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Publié le par isa

L'APPEL DES APPELS

C'EST AUJOURD'HUI


Publié dans aparté

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Yasmine 31/01/2009 16:56

Un pamphlet bien tourné......d'un anonyme
>
> Le Président et le ministre
>
> LE PRÉSIDENT
>

Entrez-donc mon ami et venez prendre place
> Afin de me conter ce qui vous embarrasse
> La réforme est lancée, elle avance à grands pas
> Mais je vois bien qu’à tous celle-ci ne plaît pas.
> Aussi voudrais-je entendre de votre propre bouche
> Pourquoi les enseignants prennent ainsi la mouche.
>
> LE MINISTRE
> Mon bienfaiteur et Prince ne vous alarmez point
> Voyez comme en ces temps je sais rester serein.
> J’ai fait ce qu’il fallait et fait preuve d’audace
>
> LE PRÉSIDENT
> Allez contez moi donc je ne tiens plus en place !
>
> LE MINISTRE
> J’ai d’abord pour vous plaire modifié les programmes
> Pour faire des élèves des besogneux sans âme.
> Ils se feront gaver du matin jusqu'au soir
> Et n’auront plus de sens à donner au savoir ;
> Voilà qui nous fera des citoyens dociles
> Qui ne s’attacheront qu’à des choses futiles.
>
> LE PRÉSIDENT
> Fort bien, les programmes sont un bel artifice
> Pour manœuvrer les gens non sans quelque malice.
> Voyez ce que je fis pour prendre le pouvoir
> Promettant des réformes, n’en disant que très peu,
> Pour qu’une fois reçu l’aval des isoloirs
> Je puisse me sentir libre et faire ce que je veux !
> Mais veuillez donc poursuivre votre plan de disgrâce
> Car je veux tout savoir !
>
>
> LE MINISTRE
>

Voilà ce qui se passe :
>

Je commence par rayer en trois ans les RASED
> Et pour tromper les gens sur le maintien de l’aide
> Je laisse aux enseignants l’entière liberté
> De s’occuper tous seuls de la difficulté.
> Ils auront pour cela comme unique bagage
> La chance de pouvoir faire quelques journées de stage !
> J’ai enlevé deux heures d’école par semaine
> Mais évidemment pas pour ceux qui mal apprennent :
> On dit la journée de trop longue durée
> Qu’il faudrait réformer notre calendrier
> Et moi je vous dis qu’il en faut d’avantage
> Et qu’il faut les forcer même jusqu’au gavage !
>
> LE PRÉSIDENT
> C’est à n’en point douter une idée fort plaisante,
> Le mérite sera la seule valeur payante !
>
> LE MINISTRE
> Pour ceux qui veulent apprendre de maître le métier
> Je les envoie le faire à l’université.
> Voyez l’inanité d’une bonne formation
> Nous qui n’avons besoin que d’agents et de pions !
> Cela vous plaît-il ?
>
>
>

LE PRÉSIDENT
>

Assurément je pense,
> Mon humeur est ravie et elle est d’importance
> Car c’est elle qui règle le cours de mes pensées
> Qui font toujours écho à l’actualité.
> Mon caprice me met dans des emportements,
> J’ai des mots qui ne sont plus ceux d’un Président,
> Je flatte ce qu’il faut des instincts les plus bas,
> Parle plus en mon nom qu’en tant que chef d’état,
> Sur toutes mes idées je veux qu’on légifère
> Et ne supporte pas qu’on m’empêche de le faire.
> Des médias je me sers et grâce à mon emprise
> Ils me suivent au mieux dans toutes mes entreprises,
> Enfin, si j’utilise les services de la presse
> C’est parce qu’aux yeux de tous il faut que je paraisse.
> Mais contez-moi encore votre train de mesures.
>
> LE MINISTRE
> De l’école en danger j’augmente la fêlure :
> Il existe des classes que l’Europe nous envie
> Accueillant les plus jeunes des enfants du pays.
> Il serait opportun de les faire disparaître
> Pour affecter ailleurs ce réservoir de maîtres
> Qui ne font de leur temps que des couches changer
> Et ne connaissent point les joies de la dictée.
> Des enseignants en moins réduiraient nos dépenses
> Et il n’y aurait plus de maternelles en France !
> Afin de remplacer les absences des maîtres
> Avec tous ceux qui veulent, une agence va naître.
> Si celui qui remplace se trouve être plombier,
> La chaudière de l’école il pourra réparer,
> S’il est mécanicien et connaît son affaire
> Les voitures des collègues il pourra bien refaire,
> Et si par de la chance il se trouve enseignant
> Il pourra pendre en charge d’une classe les enfants !
>
> LE PRÉSIDENT
> Je reconnais bien là votre astuce admirable
> Et votre esprit retors qui ne se sent coupable !
> Cette école qui veut faire des citoyens
> Il faut qu’à l’avenir elle n’en fasse rien !
> Œuvrez donc mon ami, la tâche n’est pas mince
> Car c’est l’éducation qui menace les Princes !!!!



Bien que la situation soit bien triste, je trouve ce pamphlet au goût du jour.
Bonne continuation à tous et merci encore Isa pour ce blog qui nous apporte le soutien que certains bien trop dans les hautes sphères ont omis de nous donner!

isa 31/01/2009 18:47



trés allégorique, par contre, ce n'est absolument pas crédible du point de vue du vocabulaire, ce pamphlet utilise un langage qui dépasse trés largement le  "stock de mots"
utilisés par les personnes réelles en présence.
merci Yasmine