indiscipline: quelles attitudes éducatives ?

Publié le par isa

Devant la demande fréquente de difficulté à gérer le groupe d’élèves , je me suis dit qu’il y avait sûrement un besoin de répertorier  des attitudes éducatives qui permettent d’agir avec les élèves indisciplinés, vous allez reconnaître certaines de vos actions, cette liste est inspirée en partie des travaux de  Redl et Wineman ( ce n’est pas récent mais c’est toujours d’actualité), elle n’est pas exhaustive, il y en a sûrement d’autres encore, elle permet déjà d’avoir en tête des méthodes d’intervention , d’y réfléchir, de s’approprier celles-ci et d’y avoir recours avant l’épuisement nerveux. Souvent, le recours à la sanction est presque la seule réponse apportée au comportement transgressif, ce qui fait qu’il n’y a pas de nuances , ni de graduations dans l’éventail des réponses, les élèves ont besoin de comprendre qu’agresser un autre élève n’est pas la même chose que déchirer la page d’un livre.

 


1- L'intervention par un signal non-verbal : c’est éveiller l’attention d’un élève qui s’apprête à faire une bêtise sans le menacer pour autant exemple : le pointer du doigt.


2- Le contrôle par la proximité ou le toucher :
exemple :en regroupement le perturbateur est assis à proximité de l’enseignant une main posée sur le bras.


3- Participation émotive de l’adulte qui manifeste son intérêt aux activités de l’enfant :
exemple : l’enfant qui pleure à qui l’on demande de nous parler de ses jouets ou donner la parole à celui qui s’agite.


4- Décontamination de la tension par l’humour : la technique agit par diversion, exemple : en cas d’agitation du groupe dire : « eh bien les petits amis, je crois bien qu’il est temps de se détendre les jambes si on allait faire une farce à Laurence l’ATSEM, on va lui faire croire que nous sommes partis »


5- Aide opportune : exemple : au regroupement agitation due à l’ignorance l’enseignant répond à la place du groupe.


6- L’interprétation comme intervention :
il s’agit d’aider les élèves à comprendre une situation qu’ils ont mal interprétée ou de les amener à découvrir leurs propres motivations exemple : face à un non respect évident des livres, nous opposons à l’enfant une interprétation de son comportement ( tu ne veux pas que je puisse raconter les livres en les abîmant ainsi)


7- Regroupement :
changer la disposition des places, modifier la distribution des  enfants par rapport aux adultes exemple : en sortie scolaire, l’enseignant récupère l’élève qui se montre agité dans un groupe dont la responsabilité est donnée à un autre adulte.

 

8- L'intervention verbale directe : très courant exemple : « Martin ! reste assis ».


9- Retrait de l'enfant de l'activité :
les critères favorables qui doivent être pris en considération sont : danger physique, le groupe alimente l’état de désorganisation de l’élève, l’amour propre de l’élève doit être sauvegardé, éviter la contagion, il faut imposer des limites exemple : en EPS ; celui qui n’obéit à aucune consigne est écarté temporairement,la chaise à réfléchir dans la classe. 

10- Arrêter physiquement l'enfant:
arrêt d'agir (avec calme)... Intervention de dernier recours, requis lorsqu'il y a un danger potentiel dans le comportement de l'enfant pour lui-même ou pour les autres enfants.

 

 

 


11- Attribution d'une responsabilité : favoriser la valorisation des compétences ou du désir d’aider en responsabilisant l’élève difficile exemple : tu es responsable du ramassage des cartes de présence.


12- Injonction paradoxale:
dire à l'enfant le contraire de ce qu'on attend de lui, à utiliser avec beaucoup de discernement exemple : tu ne cries pas assez fort, je pense que tu peux crier encore plus !


13- La confrontation positive:
 exemple : Qu'est-ce que tu veux vraiment dire?


14- La reformulation
: demander à l'enfant de répéter les règles.


15- Tonalité de la voix:
élever ( le moins souvent possible) ou abaisser la voix ( le plus souvent possible)


16- La réparation:
exemple : Mélanie a écrit sur le téléphone, l’enseignant lui donne une éponge pour qu’elle nettoie ce qu’elle a fait.

 

17- Permission et interdiction formelle : la permission permet d’encourager les élèves dans une attitude de confiance , la technique d’interdiction formelle se définit par un NON qui est dit de telle manière que toute discussion pour modifier cette décision devient inutile.




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violaine 14/11/2008

Bonsoir,
Voilà longtemps que je ne vous ai pas écrit, mas je suis toujours très attentivement ce qui se dit sur votre site.
Cette année j'ai une classe de 32 petits dont 20 sont de fin d'année (août à décembre) et c'est vraiment très difficile. Je suis enfin arrivée à gérer la motricité, les déplacements, le coin regroupement, mais j'ai encore des difficultés pendant les ateliers car les petits ne pensent qu'à "jouer" (ou lancer les jouets, jeter les livres, etc ...). Je ne parle même pas du bilan des ateliers en fin de matinée ou plus personne n'écoute. Alors, je progresse doucement en appliquant vos précieux conseils. Mais j'ai encore du chemin à parcourir.
Merci encore pour votre site génial, si, si.