Quel est ce pays ?

Publié le par isa

Une année à disserter sur le blog sur l’éducation afin de prévenir la violence chez l’enfant, une année à défendre la tolérance, le respect, la confiance en soi , en les autres, en la vie , une année à se dire que c’est possible si chacun prend son rôle de modèle et d’éducateur à cœur, et voilà que depuis des semaines, la violence est là sur tous les écrans, dans les magazines, dans les journaux, dans la rue: la violence banalisée, la violence autorisée, la violence justifiée, la violence excusée

C’en est trop !

 

Quel est ce pays où les enfants sont soumis à des scènes de bagarre, la vraie pas celle qu’on fait pour s’amuser entre copains, pour se mesurer, pour se jauger, pour prendre ses marques, pour apprendre à se contrôler, à contrôler ses coups, non celle qui veut faire mal, qui veut faire souffrir, humilier, blesser, détruire, celle qui peut tuer ?

 

Quel est ce pays où les adultes sont lâches et choisissent de fermer les yeux face à ces furies,  ceux-là même qui ne supportent pas que leur petit reçoive un coup en récréation ?

 

Quel est ce pays où la menace est devenue l’arme du silence, si tu ne penses pas comme nous, attention à ton corps ?

 

Quel est ce pays où la sauvagerie est devenue un spectacle ?

 

Quel est ce pays où les enfants vont comprendre que la loi du plus fort est la loi des poings ?

C’en est trop !

 

Le manque de courage de tous les adultes qui regardent en désapprouvant mais qui ne disent rien me fait frémir. Quel modèle est donné aux enfants ?

Il y a ceux qui se comportent comme des furieux et puis il y a ceux qui observent sans réagir, ne sont –ils pas tous coupables ?

 

Chaque voix qui s’élève pour dénoncer sans restriction la violence protège les enfants.

A-t-on analysé ces manifestations du point de vue des petits et des effets que celles-ci ont sur leur vie intérieure ?

Sommes-nous prêts à abandonner notre détermination à les éduquer et à les protéger ?

Moi NON et je dis STOP aux violences, ne les cautionnons pas en nous taisant !

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sylvie h 22/01/2019 01:23

Mon commentaire est bien confus. Tout cela pour dire que ce problème de PLACE se pose dans de nombreux endroits de la société. Comment répondre à ceux qui protestent car ils ont l'impression de ne plus avoir de Place ? Je suis vraiment d'accord pour dire Non à la Violence , mais de quelle Violence parle t'on? Parlons nous des conséquences de la Violence qui entraînent la Violence ( que je condamne ) ou des Causes de cette Violence? Ouhlala je ne suis vraiment pas très claire. Sur ce, bonne nuit.
Je t'embrasse Isa, ça fait un moment que je n'étais pas passée sur le blog.

christine G 23/01/2019 10:31

que faisons nous ? je viens de relire ton année passée sur "l'agressivité" on a besoin de relire encore et encore pour s'imprégner et trouver le courage d'appliquer encore et encore! Monique nous parlait de son stage sur les habiletés sociales avec L'IREPS il faut que je peaufine encore, que je liste les compétences à travailler de façon plus systématique pour l'ensemble de l'équipe.
http://www.ecolepetitesection.com/2017/11/les-habiletes-sociales-a-l-ecole-chez-monique.html

isa 22/01/2019 14:30

Je parlais de la violence directe, celle des corps. Nous le savons, il existe une violence indirecte et je comprends bien ce que tu veux dire Sylvie, c'est souvent celle-ci qui permet de justifier l'autre et c'est cela qui n'est pas acceptable de mon point de vue. Action et réaction sont les fils de cette trame sans fin. Le temps est de savoir quels enfants nous voulons donner à notre monde. En refusant d'affronter notre responsabilité dans notre destin individuel et dans le destin collectif, nous cherchons des boucs émissaires à haïr qui "valident" le droit à l'agressivité et nous offrons à nos enfants le spectacle d'une violence "autorisée" à l'opposé des règles d'éducation que nous tentons vaillamment de leur inculquer. Où est la cohérence ? Quel trouble voulons-nous immiscer dans leur esprit ? Que peuvent-ils comprendre à ces contradictions ? Où voulons-nous aller ? Ce n'est pas le fond des choses que je déplore, c'est la forme brutale et destructrice qui se met au service d'une haine disproportionnée. Que faisons-nous, chacun d'entre nous, pour notre pays ?

sylvie h 22/01/2019 01:15

Attristée de sentir que ce en quoi je croyais, s'écroule peu à peu. Je prends l'exemple tout bête du Collège. Ma fille aînée y est allée sans que je me pose la moindre question, la deuxième, je voyais déjà beaucoup de ses camarades aller dans le privé mais ma fille étant très à l'aise, je n'étais pas trop inquiète. pour ma troisième, je constate que les 3/'4 de sa classe de CM2 est partie en Privé. Elle est en sixième dans le collège de son secteur et quelle dégradation je constate: les origines sociales sont de moins en moins mixées, j'en viens à parfois regretter tout en me disant que c'est la Vraie vie que de partager, connaître d'autres milieux que le sien....Où est passé la mixité.....dans tous les pans de notre société? Alors, oui une fois encore, tu viens me déranger, me titiller. Qu'est ce que je fais, comment je réagis, qu'est ce que je pense de cette Violence devant laquelle je me trouve abasourdie? où sont passés les lieux où l'on pense? Pourquoi dans la salle des maîtres des années 80 dans l'école dans laquelle j'ai débuté il y avait des débats politiques, culturels, des rencontres et des échanges, de la curiosité pour l'Autre. je ne vais pas faire ma Grand--Mère aigrie mais j'ai tout simplement l'impression que tout est fait pour que l'on FONCTIONNE ( fonctionnaire...) et non pour que l'on PENSE. Adieu les formations présentielles, Bonjour les APC sur le temps du midi ( difficile de partager un moment avec les collègues dans ces conditions). Quand j'ai commencé mon Métier d'Instit, j'avais du temps libre, de la respiration...Aujourd'hui pour les raisons évoquées plus haut, aussi depuis l'existence d'internet, je fais des photos, je cherche des images, des idées, des pistes sur internet, je fais des montages....et j'aime cela....mais je dois dire que j'ai souvent la tête dans le guidon...Que je regrette le samedi Matin d'avant durant lequel on prenait le petit déj mais aussi on se RENCONTRAIT, on échangeait et cela nous permettait de créer ensemble....sans courir. Que ce temps est loin! Il me paraît impossible de l'imaginer à l'heure actuelle.

sylvie h 22/01/2019 00:55

Isa, tes fils rouges m'ont toujours beaucoup enrichis!!! Cette parole , cette possibilité d'exprimer une REFLEXION, se voir contredire, devoir argumenter, avancer, reculer, être bousculée ( mais par la PENSEE), la voilà la démocratie. Mais quelle est la condition? Ouvrir le dialogue dans un cadre bienveillant et sentir que dans cet lieu, on a une PLACE. N'est ce pas le problème que beaucoup rencontrent à l'heure actuelle? Avoir une place, avoir un métier , avoir une Ecole , un Collège, un Lycée digne de ce nom; je suis ATTERREE par cette société qui se scinde en 2 d'une façon très marquée.

ValP 20/01/2019 11:21

oui merci Isa. Je me faisais les mêmes réflexions, où va t-on, que veut on, quel exemple sommes nous pour les enfants... Je pensais à mes petits élèves mais aussi à mes propres enfants, dans l'adolescence et à l'aube de la vie étudiante. Nous expliquons en classe qu'on ne règle pas ses problèmes par la violence. Qu'entendent ils chez eux, que voient ils à la télé, dans les rues... oui effectivement j'ai beaucoup de questionnements. stop aux violences oui je suis bien d'accord..

christine G 20/01/2019 11:05

allo ya quelqu'un ??? il n y a pas que dans mon école que la parole se tarit.... triste

Karine K2 23/01/2019 18:10

Christine .
J ai suivi attentivement le fil rouge de l’an dernier et le livre sélectionné est très approprié .
Je le trouve si riche et facile d accès .
Ce sujet me concerne car j y suis confrontée .
Dans la cour de récréation , mes El ont un espace au sol ( grand tapis de gym ) pour les JEUX de bagarre . Les parents ont bien compris . Les El de ma classe ont intégré les règles , filles et garçons s y retrouvent .
La violence est svt la réponse première . J apprends à mes El q la colère et la peur sont svt très liées.
Je trouve des effets positifs du travail sur les émotions mais q chacun doit faire attention à l’autre et pas seulement verbaliser ses émotions .

isa 23/01/2019 11:44

Oui Christine, nous le faisons depuis toujours, il y a des périodes qui s'y prêtent encore plus et qui donnent du sens à l'affirmation de la non-violence, en débattre avec ses élèves dans ces moments là est sûrement d'une importance capitale. Que chacun puisse exprimer ce qu'il ressent et comment il comprend les évènements est primordial à mes yeux, les habiletés sociales se gagnent sur des terrains parfois chaotiques. Les notions de colère, de frustration trouvent écho dans la période actuelle, mais aussi l'importance de savoir les exprimer en dehors de la violence peut être débattue y compris avec des enfants jeunes.

christine G 23/01/2019 10:15

non a la violence !! on est d'accord , tu as raison notre avis sur le mouvement n'apporte rien au débat ..comment l'exprimer? ..mon mal être face à cette période terrible pour nos élèves est que pour moi le silence de nos pairs autour de ce mouvement est aussi une forme de violence, nous laissons nos élèves seuls face à cette actualité qui nous envahit ou qu'ils vivent à la maison...tous les jours je "scande "presque dans la cour que j'aime la paix. Comment aider son pays ? en ouvrant le dialogue dans nos écoles et en aidant nos élèves à vivre heureux ensemble au quotidien ..nous le faisons depuis toujours ..peut-être ,comme on nous impose des exercices "intrusion" ou autre, doit on systématiser des exercices "paix", "bien être"

isa 20/01/2019 11:37

C'est normal, il y a sur les réseaux sociaux des réactions haineuses qui poussent les personnes à se protéger et à ne pas donner leur avis sur le mouvement actuel. As-tu vu que j'avais proposé un livre pour parler de la violence avec les enfants ? Je l'ai fait en réponse à ta question http://www.ecolepetitesection.com/2019/01/un-livre-pour-parler-de-la-violence-avec-ses-eleves-ou-enfants.html
J'ai choisi de parler de l'angle violent de cette "révolution" et des questions qu'il pose en terme d'éducation, mon avis sur le mouvement n'est pas intéressant. Mais chacun peut décider de cautionner ou non le recours à la violence dans cette situation. Pour ma part, je donne mon positionnement qui est NON à la violence quelque soit la cause et je dis Affirmez vous.

christine G 15/01/2019 19:55

oui cette même confusion intérieure m'habite, nous n'en parlons même pas avec nos élèves car que dire .. faut il en parler comment?? et ces cahiers de doléances dans les mairies pourquoi ne pas les investir??? On veut débattre ...mais dans les équipes la parole semble se tarir, qui sont ces gilets jaunes vous ? moi?

edith 15/01/2019 12:32

Merci. Bravo.
Il nous faut des textes comme ça. Des engagements. Des refus. Et de la clairvoyance.