Le carnet de suivi et l'observation: carnet vierge ou carnet pré-rempli ?

Publié le par isa

Depuis le début de l'année scolaire, nous réfléchissons ensemble à l’observation et au carnet de suivi. Dernièrement, nous nous sommes questionnés sur les nécessaires choix à opérer parmi les compétences afin d’éviter un éparpillement et une impossibilité de renseigner le carnet de suivi.

Au cours des échanges, une nouvelle interrogation est apparue concernant la forme de l’outil.

Faut-il utiliser un carnet vierge ou un carnet pré-rempli ?

Ma position plaide en faveur d’un support qui commence avec une page blanche et qui s'étoffe au rythme des progrès. Il n’établit ni un ordre ni une norme, il parle de l’enfant, de son individualité face à ses apprentissages. Il valorise ce qui est acquis sans pointer ce qui ne l’est pas encore.

Depuis que ce blog existe, mon souci a toujours été de montrer combien la place des parents est déterminante dans la scolarité de leur enfant, que les enseignants ne peuvent faire abstraction de leur rôle. Il y a des élèves ET des parents , la relation qui s’établit dès le premier jour donne la base d’un engagement réciproque en faveur de l’enfant.

En tant que professionnel c’est à l’enseignant de mettre en œuvre ce rapprochement et de créer les meilleures conditions pour que la confiance opère. Celle-ci va permettre à l’enfant de se sentir sécurisé dans l’univers scolaire parce que ses parents vont lui faire sentir. En évoquant les besoins fondamentaux ,nous avons noté l’importance de la sécurité affective. Sans elle, l’élève ne peut réussir à poser son attention, à contrôler ses émotions et à développer le goût d’apprendre. Le carnet de suivi s’inscrit dans un cadre légal qui répond à l’obligation de rendre des comptes aux familles. Il est donc prioritairement un outil à destination des familles. Partant de cette nécéssité, la réflexion sur sa forme importe pour ce qu’il va donner à voir.

Les recherches montrent que le sentiment de pouvoir (capacité d’agir) se développe de meilleure façon chez l’enfant où l’entourage encourage, félicite. L’éducation bienveillante est progressivement entrée dans la sphère professionnelle et est maintenant inscrite dans les programmes « L'école maternelle est une école bienveillante, plus encore que les étapes ultérieures du parcours scolaire ».

La petite section est le lieu de tous les espoirs, de tous les potentiels et le regard porté sur l’enfant est lourd de promesses. Il apparaît essentiel ,dans ce contexte, de créer les conditions pour accompagner  cet élan et mettre en avant les progrès tangibles. La demande institutionnelle de valorisation des parcours le rappelle à chacun et c’est dans ce cadre qu’un carnet vierge ,qui se remplit au fil de la vie scolaire, m’apparaît le mieux répondre à cette éducation bienveillante. L’intérêt est qu’il ne permet pas de juger du rythme des acquisitions et ne crée pas de l’inquiétude familiale. Face à un carnet pré-rempli qui liste les compétences souvent traduites en items multiples, les parents peuvent être tentés de n’y voir que les creux et seront moins enclins à encourager sincèrement leur enfant. D’autres vont vouloir accélérer les processus d’apprentissage et donner ainsi à l’enfant le sentiment d’un manque de confiance envers l’école mais également envers lui qui ne peut apprendre assez vite au sein de la classe. Ces réactions sont classiques dans un contexte où la réussite scolaire prend une dimension prédictive de réussite sociale , il est donc primordial de ne pas alimenter les angoisses parentales et éviter les conséquences néfastes sur le futur scolaire.

Ce point de vue ne cherche pas à masquer les difficultés, celles-ci ne concernent qu’un tout petit nombre et ne justifient pas que le plus grand nombre ait à imaginer en avoir. Les difficultés ou stagnations demandent à être annoncées en entretien dans un rapport de proximité où toutes les questions des parents pourront recevoir une réponse. J’ai pu lire également un argument en faveur du carnet pré-rempli qui avance le gain de temps à la fois dans la préparation et le remplissage faits par l'enseignant . Cependant, comme je l’indiquais dans le précédent article, la multiplicité des items ne se justifie pas et l’observation aura une plus grande efficacité si elle se limite à des compétences ciblées. Ainsi, le carnet de suivi ne se lit pas comme un catalogue mais bien comme un récit personnel où apparaît de manière chronologique les progrès au fil des mois. De cette manière, le travail pratique s’en trouve réduit et ne constitue plus un obstacle.

J’ai bien conscience de prendre un parti qui ne sera pas partagé par tous mais je choisis ce qui va dans le sens du lien famille-école et qui atteste que l’école maternelle dès la petite section est bien une école où l’enseignant prend le temps d’observer chaque élève afin de l’aider à hausser son propre niveau de réussite. Je comprends que l'autre choix (carnet pré-rempli) soit préféré par certains et je ne les critique pas. Je cherche à interroger chacun sur le bien-fondé de leur choix et sur ce qui les incite à le faire, quel est le premier intérêt ?

Vos réactions et commentaires sont essentiels et me permettent de poursuivre notre long travail de « défrichage » autour de l’observation.

Le carnet de suivi et l'observation: carnet vierge ou carnet pré-rempli ?

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mamounette8304 15/04/2017 14:26

chaque fin de période le fais un bilan sous forme de tableau (domaines, compétences, photos) des ateliers autonomes ou pas que j'ai photographié car les enfants les ont réalisés effectivement.
ce tableau est collé dans le cahier de vie mais peut-être serait-il plus judicieux de le joindre au cahier de suivi pour l'illustrer sachant que les compétences sont validées?
bonne fêtes de pâques

lou 14/04/2017 15:58

Je ne sais pas si je suis la seule dans ce cas mais pour le moment je n'y vois pas plus clair.
Je ne vois pas comment mettre ce carnet en place.
L'application "je valide" peut sans doute aider si on y insère les observables publiés par le gouvernement.
Peut-être faut-il chaque période établir une page d'observables à valider avec l'application. Mais comment communiquer les compétences acquises aux parents sans avoir à créer un autre outil?
A moins qu'il faille fournir aux parents les observables validés?
Bref, je m'y perds. Je trouve ça dérangeant que chacun fasse sa cuisine dans son coin, sûrement qu'un outil commun ne serait pas approprié mais moi ça m'aurait sûrement convenu dans un premier temps.

Else 17/04/2017 19:46

Pour l'application Je valide, quand tu l'achètes, il y a déjà les compétences des programmes enregistrées. Ensuite c'est toi qui fais ton choix entre les compétences institutionnelles pré-enregistrées ou tes ateliers, si tu préfères.

chounette41 13/04/2017 21:20

pour moi carnet vierge, pages de couleur par domaines ...pour l'instant 1 par "année" PS/MS/GS ...choix des compétences par rapport au travail fait en classe (prévu par maîtresse) ou expérience "immédiate"/"spontanée" ... photo, commentaires, vignettes ...
problème de "ne pas point ce qui n'est pas acquis" = les collègues veulent "alerter" les parents au plus tôt .. + par exemple = connaître/nommer les couleurs en PS ...comment dire aux parents que c'est "indispensable". Lors d'un entretien une maman m'a dit que son fils connaissait toutes les couleurs et que le fait que je mentionne "peu de couleurs nommées" l'a étonnée ... cela peut faire réagir et engager la discussion .... ???

isa 14/04/2017 10:24

Comme je l'explique, lorsqu'il y a des difficultés, il n'est pas question de les taire mais pour moi, on ne peut laisser les parents face à un carnet qui indiquerait ces difficultés sans un accompagnement dans l'engagement d'un processus d'aide à envisager. Le carnet n'a pas en priorité cette fonction d'alerte, il a une fonction de valorisation pour changer notre façon de penser les apprentissages. On ne part pas des échecs, on part des réussites et des progrès parce que chacun en fait, même celui qui est en difficulté. L'aider c'est le valoriser dans ce qu'il est capable de faire afin de donner confiance à l'ensemble de la famille. Les constats d'échec (parfois bien trop précoces) démobilisent, dévalorisent l'enfant dans son ensemble et inquiètent parfois excessivement les parents. Ne pas connaitre ses couleurs indique que l'enfant n'entre ni dans l'abstraction, ni dans la mémorisation, le travail revient à l'enseignant et c'est à lui de mettre en oeuvre tout ce qui est en son pouvoir pour aider en ce sens si malgré son aide, l'enfant ne parvient toujours pas à mémoriser et que dans d'autres domaines cette défaillance est constatée alors on en parle parce qu'il y a peut-être une difficulté de langage. D'autre part, dorénavant, lorsque l'enseignant alerte les parents, il ne peut se contenter d'un constat, il doit proposer ce qu'il va mettre en oeuvre pour accompagner l'enfant. On ne laisse pas des parents face à la révélation des difficultés de leur enfant sans explication et sans projet construit pour lui.

Karine k 2 12/04/2017 18:43

Je suis depuis la parution de l article d Isa les échanges et je me permets d intervenir pour montrer notre évolution suite au carnet de suivi .
Nous avons élaboré d abord un "catalogue" pre-rempli d étiquettes avec les observables dans tous les domaines avec des intercalaires de couleurs , les attendus seulement pour les gs et la fiche de synthèse des acquis fin gs aussi car après de multiples réunions , nous n arrivions pas à créer ce qui était attendu dans les docs officiels même si nous savions q nous ne répondions pas aux attentes ministérielles . Ce n était pas facile de mettre en place un outil commun avec des pratiques très diverses dans l'équipe. Chacun avait ses idées et mettait derrière ce carnet une pratique différente . Comment trancher ??
Ce 1 er carnet est considéré comme un premier jet , à améliorer . Nous en sommes conscients et c était important de se lancer pour chercher une deuxième carnet plus en accord avec un carnet vierge plus individuel .

J'ai reçu les parents pour les éclairer et tous ont compris que les vignettes non cochées montraient aussi le chemin à parcourir .
Pas d inquiétude de leur part .

A l heure actuelle , nous avons créé cet outil donc nous le poursuivons en montrant désormais le parcours individuel de chaque El à l intérieur puisqu il s agit d un carnet relié ( facile de rajouter des pages avec la relieuse ) .
Personnellement , j ai axe sur 3 domaines en priorité que l illustre des progrès des El .
Comme je suis la progression d Isa je colle aussi les photos , les dictées à l'adulte en Activités physiques par ex pour la période 4.

C était pour montrer q un catalogue peut se transformer .
Aujourd'hui , il me semble propre à chaque El et à chaque enseignant . Il y a une base commune et chacun se l'approprie selon sa vision des apprentissages. Pour moi , c est cohérent dans l'équipe .

Le prochain travail sera de cibler en équipe des attendus prioritaires et de les observer sur les 3 années du cycle .

isa 14/04/2017 10:07

Tu décris bien le cheminement nécessaire et l'élaboration qui se remanie. ça me semble évident que la cohésion doit être recherchée même si les pratiques sont différentes. Plus l'outil sera simple et plus il sera facile de l'adapter à sa pratique.

isaS 12/04/2017 16:33

les planches pré-définies sont pour toute la maternelle. On a défini avant avec le collègue mais on laisse le temps aux enfants de valider quand ils sont prêts Ce n'est pas qu'elles ne sont pas acquises mais qu'elles restent à acquérir l'enfant n’étant pas prêt ne peut pas valider donc il validera quand il se sentira prêt A aucun moment, il n'y a eu dans ma classe des jugements de valeurs des comparaisons Alors peut être est-ce du aussi à la situation particulière de l'école mais tant que nous, on laisse le temps aux enfants, ils en se sentent pas en situation d'échec Et je vois quand l'enfant est prêt il va de lui même chercher son cahier. et quand il réussi quelque chose je prends son cahier et je colle avec lui

isa 12/04/2017 17:40

Ce n'est pas la relation enseignant-élève face à ces planches pré-définies, c'est plutôt la manière dont les parents lisent ces évaluations non remplies que j'évoque dans l'article.

christine G 12/04/2017 10:43

"la base pour construire un itinéraire commun ce sont les programmes " et je pense qu' on a mis la charrue avant les bœufs...on nous demande de PRODUIRE un cahier d'évaluation positive avant d'avoir ciblé en équipe nos objectifs communs. Institutionnellement on ne peut pas présenter un cahier avec des feuilles vierges c'est bien dommage.
les photos des réussites sont un bon moyen pour être positifs pourquoi ne pas mettre que ces photos avec aucun commentaire ? quelqu'un a t-il essayé???? en fin d'année ou en GS ?on pourrait alors répartir ces photos par domaine de compétences et voir ainsi comment cibler les compétences "manquantes"
enfin je pense que ce cahier quel qu’il soit doit être accompagné d'un entretien avec les familles, l'échange verbal est primordial et bienveillant

isa 14/04/2017 10:35

D'accord, je comprends, tu veux dire que l'inspecteur demandait à voir le carnet et que vous ne pouviez pas lui présenter un document vierge. Tout s'argumente et puis le carnet n'est pas totalement vierge, il a une couverture, il peut contenir les attendus par domaine... Je vous ai présenté les carnets qui étaient suggérés sur le site ministériel l'année dernière pour qu'on en discute et il y avait différentes formes dont le carnet vierge.

isa 14/04/2017 10:04

Je ne pense pas.

christine G 12/04/2017 18:40

notre inspecteur nous a demandé de lui présenter ce cahier de suivi pour approbation avant de pouvoir l imprimer et je ne me souviens plus bien mais il y avait aussi quelques précisions sur ce qu'il souhaitait y voir ... ce n'est pas ainsi partout??

isa 12/04/2017 16:20

A un moment donné, il faut se lancer . Créer un support pertinent du premier jet est une utopie, c'est pourquoi comme il est expliqué dans le document sonore sur les erreurs que Monique nous a proposé http://www.ecolepetitesection.com/2017/04/que-nous-apprennent-nos-erreurs-chez-monique.html, il est essentiel d'arrêter de penser qu'on doit toujours réussir dés le premier essai. Ce sont les erreurs qui font avancer et qui permettent d'aller vers le meilleur. Cette vision de "la bonne réponse" doit être remise en cause, et pour notre travail , acceptons de tâtonner ,de remanier, de tenter autre chose. C'est ce que je vous propose à travers ces réflexions. En ce qui concerne l'entretien ,c'est prévu par les textes.

isa 12/04/2017 16:11

Que veux-tu dire par "Institutionnellement on ne peut pas présenter un cahier avec des feuilles vierges c'est bien dommage." ?

Isa S 12/04/2017 08:06

Bonjour tout le monde,
Ca fait trois ans que nous fonctionnons comme celà et on est toujours à se poser des questions. Pour notre part c'est un cahier 17x22 , 90 pages avec des intercalaires faits à la main (très long à 27 ou qd des nouveaux arrivent régulièrement) où sont notés les domaines. A la fin de chaque domaine, il y a de notées les compétences de fin de maternelle.
Dans chaque domaine, illustré par un point de couleur sur l’intercalaire se trouvent des planches pré définis avec des vignettes à coller dessus (collés juste avant les compétences de fin de cycle) et au début du domaine, je colle soit les photos de puzzles que j'ai en classe (avec le système de brevet et de niveau de difficultés à valider ) soit des photos d'autres brevets (perles, découpage, écriture) mais aussi je colle ce que l'enfant peut réaliser à un instant T comme écrire son prénom ou colorier sans dépasser ou un collage de découpages réussis mais il arrive aussi que je leur demande quelque chose que je vais coller ou bien le mettre dans le cahier d'activités.
Certains enfants ont bien compris le système des cahiers vont le chercher quand ils le veulent pour valider un puzzle par ex ou quand ils cherchent quelquechose. Les autres, je prévois un temps de manipulation de cahier et au fur et à mesure de l'année, à leur rythme, ils vont chercher ce cahier.
Je le donne aux vacances ou à d'autres moments quand les parents le souhaitent ou quand l'enfant veut ou que je le décide.
Nous fonctionnons aussi avec des images que nous donnons quand l'enfant a réussi quelque chose pas forcement juste mais qu'il a réussi, qu'il a progressé. Ce qui nous manque c'est le temps!
j'espère que j'ai été assez clair.
Ce système suit l'enfant et l'enseignant suivant colle ses feuilles.

isa 12/04/2017 09:42

Les planches pré-définies dont tu parles présentent ce que les enfants ont réussi mais aussi montrent les compétences non acquises, c'est bien ça ? Si c'est oui, c'est ce qui me gêne dans ce type de cahier pour les raisons que j'explique dans l'article. D'autre part, tu constates que vous manquez de temps, ce qui semble indiquer qu'il serait bon d'examiner tout ce que vous mettez afin de faire le tri et de ne garder que ce qui vous semble prioritaire. Enfin, à quoi servent vos images "récompense" dans la mesure où le cahier est une forme de valorisation des réussites ? N'y a-t-il pas un risque de "dévalorisation" de l'outil carnet de suivi au profit d'un moyen qui , comme tu le décris, n'a pas vraiment un cadre clair aux yeux des enfants. N'est-ce pas une façon de dire aux enfants à travers ce gain que c'est l'enseignant qui décide qui mérite ou pas cette récompense sans savoir vraiment quels en sont les critères ? Je n'ai peut-être pas compris et je pense que tu pourras m'en dire un peu plus.

fanou 11/04/2017 22:11

le mien est vierge mais avec les attendus de fin de maternelle pour chaque domaine. J'y insère les réussites "provoquées" dans le cadre d'un apprentissage, les réussites inopinées, et les belles traces car les enfants aiment montrer le beau.

mamounette8304 11/04/2017 15:16

le carnet prérempli pour certains parents c'est rassurant car ils ont la liste des compétences attendues et donc une "meilleur éclairage" de ce que l'on fait en maternelle.Pour d'autres cela peut-être source d'angoisse (si leur enfant n'a pas atteint toutes les compétences) et vice et versa.
en pratique quelle gestion! cela prend beaucoup de temps (photos, écrits...) et beaucoup de papier et de photocopies.
Nous sommes en train de plancher sur un tout numérique sur clé USB mais est-ce que les parents regarderont?
j'attends la suite...merci

isa 11/04/2017 15:37

La liste des attendus est indiquée dans les bilans qu'on leur transmet en fin de période mais ils peuvent être ajoutés en introduction d'un carnet de suivi, cela n'est pas la même chose qu'une traduction en items. Tu as raison de dire que les réactions sont différentes et c'est bien de s'en préoccuper.

lou 11/04/2017 14:08

Nous avons choisi un carnet prérempli...
Par défaut évidemment, car persuadées de le nécessité de suivre les enfants et non de les faire courir après des cases à valider, mais complètement démunies face à la tache qui nous incombe.
Nous suivons le débat pressées d'apprendre....
Merci

isa 11/04/2017 15:29

Je comprends bien Lou, et j'ai eu l'occasion d'expliquer combien les enseignants se sont stressés à propos d'un carnet qui devait pourtant ( comme je l'ai compris) être simple.

lou 11/04/2017 15:03

Nous avons juste chercher à répondre dans la précipitation à la demande institutionnelle : nous avons un outil qui suit les élèves. Nous comptions avancer sur la question cette année pour proposer autre chose l'an prochain mais pour le moment, le temps nous a manqué. J'admire les collègues qui ont pris le temps de réfléchir et qui ont élaboré des outils qui leur conviennent. Nous n'avons pas su comment faire pour que l'outil suive les élèves sur le cycle, ni comment observer, ni comment et quoi valider, ni comment compléter le carnet avec l'enfant. Nous n'avons pas trouvé dans nos lectures de quoi satisfaire toutes ces contraintes et nous avons déjà tellement à faire au quotidien qu'il nous faudrait du temps prélevé à la classe et dédié à cette recherche.

isa 11/04/2017 14:28

Merci Lou d'apporter la représentation d'un autre choix. J'entends bien et je ne juge pas votre décision. C'est aussi cela la richesse des expériences. Je lis ton appréhension et je le redis, cela me semble normal. J'essaie juste de vous aider à y voir un peu plus clair en vous amenant dans cette réflexion, en creusant avec vous sur vos aspirations, vos motivations et l'intérêt des élèves et des familles. Certains aspects ont pu échapper à votre questionnement ainsi qu'au mien sûrement, j'apporte un point de vue derrière lequel il y a une philosophie du métier qui m'appartient et que je ne veux pas imposer. J'y ajoute des informations liées à des recherches récentes sur l'impact de la bienveillance sur les cerveaux en construction des jeunes enfants http://www.ecolepetitesection.com/2017/04/et-si-on-changeait-de-regard-sur-l-enfant-avec-catherine-guegen.html. Evidemment, un carnet pré-rempli n'est pas un outil malveillant, il représente un risque pour des familles donc des enfants dont je me préoccupe. Je ne doute pas de la bonne volonté d'aider les élèves avec un carnet pré-rempli, j'ouvre un angle de vue qui n'était peut-être pas visible.

Else 11/04/2017 12:01

Pour nous, nous avons opté au départ pour des cahiers de réussite avec étiquettes à coller. Les enfants les plus en réussite aimaient coller les étiquettes et remplir leur cahier... Ceux plus en difficulté, il fallait aller les chercher et c'était déjà plus compliqué de pouvoir valider, car c'était à un temps T, qui ne correspondait pas forcément au leur.
Cette année, j'ai investi dans une tablette numérique et j'ai acheté deux applications: Je valide et Photobook.
Avec je Valide, j'ai entré tous mes ateliers de manipulations (avec photo), les enfants ont un cahier qui reprend les mêmes ateliers, ils s'entraînent avec moi, puis sans moi, puis quand ils se sentent prêts ou que je vois qu'ils maîtrisent l'atelier, on valide sur le cahier et la tablette. Mes ateliers sont classés par ordre de difficulté (je me sers des étoiles de compétences, ou ceintures de compétences pour les plus grands). Cela permet de savoir où chacun en est par rapport aux attendus.
Avec Photobook, les enfants peuvent prendre leur propre photo de quelque chose dont ils sont fiers (constructions de lego, de kaplas, écriture d'un mot avec leurs alphas...) puis ils commentent et j'écris leur commentaire. Cela me semble plus correspondre au carnet de suivi, et cela ne demande pas vraiment de temps: pas de collage, pas de photos à imprimer... Par trimestre, j'envoie aux parents par mail, les deux livrets. Je pense imprimer en fin d'année pour qu'ils aient une trace papier. Mais ce sera peut-être en réflexion avec eux, s'ils le désirent.
Merci pour ce débat, Isa.

isa 11/04/2017 15:39

Merci Else de ces précisions et j'apprécie toutes ces possibilités selon qu'on s'adresse aux parents ou aux enfants.

Else 11/04/2017 15:17

Pour l'application Je valide, on peut choisir de ne mettre que les items réussis (les parents reçoivent un pdf, avec les ateliers validés avec un pouce vert), on peut faire aussi le choix de mettre tous les items. Pour ma part, j'ai choisi la première solution.
Pour Photobook, les photos sont datées et par ordre chronologique. Pour le deuxième trismestre, je n'ai mis que les nouvelles photos.
Cela est possible par le numérique. Effectivement, dans mon cahier qui sert d'outil à mes élèves, ils ont tous les ateliers par ordre de difficulté. Ils peuvent donc se projeter dans leurs apprentissages, en se disant "je fais ça et après je pourrais faire cet atelier". Ce cahier est pour les enfants et ils se l'approprient très bien, en choisissant ce qu'ils ont envie de travailler. Je rappelle que j'ai des GS, il est donc peut être plus facile pour eux de se projeter.

isa 11/04/2017 15:03

Toutes les versions sont possibles, ce qui est donné n'est que le résultat des progrès des enfants et pas ce qu'ils n'ont pas encore acquis. Dans le carnet vierge, il y a la possibilité de mettre en valeur un enfant qui aurait des difficultés et dont les petits progrès ne seraient pas pris en compte par les carnets pré-remplis ou bien les formats numériques ( que je ne connais pas, ceci dit).

isa 11/04/2017 14:57

Peux-tu me dire Else comment ce livret apparait pour les parents ? N'y-a-t-il que les pages remplies ou y-a-t-il des blancs ? Tu comprends bien que ce que je décris n'est pas le fond (les apprentissages )car les deux outils s'en préoccupent mais bien la forme qui est donnée à voir.

lou 11/04/2017 14:53

J'ai l'impression que la tablette peut être un outil formidable pour le suivi des élèves car on peut compléter instantanément le carnet...mais peut-être faut-il inventer quelque chose pour ceux qui voudraient travailler à partir d'un carnet vierge.

Béa 11/04/2017 12:58

C'est très chouette cette manière de faire !

Béa 11/04/2017 11:44

Moi aussi, je suis pour le carnet vierge, cependant c'est vrai que l'on aimerait ne pas oublier de compétences et qu'en ayant un carnet pré-rempli cela aide à ne pas en oublier... C'est très compliqué, de plus il vaut mieux être en accord avec ses collègues, c'est plus lisible pour les parents...

isa 11/04/2017 13:54

Il y a deux choses dans ce que tu dis: 1 notre travail d'enseignant qui a l'ambition d'aller le plus loin possible dans ce qu'il a à transmettre et à faire faire aux élèves et 2 un carnet de suivi à destination des familles qui recouvre l'ensemble de ce travail. Ce n'est pas la même chose. D'un côté, tu fais et de l'autre tu montres. On n'est peut être pas obligés de tout montrer, en revanche on doit chercher à faire le plus possible et c'est justement pour cela qu'il faut répartir son temps. Montrer c'est indispensable mais si on choisit de ne montrer que certains progrès, on se laisse du temps pour faire plus par ailleurs. Cette nuance est fondamentale. Quand je dis qu'il est mieux de choisir quelles compétences nous semblent prioritaires à mettre dans le carnet de suivi, je ne dis pas qu'il faut abandonner ou moins travailler le reste, bien au contraire. Je pars du principe de réalité qu'il est préférable de passer plus de temps à enseigner qu'à observer et évaluer.

Béa 11/04/2017 12:55

Ne pas oublier de compétences par rapport aux attendus de fin de cycle et à celles que l'on s'est fixées par niveau de classe dans le cycle 1. C'est vrai que j'aimerai que ce travail puisse être exhaustif et je suis entièrement d'accord avec toi que c'est complètement illusoire !! C'est, je pense, ce vers quoi l'on doit tendre, tout en sachant qu'on ne l'atteindra jamais...Quel travail frustrant !! Et en écho à Else, c'est très frustrant aussi de ne pouvoir amener tous les enfants au même niveau, en tout cas, j'aime beaucoup la manière dont elle gère le carnet de suivi, à l'aide de la tablette !!

isa 11/04/2017 11:53

Mais c'est bien le but de la réflexion, se mettre d'accord et avoir des arguments pour éclairer son point de vue. Ne pas oublier de compétences, c'est intéressant comme remarque. Ne pas oublier par rapport à quoi ? Notre travail doit-il être exhaustif ? Où situons-nous notre devoir d'enseignant ?N' y a -t-il pas dans ton objection un désir de tout observer, désir que je considère comme illusoire ?

Apilolo 11/04/2017 10:16

Bonjour à toutes et tous,

Ouf! ça fait du bien de lire cet article, merci Isa!

Dans mon école, nous sommes passées par toutes les phases:
- 2 années de "cahiers de réussites/progrès" avec des petites cartes à coller par les enfants dans des tableaux en correspondance "terme à terme" à chaque fois qu'ils réussissaient quelque chose (mais la compétence était définie au préalable, donc, pas de possibilité d'en créer de nouvelles, il fallait bien avoir anticipé ce à quoi s'attendre). Avantages: les enfants devenaient vite autonomes dans le collage des vignettes, voyaient quels progrès il leur restait à faire et c'était lisible par les familles. Inconvénients: les trop nombreux vides laissés dans certains cahiers qui montraient plus les échecs que les réussites ou bien les familles qui faisaient "travailler" les enfants pour que leur cahier se remplisse plus vite (ce qu'Isa a clairement évoqué).
La 1ère année, j'ai été seule à mettre en place ce cahier en complément du livret d'évaluation, la seconde année, sans le livret que l'on avait toutes abandonné (merci les programmes 2015!). Les parents préféraient largement le cahier de réussites.
- cette année, on a tout modifié au profit d'un "classeur des apprentissages" avec des feuilles de couleurs selon les domaines, des pages blanches à la fin pour les appréciations (2 par an en PS et MS, 3 en GS). Contrairement aux précédents cahiers de réussites qui n’étaient utilisés que pour un niveau, ces classeurs suivent l’enfant tout au long de son parcours en maternelle. On colle une étiquette pré-imprimée avec le domaine et la compétence, les photos, on écrit (sous la dictée de l’enfant), on ajoute un dessin, un découpage, bref, des "preuves" des réussites, toujours avec l'élève, mais là, nous nous sommes vite rendues compte que c'était bien moins gérable que les précédents cahiers: manipulation difficile du classeur, temps perdu à coller, dater, écrire... L'enfant était moins "acteur" dans son évaluation. De plus, certaines pages se remplissaient plus vite que d'autres (langage écrit/CPOSP/APhysiques).
Alors, en décembre, nous avons modifié la forme du classeur: plus de pages par domaines mais des progrès qui s'enchaînent au fur et à mesure. La simplicité avant tout!
L'an prochain, nous opterons pour un grand cahier à l'italienne formé de feuilles A4 sur lesquelles les progrès des enfants seront ajoutés dans l'ordre chronologique. Il y aura toujours les bilans à compléter et la page d'explication.
Ces nouveaux modes d'évaluation sont une recherche permanente, on nous a laissé "libres" de leur formes et de leur contenus, c'est très bien mais il n'a pas fallu compter nos heures de "brainstorming" ! Les parents ont très bien compris, semble-t-il, les évolutions de ces cahiers car ils ont perçu les grandes modifications qui s'opéraient en maternelle depuis 3 ans et nous font confiance. C'est déjà ça de gagné ! ;)

Apilolo 15/04/2017 15:48

Merci encore à toi, Isa. Oui, c'est ce qu'on va chercher à faire: unir les 2 carnets du mieux possible et pourquoi pas y piquer des idées si elles nous conviennent et font avancer le "schmilblick"...! ;)

isa 11/04/2017 14:12

Il est normal qu'il y ait beaucoup de doute et d'hésitation, c'est le dilemme de toute liberté de choix, chacun voudrait le meilleur et surtout ne pas se tromper aux yeux des autres. Si bien que lorsqu'on se sent non accompagné ou bien en manque de confiance, on a tendance à croire qu'ils font mieux que nous, on s'interroge sur ce qu'on a compris, on voit beaucoup de choses différentes et on se dit que ce n'est pas normal, qu' un seul outil mettrait tout le monde d'accord et nous déchargerait de la responsabilité de nos choix. Mais l'uniformité appauvrit et rend terne ( c'est pourquoi je suis si opposée à l'idée de l'uniforme à l'école !!!) La richesse est dans la diversité. C'est grâce à cette diversité qu'on ose imaginer d'autres possibles, qu'on devient créatif et que le métier progresse. Il ne peut rester immuable, il a besoin de se nourrir des expériences et des idées des autres. Avec cette liberté, on se sent à la fois plus fragile car il faut oser et en même temps on se sent plus fort parce que justement on a osé. L'émulation que tu décris dans votre aventure du carnet ne vous aurait jamais traversées si on vous avait donné un outil clé en main. A propos de ce que tu dis sur les différences de carnet entre écoles, ma position est que l'intérêt de l'enfant doit toujours être le premier choix, c'est à dire qu'un enfant qui change d'école sait bien qu'il ne va pas retrouver la même classe, la même maitresse, il ne retrouvera donc pas forcément les mêmes cahiers. Ce qui compte pour lui c'est d'abord qu'on reconnaisse ce qu'il a déjà acquis antérieurement et que son carnet de suivi d'avant soit valorisé mais d'autre part il a besoin de s'inscrire dans un groupe-classe et d'en faire partie donc il veut les mêmes outils que ses nouveaux camarades. C'est pourquoi je chercherais à "unir" les deux outils afin que son histoire scolaire se tienne et se poursuive.

Apilolo 11/04/2017 12:43

J'ai eu la chance d'avoir bénéficié d'une semaine de stage sur l'évaluation et les carnets de réussite en octobre 2015 avec une Inspectrice spécialisée maternelle et une CPC très dynamiques investies. Je suis revenue de là avec plein d'idées, de questions et d'envies, c'est ce qui a alimenté notre "marmite à fusion d'idées" à l'école.
Il faut dire qu'au début, cette liberté nous avait décontenancées, inquiétées, voire énervées car pas habituées à tant de marge dans la création d'outils (même si, la maternelle est un choix justement, grâce à de cette aisance dans la manière de mettre en oeuvre les programmes).
Moi, je pars du principe qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis et qu'avancer, c'est cheminer, s'égarer, s'arrêter, regarder avant d'atteindre son but (si on l'atteint un jour, d'ailleurs!). Le tout, c'est de trouver un outil cohérent, qui convienne au plus grand nombre (enseignants, enfants, familles de l'école) sur le moment et qui ait un sens. On progresse, on progresse !
Ta réponse, Isa m'a fait penser à une réflexion que nous avions eue: lorsqu'un enfant vient d'une autre école, il arrive avec SON outil d'évaluation qui ne correspond pas forcément au nôtre. On se demande encore si l'on continue l'outil jusqu'à la fin de l'année ou bien si l'on lui fabrique un classeur tout neuf... C'est plus cohérent pour notre fonctionnement mais quid de l'archivage de ces outils plus tard? La diversité des outils d'évaluation d'une école à l'autre, d'un département à l'autre, c'est aussi un point à prendre en compte, tout comme le dialogue avec l'ancien enseignant de l'élève.
Ce sera peut-être aussi, j'espère, un départ de réflexion pour améliorer encore notre outil...!
L'écueil avec cette liberté de création, je l'ai vu aussi cette année, lors d'une animation pédagogique sur l'évaluation positive; nous avions apporté notre outil et expliqué son évolution par rapport à celui de l'année d'avant. Même si la CPC était là pour faire émerger des idées, faire connaître tout ce qui se faisait sur la circo, on a entendu des "Ah ben, c'est pas comme ça qu'il faut faire, on n'a rien compris, on va faire comme telle école..." sans qu'il y ait de réelle appropriation des méthodes, de réflexion préalable. On a vu aussi arriver les cahiers tout prêts crées par des "éditeurs au grand cœur". On reste encore trop "infantilisés", pas assez dans ce rôle de "chercheur" dont tu parles si bien, Isa; et ça, c'est vraiment dommage. Manque de confiance en nous? Soumis à la hiérarchie? Pas assez de temps dégagé pour réfléchir ensemble? Allez savoir?

isa 11/04/2017 10:30

Ce que tu décris Apilolo est exactement une démarche de chercheur et je trouve vraiment passionnant que ce soit les personnes de terrain qui s'approprient celle-ci. Il y a tant d'intelligences parmi les enseignants qu'il est inconcevable de ne pas leur donner crédit de leur pouvoir de création. Et c'est chose faite avec ces nouveaux programmes, oui c'est beaucoup de temps en amont mais l'outil que chaque école va produire est autant de satisfaction et d'émulation pour aider chacun. Donc en tant que chercheurs ( ça aussi ça fait longtemps que je le dis ...), vous allez évidemment faire des erreurs et tirer les leçons de votre analyse de pratique, c'est d'ailleurs essentiel, ne pas croire que votre outil sera figé et terminé pour toutes les années à venir. Et ta remarque sur la confiance des parents démontre qu'ils sont capables de comprendre les remaniements dés lors qu'on communique bien avec eux.

Christine F. 11/04/2017 10:08

Merci beaucoup Isa pour cet argumentaire très clair auquel j'adhère complétement.
Nous avons choisi un classeur vierge mais avec les attendus de fin de cycle présentés en page de couverture de chaque grands domaines : il s'agit de rappeler aux parents que nous sommes une "école publique" dont les apprentissages sont guidés par un programme qui tend vers des "attendus de fin de cycle".
Cette première année d'expérimentation du classeur de progrès va nous amener, l'année prochaine, à différencier trois types d'étiquettes à coller au fur et à mesure des observations :
1) une base avec les incontournables issus des progressions d’école et valable sur les 3 années
2) les variables d’une année à l’autre car spécifiques à un projet donné
3) les réussites ou exploits individuels

Au-delà de l’argumentaire exposé par Isa précédemment, et concernant les cahiers pré-remplis j’ai une anecdote à raconter ici : l’école de quartier voisine de la nôtre a fait le choix d’un carnet présentant, sous forme de brevets à 3, 4 ou 5 paliers, toutes les compétences retenues. Ces carnets, dûment complétés par les enseignantes, ont été remis pour consultation aux parents après Noël. Quelle ne fut pas leur surprise de constater, au retour, que plusieurs familles, estimant que leur enfant avait atteint les compétences présentées, avaient coché et daté les cases en question au grand damne des maitresses. C’est un effet pervers auquel personne n’avait pensé et cela a été source de discussions compliquées avec certains parents !

isa 11/04/2017 14:35

* les rênes parce que les rennes c'est plus difficile :-))

isa 11/04/2017 10:19

Merci Christine. L'anecdote montre bien le décalage entre le temps d'observation nécessaire qui ne permet pas à un seul enseignant de tout observer et la volonté des parents de montrer ce que leur enfant sait faire. C'est bien normal et on pourrait considérer que c'est une volonté d'aider l'enseignant. Il y a donc là un hiatus sur le rôle de chacun comme je l'indiquais dans l'article. Pour ne pas jeter la confusion dans la tête des enfants et des parents, l'enseignant propose un outil clair dont lui et ses collègues tiennent les rennes de manière professionnelle.

mamounette8304 11/04/2017 09:26

nous sommes comme Céline.Quelle compétences à cibler!
Ne pas être redondant.Les collègues disent souvent mais telle ou telle compétence ne peut être évaluée
de la même façon en PS qu'en GS nous n'avons pas la même exigence!
alors que faire ?

Nat lillie 11/04/2017 09:06

C'est ce que nous faisons dans notre école;-)
cahier, réparti en domaines, tampon dateur, photo, dessin, ou decoupage, paroles de l'enfant entre guillemets & précisions de enseignant dans une autre couleur.
Bonne réflexion;-)

isa 11/04/2017 10:08

Peux-tu nous dire si cela te prend beaucoup de temps ?

Sylvie 11/04/2017 08:54

C'est aussi ce qui nous a été préconisé lors de mon dernier stage sur l'évaluation : un carnet à construire avec l'enfant,avec les traces de ses réussites au fur et à mesure que nous les constatons.
Merci Isa.

isa 11/04/2017 10:07

As-tu des infos à relayer sur ce qui t'a marqué dans ce stage et dont nous n'aurions pas parlé ?

Co.c 11/04/2017 08:54

Nous avons eu avant les vacances des échanges entre collègues et nous avons eu bien du mal à différencier le carnet de suivi du cahier de progrès ! Ton carnet vierge me fait plus penser à mon cahier de progrès actuel ....que c est compliqué ! On réfléchit justement à l'organisation de notre cahier de progrès....il faudrait donc se concentrer sur celui là ! C est un débat riche et complexe mais que c est intéressant !

isa 14/04/2017 10:03

Les compromis sont à chercher quand on veut qu'une équipe s'équilibre et que chacun s'y retrouve. Ce n'est pas parce qu'on est en minorité ou bien moins "considéré" parce qu'on a des petits qu'il faut accepter de s'effacer et de perdre son identité professionnelle. Je ne doute pas Co.c que vous allez avancer ensemble.

Co.c 12/04/2017 18:03

On n a pas la même façon de travailler! et notre cahier de suivi avec des items et des images leur convient mais c est vrai qu il est assez facile à valider pour les MS et GS.
Moi je me retrouve plus avec des photos mais cela demande du temps et de l organisation que je n ai pas toujours ! En fin d année on va faire un bilan de nos cahiers et voir si on peut s harmoniser !

isa 12/04/2017 09:43

*empêchait

isa 12/04/2017 09:27

voilà ce que j'appelle faire des choix ciblés, tu as fait un carnet de suivi sans le savoir. Qu'est-ce qui empêchaient tes collègues de reprendre ton idée ?

Co.c 11/04/2017 17:59

Mon cahier de progrès est une succession de photos des réussites de l enfant avec la date et parfois des annotations. Il est accès sur les compétences des domaines "explorer le monde" et "construire les premiers outils ...." J ai aussi une partie dédiée au langage oral toujours à partir de photos de l enfant en situation.
Je tâtonne encore pour la mise en forme et les réponses de chacun ici m aident à avancer!

isa 11/04/2017 17:51

Merci Sev, tu peux me l'envoyer dans le cadre d'outils à partager. Le petit bémol est son intitulé qui se confond avec l'objet institutionnalisé parce que si la forme reste à la liberté des enseignants, le nom lui est déterminé par l'administration.

Sev 11/04/2017 16:49

je l'appelle carnet de réussites; il peut donc avoir pLusieurs noms. C'est celui que j'envoie aux parents et je prépare avec Je valide. Je n'y mets que les réussites de l'enfant pour les raisons que tu évoques Isa plus haut.
Excuses moi Isa, je devais t'envoyer une photo de mon carnet de suivi; c'est un carnet de suivi des apprentissages où je note ce que j'ai présenté à l'enfant et il me permet de suivre ses aprentissages. Donc pour moi, ce carnet de suivi n'est pas destiné aux parents mais il me sert à voir où en est l'enfant.
Est ce que tu veux toujours des photos ?

isa 11/04/2017 09:47

Il me semble que le carnet de suivi doit être vu comme le moyen de donner des informations sur les progrès des enfants dans les compétences jugées prioritaires. A quoi ressemble ton cahier de progrès ? Oui c'est compliqué Co.c et c'est aussi pour ça que c'est passionnant. Vous réalisez qu'à la fois vous avez une grande liberté mais que celle-ci vous oblige à faire des choix et c'est un acte complexe que de devoir choisir tout en trouvant un consensus avec d'autres. Et pourtant la vie n'est faite que de choix, de décisions à prendre...

Céline M 11/04/2017 08:47

Sans hésitation le carnet vierge au départ qui se remplit petit à petit au fil des réussites.
Le plus difficile pour moi est de définir les compétences que je vais cibler. Pas évident de faire une sélection restreinte qui soit parlante pour l'enfant (donc des réussites précises). Ma sélection pour le moment est encore trop large. Combien de compétences observables dans tel ou tel domaine ? Quoi observer en motricité, en arts ... ? Peut-être pourrons nous y réfléchir ensemble.

isa 12/04/2017 09:25

La base pour construire un itinéraire commun est ce que nous indiquent les programmes, et je suis bien d'accord. D'ailleurs on le voit tout au long des préparations, chaque attendu peut se décliner de différentes manières et il n'y a rien de figé. Selon ce qu'on travaille, on a matière à remplir un carnet de suivi sans s'appuyer sur un outil pré-rempli. Cependant, ce carnet vierge n'empêche pas d'avoir des étiquettes préparées et qui seront collées au fur et à mesure.

Céline M 11/04/2017 20:42

Je suis bien d'accord Isa mais il est important d'avoir une base pour construire un itinéraire commun à tous nos petits loups de maternelle et pour que personne parmi les collègues ne soit perdu face au vide , à la page blanche. En parallèle à cet itinéraire commun on va construire un itinéraire singulier qui traduira les progrès d'un enfant mais juste les siens parce qu'ils sont significatifs pour lui. C'est là qu'interviendra la personnalisation et celle ci sera manuscrite et non sous forme d'étiquettes collées.

isa 11/04/2017 10:03

En effet Céline, nous avons encore matière à débat et nous pourrons nous pencher plus précisément sur ce qui nous semble prioritaire, sachant que contrairement au carnet pré-rempli, le carnet vierge ne représente pas un modèle et ne peut s'y substituer pour calquer un cadre pré-établi. C'est aussi ce qui les différencie, dans un cas, on pointe sans personnalisation réelle, dans l'autre, on s'adapte , on raconte un itinéraire singulier en s'attachant à des faits marquants pour cet enfant-là.

Launay 11/04/2017 08:20

J'adhère complètement. Merci de mettre des mots sur mes convictions. Vous m'aidez à argumenter.

isa 11/04/2017 10:06

Merci d'être là pour les lire et bon débat.