La valise de Dalma

Publié le par isa

Projet « Ecriture d’un livre de récits »

 La valise de Dalma

 


 
Elle peut contenir :

·      Pyjama

·      Doudou ,Nounours

·      Brosse à dents

 

Elle doit contenir :

·      Livre « Jean-Loup »

·      Carnet de voyage

·      Appareil photo jetable

 

 

A propos du carnet de voyage :

Il s’agit d’un petit carnet dans lequel l’enseignant a collé une page explicative , par exemple :

« Voici le carnet de voyage de Dalma, chaque élève a deux pages pour « écrire », dessiner, coller des photos de ce qu’il a fait avec Dalma afin de l’aider à construire son récit.

Notre contrat d’accueil est le suivant :

1.    Lui faire un super lit.

2.    Lui lire son livre « Jean-Loup ».

3.    Le photographier.

4.    Lui apprendre quelque chose.

5.    « Ecrire » dans le carnet.

Merci d’aider votre enfant dans ses tâches. »

Chaque jour, l’enseignant note «  La page de ________ ».

Ce petit carnet permet à l’élève de construire son récit une première fois avec l’aide de sa famille, de rassembler ses souvenirs, de « s’entraîner », il apprend à mettre en pensée ses actions, c’est un préalable au langage d’évocation.

 

A propos de l’appareil-photo jetable :

Pendant plusieurs années , ayant remarqué que certaines familles prenaient des photos , j’ai pensé qu’il serait plus équitable de proposer un appareil-photo pour tout le monde. Ayant bien expliqué aux élèves l’utilisation et ses contraintes ( maximum deux photos), j’ai eu l’agréable surprise de voir que cela fonctionnait ( bien sûr , il y a eu quand même des couacs mais peu finalement) .La dernière année , il y avait tant de familles avec des appareils-photos numériques que nous avons eu des photos immédiatement après l’accueil de Dalma. C’est un choix à faire en fonction des familles.  


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sophie 09/05/2010 10:43



Oui Isa tu as raison quant aux précautions à prendre avec les parents ! Je pense que je dois apprendre encore à être patiente et à composer; effectivement les parents sont très heureux de ce
projet, et ils me demandent tous avec angoisse comment s'est passé le récit de leur enfant à midi, sils ont "su" comme ils disent raconter, c'est touchant. J'ai oublié de te faire part d'un
retour particulièrement amusant d'un enfant : il a commencé son récit et puis il s'est mis à dire des mots inventés en suivant du doigt les lignes écrites sur le cahier comme s'il lisait
vraiment, on le sentait tellement appliqué, j'en avais les larmes aux yeux ! Merci encore !



isa 09/05/2010 11:35



oui c'est touchant toutes ces réactions inattendues qui nous dévoilent les élèves tels qu'on ne les imaginaient pas, et dans ces attitudes ils nous disent des choses. Pour celui-ci, il
indique son plaisir de lire tout en montrant que la langue écrite est pour lui un mystère, l'oral et l'écrit ne se sont pas encore rejoints.



sophie 09/05/2010 09:41




Bonjour Isa, nous vivons des récits de vie sensationnels, les enfants se prennent vraiment au jeu, et je me rends compte des progrès de chacun, c’est PRODIGIEUX ! Chaque enfant a
spontanément offert quelque chose à notre Mimi Souris, et la valise s’enrichit à vue d’œil, je vais sans doute la devoir la changer ! Je réalise toute la difficulté de raconter le
vécu : des enfants qui au quotidien s’exprime très bien ont des difficultés à adopter les temps du récit, à faire des « tris » dans leur tête pour rester dans les propos ;
nous avons eu 7 récits, et les enfants spectateurs arrivent maintenant grâce aux questions à recentrer en quelque sorte le récitant. Je me demande si les parents consacrent vraiment du temps à
retranscrire dans le cahier avec leur enfant ce qu’ils ont fait ; j’ai plutôt la sensation qu’ils écrivent pour la plupart seuls, d’où la
difficulté pour les enfants le lendemain de se rappeler ; je vais certainement réexpliquer que le moment où l’on raconte avec l’adulte est fait pour aider l’enfant à se remémorer ce qu’il a
vécu, et qu’il ne s’agit pas de faire le maximum de choses, il n’y a pas de compétition ! Qu’en penses-tu, serait-ce trop directif ?



isa 09/05/2010 10:17



je pense Sophie que la participation des familles est un bien précieux qu'il faut manier avec précaution, une fois le projet lancé si tu indiques par tes remarques que tu es insatisfaite
de leur participation , tu risques de créer un sentiment d'impuissance et faire de ce moment de partage un "devoir scolaire". Comme pour les élèves qui au fur et à mesure évoluent dans leur
récit, les parents évoluent dans leur participation, dommage pour les premiers mais c'est ainsi. Il ne faut pas oublier qu'écrire un texte avec son petit n'est pas chose facile, nous avons
nous-mêmes professionnels des moments de doute sur comment nous y prendre, je pense qu'il faut accepter que cela leur appartienne et qu'ils le vivent comme ils le souhaitent. Pour accueillir
l'autre, il faut apprendre à être non jugeant, c'est trés difficile mais nous devons nous y contraindre. Ce projet accueille la participation des familles, quand tu me dis qu'ils font des cadeaux
à Mimi souris, qu'ils sont heureux et qu'ils font des progrés, je trouve que ce sont de trés bons signes sur le déroulement de ton projet. J'aime aussi que tu soulèves la difficulté du récit y
compris pour des grands parleurs, voilà que tu constates que le langage peut être défaillant pour des élèves que tu pensais performants. c'est exactement là où je voulais en venir, afin de
démontrer que ce fameux langage d'évocation n'est pas acquis et qu'il est nécessaire de créer des situations où les élèves s'y trouvent confrontés afin de l'apprendre. Les récits que je mets
chaque semaine dans le cahier de liaison sont là pour montrer que chez les petits on n' obtient pas des romans et que ces quelques lignes souvent décousues sont les prémices d'un
apprentissage qui va se poursuivre pendant plusieurs années. Bravo Sophie pour ce commentaire qui va éclairer d'autres collègues sur ce projet et permet d'avoir des réactions "à chaud". En tout
cas, voilà comment je vois les choses, bien entendu ,tu es seule maître à bord, tu entends ce que je dis et tu fais comme tu l'entends ( selon Dolto)



Marion 07/11/2009 17:55


Merci Isa pour ces précisions importantes. je vais donc y réfléchir pour adapter à mes objectifs et ne pas perdre de vue la notion de temps chez l'enfant, effectivement.
Quel luxe de pouvoir échanger sur nos pratiques et partager nos points de vue : nous sommes trop souvent confrontées à des questions simples ou plux complexes qui, avec de l'expérience et du
bon sens, trouvent tout naturellement des réponses dans ces échanges : MERCI.


Marion 07/11/2009 12:54



J'envisage de commencer en décembre la visite de la marionnette dans les familles : il y a déjà des élèves "bons parleurs" et ils peuvent motiver les plus petits parleurs à se lancer un peu plus
tard ... de plus, ayant 33 élèves dans ma classe, il va falloir du temps pour que tout le monde accueille la marionnette : je pensais la laisser partir le week end et les vacances....
En ce qui concerne le résultat final : le livre partira dans les familles fin juin ? Tu as prévu un livre par famille ? ou un seul qui circule au fil des récits ???? ce n'est pas la même
organisation. Merci pour tes précisions à ce sujet.



isa 07/11/2009 14:10


Tout peut être envisagé, ce qu'il faut surtout c'est de ne pas perdre de vue ses objectifs. La construction d'un récit est un exercice difficile en PS, j'avais choisi de le mettre en place
sur le dernier trimestre car cela correspondait de mon point de vue à la capacité moyenne, même si des élèves auraient pu le faire bien avant et d'autres ne pourront le faire correctement en
fin d'année. L'idée était aussi de construire un projet ensemble, avec un but pas trop éloigné dans le temps, on sait combien les durées chez les enfants ne sont absolument pas les mêmes que pour
les adultes, donc deux mois à attendre pour voir son projet réalisé ( un livre), deux mois pour se répartir l'accueil de Dalma est une durée compatible avec leur notion de temps. Imagine, l'élève
qui voit son copain emmener la marionnette et lui il ne pourra peut être le faire que d'ici 4 mois, c'est extrêmement frustrant à leur niveau, voire décourageant. De plus, le fait des récits
quotidiens entretient la flamme et le désir de communiquer à son tour, c'est un peu comme une aventure collective , tout le monde joue le jeu ( les parents aussi), les événements s'enchaînent
multipliant la créativité de chacun, plus la distance est longue entre chaque visite, plus les élèves oublient et risquent de ne pas montrer suffisamment d'imagination, l'émulation n'est pas la
même. Les progrés concernant le groupe sur sa capacité d'écoute et de formulation des questions se construisent grâce à la répétition quotidienne de la situation. MAIS comme je n'ai jamais fait
autrement, je me trompe peut -être et je serais surprise de voir les mêmes progrès. C'est pourquoi je te dis tout est envisageable, ce qu'il faut c'est observer l'amélioration de leur langage et
notamment celui de l'évocation.
Pour les livres, je collais les récits ( comme tu as pu le voir) dans les cahiers de liaison au fur et à mesure , car les parents étaient trés impatients de savoir ce que leur enfant avait raconté
( tu vois que même les parents veulent une petite durée) et le livre était constitué et fabriqué en fin de mois de Juin, chaque famille recevait un livre en cadeau, c'était d'ailleurs le but
affiché au départ pour motiver ce projet avec les élèves: faire un livre pour les parents. Avec 33 élèves, il faut démarrer juste après les vacances de Pâques ou un petit peu avant, mais je crois
que ç'est faisable sur le dernier trimestre. A toi de réfléchir à tes objectifs et à l'insertion de ce projet dans une progression construite.