Vos réponses face à la frustration: Module 4 Agressivité

Publié le par isa

Pour résumer vos listes des situations frustrantes, j’ai établi 4 catégories d’apprentissage auxquelles il me semble important de réfléchir :

 

  1. Apprendre à surmonter son propre sentiment d’injustice :
  • Face au partage des objets (ex :en nombre limité)
  • Face au partage des idées ( ex :c’est moi qui décide à quoi on joue)
  • Face au partage des tâches ( ex : rangement)
  • Face au partage de l’enseignant
  • Face au partage de l’espace (ex : place en regroupement)
  • Face au refus des adultes
  1. Apprendre à accepter l’échec :
  • Dans les activités d’apprentissage scolaires
  • Dans les jeux
  1. Apprendre à contrôler son émotion :
  • En réponse à une agression physique
  • En réponse à une agression verbale
  • En réponse à la destruction de sa réalisation
  1. Apprendre à attendre :
  • Différer son envie (ex : arrêter une activité qu’on apprécie)
  • Pendant une activité (ex : regroupement)
  • Son tour

 

Ces apprentissages sont de longue haleine et nous savons que les règles sociales ne s’acquièrent que lorsque les enfants y sont confrontés. Il n’y a pas un phénomène naturel qui voudrait que celles-ci soient intégrées sans intervention des adultes. Il y a un cadre structurant, une exemplarité et une autorité bienveillante pour accompagner les petits enfants sur le chemin de la socialisation.

Les adultes veillent à mettre en adéquation les situations d’apprentissages avec les capacités propres aux enfants afin de les soumettre progressivement à leurs difficultés. Il est important d’équilibrer et de proposer une frustration raisonnable, c’est à dire celle qui est supportable. Demander à des enfants de 3 ans de rester assis durant trente minutes dans un regroupement soumet la plupart d’entre eux à une situation complexe. C’est à l’adulte de connaître les limites et d’en tenir compte dans l’organisation de son enseignement. Plus l ‘écart entre ses exigences et les aptitudes de ses élèves est grand, plus il lui sera difficile de parvenir à des progrès satisfaisants. Seules l’observation et l’analyse lui permettent de connaître le niveau de stabilité à rechercher. Lorsqu’une situation de frustration engendre de manière systématique des réactions agressives, il est important de repenser la situation afin de juger si elle ne porte pas en elle la source de l’agressivité.

Après avoir examiné les causes des situations frustrantes, je vous propose de partager les réponses que vous y apportez.

 

Avez-vous des astuces, des méthodes d’apprentissage, des rituels qui permettent à vos élèves de construire des alternatives à l’agression et/ou à la colère face à la frustration ? (en partant des catégories citées en introduction)

Ce partage est essentiel pour étoffer les pratiques et permettre de renouveler sa manière d’agir dans des situations qui peuvent devenir très problématiques.

Je vous remercie de contribuer à enrichir nos échanges.  

 

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Publié dans agressivité

Commenter cet article

Carmel 21/01/2019 18:10

D'avance merci

portdafrique 07/03/2018 13:28

Merci pour ces verbalisations écrites, je vais les mémoriser et les réutiliser très vite pour enrichir nos réactions! Il faut se préparer pour savoir quoi dire au bon moment.

isa 07/03/2018 09:27

Pour l'apprentissage des émotions, en cas d'agression physique, mon intervention commençait toujours par "Tu dois être vraiment très en colère pour faire autant mal à X". L'enfant intègre progressivement sa réaction à son émotion. C'est lorsque les enfants vivent les émotions qu'il faut leur parler de celles-ci. Il y a bien-sûr toutes les activités avec les albums et les personnages, mais il est tellement important de mettre des mots sur ce qu'ils ressentent. "Tu es triste d'avoir perdu au jeu, c'est normal, tu vas apprendre à perdre sans pleurer et tu seras heureux de jouer même si tu perds". A l'enfant qui veut toujours attiré l'attention de la maitresse "Tu as peur que je t'oublie, que je ne te regarde plus mais ne sois pas inquiet, c'est mon travail de maitresse d'être là pour tous les élèves et de bien m'occuper de chacun, tu es mon élève et je m'occupe de toi, il faut aussi que je m'occupe bien de X,de Y, de Z..."

isa 07/03/2018 09:28

attirer*

portdafrique 04/03/2018 21:21

L'anticipation est importante. J'essaie de les préparer "Nous allons faire un jeu...Celui qui aura rempli les cases le premier aura gagné. Attention, il n'y aura qu'un seul gagnant. Si on ne gagne pas ce n'est pas grave, on va jouer plusieurs fois".
"X, on va en récréation, tu vas t'amuser avec le vélo rouge, mais quand je fais sonner la clochette, il faudra le prêter à quelqu'un d'autre... ...est-ce que tu as bien compris? OUI. Ok, je te fais confiance, va jouer maintenant et moi dans 5 min, je vais faire sonner la clochette? Tu as bien compris ce que tu dois faire. "

Pour certains sujets, exemple la place au regroupement, j'ai pris le parti de dire que cela n'a pas d'importance et d'essayer de recentrer le sujet sur ce que l'on fait maintenant. Je valorise la parole de l'enfant qui est prêt. En général, en quelques secondes, chacun a finalement trouvé sa place.

isa 07/03/2018 09:15

C,est tout à fait vrai que l'anticipation permet de préparer les élèves à gérer une situation qui pourrait être frustrante. Pour ma part, je leur demandais également de reformuler " maintenant que j''ai expliqué, dis ce que tu devras faire quand tu entendras le signal pour échanger les vélos" Evidemment, je faisais répéter celui ou ceux que j'avais déjà repérés et qui avaient des difficultés avec le partage. C'est absolument efficace de passer par la formulation, ça fait écho à l'expression "donner sa parole".

portdafrique 04/03/2018 21:13

Dans notre classe, nous avons des habitudes de résolution de problèmes des 4 catégories. Lorsque cela est possible (cela dépend de la situation et de l'élève), j'essaie de toujours réagir de la même manière, de poser les mêmes questions (cela la situation de manière individuelle, binôme ou plus collective). Les élèves adoptent par imitation le comportement adapté et leur compréhension des émotions s'améliore (empathie, coopération). Il faut recommencer chaque jour. De temps en temps, on revient sur un événement de la matinée et on verbalise en collectif pour dire ce qu'on doit faire et pourquoi. J'ai une classe PS-MS-GS, je pense que cela aide beaucoup pour faire partager des valeurs communes.

isa 07/03/2018 09:05

Je m'arrête sur un élément de ta réponse Portdafrique " Attendre une réaction de l'autre ou de l'adulte, le soulage...", je suis complètement d'accord avec toi. C'est à travers les réactions des autres et bien sur des adultes que l'enfant construit son système de valeurs. Sans réaction ou avec des réactions disproportionnées pour des petits faits, l'enfant ne sait pas établir une échelle de son agressivité. C'est pourquoi il est important comme tu le dis de se situer dans la répétition ainsi que dans la même mesure. Il faut éviter de se dire "C'est bon, ils ont sûrement tous compris, je ne réagis plus" Non l'enfant qui transgresse teste aussi la stabilité du cadre, et s'assure que les conséquences de ses actes produisent les mêmes effets. C'est ça se sentir contenu. Et c'est la même chose pour celui qui est victime, il se sent protégé, personne ne nie ce qui lui arrive. C'est pourquoi même si à la longue répéter est lassant, cela fait partie du métier, c'est une constante à accepter. Et c'est la seule voie pour finir par ne plus avoir à répéter....

portdafrique 07/03/2018 06:43

Effectivement c'est juste mon analyse...mais elle est appuyée, non pas par des images (en tout cas pas pour l'instant, c'est une idée ...), par la multiplicité des situations des 4 catégories qui se répètent quotidiennement.. Je dis simplement que la réponse a un problème rencontré par un enfant est plus facile à gérer pour tout le monde s'il a déjà vécu la situation précédemment. Utiliser les mêmes mots le rassure. Refaire par mimétisme le guide. Attendre une réaction de l'autre ou de l'adulte, le soulage...

edith 06/03/2018 13:00

ce que tu expliques m'intéresse beaucoup.
Est-ce que tu as un support visuel pour que les enfants se situent dans telle ou telle catégorie et apprennent à gérer les situations?
Est-ce que ce sont des règles collectives de la classe, ou est-ce que c'est tout simplement ton analyse des différents types de situations qui t'a amené aux 4 catégories.
J'ai aussi une classe mutli-âge et je trouve que cela aide drôlement à avoir un bon climat de classe, car les anciens sont des aides essentielles au groupe pour l'intégration de tels comportements
Merci de tes explications

portdafrique 06/03/2018 06:49

Je n’ai pas de réponse précise à cette question. Je vais essayer de donner quelques éléments, quelques pistes. C’est dans l’habitude des situations collectives que nous nous orientons vers une réponse générale. J’ajouterai que les certitudes énoncées ci-dessous sont sans cesse éclairées ou mise en doute par mes lectures, échanges et situations scolaires.
Disons que pour catégorie 1, on explique que le matériel est à l’école, à tout le monde, on doit en prendre soin, on doit attendre son tour (et c’est chacun son tour, cela signifie que le tour de chacun viendra). Et puis dans cette catégorie, il y a aussi la réponse « c’est comme ça » après explication/discussion pour arrêter l’événement.
Pour catégorie 2, c’est toujours plus compliqué. Il faut beaucoup de temps pour certains enfants. Je verbalise beaucoup. J’ai de l’empathie « je sais que c’est compliqué, mais il faut essayer, tu vas y arriver…tu y arrives de mieux en mieux… » et valorisation des productions. Mise en valeur de moments intéressants lors de jeux (pas seulement quand on gagne).
Pour catégorie 3, faire du mal, dire des choses méchantes, dessiner sur la feuille de l’autre, c’est interdit. On l’explique à chaque situation (individuel ou collectif). On est grand, on doit parler, on doit dire non, on n’est pas d’accord. Avec cette catégorie, il faut réparation (faire des excuses) mutuelle.
Pour catégorie 4, je rejoins ici la catégorie 1 ci-dessus. J’insiste sur le fait que tout le monde a le droit de jouer à une activité de la classe, que quand on s’arrête ce n’est que momentané, il y aura d’autres moments. Je rassure. Attendre au regroupement, c’est parce qu’on fait du travail de grand, c’est un moment spécial. Si on n’attend pas, on n’écoute pas, on n’ essaie pas de construire des phrases dans sa tête, on fait pas le travail de l’école pour apprendre à bien parler, bien lire et bien écrire.

K2 04/03/2018 21:44

Merci pour cette présentation Portdafrique . Peux tu nous dire les 4 catégories stp? Je suis intéressée pour reprendre avec ma
Classe ces explications construites et donc structurantes .
Merci

Karine k2 03/03/2018 20:39

Attends ma publication demain !!
Je parle des jeux q je propose .
Merci

Karine k2 01/03/2018 15:26

C est pour cela q ce débat amène une nouvelle observation en classe . En ce qui me concerne , il me permet de redéfinir l'org des activités autonomes en y insérant des temps de jeux à deux qui sont essentiels me semblent il . J avais enlevé ces temps de jeux à deux en périodes 1 et 2 mais elles manquaient à certains enfts et aussi elles n ont pas enlevées de frustration .
Donc je teste comme tu le précises et j ajuste en essayant de trouver une solution stable .
Évoquer avec la classe ce qui se passe permet aussi de trouver avec le groupe des solutions à essayer ensemble .
La valorisation des productions créatives ou de constructions permet d atténuér les frustrations . Par ex : chacun a droit à une photo par jour . C est un moyen d apaiser aussi . Je n ai plus la mascotte mais j'ai mon souvenir avec la photo.

Les photos sont visualisées le
Mercredi matin sur l'ordinateur .

Priskette 03/03/2018 20:27

Que sont tes jeux à deux? Des jeux de société?

isa 02/03/2018 14:17

C'est très profitable de donner comme tu le fais des petits détails de ton organisation, certains petits détails peuvent vous sembler anodins et pour les collègues ce sont des découvertes et de nouvelles idées. Tous les exemples sont donc intéressants !

Karine k2 01/03/2018 14:39

Je suis dans le même questionnement Isa.
J ai remarqué q les activités en un seul exemplaire ne gênèrent pas forcément de la frustration qd toutes les aires sont en place ce qui offre une grande variété . J ai mis aussi des jeux de construction en bac autonome et cela fonctionne bien .

La
Limite c est qd comme je l'avais formulé une nouveauté est présenté comme dans ma classe les formes à dessins montesossori. Bcp d El veulent le faire . Dififlce de gérer un seul enfant dans cet atelier ( plusieurs enft de peuvent prendre les gabarits et garder le même crayon de couleurs )et le nombre de papiers utilisés ( difficile de compter le nombre de feuille ). J ai voulu limiter mais pourquoi ? En fait . Il y avait Bcp de frustrations et du nom respect de la règle avec des feuilles prises en "cachette".
Les dessins étaient magnifiques !!

Cette situation est la
Même avec monopolisation de l'espace intra personnel où se trouve la mascotte .

Du coup solutions :
- se repérer dans la 1/2 journée avec av la récré et ap la récré : garder l'activité sur un temps précis en prenant repère sur la récréation ,
- exposer le travail pour valoriser les créations sur une étagère comme avec les formes à dessins ou les petites perforatrices pour éviter q l activité soit prise d assaut .

Pour palier au jeu en autonomie ou jeu à 2 avec du coup partage , en fin d apm j ai instaurer des jeux à deux où je suis disponible pour réguler et aider au choix du jeu et des pairs .

Suite à la réponse d Isa d avoir un geste proche pour apaiser l
Enft , mes El peuvent me dire q ils ont besoin de moi en me touchant l av bras ou la
Main . J'ai trouvé une idée sur internet : mettre sa main contre la sienne pour montrer q on l'a vu . Je faisait un signe de ma main mais poser la main sur la sienne permet cette prise en compte de l'autre .

isa 01/03/2018 15:10

Il est certain que le tâtonnement permet d'aller au delà des constats. On tente une organisation , on lui laisse le temps d'agir ( un jour ne suffit pas), et ensuite on tire les conclusions: mieux on garde, pire ou sans effet on abandonne. Bien sûr, il faut savoir à l'avance ce qu'on a le désir de changer, les choses doivent être précises. Ainsi quand tu parles de se toucher pour dire "J'ai besoin que tu m'aides" , on sait que tu veux stopper les "Maitresse, maitresse, maitresse" de l'exclusivité....C'est important d'identifier ce qu'on veut exactement changer. Et pour cela, faire la liste des "dérangements qui génèrent l'agressivité , les conflits, le mauvais sentiments".

Priskette 01/03/2018 13:29

Ma participation sera plus un questionnement qu'un partage d'astuces.
Dans mes ateliers sans adulte, je prépare toujours une barquette pour chaque enfant. Ai-je raison de proposer un fonctionnement qui évite des disputes ou dois-je les mettre davantage en situation de partage?
Je préfère proposer des situations avec une barquette pour plusieurs élèves lorsque je suis à côté d'eux et que je peux les aider à gérer les conflits.

isa 01/03/2018 14:02

Ta question est intéressante ,elle soulève le dilemme face auquel on se retrouve : autonomie ou dépendance et évitement des conflits. Je pense pour ma part que tu as raison de proposer une barquette par enfant si cette situation est une étape et a l'avenir d'évoluer vers le remplissage de sa barquette par les enfants puis le matériel à disposition et à partager. La situation que tu décris où les enfants sont "seuls" peut être source de conflits quand le cadre est trop flou. Tu mets un cadre, et ce cadre va progressivement s'assouplir en fonction de tes objectifs et du comportement des élèves. Tu vises la diminution des situations frustrantes en anticipant les risques ,c'est ce qu'il est préférable de faire. Les enfants ont besoin de se sentir contenus et rassurés par les positions des adultes qui imposent une autorité bienveillante. Le problème est quand la situation d'abord très structurée ne change pas, se fige et ne permet pas à l'enfant de gagner son indépendance. C'est pourquoi quand je dis que les organisations peuvent générer de l'agressivité et qu'il faut s'interroger lorsqu'on constate trop d'agressivité, c'est une façon de dire qu'un fonctionnement trop rigide comme trop flou doit être regardé avec attention.

Marie MB 27/02/2018 21:07

Je suis actuellement une formation Montessori sur la posture de l'adulte. Je vous fais part des réponses que j'ai pu entendre et comprendre, mais que je n'ai pas encore pu tester en classe. La constance au niveau du comportement de l'adulte, des rituels des activités, de l'environnement aident l'enfant à se sentir en sécurité et donc à agir de façon ordonnée. Le matériel est en un seul exemplaire, ce qui permet à l'enfant de s'exercer au partage, à l'attente, à l'inhibition. L'adulte accompagne chaque enfant pour lui montrer comment ranger le matériel une fois l'activité terminée, ce qui permet de s'exercer au rangement systématiquement. L'erreur n'est jamais pointée par l'adulte, mais l'adulte va tout mettre en oeuvre pour que l'enfant s'en aperçoive à un moment donné (à force de répétition et de lenteur du geste, l'enfant voit qu'il ne fait pas comme l'adulte ou le matériel permet à l'enfant de se rendre compte de son erreur). Le fait de se rendre compte par soi-même de son erreur est beaucoup plus facile à accepter, et permet d'ajuster plus facilement son comportement/geste/action et donc de progresser. Le respect de l'enfant va aussi dans le respect de son activité; donc laisser un enfant terminer une activité. Cela induit une responsabilité de l'adulte dans l'observation de l'enfant pour qu'il ne commence pas une activité trop longue avant une sortie. Si cela est possible, laisser un adulte dans la classe pendant que certains terminent leur activité. Tout cela peut contribuer à diminuer les moments de frustrations chez l'enfant qui peuvent très nombreux.

isa 01/03/2018 14:15

Depuis ton commentaire, je me demande si la réponse "matériel en un seul exemplaire" est génératrice de frustration donc risque d'agressivité ou bien si c'est l'expérience la plus propice à retenir l'agressivité. Je n'arrive pas à trancher. Il me semble que le conflit provient plus de la pauvreté du matériel plutôt que de sa diversité(pauvreté voulant dire peu en nombre). C'est pourquoi dans une classe type montessori, les enfants ont tellement de choix d'activités que si l'une n'est pas disponible, ils peuvent toujours trouver un intérêt avec une autre. Mais quand il y a 4 ballons et 2 cerceaux dans une cour de récréation, la diversité n'est pas suffisante pour calmer la frustration. Qu'en pensez-vous ?

Karine k2 27/02/2018 21:13

Merci marie . C est intéressant à relire .

Daomich 27/02/2018 14:12

Un exemple qui me questionne ...
X ne supporte pas que je lui dise non
Il se jette par terre immédiatement et se met à pleurer en hurlant
Pendant un court instant je le laisse manifester sa grande douleur
Puis j interviens en lui caressant les cheveux avec des paroles douces comme est ce que ca y est .. Tu vas mieux... Il reviens à lui même plus ou moins vite..
Un ou deux jours avant la sortie en regroupement petite discussion autour des problèmes rencontrés dans la cours
Son tour arrive pour s exprimer... Et j entends : moi je suis différent...
Je suis restée interloquée par cette reponse car X apparaît à cause de ses crises comme plutot encore bébé
On a travaillé du mieux qu'on a pu sur la différence selon les propositions d Isa.
Voilà je suis incapable d aller plus loin dans ma réflexion pour aider ce genre d enfant très difficile puisque les crises de frustration sont nombreuses ...
Ç est aussi un enfant qui est incapable de respecter les règles ( mêmes celles qui gèrent sa sécurité..par exemple descendre du toboggan sans se mettre en danger, ou celles des autres ... Par exemple pousser un enfant alors Qu il est en haut du toboggan...)

isa 27/02/2018 15:44

Il y a comme un sentiment de toute puissance qui montre qu'en se sentant différent, il s'exclut du cadre régi par les règles. Le travail est peut-être de l'aider à accéder à un sentiment d'appartenance .Le risque des enfants qui ne contrôlent pas leurs émotions et leur désir de toute puissance est le rejet des autres. C'est alors un cercle vicieux, plus ils se sentent en décalage, plus ils suscitent le rejet et plus ils s'éloignent des autres, se regroupant parfois entre enfants rejetés et alimentant leur "différence". Le rôle de l'adulte est de garder le contact ( comme tu le fais en étant douce et attentive, ce n'est pas tous les jours facile), de combattre à l'intérieur de soi tout ce qui pousse à entrer dans l'opposition avec ces enfants, mais également de rester suffisamment ferme sur les exigences. Ensuite, comme je l'exprime dans l'article, il faut aussi interroger ses pratiques et se demander si certaines frustrations ne sont pas induites par l'organisation.