L'école à la maison, tu en penses quoi ?

Publié le par isa

Cet été, alors que j'avais fermé ordinateur et tablette, j'ai reçu plusieurs demandes de conseils émanant de mamans (aucun papa) qui voulaient savoir ce que je pensais de l'école à la maison. Plusieurs avaient été "déçues" ou inquiètes lors de l'inscription de leur enfant et s'interrogeaient fortement sur l'éventualité d'une scolarité à domicile. D'autres avaient lu des sites, des articles sur cette alternative et cherchaient à se positionner.

Comme ces demandes furent plus nombreuses que les années précédentes, je me suis interrogée sur ce besoin de repli familial, était-ce une façon de protéger son enfant dans un contexte de sécurité renforcée ? 

Dans mon courrier de réponse, je développais mes arguments personnels et comme dans la majorité de ces cas( les années précédentes aussi), peu de retours m'étaient adressés( en réalité, une seule maman m'a répondu).

C'est classique, je n'ai pas à convaincre, on me consulte et je donne mon avis, après chacun agit comme il l'entend. C'est exactement ce que je souhaite pour les autres: avoir cette liberté de choix qui nait d'une opinion acquise à la lumière de divers avis.

Alors, je me tourne vers vous et je vous interroge et je demande à chacun :

"Qu'est-ce que tu penses de l'école à la maison, toi, en dehors du fait que tu es enseignant(e) ou pas, en dehors des opinions des uns et des autres ? Ne donne ta réponse qu'en fonction de toi-même "

L'école à la maison, tu en penses quoi ?

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Karine 08/09/2017 09:29

Bonjour,
Ma fille a deux ans. Je recherche une alternative à l'école publique pour la rentrée 2018. L'école à la maison, j'y ai songé. Mais pour ça, il est forcément nécessaire que l'un des parents ne travaille pas à l'extérieur, non ?

Agnès 24/08/2017 15:39

Bonjour Isa,
Bravo pour ce blog, d'abord, intéressant et agréable à visiter.
Je passe rapidement... pour répondre au sujet qui en réalité, s'impose à moi: mon fils, qui aura 3 ans en décembre, refuse catégoriquement le pot. Et a du mal à rester avec quelqu'un d'autre que moi, même avec son Papa. Mais ça encore, l'école l'y aurait aidé, seulement l'école justement, refuse les enfants "pas propres" donc pour mon petit garçon, la première rentrée, c'est raté. Par ailleurs dans l'école où il est inscrit, les premières rentrées en cours d'année ne sont plus autorisées car déstabilisantes (routines non acquises, dérangement des autres enfants, copains déjà faits...). Bref, à part s'il y a un très soudain déclic dans le mois qui suit, il risque fort de faire sa Petite Section à la maison, et c'est ainsi que je suis arrivée sur votre blog pour regarder ce que vous faisiez, comment... et concernant l'altérité nous irons 2 à 3 fois par semaine à des endroits fréquentés par des enfants (LAEP de la PMI, bibliothèque, parc de jeux...). Je suis triste mais motivée... et preneuse de totes remarques non blessantes et tous conseils. Bonne après-midi et merci pour le partage de votre travail.

Lisa 25/07/2017 23:27

L'altérité? Mais c'est justement ce que je reproche à l'école, entre autres ! Nous vivons dans une capitale européenne. Le monde ici se sépare en 2 castes: ceux qui sont prêts à mettre au moins 15000 euros chaque année dans l'école de leurs enfants et les autres. C'est d'autant plus vrai au lycée français. Alors l'altérité, il n'y en a pas.

Tous les enfants ont le même âge dans la classe, habitent le même quartier, sont issus des mêmes classes sociales ... Mon grand y est au lycée français, je parle donc en connaissance de cause. Chez nous ça se voit beaucoup car c'est très flagrant, mais je pense que ça doit être la même chose partout en France.

Tandis qu'à la maison il y a déja plus de différences. Déja entre mon mari et moi (milieux sociaux d'origine, professions radicalement différentes, deux religions, des sensibilités et des goûts différents). Et à l'extérieur mon enfant fréquente des enfants de tous âges, de toutes nationalités et de tous niveaux sociaux. Il a des amis qui sont fils de cleaners, de diplomates, de blogueurs, d'artistes, d'avocats, qui sont élevés par une mère ou un père seul... Nous avons un engagement associatif important qui nous permet aussi de rencontrer une grande variété de personnes.

J'ai des amis qui ont réussi à l'école (j'interviens dans des universités souvent et aussi par le biais de mon travail) mais aussi d'autres qui n'y ont jamais mis les pieds (parents expatriés dans un pays ou la scolarisation est difficile, parents partis pour une vie sur un bateau ...).
L'école ne permettrait pas à mes enfants de rencontrer tous ces gens.

Alors non, je ne vais pas tenir toute ma vie ainsi et je ne dis pas que je souhaite ne jamais scolariser mon enfant. Mais je vais éviter à mon fils l'école tant qu'il est encore très jeune et inexpérimenté. Il ira à l'école à 5 ou 6 ans, en ayant je l'espère tiré les profits d'avoir eu une vie enrichissante extérieure à l'école.

Quant à dire que plus vite les enfants rentrent à l'école plus vite ils réussissent, j'aimerais savoir ou retrouver cette étude parce qu'ici j'ai de nombreux contre-exemples. Et notamment chez les français scolarisés en France. Ici, de nombreux français sont "repêchés" par des écoles locales supérieures après avoir raté leurs études en France. Je ne compte pas les français qui ont étés considérés comme incapables en France et qui ont très bien réussi ailleurs dans le monde, dans des domaines prestigieux et réputés difficiles. Et j'en fais même partie.

Pour moi la réussite c'est aussi de pouvoir être à l'aise avec tout le monde, d'apprendre à être aimable avec ceux qu'on rencontre et d'être heureux.

isa 27/07/2017 16:19

Voilà les échanges sont toujours passionnants parce qu'ils nous ouvrent à la pensée de l'autre et c'est toujours enrichissant de changer d'angle de vue. En résumé, que ce soit l'école ou que ce soit l' IEF aucune solution n'est parfaite, nous ne sommes pas dans un monde idéal et nous le savons bien. Les enfants vont apprendre à s'adapter et se construire soit à l'école dans un environnement qu'ils ne choisissent pas et qui leur est inconnu, soit en famille pour l'IEF dans un environnement connu mais qu'ils n'ont peut-être pas choisi non plus car pour choisir il faut connaitre les alternatives. Dans les deux cas, certains enfants ne se sentiront pas épanouis quand d'autres y seront totalement heureux. Personne ne peut prévoir à l'avance ce qui va se passer. L'ennui fait partie de la vie et j'entendais encore il y a quelques jours le célèbre designer Philippe Starck dire combien il était nécessaire de s'ennuyer pour développer sa créativité. Je partage son opinion , je ne pense pas que ce soit du temps perdu et je me doute bien que les enfants en IEF connaissent eux aussi l'ennui, je leur souhaite. Ce qui compte dans nos échanges, c'est d'avoir pu reconnaitre notre humilité face à la si difficile responsabilité d'emmener les enfants dans leur devenir d'adultes, on voudrait donner le meilleur mais on connait aussi nos limites et c'est certainement ce qui leur permet de grandir : pouvoir s'identifier à des personnes imparfaites, c'est moins écrasant qu'être face à la perfection.

Lisa 27/07/2017 08:05

Bonjour Isa, Merci à toi de me répondre. A mon tour, je vais essayer de répondre à tes derniers messages. Non pas par "jusqu'au boutisme" mais pour que tu comprennes ma démarche.
- J'ai une opinion assez médiocre de l'école c'est vrai. Pourtant je suis fille et petite fille d'enseignants et ce n'est évidemment pas le travail des enseignants que je remet en cause mais plutôt leurs conditions de travail. D'ailleurs dans mes activités avec mes fils je rencontre de plus en plus d'enseignants qui font des choix différents pour leurs enfants (Montessori, IEF, scolarisation tardive ...). La première personne qui m'a parlé d'IEF est d'ailleurs le professeur de français de mon ainé au collège. Et c'est le choix que son épouse (enseignante) et lui ont fait pour leurs enfants. Il m'a vivement conseillé de le faire pour mon grand qui réussi très bien en classe mais qui s'y ennuie de manière flagrante. Mon fils a aussi eu la chance de rencontrer des professeurs formidables. Notamment un au CM2 pour qui ma reconnaissance est immense.
- Je sais bien que l'IEF ne peut pas s'adresser/convenir à tout le monde et je ne conteste en rien l'intérêt de l'école pour les familles démunies financièrement ou intellectuellement. Pour envisager l'IEF il faut que les parents soient disponibles physiquement et psychologiquement. Il faut qu'ils en aient envie/ qu'ils s'en sentent capable/ qu'ils en aient matériellement les moyens/ qu'ils aménagent leur temps de travail ... Dit comme ça, ça semble exclure les enfants dont les parents font les 3/8 à l'aéroport. Ceci étant, l'école ne peut s'adresser à tout le monde non plus. Je connais beaucoup d'enfants qui "fonctionnent" trop vite ou trop lentement et qui s'en sentent complètement exclus. Sans parler de certains enfants en situation de handicap.
- Mon premier réussit fort bien au collège et pourtant il connait mon opinion vis à vis de l'école. Mes parents enseignants idéalisaient et adoraient l'école quand j'étais enfant (leur opinion a bien changé depuis!). Ca ne m'a pas empêché de me vautrer lamentablement en sixième qui aura été la dernière classe que j'aurais fréquenté au collège.
- Concernant la séparation affective, si je m'en tiens à l'exemple de mon ainé: quand il est au collège, il m'appelle 4 fois par jour sur des motifs farfelus, rentre en courant à la maison, papote avec ses camarades en cours ... Quand il est en Asie chez un ado de son âge sans papa, sans maman: en quinze jours j'ai du recevoir ... deux appels ! Mon ainé depuis l'âge de 12 ans prend l'avion seul (sans hôtesse), son passeport en poche et traverse les continents pour loger chez des familles qu'il n'a jamais vues auparavant. Actuellement, il est en France pour 3 semaines ou il fait le tour de la famille et des amis. C'est un grand aventurier ! Le petit semble prendre ce chemin d'ailleurs et pour son âge il est relativement indépendant. Je ne suis pas louve avec mes enfants. Ils sont choyés quand ils sont petits. Mais je veille à ce qu'ils aient des ailes au plus vite... C'est d'ailleurs le sens de beaucoup de pédagogies alternatives ...

isa 26/07/2017 08:50

Merci Lisa d'avoir pris le temps de venir me répondre, je trouve toujours fortement intéressant de croiser les opinions et de savoir écouter celle qui est différente de la sienne. Je comprends bien tout ce que tu me dis et je pense que nous ne nous plaçons pas sur le même plan. J'ai un regard qui englobe toutes les familles et mon souhait est de voir changer l'école pour que ce que tu dénonces ne soit plus le sujet d'un questionnement sur la scolarisation ou pas de son enfant. D'autre part, j'essaie de contrer les généralités un peu systématiques sur l'école parce que je sais par ailleurs que bon nombre d'enseignants font un travail de qualité (notamment en maternelle). Je ne suis plus enseignante et je consacre bénévolement beaucoup de mon temps à aider des enseignants qui ont envie comme moi de voir le système s'améliorer dans le respect des enfants et de leur famille. Cela fait 10 ans que j'ai ouvert ce blog, tu vois que ma ténacité est solide... Pour revenir à notre débat, mon souci n'est pas de te démontrer que tu as tort. J'ai bien compris que tu veux offrir à ton enfant ce que tu penses le meilleur à tes yeux et que pour le moment le meilleur n'est pas l'école. Je ne vois pas très bien comment vous allez aborder l'entrée à 5-6 ans sans réticence quand je lis toutes les critiques que tu adresses à l'institution, comment ton enfant se sentira-t-il en confiance et en sécurité dans un environnement que tu dénonces avec véhémence ? Mais cela t'appartient et c'est aussi le sens de mon propos , nous ne sommes pas sur le même plan dans la mesure où je pense que l'école doit jouer un rôle (qu'elle peine à atteindre, je le sais bien) pour contrer les inégalités. Ce que tu proposes est loin d'être réaliste pour un grand nombre de familles démunies dont on sait que les enfants ont bien plus à apprendre en venant à l'école qu'en restant chez eux. Ton fatalisme ne concerne que toi et ton enfant mais la société doit s'interroger sur ce qu'elle offre aux plus faibles: leur dire "gardez vos enfants chez vous" est impossible. En ce qui concerne la réussite, on est bien d'accord, l'intelligence interpersonnelle est aussi importante que l'intelligence verbale ou mathématiques ( sur ce blog, nous travaillons à développer les intelligences multiples selon la théorie de Gardner). Et à propos des études sur l'entrée précoce à l'école , je te mets un lien http://cache.media.education.gouv.fr/file/82/31/2/DEPP_EetF_2012_82_Scolarisation_deux_ans_237312.pdf

Lisa 24/07/2017 14:20

Je tombe par hasard sur ce blog moi aussi. Je ne sais pas si on peut vraiment parler d'IEF mais mon enfant de 3 ans n'iras pas à l'école lui non plus. Parce-que je pense que 3 ans c'est un peu tôt pour être mis en collectivité. Et que nous lui offrons un milieu de vie stimulant, bilingue (français-anglais) et varié. Il lit déjà d'ailleurs, il compte, il a pleins d'amis qu'il voit régulièrement au cours de nos activités. Je ne pense pas que la place d'un petit de 3 ans soit d'être enfermé dans une salle de classe. Notre grand s'est éteint avec la scolarisation. Il a fallu des années pour qu'il développe de nouveau des intérêts pour les choses. Car l'apprentissage scolaire n'est pas naturel. Les enfants doivent étudier ce qui est au programme, à la manière de leur enseignant. Et beaucoup de sujets sont complètement survolés. Je ne parle même pas de l'acquisition des langues étrangères. De plus, ils sortent peu. Si je ne prends que cette semaine, mon fils de 3 ans est allé faire du sport dans un gymnase, à un cours ludique de français, voir une pièce de théâtre, écouter un concert de musique classique et à la bibliothèque. Je ne parle même pas des activités que nous avons fait à la maison. Je trouve l'école française beaucoup trop rigide et pas assez ambitieuse pour les enfants. En plus les enfants en ressortent complètement fatigués par le bruit et l'agitation dus à la collectivité. On ne les croit pas capable de beaucoup de choses qu'ils sont en réalité tout à fait capables d'appréhender seuls ou presque, dans un environnement adéquat. Je pense notamment à la lecture et à l'anglais. Mes deux enfants ont su lire bien avant "l'heure scolaire". Et ils ont appris seuls, comme je l'ai fait avant eux et mes parents (profs tous les deux!) avant moi ...

isa 24/07/2017 16:50

Et l'altérité Lisa ? Bien-sûr, il a des amis et tant mieux, sont-ils aussi différents de lui, qu'ont-ils à apprendre de nouveau à ton fils ? Je comprends tout ce que tu dis: les effectifs, une certaine rigidité parfois, des manques dans l'ouverture culturelle, le peu de différenciation pédagogique aussi parfois. Alors, c'est la scolarité entière que tu remets en question, vas-tu pouvoir assumer celle-ci ? Car ce qui est vrai à 3 ans le sera encore à 10 ans, l'école aura toujours ses manques. Mais mon interrogation c'est l'altérité; où ton enfant va-t-il trouver ce qu'il n'aura jamais l'occasion de rencontrer parce que certains univers ne se croisent jamais en dehors de l'école et pourtant c'est autrement plus formateur que le seul fait de savoir lire. Tu me parles apprentissages, je te réponds vivre ensemble. Mon blog a le souhait de faire changer l'école dans le respect des enfants et des familles. Je pense qu'il est préférable de vouloir le meilleur pour tous plutôt que le mieux pour soi. C'est une question de choix de société, tu comprends bien que ta décision de faire l'école chez toi ne peut être possible et souhaitable pour tous. Choisissons nous l'universalité ou l'individualité ? Je choisis de faire bouger les lignes pour que l'école publique mais aussi privée puissent s'élever pour le bien de tous. On sort du chacun pour soi et on rentre dans un vivre ensemble qui commence tôt parce que les études montrent que plus tôt les enfants rentrent à l'école, mieux ils réussissent.

maman ieufeuse 07/09/2016 23:37

Bonjour,

Je tombe par hasard sur votre blog. Je ne suis pas enseignante mais maman pratiquant l'ief instruction en famille. Pour ma part j'aimerai rassurer ces enseignants qui font un boulot formidable et qui ont marqué mon enfance. Tant de souvenirs, tant de bons souvenirs je dirais .. grâce à qui j'ai aimé aller à l'école (bon j'avoue surtout jusqu'en cm2). Ceci dit je vais vous dire ce qui me pousse ou m'a poussé à pratiquer l'ief car nous avons tous une raison et ce n'est pas forcément la remise en cause du système éducatif ou l'insécurité..
Mon ainé est né avec une pathologie gastrique qui ne lui a pas permis d'entrer en maternelle ou dumoins il était préférable pour lui de ne pas y aller on le sait très bien les classes de maternelle ou crèches sont pardonnez moi l'expression des nids à microbes avec tous ces petits bouts qui tombent malade malgré eux. Bref la maternelle n'etant pas obligatoire il a fallu faire un choix ou le garder à la maison ou l'envoyer en centre. Et la il n'y a pas eu lieu de réfléchir je l'ai donc gardé avec moi et petit à petit il a fallu lui enseigner certaines choses car aujourd'hui bien que l'age obligatoire d'instruction est 6ans c a d niveau cp les enfants en y entrant savent compter denombrer ecrire leurs prenoms.et quelques mots .. il a.donc fallu essayer de les lui enseigner et j'y ai pris goût. De voir mon enfant apprendre, grandir et tout ceci grace avant tout à lui mais aussi à moi c'etait magnifique. J'ai donc décidé de continuer l'aventure de faire profiter mes filles.ett aujourd'hui c'est que du bonheur ..
Voila pour moi

isa 26/07/2017 09:04

Tu fais beaucoup de généralités qui s'appuie principalement sur des ressentis. La toute puissance au sens où je l'entends n'est pas une question de remise en question, c'est un fait: tu es la mère qui a donné la vie, qui a nourri, qui a soigné, qui a protégé ton enfant et tu veux continuer à être celle qui apprend même si ta démarche est faite de bienveillance, elle crée un lien de dépendance par lequel ton enfant reçoit une dette immense envers toi. La séparation affective est un élément structurant dont les enfants ont besoin pour exister par eux-mêmes. C'est aussi tout cela qui fait que dire aux familles "gardez vos enfants chez vous" n'est pas une bonne chose d'après moi; j'ai plutôt envie de leur dire "changeons l'école, vous y avez votre rôle, prenez le". Je respecte ton point de vue et je suis ravie que tu aies choisi le blog pour le donner.

Lisa 25/07/2017 23:33

Pardon si j'ai interprété. Pour ma défense, c'est une remarque que j'ai souvent entendue dans les milieux enseignants.
Pour la toute puissance, je pense que l'école se remet globalement moins en cause que beaucoup de mamans IEFeuses.
Enfin, je pense qu'au contraire les enfants élevés en IEF sont souvent plus indépendants que les autres, plus autonomes. Mais là encore tout dépend de la manière dont l'IEF est mis en place et orchestré.

isa 24/07/2017 17:13

C'est drôle que tu interprètes mon commentaire "N'aurais-tu jamais eu envie de devenir enseignante ?" en désir contrarié de devenir enseignante, où as-tu lu que je parlais de désir contrarié ? Je m'adressais à maman ieufeuse qui dans sa manière de décrire son plaisir et son goût d'enseigner à son enfant m'amenait à lui dire qu'elle aurait pu être une enseignante. Je n'ai pas fait de généralité, je parlais d'une personne. Non je ne crois pas à cette version du désir contrarié, je pense en revanche à un désir de toute puissance : penser qu'on fait mieux que les professionnels avec son enfant est se donner une importance incontournable, l'enfant ne peut absolument plus se passer de sa mère. C'est trop à mes yeux, mais comme je le répète sans cesse, je n'ai jamais pensé détenir la vérité et je me trompe peut-être.

Lisa 24/07/2017 14:23

Je ne pense pas que les mamans IEFeuses ont toutes un désir contrarié de devenir enseignantes ... Au contraire, les mamans IEFeuses que j'ai autour de moi avaient toutes des carrières qu'elles ont du aménager pour offrir l'IEF à leurs enfants ...

isa 08/09/2016 08:31

merci de ce témoignage, je suis intéressée par l'avis de personnes comme toi qui ont fait ce choix et qui apporte un nouvel éclairage. N'aurais-tu jamais eu envie de devenir enseignante ?

christel 07/09/2016 19:14

Bonjour,
c'est sans doute idiot ce que je vais dire, mais ça me fait de la peine de lire ça..... J'ai lu avec attention le témoignage "mon enfant n'ira pas à l'école" ainsi que les commentaires des mamans.... ça me fait mal de voir ce que les gens pensent, l'école est rigide, ne s'adapte pas, "programme" les enfants.... et nous alors ? tous ces enseignants qui pensent, réfléchissent, se remettent en question, trouvent d'autres façons de faire apprendre aux enfants..... le système éducatif est loin d'être parfait mais quand même...... je ne suis pas sûre que passer 24h sur 24 avec son enfant soit si bénéfique pour lui, même si on l'aime très fort.....

isa 08/09/2016 08:49

Au fond, je ne pense pas que le choix de l'école à la maison soit uniquement fondé sur les pensées négatives vis à vis des enseignants, c'est plus large que cela. Anecdote: j'ai une école montessori qui vient d'ouvrir tout à côté de chez moi, hier j'ai assisté à la sortie pour promenade ( en fait ils n'ont pas de cour de récréation donc ils doivent arpenter les rues ou aller au square en guise d'oxygénation), j'ai observé l'enseignante des grands (élémentaire) et j'ai été frappée par sa manière d'être ( froide ,austère, intransigeante), aucune bienveillance n'émanait d'elle. Je me suis dit que les étiquettes étaient vraiment difficiles à dépasser. L'école publique est critiquée alors qu'elle possède des enseignants de grande valeur et les écoles alternatives sont portées aux nues alors qu'elles ont , parfois,en leur seing des personnes qui ne répondent pas aux attentes ou sous qualifiées. Ce sont donc des préjugés qui créent les doutes. Pour lutter contre les préjugés, il est essentiel de montrer son travail, d'accueillir les familles de manière chaleureuse et de faire de l'épanouissement scolaire son action prioritaire.

Catherine 05/09/2016 22:48

Pour ma part, la question me parait toujours délicate : je suis toujours tiraillée entre l'idée d'offrir le meilleur à l'enfant et l'idée que ce n'est pas la vie que de lui éviter les difficultés. A l'entrée en maternelle de mon enfant, je me suis posée beaucoup de questions pour lui : avant d'y arriver, il était avec un autre enfant chez une nounou, tout coocooné tout tranquille et puis dans sa classe, il est tombé sur un milieu "qui bougeait plus" et cela l'a bousculé, suffisamment pour que je me rende compte qu'il n'y était pas bien. Ce n'est pas ce qu'on attend pour son enfant et ce qu'on lui souhaite : je ne sais pas qui était le plus malheureux entre lui, et moi. L'école à la maison m'a paru alors être une solution pour le protéger de ce j'ai ressenti comme une violence trop forte (à juste titre ou pas, mais on n'est pas tjrs objectif....). Je n'ai pas pu le faire, j'ai accompagné mon enfant tant que j'ai pu, en essayant de l'aider à s'adapter et à gérer, et c'est passé. Ca aurait pu être mieux, c'est sûr, mais j'espère que ça lui aura servi et que lorsqu'il rencontrera d'autres moments compliqués dans la vie, il sera armé. Avec le recul, je crois aussi que ce n'est pas non plus parfait de faire l'école à la maison : aussi bon parent soit-on (ou aussi bon enseignant), on ne peut pas être "tout" : je trouve positif qu'au cours de sa scolarité, l'enfant rencontre des manières de travailler différentes selon les enseignants, des manières de penser, de faire.... qui lui permettra de découvrir des choses qu'une seule personne ne peut pas donner et de comprendre qu'il n'y a pas qu'une seule manière de faire ou une seule vérité, et qu'il peut aussi choisir celle qui lui convient le mieux. Et je ne crois pas que partager des activités avec d'autres sur du temps hors scolaire revienne tout à fait à la même chose que de partager une vie de classe. Bien sûr, tout cela dépend du degré de souffrance de l'enfant... et de ce que l'école est prête à entendre pour le soulager, quand il y a réellement besoin de le soulager.

Catherine 06/09/2016 21:55

Ce que j'ai oublié pour conclure : comme les parents, moi enseignante, je souhaite aussi le meilleur pour les enfants que j'accueille...

isa 06/09/2016 09:05

Oui c'est un dilemme, il faut pourtant se positionner en tant que parent et prendre une décision en ayant mesuré la moins mauvaise pour tous parce qu'aucune n'est parfaite. Je pense que pour faire changer un système, il faut agir à l'intérieur. Les parents ont une place reconnue au sein de la communauté éducative, ils prennent la parole et peuvent agir en cas de malveillance, chacun a sa responsabilité. Dans un précédent débat, il a été discuté du professionnalisme qui ne s'arrête pas à la porte de sa classe, pour être un bon professionnel, il est important de se sentir concerné par le sort de TOUS les enfants de son école. Ici nous défendons l'école de la bienveillance et du respect des familles, pourquoi ne pas croire à notre pouvoir à faire bouger les lignes ? Enfin dans les nouveaux programmes 2015, la mission principale de l'école est clairement énoncée : "de donner envie aux enfants d'aller à l'école pour apprendre, affirmer et épanouir leur personnalité." Il a donc lieu de s'interroger face à ces enfants qui montrent des signes de souffrance et chercher le plus possible à les aider à les dépasser en lien avec leurs familles.

Stasia 04/09/2016 21:02

Bonsoir tout le monde ! Je ne vais pas reprendre tout ce qui a été dit et tellement bien dit dans cet article qui m'a interpelée. Sev, comme toi, le film m'a bouleversée. C'est certain qu'il donne matière à réfléchir.Quand, j'ai vu ce merveilleux documentaire, j'ai eu l'impression d'y retrouver un peu de toutes mes lectures et réflexions des mois passés. Tout se recoupe : neurosciences (importance de la motivation pour les apprentissages, cf Alvarez), autonomie, communication non violente, intelligences multiples...
Ma petite fille Judith n'ira pas à l'école, ses parents l'ont décidé.( sa maman explique pourquoi dans son blog). C'est leur choix, je le respecte et le même le comprends. J'ai confiance en eux et en leur formidable gamine.Quant à moi, en tant qu'enseignante, je fais de mon mieux pour accueillir les bouts de choux dans un environnement que j'essaye de rendre le plus sécurisant, agréable et stimulant possible et j'évolue au fil du temps, de mes lectures, de mes rencontres. Mais seul dans sa classe, on ne va pas très loin, les conditions idéales pour exercer et se sentir bien sont par contre bien loin elles. Même si parfois, je pense que des parents peuvent se lancer dans ce mode de vie alternatif avec le « unschooling » de leurs enfants avec confiance et bonheur, heureusement que l'école publique est là pour une grande majorité de gamins à qui elle apporte une grande ouverture. Et c'est de notre devoir de professionnels de continuer à évoluer et à donner envie d'apprendre aux élèves, de croire encore en notre métier. Et en maternelle, on a quand même une grande latitude pour nos choix de « méthodes », de fonctionnement. Sinon, on peut toujours quitter le navire et... essayer de fonder une école nouvelle !

isa 05/09/2016 11:11

Moi aussi, je reste perplexe et si une maman me demande mon avis, je continuerai à l'interroger sur son désir sous-jacent, qu'y -a-t-il derrière cette méfiance à l'égard de la société ? Peut-on envisager de manière durable de se consacrer entièrement à l'instruction de son enfant puis de ses autres enfants pour toute leur scolarité, est-ce tenable familialement ? Est-ce tenable pour le couple ? L'instruction étant obligatoire, la famille devra répondre aux visites de l'institution qui se réfèrera aux programmes et pourra exiger une scolarité en cas de manquement, on en revient toujours à la société... qu'on la refuse, elle nous rappelle qu'elle peut se substituer pour protéger les enfants.

Sev 04/09/2016 22:08

Merci pour le lien Stasia, j'ai lu l'article avec grand intérêt.

Stasia 04/09/2016 21:49

le lien vers l'article de ma belle fille qui explique pourquoi sa fille n'ira pas à l'école
https://blog2mamans.wordpress.com/2016/07/23/mon-enfant-nira-pas-a-lecole/comment-page-1/#comment-88

Sev 04/09/2016 21:30

C'est vrai ce que tu dis Stasia, ce n'est pas à la portée de tous, et nous devons, nous enseignants, faire notre possible pour aider les enfants qui nous sont confiés, c'est notre travail.

Elaine 04/09/2016 17:47

Je fais exprès de ne pas lire les autres commentaires avant d'écrire, pour essayer de répondre le plus sincèrement possible, donc je vais peut-être dire des choses déjà écrites, désolée... J'irai lire ensuite ce qui a été écrit !
Je crois que l'école à la maison permet de suivre son enfant exactement où il en est, de faire des apprentissages par le biais de visites de musées, de sorties... permet de gérer le temps de l'enfant autrement, avec des temps d'apprentissage formels plus courts mais sans doute plus denses et de prendre du temps pour faire plus de sport, de musique et autres activités périscolaires que les autres enfants doivent caser tant bien que mal entre la sortie des classes, les devoirs (car beaucoup en ont encore), la fatigue de tout ça. Mais je crois aussi que l'enfant risque d'être assez seul et que les activités en groupe seront absolument essentielles pour que l'enfant ait des amis, développe ses compétences sociales, soit en contact avec la "vraie vie". Je crois aussi que pour les parents, il faut une patience incroyable pour avoir l'énergie d'être parent et d'être instit et qu'il est possible que le lien parent enfant soit différent et parfois peut-être difficile du fait de cette double casquette. En tant qu'instit, je crois au fait qu'on apprend à plusieurs mais aussi qu'on a besoin de son cheminement personnel et personnalisé et qu'il doit être tentant de penser que l'école à la maison le permet mais... est-ce facile à mettre en place ??? Autour de moi, j'ai deux expériences d'école à la maison que j'aime observer et je discute régulièrement avec les parents. L'une me semble assez réussie pour les enfants (mais j'ai l'impression que la maman n'a pas de vie à elle, donc est-ce si réussi que ça ?) et l'autre, me semble-t-il, a "formé" 2 enfants qui ont beaucoup de difficulté à entrer en relation, à se faire des amis, à trouver une communication "normale" avec leurs pairs...
Je reste donc très curieuse mais prudente...

isa 04/09/2016 17:35

Comme c'est agréable de vous lire, j'aime cette manière de réfléchir, chacun vient avec ses doutes ou ses convictions et les exprime dans le respect de l'autre et de son opinion. J'ai, pour ma part, un avis que je donne à chaque famille qui me contacte, c'est ce qu'elles viennent chercher. Je ne prétends pas détenir la vérité et je dis toujours que les parents doivent faire leur choix en toute conscience. La première remarque que j'observe dans vos commentaires est que mon argument numéro 1 n'est pas une seule fois repris (peut-être un peu Edith qui corrige mon titre). Enseigner est un métier et comme je ne serai jamais médecin, certaines personnes ne seront jamais enseignantes, je le dis avec force alors que j'étais contre la masterisation du métier mais quand même je suis surprise que vous ne vous sentiez pas plus légitimes à affirmer que vous avez appris votre métier et qu'il est illusoire de croire que n'importe qui peut devenir enseignant du jour au lendemain. Et je le dis avec encore plus de recul puisque ma fille aînée qui a 12 ans d'étude après le bac s'est retrouvée à devoir enseigner à ses fils durant un voyage de trois mois, elle en est revenue admirative de notre métier (alors qu'elle avait une mère enseignante) et me disant combien elle s'est retrouvée bloquée pour surmonter les incompréhensions, le manque d'attention et la mémoire qui joue au yoyo de son fils aîné mais aussi tout l'aspect démarche pédagogique . J'ai apprécié qu'à travers cette expérience l'idée de facilité a été balayée par la réalité et la confrontation à la responsabilité.C'est une première chose qui me semble logique. Ensuite, vouloir une vie sans épreuves pour ses enfants c'est pour moi le contraire de les protéger, les parents ont la responsabilité de préparer leur enfant à se conserver lui-même en ayant vécu la séparation, en ayant rencontré l'altérité ( ou mieux qu'à l'école peut-on rencontrer d'autres enfants qui ne viennent pas du même milieu que soi ? ou qui sont handicapés ? ou qui ont d'autres difficultés ou d'autres facilités ? Bien-sûr, il est louable de désirer ce qu'il y a de mieux pour son enfant mais n'a-t-il pas bien plus à apprendre de la société même si celle-ci pourrait faire bien mieux pour ses citoyens ? Enfin, j'essaie d'expliquer du mieux que je peux que la toute puissance parentale est nocive psychiquement pour l'enfant, quand la personne qui vous a fait naitre, qui vous nourrit, qui vous soigne, qui vous protège devient également votre précepteur, l'enfant se retrouve devant une dette trop lourde vis à vis de sa mère (reconnaissons que c'est souvent la maman qui s'essaie à l'enseignement même si les temps changent). Construire son identité dans un environnement aussi fermé et aussi puissamment lié est pour l'enfant écrasant. Oui l'école n'est pas toujours celle qu'on voudrait, oui elle n'est pas toujours égalitaire, oui c'est tentant de vouloir se retirer chez soi pour s'occuper de son enfant à l'abri d'une société qui parfois fait peur, oui il est parfois facile de se dire qu'on ferait mieux, en est-on sûr ? N'y a -t-il pas aussi des familles défaillantes ? N'y a-t-il pas des échecs dans des éducations qui se pensaient au-dessus des autres ? Qu'est-ce qu'une société où les enfants apprendraient à se méfier des autres, des services rendus, des compétences des professionnels ? Faut-il accorder aussi peu de confiance à ses enfants pour décider qu'ils ne peuvent pas réussir sans nous ?

Sev 05/09/2016 19:04

Si, tu peux, il est en vente; mais je peux te le prêter si ça t'arrange; ou à quelqu'un d'autre que ça intéresserait d'ailleurs.

isa 05/09/2016 10:50

Je ne peux pas le trouver sur le net ?

Sev 04/09/2016 21:40

Je peux t'envoyer le film si tu veux car je l'ai acheté.

isa 04/09/2016 19:17

Je n'ai pas encore visionné le film Sev, oui c'est intéressant pour faire bouger l'enseignement et se remettre en cause. Je crois que si nous voulons que les choses changent dans le plus grand respect des enfants ,de tous les enfants, nous pouvons nous appuyer sur toutes ces réflexions, ces expériences, ces lectures et chercher toujours à faire évoluer l'école au service de tous. Je ne me résigne pas et même si toutes ces demandes de déscolarisation me questionnent, je continue de penser que l'école est le meilleur lieu d'émancipation et de construction de soi. Je pense qu'il y a beaucoup beaucoup plus d'enseignants compétents et investis que d'incompétents et blasés.

Sev 04/09/2016 18:47

Justement, dans le film, les parents ne sont en aucun cas les enseignants de leurs enfants, ils ne font pas l'école; par contre, ils ont une confiance absolue dans leur capacité à apprendre par eux mêmes au contact des autres, enfants ou adultes, et ils sont là pour les guider.
On parle souvent de confiance envers nos enfants, je sais que c'est quelque chose Isa qui ne tient à coeur; là, c'est une confiance absolue quand son enfant ne sait toujours pas lire à 12 ans et que l'on sait que de toute façon, il saura un jour ou l'autre. Il en faut de la confiance pour patienter sans intervenir !
Ces parents disent que quand c'est mûr, ça sort tout seul, comme une fleur qui s'ouvre.

Tout ça pour dire que pour moi, enseignante et maman, c'est perturbant mais ô combien intéressant.

Brigitte 04/09/2016 16:23

Très intéressants tous ces commentaires émanant d'enseignants pour la plupart je pense.
De mon côté, comme la plupart d'entre vous, je n'ai pas de réponse très précise.
Je me pose cependant beaucoup de questions sur notre place d'enseignants justement. Nous savons que notre système Education Nationale a des failles. Nous savons que le système Éducation Nationale est plus adapté aux enfants de la norme (c'est à dire à ceux que l'on placerait au milieu d'une échelle) et pas trop à ceux qui sont tout en haut sans notre aide ou tout en bas malgré notre aide. Nous savons que nous avons des classes en sur effectif bien souvent. Nous savons qu'autour de nous (partout j'en suis sûre et de tout temps j'en suis sûre aussi) il y a des enseignants pas trop bienveillants ni très consciencieux ni trop professionnels dans le système. Nous savons qu'il y a des municipalités plus riches que d'autres et donc des écoles mieux dotées que d'autres. Et pour tout cela, des familles vont déscolariser leur enfant et préférer l'école à la maison. Se pose aussi la question de notre préparation au métier : Il nous faut Bac +4 ou 5 (je crois) pour être enseignants et pourtant toutes les failles sont encore là. Du temps de ma grand-mère, pas besoin du bac. Du temps de ma mère elle a passé le Bac dans l'Ecole normale. Et moi juste un Bac +2. Et pourtant les failles sont toujours là. Donc après cette mini analyse, je me dis que les parents ont bien raison quand ils en ont les moyens et capacités de faire l'école à la maison. Les familles qui choisissent ce mode d'Education ont sans doute des appréhensions, un manque de confiance, des mauvais souvenirs, des mauvais sensations....Alors la scolarité en école de leurs enfants ne pourra pas très bien se passer, en tous les cas elle ne commencera pas sur de bonnes bases. Alors pourquoi pas? Il existe plein d'outils disponibles maintenant avec Internet, les bonnes libriairies... Et pourquoi, je sens que je vais choquer, ne pourrait-il pas y avoir de partenariat entre l'école de secteur et ces parents qui choisissent l'école à la maison? Alors ça, c'est une utopie, n'est-ce pas? Je pense vraiment que nous ne détenons pas le monopole de l'éducation.
Que penser également quand notre propre enfant se retrouve lui aussi avec un enseignant pas compétent, malveillant ou peu professionnel.... Je suis presque sûre que cela est arrivé à une grande partie de nous autres. Eh bien, on rêve de faire l'école à la maison pour réparer nos enfants, non?
Côté socialisation, je pense qu'il y a bien d'autres endroits que l'école où l'enfant peut rencontrer des pairs, se faire des amis, se créer du lien.
Peut-être que si toutes nos écoles étaient attractives, bienveillantes, avec PLEIN de personnels motivés, des petits effectifs, pleins de matériels neufs jolis colorés ludiques......Rêve ou réalité?

Mimi86 04/09/2016 16:10

Tout cela montre que l'école va mal et qu'elle ne répond plus du tout aux attentes de tous (enfants, parents, enseignants). Ma fille rentre en petite section cette année et je me pose aussi beaucoup de questions sur sa première expérience avec l'école, avec un groupe. Je ne doute pas de la bienveillance de l'enseignante ni de l'ATSEM, ni des effectifs mais plutôt de l'état de l'école (les normes de sécurité ne sont pas du tout respectées) et du rythme imposé. Alors, l'école à la maison peut être tentante... mais il faut être disponible. De l'autre côté, je sais aussi que ma fille et moi nous avons besoin d'être séparées pour vivre nos aventures, nous retrouver pour en discuter et renforcer nos liens. Je ne suis pas prête à passer 24h/24 à m'occuper de mes enfants, j'ai besoin de liberté et eux aussi. Donc, je dirai qu'avant de choisir entre inscription dans une école ou école à la maison, il faut d'abord se demander dans quelle situation les enfants et les parents se sentent le plus libres. Cette liberté est pour moi la base du bien être. Il faut aussi accepter de faire des concessions (tout ne peut pas être parfait)...

Auré 04/09/2016 14:19

L'école à la maison c'est tentant d'un côté : à l'école, le manque de bienveillance est flagrant ne serait-ce que dans les conditions d'accueil : classes surchargées, pas assez de personnel encadrant, peu de temps d'écoute des familles, des horaires très rigides et trop longs pour certains ...
Et d'un autre côté : il y a l'importance du groupe de "pairs", le besoin d'autonomie, de faire des découvertes hors du contexte familial...
Pas facile d'avoir un avis tranché, mes enfants vont à l'école publique dans des classes surchargées avec des enseignants pas toujours bienveillants, pour l'instant je n'ai pas le choix, je ne peux arrêter de travailler mais je crois que si une année l’opportunité se présente, je les déscolariserai au moins pour une année...

Sev 04/09/2016 15:24

Oui Auré, je suis persuadée que si certains parents pouvaient arrêter de travailler, il y aurait beaucoup plus de déscolarisation.
Car si vous regardez le film de Clara Bellar, les enfants déscolarisés ne sont pas des "sauvages", ils sont au contact de leurs pairs dans des activités extrascolaires par exemple, et ils ont l'air tout à fait bien dans leur tête. Ils sont dans la vie, ils apprennent dans la vie de tous les jours et non pas enfermés entre 4 murs, à subir un rythme qui ne leur convient pas.
Mais effectivement, il faut qu'ils soient accompagnés par un adulte qui soit disponible.

Je vous invite à visionner ce film, il m'a vraiment bousculée dans un moment où je cherche des solutions pour ma fille qui vit très mal le rythme du collège, le manque de bienveillance, qui a mal au ventre avant d'aller à l'école... Et là, on est obligé de se poser des questions, de chercher s'il n'existe pas des solutions alternatives.

Marie F. 04/09/2016 13:44

En tant qu'enseignante, je reste persuadée de l’intérêt du groupe classe, même si je sais aussi que ce groupe est fatigant et parfois anxiogène.
En tant que maman, c'est plus mitigé, devant la non bienveillance de certains collègues, j'ai déjà réfléchis à enseigner à la maison.
Autrement dit, quand l'école/l'enseignement correspond aux enfants c'est une vraie richesse, cependant si l’école/l'enseignement devient un frein à l’épanouissement cela me parait une bonne chose de trovuer d'autres solutions et l'enseignement à la maison en est une!

edith 04/09/2016 13:13

Ou plutôt l'enseignement à la maison.
Quand on dit école on pense "collectif". Ce collectif qui peut être si riche mais aussi traumatisant selon les effectifs, les organisations, les aménagements spatiaux.....

fanou 04/09/2016 12:59

Oui, je rejoins Annaig sur les enfants hyper-sensibles, je pense aux enfants TED ou ayant des signes autistiques qui souffrent en grand groupe. L'école est le meilleur moyen pour dépister et mettre en évidence les troubles des apprentissages mais ensuite, elle ne répond pas toujours aux besoins de ces enfants. Quelquefois l'école à petite dose peut être une solution: mais pas l'école+les TAP+le périscolaire.

Silbale 04/09/2016 12:14

Des parents qui déscolarisent leurs enfants, il y en a de plus en plus...
Les rythmes actuels, les programmes, les effectifs, la pédagogie... sont autant de raisons évoquées.
On peut ajouter l'éloignement, dans les zones rurales, avec la tendance au regroupement des écoles.
Il y a aussi un effet de mode autour de la méthode Montessori et puis je pense également une société en mutation (repli sur soi, communautarisme, rejet de la société de consommation, parti pris politique...)
Les raisons sont multiples, après, est-ce un bien ou un mal...?
J'ai cette année 30 élèves à faire tenir 6h dans 50m2 et je dois dire que je supporte ça de moins en moins... bienveillance, bienveillance...

Annaig 04/09/2016 11:38

Je comprends aussi que les parents se posent la question .
Pour chaque famille, les raisons profondes sont différentes
Moi aussi je m'attriste de voir ce que les enfants vont perdre dans ce choix: de belles expériences à vivre ensemble et un élargissement de leur univers à d'autres adultes, d'autres façons d'être, d'autres règles de vie que celles de la maison. La scolarisation des enfants ,me semble être, pour la majorité d'entre eux, la forme d'éducation la plus en phase avec le monde d'aujourd'hui, la plus riche, la plus à même d'apporter un plus aux enfants.
Malgré toute la sincérité des parents qui s'engagent dans cette voie, n'y a-t-il pas inconsciemment le désir de vouloir tout diriger dans la vie de l'enfant , au risque d'être trop intrusif dans la construction de sa personnalité et de le rendre encore plus dépendant de son ou ses parents?
Pour d'autres enfants, hyper sensibles, en souffrance dans le grand groupe, on pourrait penser que l'école à la maison soit une solution envisageable momentanément mais ce ne sont jamais ces enfants-là qui en bénéficient mais au contraire des enfants qui auraient bien besoin du groupe pour se socialiser.

Maïcé 04/09/2016 10:59

La question est intéressante. Et je comprends qu’elle puisse se poser, car chaque parent désire ce qu’il y a de mieux pour son enfant. Maintenant, il faut savoir ce qu’on met sous le terme de mieux.
Et c’est là que je trouve le terrain glissant.

C’est sans doute un marqueur qu’il existe des manques dans l’institution scolaire, et nous en sommes tous témoins. Par exemple pour moi, les nouveaux rythmes scolaires sont un non sens, particulièrement à Paris où il n’y a pas deux jours consécutifs qui se ressemblent( 6h, 4h30, 3h, 6h, 4h30).
Mais ça peut aussi être un signe de cette dérive sociétale de répondre immédiatement à tous les désirs des enfants, et là, je m’interroge sur la notion de « mieux ». On a tout de même dans nos classes de plus en plus d’enfants qui se mettent dans tous leurs états lorsqu’ils n’ont pas immédiatement ce qu’ils réclament.
En petite section, je crois que nous jouons aussi un rôle auprès des parents pour leur montrer que la frustration est un moteur positif dans l’éducation de leurs enfants.

Une autre constatation que j’ai pu faire, ce ne sont pas toujours les enfants qui souffrent le plus de l’institution qui sont déscolarisés pour une autre solution, mais bien souvent ceux qui ont les armes pour affronter ses manquements.

Je n’ai donc pas de réponse toute faite, et je pense de toute façon que le parcours de vie de chaque enfant est semé d’embûches qu’on n’avait pas prévues. Ce n’est pas la qualité du chemin qui fait le marcheur. Je vais un peu parler de moi : J’ai passé mon année de CM1 dans la classe d’une instit qui souffrait de la maladie d’Alzheimer( même si à l’époque on n’employait pas ce vocable). Les enfants de notables allaient tous dans la classe d’à côté, les parents qui n’avaient pas d’influence acceptaient l’orientation. Mes parents étaient enseignants et connaissaient la situation, ils m’ont laissée dans la classe de cette enseignante. J’ai un peu souffert de cette année incohérente, mais j’avais des ressources qui m’ont permis de m’en sortir par le haut et cette expérience est aussi une « richesse » pour moi. Donc dans mon cas, ce n’était pas un « mauvais choix ». Par contre, certains de mes condisciples auraient sans doute beaucoup moins « perdu » à être ailleurs.

D’un côté comme de l’autre, parents, enseignants, essayons d’établir des liens de confiance qui vont sécuriser les enfants. Nous avons tous intérêt à ce que la scolarité des enfants se passe bien.

mimih 04/09/2016 10:50

Bien sur chacun peut avoir son opinion et il faut la respecter... je pense que le système scolaire est loin d'être parfait et que le contexte d'insécurité actuel n'est pas favorable pour rassurer les parents un peu anxieux.
mais je pense que priver les enfants du "vivre ensemble" n'est pas une bonne chose, la vie ce n'est pas de vivre dans un cocon , la vie c'est partager des tas de choses avec des enfants de milieux et de cultures différentes , d'apprendre à gérer des conflits , des échanges , des idées de bon moments ....

Sev 04/09/2016 09:20

Je me pose de plus en plus de questions moi aussi, surtout après avoir vu le film de Clara Bellar " être et devenir". Je n'ai pas d'avis figé mais je pense que si mon enfant est mal à l'école, la déscolarisation doit être envisagée.
Je me rends compte que la bienveillance et le respect du rythme de l'enfant ne sont pas monnaie courante au collège, je ne parle pas de l'école primaire et maternelle où il y a des efforts qui sont faits.

Et le mouvement actuel qui tend à inscrire les enfants dans des écoles alternatives, voire à les déscolariser, même s'il est marginal, montre les failles de notre système d'enseignement.

Allez voir par ici, ça pose question.
http://ecolenikolatesla.com/ressources/#videos

la maîtresse des petits 04/09/2016 09:06

Je suis très triste pour les enfants qui restent à la maison dans l'univers familial; je crois qu'on les prive de toutes la richesse de la découverte des autres. Bien sûr, on va nous dire qu'ils sortent, font du sport, etc... Ce n'est pas pareil.
D'un autre côté, les parents ont sans doute raison de s'inquiéter de l'entassement à 30 et plus par classe. C'est violent.

C'est révélateur de tout un système: les gens ne font plus confiance aux institutions.