Emily et son petit élève qui ne comprend pas: la salle des maîtres

Publié le par isa

salle des maitres

EMILY écrit :

 

Je t'adresse ce message car je me dis que quelqu'un a sans doute vécu la même situation.

 

Depuis le début d'année un petit garçon dans ma classe me fait me poser beaucoup de questions: il ne comprend pas souvent ce que je lui dis ou demande de faire, ( surtout si je n'accompagne pas ma phrase de gestes) il agit plus par mimétisme et suit le groupe. Par exemple, il ne va pas voir les bonnes personnes: si je lui dis " va voir Sandrine ( mon Atsem) il s'assoit à une table tout seul et quand mon atsem lui dit " Sandrine , c'est moi" il répète "Sandrine, c'est moi" mais ne bouge pas pour autant. Si à la fin d'un travail, l'atsem lui dit va montrer ton travail à maitresse" il va voir son casier ( car il y range son travail d'habitude).

il connait les couleurs mais si je lui montre un pinceau et lui demande ce que c'est il me répond: bleu car le manche est bleu.

Il ne parle pas très bien et répète souvent mes derniers mots.

Avec les autres enfants il joue mais en suivant le groupe et ne leur parle pas vraiment.

J'ajouterai que son arrivée à l'école n'a pas été facile , il a beaucoup pleuré et pleure encore quand la maman vient en classe pour faire de la cuisine ou nous accompagne en sortie.

J'ai rencontré sa maman qui a eu l'air surprise car à la maison il comprend ce qu'on lui demande. Elle m'a expliqué que son fils ne parlait pas depuis longtemps ( ses 3 ans, en juillet).

Depuis cette rencontre, je sens la maman en retrait et contrariée ( ce que je peux comprendre) nous devons à nouveau nous rencontrer la semaine prochaine et j'aimerais quelques conseils: est ce moi qui m'inquiète pour rien? faut il laisser plus de temps àce petit garçon? et comment l'aider à progresser car j'avoue me sentir totalement démunie face à ses difficultés de compréhension.

merci d'avance

 

Publié dans la salle des maîtres

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emily 16/12/2012 22:25


merci une nouvelle fois pour toutes vos réactions qui viennent enrichir ma réflexion ( tout cela n'est pas sorti de ma t^te de tt le week end malgré le marché de Noël et les 2 ans de mon fils
!!!!)


pour tout vous avouer j'appréhende beaucoup cet entretien avec la maman : peur de ne pas bien exprimer, de ne pas trouver les mots justes, d'être maladroite....il faut que je trouve la façon de
dire les choses sans alarmer mais sans atténuer ....


J'essaie de me projeter, je vais relire ton article à ce sujet Isa, prendre une nouvelle fois des notes.....

isa 16/12/2012 23:10



essaie d'être suffisamment proche ( c'est à dire en imaginant qu'on te dise les mêmes choses) tout en te positionnant en professionnelle, c'est tout l'art de la communication pour nous.
Maintenant après avoir préparé , pensé cet entretien en amont avec toute la réflexion menée grâce à ces discussions, lors de l'entretien ,sois toi-même, ne cherche pas à être quelqu'un d'autre.
C'est pourquoi je te disais à la fin d'un commentaire, je te donne mon point de vue mais ensuite fais comme tu l'entends, le but de notre salle des maitres est que chacun trouve ses propres
réponses.



Carole 16/12/2012 14:30


C'est sûr, on envoie les enfants de plus en plus tôt chez des spécialistes et ce n'est pas toujours nécessaire. Malgré tout, un bilan chez l'orthophoniste peut se faire sur une séance sans qu'un
suivi soit nécessaire derrière.


Dans le cas de mon fils, effectivement, étant instit en PS depuis longtemps, j'ai vite réalisé que quelque chose clochait au niveau du langage et c'est moi-même qui ai pris l'initiative de la
montrer à une orthophoniste qui m'a d'abord répondu qu'elle ne prenait pas d'enfants si jeunes (il avait 3 ans). Mais j'ai insisté en précisant que je travaillais en maternelle. Elle l'a donc
reçu et depuis il a fait deux séances par semaine pendant 4 ans car elle a tout de suite soupçonné une dysphasie.


Celle-ci a été confirmée lors de ses 6 ans et je suis bien contente que sa prise en charge se soit faite précocément car son trouble de langage est quasiment invisible maintenant (il ne fait plus
qu'une séance toutes les deux semaines et suit un CE2 classique sans retard)


Il ne faut pas toujours tout voir de façon dramatique mais si on peut faire les choses dès la petite enfance, c'est toujours ça de gagné sur l'avenir :)


Il y a deux ans, j'ai eu un petit garçon avec les mêmes symptomes que mon fils, j'ai alerté la maman sans dramatiser et il s'avère qu'il est effectivement dysphasique... Je suis contente que mon
parcours personnel puisse maintenant me servir aussi en classe pour repérer ce genre de trouble.

joelle M 16/12/2012 14:01


Pour rejoindre Isa dans sa démarche, j'ai vu aussi des enfants en souffrance venir à l'école avec plein de partage dans les yeux du jour au lendemain parce qu'enfin il savait que nous (
école/famille) avions compris son désarroi. Et puis, les progrès arrivent comme par enchantement.


Mais dans ma carrière (25 ans, je crois) et qui est loin d'être terminée, j'ai dû faire un signalement pour manquement éducatif.


Ce fut une période terrible pour moi : j'ai beaucoup pleuré et j'ai eu peur de me retrouver devant un tribunal, j'ai été menacée, stigmatisée et touti quanti. Mais aujourd'hui, ma plus belle
récompense est que l'enfant concerné suit une scolarité qui se veut normal avec AVS, prise en charge médicale, que les parents ont fini par me reparler ( bon, c'est pas les grandes accolades....)
et qu'en la petite aujourd'hui en CE1 me croise dans notre village, elle dit accompagnée d'un petit signe timide mais qui en dit long vu son handicap : c'est Joëlle.


Nous ne sommes pas suffisamment formés sauf quelques uns d'entre-nous à poser un diagnostique, même pour les pros il est très compliqué de se prononcer fermement pour des êtres en plein
développement.


Mais ce qui me paraît essentiel c'est d'être dans le questionnement, que ce questionnement nous pousse à poursuivre nos études et notre formation grâce à ce formidable outil qu'est Internet, de
se méfier qu'en même et de vérifier les sources. De s'éloigner des lieux communs, d'éviter de stigmatiser pour répondre en copier/coller aux normes institutionelles et sociétales.

isa 16/12/2012 17:58



Bien entendu, je ne dis surtout pas de ne pas s'inquiéter, ni d'alerter, je dis qu'il faut savoir laisser du temps pour une évolution possible et bien-sûr que notre travail va être
d'aider à la prise en charge pour des enfants en souffrance. Tout cela est juste. Oui il faut s'interroger et en cela la démarche d'Emily est judicieuse.



joelle M 16/12/2012 13:22


petite précision suite au commentaire d'Isa


dans notre circonscription avec des" îlots" en zones sensibles(banlieue parisienne) il y a 1 psy pour 47 écoles, plus de maître E et G () donc pour que la psy se déplace, il faut faire une demande de prise en charge auprès du RASED.


D'une part cela lui permet de justfier d'un maintien de poste vue le nombre de demandes, d'autre part la procédure est respectée ( trace).


Nous avons la chance d'avoir une psy qui privilégie les interventions en maternelle et  jusqu'alors une IEN qui nous suivait. Pas sûre que la nouvelle...mais bon à voir dans le temps!

Talaron 16/12/2012 12:27


Je suis assez d'accord avec Carole qui dit que ce comportement lui évoque une dysphasie. J'ai, moi-même, mon dernier enfant qui est suspecté d'être dysphasique. Il a été pris en charge par
l'orthophoniste dès ses 3 ans. Etant pris en charge très jeune, les progrès sont allés très vite (surtout au début). Pour ma part, il n'a pas été si compliqué de l'accepter, parce que cela nous
aide à expliquer toutes les difficultés que l'on pouvait rencontrer à la maison, en famille... Cela fait tellement du bien aussi de se sentir soutenu. Il faut en tout cas à tout prix aider cet
enfant qui ne doit pas être très à l'aise à l'école.

isa 16/12/2012 12:44



Je pense que dans ton cas tu attendais cette aide et tu avais déjà compris que ton enfant était en difficulté, tu avais dépassé le processus d'acceptation et c'est pourquoi tout est allé
si vite. Mais tant que les parents refusent, l'enfant ne progressera pas. Il faut les amener à être demandeurs, je me souviens d'un petit élève qui avait de graves difficultés, la maman est
devenue demandeuse à force d'observer la sortie des élèves et de voir tous les autres enfants raconter à leur parent et elle le sien rien, toujours rien. Ce fut son déclic et pourtant je l'avais
alertée mais au début ,elle ne voulait rien entendre, j'ai respecté ce refus. 



MC 16/12/2012 12:23


Bonjour,


 


j'ai aussi un petit garçon avec des soucis dans ma classe. Pour m'aider j'ai demandé à l'infirmière scolaire de venir (en prétextant pour les parents un bilan auditif à faire car la maman était
dans le déni total). Au final devant la gravité de ce que je décrivais c'est le médecin scolaire en personne qui a proposé de voir l'enfant rapidement. Elle a orienté les parents vers le CAMPS
pour qu'il soit suivi au plus vite.


Il ne parle pas du tout, il babille, son retard mentale est d'au moins 12 à 18 mois. 


Du coup, les parents ne m'en veulent pas, car ce n'est pas moi qui est annoncé son retard, c'est le médecin, et le rapport est donc complétement différent.


 


En plus de la PMI vous avez l'infirmière scolaire et le médecin, et il faut téléphoner même plusieurs fois, décrire, faire des emails, et cela peut bouger.


 


Bon courage et bonne fin d'année.



MC

joelle M 16/12/2012 08:43


BONJOUR EMILY,


Les petits problèmes de prononciation, de syntaxe se régulent très souvent au cours du cycle 1, il n'est donc pas nécessaire de se rendre chez un orthoponiste trop tôt, nous sommes d'accord.


Si les troubles persistent au cours de la moyenne section, il vaut mieux le faire intervenir car les délais de RV de bilans sont très longs. En tous les cas, il faut être attentifs et prévenir la
PMI lors de leur journée de dépistage.


Le casde ton petit élève semble plus problématique donc il te faut faire très rapidement une demande de prise en charge auprès du RASED et demander au psy scolaire de venir observer l'enfant au
sein de la classe en oubliant pas de prévenir la famille de sa venue dèsque tu sauras quand elle peut passer dans l'école.


Conseil : N'aborde pas cela lors de ton entretien de cette semaine. Remets cela à plus tard. 


Si la famille te paraît très réticente, dis leur qu'elle viendra dans le courant du mois...(pasde date précise) observer d'autres enfants également et que le but de cette observation est de
t'aider dans ton approche pédagogique  auprès de leur enfant. Précise bien qu'elle n'aura aucun entretien en particulier avec leur fils.


Il est très difficile d'obtenir une coopération avec une famille dans le déni. Cela demande beaucoup empathie, de retrait car c'est douloureux pour les parents.


Il faut aussi bien suivre la procédure car leur réaction peut être parfois violente : agression, plainte à l'IA, déscolarisation,...)


Or , c'est tout sauf ce qu'il faut obtenir. Il s'agit de créer une relation de confiance dans l'intérêt de l'enfant.


Il est aussi indispensable de communiquer avec le RASED, l'infirmière de la PMI. lorsque le besoin se présente.


Voilà, j'espère que j'ai pu t'aider. Bon dimanche et courage!


 

isa 16/12/2012 12:23



Je constate que je peux m'en aller une journée, il y a aura toujours la même solidarité et j'apprécie vraiment vos réponses et votre sollicitude envers Emily.


C'est effectivement tout l'enjeu de notre responsabilité vis à vis des enfants qui nous interrogent, quand doit-on agir ? quand doit-on alerter la famille ? quels signes vont nous guider
dans cette démarche d'alerte ? On voit bien que c'est essentiellement un comportement inattendu qui soumet l'enseignant à ses interrogations. Pour autant, est-ce que tous les enfants se
développent de la même façon, rentrent dans les apprentissages par les mêmes chemins ? Quelles sont nos propres représentations de la norme ? Toutes ces questions nous bousculent. D'autre part,
les attentes à la fois parentales mais aussi institutionnelles nous enjoignent de savoir nous y prendre avec tous les enfants. Et lorsqu'un enfant déconcerte, il est parfois plus rassurant de se
dire :" Allons voir du côté du médical si tout fonctionne car moi je ne suis pas "sûr" d'y parvenir". Alors, quelle attitude tenir ? C'est complexe. Ce qu'il faut savoir c'est que le regard du
parent sur son enfant aura des conséquences dont l'enfant s'imprégnera de manière forte pour toute sa scolarité. C'est pourquoi je pense qu'il faut y aller trés prudemment avec les parents quand
notre jugement cherche à ce que tous nos élèves rentrent dans la norme. Ma position dans ce questionnement est d'alerter quand le comportement de l'enfant ne fait aucun doute, lorsqu'il est
clairement dans un dysfonctionnement comportemental avec grosses difficultés dans sa relation à l'autre ainsi que lorsqu'il y a des signes trés forts de déficience intellectuelle. Dans le cas de
ton petit élève, il joue avec les autres, il semble être un "visuel", il n'a pas encore accés au langage d'action, c'est à dire qu'il ne parle pas de ce qu'il fait, il répète comme un perroquet
et c'est surtout cette manière de faire qui t'inquiète parce qu'il y a une forme de réaction mécanique et non intellectuelle, cette façon de n'avoir aucune initiative, aucune expression
personnelle met des doutes sur sa compréhension. Je ne suis pas dans ta classe,c'est difficile de dire ce que j'en pense. Mais je pense que lorsqu'il y a des doutes, ils doivent bénéficier à
l'élève, c'est à dire qu'en petite section, à la fin du premier trimestre, on peut laisser évoluer cet élève sans commencer à chercher à le cataloguer et à s'inquiéter de ne pas agir
immédiatement. Dans ta situation, je chercherais toutes les manières possibles de m'adresser à lui en le sollicitant le plus possible de façon à l'inciter à prendre des initiatives, à parler de
ce qu'il fait, en l'encourageant le plus possible ,en le valorisant. Et pour la famille, j'aurais un discours identique:" Votre petit garçon commence à parler, il est important de l'encourager
,de le laisser parler seul (à l'aide de livres, de photos ...) et non toujours dans la répétition de mots." Tu l'auras compris Emily, je rejoins ton inspecteur dans l'idée qu'il y a des
temporalités à respecter et qu'alarmer des parents pour rien fait plus de dégâts que de prendre un enfant en charge un peu tard. C'est bien sûr mon point de vue, je te le donne et tu fais comme
tu l'entends.



emily 15/12/2012 23:04


lors d'une animation, notre inspecteur nous a fait comprendre que souvent nous envoyons les enfants trop tôt chez l'orthophoniste, qu'il faut laisser du temps, accepter cela...Je partage ce point
de vue mais le point de vue d'un autre professionel ne serait -il pas utile????

emily 15/12/2012 23:01


merci à toutes pour vos commentaires !!!! 


pour vous répondre e nquelques mots, les parents de ce petit gaçon sont tous les deux francophones. Sur vos conseils, je vais contacter la PMi,  ( chez nous elle e vient voir seulement les
moyens), je vais esayer de joindre le rased ( mais je crois qu'il ne se déplace plus........)


J'avais effectivement pensé à des problèmes auditifs, mais comme il répète souvent de que je dis.......


Pour te répondre Joëlle, ce petit parle peu ou en tout cas ne vient pas me parler spontanément ( moi ou les autres adultes). De ce que j'ai pu observer, il ne fait pas de phrases, mais repète ce
que je dis, imite mon attitude, mes gestes.


il lui est arrivé de montrer une photo d'enfant en me disant que c'était lui.


Merci en tout cas pour toutes vos pistes.....

joelle M 15/12/2012 20:27


Un problème de dyslexie peut être décelé dès la maternelle ainsi que sa prise en charge à condition que l'équipe éducative ait été réunie avec tous les partenaires de santé et éducatifs et que
principalement les parents aient pris en compte nos préoccupations en faisant le nécessaire auprès de spécialistes,se battent avec les institutions et que nous l'accompagnions dans cette lutte.


Il ne faut surtout pas attendre que le temps passe comme pour l'autisme et autres maladie neuro génétiques.


Il n'y a pas de fatalité, il n'y a que de l'attentisme des uns et des autres qui font que les RASED deviennent une peau de chagrin, que les demandes de prises en charge par la MDPH sont
croissantes et que l'institution n'agit pas concrètement pour des raisons financières : mauvais calcul, ces adultes de demain coûteront plus cher à la xociété française  que s'ils avaient
été pris en charge dès le plus jeune âge. Tout cela au détriment d'une enfance en souffrance et d'un personnel enseignant, de la fonction publique et territoriale sur les rotules qui cumule les
arrêts de travail, des professionnels de santé indépendants qui se font des choux gras (pas tous)


 


 

joelle M 15/12/2012 19:29


Tout comme Muriel, je te conseille de prendre contact avec la PMI de secteur qui pourra tester cet enfant lors de son passage dans l'école.


Mais en attendant, tu reçois les parents, si j'ai bien compris et tu sens la maman en réserve.


C'est un peu compliqué et il faudra être rassurante : décrire l'enfant au sein de la classe en pointant tout ce qui est positif pour regagner la confiance et rentrer dans le dialogue et la
communication. Puis progressivement parler de ses difficultés de compréhension, de son retrait. Dire il, il, il et oublier le je. Il me paraît essentiel que tu te positionnes
comme consciente ou plutôt observatrice de ses difficultés, que tu cherches à l'aider à mieux intégrer le monde de l'école avec son langage spécifique, ses contraintes et que s'il a parlé
tardivement, il lui est difficile de totalement s'exprimer dans tout ce fourmillement d'indices visuels, auditifs, sensoriels. Tu peux sugggérer un test auditif pour vérifier s'il n'a pas tout
banalement un gros bouchon de cire. Minimise car derrière tout cela, il y a peut-être quelques troubles plus importants et si cela se vérifie, ta qualité d'écoute sera un formidable tremplin pour
la prise en charge parentale du problème.


Essaie de savoir comment il se comporte à la maison, dans des sorties avec ses parents,....


Tu ne dis pas comment cet enfant s'exprime, tu pointes uniquement la compréhension. Peux-tu nous en dire plus?


Il existe d’importantes variations individuelles dans le développement normal du langage.


Il est fréquent que des enfants fassent de l’écholalie un peu comme s'ils se forgeaient un lexique pour mieux le ressortir lorsqu'ils se sentiront prêts.


tu dis : il connait ses couleurs. Avez-vous travaillé sur cet apprentissage? dans ce cas, il pense peut-être que tu attends qu'il t'indique la couleur de l'objet. C'est également fréquent.


Si tu lui demandes de te montrer un pinceau, le fait-il? Il est tout aussi fréquent qu'un enfant puisse montrer sans mommer un objet.


Bon courage


 


 

Carole 15/12/2012 19:19


Tout à fait d'accord avec les commentaires précédents : il faut informer la PMI ou le RASED, car ce n'est peut-être rien mais c'est peut-être important... Il faut effectivement avant tout
éliminer les troubles auditifs mais à priori il entend bien puisqu'il répète...


Ce qui m'inquiète, ce sont plutôt ses problèmes de compréhension, liés à un langage tardif.


Si la famille est française (je veux dire si ce n'est pas un souci de langue), alors cela me fait penser à de la dysphasie de compréhension (mon propre fils est dysphasique mais en expression :
il comprend très bien mais a bcp de difficulté à s'exprimer). Ici, ce serait le contraire (s'exprime mais ne comprend pas les consignes).


Quand la maman dit qu'à la maison, tout va bien, c'est aussi peut-être parce qu'elle s'est adaptée à son fils : elle ne donne qu'une consigne à la fois par exemple et en le regardant bien en
face...


Bref, sans vouloir être alarmiste, il faut vraiment faire entendre à cette maman que tu es de son côté et qu'il peut être intéressant de faire des bilans (audition, orthophoniste)


De toute façon, si c'est un problème dys, le diagnostique ne sera posé qu'à 6 ans (avant, cela peut être un simple retard de langage)

Muriel 15/12/2012 15:19


Tout à  fait d'accord avec Véronique (pas si néophyte que ça!): en 1er évacuer les problèmes auditifs...


Parfois les questions "pédagogiques" des maîtresses déroutent les enfants dont l'environnement langagier et culturel très différent (même les questions
élémentaires comme "c'est quelle couleur" ou "montre moi..." !...) 


De toute façon demander l'aide de personnes ressources comme PMI et autres professionnels experts de troubles spécifiques...


Bon courage

Emilie44 15/12/2012 12:52


Tu pourrais demander à la PMI de faire son bilan rapidement, je ne sais pas s'ils sont déjà passés dans ta classe? Mes élèves viennent d'être tous vus par la PMI,
pour plusieurs d'entre eux des soucis auditifs ou visuels ont été décelés, les parents ont reçu un courrier pour leur conseiller de consulter. Cela permet de mettre l'enseignante en retrait face
au dépistage d'un problème physique pour l'enfant, les parents acceptent et suivent plus facilement l'avis d'un professionnel de la santé...

joelle M 15/12/2012 12:13


je n'ai pas trop de temps à te consacrer aujourd'ui mais je fais mon maximun.


Ce cas est très intéressant et il démontre combien l'institution nous engage dans une analyse normative et violente car elle a peu d'égard sauf dans le discours des réalités de la maternelle et
plus particulièrement de la PS.

delph 15/12/2012 11:50


J'ai moi aussi le cas d'une petite fille qui ne comprend pas les consignes, même quand je reste près d'elle pour lui expliquer et lui montrer ce qu'elle doit faire et où elle doit le faire ......
elle n'agit même pas par mimétisme et est complètement en retrait des autres enfants de la classe. Elle n'écoute rien, n'est pas attentive et bouge  toujours. Elle ne parle pas, elle
gazouille comme un bébé. Elle se met à pleurer pour un oui et un non. Nous avons rencontré la maman  (je suis à mi-temps dans la classe) pour lui expliquer.


Elle nous a dit qu'elle devait se faire opérer des oreilles parce qu'elle avait des problèmes d'audition. Mais nous avons dit à la maman qu'elle pouvait toujours faire un bilan au C.A.M.P.S. et
elle refuse car pour elle tout va bien......


Nous sommes démunies car ma collègue et moi savons qu'au delà de ses problèmes d'audition il y a  "un petit quelque chose" qui nous interpelle .......


Maintenant il est vrai que pour des parents, ce n'est jamais facile d'admettre les difficultés de son enfant (j'ai moi-même un fils dysorthographique)..........


Si quelqu'un a des solutions !!!!!

isa 16/12/2012 12:32



Contrairement au petit élève d'Emily pour lequel je temporiserai la prise en charge, ta petite élève présente des difficultés dans sa relation à l'autre qui indiquent qu'il faudra
sûrement un suivi spécialisé, mais comme tu le dis si bien ( avec une expérience de maman) il faut accompagner les parents dans cette acceptation. Le refus des parents est une étape dans un
processus d'acceptation, il est inutile de vouloir aller contre ce refus, d'autant plus que l'enfant ne peut progresser dans une aide spécialisée que s'il sent sa famille en accord avec celle-ci,
il est donc primordial de prendre le temps avec les parents et de ne pas brusquer leur volonté.



Véronique la néophyte 15/12/2012 10:23


Ce que tu décris semble en effet préoccupant.


Des questions que je me pose : Est-il de famille francophone, le français est-il la langue utilisée à la maison ? Y a-t-il eu un bilan auditif, pour évacuer la suspiscion de surdité ? Y a-t-il un
RASED sur ton école ? Peut-être la psychologue scolaire pourrait-elle venir l'observer en classe  et te donner ainsi d'autres grilles de lecture et de pistes pour t'aider à communiquer avec
lui. Le médecin scolaire pourrait aussi proposer de rencontrer la famille...


Toutefois, la réaction de la maman me semble "normale" : souvent l'école est le premier lieu de dépistage des troubles éventuels et le premier réflexe des parents peut être le déni tant c'est
compliqué de faire le deuil de l'enfant "rêvé" quand on est confronté pour la première fois à des difficultés.


Appuie-toi aussi sur tes collègues et sur ta directrice qui ont peut-être déjà rencontré de telles situations et peuvent te conseiller.


Bon courage et tiens-nous au courant.