semaine 19 " Il est où ?"

Publié le par isa

 

 

LE LIVRE DE LA SEMAINE

 

Je ne saurais trop vous conseiller d’aller faire un tour sur le site de Christian Voltz , l’auteur de ce livre. Prenez le temps d’admirer ses sculptures, il y a vraiment matière à inspiration pour le travail artistique en maternelle, et puis ensuite profitez de ses petits films d’animation qui sont d’une grande qualité.

Le livre de cette semaine peut sembler un peu facile voire simple. Il recèle pourtant d’atouts importants en ce qui concerne le travail à faire à ce moment de l’année et plus particulièrement lorsqu’on choisit « Agir et s’exprimer avec son corps » en activité dominante.

Il allie à la fois schéma corporel et structuration de l’espace, c'est-à-dire exactement ce que les élèves ont à construire pour évoluer avec leur corps. Il découpe la reconstitution du corps en étapes ce qui est fort intéressant du point de vue pédagogique et il interroge sur l’espace en situant les morceaux les uns par rapport aux autres grâce à des prépositions spatiales.

 

 

 

 

OBJECTIFS :

 

Agir et s’exprimer avec son corps : fiche 13 «  Parcours gymnique niveau 3 »
, mime à partir d’objets (reconstitution d’un bonhomme à la manière de C.Voltz), mime de la sculpture avec le corps d’un camarade, distinguer ce qui est devant, derrière, sous, au milieu.

 

Devenir élève : coopérer .

 

Découvrir le monde : se repèrer dans l’espace : situer des objets les uns par rapport aux autres, découvrir les formes : comparer et classer selon la forme ( carré et rond), dessiner un carré, découvrir le vivant : reconstitution du schéma corporel, dessin du bonhomme.

 

Percevoir, sentir, imaginer, créer :  mouvement artistique de référence «  Le Bauhaus », artiste référent « Klee »: dessin du carré, notion : juxtaposition.

 

S’approprier le langage :   album langage : travail sur les pronoms (il ou elle) à partir des photos prises durant les mimes ( à prévoir) , imagier : un mot par jour ( sous, derrière, au milieu, ensemble).

Découvrir l’écrit :  reconnaître son prénom en capitales d’imprimerie parmi 4 autres prénoms n’ayant pas d’initiales communes.

 

 

 

COMMENTAIRES :

 

 Extrait d’une intervention de  Mireille Brigaudiot pour «L’ Observatoire de l’enfance en France» sur les interactions adulte/enfant et les manières d’apprendre.

(…)


Etape 5 :

Avec ses capacités de développement, notamment sur le plan moteur et sur le plan du langage qui accompagne tout ça, l’enfant va se mettre un jour à faire un bonhomme. C'est ce qu'on appelle le têtard. Vous voyez le saut qualitatif qu'il a fait puisqu'il sait qu'il dessine, il sait ce qu'il dessine, il sait qu'on appelle ça « bonhomme », même si le mot « bonhomme » ne correspond pas à un contenu comme pour nous. Une preuve est que si, à cette époque-là, on lui dit « tu dessines la maîtresse » ou « ton papa », etc, il est mal à l’aise, il hésite, parfois il refuse. Comme si «dessiner un bonhomme » n’était pas « dessiner quelqu’un ».

Au moment où il dessine, il ne sait pas ce que veut dire « bonhomme », mais il « sait » des choses qui n'ont rien à voir avec ce que l'on sait, nous, et que l’on mobilise quand on dessine un bonhomme. Par exemple, si on dit à l'enfant, « maintenant on va poser ton dessin là et je vais t'aider à en faire un autre, on va le faire ensemble ». On lui donne une feuille de papier blanc et on lui dit « vas-y, tu fais comme ça » et on ne fait que le geste, sans tracer. « Tu fais un très grand rond, tu fais 2 points pour faire les yeux, tu fais un autre rond en dessous… ». De fait, on fait une dictée de dessin et en faisant ça on obtient un stéréotype de bonhomme adulte. On l'a obtenu sous la dictée. On enlève ce papier et on le pose devant lui, à sa vue. Il a donc le dessin stéréotype adulte complet devant lui et on lui donne alors une autre feuille blanche en lui demandant : "tu peux essayer d'en dessiner un autre comme ça ?". Ou bien il dit oui et il refait son têtard, ou bien il dit : "non, j'aime mieux celui-là", et il fait son têtard. Cette expérience est un protocole expérimental  qui montre que l’enfant a une sorte de pré-conscience de ce que les adultes dessinent par opposition à ce que, lui, dessine. Pour que l’écart entre les deux compétences se resserre, on parle de « maturation interne » puisqu'il a la capacité graphique de faire autrement (en copie) et pas la possibilité de le faire seul. Les chercheurs disent que son « modèle interne » en est là pour le moment. Voilà encore un exemple de « zone » où il y a, au même moment, du développemental et de l'interaction. C’est excellent pour l’enfant.

Etape 6 :

Ce sont les moments où l’enfant va vont s'entraîner à faire des dessins, de plus en plus maîtrisés, et où il va commencer à porter des jugements sur ses propres performances « dessinatoires ». Par exemple, il dessine un bonhomme et il dit "pas beau" et il le jette. S’il fait ça, c'est une hypothèse, c'est qu'il a quelque part une capacité à poser un écart entre ce qu'il est en train de faire et ce qu'il pourrait faire ou ce qu'il a vu faire ou ce qu'il pourra faire. C'est ça qu'on peut travailler dans la collectivité qu’est l'école maternelle parce qu’on est à l’école, lieu par excellence où il faut donner aux enfants l’envie de progresser dans les apprentissages. Et je regrette de ne pas trouver de recherche sur la pédagogie et la didactique du dessin parce qu’on aurait là un moyen fabuleux d’intéresser des enfants de tous milieux socioculturels. La représentation analogique du réel les passionne tous, quel que soit leur milieu social d’origine. On n’aurait tort de s’en passer…

Etape 7 :

L’enfant a fait évoluer son bonhomme et maintenant on a les pères et les adultes qui vont porter des jugements sur le dessin, qui vont continuer à le valoriser mais qui vont faire un étayage. On veut dire par là que l’adulte s’occupant de l’enfant va le guider pour que son dessin se rapproche, pas à pas, de celui du stéréotype culturel. Il lui dit : « il faut lui dessiner les yeux, les cils, ah mais il lui manque les oreilles », etc.. On voit que le verbe « il lui manque » est la trace d’un produit fini normé (un dessin de bonhomme DOIT avoir certaines caractéristiques obligatoires) vers lequel il faut tendre. Il y a guidage de la part de l’adulte. Les enfants s’en ressaisissent.

Voici un exemple avec Yacine qui dessine son bonhomme et s’arrête à 3 ans ½ alors qu’à 5 ans, et une fois qu'il a fini, il dit : "j'ai oublié le corps". C'est cet énoncé qui est important pour nous, ce n'est pas le dessin, parce que l’énoncé montre que l’enfant situe son dessin par une auto-évaluation centrée sur le stéréotype adulte. Si l’on veut bien accepter que le dessin du bonhomme soit une activité cognitive, on a alors affaire avec une auto-évaluation de type « méta », un savoir sur le savoir. Incidence : on ne se fait plus du tout de souci pour Yacine, il est sauvé pour nous scolairement parce qu’il a ce recul nécessaire aux activités scolaires.

(…)

 


LES REGROUPEMENTS :

Regroupement 1 9h30-9h45 :

  

     Lundi  : De retour en classe, suite à la séance d’EPS, les élèves vont ENCORE expliquer à Dalma ce qu’ils ont fait à partir d’une maquette ( clippos, légos + figurines représentant une partie du parcours gymnique) . L’élève volontaire doit utiliser le vocabulaire nécessaire afin que Dalma comprenne que cette petite brique est le banc ou que cette boîte est le meuble sur lequel il faut monter. Bref, l’enseignant s’assure que les élèves réinvestissent le vocabulaire travaillé la semaine dernière. Ensuite, il montre l’image du mot du jour : sous,les élèves doivent le dire ou tenter de le comprendre. Chaque jour , ils auront un petit travail à faire autour de ce mot ( puzzle, coloriage, dessin, graphisme, collage…..) avant de le coller dans l’imagier.

 

 

     Mardi : idem Lundi, mots du jour : derrière. au milieu 

 

 

    Vendredi: idem Jeudi, mot du jour :ensemble.

 

 

     

 

ATELIERS avant la récréation

N°1 S’approprier le langage

«  Je parle avec l’aide de mon album langage, j’utilise le pronom « il » ou « elle »  pour parler des autres.

 

Objectifs : développement de la maîtrise du langage, travailler le langage d’évocation.

Compétence visée :  utilisation du pronom il ou elle.

Support  : album langage

Matériel :photos prises lors des séances de mime.

Consigne : « Je propose que tu choisisses la photo d’un copain ou d’une copine et que tu me dises ce qu’il mimait  »

 

 

N°2 S’approprier le langage

«  Je colle un mot dans mon imagier »

 

 Objectif : travail sur le vocabulaire.

Compétence visée :  comprendre et acquérir un vocabulaire pertinent

. Matériel :  fiche mot + pot de colle

Consigne : « Tu reconstitues l’image du mot à coller dans ton imagier ».

 

Tous les mots font partie du stock de mots à connaître à 4 ans.

 

 

   

    Fiche  3 mots imagier : sous et derrière

   

    Fiche 4 mots imagier : au milieu et ensemble

 

suite de l'article ICI ( mon article était trop long pour over-blog , il a fallu que je le scinde en deux)

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marie 25/01/2009 15:56

Bonsoir
J'ai encore une question cette fois-ci d'organisation.
Comment lances-tu tes ateliers? Il faut donner pour chaque atelier la consigne mais personne n'écoute vraiment et quand on les installe à leur table je dois réexpliquer. C'est pas évident. Quels ateliers autonomes mets-tu? Je mets construction, graphisme qui finit pour certains en ???, pâte à modeler, bref tout ce que font le plupart des instits. Dur d'être en autonomie en janvier .
Donne moi ta solution
Sachant que j'ai les ateliers des moyens à lancer donc je ne lambine pas.
merci par avance et bon week-end.

isa 25/01/2009 19:27


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