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Lydie 30/05/2016 19:21

Nous petite école de campagne on nous a demandé de mettre une personne à la barrière pour contrôler les entrées à l'heure de l'école (alors qu'il y a garderie avant et qu'il n'y a personne à la barrière sur le temps de garderie),l'atsem est bloquée à la barrière et ne peut pas nous aider à faire l'accueil,on ferme désormais la cour et les différents bâtiments entre la maternelle et l'élémentaire mais rien n'a été annulé,on fait les sorties médiathèque,spectacle,à la ferme comme avant et notre spectacle est maintenu.

cat 30/05/2016 18:38

pas eu le temps de terminer... Donc le lundi 16 novembre, les enfants et les parents sont entrés dans l'école et allés jusqu'aux classes... Seul changement : on a réussi à obtenir que la cour de l'école ne soit plus visible de l'extérieur (mais travaux pas finis...).

cat 30/05/2016 18:35

Dans notre école, située dans le 11ème arrondissement de Paris... C'est à dire à quelques pas des attentats du 13 novembre... Eh bien, pas de changements entre avant et après les attentats. C'est à dire que le lundi 16

Thierry 30/05/2016 18:05

Nous avons reçu un courrier du DASEN au sujet des fêtes d'école:
- conseiller aux familles de venir sans sac (sinon demander d'ouvrir les sacs)
- entrée uniquement sur "réservation" ou présentation d'un ticket d'entrée (type billeterie), les parents devant prévenir à l'avance quels adultes (oncle, nounou, grande soeur...) seront présents
- un adulte en permanence au portail d'entrée afin de "filtrer" (avant et pendant la fête) ou portail fermé pendant la fête (organisation des sorties échelonnées?)

A. 30/05/2016 18:01

Chez nous, une grande ville avec une menace terroriste réelle envers les écoles et les enseignants, dixit le préfet aux IEN, chaque école suit ce qui est préconisé (mais pas obligatoire) en fonction de la configuration de son école, de son IEN et de la direction de l'école (ici moi !)
Donc dans mon école, les parents ne rentraient déjà plus le matin : accueil plus calme dans les couloirs et plus efficace en classe vu que les parents ne nous monopolisent pas on peut s'occuper des élèves...
Le soir, ils continuent à venir récupérer leurs enfants dans l'école en allant jusqu'aux classes avec leur sac à main. Il y a 2 atsem à la porte qui connaissent les familles.
Des parents continuent à venir pour différents ateliers et pour encadrer les sorties.
Dans une semaine je commencerai les visites de l'école pour les nouveaux PS et en septembre nous ferons une rentrée échelonnée avec les parents dans la classe pendant 1h, rien ne changera de ce côté-là (toujours avec les sacs à mains et sans contrôle d'identité).
La seule chose qui a changé c'est qu'avant le 13 novembre sur notre groupe scolaire les portes qui donnaient sur la cour, le jardin qui permet d'aller à la cantine et à l'élémentaire étaient toujours ouvertes et le personnel municipal et enseignant des 2 écoles circulait librement sur tout le groupe scolaire. En janvier l'Ien est passé et a demandé que l'on ferme toutes ces portes à clés. Donc maintenant nous nous promenons tous avec notre trousseau de clés.
C'est essentiellement la seule mesure que nous avons prise et qui n'est pas vraiment contraignante, pas de quoi se mettre en colère.
Concernant l'exercice attentat, nous l'avons fait en décembre sous forme de jeu : toutes les classes devaient rester dans la pénombre en silence allongés par terre pendant que je faisais des rondes pour écouter aux portes (pendant 30 minutes) et la classe la plus silencieuse a gagné (ça a été la mienne, à 9h du mat certains des PS de ma classe se sont même endormis sur le tapis ;-))
Rien d'effrayant, de toutes façons je ne l'aurai pas fait, hors de questions de terroriser les élèves sous ma responsabilité.
Depuis, il nous a été dit (par l'acmo dont le mari a fait parti du gign) que ce genre d'exercice ne servait pas à grand chose car il est impossible de préparer les élèves à une telle intrusion qu'il valait mieux se réunir entre adultes et essayer d'envisager toutes les possibilités. Ce sont surtout les adultes qui doivent se préparer.
C'est juste mon expérience mais dans certaines écoles de ma circo, ça ressemble beaucoup plus à ce que tu vis...
Bon courage à toi !

Mimi86 30/05/2016 17:20

Dans ma petite école rurale (classe unique maternelle), l'accueil des enfants se fait à la porte de la classe (je n'ai pas de couloir) depuis les attentats du 13 novembre. Ce qui ne me posait pas de problème jusque-là puisque la moitié des parents n'avaient pas compris le sens et l'utilité de l'accueil (ils ne viennent pas non plus aux réunions d'info et ne lisent pas les compte-rendus). Donc, on a pu recentrer tout ce petit monde. Le problème, c'est que j'ai une famille agressive voire dangereuse (le lundi qui suivait les attentats, le papa a emmené ses enfants à la garderie avec un couteau de chasse long comme le bras accroché au ceinturon) et qui fait parler d'elle régulièrement. Donc, comme je suis toute seule et pour assurer la sécurité de tous, la fête de Noël de l'école a été annulée. On s'est contenté d'une fête en interne sans les parents. Ils n'ont pas compris et ils sont devenus très agressifs (pas tous mais la moitié)... On a aussi effectué un exercice du PPMS en cas d'intrusion en fin d'année 2015 avec compte-rendu à envoyer. Sans conséquence pour les enfants, je leur ai amené ça comme un jeu et je leur ai expliqué que c'était pour s'entraîner comme s'il y avait le feu à l'école (je n'ai bien évidemment pas parlé de toutes ces horreurs). Le problème, c'est que la famille agressive continue à l'être, qu'au moins une famille arrive en retard tous les jours (10 minutes de retard minimum), que la majorité des familles a démissionné et que tous les projets que j'ai pu mener sont tombés à l'eau par manque de suivi par les familles. Malgré mes nombreux appels à l'Inspection, je suis restée toute seule pour gérer tous ces problèmes (et je ne parle pas de mes élèves). Résultat : burn out. je suis arrêtée jusqu'au 30. La fête d'école sera vraisemblablement annulée car aucun remplaçant ne veut gérer ça surtout un samedi... (ce que je comprends). J'étais en colère aussi en début d'année 2016, j'ai tout affronté de front mais seule... J'en garde maintenant un sentiment de dégoût (pas du métier d'instit qui me passionne toujours autant) mais je ne serai plus instit et chargée d'école dans une petite école perdue, seule. J'ai obtenu ma mutation dans une école à 11 classes (le rêve) et je n'aurai plus la direction à assumer. Dans ma circonscription, les directeurs d'école vivent très mal toutes ces injonctions (qui parfois se contre-disent). Un pression énorme pèse sur nos épaules. Moi, je n'ai pas su gérer ça. Il serait grand temps que les directeurs d'école aient un véritable statut comme les principaux et proviseurs. On ne peut pas tout gérer et cumuler 2 métiers différents. Il est normal que les parents se sentent "délaissés" par l'école et qu'ils le vivent très mal mais on n'a pas à en être victime.. Là, le ministère nous a lâchement abandonnés...

Françoise M 01/06/2016 17:15

Ce n'est pas toi qui n'a pas su gérer. C'est l'institution qui est défaillante, pas toi !

yobrego17 30/05/2016 16:30

Quelle horreur!!!!!!!!
Nous petite campagne rien de changé
Fête, classe découverte, rassemblements, voyage au Puy du fou rien n'a été chamboulé

chounette41 30/05/2016 14:52

j'ai la chair de poule en te lisant ....
ici des mesures à prendre mais sans "ordre", chaque école les suivent comme elles les comprennent ...
des réactions venant des parents ...

chounette41 30/05/2016 21:11

oups .... chaque école les SUIT ...