Les conflits: volet 7- Trouver de l'aide

Publié le par isa

Suite à l’article sur le conflit entre enseignants où Alise évoquait le bénéfice d’un groupe d’accompagnement professionnel, j’ai voulu chercher ce qui pouvait être proposé par l’institution et visible sur Internet.

Soit je ne sais pas chercher parce que je n’utilise pas le jargon requis, soit la faiblesse des aides est réelle.

J’ai tout de même trouvé quelques pistes et je veux mettre en avant un dispositif qui existe dans l’académie de Clermont-Ferrand , et celle de Dijon ( plus tournée vers les collèges), il s’agit du GAAP, groupe académique d’accompagnement professionnel. C’est le seul dispositif qui semble cibler l’analyse de pratique GEASE (Groupe d’entrainement à l’analyse des situations éducatives) et les aides individualisées pour comprendre et faire évoluer sa pratique d’enseignant ainsi qu’ un soutien psychologique .Les enseignants doivent faire une demande (lettre de motivation et d’engagement visé par la directrice de l’école et l’inspectrice), ce suivi se déroule sur trois années ou une seule selon les modalités choisies.  J’ai cherché afin de voir si d’autres académies l’avaient mis en place mais je n’ai rien trouvé.

Au détour de ma lecture sur les préconisations, je suis tombée sur cet avertissement :

  • D’éviter la stigmatisation du GAAP destiné seulement à un public en grande difficulté seulement … mais de dédramatiser cette seule représentation pour expliquer que ce dispositif d’accompagnement professionnel   s’adresse aussi à un public qui manifeste un besoin de réflexion professionnelle et d’actions de formation continue dans ce domaine  .

Il semblerait donc « mal vu » de participer à ce type d’accompagnement alors je me dis que les avancées en terme de soutien restent encore fragiles tant que l’idée de perfection continuera d’alimenter les esprits.

Cet outil mis en place par l’académie de Clermont-Ferrand depuis de nombreuses années n’offre que 20 places pour 2016.

Par ailleurs, j’ai trouvé d’autres types d’aides comme le RRHAPE académie Lille ( Réseau de ressources humaines d’aide aux personnels de l’éducation) mais aussi l’AISSE académie Rouen ( accueil, information et soutien au services des enseignants) ainsi que des points conseil professionnel. A chaque fois, j’ai retrouvé la même problématique c’est à dire celle du désir de mobilité ou bien de réorientation , ce qui n’est pas la réponse à nos gestions de conflits.

On trouve également des articles intéressants sur le site de IFE (Institut français de l’éducation) et notamment le centre Alain Savary.

J’espère qu’en me lisant, certains auront l’idée de nous faire part d’autres dispositifs d’accompagnement existant ici ou ailleurs, je m’en suis tenue aux dispositions de l’Education Nationale, il y a évidemment des associations telles que le CRAP (Cercle de recherche et d’action pédagogiques) et des sites d’information comme Le Café Pédagogique, lieux de réflexion mais aussi de propositions. 

Les conflits: volet 7- Trouver de l'aide

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Daomich 16/05/2016 23:04

C es vrai clem...pas assez d échange sur les pratiques et le tutorat serait sans nul doute un moyen de faire venir les instits chevronnés dans les classes les plus défavorisées.... En les payant davantage... Pour faire un double travail de tutorat et de prof ....

clem 15/05/2016 17:38

Moi je rêverais d'un tutorat d'un ou deux ans entre jeunes PE et instits passionnés et expérimentés (qui en a vu des programmes passer et repasser sa carrière durant). Notre formation a été si courte en maternelle que j'ai dû tout inventer lorsque j'ai eu un poste à titre définitif en maternelle. Ce ne fut pas de la tarte, je ne savais pas où me tourner.
Évidemment ma première inspection fut un stress de folie et je me suis sabordée pour récolter des compétences à renforcer... Pffff
Cette année, après 3 ans de coupure pour congé parental, rebelote inspection mais cette fois je me sentais bp plus experte et fière de moi. Et j'ai obtenu la reconnaissance tant attendue par rapport à mon engagement.
Ce métier est formidable mais chacun bosse dans son coin et les collègues (pas tous mais la plupart) sont souvent prétentieux, du genre moi je bosse et pas toi.
Et quand on gratte un peu, on se rend compte qu'ils ne veulent surtout pas que l'on voie ce qu'ils font, et c'est là que le travail en équipe devient impossible, pas d'échanges pas de confrontations d'idées, de pratiques. On reste seul dans sa classe à se poser mille et une question.

isa 17/05/2016 18:22

Clem, tu soulèves un problème récurrent du métier que j'ai également connu à mes débuts, cette manière de vouloir être l'enseignant modèle sans partager ses bonnes idées et avec la peur sous-jacente que l'autre soit mieux reconnu grâce à ce qu'il aurait pu prendre dans la classe. C'est une infantilisation des rapports ( ne triche pas sur moi comme le font les enfants à qui on conseille de cacher). Cela sous-entend qu'il n'y aurait que les idées qui soient la pépite de de l'enseignement. Et puis, être enseignant est pour moi comme être une équipe qui a envie de voir réussir tous les enfants croisés dans l'école, ce ne sont pas les enseignants qui sont en compétition, c'est le défi majeur de l'école d'aider tous les enfants, donc mettre en commun ce qu'on sait faire, ce qu'on a inventé, c'est partagé pour que tout le monde en profite, que chacun se sente concerné lorsque dans une classe il y a des problèmes. En finir avec un individualisme qui fait que tous les jeunes qui arrivent recommencent à tout apprendre seuls, à tout reconstruire et que par ailleurs leurs bonnes idées nées de leur enthousiasme des débutants ne soient pas plus mises en avant et utilisées au sein des écoles pour un vent nouveau.

sylvieh 11/05/2016 22:21

je continue en un deuxième commentaire par peur que celui ci ne s'échappe ...pour revenir au sujet traité même si je n'ai pas suivi tout le fil de la discussion..
je voudrais évoquer le groupe de l' AGSAS. je reprends leur présentation:
"L’AGSAS tente, pour sa modeste part, de trouver et de porter remède aux dysfonctionnements actuels du système éducatif et aux souffrances que ce dysfonctionnement génère tant pour les enfants que pour les enseignants et personnels éducatifs".
je joins le lien
http://agsas.fr/les-groupes-de-soutien-au-soutien
et je précise que la bienveillance est de mise, le partage des valeurs, celles là même qui sont présentes dans ce blog: écoute, empathie, questions posées, démêlement de situations, de noeuds dans une relation (que ce soit inter adultes ds l'école, quel qu' il soit, avec un enfant...), prise de distance...
Cela vaut vraiment la peine de creuser, j'y ai trouvé becp.
L’activité de base de l’Association est le groupe "de type Balint" qui réunit des professionnels du système éducatif (une dizaine environ) et un psychanalyste (ou un psychologue, un enseignant formé à la méthode) pour un travail en commun. Le groupe éclaire la pratique de chacun, et constitue un lieu de ressourcement et de formation à la relation pédagogique.

isa 12/05/2016 08:23

merci Sylvie, j'avais oublié de la citer et pourtant je la connais.

sylvieh 11/05/2016 22:11

Bonsoir isa, bonsoir à tous,
Cette année, je fréquente "beaucoup" moins le blog ...occupée autrement, besoin de prendre du recul..mais j'y viens bien entendu de temps en temps et c(est toujours aussi intéressant, rafraîchissant, minant...grâce aux articles sur les conflits..., j'ai découvert le langage de la girafe et du jaguar (je crois) et l'existence de la communication non violente; j'ai aimé regardé les vidéos tout en trouvant que ce n'est pas si facile que cela de s'interroger sur son positionnement, sa façon d'être dans ses relations à autrui et que quand on a tendance à se poser mille et une question, il est bon de s'accepter comme tel aussi, cela va tellement mieux ensuite.

Natacha 11/05/2016 06:37

Oui Anne-Laure, je connais très bien une des formatrices de ce groupe et elle prend cette mission très à coeur, elle est très investie pour aider ses collègues. Peut-être était-ce elle le rayon de soleil dont tu parles, cela ne m'étonnerait pas.

Anne-Laure 10/05/2016 19:45

Bonsoir, sur l'académie de Poitiers nous avons le GAPA, qui a l'image d'un groupe de dépressifs prêts à se défenestrer !!! Il semble que ce soit un dispositif que les IEN imaginent comme un "stage de la dernière chance", et quand on dit qu'on en fait partie, alors les gens prennent des yeux de cocker et sortent un kleenex de leur poche.
J'en ai fait partie et je revendique ma joie de vivre. J'avais besoin de prendre du recul sur certaines situations difficiles, de recontacter ma motivation et interroger mon parcours pour mieux cheminer.
Les formatrices ont vraiment avé le travail sur le GEASE. J'y ai rencontré des rayons de soleil et j'en a appris pas mal sur moi. Le dispositif a duré 3 ans, les 2 premières années sur le temps perso.
Si des collègues sont intéressés, un mail a été envoyé sur toutes les boites mail des écoles, et je me tiens à disposition pour en discuter avec ceux qui se posent des questions.

isa 11/05/2016 10:37

J'aime ton humour Anne-Laure, il faut un certain détachement pour sortir des préjugés. Pourtant je suis certaine que tu le conseillerais à tous vu comment tu en parles. C'est fort dommage que le travail de ces personnes expertes ne soit pas plus mis en avant et plus considéré. Je lance un appel à ceux qui voudraient nous parler de leur travail dans le cadre de ces groupes, je leur donne bien volontiers la parole.

Daomich 10/05/2016 17:30

Dans notre monde dominé par l Image... Faut savoir redorer la notre !!! Et si le monde est difficile, il faut se rapeller Qu il n y a jamais eu d âge heureux... Pour apprendre à écrire à tous les enfants au dix neuvième, ca pas du etre de la tarte... Venaient pas tous de quartiers aisés... Faut toujours se relever les manches et le faire savoir....

Daomich 10/05/2016 17:25

Ce qui ne veut pas dire Qu il faut nier les problèmes, des jeunes collègues mais aussi de plus vieux
J ai tendance à penser que si on la rendait de nouveau respectable... Et défendable ... Les enfants se comporteraient mieux avec leurs enseignants...
Je suis toujours outrée de m apercevoir que bien des fois on la maltraite... Est ce pour que seuls ceux qui entendent le système en profitent ???

Daomich 10/05/2016 17:21

Bonjour
J ai lu avec attention l'article de P'Merrieu et je le trouve fort intéressant à ceci pris... Pourquoi faut il toujours se culpabiliser à l envie... Quelques soient les raisons historiques du délabrement de certaines de nos cités... Il faut aller de l avant et se redonner confiance ... Non nous ne sommes pas battus d avance... Non l école n a pas encore perdu, oui elle va regagner du terrain parce Qu elle a Raison de le faire... Il faut lui redorer son blason et non pas l enterrer à tous propos... Tout n est pas de sa faute, loin s en faut, il faut la défendre et porter haut ses couleurs si on dit à tous propos Qu elle ne sert à rien, évidemment Que tout le monde crie sur le baudet...
Au contraire engageons nos enfants à la suivre pour qu ils y retrouvent comme avant des réponses parce Qu elle est capable de les donner... Engageons nous à la respecter nd serait ce que par ce Qu elle coûte à tous .... En impot donc en labeur.... Il serait bon de lui redonner de la valeur et non de la dénigrer

isa 10/05/2016 18:40

oui je suis d'accord Michèle, et je crois qu'on doit garder à l'esprit que ce métier est vraiment à part et qu'il doit recevoir toute la considération qui lui est dû. Alors comme tu le dis, c'est l'ensemble de la société qui donne l'exemple aux enfants et qui les incite à respecter leurs enseignants. Pour autant, l'expertise (comme le dit Meirieu) devrait être au service des plus défavorisés, de ceux qui sont le plus en difficulté . Pas suffisamment d'enseignants chevronnés ont envie de se lancer dans l'aventure difficile des défis de cet ordre. Que faudrait-il pour que cela change ?

Mimi86 10/05/2016 13:27

Et chez moi aussi, dans la Vienne et, malheureusement, Isa, tu as tout compris sur les petites richesses et les grosses faiblesses de ce dispositif GAAP. Le RASED de mon secteur voulait mettre en place un dispositif de ce type mais avec plus de bienveillance. Le problème, c'est que ce n'est pas "prévu dans le PAF et autres actions en faveur des personnels de l'IA et du rectorat donc impossible sinon trop coûteux (40€ la séance) pour les participants volontaires si nous le faisions en dehors de nos ORS. Ahhhhhhhhhhhh !!! Je me mets à jargonner !! Je vais un petit tour dans la cour auprès des enfants pour y remédier...

isa 10/05/2016 14:14

Qu'entends-tu par "plus de bienveillance" ? Y-a-t-il un hiatus entre le soutien affiché et le soutien réel proposé par l'équipe de formateurs ?

Natacha 10/05/2016 12:43

Bonjour à toutes et à tous. Juste pour dire que ce dispositif existe aussi chez nous, en Charente.

isa 10/05/2016 14:11

merci Natacha, je m'en doutais un peu et c'est pourquoi j'ai insisté sur le partage des infos parce que chacun peut être passé à côté de celles-ci. Est-ce que c'est le même dispositif partout ?