Les habiletés sociales à l'école chez Monique

Publié le par isa

Le fil rouge de cette année a été au coeur de nos préoccupations d'école les 2 années précédentes, notre projet d'école était consacré aux compétences psychosociales des enfants (...et aussi des adultes). La violence des enfants est très directement liée à l'acquisition ( ou pas!) de ces compétences.

Notre directrice avait réussi à se faire financer une formation avec l'Ireps des pays de la Loire et je dois dire qu'elle a été une révélation pour moi autant sur le plan professionnel que personnel.

Nous avons toutes radicalement changé notre façon de gérer la violence, la colère, les émotions de nos élèves et nous avons aussi changé notre façon de nous comporter entre nous dans les cas de tension.

Comme cela a été un travail d'école,(les Atsem, le périscolaire ont aussi participé), les retombées positives sur la gestion des tensions dans les classes et dans la cour ont été immédiates.

Pour les profs qui sont dans la région nantaise, cela peut être intéressant de connaitre cet organisme. Ils proposent aussi plein de ressources pour aider à la réflexion sur le sujet.

La façon dont l'adulte prend en compte les sentiments d'une autre personne est déterminante dans le désamorçage de tout conflit ou de toute violence, je pense sincèrement qu'il faut commencer à travailler sur ça en temps qu'enseignante.

Nous avons eu la chance que la mairie adhère à notre projet. Ainsi l'ensemble des ATSEM et les 2 animatrices périscolaire de l'école ont participé à notre action de formation.

Suite à cela, nous avons défini ensemble deux protocoles:

1) Dans toutes les classes et au périscolaire, nous avons toutes les mêmes affiches représentant les différentes émotions (joie, tristesse, colère, normal) et quand un enfant ne va pas bien (surtout en cas ce grosse colère) nous le prenons à part devant notre tableau et nous essayons (quand c'est possible) de lui faire exprimer ou au moins montrer le sentiment qui l'anime. Les différents pictogrammes ont bien sûr étaient présentés et discutés au début du processus. Ainsi, dans toutes les classes dans lesquelles il passera l'enfant pourra se référer au même tableau des émotions.

L'adulte verbalise explicitement son empathie pour l'enfant ...ce qui ne l'empêche pas ensuite de rappeler les règles de vie en communauté.

2) En cas de problème entre deux enfants (surtout en récréation, en classe il est parfois difficile de l'appliquer par manque de temps), même chose: tous les adultes réagissent de la même manière:

     - un enfant vient se plaindre, je l'écoute et je dis que je prends en compte sa demande

    - Je lui demande d'aller chercher l'enfant "agresseur" avec lequel il a un litige

    - Quand celui-ci est là, je dis au plaignant d'exprimer la raison de son désaccord à l'agresseur DIRECTEMENT (l'adulte n'est qu'un observateur) et de lui dire aussi quelle émotion il a ressenti pendant l'agression

    - L'agresseur dit aussi ce qu'il pense de la situation. Presque toujours, il reconnait les faits ou alors il y a explication de sa part aussi.

    - L'adulte demande comment clore le problème. A ce moment, en général, la pression est retombée des deux côtés, l'agresseur s'excuse ET le plaignant accepte explicitement les excuses.

L'idée, à terme, c'est que cette procédure soit "automatisée" par les enfants et qu'ils arrivent à l'appliquer même hors la présence de l'adulte.

 

Ainsi, dans tous les moments de l'école, les enfants savent exactement ce qu'il va se passer s'ils agressent ou sont agressés.

Bien sûr, il y a des situations qui ne s'arrangent pas si facilement mais nous avons constaté après quelques temps d'application qu'elles étaient de moins en moins nombreuses.

L'application stricte de ce protocole permet à  l'enfant d'anticiper ce qui va se passer pour lui et il nous semble qu'il réfléchit plus qu'il ne le faisait avant.

Je dois préciser que cette formation a aussi modifié notre façon d'être à l'extérieur de l'école. En faisant le bilan du projet en toute fin d'année, nous avons toutes exprimé le même ressenti: cette formation a aussi changé notre façon de percevoir et de traiter les problèmes inter-personnels dans notre vie privée !

Voilà , cela est extrêmement simple à mettre en oeuvre et les bénéfices se sont faits sentir très rapidement.

Il est dommage que je ne sois plus dans l'école cette année. Cela ne m'a pas donné la possibilité de voir les changements à plus long terme.

 

J'espère avoir été assez claire, sinon n'hésitez pas à me contacter.

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Publié dans agressivité, monique

Commenter cet article

Françoise 07/12/2017 11:07

Même question qu'Hélène, l'IFMAN propose souvent des stages très intéressants ... Merci d'avance.

Helene 02/12/2017 12:00

Ce stage a ete fait dans quel cadre ? Formation continue ? Qui a payé ? Fait par toute l'equipe ? Ça m'interesse...

Géraldine 30/11/2017 20:05

Ton exposé est très clair et très intéressant . Merci Monique ! Dans ton résumé, il y a de très nombreuses pistes à explorer (même cadre pour tout le monde, support visuel, gestion de la "crise")
Merci pour ton partage !

christine G 29/11/2017 13:49

sais tu quel prix cette formation c'est très intéressant et qui a financé?

Nathalie 29/11/2017 13:05

Je vous conseille un ouvrage qui peut compléter cette réflexion
Les mots sont des fenêtres ou parfois des murs
La lecture de ce livre a modifié ma façon de régler les conflits et à cela a apaisé les relations conflictuelles