aborder tous les domaines d'activités de manière égale: le programme d'Isa

Publié le par isa

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La quatrième proposition de cette série est de l’ordre de l’organisation. C’est un mode de travail qui se veut spécialiste. Les apprentissages en maternelle sont organisés en domaines d’activités :

  • Devenir élève
  • S’approprier le langage et découvrir l’écrit
  • Découvrir le monde
  • Agir et s’exprimer avec son corps
  • Percevoir, sentir, imaginer, créer

Dans chaque domaine, une progression établie s’inscrit dans une programmation choisie par l’enseignant mais aussi l’équipe pédagogique.

Mon choix est de privilégier un domaine d’activités par période (5 domaines pour 5 périodes)

 

 

Le constat :

 

L’enseignant doit  penser la répartition des programmes sur une année scolaire.

En maternelle, les programmes ,bien que de plus en plus détaillés, ne sont pas figés et l’enseignant a à la fois la contrainte (respect des programmes) mais aussi la liberté d’aborder telle ou telle compétence au moment où il le souhaite.

Cette autonomie donne le sentiment que la routine ne peut scléroser la pratique, bien que …. C’est aussi ce qui fait dire aux enseignants : «  Nous n’avons pas la même pression qu’en élémentaire », les programmes ne sont pas vécus aussi défavorablement.

Ce champ d’action élargi donne un éventail de possibles dans lequel on peut se perdre.

Le risque étant que, parfois, les choix seront menés par intérêt personnel ou par contrainte sociale.

J’entends par là qu’un enseignant qui n’aime pas particulièrement l’EPS peut se laisser aller à « sauter » les créneaux en argumentant du temps qui lui manque, des travaux à finir, de la séance précédente qui s’est mal passée, de la fatigue …..

A l’inverse, un enseignant peut choisir de ne travailler que la découverte de l’écrit et le travail sur le langage sous prétexte que les attentes des parents, des collègues, de la société sont ceux-ci.

De la même façon, les projets artistiques sont relégués aux fêtes et les élèves ne sortent leur blouse de peinture qu’une fois dans la semaine.

Concernant le «  devenir élève », il est partout mais n’y a-t-il pas à creuser certains de ses aspects et à prendre du temps pour construire l’idée même de citoyen, d’individu coopératif et émancipé et d’élève.

 

L’organisation de l’année en maternelle se fait majoritairement autour de thèmes, parfois récurrents, qui accompagnent le déroulement d’une année ( automne, noël, hiver, galette, carnaval, pâques, printemps….) .

Ceux-ci donnent un rythme et peuvent dans certains cas enfermer dans une routine ( voilà pourquoi j’ai écrit  « bien que » plus haut). Une certaine facilité est choisie, celle de reprendre ce qui a été fait les années précédentes, ceci a l’avantage d’avoir été éprouvé mais l’inconvénient est le risque de fadeur qui éteint petit à petit l’élan de l’enseignant.

 

Ayant toujours eu le souhait de renouveler ma pratique afin d’éviter mon ennui et donc l’ennui des élèves (c’est communicatif, ne jamais sous-estimer cela), j’ai cherché une organisation qui m’obligerait à aborder tous les domaines de manière inévitable et qui me donnerait l’occasion d’approfondir un aspect de celui-ci. Cela susciterait logiquement des recherches donc de la nouveauté mais aussi des projets.

 

Travailler un domaine d’activités par période

 

L’organisation que je propose est très simple à mettre en place.

L’année est découpée en 5 périodes ( Septembre-Octobre, Novembre-Décembre, Janvier-Février, Mars-Avril, Mai-Juin).

 Les programmes sont découpés en 5 domaines d’activités.

 Il est facile de choisir un domaine pour une période. Ceci a l’avantage de tout balayer.

 

En pratiquant de cette manière, l’enseignant qui n’aime pas l’EPS devra malgré tout y consacrer un projet et sûrement apprendre à l’apprécier.

 Les activités artistiques auront leur place au même titre que les maths ou l’écriture.

 

Cela n’a pas pour effet de ne plus pratiquer aucun autre domaine, évidemment, les élèves les travailleront mais l’un d’eux est mis en avant et un projet est construit autour de celui-ci.

 

La pédagogie de projet est un moteur puissant pour le goût d’apprendre, elle stimule l’intérêt des élèves qui donnent du sens à leurs apprentissages. De surcroît, elle suscite un renouvellement dans le choix des sujets à étudier et maintient la dynamique dont l’enseignant se nourrit professionnellement.

 

Cet aménagement nécessite d’explorer les compétences à atteindre, de fouiller ses propres idées, de lancer des recherches, de s’informer, d’imaginer et ceci est favorable à l’épanouissement intellectuel.

Je n’insinue pas que celles et ceux qui travaillent différemment ne le font pas, je sais combien les enseignants s’investissent. Je montre seulement que cette manière de pratiquer est une sorte de prétexte pour s’obliger à ne rien laisser de côté. A la fin de l’année, chacun sait qu’il a abordé tous les domaines de manière égale.

 

La répartition dans l’année est au choix de l’enseignant.

Personnellement, j’ai toujours commencé par le domaine « devenir élève » ( ou vivre ensemble à mon époque), cela me semblait être intéressant pour l’enfant qui arrive et qui va avoir à découvrir l’école, ses règles, ses codes, son rapport aux autres, sa place dans le groupe. La gamme d’ouvertures est large.

Et je terminais l’année par le domaine « s’approprier le langage et découvrir l’écrit » qui m’apparaissait être une forme de conclusion à une année centrée sur le langage. En outre, les élèves étant plus à l’aise avec la langue, il s’avérait avantageux d’approfondir le sujet et d’aller vers l’écrit plus spécifiquement, ce qui reste à cet âge encore complexe.

 

Pour le reste, la décision se prenait en fonction des idées de sujets imaginés pour l’intérêt général, il peut aussi se faire en concertation avec les collègues selon les répartitions du cycle.

 

Selon moi, en appliquant cette organisation, l’enseignant pose un cadre qui lui permet d’évoluer avec toute la liberté qu’il veut tout en se sentant assuré de travailler les programmes.

L’école est un lieu de connaissances et d’apprentissages, aucune des matières à enseigner ne doit manquer à la formation des enfants, nos préférences n’ont pas à agir sur nos pratiques, la polyvalence doit s’exercer dans un total équilibre, cette proposition répond à cette exigence.

 

 Pour aller plus loin dans l’information, voici les liens : exemples de préparations à l’année 2010-2011 ou bien lire les explications dans mon livre «  La boîte à outils indispensable pour bien débuter en petite section »

 

Le prochain article de la série «  Le programme d’Isa » correspond au cinquième pilier  de cette plate-forme : s’appuyer sur la culture quotidiennement.

 

Commenter cet article

buckyballs 17/06/2014 13:50

My cousin is a kindergarten teacher. So, I leaned some important tips from her. Sometimes, it could be difficult task to familiarize the kindergartners with the process of reading. You also need to teach the children as much math as you can.

isa 18/06/2014 11:53

Welcome Buckyballs

valou 15/10/2012 20:45


Bonsoir Isa, peux tu m' aider ;-) ? Je passe bcp de soirées sur ton site et j'y puise plein d'idées super enrichissantes. J'aimerais m'informer plus sur le graphisme en petite section. Savoir par
où et par quoi je dois commencer, et quelle progression .... Il me semble avoir vu un lien que tu donnais sur un livre à acheter (avec un cd?! c'est possible?) mais je ne sais plus dans quelle
rubrique j'ai vu cela!


Merci d'avance et encore félicitation pour ce blog Génialissime ;-)

isa 15/10/2012 20:56

Toute la période 2 de l'année dernière( 2011-2012) est consacrée au graphisme, des références sont citées, et une progression est proposée. Il s'agit de partir des dessins libres des élèves , d'isoler des figures pour créer des cartes de graphisme et d'accompagner des ateliers de graphisme avec l'utilisation de ces cartes. Les livres de la période sont d'Hervé Tullet, auteur favorisant l'interactivité créatrice.