comment convaincre des parents que leur enfant a besoin d'une prise en charge par Sophie L : la salle des maitres

Publié le par isa

salle des maitres

 

Bonsoir, j'ai un gros souci avec un petit enfant qui a des réactions et un comportement de 18 mois...alors qu'il a 3 ans. J'ai conseilllé aux parents de voir une orthophoniste en novembre car il ne parlait pas du tout. Depuis certes il a fait des progrès mais son comportement est inquiétant et de plus en plus difficile avec les autres enfants et pour les adultes de la classe ou de la cantine qui gravitent autour de lui. Sa façon de marcher est étrange, il n'entre pas en relation avec les autres, il les touche, les "tripote" mais c'est tout. Il ne me regarde que rarement dans les yeux et ne dit toujours pas bonjour, les "mots" qu'il dit ressemblent à des babillements. Bref, j'aurais aimé qu'il fasse un bilan chez un psychomotricien, mais les parents ne veulent pas en entendre parler. Depuis quelques semaines, régulièrement, il fait caca aux toilettes et on le retrouve les jambes tapissées et plein les toilettes. Quels conseils puis-je donner aux parents qui trouvent toujours de bonnes raisons à toutes les remarques que l'on peut faire ??? Et surtout quel comportement dois-je adopter ? je suis aussi directrice de l'école, pensez-vous que je puisse imposer une visite chez un spécialiste avant que nous ne soyions tous dépassés ? Merci d'avance pour votre aide ou réactions.

 

Sophie l

 

 

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vihyko 18/04/2013 11:24


bonjour, j'ai survolé les commentaires par manque de temps donc désolée si je répète un truc déja dit. J'ai mon petit P dans la classe qui pose problème depuis la rentrée et aucune communication
avec la famille, j'ai demandé au psy scolaire de venir l'observer en classe, ce qui nous a permis de déclencher une équipe éducative où la mère est venue. le fait de se retrouver en situation
formelle avec elle a pu poser un peu les choses et nous avons pris la décision de ne le scolariser que le matin et de faire une demande d'AVS car il se met régulièrement en danger. A cett
réunion, il y a avait le psy, l'ATSEM de ma classe, moi en tant que directrice et enseignante, la mère et le médecin scolaire car je l'avais allerté aussi en ayant un doute sur l'audition du
loulou. Du coup maintenant, le dossier est suivi aussi par le maitre référent MDPH pour la demande d'AVS. les parents n'ont touours pas bougé par rapport au CMP malgré l'annotation sur le compte
rendu d'équipe , du coup on peut saisir la MDPH puisque les parents n'ont pas fait le nécessaire après une notif officielle. Voilà comment nous avons réussi à" passer au dessus" si on peut dire,
des parents. bon courage.

Elaine 17/04/2013 21:52


Je comprends tout à fait ton questonnement. Je crois qu'en étant enseignante en petite section, nous avons la lourde tache assez souvent d'être les premiers à dire aux parents qu'il y a quelque
chose qui ne va pas, que leur enfant est différent, qu'un suivi spécialisé serait utilie. Malheureusement, comme nous sommes souvent les premiers professionnels à leur dire, cela est très violent
(ils s'en sont peut-être rendu compte - certainement rendu compte- mais ne l'ont pas forcément conscientisé, mis en mot et l'entendre le rend réel). Pourtant il est nécessaire que quelq'un serve
de mauvais objet. Ce n'est pas facile à porter mais c'est nécessaire aussi bien pour l'enfant que pour les parents. Bien sur ça ne veut pas dire leur lancer cela à la figure, il faut les
accompagner, mais nous ne pouvons pas nous contenter d'euphémismes non plus. le risque serait que les parents entendent par exemple simplement le mot "retard" qui veut dire que leur enfant prend
le temps mais qu'il va récupérer. Ayant travaillé dans un établissement spécialisé j'ai trop souvent eu cette situation. des parents en souffrance mais qui entendent un simple retard et qui ne
comprennent pas ensuite qu'à 8 ans leur enfant est encore très loin d'entrer dans la lecture et de compter jusqu'à 5. Mais pour éviter ces euphémismes, il faut un diagnostic et ce diagnostic ne
peut être posé comme tu l'as que par un médecin, une orthophoniste, un psychologue... un spécialiste. Ce qui peut peut-être aider la famille à entendre les difficultés de leur enfant c'est
d'entendre les difficultés que tu as, le désir que tu as d'aider cet enfant au maximum, de l'accompagner, de le guider mais que tu n'y arrives de manière satisfaisante et qu'il existe par contre
des spécialistes qui pourraient mieux l'aider et t'aider à accompagner cet enfant, mais pour que cela se passe il faut que les parents accepte donc de rencontrer ces spécialistes pour qu'ils
diagnostiquent précisément les difficultés de leur enfant.


Je ne sais pas si je suis très clair, mais il existe un livre très intéressant sur cette question de l'annonce du handicap (car ce que tu décrit semble etre de l'ordre du handicap), en voici les
références : l'annonce du handicap autour de la naissance en 12 question, Patrick Ben Sousan, Eres 2006. Il m'a beaucoup aidée à m'imaginer à la place des parents mais aussi à assumer cette place
de mauvais objet.


Depuis 2 ans, j'ai un élève autiste dans la classe. Assez rapidement, j'ai parlé à la mère des difficultés que j'avais à aider son fils et de façon très maladroite je me suis retrouvée à lui dire
que je pensais que son fils serait mieux en établissement spécialisé pour avoir toutes les aides nécéssaires pour l'aider à progresser. C'était en décembre de l'année dernière. Pendant un mois
elle ne m'a plus dit bonjour. Puis nous avons eu l'équipe éducative et le CAMPS est venu (il était déjà suivi mais aucun diagnostic d'autisme n'était posé). La mère m'a clairement déscendue en
disant que j'excluais son fils, que je le délaissais. Pourtant j'ai pu faire un descriptif très précis de ses compétences et difficultés et le CAMPS m'a replacée en professionnel compétent en
montrant à la mère que ce que je venais de décrire correspondait tout à fait à son fils et que pour faire de tels descriptifs j'avais forcément fait attention à son fils. Elle a pleuré, beaucoup.
Mais le lendemain elle me redisait bonjour et le lien s'est refait. Grace au CAMPS j'ai pu réfléchir à des outils à mettre en place, un cahier individuel que je lui donnais toutes les semaines
avec des détails très précis de chaque journée, des photos... AU fil de l'année notre relation s'est améliorée. En fin d'année elle a accepté d'inscrire son fils sur la liste d'attente pour le
diagnostic d'autisme dans un centre spécialisé. Le camps a beaucoup aidé à cette acceptation de passer les tests. Comme le lien s'était tissé, aussi bien avec la mère qu'avec le fils, j'ai gardé
son fils dans ma classe cette année. Entre temps la maman s'est arrêtée de travailler pour mieux s'occcuper de son fils. En décembre, nous avons une équipe éducative et elle s'est excusée pour
son comportement de l'année précédente. J'ai pu redire que je pensais ne pas être assez compétence pour aider son fils. Puis en février le diagnostic d'autisme moyen a été posé. la mère est venue
me remercier de l'avoir un peu secouée l'année passée tout en ayant jamais laissé tomber son fils. A ce jour, nous ne savons pas où cet enfant sera l'année prochaine, mais maintenant nous nous
battons ensemble, le camsp, la mère et l'école pour que ce petit garçon est le meilleur suivi possible...


 

isa 18/04/2013 10:09



merci Elaine de cet échange . L'interprétation des mots ( ex: retard) montre combien dans l'échange verbal chacun va aller chercher ce qui le rassure, ce qu'il comprend ou a envie
d'entendre, cela fait partie du processus d'acceptation. Les parents passent par différentes phases et lorsque cette maman pleure, on peut considérer que le voile de la vérité vient de se
déchirer pour elle. Elle a confirmation de ce qu'elle pressentait, savait au fond d'elle, elle s'est une dernière fois raccrochée à l'idée que tu n'étais pas à la hauteur et que tu ne savais pas
t'y prendre ce qui pouvait lui laisser croire qu'avec une autre personne son fils pouvait être comme les autres mais les paroles des professionnels du soin lui ont renvoyé la réalité.En
s'effondrant, elle montre qu'elle a compris, dés lors , tu n'es plus incapable mais au contraire tu deviens celle qui va prendre soin de son fils, c'est effectivement vers cette complicité qu'il
faut tendre. Malheureusement en petite section, il est difficile de le vivre totalement puisque cela correspond à la phase d'annonce et donc de refus ( sauf si une prise en charge a déjà été
entamé en bas âge). On lit dans tes mots toute la délicatesse mais aussi l'énergie que tu y mets.Merci encore Elaine de ton témoignage.



emily 17/04/2013 21:32


cette année j'ai également un petit garçon en grande difficulté langagière, sociale avec un comportement qui m'a alerté assez rapidement. J'ai reçu ici une écoute et beaucoup de conseils qui
m'ont aidé à rétablir un dialogue avec la famille. Sophie j'ajouterai seulement 2 ou 3 conseils ou remarques : si tu mets en place une équipe éducative en fin d'année pour poser les choses et
preparer l'année prochaine tu peux solliciter la présence d'un conseiller péda pour animer la réunion. dans ce cas peut être eviter de présenter la réunion comme " équipe éducative" car les
mots peuvent faire peur.


si tuas la chance d'avoir un psy scolaire, il me semble par contre qu'il te faut l'accord des parents ( en tous cas chez moi il est nécessaire)


belle soirée


 

Valérie 93 17/04/2013 13:48


Je suis de tout coeur avec vous ayant moi aussi une élève très difficile à gérer .... envahi par une histoire personnelle très lourde ( maman ayant eu 2 AVC en décembre dernier) ...heureusement
le dialogue avec la famille a été tout de suite une grande aide pour moi car cela me permet de savoir qu'à la maison c'est très difficile et même plus car elle tourne sa violence vers elle-même,
en classe elle a réussi à ne plus taper les autres mais par contre ce sont des grosses crises d'opposition très violente si elle n'a pas sa place, un oui tout de suite...


Bref je fais tout pour mettre en place  une aide pour l'année prochaine en GS... et c'est très compliqué et tout est fait pour ne pas nous simplifier la tache ainsi que celle sdes
parents...sans compter l'innefficacité des psychologues du réseau...ce qui n'est pas le cas partout la preuve celle qui était super bien et bien elle est partie dégoutée du système... pour le
privé...


Que faire en classe? J'ai mis le système de gommettes en place ( 3 gommettes gagnées sur la journée en valorisant chaque action ...aide, travail, attitude) ou perdue à chaque règle enfreinte (
crier, taper) avec une petite récompense à la clé ( un paquet d'image) et je me tiens le plus possible patiente mais quand je sens que je vais craquer je la laisse se calmer dans la classe à
côté...... 


Je suis épuisée mais contente à chaque fois qu'elle reprend confiance... et découragée quand çà ne se passe pas bien...

christine G 17/04/2013 09:40


et n'ayons pas honte de dire que nous aussi nous souffrons devant une telle situation, c'est secondaire par rapport à l'enfant mais nécessaire de l'affronter ...L'inclusion oui!!! mais pas
n'importe comment ....


Tu vois Sophie combien ton témoignage me bouleverse " miroir, miroir dis moi qui est la plus déstabilisée...."

christine G 17/04/2013 09:27


oui je comprends! c'est effectivement plus la souffrance de l'enfant qui nous met en stress...et nous renvoie aussi à notre incapacité à lui apporter le bien être dont il abesoin et surtout la
BONNE prise en charge.


Pour mon élève, je travaille en étroite collaboration avec la halte garderie qui l'avait avant son entrée en PS, il y va 2 matins par semaine,(décision en réunion éducative) ça soulage tout le
monde...et lui apporte la petite unité de vie que nos classes ne permettent pas et je ne vais pas nier que ça me soulage moi aussi d'autant qu'il revient depuis peu avec le sourire, tête en
arrière pour que je lui fasse son bisou ....

Gwéna44 16/04/2013 20:52


Je vais réagir ici non comme collègue mais comme maman d'une enfant "TED"... car le portrait que tu dresses évoque en plusieurs points des troubles envahissants du développement... Isa
évoquait la souffrance silencieuse d'une famille qui est certainement consciente des difficultés de son enfant mais qui ne peut se résoudre à les reconnaître publiquement et, par là-même, leur
donner toutes leurs importances, leurs réalités... mais il ne faut pas occulter la souffrance de l'enfant qui manipule ses selles :la socialisation est trop anxiogène, les attentes scolaires le
renvoient à sa propre incapacité... ça ouvre tout un champ de interrogations...

isa 17/04/2013 08:04



oui tout à fait Gwena, il y a aussi cet angle de vue, il est visible que l'enfant est en grande souffrance et c'est aussi ce qui agit sur tous, chacun le perçoit, l'a intériorisé, ce qui
fait qu'il y a souvent des réactions inquiètes des autres élèves avec une forme d'évitement, et c'est pourquoi la reconnaissance de ses difficultés est si importante. 



christine G 16/04/2013 14:45


entièrement d'accord avec Christine... PRUDENCE ET DETERMINATION! 


Il faut que tu sois l'alliée de ses parents... et non seulement la professionnellle de l'enfance. ces parents souffrent, la grande soeur souffre et maintenant le petit frère ...comment trouver
les mots réconfortants? quelle porte d'entrée peux tu trouver pour leur montrer que tu "aimes "leur enfant et que tu veux le meilleur pour lui pour eux ...quand tu auras gagné leur confiance, là
et là seulement tu pourras envisager les aides spécialisées ...personnellement j'ai la chance (je dis bien la chance comme maman ) d'avoir un garçon dyslexique et j'avoue me servir de cette zone
de proximité pour créer du lien avec ces familles qui ont peur du regard et de l'exclusion...à toi de trouver!


PARALLELEMENT travailler les axes institutionnels dont tu disposes.. perso j'ai eu un petit très compliqué en début d'année, j'ai crié SOS à l'inspection et une conseillère pédagogique est venue
en observation dans la classe ...et pour ce faire je n'ai pas eu besoin de l'autorisation parentale (car c aussi ça le pb dans notre boulot ...), de plus j'étais ainsi "couverte", j'avais alerté
avant de construire...je me suis débrouillée par la discussion avec la maman  pour obtenir l'autorisation (verbale) d'appeler le pédiatre qui le suivait...je sais pas trop si j'avais le
droit mais je peux te dire maintenant que sans ça, la réunion éducative n'aurait jamais eu lieu....


je te souhaite bon courage, tu vas y arriver...mais le quotidien est parfois stressant, ne désarme pas !!!

Christine F. 16/04/2013 14:02


Oui, bien sûr, avec ce qui vient d'être écrit,


Si j'ai bien compris ton problème vient du fait que les parents ne veulent "pas" voir les difficultés et "entendre" les remarques concernant leur enfant. J'ai lu quelque part, mais je serais bien
en peine de te dire où, qu'il fallait parfois  2 ans pour que les parents acceptent de faire le deuil de l'enfant rêvé à partir du moment où on leur signale pour la première fois qu'il y a
peut-être un problème.


Il faut bien comprendre que ce n'est pas facile pour eux et il convient d'être particulièrement prudent dans la manière de leur présenter les choses au risque de les voir se braquer davantage.
Maintenir le dialogue est un première chose, instaurer la confiance une seconde et la troisième serait de les amener à accepter que leur enfant soit vu par un professionnel (Psy, médecin PMI,
CPE, ...)et démarre un suivi.


étape 1,  parler avec les parents en évitant que cela soit entre deux portes, il faut un vrai rendez-vous. Exposer calmement les difficultés rencontrées, demander comme cela se passe à la
maison, ...réexpliquer comment fonctionne l'école, quelles en sont les contraintes au point de vue autonomie, propreté, apprentissage, situer leur enfant en regard de tout cela sans oublier bien
sûr de valoriser les progrès déjà réalisés et tous les aspects positifs de l'enfant. Leur demander ensuite de parler avec le personnel péri-scolaire, l'ATSEM, pour qu'ils entendent plusieurs
personnes ayant constatées les mêmes difficultés, mais attention à l'aspect "tribunal", passer le mot pour que cela soit fait sans reproche, ni agressivité.


" Nous sommes différentes personnes à nous occuper de votre enfant et nous avons tous constaté certaines difficultés...mais nous ne sommes pas habilités à poser un diagnostique. Votre enfant
souffre de cette situation, et nous savons que vous avez à coeur son bien-être, si vous le voulez, nous pouvons vous aider à prendre contact avec des professionnels qui sauront vous dire s'il y a
quelque chose à mettre en place ou non."


étape 2 : en parallèle, contacter le Médecin PMI  pour savoir si l'enfant ou la famille sont connus de leurs services. Une visite du médecin ou de l'infirmière PMI est peut-être prévue dans
ton école (si elle n'est pas déjà passée), en profiter pour signaler l'enfant qui sera examiné plus attentivement à cette occasion.Sinon tu peux contacter directement les structures du Conseil
Général (assistante sociale, PMI )qui peuvent se déplacer dans les familles et amorcer un dialogue.Le médecin PMI pourra aussi contacter directement le médecin traitant  ou le pédiatre d"
l'enfant  pour voir avec lui si quelque chose a été détecté.


étape 3 : Indispensable dans ton cas, prendre contact avec la(le) psychologue scolaire  (bien sûr si tu en a encore un RASED dans ta circo) pour venir observer l'enfant. Suite à cette
observation le (a) psychologue pourra prendre un rendez-vous avec la famille.


étape 4 : prévoir une réunion d'équipe éducative comprenant, les parents, la(e) spychologue, le médecin PMI et le médecin traitant (s'il veut bien se déplacer), éventuellement l'enseignant
référant handicapt si la situation le justifie, des éducateurs ou médecins du CAMSP ou CPE si des bilans ont pu être réalisés.Cette réunion est importante. Il y aura une trace écrite, une
reconnaissance officielle de l'importance du problème détecté chez l'enfant, une preuve de l'engagement de l'équipe éducative autour de leur "enfant".


C'est à nous de faire en sorte que cette réunion soit la première pierre de l'édifice "confiance" à bâtir avec la famille."Vous n'étes pas seuls, nous sommes à vos côtés pour vous aider à faire
progresser votre enfant."


Et vraiment, en dernier recour, si les parents font obstruction et restent sourds à toutes avancées, tu peux faire un signalement, car alors il peut s'agir d'une forme de maltraitance liée au
déni d'un problème qui peut porter préjudice à l'enfant et mettre sa sécurité en danger.


En tout cas, bon courage à toi car toutes ces démarches pèsent lourd, au sens propre comme au figuré.

isa 16/04/2013 14:40



Tout à fait d'accord avec ce qui est écrit , merci à Christine d'être aussi claire ,précise et pragmatique, le deuil qui dure deux ans c'est effectivement le temps donné dans un vrai
deuil, je ne sais ce qu'il en est de l'image idéalisée de son enfant, mais je te rejoins pour avoir fait le constat durant ma carrière que le chemin est long et douloureux et qu'il ne faut pas
négliger cette nécessaire durée. D'autre part, Sophie nous livre un élèment important de la situation, ses parents ont déjà vécu ce parcours avec leur fille aînée, c'est donc une nouvelle
désillusion et selon la manière dont ils ont pu affronter cette réalité, ils ne sont à nouveau pas prêts pour recommencer. Il faut en tenir en compte, comme à mon habitude, j'ai conseillé à
Sophie de changer d'angle de vue pour pouvoir "supporter" la situation, je sais combien les petits élèves en difficulté sont parfois insupportables ( j'en ai eu quasiment tous les ans) mais plus
notre regard reste accroché au mur que les parents dressent pour se protéger de la réalité, notre seuil de tolérance s'amenuise. Il faut donc pour éviter cela tenter de se positionner
différemment, accepter que cet enfant ne puisse pas faire comme les autres, qu'il a besoin d'être contenu et il est préférable d' avoir une infinie patience avec la famille qui est aussi en
souffrance silencieuse. Un jour , cette famille déchirera le voile de la vérité, elle passera ce cap, elle le fera le plus tôt si elle se sent soutenue et non jugée. C'est lourd Sophie, je sais
bien, et tu as trés bien agi. Si tu viens ici en discuter , c'est que tu as une vraie démarche d'aide et que tu es toujours en recherche pour améliorer la situation. Je compatis, j'ai des
souvenirs qui me reviennent de moments trés douloureux vécus avec des élèves qui m'ont bien bousculée , à l'exception d'un seul dans toute ma carrière, j'ai toujours fini par m'y attacher. Garde
la force Sophie , tu as ,comme nous tous, toutes les ressources en toi.



sophie L. 16/04/2013 13:04


Merci pour vos réactions. En fait j'ai déjà sollicité l'aide de l'infirmière qui va venir observer l'enfant en classe. Suite à la visite des PS elle a constaté comme moi que quelque chose
n'allait pas dans le comportement de l'enfant. Les parents ont déjà eu une expérience mauvaise avec le cams avec leur fille aînée qui a des troubles graves du langage et du comportement...bref
voilà pourquoi la situation est très délicate....

Joëlle 16/04/2013 12:24


Tout à fait d'accord avec les 2 commentaires précédents : la (le ?) psychologue du réseau (si tu en as encore un réseau dans ton école..)


Son observation en classe te permettra de bien cerner les problèmes : comme il n'aura un oeil que pour lui, il s'apercevra d'une foultitude de petites choses imperceptibles pour toi, puisque tu
dois partager ton attention avec tous les autres enfants. Son bilan sera des plus précieux pour toi, et tu auras des arguments les plus solides pour en reparler avec la famille, avec des exemples
précis. Peut-être accepteront-ils ensuite de prendre un RV avec lui ?


 

Anne-Laure 16/04/2013 11:01


Bonjour Sophie,


je viens de lire attentivement ton questionnement et je ne peux que penser comme toi que cet enfant doit avoir besoin d'une prise en charge.


En tant qu'ensiegnant, nous ne pouvons poser de diagnositque, aussi dire "il a besoin de ceci ou cela" va au-delà de nos compétences, mais orienter sur le médecin
traitant est une piste ou bien mieux, orienter sur le CMPP ou CAMPS (version 2-5 ans du CMPP chez nous). Là-bas, un bilan global pourra être effectué. Si tu te sens démunie, parle avec la
psychologue de secteur qui peut venir observer l'enfant en classe (sans autorisatio des parents). Enfin, tu peux aussi contacter la PMI et demander la visite de l'infirmière ou du médecin de
>PMI. Avec toutes ces personnes, faire ensuite une équipe éducative.


Parfois, la prise en charge peut etre longue à se mettre en place et  les parents ne sont pas toujours convaincus de sa nécessité, notamment quand cela à un
coût élevé. Mais agir au plus tôt, c'est gagner du temps pour ce petit garçon.


Bon courage,


Anne-Laure

Solène 16/04/2013 10:47


Il y a trois ans, j'avais un enfant qui ne parlait pas, qui avait des gestes d'énervement, d'excitation, qui ne regardait pas dans les yeux, qui n'entrait pas en contact avec les autres, il
poussait des cris sans raisons...
J'avais demandé au psychologue scolaire de venir voir en classe car il n'avait pas besoin d'autorisation des parents pour une observation en classe. Ca m'a permis de lui poser les questions que
j'avais et d'avoir des conseils pour aborder les parents car lui savait très bien amener les choses sans braquer les parents.Ne peux-tu pas demander au psychologue de venir dans ta classe?