apprendre à écrire de la PS à la GS d'après Zerbato-Poudou par Elaine: tribune libre

Publié le par isa

tu écris-copie-2

Les vacances de la Toussaint ont été pluvieuses, j'en ai donc profité pour lire un lire très intéressant de Marie-Thérèse Zerbato-Poudou : "Apprendre à écrire de la PS à la GS" (chez Retz). Je souhaite mettre en place ce qu'elle propose pour les MS et pour bien m'en imprégner, j'ai tapé tout ce qui m'intéressait dans le livre. Cela donne un document un peu long je l'avoue ! Ayant lu le message sur l'apprentissage de l'écriture selon Dumont, je pense que les deux procédés peuvent se compléter et donner quelque chose d'assez riche ! Je vous joins donc mes notes de lecture.

 

APPRENDRE À LIRE DE LA PS À LA GS

Marie-Thérèse Zerbato-Poudou, Retz, 2007

 

1Enseigner l'écriture à l'école maternelle : le choix d'une pédagogie

1.1Principes pour élaborer un dispositif d'apprentissage

  • 3 postulats :

  • On apprend à écrire en écrivant, et non en déguisant les lettres en dessins.

  • Reproduire fidèlement un modèle ne témoigne pas du rapport élaboré par l'élève au savoir « langue écrite ». C'est le contexte qui l'aide à se repérer dans la complexité des tâches scolaires.

  • C'est en échangeant avec les autres, adultes et pairs, au sujet de l'organisation des mots, des lettres, des procédures d'écriture, que les élèves élaborent des repères pour agir et qu'ils s'approprient les règles d'écriture.



Il est nécessaire d'  « éduquer réellement l'attention visuelle – découvrir, observer et discriminer les formes – et à développer les habiletés gestuelles pour elles-mêmes – explorer les possibilités motrices, acquérir une gestuelle diversifiée et adaptée, analyser les différentes procédures -, tout ceci autrement que par la seule injonction de « faire comme le modèle ».

« A l'école maternelle, ce n'est pas la nature du savoir qui fait que les élèves distinguent le travail du jeu, ou les activités entre elles. C'est le lieu et le moment de la journée, les outils et supports, le dialogue didactique qui lui permettent de donner du sens à son activité et aux différents objets de savoir. »1

 

1.2Mise en œuvre : se servir des critères pour réguler

Le résultat du travail de chacun est analysé à l'aide de critères : critères de réussite (comment je sais que j'ai réussi ?) et critères de réalisation (quelles procédures doivent être employées ?).

« La verbalisation des activités permet de donner sens aux productions et de les rendre communicables, elle permet aussi à l'enfant de se repérer et de se situer dans les étapes successives de l'apprentissage. »2

Le langage est considéré ici dans sa fonction de construction de la pensée : mettre en mots ses actes, ses procédures, ses intentions, c'est organiser sa pensée.



  • Critères de réussite pour la copie des mots :

« A quoi je vois que mon travail d'écriture est réussi ? »

  • la complétude : le mot doit comporter toutes les lettres,

  • l'ordre : place des lettres dans le mot,

  • l'alignement : les lettres ne sont pas dispersées sur la feuille et suivent une trajectoire horizontale,

  • la conformité des lettres, leur forme : lettres reconnaissables, sans déformations.



  • Critères de réalisation :

Le seul examen de la forme ne dit pas quelles ont été les procédures utilisées pour aboutir à l'écriture du mot, des lettres. C'est l'examen des procédures de réalisation qui s'avère alors nécessaire.

« Comment fait ma main pour tracer ? »

  • le respect de la trajectoire du mot : commencer par la première lettre à gauche et aller vers la droite,

  • le respect de la trajectoire des lettres : le ductus des lettres, en particulier pour l'écriture cursive.



1.3Un point fort du dispositif : instructions données à l'adulte

  • Centration sur la forme :

Il s'agit ici d'organiser des actions pour que la lettre (ou le mot) soit conforme au résultat attendu.

Question posée par l'enseignant : « Comment dois-je faire pour tracer cette lettre ? »

=> Les élèves décrivent ce que l'enseignant doit tracer

=> L'enseignant trace les traits ou les formes demandées, mais, sciemment, ne les fait pas exactement comme le modèle pour conduire les élèves à préciser leur orientation, leur forme, leur organisation spatiale, leur grandeur, etc.

=> importance d'un vocabulaire précis

=> Cela permet l'indispensable décentration requise pour la construction de connaissances.



  • Centration sur les procédures :

Les élèves sont sollicités pour décrire les gestes, les mouvements nécessaires à l'exécution des tracés selon les règles, et les procédures lorsque l'enseignant souhaite travailler la trajectoire.

Question posée par l'enseignant : « Que doit faire ma main pour tracer ce trait vertical ? Vers où doit-elle aller ? »



2Conduire les apprentissages dans les trois sections

2.1Tableau synoptique d'un apprentissage progressif pour les trois sections

cf. Annexe 1

2.2Petite section

  • Compétences à installer en petite section :

Il s'agit ici de développer des compétences pour passer de la trace fortuite et spontanée à la trace volontaire, passer du « faire » (centration sur l'action concrète) au « dire le faire » (organisation verbale de l'action) puis au « penser le faire » (organisation cognitive de l'action).

« L'élèves sera conduit à :

  • effectuer de grands gestes et des tracés sur de grandes surfaces (avec les deux mains),

  • dépasser l'inhibition motrice et contrôler l'impulsivité,

  • contrôler le tonus musculaire (vitesse, freinage, ampleur des mouvements) et la continuité du geste,

  • limiter les actions motrices répétitives (mouvements de « persévération », impulsion motrice non contrôlée),

  • dissocier le mouvement de l'épaule et celui du coude puis du poignet,

  • tester la pression à exercer.

=> Les mouvements deviennent volontaires et organisés vers un but : taper, frotter, glisser.

En fin de petite section, l'élève doit pouvoir :

  • motricité : limiter et orienter le geste en fonction du plan de travail et des consignes (gestes amples ou réduits) ; reproduire une forme simple mais précise (action volontaire),

  • préhension : tenir de manière adaptée et efficace des outils scripteurs (en particulier les crayons),

  • organisation spatiale : occuper un espace particulier, situer des positions relatives (dedans, dehors, sur, sous),

  • perception : identifier et décrire des lignes et formes simples, respecter une consigne. »3



=> détail des compétences à installer et tâches de l'enseignant p.37 à 41





  • Des précautions à prendre : choix des tâches, des outils et des supports

tâches :

Eviter de demander de repasser sur des lignes, sur des formes en pointillés, et encore moins sur des mots ou des lettres. cette activité ne permet pas d'installer les compétences pour l'écriture. Le fait de suivre un tracé a pour conséquence de centrer l'attention des élèves sur le respect de la consigne : « rester sur la trace », plus que sur la forme elle-même. Au lieu d'obtenir un tracé continu, on obtient en général un tracé saccadé. De plus les élèves risquent de commencer leur tracé n'importe où, comme ils le peuvent, puisque pour eux l'objectif est de ne pas manquer le tracé.

outils :

Il ne faut pas laisser les élèves inventer la prise de l'outil, mais les guider pour qu'ils trouvent le geste adapté.

Pour réaliser volontairement une trace, l'outil doit offrir une petite résistance qui ralentit légèrement le geste, ce qui permet un contrôle moteur et des tracés plus maîtrisés.

supports :

Varier les formats, proposer de grandes feuilles, des bandes de papier étroites, des feuilles carrées, utiliser les chutes de découpage.

Eviter les surfaces trop lisses, les pochettes plastiques, les ardoises blanches. Un papier rugueux est particulièrement intéressant pour apprendre à diriger sa main.



  • Progressivité des apprentissages : de la découverte à la manipulation de l'objet « langue écrite »

  1. Période 1 : entrer dans la culture écrite

=> écrire sous les yeux des élèves : « Ecrire sous les yeux des élèves est indispensable pour qu'ils puissent observer la transformation de l'oral en écrit et commencer à élaborer des représentations sur ce qu'est l'écrit, ce qu'il représente, comment il fonctionne. »4

=> faire reconnaître les photographies des élèves

=> fabriquer les étiquettes des prénoms devant eux

=> reconnaître son prénom avec la photographie





  1. Période 2 : manipuler son prénom

La boîte à prénoms (boîte à petits tiroirs qu'on trouve au rayon bricolage et contenant des petites étiquettes avec le prénom de l'enfant) s'avère être un outil intéressant pour plusieurs raisons : permettre l'identification du prénom sur un autre support et procéder de façon autonome au marquage des prénoms.

=> reconnaître son prénom sans photographie :

  • présenter quotidiennement une ou deux étiquettes à l'ensemble des élèves, qui doivent essayer de trouver à qui elle appartient.

  • demander de trouver l'étiquette d'un élève sur le panneau de présence et d'absence

  • écrire régulièrement un prénom au tableau

=> utiliser la boîte à prénoms :

déroulement de la découverte en petits groupes :

  1. présenter la boîte et en expliquer l'usage

  2. écrire le prénom d'un élève sur une étiquette et demander à cet élève de choisir un tiroir et coller l'étiquette sur la façade du tiroir.

    => refaire pour tous les élèves

  3. prendre les travaux d'élèves sur lesquels le prénom est déjà écrit et demander aux élèves de prendre une étiquette prénom et de la coller sur la feuille.



  1. Période 3 : affiner l'activité perceptive sur d'autres mots

=> organiser des dispositifs pour la manipulation de mots et de lettres :

  • présenter des mots approchant la graphie du prénom des élèves et demander d'identifier les éléments semblables ou différents de ceux du prénom. Ceci permet d'initier à la catégorisation.

  • faire rechercher, dans un bac rempli de lettres découpées, les lettres de leur prénom qu'ils doivent réorganiser. (+ loto des lettres)

=> ne proposer des essais d'écriture qu'aux plus habiles et qui semblent prêts

2.3Moyenne section

Début de l'apprentissage systématisé de l'écriture

Les tâches intéressantes, susceptibles d'entraîner une motivation interne, sont celles qui sont perçues comme étant difficiles, mais pouvant être maîtrisées après un certain effort, ce qui est valorisant.



  • Compétences à atteindre en moyenne section

« En fin de moyenne section, l'élève doit pouvoir :

  • écrire son prénom en majuscules d'imprimerie en respectant l'horizontalité et l'orientation de gauche à droite

  • reconnaître son prénom écrit en écriture cursive

  • repérer des similitudes entre mots à l'écriture reconnaître des lettres de l'alphabet »5

La maîtrise de la trace n'est qu'un des aspects de cet apprentissage : une « belle écriture » n'est pas nécessairement signe de compréhension du fonctionnement du système d'écriture et de ses fonctions.



  • Progressivité des activités d'apprentissage de l'écriture en capitales

  1. Période 1 : la préparation (sept / nov)

=> vérifier les acquis :

Avant d'entreprendre l'apprentissage systématique de l'écriture, les élèves doivent :

  • avoir rencontré des écrits nombreux et variés

  • avoir régulièrement vu l'enseignant en train d'écrire

  • savoir reconnaître leur prénom au milieu des autres, retrouver quelques lettres dans d'autres mots

  • avoir développé des habiletés grapho-motrices (gestes fins, reproduction de formes, respect des tracés et trajectoires, des proportions et rythmes)

  • tenir convenablement le crayon

  • savoir s'orienter dans l'espace feuille

  • distingue la gauche et la droite sur lui même

=> réinitialiser le rapport au savoir « langue écrite » :

  • reconnaître son prénom sur les étiquettes

  • la boîte à prénoms

  • observer l'écriture de l'adulte



  1. Période 2 : les premiers apprentissages (déc / avril)

=> phase 1 : conduire des activités d'apprentissage (dec / fev)

  • organisation temporelle :

Etape 1 : analyse du mot

2 séances

Etape 2 : analyse des lettres

3 séances

Etape 3 : étude des procédures

3 ou 4 séances

centration sur les aspects formels : analyse de la composition du mot et de la forme des lettres (critères de réussite)

centration sur les procédures (critères de réalisation) et découverte des conventions de l'écriture des lettres



  • organisation matérielle :

  • papier à dessin idéal pour les premiers apprentissages

  • mieux vaut du papier sans lignage :

La contrainte de suivre la ligne ajoute aux difficultés d'écriture et attire l'attention sur un des aspects de l'écriture : l'horizontalité, qui se régule assez naturellement par la suite. Au début de l'apprentissage, les élèves ont du mal à anticiper leur mouvement pour toucher la ligne : ils écrasent les lettres sur la ligne. Certains ne peuvent s'y appuyer, d'autres pensent que la ligne fait partie intégrante de leur prénom.

  • crayons à papier à mine tendre

  • papier placé horizontalement pour avoir le plus de place possible en longueur

  • dater les travaux et écrire le nombre d'essais successifs qui concrétisent l'avancée des apprentissages

     

  • choix du premier mot :

  • le prénom :

+ : aide à la construction de l'identité et valorise l'activité d'écriture ; permet de montrer que, quelque soit le mot, la règle d'écriture est la même (alignement, présence de toutes les lettres...)

- : pose problème pour les élèves qui ont un prénom long, double ou complexe par les lettres qui le composent ; travail d'analyse et de réalisation plus long car il faut examiner chaque prénom avec précision, gestion du groupe plus complexe



  • un mot unique collectif :

+ : gestion du groupe plus simple ; facilite l'appropriation des règles de l'écrit car les échanges collectifs portent sur une référence commune



  • déroulement des premières séances d'apprentissage :

  1. analyse du mot

    1. l'enseignant écrit le mot sur chaque feuille

    2. les élèves copient le mot et l'enseignant observe leurs pratiques

=> ne jamais intervenir au cours de la copie : laisser les élèves exécuter la tâche comme ils le peuvent permet d'obtenir de nombreuses indications sur leurs compétences et stratégies ; modifier seulement la tenue de l'outil, l'attitude corporelle, en passant à côté d'eux et en rectifiant leur maintien sans injonction ni commentaire

  1.  
    1. évaluation collective des résultats : les critères de réussite du mot sont examinés :

« Vous avez fini, maintenant nous allons évaluer, en regardant si le mot que vous avez écrit est bien écrit, comme le modèle, et si je peux le lire. »

=> critère d'orientation de la trajectoire et la position spatiale : « qui peut me dire de quel côté de la feuille j'ai commencé ? Dans quel sens faut-il aller ? »

=> critère d'alignement, d'horizontalité : « comment j'ai placé les lettres , partout sur la feuille ? » « montrez moi avec le doigt comment sont placées les lettres. » « les lettres sont alignées bien droit, horizontalement. »

=> critère de complétude : « maintenant nous allons vérifier si vous avez écrit toutes les lettres du mot. » « est-ce que vous avez écrit la première lettre ? Montrez la première lettre sur le modèle. » donner le nom des lettres

=> critère d'ordre : « quelle est la première lettre que j'ai écrite ? » « et puis après, c'est laquelle ? »

Le critère de complétude et le critère d'ordre peuvent se confondre , or toutes les lettres peuvent être présentes sans pour autant être placées dans l'ordre exact.

  1.  
    1. les élèves dictent à l'adulte : demander aux élèves de vous guider pour effectuer vous-même la copie du mot en prenant en compte les observations précédentes.

    2. régulation immédiate : recommencer l'écriture du mot pour vérifier l'appropriation des règles

    3. synthèse : les règles de l'écrit sont énoncées

« Quand on écrit, il faut se souvenir de ceci :

  • on commence de ce côté de la feuille (montrer), à gauche, et on va vers la droite,

  • on essaie d'écrire bien droit, en suivant le bord de la feuille,

  • on écrit toutes les lettres, bien à leur place. »

  1. analyse des lettres

    1. copie du mot renouvelée

Il est préférable de garder le même mot pour ces analyses : il est connu des élèves et ils n'ont pas fini d'en extraire les règles pour l'écrire correctement

  1.  
    1. évaluation collective de la forme de quelques lettres : description et comparaison avec d'autres lettres

« Regardez... Est-ce que vous l'avez écrite correctement ? Ressemble-t-elle au modèle ? Est-ce tout à fait pareil ? »

description collective de la lettre : « comment est-elle fabriquée ? »

« Pour que la lettre soit correctement écrite, il faut qu'il y ait ... »

  1.  
    1. dictée à l'adulte des lettres observées

    2. régulation immédiate

    3. synthèse

       

  2. étude des gestes de l'écriture

=> demander à un élève qui a réussi la forme de la lettre de venir expliquer comment il a fait ; puis refaire le tracé et sa description

=> demander à des élèves qui ont effectué le même tracé mais de façon différente, de venir à tour de rôle écrire et expliciter leur façon de faire. ; puis engager des comparaisons ; enfin, donner la bonne procédure

=> dictée à l'adulte

La verbalisation des procédures et des directions est très complexes : d'une part, les élèves doivent se décentrer suffisamment pour isoler l'action de son résultat concret, et, d'autre part, ils doivent nommer les directions alors qu'ils ne maîtrisent pas toujours le vocabulaire adéquat. Il est donc important, dans un premier temps, de donner la bonne formulation, de façon à ce que par la suite les élèves puissent l'utiliser.

Institutionnalisation et régulation : engager immédiatement les élèves à tracer la lettre selon la norme énoncée.

Il n'existe pas à proprement parler de règle officielle pour l'écriture en capitales d'imprimerie, rarement utilisée au quotidien. Le ductus de gauche à droite est souvent proposé mais il peut entraîner des déformations (segments mal équilibrés, lignes obliques qui se courbent, sommet des lettres arrondi). Le ductus « historique » est descendant. En adoptant cette procédure, les traits sont bien droits et les lettres ne se déforment pas.



=> Phase 2 : stabiliser les procédures (mars)

  • élargir le corpus de mots et de lettres

  • introduire d'autres critères d'écriture :

    • régularité de la hauteur des lettres

    • proportions

    • écartement entre les lettres

  • écrire directement son prénom sur les travaux

  • présenter l'écriture script et comparaison avec l'écriture en capitales d'imprimerie



=> Phase 3 : s'entraîner (avril)

  • écrire quotidiennement des mots en autonomie avec modèle

  • écrire entre 2 lignes : à proposer lorsque les élèves maîtrisent convenablement le tracé des lettres. Veiller à la régularité des espaces entre les lettres et surtout entre les mots

  • mémoriser l'écriture du prénom : dictées de lettres, de mots connus, demander aux élèves de vous dicter leur prénom, lettre après lettre, montrer quelques secondes un modèle de lettre ou de mot qu'ils doivent reproduire ensuite, faire reconnaître des lettres au toucher

  • initier la correspondance grapho-phonologique : faire rechercher des ressemblances et différences, identifier les différences avec l'étiquette modèle et lire le mot ainsi créé (passage le plus important pour initier cette relation grapho-phonologique) puis réécriture correcte.



  1. Période 3 : généralisation et transfert (mai / juillet)

=> phase 1 (mai) : généraliser

  • copier des mots librement choisis, des petites phrases ou des locutions : attention au respect des intervalles entre les mots

  • sensibiliser à la segmentation de la chaîne écrite : jeux de mise en relation oral-écrit (dire une longue phrase alors qu'un seul mot est écrit (ou l'inverse) puis lecture de ce qui est réellement écrit)

  • découvrir l'écriture cursive : reconnaître son prénom, dictée à l'adulte



=> phase 2 (juin / juillet) : transférer

En fin de moyenne section, la plupart des élèves devraient être à l'aie avec l'écriture de leur prénom et de tout autre mot, en capitales. Ils devraient avoir vu ou écrit toutes les lettres de l'alphabet et connaître le nom des plus usuelles.



2.4Grande section

  • Compétences à atteindre en grande section

« A la fin de l'école maternelle, l'enfant est capable de :

  • mettre en relation des sons et des lettres,

  • reconnaître la plupart des lettres de l'alphabet,

  • sous la conduite de l'enseignant, copier en écriture cursive de petits mots simples dont les correspondances en lettres et sons ont été étudiées,

  • écrire de mémoire son prénom en écriture cursive. »6



Si, pour l'écriture cursive, les règles de l'écrit découvertes avec l'écriture en capitales demeurent (trajectoire orientée gauche-droite, ordre des lettres, etc.) en revanche, les conventions de l'écriture sont fondamentalement différentes : le ductus des lettres est à étudier avec rigueur et les liaisons entre les lettres renforcent la difficulté.



  • Progressivité des activités d'apprentissage de l'écriture cursive

  1. Période 1 : réinitialisation et consolidation des acquis (sept / déc)

=> réinitialiser le rapport au savoir « langue écrite » :

  • installer le coin écriture : regrouper tous les écrits + écrits d'autres cultures, différents outils et supports, ordinateur

=> vérifier et consolider les acquis :

  • renforcer la motricité et les processus cognitifs spécifiques :

  • habiletés motrices, tonus musculaire : souplesse et continuité du mouvement, mouvement des doigts désolidarisé des mouvements du poing et et de l'avant-bras, régulation tonique

  • tenue corporelle : attention notamment à la distance des yeux par rapport à l'écrit (environ 30 cm)

  • tenue des outils pour écrire : tonicité de la main

  • niveau de développement du schéma corporel : la pratique de l'écriture est directement dépendante d'une bonne structuration du schéma corporel, car la connaissance et la maîtrise que le jeune enfant a de son corps lui servent à coordonner ses gestes, à s'orienter dans l'environnement scriptural et à se construire des repères.

  • structuration spatiale et temporelle :

  • les aspects temporels concernent surtout la capacité des élèves à freiner l'impulsivité motrice en suivant un rythme, ce qui développe l'attention volontaire

  • l'espace graphique doit être investi aussi bien du point de vue de l'occupation de la surface que de l'organisation des formes (proposition d'activités : graphisme décoratif, tracé de rosaces, reproduction de formes géométriques complexes)

- latéralité, préférence manuelle

- mémoire (proposition d'activités : jeux de kim, poésies, liste de mots à mémoriser) : intérêt de la subvocalisation (autorépétition à voix basse) pour aider à mémoriser



  • Réguler les procédures :

vérifier le niveau de performance des écrits en capitales (lettres formées sans approximation et proportionnées, espacement réduit et régulier, horizontalité et trajectoire de gauche à droite)



=> présenter l'histoire des lettres de l'alphabet

=> écrire en script







  1. Période 2 : apprentissage de l'écriture cursive (janv / avril)

L'apprentissage débute en maternelle mais doit se poursuivre en élémentaire.

Les habiletés motrices pour l'écriture cursive reposent sur 2 mouvements qui doivent être maîtrisés simultanément : la translation (la main glisse de gauche à droite) et la rotation (tracer la lettre).

=> choisir une stratégie :

« Deux procédés peuvent se présenter pour introduire l'enseignement de l'écriture cursive :

  • soit apprendre le tracé de lettres par similitude graphique,

  • soit proposer la copie d'un mot dans sa totalité pour étudier ensuite la forme des lettres et leurs attaches. »7

Le document d'accompagnement préconise de commencer par l'apprentissage de plusieurs lettres isolées, regroupées par similitude de forme. Cette approche est sécurisante, bien balisée, et assez fonctionnelle car la forme des lettres et leur ductus sont ainsi solidement fixés.

Cependant, on peut émettre des réserves, d'une part parce que les lettres sont étudiées hors contexte – le sens se perd-, l'entraînement peut se révéler fastidieux (écrire plusieurs fois la lettre), et, d'autre part, parce que les liaisons entre les lettres sont négligées. C'est aussi faire l'impasse sur les acquis et connaissances des élèves qui ont déjà écrit des mots en capitales.

Soit on se focalise sur la forme des lettres, soit on prend en compte la fluidité du geste nécessaire à l'écriture cursive.

=> Possibilité de résoudre ce dilemme :

  • commencer par proposer la copie d'un mot, suffisamment signifiant,

  • engager immédiatement l'étude des lettres de ce mot avec leurs liaisons,

  • élaborer des familles de lettres pour un travail approfondi.



=> Conduire les premières séances

  • Etape 1 : analyse du mot et des lettres avant copie puis évaluation

1. Ecriture du mot au tableau et sur chaque feuille en explicitant l'activité, en donnant le nom des lettres, en soulignant les arrêts, les levés de crayon, les liaisons.

2. Copie par les élèves : observation des procédures

=> défauts ou erreurs souvent relevés : écriture lettre après lettre, sans cursivité, rotations dans le sens inverse, lettres morcelées, lettres incomplètes, déformées, accentuation de certains détails, proportions non respectées

3. Evaluation : comparaison entre le modèle et les productions en associant simultanément les critères de réalisation et les critères de réussite, faire observer la forme globale du mot, notamment les différentes hauteurs des lettres.

4. Analyse approfondie des lettres (forme, ductus et liaisons) : toujours finir par donner la bonne procédure à respecter



  • Etape 2 : dictée à l'adulte, régulation et synthèse

1. Dictée à l'adulte : Isoler la lettre soumise à la verbalisation, par exemple à l'aide d'une fenêtre découpée dans un carton, et donner son nom. Faire décrire la forme de la lettre avec la verbalisation de l'action.

Institutionnaliser le ductus en fin de travail.

2. Régulation : faire réécrire la lettre

3. Synthèse : mise en place d'un cahier de mémoire

Enoncer la règle d'écriture de la lettre, la faire répéter par les élèves. Puis l'écrire dans le cahier de mémoire, associée à sa correspondance en capitales et en script + ajouter des commentaires (règle d'écriture)



=> Approfondir le travail sur le tracé des lettres

  • composer des familles de lettres :

    • les rondes : a, c, d, g, o, q

    • les « coupes » : i, t, u, v, w

    • les boucles hautes : b, h, k, l, f

    • les petites boucles : e, é, è, ë, ê

    • les boucles basses : g, j, y, z, f

    • les ponts : m, n

    • les formes complexes : x, r, s

    • les lettres comportant un trait vertical ou hampe : d, p, q, t

  • définir les frontières entre les lettres

  • travailler les liaisons à l'aide de syllabes

=> Une technique : la représentation mentale



  1. Période 3 : entraînement et généralisation (mai / juillet)



Aides pour les gauchers

  • faire pencher la feuille dans l'axe du bras de façon assez accentuée en plaçant la main sous la ligne d'écriture, afin d'éviter le balayage de la ligne et de voir ce que l'on écrit

  • modèle à droite (risque d'inciter le démarrage de l'écriture à droite) ou au dessus et au milieu





1« A quoi servent les rituels ? », CD-Rom de l'AGIEM, Rites et rituels à l'école maternelle, Zerbato-Poudou, 2006

2Programmes 2008

3Ressources pour faire la classe. Le langage à l'école maternelle, Eduscol, 2011, p.180)

4Ressources pour faire la classe. Le langage à l'école maternelle. Eduscol, 2011, p.196

5Repères pour organiser la progressivité des apprentissages, in BO hors série n°3 du 18 juin 2008

6Qu'apprend-on à l'école maternelle ? nouveaux programmes 2008-2009, p.57

 

7Ressources pour faire la classe. Le langage à l'école maternelle, Eduscol, 2001, p.198

 

+FICHE ANNEXE

 

Elaine

Publié dans tribune 2014

Commenter cet article

Fischer Jacinthe 16/03/2014 20:48


Merci beaucoup pour ton compte rendu de lecture. Nous avons eu sur Agen une conférence de Mme Zerbato Poudou fort intéressante et tes notes résument bien ton propos.

Magali 14/11/2013 22:12


J'aime quand même bien la pluie qui tombe... maîtrise du geste ou bien art décoratif ? 


 



isa 14/11/2013 22:42



dommage il en manque un bout .... et toi tu ne connais pas le livre "L'escargot qui n'aime pas la pluie" ?


je rajoute ta photo entière puisque tu as bien voulu me l'envoyer et franchement je ne sais qui l'a dessinée mais elle est trés belle !






Isabelle L 14/11/2013 20:17


Merci beaucoup pour cette fiche de lecture

Emilie44 14/11/2013 19:37


Merci pour ce compte-rendu très détaillé, je l'ai enregistré sur mon disque dur, je le lirai tranquillement dès que j'aurai le temps de me pencher sérieusement sur
la question!

cathy 10/11/2013 11:51


j'ai assisté il y a plusieurs années à une conférence de Mme Zerbato-Poudou, c'était accès sur graphisme et écriture.


Je touve son travail passionnant, et qui met enfin un terme à tout ce graphisme sur fiche : repasser sur les pointillés, dessiner la pluie qui tombe...


De plus, elle note la différence entre graphisme qui est accès sur l'art et écriture sur l'écrit. Ces 2 domaines ne font pas appel au même lieu dans le cerveau. Les enfants ne font pas le lien
entre graphisme et écriture.


Elle dit (après étude et recherche) qu'un enfant n'a pas besoin de graphisme pour apprendre à écrire, mais qu'il est utile de travailler le graphisme pour d'autres objectifs (art décoratif, 
affiner son geste,  shéma pour la découverte du monde..)


C'est une grande dame!


Et de plus, elle est charmante et pleine de vie.

isa 10/11/2013 12:31



merci Cathy de venir donner encore de petits détails parfois bien éclairants. Personnellement, j'ai toujours appris que les élèves doivent bien distinguer (donc il est bon de leur dire)
dessin, graphisme et écriture, effectivement ce n'est pas la même chose.



Sylvie 09/11/2013 12:21


J'ai des MS/GS. J'utilise la méthode préconisé par MT Poudou, elle fonctionne bien.


Sylvie


 


PS: j'ai eu la chance d'avoir MT Poudou à l'IUFM. C'est quelqu'un d'extraordinaire!

MagaliB 08/11/2013 19:39


Je souhaiterais compléter la réflexion sur l'écriture par le travail de Daniele Dumont. Je n'ai qu'une toute petite expérience en grande section et donc pas la prétention de connaître le sujet en
profondeur mais ses écrits sont extrêment détaillés sur l'apprentissage de ce qui parait évident à aquérir pour l'écriture (tenue du crayon, horizontalité reparage dans la feuille, motricité
fine). Des exercices précis pour y arriver dès la petite section et ça je n'avais rien vu de tel dans les publications de Zerbato. De plus, si en capitales, la technique de la verbalisation du
tracer me semble adapter pour que les enfants tracent des lettres capitales correctement, autant, pour la cursive je penche plutot pou la "théorie" de Dumont qui est basé sur l'automatisation du
geste sans verbalisation. Elle commence par les boucles car la rotation droite - gauche est le geste le plus fréquent dans les lettres cursives ... bref, son travail est tout aussi interessant à
lire et m'a beaucoup apporté pour l'écriture en grande section.

vivi 08/11/2013 13:15


Merci Elaine, c'est vraiment très bien détaillé. Y a plus qu'à..


 

isa 08/11/2013 15:45



J'ai remarqué que selon les recommandations de Zerbato-Poudou, nous étions bien !



francine 08/11/2013 10:56


Merci Elaine pour cet article très intéressant que je vais partager au sein de l'école !


Bonne journée.


 


francine