mener un entretien avec les parents et éviter le conflit

Publié le par isa

J’ai constaté que vous avez été nombreux à lire l' article sur la réunion des parents, c’est une grande préoccupation. A la suite de cet article, il y a Marion qui m’a fait part dans les commentaires d’une difficulté rencontrée avec une famille. Je lui ai répondu . Les jours passant et voyant votre intérêt pour ce sujet , j’ai décidé de vous faire partager mon expérience et j’ai tenté de « théoriser » ma pratique sur « Comment mener un entretien pour développer la co-éducation avec les parents et éviter les conflits lorsqu’il y a difficulté avec leur enfant ? ».

 

J’ai imaginé une trame d’entretien avec des points à garder en tête, puis j’ai essayé d’imaginer l’entretien que Marion pourrait avoir avec les parents qui lui ont posé souci :

 

1-adapter son langage pour être compris.

2-partir de l’angle de vue des parents pour mieux l’élargir.

3-connaître leurs critères pour montrer que nous sommes à leur écoute.

4-s’appuyer sur leurs critères pour les inciter à agir avec nous.

5-leur demander leur avis et leur conclusion.

6-réfléchir à l’avance sur ce qu’ils peuvent objecter qui pourrait encore faire blocage.

7-énoncer clairement l’objectif à atteindre et prévoir une autre rencontre.

 

Entretien imaginaire Marion et les parents :

 

 Marion : « Je vous ai invité à venir car votre enfant montre des difficultés dans sa relation aux autres ( exemples) .Je préfère vous tenir informés et que nous en discutions pour savoir comment l’aider ensemble. »

 

Les parents : « Nous ne comprenons pas à la maison , tout va bien, il ne nous pose aucun problème »

 

Marion ( point 2): « Je suis heureuse pour vous mais est-ce suffisant pour vivre avec les autres en dehors de la maison ? ( point 3) Qu’est-ce qui vous montrerait que tout va bien pour votre enfant ? »

 

Les parents : «  Qu’il soit sage à la maison, que vous nous disiez qu’il est mignon à l’école et qu’il apprenne bien » .

 

Marion ( point 4) :  « Si cela va bien à la maison , c’est que vous vous êtes adaptés les uns aux autres, vous avez accepté certaines choses, interdit d’autres , ce sont vos règles et je les respecte. A l’école, il va apprendre d’autres règles. Vous souhaitez que cela se passe bien aussi à l’école. Vous pouvez lui dire et le prévenir de ces nouvelles règles différentes de la maison( énoncer) . Cela l’aidera. De mon côté et c’est mon travail, j'y veillerai en le guidant dans cet apprentissage qui lui permettra aussi d’être plus disponible pour apprendre et réussir. ( point 5). Il a besoin de sentir que nous sommes sur la même ligne. Qu’en pensez-vous ? ».

 

Les parents :  « S’ il continue , vous allez finir par le prendre en grippe .Avec la maîtresse de l’année dernière , ça allait très bien ».

 

Marion ( point 6) : « Je suis une professionnelle, je n'ai pas à préférer ou détester les élèves, je les considère tous UNIQUES et mon rôle exige que je veille à leur réussite personnelle  . Pour  l’année dernière, c’est ce que vous ressentez .Avec ma collègue nous sommes différentes mais nos objectifs d’apprentissage sont les mêmes .( point 7) En conclusion, je vous propose que nous aidions ensemble votre enfant à accepter les règles de la communauté scolaire pour qu’il devienne élève. Nous referons le point ensemble dans une prochaine rencontre. Merci beaucoup, je reste à votre disposition ».

 

 

 

Bien évidemment, une rencontre avec les parents se prépare et il n’est pas évident d’avoir en tête tous ces points de trame d’entretien. Il est possible de noter ce qui parait important de ne pas omettre. C’est l’expérience qui fera le reste, cependant l’état d’esprit dans lequel on aborde la rencontre va être prépondérant sur son déroulement. ( Ouverture, tolérance, empathie, bienveillance, acceptation de la contradiction: à méditer)

Publié dans les parents

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cricri 14/09/2013 22:31


merci beaucoup Isa

crcri 14/09/2013 21:04


merci Isa. On va voir la maman avec la Directrice et essayer de lui faire comprendre l'ampleur de ce qu'il vit dans une journée. La difficulté que je rencontre beaucoup sur mon secteur est que
notre interlocuteur est souvent le téléphone... Beaucoup font de l'intensif dés les premiers jours (nous nous battons par contre pour une rentrée progressive la première semaine heureusement).
Certains ne viennent même jamais à l'école ... 

isa 14/09/2013 21:56



oui je sais bien, nous aussi nous avions un service de bus et certaines familles ne venaient que rarement. Il faut aussi reconnaitre que des parents ont des vies professionnelles
compliquées, il n'est pas question de les culpabiliser, ils en souffrent certainement aussi. Cependant, comprendre qu'un si petit enfant ne peut pas vivre une telle journée, il se fragilise, il
va tomber malade en ramassant tous les virus, il risque aussi d'avoir des difficultés de sommeil, il a besoin de pouvoir être dans un environnement moins agité qu'une collectivité aussi
longtemps. Voir avec eux comment s'organiser, j'imagine bien que cela est difficile, c'est important de leur dire que tu tiens compte de cela, il faut les laisser y réfléchir, il y a toujours des
solutions dés que chacun va vers l'autre. Demande leur ce qu'ils en pensent, écoute les, c'est vraiment le noeud d'une bonne relation. Ne les juge pas, ils ont besoin de se sentir reconnus dans
leur qualité de parents, mais plutôt donne tes observations " je vois que votre petit garçon fait souvent pipi dans sa culotte, pour le moment nous le laissons s'adapter , seulement j'observe
qu'il fait de trés longues journées et cela peut être une des raisons de sa difficulté; je me doute bien que vous avez des obligations professionnelles et que c'est compliqué pour vous de vous
organiser autrement mais votre petit garçon risque de se fragiliser dans un rythme aussi peu adapté à son âge, qu'en pensez vous ? pouvez vous y réfléchir ? ....."


bienveillance et respect vont permettre une disposition d'esprit de leur part qui sera bénéfique à leur garçon. Je le souhaite.



christiane 14/09/2013 20:41


merci Isa. 


Le petitou a été enlevé à sa nourrice pour une scolarisation de folie (pour ma part), de 7h environ du matin à 18h30 le soir en collectivité. Cependant, il ne "sait pas du tout faire pipi" selon
moi (mon ATSEM qui est un trésor de patience va jusqu'à l'asseoir elle-même correctement ) soit il ne se passe rien, soit il arrose l'ATSEM et lui-même par la même occasion). J'en ai parlé à la
maman  mais pas d'évolution pour l'instant. Ca devient bien compliquer à gérer car du coup, je suis souvent seule avec la classe pour pemettre de le changer 2 fois par matinée...compliqué
compliqué

isa 14/09/2013 20:53



oui alors là effectivement c'est de la folie pure !!!! Je pense que rien que cela suffirait à discuter avec la famille pour expliquer combien une journée pareille est néfaste au bon
développement de leur enfant. Le stress a  des conséquences sur le cerveau, actuellement il est encore en construction et il est clairement établi que les hormones secrétées par le stress
vont avoir des répercussions sur celle-ci. Je te mets un extrait du rapport Innocenti 8 sur lequel tu peux t'appuyer pour expliquer à la famille:


A cet âge, des tensions trop nombreuses ou trop prolongées


– et l’absence d’un adulte familier et de confiance qui


apporte aussitôt la tendresse rassurante qui contribue à


ramener les niveaux des hormones dues au stress à la


norme – peuvent aboutir à une mauvaise ordonnance des


niveaux de stress cérébraux,on sait qu’un taux élevé persistant de cortisol, une hormone due au stress,


endommage la délicate architecture du cerveau en


développement, et est associé plus tard dans la vie à des


maladies dues au stress. La santé mentale nécessite des


systèmes de gestion du stress qui fassent monter le


niveau des hormones dues au stress en réponse à des


perceptions de menace, et les réduisent à nouveau


lorsque la question est résolue. Ces équilibres chimiques,


antérieurs même à la naissance, s’établissent durant la


 


petite enfance.


 



christiane 14/09/2013 20:14


Bonjour, une petite question, comment gérer et expliquer aux parents le problème suivant:


un petit de 2 ans 1/2 qui fait pipi (et caca ) culotte tous les jours de la rentrée... idem au périscolaire d'aiileurs. Leur conseiller de le garder encore à la maison mais avec quels mots?

isa 14/09/2013 20:30



La propreté est une condition à la scolarisation mais il est important de laisser du temps pour l'adaptation, on peut observer certaines régressions du fait du bouleversement que l'enfant
vit. Il ne faut pas que la propreté devienne un enjeu entre la famille et l'école avec une forme de rejet, je préconise la patience , la bienveillance et le réconfort vis à vis de ce petit enfant
qui sent sûrement dans les réactions des adultes qu'il fait mal, or pour le moment il est dans une phase de manque de contrôle certainement due au fait qu'il est perdu dans ce nouvel univers.
Evidemment si cela perdure ,il est peut -être immature et pas encore prêt à cette vie collective, mais je lui donnerais plus de temps. Enfin, est-ce que son environnement familial est stimulant ,
a-t-il plus à gagner en restant à l'école que chez lui ? Ce sont aussi des questions qui rentrent en ligne et je peux te dire que j'ai gardé un petit garçon qui n'était pas propre, ne l'avait
jamais été parce qu'il était dans un milieu familial tellement défavorisé que l'y renvoyer était pour moi inconcevable, nous lui avons appris , il a vu les autres, j'ai beaucoup sollicité la
maman pour lui expliquer qu'elle devait aussi le faire chez elle et à force de patience et de sollicitude ( on le mettait régulièrement sans qu'il demande évidemment puisqu'il ne le faisait pas)
tout s'est calé, il est devenu propre. Mon atsem a été particulièrement compréhensive, je l'aidais aussi. Voilà Christiane ce que je te conseille.



Marine 19/05/2010 12:07



Merci Ana pour votre aide.


Ecoutez je suis désolée que vous ressentiez cela de mon discours. J'ai eu confiance mais nous sommes en mai donc ma confiance diminue car je vois que malgré le temps mon fils ne va pas à l'école
avec le sourire. D'autre part il ne sent absolument pas mon ressentie envers sa maitresse ... car je n'en ai pas (sauf un peu depuis hier quand elle m'a dit 'encore' alors que cela ne fait que la
deuxième fois et sachant que la première c'etait pour la remise des bilans !) je sais bien que cela ne l'aiderai pas. D'autre part il sait compter mais aussi dénombrer jusqu'à 20 (mais cela n'est
pas la question) Mon objectif n'est ni de lui faire sauter de classe, ni dire qu'il est précoce ...  c'est juste et tout simplement de trouver avec l'aide de l'enseignante des
petits trucs pour aider mon fils a comprendre que l'école c'est sympa, il a y les jeux, les exercices, les copains, les copines etc...  Il va avoir de longues années d'écoles devant lui et
il serait dommage qu'il y aille non pas a reculons mais pas avec entrain et ce parce qu'on  (moi, la maitresse etc...) n'avons pas fait ce qu'il faut pour l'y aider.



ana 19/05/2010 11:44



Si je puis me permettre juste quelques petits conseils de "maman-maîtresse"...parce que ce que je lis là ne me laisse pas indifférente. Vous voulez aider votre fils? alors il va vous falloir
FAIRE CONFIANCE à quelqu'un d'autre que vous.Je sais, ne pas pouvoir contrôler de visu que l'on s'occupe bien de lui (c'est-à-dire comme vous?) vous rend très fragile,mais comme vous l'a écrit
Isabelle, c'est autre chose qui se construit en maternelle que le savoir pour le savoir ( savoir compter jusqu'à 20 ne veut pas dire savoir dénombrer ni savoir se servir de cette compétence en
situation, vous voyez?) Nous mettons en place des situations d'apprentissages différentes suivant nos objectifs spécifiques, et le grand domaine de la maternelle, c'est le devenir élève! Or
chacun n'y entre pas avec la même facilité! Vous touchez là à ce que l'on appelle l'estime de soi, la confiance en soi et l'image que l'on se construit à travers le regard de l'AUTRE ( la
maîtresse, l'atsem, les copains...) alors, si votre petit garçon vous sent en désaccord avec ce qu'il vit à l'école, s'il vous sent dubitative face à la manière dont il reçoit son enseignement,
s'il vous sent malheureuse parce qu'incomprise...alors il ne pourra pas et s'interdira même de rentrer dans la logique de séparation dont vous parlait Isabelle : il ne pourra pas se détacher de
vous puisque de toute façon, c'est très difficile de s'intégrer à l'école pour nos bouts de chouxdéjà normalement. On leur demande énormément d'adaptation et il faut y croire pour le
pouvoir!!


Faites confiance à votre petit garçon , faites confiance à sa maîtresse et surtout faites-vous confiance, vous pouvez y arriver!


Courage.


Ana



isa 19/05/2010 12:19



Je n'ai rien à ajouter à ce que tu dis Ana, je suis en total accord, et je te remercie d'apporter ton regard pour aider Marine.



Marine 19/05/2010 11:16



Bonjour et mille merci pour votre réponse.


En me relisant je vous comprend, mais je me suis alors mal exprimé. Je comprend tout a fait la maitresse qui ne peut se douter que mon fils s'ennuie parcequ'il ne se montre pas tel qu'il est. Or
je voudrais aider mon fils à se sentir a l'aise afin de justement communiquer avec la maitresse et ses copains de classe. La solution de l'enseignante disant que cela va passer me
laisse insatisfaite. Cela peut passer, comme cela peut durer ou le dégouter ...
Mon fils est un peu plus eveillé que ceux de son age par certain coté (sans vouloir l'idéaliser mais simplement en comparant avec d'autres de son age) mais coté émotionnel il est un peu
en retard. Il aurait peut etre besoin d'un peu plus de chaleur pour l'aider dans cette étape de séparation avec la maison et sa maman. Peut on demander cela à une maitresse ? Contrairement à
l'ancienne generation d'enseignante, il y a effectivement beaucoup moins d'attention à l'accueil des tous petits. D'autre part nous n'avons pas l'impression qu'on l'aide ou l'incite a
communiquer avec les autres de même qu'on n'incite pas les autres a communiquer avec lui. Mon fils parle beaucoup des grands de sa classe avec qui il aimerait jouer. L'amélioration que nous avons
constaté n'est venu que parceque toute la famille a beaucoup parlé avec lui durant les vacances d'hiver pour essayer de le l'aider,  mais je n'ai pas remarqué d'efforts particuliers de
la part de la maitresse. Comment puis je faire comprendre a l'enseignante que sans vouloir lui faire des reproches j'ai besoin qu'elle aide mon fils a apprecier l'école, les copains etc... sans
attendre que cela passe avec le temps. De notre coté que pouvons nous faire pour l'aider dans cette voie ?



isa 19/05/2010 12:16



Vous vous êtes bien exprimé Marine et j'ai bien compris que vous aimeriez que la maîtresse montre plus d'intérêt pour votre petit garçon, je vous le dis dans mes premières
lignes.D'autre part, je ne crois qu'il s'agisse d'une histoire de génération, de tout temps, il y a eu des maîtresses chaleureuses et empressées et des maîtresses plus distantes,
c'est une affaire de relations humaines. Vous allez aider votre petit garçon lorsque il va vous entendre dire à la maîtresse que vous lui faites confiance ( c'est le plus grand pas que vous ayez
à faire: croire que cette maîtresse est capable d'aider votre enfant) et que vous venez chercher auprès d'elle la compréhension du comportement différent de votre enfant à l'école et à la maison,
reconnaître devant lui que l'école lui est nécessaire pour grandir et qu'il ne semble pas trouver sa place. En ayant cette attitude d'ouverture et de coopération, l'enseignante ne vous sentira
plus comme une menace ( il faut le reconnaître , parfois les parents font peur, ils remettent en question des fonctionnements pour lesquels les enseignants n'ont pas toujours l'argumentation et
cela les déstabilise et les font se mettre en position de défense), elle acceptera de réfléchir et grâce à ce questionnement, son attitude changera vis à vis de votre enfant. Voilà les choses
invisibles dont je parlais,aider son enfant , ce n'est pas toujours concret, prendre du recul et observer la situation sous un autre angle permet parfois des changements.


Le blog défend l'idée que le lien famille-école est à renforcer, j'aide les jeunes collègues à ne pas recevoir les familles comme des adversaires mais plutôt comme des partenaires, tout
le monde a à y gagner et surtout les enfants qui sont quelquefois tiraillés entre la loyauté parentale et l'institution scolaire qui leur donne de nouveaux codes,comment trouver sa place dans ces
conditions ? C'est aux adultes de régler ce problème  en indiquant à l'enfant que l'école fait maintenant partie de sa vie et qu'ils sont là pour l'aider et l'accompagner ensemble dans ce
nouveau chemin.


quant à la précocité de votre petit garçon, interrogez vous sur ce que vous voulez pour lui, souhaitez vous le voir avancer plus vite et dans ce cas , quitter plus vite le nid familial
après le bac et affronter la vie étudiante trés jeune ( eh oui je vois loin , mais c'est de ça qu'il s'agit) ou souhaitez vous le voir profiter de cette aisance pour avoir une scolarité facile.
Enfin pour finir, l'ennui crée l'imagination, il incite à inventer, à trouver par soi-même des occupations, il est un moteur à la vie. Il n'y a jamais de temps perdu dans l'ennui, apprendre à le
surmonter est extrêmement important. Vouloir à tout prix éviter l'ennui aux enfants, c'est les priver de l'apprentissage de ces mécanismes d'adaptation, là encore voilà les choses invisibles dont
je parlais. Je vous ai proposé d'autres angles de vue afin que vous envisagiez votre situation autrement. Vous seuls, ses parents, êtes les mieux placés pour connaître et savoir ce qui est le
mieux pour lui. Ecoutez vous et vous trouverez.



Marine 19/05/2010 03:07



Bonsoir,


Etant à peu près dans le même cas que Sophie, je poste en espérant un soutien et des conseils: mon petit garçon ne va pas à l'école avec plaisir. Pourtant il était très motivé au début. Il avait
vraiment envie d'aller à l'école, nous l'avions préparé, sa soeur lui a raconté qu'elle avait été à la même école etc... Malheureusement la séparation fut difficile pourtant contrairement à sa
soeur il est beaucoup plus indépendant au même age ... Maintenant il chouine une minute quand on le laisse mais ce qui m'ennuie le plus c'est qu'il ne va pas à l'école avec plaisir. J'ai
l'impression qu'il s'ennuie a l'école et la maitresse ne fait pas grande chose pour l'adaptation; j'imagine qu'il l'agace par ces pleurs le matin. Depuis quelques temps il joue un peu avec les
autres mais lui qui est si volubile à la maison, ne parle pas à l'école, ne participe pas et surtout ne montre pas tout ce qu'il sait (il sait déjà écrire son prénom, le prénom de sa soeur, papa,
maman; va sur l'ordinateur tout seul, sait naviguer sur les pages d'un site, fermer ou agrandir les fenêtres ...,  il est moins sportif que sa soeur mais il fait du roller, du vélo, de la
trotinette ... sait écrire et reconnaitre tout l'alphabet, sait compter jusqu'a 100 si on lui indique les dizaines 20/30 ) Par contre comme il ne montre rien de tout cela, j'ai l'impression que
la maitresse le prend pour un demeuré et le plus embêtant c'est qu'elle ne fait rien pour l'interesser. J'avais déjà demandé un RV en decembre ou je lui avais demandé de l'occuper par des
excercices (il etait très demandeur) et faire en sorte qu'il puisse aimer l'école; mon fils a fait des efforts depuis, il essai de parler a la maitresse, mais elle ne l'entend jamais: ils ont
planté des pommes de terres et il n'a pas eu son tour, il lui a dit mais elle n'a pas entendu ! Je viens de lui redemander un RV et la première réaction de la maitresse a été : "Encore !" J'ai
été très surprise et choquée ! Eh bien oui encore, en même temps cela ne que fais que la deuxième fois, je ne trouve pas cela beaucoup et vous ?! Elle a essayé de s'y soustraire en me
demandant pourquoi, je lui ai dit 'sur le trottoir' que j'aimerais qu'on trouve une solution pour que mon fils puisse aimer aller a l'école. Elle m'a dit que ca venait de lui, ca ira mieux
l'année prochaine ... J'ai insisté pour la rencontrer car on n'allait pas en discuter comme ça ... et elle a accepté a regret. J'aimerais votre aide pour préparer cet entretien avec elle.
J'ai vraiment l'impression que mon fils s'ennuie a l'école ... en tout cas il n'y trouve pas beaucoup d'intérêt. Et je commence à croire qu' il s'amuse et apprend plus à la maison.
A notre dernier RV la maitresse m'avait dit que l'objectif des PS s'était de pouvoir compter et reconnaitre les chiffres jusqu'à 3, alors que mon fils peut compter jusqu'a 20 tout seul ! Je dois
préciser que c'est une classe de PS et GS mélangé. Excusez moi si ce message est un peu brouillon mais il est tard mais je viens de tomber sur ce blog et j'ai vraiment apprécié le contenu et
votre sagesse, donc je poste dans l'espoir d'avoir vos conseils pour l'entretien avec la maitresse mais aussi pour aider mon fils a aimer l'école. Dois je, à votre avis, faire
participer mon petit garçon à l'entretien ? Merci d'avance pour vos lumières.



isa 19/05/2010 09:42



bonjour Marine et bienvenue sur le blog,


Comme vous l'avez lu, effectivement, je pense qu'il est toujours mieux de dialoguer avec l'enseignant plutôt que de rester sur ses impressions négatives ,d'autant plus que vous avez
remarqué des améliorations suite à votre premier rendez-vous.


Afin de vous aider à préparer cet entretien, permettez moi de résumer ce que j'ai compris de la situation:


Votre petit garçon qui était motivé et préparé à entrer à l'école ne s'y épanouit pas comme vous le souhaitiez, il montre des signes de tristesse, et ne vous indique pas qu'il apprend. De
part ce constat, vous pensez que la maîtresse ne le reconnait pas en tant qu'élève intéressant et ne l'aide pas suffisamment.


Je pense qu'intérieurement vous pointez  la seule chose que vous ne pouvez contrôler, c'est le savoir être. Vous avez agi en maman inquiète sur le savoir ( apprentissage du lire,
écrire, compter), le savoir faire ( roller, trottinette...) mais le savoir être vous échappe et vous avez le désir de voir votre enfant heureux, intégré, reconnu.Or, il va l'apprendre en dehors
de vous,bien-sûr ce que vous lui donnez comme amour lui sert mais il doit se confronter aux autres, il a à apprendre le vivre ensemble. Et en tant que maman protectrice, vous avez trés bien senti
que cela n'allait pas de soi pour lui.Votre réflexe de repli ( s'amuse et apprend plus à la maison) est naturel, mais vous savez bien que votre toute puissance maternelle a des limites et que
votre fils pour grandir doit  se séparer de vous. Je pense que cette séparation n'est pas effective, il y a sûrement un lien à dénouer pour que vous acceptiez lui et vous de la rendre
acceptable. Vous aimeriez des preuves visibles et si celles-ci pouvaient être comme à la maison c'est à dire des fiches d'exercice, cela vous rassurerait , mais Marine, il se passe des choses
invisibles qui ont autant d'importance que les apprentissages, et notamment de l'ordre du savoir être.


J'ai tenté de vous expliquer ce qui de votre point de vue peut agir contre l'adaptation de votre enfant, concernant la maîtresse, je ressens une certaine distance de part et d'autre.
C'est compliqué quand des parents sont insatisfaits de continuer à être à leur écoute et de chercher des solutions, certains enseignants ont le réflexe de protection:" je me ferme et j'oublie",
j'ai le sentiment que c'est le cas. Vous avez donc la volonté de contrer cette attitude et je vous donne raison. Comment décoincer un dialogue qui semble bien fermé ? En ne partant pas du mode
reproche ( elle ne fait pas grand chose, le prend pour un demeuré, ne fait rien, ne l'entend jamais, il s'ennuie), mais plutôt en partant de ce que vous ressentez en tant que maman: inquiétude,
désir de l'aider, de comprendre. Vous allez voir l'enseignante non pas pour lui donner l'impression qu'elle est la seule responsable mais que vous aimeriez son aide, son soutien dans cette étape
de la vie de votre petit garçon.Le mélange GS-PS est à la fois une chance et un handicap, une chance car les grands aident les petits, servent de modèles, donnent de l'élan, un handicap car
parfois les petits sont un peu oubliés, peuvent avoir du mal à trouver une place parmi ses grands trés à l'aise. Il faut en tenir compte.


Enfin je terminerais par mon regard sur votre situation , je pense que vous allez trouver ce qui va aider votre fils, vous allez lui faire confiance, il a besoin de sentir cette
confiance, il a la capacité de s'adapter et il lui faut de plus de temps pour quitter sa maman, chacun va à son rythme, il ne faut jamais précipiter les choses, par contre, il faut être à son
écoute et c'est ce que vous faites. Ne doutez pas de vos compétences parentales, vous les avez. Personne , jamais, ne vous remplacera dans le coeur de votre enfant.






sophie 16/11/2008 22:24

Merci beaucoup pour tous ces conseils! Effectivement je pense que, même si j'ai avec mes enfants des propos très positifs sur l'école, mon petit garçon sent forcément que je m'inquiète et cela produit probablement l'effet inverse de celui recherché...Et vous avez raison aussi, je crois que je ne fais pas assez confiance à la maîtresse que je sens assez déroutée face à l'attitude de certains enfants, mais qui cherche certainement à se montrer compétente et à asseoir son autorité.
Je pense donc que nous allons aller à ce rendez-vous avec l'idée de faire mieux connaissance pour se faire confiance! Et nous lui demanderons un 2nd rendez-vous en présence de notre petit garçon cette fois...
Merci encore
Bonne soirée
Sophie

isa 16/11/2008 22:40


Voilà une bonne décision, votre petit garçon va s'en sentir mieux, il a besoin de temps et de la confiance de ses parents, sa maîtresse va le regarder autrement à la suite de votre
entretien et cela va l'aider aussi.


del 16/11/2008 16:46

bonjour sophie, je viens de lire ton message, et je viens à toi pour partager mon expérience de début d'année, je suis professeur chez les TPS PS, pour la première fois aussi, et j'ai également eu des difficultés avec une petite fille qui avait commencé en septembre sans difficultés apparentes, mais voilà que vers la deuxième semaine d'octobre, son comportement s'est modifié, elle ne voulait plus participer aux activités, elle s'isolait, ne cessait de faire des bêtises: grimper partout, manger les légumes du coin cuisine et le pire, je l'ai retrouvé les mains et le visage dans un urinoir entrain de lêcher celui-ci!
j'étais complétement désorientée d'autant plus qu'elle n'agissait pas comme ça au début d'année!
j'ai donc pris rendez-vous avec la maman et la petite fille.
Je ne sais pas ce qui s'est passé dans sa petite tête, mais en tout cas, depuis ce rendez-vous, elle s'est beaucoup calmée, elle participe de nouveau et ne fait plus de bêtises. Je pense qu'il est essentiel de faire participer votre petit garçon au rendez-vous le concernant. sa maîtresse veut peut-être vous rencontrer au préalable pour vous demander comment agit votre fils chez vous... peut-être pour trouver des solutions, mais il faudra je pense à un moment ou un autre, qu'il soit présent pour qu'il comprenne ce qu'on attend de lui. en tous les cas, il me semble qu'il n'est pas justifié de s'inquiéter de son attitude, il s'agit d'une première scolarisation, et c'est normal que pour certains l'adaptation soit plus longue que pour d'autres!
en ce qui concerne la politesse, nous sommes en droit d'attendre des enfants un bonjour ou un au revoir,mais leur niveau de développement langagier ne permet pas toujours de l'exprimer, chacun agit alors différemment, mais pour moi, un bonjour peut simplement être un signe de tête, un bisous...
je pense qu'avec diplomatie, on peut toujours dire à l'autre notre ressentie, nos difficultés, nos attentes...pour ma part, je ne serai jamais vexée de ce que les parents ont à me dire pour aider à faire progresser leurs enfants, vous êtes ceux qui le connaissent le mieux et aussi ceux qui peuvent nous aider dans notre démarches. si vous le pouvez, j'aimerai vraiment connaitre la suite, après votre rencontre, tenez nous au courant.
quand pensez vous isa?
à très bientôt
del

isa 16/11/2008 21:56


encore merci de ton appui, Del, il y a besoin que les parents renouent le dialogue avec les enseignants si nous voulons la réussite de tous les élèves.


sophie 16/11/2008 15:57

Bonjour,
Et bravo pour votre blog si instructif...
Je suis maman d'un petit garçon de 3 ans qui a fait sa rentrée en septembre(et aussi PE1 mais c'est une autre histoire...). Les premiers jours, il semblait content d'aller à l'école, la séparation était un peu difficile, mais pas plus que pour les autres enfants de la classe. Le soir il nous racontait - avec ses mots bien sûr- ce qu'il avait fait, mangé, nous chantait les comptines, etc..Bref, nous pensions que tout allait bien, d'autant que lorsque nous demandions le soir à son enseignante - nouvelle dans l'école et c'est sa première PS- si la journée s'était bien passée, elle n'avait rien de particulier à nous dire. A part c'est vrai quelques réflexions toujours sur un mode un peu négatif: il manque d'énergie, il n'est pas bavard, il est fatigué...
Mais depuis la rentrée de Toussaint, il ne veut plus aller à l'école, c'est la croix et la bannière pour l'y amener, et c'est terrible d'y laisser ce petit bonhomme si triste...En discutant finalement avec l'ATSEM que nous connaissons puisque notre fille ainée a passé 3 ans dans cette école, nous nous sommes rendus compte que notre petit bonhomme refusait depuis le début de l'année de participer aux activités, n'ouvrait pas la bouche en classe (elle ne connait pas le son de sa voix), ne chantait pas les comptines, etc...Apparemment il reste assis sur le banc toute la journée ou presque, ne joue même pas dans la cour.
Nous sommes un peu sidérés car lorsqu'il est avec nous ce n'est pas un petit garçon timide ou inhibé. Il est même du genre très vivant, toujours partant pour jouer avec les autres, bavard ( il parle encore mal mais il parle beaucoup!).
Nous avons demandé un RV avec la maitresse (c'est demain)pour en parler, comprendre ce qui se passe et faire en sorte qu'il soit moins malheureux d'aller à l'école...
En y réfléchissant, nous avons un peu le sentiment qu'elle porte un regard assez négatif sur lui, qu'elle l'a déjà un peu catalogué et le laisse dans son coin...Bien sûr elle a 25 enfants à gérer...Mais elle nous semble assez rigide en fait. Par exemple depuis la 2e semaine, elle ne laisse pas entrer les enfants dans la classe sans qu'ils lui aient dit "Bonjour maitresse", ni en sortir sans un "Au revoir maitresse". Cela peut durer plusieurs minutes avec certains et elle ne "lâche" pas l'enfant.Je sais bien que c'est l'un des apprentissages de la PS, mais dés la 2e semaine et de cette manière? Comment faire en sorte de dialoguer avec elle sans qu'elle pense qu'on juge sa pratique (ce qu'on fait pourtant, je sais bien...)et qu'elle nous écoute sans penser qu'on idéalise notre enfant (ce qu'on fait bien sûr aussi!)?
Par ailleurs, elle souhaite que notre enfant n'assiste pas au rendez-vous alors que nous pensions que cela pourrait être bien pour lui de voir que ses parents et la maitresse discutent, qu'on s'interesse à ce qu'il fait à l'école (en évitant bien sûr de le prendre à témoin, etc...). Qu'en pensez-vous?
Dernière question (j'en ai plein, désolée!): avez vous déjà eu le cas d'un enfant qui s'isole ainsi? Qu'avez-vous mis en oeuvre pour y remédier? Que nous conseilleriez-vous en tant que parents?
Merci d'avance!!
Sophie

isa 16/11/2008 20:44


Bonsoir Sophie , comme je l'ai dit à Del, j'étais absente presque tout le week -end et c'est pourquoi je vous réponds si tard.
Votre inquiétude est légitime et vous avez raison d'aller voir la maîtresse pour parler avec elle, tout dialogue est la meilleure des solutions à une situation d'incompréhension. Votre petit garçon
se montre trés différent de ce qu'il est à la maison semble-t-il, il ne va pas vers les autres et ne parle pas me dites vous ! Il se montre méfiant et n'ose pas s'aventurer. Il a besoin , de mon
point de vue , que vous lui signifiez que vous aimez qu'il grandisse et qu'il ne va pas toujours rester un petit bonhomme, qu'il peut donc s'aventurer vers les autres, qu'il va trouver beaucoup de
plaisir à jouer avec eux et qu'il aura plein de choses à vous raconter le soir ( puisqu'il aime parler ,me dites vous). Il a besoin d'entendre de votre bouche que l'école est un lieu pour
rencontrer d'autres enfants et apprendre à vivre avec eux.
De votre point de vue, vous avez besoin d'avoir confiance en cette maîtresse si débutante, mais vous n'y parvenez pas puisque vous sentez votre enfant malheureux, ce qui aggrave son sentiment
de méfiance à l'égard de l'école, vous comprenez le cercle vicieux dans lequel vous êtes. Par ailleurs , cette jeune maîtresse débutante se trouve démunie face à la réaction de votre fils,
c'est angoissant d'avoir un élève qui vous renvoie l'image de votre échec à le faire devenir élève, elle sent votre attente, elle pense qu'en montrant aux parents qu'elle est exigeante (
dire bonjour , aurevoir),elle sera plus professionnelle à leurs yeux. Bref, voilà l'incompréhension dont je parlais tout à l'heure, tout se met en place pour que votre petit garçon se sente en
insécurité dans la classe et pleure pour y aller. Il me semble donc essentiel d'aller dialoguer, d'aller dire votre confiance à cette jeune maîtresse, de lui dire combien votre fils parlait de
l'école les premiers temps, de lui dire que vous êtes inquiets de le voir changer d'attitude, de lui dire vos responsabilités ( peut être ressent-il cette inquiétude ?) et de souhaiter que cet
entretien apporte un changement grâce à une compréhension réciproque.
J'ai effectivement eu au cours de ma carrière des enfants comme votre petit garçon, les raisons peuvent être diverses, le rôle de l'enseignant est de lui donner sa place, de l'inciter à aller vers
les autres ou d'inciter les autres à aller vers lui, de le faire parler en regroupement le plus souvent possible, de valoriser ses interventions.
voici les 4 besoins fondamentaux des élèves:
besoin de se sentir protégé
besoin d'appartenance
besoin de reconnaissance
besoin d'initiative ( dire ce qu'il pense, s'exprimer, communiquer)
Comme l'a trés bien dit Del, vous seuls connaissez votre enfant et savez ce qui est bien pour lui, je trouve dommage effectivement que l'enseignante déconseille sa présence car il aurait besoin
d'entendre ce qui est dit.
Comme Del , j'aimerais connaitre l'issue de votre rencontre, Je vous souhaite beaucoup de bonheur avec votre petit garçon et soyez confiante, en augmentant votre inquiétude , vous lui dites: "
Je ne te fais pas confiance , je pense que tu ne vas pas t'adapter à l'école", il semble être un petit garçon joueur et vif, soyez heureuse de lui.
à bientôt


corinne 16/09/2008 18:14

merci pour ta réponse Isa, je vais rencontrer les parents lundi et mettre en pratique tes bons conseils, à bientôt, corinne

isa 17/09/2008 10:50



Bonne décision, je souhaite que tout se passe bien pour cette rencontre.



Marion 15/09/2008 18:02

Je n'aurai pas "trouvé" , pardon ...

Marion 15/09/2008 17:54

Bonjour Isa ! ça y est , je l'ai mené ce fameux entretien ! et ça s'est super bien passé ... Attention ... je dois dire que la maman était sacrément sur la défensive et a "attaqué" sur un mode super agressif , voire incorrect ... Mais bon , grâce à toi , j'ai chassé ma nature (non , elle ne reviendra pas au galop) et j'étais super zen ... Je m'étais conditionnée ( zen , zen , zen , respire Marion ) ... ouah ! ça a marché car à la fin elle était plutôt détendue et souriante ... Je suis qd même restée + d'1/2 heure à parlementer , expliquer , rassurer ... Je ne lâche pas l'enfant (toujours aussi terrible) et j'y mets des mots ... Voilà je m'incline devant ta grande sagesse et non , je n'aurai pas trouver la solution toute seule , car j'ai plutôt une nature "rentre-dedans" et je pense que j'étais bonne pour un sacré conflit si tu ne m'avais pas tempérée ... "Chapeau-bas" et merci encore !!!

isa 15/09/2008 20:59


Bravo ! Tu devrais avoir du changement dans le comportement de l'enfant dans les jours qui viennent.


corinne 14/09/2008 14:25

Isa, j'ai changé de mail mais je suis l'instit du lycée franaçis espagnol, si tu te souviens. j'ai un gros souci avec un enfant violent (coups de poing, coups de pied, refus de travailler et de respecter les règles, nuisances sonores constantes ), les parents ont refusé de collaborer l'an passé avec mes collègues, ils nient la situation, comment faire et avec l'enfant, et avec la famille ???? merci de ton aide !!

isa 14/09/2008 15:17


Bonjour Corinne,
Tu me demandes conseil sur une situation extrême , me semble -t-il. Soit l'enfant est en grande difficulté et relève de l'aide spécialisée, soit tu y peux quelquechose et il va falloir t'armer de
patience , de sang-froid et de grande attention pour lui. Concernant les parents, il faut persister dans le dialogue, mais comme je le dis dans mon article, il faut partir d'eux, de la façon dont
ils ressentent les choses et ce qu'ils souhaitent. Ce n'est pas lors du premier entretien que tu vas faire bouger leur position, c'est un lien à nouer délicatement avec eux , en les respectant dans
leur déni ( celui ci exprime de la souffrance: peut être y a-t-il chez eux beaucoup de violence qu'ils ne sont pas prêts à reconnaître). Ma dernière année d'enseignement, j'ai eu moi-même un petit
garçon en grande difficulté  et il m'a fallu l'année et toute mon expèrience pour que les parents acceptent un rendez vous au CAMSP.  Vis à vis de l'enfant , il faut aussi que dans
ta classe, tu sois la représentante de la règle et que tu mettes en place la sanction ( voir mon article sur l'autorité de l'enseignant), j'ai quelquefois assis un élève 10 fois de suite sur
la chaise à réfléchir quand il refusait d'y aller  lui-même, en lui indiquant qu'il ne pouvait décider seul, que j'étais l'adulte et que je le protégeais contre lui-même et son manque de
contrôle.Il faut tenir , il faut adapter, pour certains que je savais encore incapables  de résister à la frustration, je proposais 30 secondes visibles grâce à l'horloge et mes fameuses
gommettes ( point de repère: quand l'aiguille arrive à la gommette , tu peux revenir avec nous). Par ailleurs, il faut que tu prennes bien le temps de l'observer, de le voir avec les autres,
comment il appréhende l'espace ( explore-t-il ou reste -t-il à proximité de l'adulte ? ), ce qui déclenche ses refus, ce qu'il aime faire, à quels moments de la journée est-il difficile ?Il faut
que tu le comprennes. Te concernant , il faut aussi que tu réfléchisses à ta façon de le regarder, de le craindre ( peut être), de le reprendre( si cela ne fonctionne pas, tenter une nouvelle
manière de l'aider ), si tu es dans l'affectif, tu ne peux pas complètement l'aider, il faut que tu le considères comme les autres élèves avec le même souci de lui et de son bien-être. Il cherche
peut être ton attention et tu peux lui donner sous une autre forme que la réprimande , en lui demandant de s'asseoir à côté de toi, en posant ta main sur son bras ( pour certains les contacts
les calment). Enfin pour finir, ne va pas au bout de ta patience, le jour où tu sens qu'il te sort par les yeux , confie le à ta collègue un moment, mais cela doit être fait dans la véritable
exaspération et ne doit pas devenir une habitude: tu me gênes, je te rejette !!!!!!!!!!
Notre métier a ses grands moments de doute et de désespérance, mais c'est aussi grâce à eux ,quand nous les avons surmontés, que nous nous sentons des professionnels.