réponse à Stef sur la marionnette de classe

Publié le par isa

Sujet d'étude trés important "La marionnette", je réponds aux préoccupations de Stef dont voici la demande:

Bonjour! Je tiens tout d'abord à vous remercier pour toutes les idées fournies par votre site (qui est fréquemment consulté par toutes les instit' de l'école). Je suis liste complémentaire nommée en ZEP et j'avance parfois sur des oeufs avec mes bout d'choux. En début d'année, j'ai mis en place une marionnette-hérisson (châtaigne) qui nous a permis de voir comment vivaient les animaux de la forêt et plus encore. Lundi, elle sera de retour de son hibernation. J'ai un peu peur de la réaction de mes élèves. En effet, Châtaigne est toujours dans leur esprit et avait été un formidable vecteur de dialogue et même de communication pour mes Primo Arrivants mais c'était en novembre. Châtaigne continue de leur envoyer de ses nouvelles par lettre et photos interposées mais ils ont tellement grandi depuis!!!! Je me demande donc comment je vais pouvoir faire durer la magie. De plus, j'ai prévu de leur faire jouer des pièces de théâtre avec des marionnettes sur le même modèle que notre mascotte (l'un d'entre-eux m'avait déjà demandé pourquoi j'avais ma main dans Châtaigne la dernière fois). Bref, pourriez-vous éclairer un peu ma lanterne sur la façon que vous avez de faire vivre Dalma? D'avance Merci.

voici ma réponse:

Merci Stef pour votre intérêt.

Je tiens à vous rassurer , la magie opère et l’âge des enfants n’a rien à voir avec un quelconque désintérêt qui serait dû à la raison ( Je sais que c’est Maîtresse qui parle). J’ai animé des ateliers marionnettes avec des grandes sections et le plaisir était présent et partagé.

J’ai même eu des élèves partis en élémentaire qui revenaient me voir et qui me disaient vouloir reprendre Dalma chez eux, des mamans qui regrettaient de n’avoir plus d’enfants en âge d’emmener Dalma……

J’ai commencé à vous expliquer le projet que je mets en place autour de la marionnette, et notamment ce qui va être fait en matière de langage d’évocation au cours du dernier trimestre, je dévoile petit à petit l’enjeu. C’est un peu flou pour vous, je donnerai mon organisation progressivement.

Ce que je peux vous dire, c’est que Dalma a sa place dans la classe, il est dans une pochette souple , confortable et positionnée en hauteur, seule l’enseignante le manipule en début d’année. Tous les jours, les élèves lui parlent, il est un « élève » particulier , il vit au rythme de la classe, il s’intéresse aux élèves et eux à lui. C’est tout de même plus intéressant de raconter à Dalma ce qu’on vient de faire en EPS plutôt que de le dire à la maîtresse qui a tout vu.

C’est un excellent moyen de faire parler des élèves particulièrement timides, moins impressionnant qu’un adulte, plus proche par ses aventures de la vie de l’élève, ceux-ci se trouvent en confiance.

De plus, il sert de support visuel dont ont tant besoin nos petits élèves, écouter la maîtresse parler, c’est difficile, regarder la petite marionnette bouger et parler avec l’aide de la maîtresse, c’est beaucoup plus attrayant.

Le phénomène identificatoire permet à l’enseignante d’aborder des sujets de discussion de façon plus distante pour l’élève afin de mieux y réfléchir ; exemple : « Dalma dit avoir peur des grands, les petits élèves se sentent concernés par cette peur, mais peuvent y réfléchir et chercher des solutions parce que ce ne sont pas eux qui l’ont dit ».

Enfin concrètement , il y a un moment de langage avec Dalma ( souvent au cours du premier regroupement de la journée) et puis il retourne à sa place et la journée se poursuit.

Je désire apporter une précision suite à d'autres demandes : lorsque je fais parler Dalma, je change un peu ma voix, je la fais plus enfantine afin que les élèves sachent qui parle de lui ou de moi .
Le premier trimestre est très propice à l’utilisation d’une marionnette car il faut captiver les élèves et les amener à se concentrer, vous verrez que le troisième trimestre peut aussi lui conférer une place d’honneur dans le but de travailler le langage d’évocation, l’objectif est différent, la marionnette est donc un outil d’apprentissage.  

A bientôt

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Nath 04/08/2010 18:37




Je travaille moi même avec des personnages (je préfère ce terme à celui de marionnette) depuisd quelques années sur mes 22 ans d'enseignement.


Il est certain que le choix de l’élément déclencheur de langage est primordial pour faire en sorte que tous les enfants aient envie de participer. Quoi de plus
motivant que de parler avec une ou des marionnettes(s), et même d’en arriver à les faire parler. Dans la classe, la marionnette donne l’occasion de faire de
l’oral un réel outil de communication. Dans ce contexte attrayant d’interaction, les enfants vont devenir de réels acteurs dans le système de communication et vont petit à petit développer leurs
compétences langagières.Nous somme là dans le jeu symbolique qui est naturellement utilisé par les enfants. C'est ce qui leur permet d'entrer dans le jeu.


L’enseignant tient, ici, une place prépondérante mais ne doit pas tout imposer.


Une trame est pensée pour chaque saynète et son rôle est de relancer l’action lorsqu’elle se tarie.


Le travail avec les personnages de la classe ne se limite pas à des interventions régulières ou ponctuelles donnant lieu à des échanges langagiers. C’est un point
de départ menant vers des activités diverses tel que :


 

 



Raconter une scène de l’histoire en la dessinant et retrouver la légende qui s’y rattache parmi d’autres phrases




Remettre en ordre l’histoire qui vient de s’achever




Rejouer en petit groupe de petit parleur une scène




Jeu de mime où certains tiendront les rôles pour jouer la scène devant le reste de la classe




Recherche documentaire dans des livres pour répondre à des questions posées








 


Le lien entre l’oral et l’écrit est de plus en plus étroit car nos activités font en sorte de les utiliser en alternances.


J'ai utilisé les personnages dans tous les niveaux de la maternelle et je peux dire que les enfants en raffolent et en redemande.


Bref c'est un outil génial pour tous et encore plus pour les petits partleurs.










isa 09/08/2010 00:25



merci beaucoup Nath de ces réflexions et pistes.



veronique 27/09/2009 12:31


Bonjour Isa
je viens d'avoir un coup de coeur pour une marionnette , il s'agit d'un petit chien blanc , tout doux , tout mimi .
Je vais l'emmener en classe avec moi et mettre en place ce nouveau compagnon de tous les instants
Je me demande simplement comment choisir son prénom , un choix des enfants ou bien en possède t'il un dès le départ?
Qu'en penses tu , toi qui vis cette expérience depuis un moment déjà.
Merci encore pour ttes tes merveilleuse idées et ta générosité ( je ne m'en lasse pas )


isa 27/09/2009 13:28


Personnellement , je choisis les prénoms de mes petits personnages puisqu'ils existent indépendamment des enfants, ils ont une famille, une vie ailleurs selon notre imaginaire.


cyrille 28/07/2009 19:26

D'accord je vais essayer l'élan du coeur et je vous tiendrais au courant dès que j'aurai trouvé "ma" marionnette.

cyrille 28/07/2009 08:43

Je suis à la recherche d'une marionette pour la rentrée et j'hésite sur le modèle à prendre : un animal ? une petite fille ? un petit garçon ?
La marionnette qui est un médiateur, permet aux élèves de s'identifier alors j'aimerais un choix réfléchi.Est-ce qu'un petit garçon s'identifiera ou aimera parler avec une marionnette-fille ?
J'ai vu que Dalma était un chien, comment l'avez-vous choisi ?
Merci
Cyrille

isa 28/07/2009 09:10


Je pense surtout Cyrille que vous devez avoir un coup de coeur, un élan pour cette marionnette, c'est vrai que cet objet se rapproche des doudous et autres peluches que les enfants aiment
tant. Mais votre propre goût compte, en allant vous promener dans des magasins de jouets vous tomberez sûrement sur le futur petit compagnon de votre classe, il vous attend quelque part. Il n'y a
rien d'intellectuel dans ce choix, seule l'émotion parle.
Pour Dalma, ce fut le cas, j'avais auparavant un ours prénommé Nounours, il fit son temps, il avait perdu un oeil, j'ai tenté de le réparer puis je me suis dit qu'il était temps qu'il prenne sa
retraite, je suis donc allée fouiner dans des magasins et j'ai trouvé Dalma, j'ai tout de suite vu qu'il avait une "bonne" tête, comme s'il souriait, enfin ce fut ma façon de ressentir notre
rencontre. C'était évident, je n'ai hésité avec aucune autre marionnette et depuis il vit avec moi. Il a conquis de nombreux enfants et parents, certains venaient le voir après plusieurs années,
j'ai même une maman qui au moment de mon départ a écrit une trés jolie lettre fictive me racontant les amours de Dalma et Poupée Bleue ( doudou de son fils), cela m'a beaucoup touchée.


CATHERINE BOCQUENE 20/06/2009 20:45

bravo, pour vos idées...je découvre seulement aujourd'hui et je souhaiterais savoir comment vous réussissez à faire parler la marionnette...je ne retrouve pas le sujet ...peut-être ai-je mal cherché?
Merci, à bientôt
Catherine

isa 20/06/2009 22:02


Peut être l'ai-je expliqué dans des commentaires, il me semble.
C'est la maîtresse qui tenant la marionnette parle en changeant sa voix, les élèves voient bien qu'il s'agit de l'enseignante mais ils sont subjugués par la marotte. Il n' y a pas de castellet, les
élèves voient aussi que la main de la maîtresse est dans le personnage, ils savent qui parle mais le jeu est porteur , la décentration liée à la présence de cet objet médiateur est un
excellent moyen de motiver le langage.
à bientôt Catherine


Nathalie 18/03/2009 22:58

Bonjour,
Merci pour cette riche base de données, c'est généreux et fort utile!
J'ai également mis en place non pas une mais deux marionnettes dans la classe. Le but était de mettre en scène les conflits de la classe et de la cour de récréation!Ca marche! On rejoue le conflit tranquillement en classe et on cherche la solution pour que cela se passe bien.
C'est une expérience qui avait été proposé par une équipe pédagogique canadienne sur le thème de la violence à l'école. Je l'applique ici à des TP et PS pas difficiles du tout.
L'attrait pour le jeu nous a amené depuis à construire pour chaque enfant sa marionnette, nous l'utilisons pour les comptines ...

isa 20/03/2009 12:33


Peut-être un petit article nous permettrait de nous représenter ce travail sur l'utilisation des marionnettes, est-ce l'enseignante et un élève, un élève et un autre élève,
l'enseignante seule ?


marie 28/04/2008 15:29

Bonjour
Je tenais à vous dire merci pour ce site formidable.Je viens y piocher des informations.
Je me permets de vous demander des conseils : j'aimerai avoir des idées sur le rituel afin de le varier et comment l'adapter en fin d'année (car les enfants sont plus grands).
Les séances d'EPS proposées sontcomplètes mais ce n'est pas évident quand on a peu de matériel.
MERCI par avance Marie

isa 28/04/2008 16:52



Marie,


Il faudrait que vous me décriviez votre rituel pour que je puisse vous aider à le faire varier. Concernant ma pratique, ai-je eu des
rituels ? Certainement, lorsque les élèves arrivent et qu’ils doivent accrocher leur carte présence et ensemble nous remplissons le cahier d’appel en regardant sur le tableau de présence sur
un coin de table avec ceux qui en ont envie, ensuite au retour d’EPS, les élèves déplacent Lola, le petit personnage de notre calendrier ( au début , c’était moi, ensuite c’est un élève). Je ne
faisais pas la météo, sauf s’il s’agissait d’un projet pédagogique sur une période. Ai-je oublié d’autres rituels ? Le passage aux toilettes, j’ai expliqué que je ne le pratiquais pas
collectivement, les élèves y allaient spontanèment , à la demande , accompagnés de l’ATSEM, les locaux s’y prêtaient bien. Je ne faisais pas non plus la collation avant la récréation ( sur ce
sujet , j’ai eu une question , je vais y répondre dans les commentaires) , bref, Marie , vous allez vous dire que j’ai omis certaines « traditions », j’ai toujours pensé que lorsque
l’enseignant s’ennuie, les élèves aussi, c’est pourquoi, j’ai cherché comment travailler les objectifs des rituels sous d’autres formes, à travers des activités qui correspondaient à nos intérêts
communs. Si ces rituels vous pèsent, changez- les ou même abandonnez- les, réfléchissez aux objectifs qu’ils sont sensés atteindre et donnez vous d’autres activités pour les travailler.


A bientôt


isa



Annie 27/04/2008 10:25

Je suis tout à fait d'accord avec toi.
J'ai mis en place le projet de Clément aplati. Ce dernier tourne dans toute la France et même la Belgique et, malgré que ce soit une marionnette, les élèves s'y attache, s'y intéresse. Les sujets de communications sont nombreux et toujours aussi motivants qu'au premier jour.
Voici le lien
http://annie-clis-voltaire-denain.over-blog.com/article-12246940.html
Annie

isa 27/04/2008 13:23


J'ai parcouru ton site et le merveilleux voyage de Clément aplati, je trouve ce projet formidable, voilà la suite logique d'un travail sur le récit dés la petite section. Il faut oser se lancer
dans des projets ambitieux qui font vivre la classe.Bravo Annie!


bab 19/04/2008 15:35

Merci pour toutes tes réponses , je trouve qu'elles nous écliarent bien !!
Je voudrais t'envoyer une photo d'un "substitut" de bac à eau qui fonctionne bien dans ma TPS/PS .. je n'ai plus ton mail !!

isa 19/04/2008 16:43


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