demande d'aide par Sophie (pas si) sage et épuisée: la salle des maitres

Publié le par isa

salle des maitres

Sophie (pas si) sage

Hier (mardi 25 mars), j’ai vécu une journée éprouvante qui me déstabilise assez pour vous en parler.

Autant, la semaine dernière, j’étais contente et satisfaite de la reconnaissance de mon inspecteur suite à mon inspection mardi 18 mars. Il m’a même remis mon rapport en main propre le jeudi (de façon « exceptionnelle ») en m’annonçant qu’il me mettrait la note la plus haute correspondant à mon échelon. Et de plus, il a incité ma directrice à accepter l’expérimentation d’une classe à trois niveaux dès la rentrée prochaine et ceux sur 3 ans. Donc que des choses positives qui m’ont « regonflé à bloc ».

Oui mais voilà, je devais accueillir un nouvel élève lundi (« juste pour la demi-journée car la journée, ça fera de trop pour une 1ere journée » dixit la mère), mais il n’est pas venu.

Mardi, la mère me l’emmène et m’annonce qu’il restera à la cantine. Il rentre dans la classe, découvre d’emblée le coin musique, se sert et tape sur le xylophone. La mère lui demande de faire doucement et de ranger. Moi je lui explique qu’il a le droit de prendre le matériel de la classe et je lui explique le fonctionnement très rapidement le fonctionnement « libre » dans la classe. Ensuite, elle part.

Mon nouvel élève vaque dans ma classe de découverte en découverte. Ne range pas quand il sort du matériel. Et ressemble à tous les enfants dans un magasin de jouets à l’approche de Noël, ce qui est normal.  Il a tendance à prendre le matériel dans la main des autres. J’interviens de ci de là pour lui faire comprendre qu’il faut ranger (et je l’invite à ranger) et qu’on ne doit pas prendre le jeu d’un copain. Ça ne se passe pas trop mal.  A. demande à aller aux toilettes : il dit « caca » en continue et attrape la main de mon atsem pour la tirer vers la porte de la sortie.  Aussi au fur et à mesure de la matinée, je découvre du matériel cassé. Bon je me contente de les jeter et de remettre à neuf les plateaux endommagés.

L’heure du rangement arrive (signal sonore déclenché) et tous mes élèves s’affairent comme d’habitude. Je demande à A. de faire comme ses camarades. Et j’ai les 1ères  réticences. Mais ça j’ai l’habitude, je l’accompagne par la main. Et là, au passage, il me balance ma tour rose (Arggg, 1er matériel acheté une fortune !!!) mais je ne m’énerve pas.

Il finit par ranger ce que je lui demande mais ne veut pas aller sur les bancs, il se dirige vers la porte de sortie. Je lui prends ses mains sans forcer, me baisse pour lui parler et là, il bouge sa tête dans tous les sens, balance son corps de droite à gauche, pousse des cris, et fuit mon regard. Je dis quelques paroles bienveillantes mais à ce moment, un adulte rentre dans ma classe, je réponds à ses questions toujours en tenant mon petit A par les mains qui en profite pour grimper sur le banc en criant des sons. L’adulte lui demande d’arrêter d’une voix très forte. A. a l’air surpris et se calme. Tout le monde va mettre les manteaux et on sort dans la cour.

Je suis de service. Il y a beaucoup d’enfants qui se plaignent … Ah les jours de pluie !!! Je m’interroge sur mon petit A., le cherche du regard et je le vois en train d’ouvrir une porte. Je vais vite le voir pour lui expliquer que c’est interdit. Il ne m’écoute pas et veut fuir. Je le retiens par les mains et me baisse pour lui parler. Il fait la même chose que tout à l’heure dans la classe. Quand il se calme (très vite), je lui demande s’il a fini et il me répond que oui. Je tente de nouveau de lui parler. Mais il me donne l’impression de « partir dans sa bulle ».

La récré, je l’ai donc passé à lui courir après pour l’empêcher d’ouvrir toutes les portes. Mince, je ne savais pas qu’il y en avait autant !!!! Et à consoler les enfants qu’il a frappé sans raison.

A la fin de la récré, je parle à la directrice de mes appréhensions au pas de la porte donnant sur la cour. Les enfants sont au coin regroupement comme d’habitude à attendre que je les rejoigne. On observe A et on le voit taper une fille à côté de lui sans raison. Ma directrice vient alors lui parler dans ma classe en se mettant à sa hauteur et là, A. lui met une gifle et lui balance ses lunettes. Elle le gronde.

L’inspecteur est dans la classe d’à côté pour une inspection donc elle me dit qu’après son départ, on va appeler la mère pour en savoir un peu plus. Moi, je lui dis que je souhaiterai appeler son ancienne école car je ressens que c’est plus qu‘un problème de comportement.

Au téléphone, la mère nous dit que l’école ne lui a rien signalé à propos de son fils. Que tout va bien. Bon elle finit par « lâcher » qu’il a vu une psychologue 2 ou 3 fois, mais qu’elle lui a dit que tout allait bien et qu’il n’avait plus besoin de suivi.

La directrice de l’ancienne école, étant dans sa classe, nous rappellera.

Sinon, ma directrice me dit que l’inspecteur pense que c’est juste parce qu’il est déboussolé par son changement d’école. Moi, j’insiste sur mon ressenti.

Je retourne dans ma classe et j’enlève pleins de plateaux sensoriels. Je range aussi ma tour Rose. Je choisis un plateau de travail avec A., bon j’induits fortement son choix sur un plateau de transvasement avec pince et je l’installe à côté de moi. Je l’observe tout en m’occupant d’un autre enfant sur une autre activité. Je constate que A. arrive à se concentrer, certes pour un court temps mais il se concentre. Ensuite, il s’agite. Je l’incite à recommencer. Il s’exécute. Va chercher les boules de cotillon qu’il perd (ou qu’il lance) en s’affalant au sol. Puis retourne s’asseoir pour se servir de la pince. Raconte des choses mais je ne comprends pas tout. Je le laisse faire et je m’occupe des élèves que j’appelle un par un, le reprenant en le touchant parfois avec ma main. Dès que je sens qu’il en a marre, je lui propose de ranger. Je sens « monter » une crise alors j’insiste sur le fait qu’il va pouvoir choisir autre chose. Il me suit pour le ranger et repart avec un nouveau plateau à côté de moi. Ces gestes sont aussi concentrés en transvasant des grosses graines d’un pot à l’autre à la cuillère.

La fin de matinée se passe jusqu’au signal du rangement. Faut de nouveau le maitriser. Mon atsem se fâche et il pleure. On fait comme si on ne l’entendait pas car on est épuisé toutes les 2. A. finit par se calmer tout seul mais il fait la tête. Je parle aux autres enfants de la situation, que j’ai enlevé du matériel le temps que A. s’habitue à la classe … mais que je leur remettrai et que pour l’instant il avait besoin de nous.

J’assois A près de moi. Le silence est là, les enfants attendent l’histoire. Une fille me dit le titre « Voilà la pluie !». Je suis contente, mais A se met à pousser des cris, de plus en plus fort. Je le touche avec ma main tout en continuant à parler à mes élèves. Je sens que le contact l’apaise. Je lui caresse le dos. Il s’agrippe à moi et pose sa tête sur mes jambes et finit par se taire, y’a quand même ses bras qui s’agitent de temps à autre.

L’heure de la cantine arrive, mon atsem est inquiète et redoute le dortoir. Je lui conseille de ne pas crier dessus, d’essayer de l’occuper au maximum et aussi de privilégier le contact physique.

Je vais voir ma directrice pour savoir si on l’a rappelé. Et elle m’annonce qu’il y a une RE qui a eu lieu le 16 janvier à l’inspection et que A a été accueillie seulement en matinée. L’autre directrice va lui faxer les documents. Nous on a fait le nécessaire en urgence : la psy vient me voir dans ma classe l’après-midi, une RE va être organisée le 4 avril (après une RE déjà programmé).

Je suis exténuée par cette demi-journée. Et je vois que mon ressenti (mon 6e sens comme je l’appelle) s’est avéré exact. Et je ne peux m’empêcher d’en vouloir à la mère pour avoir dissimilé les faits.

J’ai déjà accueilli des enfants « différents » dans ma classe, parfois avec AVS (une année j’avais 2 AVS dans la même année pour 2 enfants). Et pour moi cet accueil se prépare …

De retour à l’école l’après-midi (oui je mange à la maison et cette coupure me permet de tenir !), je vais aux nouvelles : A. a failli blessé un enfant avec son couteau à la cantine, il s’est enfui du réfectoire et a fait courir mon atsem et la directrice mais il s’est endormi assez facilement au dortoir.

Au lever de sieste, la psy vient me voir et je lui dresse un tableau de la matinée.

Ensuite tous les enfants nous rejoignent dans la classe. A. se montre comme un enfant lambda parmi les autres. Il joue tranquillement avec les voitures au côté d’un autre enfant. Ils interagissent ensemble de temps à autre. Puis, il construit une tour, la brandit sur les camarades  proche de lui, leur parle. Rien d’alarmant !

La psy s’en va et me dit qu’elle reviendra peut-être à 16h30 car elle doit déjà voir une autre maman.

C’est l’heure de ranger et mon petit A se « transforme » mais je parviens à le maitriser rapidement malgré les cris. Je l’emmène dans la cour et le confie à la maitresse de service lui demandant de veiller sur lui afin qu’il ne sa sauve pas.

Je vais dans la classe de ma directrice pour savoir si elle a reçu le papier. Toujours rien. Elle me reprécise que vendredi je n’emmènerais pas A en sortie en car à la Ménagerie du Jardin des plantes et qu’elle l’a dit à la mère au téléphone (oui parce qu’elle l’a rappelé suite à l’appel de la directrice de son ancienne école). 

Fin de la récré, je récupère mes élèves.

Tout le monde s ‘assoit sur les bancs. Je mets A près de moi, il pousse des cris tout en observant les affichages et se met à compter fort : 1,2, 3, 4, 5, 6 et des sons incompréhensifs (je me dis juste qu’il connaît la comptine numérique au moins jusqu’à 6 !). Je commence à chanter les comptines de la classe pour distraire les enfants tout en essayant de le maitriser car je sens qu’il veut partir. Petite partie de « catch ».  Il finit par réussir à se lever, je le rattrape et le tiens par les 2 mains. Il monte sur le banc tout en criant et s’agitant. Il saute sur le banc. Je tente de le maitriser du mieux que je peux.

Mais, il y a la psy qui assiste à la scène. Elle est finalement revenue dans la classe.  Elle me confirme que ce n’est pas gérable au sein du groupe classe. Elle est aussi impressionnée par la « transformation ». Elle a observé un enfant calme en début d’après-midi et là, elle voit un enfant difficilement maitrisable.

Je réussis à le faire descendre du banc et je m’installe sur une table tout en le maintenant. Les parents défilent pour venir chercher leur enfant. Un parent m’interpelle au sujet de sa fille pour avoir des explications. Là, je suis en train de maintenir le petit A pour éviter qu’il ne s’agite davantage. Je lui explique rapidement que je viens d’accueillir un nouvel enfant dans la classe et que je suis absolument dans l’incapacité de lui répondre et je lui propose de s’entretenir avec lui lors d’un prochain rendez-vous.

La mère de A. met du temps à venir. Je ne sens plus mes bras …

Elle finit par arriver et elle le gronde dans sa langue. Il se calme et je le lâche.

Elle s’excuse auprès de nous. Je lui parle mais sans rentrer dans les détails tout de suite car je suis épuisée . Un 1er échange s’engage entre nous, elle, moi et la psy. J’appelle ma directrice qui se joint alors à nous.

 

J’en retiens que c’est une femme en grande difficulté sociale, elle vivait auparavant dans un hôtel social (dans une ville du 93 avant de venir dans notre ville, une autre ville du 93). Le logement lui a été donné grâce à une assistante sociale. Le papa les a quitté quand A avait 1 an. Il ne le voit pas vraiment. Elle travaille loin de l’école (fait des ménages dans un autre département en Ile de France/92) et est toute seule. Elle a l’air d’avoir vécu beaucoup de « choses » et ça ne se passe forcément bien avec sa famille.

Je retiens aussi que A n’allait avant que le matin à l’école et ce juste 2 fois par semaine. Les autres jours, il allait dans la famille, loin en Ile de France (91).

Elle ne peut pas le laisser uniquement le matin car elle travaille. A ne va pas au centre le mercredi car elle a sa journée.

Elle nous a supplié (à la limite des pleurs) de laisser une chance à A. , a affirmé que son comportement n’était dû qu’au fait qu’il ne parlait pas bien encore.  Euh ! certes A ne fait pas de phrases mais il est très compréhensible (quand il ne fait pas de crise !).

Pour l’instant, ma directrice a dit à la mère qu’on le prenait jeudi et qu’on aviserait après. Elle lui a rappelé que l’école maternelle n’était pas obligatoire et qu’on allait sûrement appliquer les mêmes conditions qui lui ont été notifié dans son ancienne école.

Elle lui a aussi proposé soit d’accompagner son fils en sortie vendredi matin soit de le garder. La mère a choisi de l’accompagner pour qu’il s’habitue aux autres enfants (« Oh madame, vous ne travaillez pas ce jour ? » a retentit fortement dans mon esprit).

En parallèle, je gérais au téléphone mes enfants car je n’ai pas pu aller chercher mon deuzans et j’ai donc charger mon ainée de le faire (heureusement qu’elle finissait tôt ce jour !).

 

De retour chez moi, je me suis sentie « vidée » … Limite j’avais envie de pleurer pour évacuer toute cette tension, mais je me suis retenue de toute mes forces devant mes enfants. J’ai tout fait pour ne pas perdre la face devant mon mari et me décomposer.

Oui, je sais que ce n’est que le 1er jour ! 

Il s’inquiète de savoir si ça ne va pas affecter mon comportement à la maison. Il sait que ce n’est pas la 1ere fois que j’ai des enfants « difficiles » et que je sois seule à gérer ! Je l’ai rassuré du mieux que je peux, mais au fond de moi, je ne suis pas rassurée.

Comment ça va se passer jeudi ???????????

 

 

Publié dans la salle des maîtres

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Beatrix 29/03/2014 11:48


Sophie


juste un message de soutien car ton recit m'a fait écho


Il y a  2 ans maintenant, j'ai vécu une situation similaire, H me crachait dessus, tapait violemment les autres... aujourd'hui il va mieux


On dépense en effet beaucoup d'énergie et cela peu être démotivant


garde le moral et bon courage,


je pense que nous allons être de plus en plus confrontés à des situations difficiles car j'ai assisté à une reunion avec IEN ASH qui a dit entre autre  "Il n'y a pas d'école en dehors de
l'école, il ne faut plus enfermer les enfants (itep...) les professionnels se déplaceront à l'école


le fait d'en parler aussi ouvertement t'aidera et nous aidera aussi 


je reviendrais lire les commentaires, il y en a beaucoup... 


 

sylvie g 28/03/2014 19:46


Voici mon commentaire  qui n’est pas apparu ce
midi, j’espère que cela va marcher. Je te réponds Isa. Les parts  inscrivent leur enfant et Mon Atsem doit donner ensuite l’effectif de cantine à la collègue qui s’en occupe et ce n’est pas
le même étage...Mais cette semaine, c’était elle qui s’occupait  de gérer toute la cantine et comme il y a 9 classes, c’est long...
Alors même si les parts sont partis ss encombre
 à 8h40 pdt que les enfts continuaient de jouer, que les grelots ont été secoués à 8h50, que l’enft de service est venu avec moi pour s’occuper de changer les jours, le calendrier... et que
les enfants ont eu un temps de regroupement moins long, c’était encore trop long, j’ai encore senti le grand vide après l’album, le temps de langage sur l’album, je l’ai comblé par une
comptine...8h15 ! Vivement la semaine prochaine, que cette lourdeur de temps s’arrête, il est des moments où tout cela n’est pas grave mais il en est où c’est cruellement important. Les enfts
sentent bien la fragilité du contexte et je dirais que la pente est dure à remonter si je peux imager la difficulté. C’était dur...parce qu’encore mal commencée la journée, mais moins
catastrophique que ces jours derniers parce que je savais quelle en était la cause...même si cela aurait presque pu craquer en moi par moments. 
Pour continuer cette matinée d’impératifs, après la
récré, il y avait un anniversaire, ce qui n’est pas fait pour calmer les esprits (j’aurais préféré ma séance d’observation d’EPS qui a lieu en principe le vendredi qui les
apaise...)...
Par ailleurs, tout en le faisant, je me disais que
c’était trop avant l’anni ...nous avons observé si les escargots avaient mangé  épinards, radis et chou rouge et nous leur avons donné champignon et fraise (qui avaient été proposés par les
enfants)...oui c’était trop, les assiettes, les verres de l’anniversaire étaient dressés et les enfants  y étaient déjà  ds leur tête... mais  en voyant  le  projet sur
les escargots qui recule plutôt que d’avancer  (pas banal quand même !), j’ai préféré continuer ! Bref.... 
En tout cas, merci Emilie pour tes conseils, je crois
que cet après midi, j’avais retourné la situation (dans ma tête et en tout cas, j’étais becp plus sereine, attentive et AVEC mes élèves et non coupée d’eux ! Mais je sais que ce n’est pas gagné
pour lundi, les petits coquins vont tenter de s’engouffrer ds la brèche si celle-ci apparaît. 

isa 29/03/2014 12:06



d'accord, je comprends, c'est l'indisponibilité de l'atsem qui te pèse. Comme pour Sophie, je pense qu'il est important d'adapter son enseignement en fonction des conditions, des élèves
et de l'environnement. Si l'école ne peut remédier à ce fonctionnement qui pénalise les classes de petits qui ont +besoin de la présence de l'atsem, alors c'est à toi de t'adapter dans ton
organisation: mettre en place des activités qui demandent moins la présence de l'adulte ( exemple ateliers autonomes )afin de te permettre d'entrer en activité avant le retour de l'atsem pour éviter que le
regroupement devienne une cocotte minute. Mais c'est la question de l'omniprésence de l'enseignant dans ses représentations.



Emilie44 28/03/2014 17:09


Sylvie, ne t'inquiète pas, on a tous des moments de doute, de remise en cause, c'est vraiment typique de notre métier! Je crois que c'est si on n'en avait pas qu'on
devrait s'inquiéter...


 


Pour le matin, où tu as l'impression de devoir combler un "trou" jusqu'à ce que ton ATSEM fasse le pointage de cantine (si j'ai bien compris), est-ce que ce pointage
ne pourrait pas être fait plus tôt? Comment fait ton ATSEM? Pour ma part, les parents écrivent sur une feuille en arrivant le matin, puis mon ATSEM prend la feuille dès le départ des parents pour
aller passer les cartes de cantine. Moi je laisse mes élèves terminer leurs activités d'accueil, puis je leur demande de ranger, on fait un petit regroupement et mon ATSEM a le temps juste de
revenir de son pointage pour servir un verre d'eau ou de lait avant les ateliers.


 


Et si tu trouves que tes rituels ne sont plus adaptés à tes élèves, et bien il ne faut pas hésiter à les changer! Tu l'as dit toi même, tu peux les faire évoluer, ne
pas prendre tout le groupe classe pendant que le responsable fait la date etc... N'hésite pas à amener des nouveautés dans ta classe, ton organisation, personnellement je trouve que ça relance
beaucoup l'intérêt des élèves.

sylvieg 28/03/2014 10:22


Plusieurs choses en effet sont tout à fait cela, je répondrai plus tard mais tu vois je m'accroche, l y a eu un mieux je te raconterai. En tout cas, je m'accroche!

sylvie g 27/03/2014 23:32


Donc si j’éclaircis les points  de pourquoi cela
capote ds ma classe en ce moment, pourquoi je dois faire des pantomimes pour que les enfts m’écoutent, pourquoi j’ai perdu mon humour avec eux, pourquoi je suis crispée comme une poule (en fait
je ne sais pas si les poules  le sont !) :

Depuis la rentrée des vacances de février,  les
 enfants ont grandi  et  durant les rituels du coin regroupement , les remarques fusent de tous les coins (on est mardi, on fait gym, est ce que c’est demain que l’on fête les
annis ? Et le calendrier du mois, et le calendrier éphéméride....Impression de schizophrénie aïgue.  Bref, il va falloir que je réorganise  ce moment : je pense que l’enfant qui est de
service (qui sonne les grelots pour le rangement avant le regroupement) viendra avec moi mettre la date, déplacera flèches et indicateurs du temps et en grand groupe, on ne fera que lire et
commenter  calmement.

Comme les enfants ont grandi et que j’ai l’impression
de monopoliser la parole bien souvent...  je propose le bâton de parole pour qu’ils puissent s’exprimer...mais là, au bout d’un certain moment, l’écoute se réduit, j’interromps ...et ce
moment n’est pas agréable, excitation + frustration  à la fois (sympa !). Ne serait il pas préférable d’aller directement à l’album, tout en leur précisant que si ils veulent parler, ils
vont vraiment pouvoir le faire après la lecture de l’A ?

Mais même avant cela, quelque chose d’important :
depuis le début de l’année, chaque jour, un enfant à 8h40 secoue les grelots pour le rangement de la classe et regroupement. Seulement les parents attendent ce moment pour partir, moi cela
m’allait très  bien comme cela mais les enfants rangeant de plus en plus vite et mon Atsem  faisant les effectifs de cantine à 9h,  c’est sûr que les enfants s’impatientent et se
désintéressent  de cette maîtresse qui fait le pitre et se transforme en dragon tour à tour pdt 20 minutes...alors  cet aprèm en discutant avec mon Atsem,j’ai décidé  que  les
enfants joueraient plus longtemps ( jusqu’à 8h50 )mais la difficulté est auprès des parts qui ont pour certains du mal à partir et s’en réfèrent au son du grelot pour la séparation (il y a bien
une sonnerie ds l’école mais ds notre  préfa, elle est inaudible) . j’ai donc écrit un petit mot près de la porte ce matin précisant ce que j’ai écrit, le besoin  de jouer plus
longtemps  des enfants car ils ont grandi...et le rappel de l’heure de départ des parts. J’espère ne pas être trop brutale...Comme je doute pas mal en ce moment...
Voilà un bon petit package qui plombe pas mal le début
de journée je crois....Voyons en transformant ces conditions si le climat s’améliore!

isa 28/03/2014 09:29



Sylvie ce que j'observe c'est que tu cherches et pour moi c'est un bon signe, il y a du remaniement chez toi et c'est aussi un bon signe. Quand il y a un sentiment que ça dysfonctionne,
les adultes ont la responsabilité de réfléchir, de tenter de comprendre et de proposer des réponses, c'est ce que tu fais. Peux-tu m'expliquer pourquoi il faut que les élèves soient au
regroupement pour que l'Atsem fasse l'appel pour la cantine ? Ne peut-elle pas observer et noter, voire demander alors que les élèves sont en activité ? Evidemment je ne connais pas votre
fonctionnement, j'insiste juste sur le fait que certains moments semblent immuables parce qu'ils ont été organisés une fois pour toutes , or l'adaptation aux contraintes n'est pas à demander aux
élèves mais d'abord aux adultes et ce sont les contraintes d'organisation de la classe pour les élèves qui priment. En te lisant, je constate que tu oscilles entre deux attitudes: de la souplesse
"laisser les élèves raconter ce qu'ils veulent au début du regroupement ( dis moi si je n'ai pas compris) et de la rigidité "utiliser le bâton de parole" avec le sentiment d'être débordée au
final et de ne pouvoir entamer ton travail avec l'album dans de bonnes conditions. En fait, tu fais deux moments de langage en un et c'est sûrement trop pour tes petits élèves, car effectivement
ils ont grandi, ils parlent mieux, ils ont envie de raconter chacun leur petite histoire ( c'est plutôt bien) mais seulement c'est comme un torrent qu'on ne peut arrêter, ça part dans tous les
sens et la question est :" Est-ce une séance de langage ?". Pourquoi ne pas accorder ce temps au moment de l'accueil en petit groupe avec toi ?Ton regroupement serait exclusivement consacré au
projet pédagogique et dans ce cas, sans être rigide mais en tenant les rênes, tu guiderais tes élèves et surtout ce regroupement ne durerait pas trop longtemps, car je rappelle que c'est le lit
de l'agitation dés que les élèves sont passifs ou laissés trop longtemps à eux-mêmes. Tu vois, Sylvie, je crois que ce sont des petites choses qui demandent à être changées, parfois ça suffit et
ça repart. Tu doutes de toi et tu es à l'affût du moindre signe d'énervement, jusqu'à ce que les élèves fassent ce que tu redoutes , c'est à dire qu'ils s'envolent dans tous les sens et
finalement tu les suis et c'est toi aussi qui t'envoles en rêvant d'un ailleurs. Tu vas retrouver ta sérénité, il y a dans toutes les classes des passages où le sentiment de régression est fort,
il faut le prendre pour ce qu'il est c'est à dire passager.



sylvie g 27/03/2014 23:30


Partagée entre l’envie de me terrer dans un coin et ronger mon frein, je choisis une autre alternative : celle d’écrire !
Encore une fois,  Sophie j’admire ton professionnalisme. Je suis désolée d’écrire mon commentaire ici car il est un peu  « hors sujet » mais ce soir je suis un peu hors de tout
.
Ce midi, j’ai commencé à écrire ds le bureau de l’ecole alors que tout le monde était parti et mon commentaire commençait par Ecrire ou partir très loin et c’est
vraiment ce que j’ai éprouvé ce matin ds ma classe : à un moment, j’ai failli prendre mon sac et partir, j’avais aussi en tête ces mots : « cette maîtresse est à mettre à la poubelle
». 
Eh oui, vous me reconnaissez Sylvie la Calimero, l’heure de la plainte a sonné et c’est moi que vous retrouvez, je me sens devenir mauvaise et sarcastique,
 j’ai perdu tout ce que j’avais gagné cette année en confiance, en sérénité sans y rien comprendre : c’était tellement bon ! Comme tu dis Isa, on ne fait pas ce boulot pour rien  et
c’était vraiment un grand bonheur.
L’an dernier, c’est moi qui, sur le blog, avais demandé si quelqu’un pouvait m’observer  dans ma classe et une instit en vacances , Sandrine ,est venue de
province, super gentiment et m’a rassurée, c’était un moment irrationnel encore une fois avec de grandes angoisses, remises en question et son regard sur moi était bienveillant , elle m’a dit que
je n’avais pas du tout à m’inquiéter. Je sais que le regard le plus effrayant sur moi est ss doute le mien...mais aujourd’hui je suis super fatiguée.
23 ans que j’enseigne et cette  même problématique : c’est comme se cogner à un mur. Ce n’est pas faute d’avoir travaillé sur moi personnellement,
psychologiquement on va dire,  et de ne pas réfléchir à ma pédagogie. Ce truc, c’est comme un boomerang qui revient mais cette fois-ci  je suis encore plus alertée car j’ai goûté une
telle sérénité dans ma classe que j’ai presque « cru » que c’était possible, que j’en étais capable.
Pour le coup, j’ai l’impression que c’est moi le petit A qui ai besoin de Sécurité, de cadre. Ceci je l’ai trouvé en grande partie par le biais d’Isa à qui je
dois beaucoup.
La plus grande difficulté de ce moment est d’être « avec » les enfants, je suis plutôt « coupée » d’eux .  Je reste ds le global, je ne suis pas concrète
pour le moment car j’ai vraiment besoin d’exprimer ce que je ressens : c’est hyper douloureux, comme une déchirure à vif . Impression d’une faiblesse intense mélangée à de la violence.
En miroir, ce qui s’est passé ce soir à la maison avec ma fille de 6 ans (la dernière), n’était pas très glorieux non plus mais j’ai fait après coup le parallèle
: j’ai bien senti que le fait de ne pas exercer son rôle de Mère n’est pas possible, tout simplement pas possible.  
On ne  peut pas renoncer,  ni à être mère ni à être insti : il faut reprendre des forces, réfléchir  pour améliorer le négatif, réfléchir au
Positif et ....sans doute se faire plaisir pendant ces moments de doute, proposer ce qui est fluide, ce qui nous fait plaisir ...et arrêter de sentir  ses pieds se recroqueviller tellement
les enfants ne sont plus dans l’écoute...je pense éclaircir ces points dans un deuxième commentaire...J’en ai besoin .

Gwen 27/03/2014 22:30


Sophie, j'avais lu tes propos avec attention : de rédiger cette journée a du être bénéfique pour évacuer toutes ces tensions et réflexions. Heureuse que ce jeudi ait été ainsi. Bonne journée
demain!

Stasia 27/03/2014 19:27


Et ta journée d'aujourd'hui est encourageante, Emilie a raison. Tiens bon !

Stasia 27/03/2014 19:26


Oui, bravo Sophie, tu agis vraiment le mieux qui puisse être. Et pour le coin eau, tu as complètement raison Isa ! C'est fou ce que ça apaise et comme les enfants adorent. Quand j'ai des ateliers
très prenants, j'installe souvent le coin eau pour un groupe et c'est magique ! Les enfants y restent très longtemps et en silence, surtout si on a bien choisi son matériel. 

Emilie44 27/03/2014 18:49


Bon, il y a quand même du mieux, grâce à toi surtout et à tout ce que tu as déjà mis en place autour de lui. C'est très encourageant!

Sophie (pas si) sage 27/03/2014 18:02


Merci pour tous vos conseils et témoignages ! La journée d'aujourd'hui a été meilleure. Vous m'avez apporter des pistes et j'ai beaucoup lu aussi.


Je n'ai pas pu m'occuper de lui de suite à l'accueil. Il a commencé à errer dans la classe jusqu'à ce qu'il tape un copain. Mon atsem l'a aussitôt assis près d'elle
pendant qu'elle faisait des gateaux.


Ensuite, une fois tous les parents partis, je l'ai accompagné comme mardi à prendre le même 1er plateau de travail (transvasement de cotillons à la pince), puis le
2e connu (transvasement de grosse graine à la cuillère), histoire d'installer une "routine".


Et pour préparer les transitions, je lui ai présenté des images montrant ce qui l'attendait. Cela m'a permis de désamorcer
le début d'une crise. (Truc qui fonctionne avec les enfants autistes et que j'ai testé sur lui). Par contre, il se transforme en moulin à parole avec son image à la main, paroles
incompréhensibles le plus souvent ... Mais au moins il ne fait de mal.


Après la récré, il s'est recroquevillé au coin regroupement et poussait des cris. J'ai donc expliqué aux enfants qu'il était différent et qu'il avait besoin d'aide .
Eux devaient faire le silence car les bruits lui faisaient peur et c'est pour ça qu'il criait. Et moi, je devais juste le toucher pour le rassurer et effectivement mon petit A s'apesait.


Ensuite,l'histoire lue avec un flot de paroles entrecoupé de silence et d'observation. Puis en salle de motricité, il s'est montré très actif, parfois imitateur en
jeux libres avec ballons, cerceaux et anneaux.  


De retour dans la classe, sont venus ensuite les nouveautés : peinture avec les mains, papiers à déchirer et bac à eau. Seule
l'activité de déchirage ne lui a pas plu, mais il ne maîtrisait pas le geste. Le reste a eu un effet "magique". J'ai même pu observer ses gestes lents avec l'eau : il regardait l'eau coulée du
gobelet dans le bac, il souffait sur le gobelet posé dans l'eau ...


Au dortoir, il ne dormait toujours pas à mon arrivée. Il chuchotait des sons, agitait ses bras, se calmait quand je le touchais en disant "chut" puis se taisant
totalement. Et hop repartait. Ça a duré 1/2 heure jusqu'a ce qu'il me repousse et s'énerve en criant fort. J'ai tenté de le calmer mais ça le faisait rire et il criait de plus en plus fort. Alors
je l'ai évacué dans ma classe (la porte est juste près de nous), et là je me suis adressée à lui de façon ferme et et très autoritaire, on peut même dire que j'ai élevé le ton, excédée par son
comportement. Parce que même s'il s'agitait et baraguinait dans le dortoir, s'était de façon "retenue", donc il est arrivé à se maitriser.


On est ensuite retourné au dortoir et là, il s'est endormi de suite. Bon 10 minutes avant le réveil des autres ... Je l'ai laissé dormir jusqu'à la récré. Ensuite
jusqu'à l'arrivée des parents, il a eu un comportement relativement maitrisable.


Demain c'est la sortie en car à Paris. Sa mère l'accompagne ...


Je vous raconterai ... 

isa 27/03/2014 19:19



merci Sophie de venir prendre le temps de nous donner la suite de ton aventure avec A. Je vois que tu assures vraiment bien et que tu montres une vraie détermination qui porte ses fruits.
Je suis également ravie que tu écrives que l'eau a été magique, si ça pouvait aider d'autres collègues à oser franchir le pas pour installer ce coin eau si apaisant pour bien des petits agités.
Ta réaction au dortoir a également été trés juste, ne rien lâcher au niveau des règles ,c'est exactement ça, beaucoup de bienveillance mais une autorité qui rassure et qui protège contre
soi-même, l'enfant veut sentir que l'adulte est une protection qui le contient. A devait être trop fatigué pour s'endormir et ne pouvait lâcher prise, il lui fallait cet électro-choc autoritaire
qui est à utiliser avec parcimonie sinon ça ne fonctionne plus. Bon courage pour demain et bravo pour aujourd'hui.



Emilie44 27/03/2014 00:43


Claire, les parents n'ont pas forcément le dernier mot pour le lieu de scolarisation de leur enfant : il y a un an, j'avais eu la demande d'une famille, ayant un
enfant en MS, et qui voulait scolariser en PS l'année suivante son grand frère. Le grand frère était trisomique, aurait été d'âge GS, ne marchait pas, ne parlait pas, et passait son temps à
pousser des cris en jetant tout ce qui passait à portée de main... Je dois dire que j'étais effarée, je n'ai pas dit que je n'en voulais pas mais je l'ai pensé très fort, d'autant qu'il aurait
été le 31ème élève de la classe! J'ai réuni une ESS en mai pour en discuter avec les educateurs qui le suivaient et l'équipe du RASED. Ils ont tous dit que sa place n'était pas à l'école. Donc
l'avis donné par l'ESS n'était pas le même que celui des parents, et il est resté à l'IME l'année suivante.

syvieg 26/03/2014 23:34


Effectivement Sophie, on se retrouve toutes et tous ds ton commentaire car on a tous connus dans notre carrière des "alpinistes",  des"jetant les jouets"... et dans leur bulles mais
premièrement ils n'avaient pas forcément les 3 comportements à la fois, ce qui explique la grande difficulté ds laquelle tu te trouves et deuxièmement je trouve que tu réagis SUPER bien et aussi
avec de l'humour et tu le partages avec ton Atsem, la psy, la directrice donc je me dis que tu peux te faire confiance mais surtout je te dis bravo.


Par ailleurs, de te lire, m'apporte un autreregard  sur ma petite T, nouvelle du mois de février, non scolarisée avant car elle ne mâchait pas (cherchez l'erreur!), grande angoisse des parts
super protecteurs ss doute: elle ne fait pas de bruit mais elle ne se pose que rarement, elle marche ds la classe, passe d'un jouet à un autre, est absente durant de nombreux jours et du coup ne
progresse pas becp, ne dit pas un mot mais sourit..., part du coin regroupement, de la classe, ne rentre pas de la récré. Quand sa mère vient la chercher, tandis que nous dicutons, elle part, sa
mère la rattrape, elle repart et insiste d'une forte manière pour qu'elle répète "au revoir".


Tu as pointé le fait que tu autorisais bien des choses différentes pour ce petit A, que tu adaptais le milieu pour lui (bien obligée en même temps) mais je trouve que parfois "on" ou en tout cas,
je ne mesure pas bien, je n'oberve pas assez, je ne prends pas suffisamment conscience de ces différences de ma petite T et donc adaptations
nécessaires comme le fait d'arrêter d'aller la chercher pour la ramener au coin regroupement comme si c'était un objet finalement mais m'adresser à elle et lui demander si elle préfère aller avec
l'Atsem préparer les ateliers ou avec nous? Pour qu'elle devienne un sujet ds la classe (et peut-être un sujet tout court car je vois sa mére" l'empoigner"et non lui parler), il me faut la
considérer comme telle. Cela peut sembler être du BABA, en tout cas, ton commentaire a eu cet écho chez moi,  je te remercie  et je te souhaite de ne pas te décourager car je te répète
je t'ai trouvé très professionnelle...Si cela se dit! Bon très proche Week-end aussi!

isa 27/03/2014 10:19



Mesurer combien ce métier est un métier difficile nous est donné à travers des témoignages comme celui de Sophie. L'illusion d'une classe qui ne rencontrerait que la facilité est
tentante, mais c'est rarement le cas et quand ça l'est, chacun sait que c'est temporaire parce qu'il n'y a pas que les petits "différents", tous les enfants qui construisent leur personnalité
soumettent les adultes à la patience et à la remise en question et cela n'a rien d'aisé. Le choix de ce métier, c'est le choix de la relation d'aide, aider l'autre est profondément en nous, notre
personnalité nous a amenés vers ce destin pour lequel nous sommes sûrement le mieux armé, on ne choisit jamais par hasard ce qui va être dans notre vie un pilier central. C'est donc un vrai choix
que d'aller vers la difficulté. Qu'y cherchons nous ? Le bonheur... Il serait donc possible d'atteindre le bonheur en prenant les chemins les plus ardus et pourquoi ? parce que le bonheur c'est
ce que nous sommes: notre bien-être intérieur ,et pour des personnalités comme les nôtres, cultiver notre esprit, notre conscience morale est fondamental mais difficile ce qui donne un sentiment
de dépassement de soi. Tous ces élèves dont nous sommes responsables nous élèvent. Ce n'est que plus tard qu'on prend conscience de ce qu'ils nous ont apporté.



Magali 26/03/2014 22:00


Bonjour Sophie, ton récit m'a touché... et oui, pas toujours drôles à vivre ces journées là... je me rappelle d'un petit gars qui, il y a 2ans, lors du premier jour d'école me demandait si je
voulais un coup de boule :( !ou alors il pouvait me proposer un coup de marteau... Il lui a fallu l'année pour devenir élève...
Juste un mot pour le déni des parents : tu peux demander à la psychologie scolaire de lui parler, ça permet de mettre de la distance entre la maman et toi... et que la maman commence à entendre
les difficultés de son  enfant.
Bon courage pour demain : nous serons nombreuses à penser à toi ! Peut être même que nos ondes positives arriveront jusqu'à toi :)


 

edith 26/03/2014 19:24


Je trouve ton compte-rendu de la situation très édifiant sur nos conditions d’accueil des enfants différents ou ayant des troubles du
comportement, et le message de Laetitia aussi. Cependant tu décris bien la cohésion et la disponibilité des membres de l’équipe, ce qui n’est pas toujours le cas. Sur ce point tu as la chance de
pouvoir t’appuyer sur tes collègues car vous semblez bien fonctionner ensemble.


Bravo pour ton professionnalisme, tu as super bien réagi tout au long de la journée, mais cela t’a pris une énergie considérable.
J’espère que tous les messages t’auront permis de prendre de la distance pour recharger les batteries pour demain.


Tes autres élèves sont aussi un appui, ils doivent être débrouillés à cette période. La sécurité de tous avant tout. Et tu as dit
avoir choisi des activités de manipulation qui devrait attirer ce nouvel élément. Parie sur des activités que tes élèves maîtrisent bien. Demande-leur ce qu’ensemble vous pourriez apprendre à ce
petit nouveau pour qu’il se sente bien. Continue de mettre des mots sur les « agressions » Et petit à petit tu vas apprivoiser cet enfant qui a besoin de toi. Quant à la maman, cela va
être long aussi. Entoure-toi bien pour rapidement arriver à une scolarisation partielle.


Bon
courage Sophie, je suis aussi de tout cœur avec toi et n’oublie pas que c’est la maîtresse qui accueille ce nouvel élève et c’est Sophie qui repart chez elle à midi et le soir. Notre métier est
envahissant dans notre quotidien, mais autour de nous les autres en souffrent parfois.

laetitia 26/03/2014 18:25


Moi, je suis effrayé de voir le nombre d'enseignants qui vivent la même souffrance au travail, avec la culpabilité en plus de dire : "je n'en peux plus !".


Nous avons une éthique de notre métier, donc on prend en charge ces enfants à besoins particuliers le plus souvent sans aide particulière.


Est-ce normal de palier constamment les insuffisances de notre institution au prix de l'ambiance de classe, des intérêts et besoins des autres élèves, de l'équilibre de l'école et de notre santé
parfois ?


Bien sûr, jamais je ne dirais "non, je n'en veux pas dans ma classe" car tout enfant est éducable et a droit à cette éducation. Alors je fais comme vous tous, ce que j'ai toujours fait, je fais
avec !


Dans mon école, ZEP, nous avons des effectifs corrects, 25 élèves par classe, et toutes, oui toutes, nous avons des élèves handicapés avec ou sans AVS, des élèves avec troubles graves du
comportements, des élèves hyperactifs, des élèves qui pètent les plombs parce qu'ils vivent des situations familiales difficiles... Je vois des collègues aguerries faiblir. L'une a demandé un
poste adapté car elle sent qu'elle n'arrive plus à gérer tout ça, que la classe lui pèse. Ca lui a été refusé ! On lui dit "prenez un 80%" ! Elle, elle pense avoir encore des choses à offrir mais
elle ne veut plus du poids de la classe. Alors, on lui a conseillé de se faire arrêter plus souvent !!!


Je suis un peu désabusée vis à vis de l'Institution, mais j'ai toujours grand plaisir à venir travailler, heureusement, même si quelque fois c'est dur !

david 26/03/2014 17:41


Je constate que nous sommes nombreux à avoir des cas compliqués dans nos classes... J'ai à peu près le même phénomène qu'Annaig et c'est parfois dur de pas aller tout balancer dans la classe
soi-même histoire de se calmer les nerfs !!!


J'ai eu mon lot d'intégrations, d'enfants handicapés, d'AVS, d'enfants placés après les PIRES horreurs imaginables... C'est vraiment l'envers du décor de la maternelle. Mais avec l'expérience, si
nous professionnels nous voulons que ça aille vite concernant la pose de diagnostique et la prise en charge adéquate, bien souvent les parents ne PEUVENT pas cheminer aussi vite dans
l'acceptation. Il faut aussi l'avoir en tête et être patient.


En tout cas, Sophie tu as de la chance d'avoir le RASED aussi réactif. J'ai demandé la venue de la psy le 17 mars (gros et patient travail auprès de la famille avant), elle viendra début mai...
Et je sais qu'elle a fait au mieux en plus !


Bon courage à tous ceux qui ont des élèves différents en classe !

claire 26/03/2014 17:20


Non, il ne faut pas les refuser, mais il faut davantage accompagner les enseignants qui les accueillent. Ce n'est pas l'affaire de LA maîtresse, c'est l'affaire de TOUTE l'école, il faut aussi
que les inspecteurs acceptent d'alléger les effectifs de ces classes, il faut que les psychologues scolaires aussi accompagnent les équipes enseignantes, et surtout il faut faire remonter toutes
les difficultés, ne pas hésiter à laisser des traces pour faire avancer les choses. Je suis un peu en colère car j'ai eu l'an dernier dans ma classe de GS (30 élèves, classe étroite, pas d'ASEM
ni d'AVS) 3 enfants en situation de handicap (dont 2 ont maintenant une AVS au CP) : autisme, trouble du comportement… et l'année a été extrèmement difficile, pour les élèves et moi-même. Bien
souvent les choses avancent quand les enfants passent en élémentaire, mais avant, RIEN : on considère que la maternelle est une garderie, les enfants y passent de plus en plsu de temps (surtout
depuis les nouveaux rythmes…) et on ne cherche pas trop à savoir ce qui s'y passe vraiment. Du moment que les enfants sont gardés… L'an prochain rebelotte : j'aurai un élève qui était jusque là
dans un jardin d'enfant accueillant 30 % d'élèves en situation de handicap et j'appréhende un peu… L'équipe éducative s'est réunie, tous les membres ont émis un avis défavorable à la
scolarisation et pensent que l'enfant devvrait rester au jardin d'enfant, mais les parents ont le dernier mot (l'école est plus proche du domicile)…

isa 26/03/2014 18:08



je suis d'accord avec toi sur les mesures d'accompagnement, sur les effectifs allégés, sur l'importance de l'équipe, et sur la considération déconsidérée de la scolarité maternelle ,c'est
pourquoi il est important de dire ce qu'on fait et d'ouvrir le plus possible afin que cette transparence soit en faveur de la reconnaissance. Pour ton petit qui va arriver l'an prochain, tu peux
te dire qu'il a déjà connu la collectivité et qu'il a sûrement acquis une première socialisation. Je comprends bien toute cette colère parce que c'est trés difficile et qu'on aspire à ne pas
souffrir dans la vie mais cette colère fait perdre aussi de l'énergie et ne nous aide pas quand dans l'immédiateté on est face au problème. C'est pourquoi l'échange ici permet de la faire
retomber enfin c'est ce que je souhaite.



Sophie (pas si) sage 26/03/2014 16:31


Bon juste pour en rire (jaune), voilà ce qui vient d'arriver à l'instant dans ma boite mail.


Bonjour,Je viens par ce mail solliciter votre avis pour un échange sérieux à-propos de  la réalisation de mon projet d'aide aux enfants démunis dans ton pays. Mon  projet d'aide consistera à mettre à la disposition
d'une personne  ou d'une organisation non  gouvernementale des moyens
financiers qu'il utilisera aux profits,des  handicapés, personnes de
troisième âge, orphelins.J'attends votre réponse urgente sur Mon e-mail
: grachelmargaret@yahoo.fr pour  vous donnez plus d'explications sur le projet d'aide CordialementRachel Margaret GODDARD


Je lui réponds et prends tous ses sous pour accueillir décemment tous nos petits enfants "différents", à moins
qu'elle me plume avant !!!!


Ça fera juste une personne de plus à nous prendre pour des dindons !!!

isa 26/03/2014 16:55



ça sent surtout le virus à plein nez, méfiance ! 



hélène 26/03/2014 16:28


Sophie, tu as eu les bons réflexes et tu as bien su gérer ! Mais je comprends que cela use et on pourrait perdre patience. C'est pour cela que tu dois en parler autour de toi pour extérioriser la
tension et prendre de la distance avec les émotions qui ne sont pas toujours de bons conseils. Je sens que ton ATSEM est aussi une bonne alliée ainsi que tes collègues. Tu as bien raison, dans ce
cas,de faire un break entre midi et deux ! A la fin de la journée, cherche 3 choses au moins qui ont bien fonctionné avec lui plutôt que de lister le négatif ! Je te souhaite bon courage et si tu
as besoin, on est tous là avec toi !!

Claire 26/03/2014 16:16


Je comprends ton désaroi et ta colère Joëlle. Quelle hypocrisie que d'accueilir les élèves en situation de handicap comme nous le faisons dans les écoles !

isa 26/03/2014 17:02



donc on les refuse pour toi Claire ?



Sophie (pas si) sage 26/03/2014 16:16


Merci de votre soutien et de vos idées.


Je prévois demain activité sensorielle : eau, sable, papier à déchirer ...


Je parcours le net en ce moment sur les TED. Je viens d'apprendre plein de choses ...


 


Sinon, j'ai oublié de dire que la mère ne veut pas entendre parler de la MDPH car elle estime que son fils n'est pas handicapé !


Et c'est ça qui me fait peur, son dénie et sa difficulté à accepter la "différence" de son fils. Je sais par expérience que cette acceptation peut prendre du temps.
J'ai déjà eu des enfants "différents" que j'ai gardé 2 ans (volontairement) et les parents ont eu besoin de ses 2 années pour accepter que leur anfant aille en IME par exemple.


Petite apparté - Je pense aussi à un en qui je croyais au vue de ses progrès fulgurants et que j'ai envoyé au Cp. Sa mère revient me voir dans ma nouvelle classe
pour me tenir au courant des avancées (oui à l'époque, je l'avaie eu en GS). Tiens, il y a encore un enfant (en IME) qui est venu me saluer lundi avant d'aller son petit frère avec sa mère ! -
fin de l'apparté.


Mais ce temps, je ne me sens pas capable pour l'instant de lui donner. J'ai moi-même à gérer les difficultés scolaires + la crise de mon ado de 14 ans diagnostiqué
dyxlexique-dysorthographique mixte. Et à gérer le "terrible two" de mon 2 ans.


Je sais bien qu'on ne choisit pas ses élèves et que professionnellement, on doit aider tous les enfants. Ce que j'ai toujours fait. Et souvent seule ...


Mais là, les difficultés d'apprentissages, j'en ai un trop plein !!!!!


Et je sais aussi qu'on ressort enrichie d'une année avec un enfant différent. Mais là, je me sens suffisament enrichie de toutes ses expériences passées et je n'ai
tout simplement pas envie ...


 


Mais bon, je l'ai dit plus haut, je suis une professionnelle de l'éducation.


Et donc demain, je vais m'occuper de mon petit A. 


Je vais juste imaginer durant quelques secondes que je n'ai juste pas à le faire. Et puis que je passe mon brevet
d'alpiniste, que je construis la superbe table à granulés d'Emilie ... 


Et pour les collègues de PS-MS, comment dire, une a plein d'affreux loulous qui lui cassent les pieds + une petite déficiente auditive, une autre a déjà une
intégration très "énergique", l'autre un loulou très "difficile" (les parents aussi ne veulent pas entendre aussi parler de la mdph). Alors, me reste peut-être la promenade avec mon atsem dans
l'école ...


Comme dirait la psy pour rigoler (on se connait bien depuis le temps, mais cette année, pour une fois, j'avais pas besoin d'elle !) "ma classe tournait trop bien,
fallait bien un peu pimenter le tout !!!"


Oui fallait bien un peu plus de piment .... 

Joëlle 26/03/2014 16:02


Pour ma part, un enfant le 2 septembre. GROS problèmes familiaux, retiré à 4 h de ses parents (oui oui,
vous avez bien lu : il avait 4 h !) parce que quand il a pleuré, après sa naissance parce qu'il voulait téter, sa maman lui a donné ce que la famille avait apporté dans la chambre, c a d un
verre de champagne et de la brioche trempée dedans. Je suppose qu'il y avait eu aussi d'autres" petites anomalies", les infirmières ont vite compris... Le pauvre titou s'est retrouvé illico à la
pouponnière !!!)


Il est maintenant en famille d'accueil… qui doit regretter le placement. 24 h / 24 ! C’est surhumain,
je vous assure !


Bref : psy, équipe éducative, et tout le toutim,en urgence (parce qu’avant l’entrée à l’école, cela me semble être un no man’s land : pas de signalement du médecin
traitant, ni de la structure ou des éducateurs qui s’en occupaient. On attend l’ECOLE !!!


Mais ce qui est urgent pour nous ne l'est pas pour tout le monde....


1er RV CAMSP… il y a 10 jours - bilan… aux calendes grecques - prise en charge ???  à Noël 2014
????


En attendant, il mord, tape, fuite, il ne parle toujours pas (qq mots), les autres ont peur de lui, et, si
parfois, j’ai l’impression qu’il a progressé, parfois… je me désespère !


Je ne me sens pas d'une grande utilité ! Sauf peut-être pour la collègue qui l'aura l'an prochain ? Au
moins, le frémissement d'une aide poindra ????


Peut-être ????


Je suis fatiguée des beaux discours de l'administration sur l'"intégration", qu’on doit maintenant appeler
« inclusion » chez nous (peut-être chez vous aussi ???). A la limite, vaut mieux en rire !!!


J’aurais tant à dire sur la prise en charge de tous les enfants handicapés que j’ai eu dans la classe
depuis une dizaine d’année (handicaps divers et variés, mais même chemin de croix pour les parents et… la maîtresse quelque peu démunie). Ah ! Remarquez, j’ai des billes pour accueillir
plein d’handicaps différents maintenant !! Merci Internet ! parce qu’il ne faut pas compter sur l’administration pour nous donner qq clé avant leur arrivée, ce serait trop simple (et
trop cher aussi)


Et le mois prochain, j’accueille un petite fille de 2010 « qui commence à être scolarisable »
d’après les dires de sa famille d’accueil. Mais « il vaut mieux que ce soit l’éducatrice qui vous dise ce qu’elle a, parce que c’est compliqué ». RV avec la fameuse éducatrice le 3
avril… J’en frémis d’avance !!!


Petit détail : ce sera la 30ème enfant de la classe… Je vous le dis : il vaut mieux en
rire ! Jaune...


L’année risque se terminer en vrai un feu d’artifice !!!


Pourvu que mes propres petits enfants n'aient pas besoin d'aide !!! Jamais !

isa 26/03/2014 16:20



C'est bien la question, Joëlle. Et si c'était pour moi, pour mes enfants ou petits enfants ?  Je comprends ton amertume et je sais combien c'est difficile , parce que j'ai eu moi
aussi mon lot d'élèves en difficulté ( handicap ou trouble du comportement) et à l'époque pas d'AVS et des effectifs pas mieux que maintenant, aucun progrès en terme d'accueil des élèves en
général, l'école maternelle a toujours des effectifs supérieurs à l'élémentaire.



annaig 26/03/2014 15:42


un petit qui se "transforme". .. J'en ai un moi aussi mais les "crises" sont par bonheur relativement espacées dans le temps ( 2 à 3 dans la même matinée parfois quand même)


C'est tout de même très perturbant pour la classe. Etre à la fois à l'écoute du gamin en ne lâchant pas sur le respect des règles de vie, c'est ce que j'essaie de faire mais ce n'est pas évident
à chaque fois. 


Je n'arrive pas non plus à comprendre comment ce petit Ch. par ailleurs très éveillé et intéressé par ce que nous faisons rentre brusquement dans sa bulle et ...se met à frapper ...ou à faire
délibérément du bruit et gâcher un regroupement ( même seul un peu en retrait) ou s'arrête en plein milieu d'un tapis, empêchant un atelier de motricité de se dérouler normalement...se cache pour
ne pas aller à la cantine...ou fait une bêtise quelconque... et lorsque l'adulte, quel qu'il soit, intervient pour dire non et remettre les points sur les i calmement mais fermement , ce petit se
"transforme" crie, gesticule, donne des coups... Un adulte le prend alors en charge dans une autre pièce Ppendant un moment et il ressort alors de sa bulle aussi rapidement qu'il y est entré.


  Bon, j'ai rv avec les parents demain soir. Pas sûr qu'ils comprennent vraiment . A la maison, il n'y a pas de problème! Au centre aéré non plus. Mais ce sont des réflexions que l'on entend
souvent dans pareil cas.


L'école, ce lieu où l'enfant se met en effort  , peut-être pour la première fois de sa vie, à la fois pour vivre avec les autres et  apprendre des tas de choses , lui demande d'être
dans un état d'ouverture, état naturel pour l'enfant, à condition qu'il ne soit pas " pris" par des préoccupations ,des problèmes, du non dit voire plus grave dans son vécu familial.


Bon courage Sophie.


 


Pour ma part j'ai failli craquer il y a 2 ans. J'avais 3 très gros perturbateurs dans la classe.Aujourd'hui, je ne sais pas si c'est l'âge mais je ne me sens pas ébranlée par les désordres causés
par les écarts de comportement de ce petit qui a à peine 3 ans. Du coup , je me sens en pleine possession de mes moyens quand je dois intervenir auprès de lui et cela m'aide à trouver dans
l'instant les mots qui vont le calmer.


Mon but étant de prévenir ces moments d'orage si je peux...


 

isa 26/03/2014 15:55



Evidemment, ces petits en souffrance nous renvoient à notre propre impuissance, nous renvoient également à notre part d'enfance et parfois c'est trop douloureux. Ce n'est pas un métier
facile, rien n'est jamais certain, ce qui a été fait avec l'un ne fonctionne pas avec l'autre, et la formation ne prépare pas à ce type de difficulté ( à moins que cela ait changé). Malgré tout
l'enfant est là ....



claire 26/03/2014 15:42


A mon sens on n'a pas à choisir entre "inadaptation du milieu scolaire ou non stimulation du milieu familial" , il faut des structures et du personnel spécialisés, et
certainement pas des classes de 25 (ou plus !) élèves, souvent sans AVS ni ASEM (je sais de quoi je parle!) ! Comme d'habitude on cherche les solutions les moins coûteuses, sans réfléchir aux
dégats sur les autres élèves, et parfois toute l'école !

isa 26/03/2014 15:50



oui Claire tout à fait d'accord avec toi, c'est dans un monde parfait. Mais à l'instant présent, quel choix faire ? Je ne dis pas que j'ai la réponse, je cherche à réfléchir à une
situation que nous rencontrons. 



Lorelei 26/03/2014 15:10


Oui, Isa ça va, j'attends la dernière éprreuve du cafipemf avant les prochaines vacances... Alors je continue de bosser... et d'angoisser, il faut bien le dire! Le Printemps n'est pas vraiment
là, même dans le sud, alors je ne regrette pas de passer du temps dans mes lectures! Bises!!

isa 26/03/2014 15:32



tu me tiens au courant !



Lorelei 26/03/2014 14:52


Sophie, tu as eu beaucoup de courage pour surmonter cette première journée tout en étant très réactive. Je pense qu'il faut pour cet enfant faire une demande de PPS auprès de la MDPH avec un
temps de scolarisation hebdomadaire régulier mais réduit. Lors de l'équipe éducative, il serait bon de demander un bilan et un suivi par un organisme compétent : CMP, CAMSP, Hôpital de jour, IME
? Comme la maman ne semble pas très disponible - et si elle est seule, elle ne peut sûrement pas se passer de son travail ou réduire son activité - donc peut-être demander un SESSAD, qui est une
prise en charge très globale et qui gèrera aussi les déplacements école/maison/structure spécialisée. Je ne sais pas si chez toi c'est pareil mais dans notre département (06), ces demandes sont
soumises à des délais d'application assez longs. Votre réactivité est donc très positive pour la future prise en charge de cet enfant qui est en souffrance. Je n'ai pas autre chose à ajouter car
je vois, enfin je lis, que ton comportement est totalement adapté à cette situation, et outre les démarches administratives, malheureusement, il n'y a que tes capacités professionnelles et
humaines qui te permettront de continuer à appréhender et accueillir au mieux ce petit. Beaucoup de courage, tiens-nous au courant...

isa 26/03/2014 15:04



merci Lorelei pour toutes ces précisions, j'espère que tu vas bien dans ta belle ville du Sud.



Elodie 26/03/2014 14:49


Je suis moi-même enseignante en petite section, et j'ai cette année une petite fille de 4 ans en situation de handicap reconnu, bien qu'il n'y ait pas d'
"étiquette" sur ce qui l'affecte. En gros, elle présente des troubles autistiques, ne communique que par cris et grognements et, d'après les médecins et psys qui l'ont vue, elle a un age mental
de 8 mois... C'est une petite fille qu'on nous a confiée afin de "soulager la maman" qui n'en peux plus de devoir la surveiller (elle tente de s'enfuir et attrape tout ce qui est à sa portée).
Lorsqu'on m'a présenté sa situation en juin dernier, j'ai négocié avec ma directrice ^puis l'inspectrice de l'intégrer à la classe de 8h20 à 9h d'abord, pour vérifier si cela était gérable, avec
le groupe. Bilan: non seulement nous ne pensons pas rallonger sa présence mais elle vient de faire craquer la deuxième AVS qui lui avait été attribuée (une femme bienveillante et volontaire).
Nous ne savons pas que faire, dans la mesure où cette "integration", nous semble-t-il, l'agresse plus qu'autre chose (lieu inadapté, trop de bruits, d'élèves, de stimulations pour
elle).

Tout cela pour te dire de rapidement mettre en place une équipe éducative avec psy et médecin, et de préparer un dossier MDPH. Les places en institutions spécialisées sont malheureusement
rares, et on nous a expliqué qu'il fallait attendre les 5 ou 6 ans de l'enfant. Cependant, malgré la loi sur l'integration des élèves en situation de handicap, nous ne pouvons pas nous permettre
de ruiner l'équilibre d'une classe entière. Et un enfant inadapté à l'école est mis en situation qui le violente plus qu'elle ne l'aide à progresser...C'est une bonne chose à expliquer aux
parents, d'ailleurs.


Je te souhaite bon courage pour les démarches à venir!

isa 26/03/2014 15:00



C'est un débat que tu soulèves Elodie : inadaptation du milieu scolaire ou non stimulation du milieu familial, entre quoi doit-on choisir ? Quelle est la moins pire des solutions pour
l'enfant en question ?



Emilie44 26/03/2014 14:19


Sophie, j'ai vraiment l'impression que tu décris mon petit "alpiniste"... Je ne sais pas si tu t'en souviens, j'en avais parlé il y a quelques mois, il est
exactement comme le tien. Je l'appelle ici mon petit alpiniste car une fois il était monté dans ma bibliothèque de classe et avait ses pieds à 1m50 du sol et il voulait sauter... Le mien a finit
par se calmer un peu, on a quelques périodes calmes entrecoupées de rechutes, tout dépend de son état de fatigue. Quand j'avais alerté le psychologue scolaire, il était venu pour l'observer dans
la classe, et les 2 matinées où il est venu mon alpiniste avait eu un comportement tout à fait normal. Il savait que le monsieur venait pour l'observer, et c'est exactement ce qu'il voulait :
avoir toute l'attention d'un adulte pour lui tout seul. 


 


Je suis passée par des moments de découragement, où j'avais l'impression de ne m'occuper que de lui et de délaisser les autres enfants car je ne pouvais pas le
quitter des yeux sans qu'il fasse une bêtise, qu'il jette un jeu ou qu'il tape les autres. Il ne voulait presque jamais venir avec nous au regroupement. J'ai trouvé l'astuce de lui demander ce
qu'il préférait : venir avec nous ou aller avec mon ATSEM.


 


Je l'ai beaucoup observé, et surtout les choix d'activités qu'il faisait dans la classe. Je venais de lire le guide des intelligences multiples, heureusement car ça
m'a aidée à mieux le cerner et voir que ses intelligences fortes étaient kinesthésique et visuelle. Il s'éclate sur ma table à granulés depuis lundi (je me suis lancée dans cette réalisation à
50% pour lui, car je sais que c'est le genre d'activité qui le calme et dans laquelle il s'éclate). Il est du genre à arriver le matin dans la classe et en me disant bonjour, à pointer du doigt
toute nouveauté dans la classe (un nouvel affichage, un nouveau jeu posé tout en haut d'une étagère, etc...) en disant "qu'est-ce que c'est?" : il a vraiment un sens de l'observation
étonnant.


 


Ne reste pas seule avec tes difficultés, tu as bien fais de nous en parler ici. Demande à ton ATSEM quand elle le peut de l'emmener avec elle (moi j'ai demandé
plusieurs fois à mon ATSEM de l'emmener avec elle pour aller faire le pointage de cantine quand il était hyper agité dès le matin). Ca le calmait de se sortir du groupe et de la classe. .

Stasia 26/03/2014 14:15


Ma pauvre Sophie ! Comme je te comprends ! Heureusement que tu as le mercredi pour souffler. Ce petit en souffrance, il
va te donner du fil à retordre. Ne baisse pas les bras ! Parfois, j'en ai fait l'expérience, quelques mois d'école en confiance font vite évoluer les choses et ces petits se métamorphosent,
malheureusement après nous avoir épuisés. Ne perds pas de temps pour te faire aider, d'abord par le RASED et avec leurs conseils, CAMSP, Hopital de jour, je ne sais pas ce qui existe vers chez
toi. Et plus tu vas le connaître, plus tu trouveras d'astuces pour le calmer, l'intéresser, éviter qu'il s'en prenne aux autres. Courage !

Elaine 26/03/2014 14:15


Bonjour Sophie,


je t'envoie beaucoup beaucoup de courage (j'espère que ça passe par mail!) car ce que tu décris est vraiment dur à vivre. Malheureusement, je me revois tout à fait dans la même situation il y a
quelques temps. Ces situations en maternelle se rencontrent trop souvent hélas. Nous nous retrouvons les premiers à repérer ces difficultés, à les signaler aux parents qui souvent sont démunis et
cherchent à nier ou atténuer car ce qu'ils veulent c'est que leur enfant soit comme les autres, qu'il aille à l'école et qu'ils aient aussi ce temps pour souffler. L'école est alors aussi
nécessaire à l'enfant qu'aux parents, sauf que l'enfant aurait besoin d'un cadre différent : moins d'enfants, plus d'adultes, des temps adaptés et pas des journées à rallonge...


Des solutions, je n'en ai pas vraiment... Mais l'équipe de l'école a l'air d'être présente et l'inspectrice aussi, c'est déjà un sacré bon point !


Et peut-être qu'un bon morceau de chocolat, un thé, des gros calins de tes enfants, la présence de ton mari feront aussi beaucoup !...

maud 26/03/2014 13:14


ouch Sophie... je compatis du fond du coeur!


d'abord félicitation pour ton inspection :)


ensuite même si je suis sure que tu le sais, ne reste pas seule avec ce petit A. quand il monopolise trop ton attention et ton énergie demande à ton ATSEM de
l'emener voir un(e) autre ensaignant(e)... tes autres élèves ont besoin de toi!


Si la maman est en grande difficulté sociale, il doit y avoir une assistante sociale qui suit la famille, il est peut être utile que tu l'as contacte et voir avec
elle si cet enfant peut être accueilli dans une structure adaptée les jours où son accueil en classe ne sont pas possible.


 


je sais que chez moi on a un hôpital de jour pour enfants, ils peuvent peut-être t'aider??


 


Courage et surtout, surtout, surtout, reviens vers nous pour poser tes valises et reprendre ton souffle.


bises

Muriel 26/03/2014 12:45


Et bien, ma pauvre Sophie!


Ton récit est très détaillé: on s'y voyait! Et nous savons tous ce que cela signifie: gérer un éléctron libre au milieu d'un groupe classe à
gérer!!!!


Je ne peux que compatir à ton épuisement, ayant plusieurs enfants à troubles du comportement à gérer depuis 3 ans, je me retrouve dans ton
ressenti.


Je souhaite que tu aies une bonne surprise jeudi. Peut-être qu'une nouvelle école a été déstabilisante pour A ? Il a l'air d'avoir tout de même des moments
de répits où il a l'air bien? Il découvre un cadre sans doute tellement différent de chez lui....


Cependant, certains signes (fuite du regard, fuite tout court, cris, agressivité,....).... aïe aïe aïe,... oui, nous y voyons un problème peut-être
profond...


En tout cas, il a de la chance de "tomber" sur toi et la patience et l'écoute dont tu fais preuve...


Un de mes petits élèves TED (troubles envahissants du développement) s'est tellement calmé que je me dis qu'il ne faut pas désespérer! Mais sans doute pas à
plein temps, en effet, pour soulager le groupe, les adultes et ce
petit bout qui doit se sentir bien mal aussi lors de ses crises...


Affaire à suivre!


Bon courage Sophie!

isa 26/03/2014 14:27



Sophie, je veux te remercier d'avoir fait un récit aussi détaillé et aussi expressif , c'est important pour l'aide qu'on peut t'apporter de notre place mais c'est également important
 pour toi. Je conseille à tous ceux qui rencontrent comme Sophie une difficulté de prendre le temps de l'écrire pour la mettre à distance d'eux et ainsi sortir de l'émotion qui étreint et
embrouille et venir dans le raisonnement. C'est une première étape.


Donc j'ai repris avec intérêt tout ce que tu as écrit et je veux d'abord te dire que tu as vraiment bien réagi, que tu as su observer et calmer ce petit ( même passagèrement) et que tu as
su faire bouger les choses avec l'aide de ta directrice qui a été trés réactive, je suis admirative que tout cela ait eu lieu dans la première journée.


Qu'est-ce qui ressort de cette première journée ?


Une maman perdue, instable, imprévisible ( pas Lundi comme convenu mais Mardi toute la journée...), sur la défensive ( dissimulation), qui tente d'éduquer son petit ( en lui rappelant
qu'il faut ranger, elle le gronde...) et qui aimerait bien faire mais qui est d'abord préoccupée par sa situation à elle ( son travail, son logement...) et qui veut l'école pour la
soulager.


Un petit A perdu, instable, imprévisible, sur la défensive ( ses agressions envers adulte et enfants), qui sait obéir par moments, qui est submergé par son angoisse ( l'agitation et les
cris sont les seuls moyens d'extérioriser celle-ci), qui est trés fatigable ( il s'endort bien et est plus calme au lever) et qui a besoin de l'école pour le contenir et l'aider à se
construire.


Il a tout à apprendre et il a besoin d'aide, ce n'est pas chez lui qu'il va la trouver, sa maman est trop indisponible. Il a évidemment besoin d'une prise en charge spécifique parce que
tant qu'il n'est pas capable de se contrôler, il ne peut être journée entière dans une classe de 25 enfants, ça le fatigue et ça fatigue tout le monde.


J'ai bon espoir pour toi Sophie parce que tu es une enseignante de qualité et la chance pour A est de venir dans ta classe.


N'hésite pas à le contenir ,juste le prendre dans tes bras (assise). Propose lui l'activité coin eau, je suis certaine que ça l'apaisera et ne lâche rien au niveau des règles .
Effectivement mieux vaut adapter l'environnement ( ranger les objets ou matériels à risque) que de passer son temps à courir derrière lui pour qu'il range. Parle lui et dis lui ce qui lui arrive
( tu es en colère parce que tu veux rentrer chez toi, tu ne me connais pas, tu es perdu, mais nous allons apprendre à nous connaitre et nous serons bien ensemble). Accepte ( c'est difficile) mais
accepte qu'il te parle à sa manière et ne le regarde pas comme un adversaire mais plutôt comme un petit en grande souffrance qui a besoin de toi, tu es la professionnelle. 


et puis surtout, quand tu sens que tu vas craquer ( ce que je ne te souhaite pas mais ça arrive) confie le à une autre personne.


enfin tu as le droit de te sentir faible et de chercher du réconfort, alors je ne peux pas le faire en vrai mais imagine que c'est moi qui te prends dans mes bras et  te console de
toute cette charge émotionnelle, tu peux pleurer aussi pour évacuer cette tension.


J'espère qu'à nous tous on va parvenir à te redonner du souffle.