article à lire sur le malaise des jeunes profs

Publié le par isa

RUE 89 propose un article intitulé "Profs ou instits, déprimés et mal formés ils ont démissionné ..."

 

Il est sévère sur l'entraide et la solidarité dans notre  administration.

 

J'avais proposé comme premier débat dans notre salle des maîtres " équipe pédagogique et aide au débutant". En lisant cet article, je pense vraiment que nous avons une certaine responsabilité et que nous devons tenter de laisser la solitude du métier dans un placard bien fermé.

 

Les blogs , les forums semblent être des lieux de parole, mais pouvons- nous espèrer que dans nos écoles , les jeunes collègues trouvent  la chaleur humaine qui les dissuade de partir et de vivre de tels échecs ?

 

Par le biais de ce post, j'en profite pour apporter tout mon soutien aux écoles qui se battent pour sauver leur classe, pour sauver des conditions de travail, pour sauver l'intérêt des élèves.

 

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Publié dans aparté

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maud 04/05/2011 09:20



oui je m'emballe, je ne suis pas au top en ce moment... désolée...


mais je suis consciente que l'apport théorique est une bonne chose, c'est bien pour cela que je regrette l'IUFM, malgré tout. L'année dernière mon 1/4 de décharge
était une stagiaire IUFM. 1 jour par semaine elle prenait la classe les 3 autres jours elle était à l'IUFM et 2 fois 3 semaines elle faisait ce que l'on appelle un stage massé (toute seule comme
une grande). je pense que c'est dans cette voie là qu'il faut creuser. un peu de pratique accompagnée toute l'année et beaucoup de retours pour bien s'armer et découvrir le métier petit à
petit.



isa 04/05/2011 09:24



courage Maud, les passages à vide font partie de la vie, il y a toujours quelquechose à surmonter,heureusement entrecoupés de belles périodes ! Continue à avoir de beaux élans
d'enthousiasme comme tu sais en avoir !!!



maud 03/05/2011 21:20



je ne garde pas un bon souvenir de l'IUFM mais cela reste toujours mieux que rien. C'est quand même un léger plus de pouvoir au moins discuter entre pairs de ses
problèmes, réussites après les stages effectués. Et puis même si c'est très théorique c'est quand même des bases.


Ce que j'ai toujours regretté c'est l'incapacité de l'IUFM à nous donner de vraies billes comme toi Isa tu fais. je déteste cette phrase "ah non désolé ça ne va pas
, ce n'est pas comme cela que l'on doit faire, mais il n'y a pas de recette" en bref débrouille-toi!


J'ai eu la chance de croiser une super maîtresse formatrice qui avait quitté son école d'application pour enseigner dans une école "normale" en CP, j'avais l'autre
CP et je peux dire que j'ai appris à enseigner à son contact, grâce à elle et ses conseils. Heureusement que des enseignants comme elle, comme toi existent pour aider ceux qui débutent, ceux qui
en éprouvent le besoin...


Détruire les IUFM, c'est ne donner aucune chance aux élèves et aux enseignants de faire leur boulot correctement et sereinement. c'est tout simplement monstrueux,
inconscient et dégueulasse.



isa 04/05/2011 08:59



Tu t'emballes Maud, mais je comprends ton amertume. L'IUFM représente le versant théorique et je pense que c'est indispensable, c'est parfois frustrant car effectivement la pratique n'est
pas toujours suffisamment élaborée. Cependant, cette prise de distance, ce regard qui permet d'analyser ,de connaître les concepts, les divers courants mais aussi la connaissance pure d'une
matière agissent aussi sur la pratique, celle-ci ne peut suffire, il est important de connaître les mécanismes d'apprentissage par exemple. Ce que je pense, c'est que les théoriciens que sont les
enseignants d'université n'ont que peu d'idées concernant la pratique du terrain, ils ne se lancent pas, c'est pour eux un monde inconnu, ils pensent théories, ils pensent connaissances, mais
l'application ne peut être vécue que par l'enseignant de primaire. Heureusement il y a des formateurs issus du terrain, ce sont eux les porteurs de pratiques. Personnellement, je constate que
l'éloignement du terrain nous prive d'une certaine réalité et moi qui est partie il y a bientôt 4 ans, parfois je m'interroge.



Marité 29/04/2011 09:20



Ah! Voilà un commentaire qui me plaît... le rire, l'humour, la bonne humeur sont essentiels à une entente entre pairs et vitaux pour les titiots aussi...


BISOUS.



isa 29/04/2011 09:54



cela ne peut être autrement pour moi, sinon risque d'asphyxie ! bises



la maîtresse des petits 28/04/2011 14:09



Cathie, je suis entièrement d'accord avec toi. Quand j'étais à l'IUFM, on disait aussi que la formation était bien légère et c'est peut-être pour ça que la formation a été vite éliminée... à
force de mouliner du vent, de donner des conseils utopistes, de nous montrer des vidéos avec 6 élèves, de remplir des grilles d'évaluations à tout va, les IUFM se sont sabordés... Néanmois,
la formation avait le mérite d'exister, et ce n'est pas parce que qqchose ne fonctionne pas qu'il faut le supprimer: on peut tjs essayer de l'amender!!!!


Je suis très triste de voir des jeunes collègues dans de telles souffrances - malheureusement, je constate que le monde du travail dans sa globalité n'est pas très chaleureux à l'égard des
jeunes...


Je pense, comme ISA, que nous avons une responsabilité face à cette situation et que nous nous devons d'épauler nos juniors - même si ça prend du tps, même si ils sont mieux payer que nous, même
si on risque de pas leur donner des conseils très académique, même si, même si... J'ai dans mon école, une collègue très individualiste, donc je sais que ça existe... Alors, c'est à nous, celles
(ceux?) qui ont un peu de coeur de s'y coller.


Nous avons accueilli dans notre école une jeune PES, (pe2 en poste toute l'année) elle m'a bluffée, elle est déjà très pro, très investie, elle a le ton juste, un regard très aiguisé sur les
enfants, qqun de très agréable dans la relation: une très bonne recrue que j'aurai plaisir à retrouver comme collègue titulaire prochainement!



isa 28/04/2011 15:39



tu as raison, ce n'est pas toujours facile de former une équipe, d'être bien avec tous,et de se sentir soudés. Cela demande de la tolérance, une grande ouverture à l'autre et je pense
aussi beaucoup d'humour. Bien des relations s'améliorent dans la bonne humeur et le rire, cela ne veut pas dire prendre les choses sans sérieux, mais c'est un moyen d'aller vers l'autre et de lui
dire "soyons modeste et essayons de nous rapprocher même si nous ne nous ressemblons pas" , le rire rassemble.


En ce qui concerne les IUFM, je n'ai pas d'avis tranché, j'ai personnellement beaucoup aimé l'Ecole Normale.



Cathie 28/04/2011 10:39



J'ai lu aussi dans Télérama de cette semaine (dans le courrier des lecteurs) une lettre relatant les difficultés que rencontrent nos jeunes collègues "lancés" sans préparation (ou si peu) sur le
terrain. Même si ma classe est toujours grande ouverte aux jeunes collègues qui passent dans notre école et même si j'aime bien recevoir des stagiaires  et les faire profiter de ma "petite
expérience", je m'interroge parfois sur le fait que la formation repose beaucoup sur les instits déjà en charge à plein temps de leur classe. Il n'y a pas beaucoup de maîtres-formateurs dans
notre coin et ils s'occupent en priorité des collègues qui arrivent dans le métier. Or, ceux qui ont 1, 2 ou 3 ans d'ancienneté auraient souvent bien besoin d'aide aussi.


De plus, je n'ai pas de formation de "maître-formateur" ; comment savoir si ce que je raconte aux jeunes collègues est correct ??


De mon temps, on critiquait beaucoup la formation de l'Ecole Normale (eh oui, je suis un vieux dinosaure...) mais au moins, elle avait le mérite d'exister. Nos 3 années de formation rémunérées
(ça semble un luxe éhonté, de nos jours...) nous laissaient au moins du temps pour faire nos expériences, pour échanger avec les IMF qui nous recevaient régulièrement dans leurs classes.


J'avoue être très pessimiste quant au devenir de l'Education Nationale dans les prochaines années...



isa 28/04/2011 11:10



et oui Cathie, c'est bien de cela dont il est question, une formation digne de ce nom.


Cependant, chacun ne peut s'éxonérer d'un soutien , au moins porte ouverte, sous prétexte que l'éducation nationale ne forme pas correctement.


quant à être capable de donner de bons conseils, je pense surtout qu'il s'agit de chaleur humaine, d'encouragement, de rappels de nos propres débuts et nos propres difficultés afin
d'atténuer ce sentiment de nullité que certains de ces jeunes ressentent. On lit dans ces témoignages surtout des difficultés de gestion de classe, des savoir-être non connus, toutes ces petites
choses que nous avons apprises au fil du temps  et dont il faut partager la connaissance pour  éviter de déboucher sur des abandons trés dommageables.