aparté souvenir: mes débuts

Publié le par isa

Le livre du blog pour prolonger nos échanges


Maintenant que nous nous connaissons un peu plus, je peux vous raconter à quoi mes débuts ont ressemblé, cela aidera peut -être certains.

"Cela faisait un an que j'avais quitté l'école normale ( l'IUFM d'hier), je venais d'être nommée dans une classe de perfectionnement ( la CLIS d'hier), vous pouvez constater qu'à l'époque déjà , les jeunes étaient sur les classes les plus difficiles sans aucune qualification et sans aucune aide ( pas de conseiller pédagogique pour nous aider à affronter ce type de difficulté).
La classe comptait 15 élèves, peu me direz- vous, sauf que c'était un mélange détonant et qu'il ne fallait surtout pas agiter.
Je sortais d'une école normale ,qui a l'époque, avait un statut expérimental . Nous avions été bercés dans les pédagogies innovantes et pour certaines complètement utopiques. Je ne le regrette pas car cela m'a certainement aidée à être créative et toujours un peu en décalage. Mais la sortie fut brutale, nous nous retrouvions face à la réalité et il y avait un fossé entre ce que nous pensions pouvoir faire et ce que nous pouvions faire en réalité.
J'avais face à moi des élèves de différents âges, de différents niveaux selon les matières, ayant presque tous des comportements perturbés.
Comme à mon habitude, je me lançais dans le travail à coeur perdu mais invariablement 10 minutes (ou plus selon les jours) après être rentrés en classe, la folie s'emparait de la classe et je tenais à peine ma place. Au fil des jours, mon moral faiblissait, d'autant que je travaillais de plus en plus tard jusqu'à minuit, me disant que plus ma classe serait préparée, réfléchie mieux ce serait. Je ne voyais même plus que la plupart des élèves commençait à me respecter, car il en restait un , un seul qui me résistait et qui prenait l'ascendant sur moi, allant jusqu'à marcher sur les tables lorsque j'avais le dos tourné.
Epuisée par une lutte de chaque minute, un midi ,rentrant chez moi, je décidais de ne pas y retourner. Je ne voulais plus entendre parler d'enfants, je voulais être secrétaire, seule derrière un bureau et tranquille....... J'allais donner ma démission, quitter l'enseignement que j'avais pourtant si ardemment souhaité, je me résignais à reconnaître que j'étais en échec.
Ma famille et mon médecin ne m'ont pas laissée faire:" L'enseignement a besoin de gens comme vous" m'a dit le médecin si prévenant " faites les démarches pour changer de classe, vous n'êtes pas formée pour ce type d'élèves". Il avait raison, l'administration m'avait mise dans une situation d'impasse, je n'étais pas spécialisée et de surcroît débutante. 
On m'a changée de classe . 
Je sais maintenant que cet échec m'a aidée à me construire."


Je vous raconte mon histoire car c'est à peu près à cette époque de l'année que j'ai failli démissionner, il y a sûrement aujourd'hui des enseignants en difficulté qui souffrent , il faut se faire aider, ou au moins en parler, le regard des autres nous aide à prendre du recul.

Publié dans aparté

Commenter cet article

véronique 06/04/2013 08:56


En fait, beaucoup de choses sont non-dites et le fonctionnement a été instauré ainsi. Je réfléchis... Une ATSEM était absente ce vendredi et j'ai pu surveiller ce moment de sieste. Nous étions
dans la douceur et au calme. Oui, ce moment de proximité et d'accompagnement me semble important. Oui, je veux bien prendre un groupe, mais pas toujours au détriment de la section des petits et
du réveil échelonné. Donc, je te remercie et cherche ...

isa 06/04/2013 10:54



je ne sais si tu as lu mon article sur la sieste ICI, je vais dans ton
sens et j'ai toujours défendu l'idée que l'enseignant avait sa place à l'endormissement des petits, ensuite ce moment ne dure pas 1h30, mais seulement une trentaine de minutes, ce qui veut dire
qu'ensuite il a du temps pour participer à la prise en charge de groupes ( voir ICI remédiation langage GS que j'ai pratiqué dans mon école ou encore ateliers artistiques ICI)



véronique 01/04/2013 19:40


Bonsoir.


 J'aime venir sur ton site. Je prends une bouffée de partage....Je te soumets aujourd'hui le fonctionnement de l'école pour la maîtresse de section de petits:j'arrive cette année dans
l'école...La pause méridienne est de 11h30 à 13h20. Les petits partent manger à 11h20, puis vont à la sieste à 12h45...Il n'y a pas de présence de l'enseignante. La maîtresse de la section de
petits assure le temps de repos de la section des moyens de 13h30 à 14h00 sur des couvertures .Puis, décloissonnement de 14h00à 14h30 avec parfois 15 grands ou 10 moyens en graphisme,
écriture...Puis je récupère pratiquement tous les enfants de la classe de petits à 14h30. Il reste parfois 5 enfants qui dorment...J'ai eu l'impression "d'être utilisée" sans être concertée sur
le fonctionnement. Je me dis que je vais prendre mon courage et "oser" dire que pour moi, un décloissonnement, n'est pas" je donne des enfants pour avoir un confort dans ma classe avec un petit
groupe d'élèves restant".J'ai l'impression parfois et même souvent de ne plus avoir d'énergie en fin de journée. J'ai eu en fin de compte un roulement de 60 élèves sur la journée...Sans avoir un
petit temps calme et douxl avec le groupe de petits qui est relativement élevé au réveil. Ma demande de remise en cause du fonctionnement te semble-t-elle légitime?


Merci par avance d'accorder du temps .


Véeonique

isa 01/04/2013 19:55



est-ce que je peux te poser quelques questions:


les moyens que tu surveilles pendant le repos sur les couvertures n'ont pas leur enseignante disponible à ce moment là ? Que fait-elle ?


as-tu pensé à une autre organisation ? Ce que je veux pointer , c'est quand on exprime son opposition à un fonctionnement et c'est légitime puisque c'est ce que tu ressens, il est
préférable de donner son argumentation accompagnée de ses propositions, la critique est mieux acceptée dés lors qu'elle est constructive. Sur le mode reproche, ça ne fonctionne jamais, ça crée
des conflits qui seront préjudiciables à l'équipe, par contre, donner du sens à ce qu'on fait mais aussi exprimer l'inconfort dans lequel on se sent est absolument nécessaire. 


tu te sens utilisée sans vraiment te sentir utile , est-ce bien ça ?


tu as le sentiment que tes collègues soufflent quand tu prends leurs élèves alors que toi tu n'as pas vraiment eu le temps de souffler, est- ce bien ça ?


questions:


comment te sentir utile en te sentant concernée et actrice de ton travail ?


comment faire pour que l'équipe profite au mieux de la sieste des petits pour offrir de meilleures conditions de travail aux élèves plus grands ?


enfin pour répondre à ta question, c'est toujours légitime de vouloir changer une situation qui ne convient pas, c'est même indispensable.









reinette 09/11/2012 13:55


Tout à fait d'accord avec toi Isa. Le travail en équipe est à mon sens la clé pour faire évoluer les pédagogies. J'espère que dans "refondons l'école" on va nous laisser plus de temps pour cela.
J'ai la chance de travailler dans une équipe où nous préparons tous ensemble les périodes. Quel bonheur d'changer, communiquer, s'aider à avancer. Trop d'enseignants se réfugient derrière "la
liberté pédagogique" pour fuir le travail en équipe alors que c'est sans doute un des moyens pour faire avancer les choses et aider au mieux nos élèves afin de porter un regard pluriel sur eux,
leurs difficultés mais aussi leurs réussites. car le sens de notre travail est avant tout ici : nos élèves et les futures personnes qu'ils vont devenir. Et l'équipe nous aide à avancer, peut nous
soutenir, nous enrichir. L'idéal serait de pouvoir avoir du temps pour aller observer les pratiques de nos collègues, sans jugement mais juste pour s'apporter les uns les autres. Mais encore
beaucoup d'enseignants ne sont pas prêtes à ouvrir leur porte, ni aux collègues, ni aux parents et c'est vraiment dommage.

isa 09/11/2012 16:59



ah si nous savions flouter les visages sur une vidéo, nous pourrions déjà sur ce blog proposer des séances filmées et ainsi rentrer un peu plus dans les classes de celles et ceux qui
accepteraient ce partage. Nous avons maintenant les photos et c'est déjà un grand pas car ce n'est pas simple de montrer sa classe , d'ouvrir sa porte. Mais ça vient, je reste optimiste, peu à
peu l'échange de pratiques sonnera comme une évidence.



Reinette 08/11/2012 23:11


Bonsoir Isa. En me baladant sur ton blog j'ai vu ce message qui m'évoque une année très difficile il y a six ans où après 7 ans en maternelle je suis arrivée sur un CM1/CM2 dans une nouvelle
école . Je suis arrivée dans cette classe en mars après un retour de congé maternité. Je venais de quitter une école où je me plaisais beaucoup mais où j'avais une direction que je ne pouvais
plus gérer avec l'arrivée de mon troisième enfant. Ce retour en classe fut affreux. J'appréhendais déjà de travailler en cycle 3 et j'ai eu à gérer deux élèves très difficiles qui empêchaient la
classe de fonctionner; Un d 'entre eux avait déjà dû quitter une école car il empêchait tout le monde de fonctionner. Tous les matins j'allais au travail avec l'envie de vomir, j'avais envie
de tout arrêter et d'aller faire des ménages. Heureusement la nouvelle équipe dans laquelle j'arrivais était solidaire, j'ai réussi à tenir jusqu'à la fin de l'année en comptant les jours. J'ai
mis cinq ans à me remettre de cette expérience. Mon retour en maternelle il y trois ans m'a permis de retrouver à nouveau confiance en moi et en mes capacités. Je trouve que nous sommes trop
démunis face à ces expériences. Heureusement qu'il y a des blog pour échanger. A quand des groupes de parole dans l'Education nationale ou des médecins du travail? C'est en partageant les
expériences qu'on arrive à prendre le recul nécessaire pour ne pas se culpabiliser et se poser les bonnes questions. Il est dur ce sentiment d'avoir échoué avec des enfants qui avaient tant
besoin de nous. Il faut accepter de n'avoir pas été armé. J'ai conscience maintenant que notre posture, nos convictions sont très importantes dans la tenue de classe. Le respect des élèves mais
aussi la conscience que le cadre est nécessaire pour vivre ensemble. Le cadre est apporté par notre travail, notre force intérieure, nos convictions. Je pense que cela s'apprend avec le temps,
les expériences. J'ai moi aussi conscience que cette expérience m'a fait avancer mais je trouve que les jeunes collègues ne devraient pas être exposés à ces situations si difficiles. Te lire m'a
fait du bien. Même si j'ai le sentiment d'avoir dépassé cet évènement, il reste toujours quelque part un petit sentiment de culpabilité, le fait de ne pas avoir réussi. Mais certains enfants
vivent des choses qui nous dé passent et nous ne pouvons pas tout. Courage à ceux qui vivent de telles expériences. Parlez en, faites des lectures, ne baissez pas les bras. On peut toujours tirer
du bon etoutes nos expériences. Encore merci Isa pour ton blog qui permet de réfléchir et ne pas s'endormir dans notre classe.

isa 09/11/2012 08:55



c'est un métier terriblement enthousiasmant mais qui nous remet en cause en permanence, selon nos caractères, selon nos moments de vie nous sommes plus ou moins capables d'affronter ces
remises en cause, c'est pourquoi il me parait essentiel de développer l'idée du travail d'équipe, il n'est plus possible de faire seul, les jeunes ont besoin du soutien des expérimentés et il
faut arrêter de penser que chacun doit se débrouiller et faire, construire, imaginer sa pratique sans tirer partie de ce que les collègues plus chevronnés ont déjà fait. Moi qui suis une adepte
de la créativité, je dénonce l'idée que celle-ci ne part de rien, bien au contraire, elle se nourrit des autres, je ne comprends pas que nous soyons encore dans des attitudes de repli, de chacun
pour soi, de "moi j'ai souffert, à toi de souffrir". Nous avons tous à y gagner et le blog me conforte dans mon idée. Malheureusement, celui-ci ne peut remplacer les équipes sur place et il est
fondamental de chercher comment les faire fonctionner et améliorer les relations, beaucoup trop de témoignages viennent encore soulever le problème de la solitude face aux difficultés. Par
ailleurs, comme avec les élèves, nous avons à regarder l'erreur comme un challenge et non pas comme un échec, notre "conditionnement culturel" nous tire vers le bas alors que nous devrions
recevoir celle-ci comme un élan, c'est vraiment une révolution de nos regards que nous devons engager.



Isabelle D 04/01/2012 16:52


J'ai oublié de préciser que cet enfant ne parle pas! Il dit maman, wahwah pour chien, et fait des sons... ce qui fait rire sa maman qui trouve qu'il parle américain!


Je suis désolée d'en remettre une couche, mais je ne peux m'empêcher d'y penser et en "parler" me fait du bien...


Mon mari me dit que je ne vais pas me ruiner la santé pour l'éducation nationale qui ne m'en sera pas reconnaissante de toute façon... (Il y a 5 ans j'ai été arrêtée deux mois avec 8 de tension
après une année très difficile avec des collègues et une classe exténuante!!!) Il me dit que je devrais refuser que cet enfant détruise tout ce qu'on a mis en place et gâche l'ambiance pour les
autres, mais j'ai beau lui dire que ça ne marche pas comme ça et qu'on ne peut pas refuser un élève et que c'est vrai qu'il lui faut des règles (même si là on sort de nos compétences et surtout
de nos moyens), il ne comprend pas mon point de vue...


C'est bien, ça me permet de relativiser, de garder une certaine distance, mais ça ne me détend pas!


Merci en tous cas à isa d'avoir créé ce blog qui m'accompagne depuis deux ou trois ans et qui me rassure et me permet de parler à des collègues...


J'ai la chance d'être dans une école géniale avec des collègues sympas (ils m'ont proposé de "garder" cet enfant le jour de mon inspection)... Je crois que je vais leur confier une matinée chacun
pour qu'ils se rendent compte de ce que je dis... Ils seront d'autant plus convainquants pour l'équipe éducative qui ne ne devrait pas tarder... Et ils seront prévenus de ce qui les attend!


Pour vous remercier de m'écouter me plaindre, je vous promets de vous raconter chaque progrès de mon petit E.


 

isa 04/01/2012 18:14



ah bien voilà la question à ma réponse, je m'en doutais un peu.


Je pense que la famille a d'autres codes que les nôtres, je parle d'éducation, il faut aussi beaucoup d'indulgence, je sais que ce n'est pas facile , mais c'est pourtant dans le lien
école-famille que tu as le plus de chance de réussir à aider ce petit et donc aider aussi tes autres élèves. Il est différent, il vous bouscule et il t'épuise, tu as besoin d'aide. Ici, nous
pouvons te proposer de parler et c'est bien car tu as pensé à nous. Tu as aussi une équipe avec qui parler, c'est important. Je ne sais pas si le fait de le mettre dans une autre classe le jour
de l'inspection te rendra vraiment service, c'est important que l'inspecteur voit et constate dans quelles difficultés l'éducation nationale met ses agents. Je m'en vais faire ton article avec
ton ajout.



Isabelle D 04/01/2012 15:53


AU SECOURS!!!


 


J'ai reçu deux nouveaux élèves mardi, (ce qui me fait 28 petits)


dont 1 ENFANT SAUVAGE!


Je n'ai jamais vu ça! Pourtant j'ai 11 ans d'expérience en maternelle, j'ai déjà eu des surdoués hyperactifs, des psychotiques, des terribles, mais jamais un sauvageon comme E.


En une matinée, il a renversé tous les tiroirs de jeux, dont les perles deux fois(!), il est monté sur une table pour attraper les papiers rangés sur la mezzanine, monté sur une chaise pour
ouvrir la fenêtre. Nous l'avons surveillé comme le lait sur le feu et pourtant il s'est échappé une fois dehors, deux fois dans la classe mitoyenne, une fois dans la cantine, une fois dans une
autre classe plus éloignée. Il a traversé toute la cour en chaussettes après avoir ôté ses bottes, il a chipé les ciseaux pour essayer de couper les matelas de la sieste, frappé ses camarades...


Il n'écoute absolument rien, ni ne réagit lorsqu'on l'interpelle, ni ne fixe son regard lorsqu'on lui parle...


J'ai passé 5 mn à chaque fois que je voulais lui parler pour tenter de croiser son regard...


Il était à la crèche avant...J'ai contacté la directrice qui m'a fait part de ses inquiètudes... Elle avait demandé un bilan pédiatrique qui n'a révélé aucun handicap (il n'est pas sourd), mais
une vraie carence de limites. Le médecin a dit que c'était l'école qui lui manquait!!! Elle m'a dit que cet enfant avait sapé toute la crèche chaque fois qu'il y était, qu'il prenait une place
phénoménale à tous les points de vue... Ls parents sont des gens du voyage sédentarisés qui sont un peu distants et il faut qu'ils aient confiance pour entendre ce qu'on a à leur dire...


Ils n'ont absolument donné aucun cadre à cet enfant. Ils se laissent frapper (il a eu 3 ans en décembre) en riant, lui courent après en se contentant de le récupérer sans rien lui dire... Et sa
maman, inquiète de le laisser, me l'a présenté comme un enfant très tonique et "malfaisant", toujours à trouver la bêtise... M'a conseillée de fermer les portes à clé et de cacher les ciseaux!


AU SECOURS!!!


Mardi soir, je me suis couchée à 18h épuisée et très angoissée! Comment allons nous faire? Il faudrait quelqu'un avec lui en permanence au moins le temps de le "dompter" et lui inculquer un
minimum de règles... Ca veut dire accaparer mon atsem... Mais si on ne fait pas ça, la classe entière en pâtira! Je sais que je n'aurai aucune aide de l'éducation nationale... Je vais demander la
visite de la psychologue scolaire mais il vient d'avoir 3 ans et n'a aucun handicap (à part un manque d'éducation) alors je ne me fais pas d'illusion...


Cerise sur le gâteau, je suis inspectée la semaine prochaine. Au moins je sais quel va être le thème de la discussion. Mais ce n'est pas ça qui m'inquiète. Ce qui m'inquiète, c'est la fin de
l'année scolaire et comment gérer!!!


Que puis-je faire?


HELP!


 

isa 04/01/2012 18:07



Bonsoir Isabelle, je voudrais pouvoir t'aider, je pense que nous pouvons mettre ta demande dans un article "salle des maitres" afin que tu aies des réactions et des paroles qui au moins
te feront du bien à défaut de vivre les choses à ta place.


Si le diagnostic posé par le pédiatre est juste, il y a peut-être espoir de voir des progrés car le travail éducatif portera ses fruits, je sais, au prix de gros sacrifices, et notamment
ce que tu évoquais: la surveillance d'une seule personne pour lui. Ce qui m'inquiète cependant , c'est cette histoire de regard qui ne se pose pas. Je pense qu'il faut effectivement interpeler la
psychologue scolaire et puisque tu vois l'inspectrice( teur) c'est vraiment le moment de demander de l'aide. Il faut croire que l'angoisse d'un lieu nouveau l'a fait s'agiter de manière excessive
et qu'il va trouver ses repères, notamment les adultes et se calmer un peu. Tu ne parles pas de son niveau de langage, qu'en est-il ? Si tu dis qu'il frappe, j'imagine qu'il n'a pas les mots. Je
tenterais de le garder à la main le plus possible dés qu'il y a risque qu'il s'échappe , je retirerais ( provisoirement) tout ce qui peut être un danger pour lui, prends le temps de l'observer et
vois ce par quoi il est attiré afin de lui proposer pour l'aider à se canaliser. Il a besoin d'être contenu, il va falloir l'y aider.


Je mets ton article en ligne dés ce soir.



Frédérique Brun Deconde 08/06/2008 19:31

Nous sommes à la fin de l'année et je découvre seulement le blog. Que le monde est petit! Moi aussi, je me souviens de ma première année d'enseignement (1996) : je me suis retrouvée en Petite Section... dans la classe à côté de la tienne (j'ai reconnu Dalma) ! Merci de m'avoir épaulée, j'ai énormément appris à tes côtés et aujourd'hui de nouveau en PS (après 10 ans en CM) je pense souvent à toi et tes conseils avisés. Je suis heureuse de t'avoir "retrouvée". Merci pour ce fabuleux blog !

isa 08/06/2008 19:53


Quel plaisir de retrouver les personnes qui ont croisé ma vie, je t'écris sur ta messagerie, je suis ravie, ravie, ravie....Merci Dalma !


deleted 08/02/2008 23:05

C'est un incroyable choc que j'ai eu en lisant votre témoignage, ayant vécu la même expérience, mot pour mot. Ce qui diffère, c'est la suite de mon arrêt: j'ai demandé à l'époque une année de disponibilité. Je suis alors partie un an en Angleterre. J'y ai travaillé dans une grande surface: 12 mois durant, j'ai mis des boîtes en rayon... de quoi mettre au repos un cerveau surmené et un coeur meurtri. Et puis je suis revenue, apaisée. J'ai reconstruis une vie personnelle riche et sécurisante, base indispensable pour réussir à affronter à nouveau (et cette fois ci sans me mettre en danger), la souffrance qu'exprimaient ces enfants à travers leur violence.
Merci à vous, Isa.
Jil

isa 09/02/2008 19:20

merci aussi Jil, ton témoignage donne du baume au coeur à ceux qui connaissent actuellement ( et je sais qu'il y en a encore beaucoup trop)ce que nous avons connu, ne pas se décourager mais ne pas accepter non plus de se mettre en danger psychique.
à bientôt