Et si le voyage de la marionnette ne servait à rien

Publié le par isa

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A l’inverse de la plupart des articles que j’ai faits sur le projet « écrire un livre », je décide de partir des points négatifs pour rejoindre et comprendre ceux qui n’y croient pas ou n’osent pas, mais également pour démontrer que tout projet est perfectible, qu’il n’existe pas de situation d’apprentissage parfaite et que la réflexion permet de mesurer le bénéfice ou non de celle qu’on a choisie.

 

Je rappelle pour ceux qui arriveraient pour la première fois sur le blog, que ce projet propose aux élèves d’emmener la marionnette de la classe un court séjour chez eux. L’hôte de la mascotte emporte la valise de celle-ci, ainsi qu’un carnet de voyage avec des règles à respecter et des tâches à faire. Au retour en classe, le récit est fait en dictée à l’adulte lors d’un regroupement et va rejoindre les autres écrits qui seront compilés dans un livre à offrir aux parents (partenaires du projet). L’objectif est prioritairement axé sur le langage.

 

Malgré mes convictions pour ce projet que j’ai pratiqué de nombreuses années, je sais qu’il existe des défauts et avec votre aide, je souhaiterais que nous les abordions avec réalisme.

 

Le premier qui me vient à l’esprit est que le temps est proportionnellement en opposition qu’on se place du point de vue de l’individu ou du groupe.

Ainsi, un élève a très peu de temps concernant son récit, il ne le fera qu’une seule fois en classe et on peut donc penser à juste titre qu’il n’est pas suffisamment sollicité du point de vue langagier contrairement à l’objectif visé. Y-a-t-il un effet « projet » sur le langage ?

Par contre, puisque chaque élève emmène la marionnette et que les classes en maternelle ne sont pas en sous effectifs, bien au contraire, faire passer de main en main et de jour en jour oblige l’enseignant à prévoir une longue période pour son projet, ce qui peut sembler répétitif et lassant. Comment éviter cet ennui, est-ce possible ?   

 

Deuxièmement, la difficulté d’évocation que rencontrent les élèves est source de récits non structurés chronologiquement, c’est souvent du coq à l’âne et l’intérêt pour les élèves qui écoutent peut parfois faire largement défaut. Qu’est-ce qui motive l’écoute et celle-ci est-elle meilleure que dans d’autres échanges collectifs, plus concrètement cet exercice apporte-t-il un intérêt supplémentaire aux autres situations orales classiques ?

 

 

Troisièmement, l’investissement des familles est sollicité, celui-ci est inégal et peut mettre l’élève en difficulté si la participation familiale est quasiment nulle. Faut-il privilégier le groupe ou l’individu ?

 

Je vous laisse le soin de trouver d’autres points négatifs sur lesquels la discussion peut  être ouverte.

 

Je reviendrai sur nos questions dans de prochains articles , il est toujours intéressant de choisir d’autres angles de vue pour faire évoluer ou avancer ou encore démarrer un projet tel que celui-ci.

Publié dans langage 2014

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MAHAUT 08/05/2014 20:04


Bonjour Isa ,


J'ai démarré le projet lundi et je ne le regrette pas ! Le premier récit a eu lieu mardi matin et là grand moment d'échanges et certains enfants se sont révélés en parlant pour la première fois
en grand groupe .D'ailleurs la première question a été posée par un élève que je n'entends quasiment jamais (même en petit goupe ) . Il a levé la main et a posé sa question
clairement et là j'ai senti sa fierté .


Tous les élèves sont très motivés par le projet et les premières familles avec qui j'ai échangé sont prêtes à jouer le jeu . D'ailleurs la première famille d'accueil de Souricette a été
formidable ! Concernant les inégalités possibles entre les enfants , je prends quelques photos du départ de chaque enfant avec Souricette ou d'une activité en classe au cas où !


Pour tous les réticents FONCEZ !!! Vous ne le regreterez pas ... et encore merci Isa pour tous ces beaux projets !

isa 09/05/2014 11:34



merci Sandrine, si tu as besoin de conseils, n'hésite pas !



hélène 08/05/2014 19:07


Quand l'effectif de la classe est important et qu'il y des semaines avec des ponts : ce n'est pas très pratique ! Alors, j'ai fait en sorte exceptionnellement de laisser Mimi à deux familles
voisines ou habitant pas loin l'une de l'autre : je les mettait en contact et elle définissait le jour et l'heure de l'échange. Il n'y a jamais eu de problème !


J'ai eu aussi le cas d'une famille analphabète : on anticipe et je leur explique le fonctionnement. La maman ne sait pas écrire : pas de problème, le matin elle m'a raconté ce que l'enfant avait
fait, je l'ai noté dans le carnet. S'il n'y a pas de photo : l'enfant peut dessiner et je le prends en photo dans la classe pour illustrer le livret de récits.


L'intérêt de cette activité de langage n'est plus à démontrer et les enfants en parlent longtemps. Tous mes anciens élèves sont excités quand ils voient passer le premier enfant de ma classe avec
la valise ! Ils se rappellent encore quand ils l'ont eu à la maison. Ma fille de 6 ans feuillette encore avec beaucoup d'émotion les livrets de récits. Cela ravive beaucoup de souvenirs agréables
!! Certains, en CE1, viennent encore dire bonjour à notre mascotte Mimi, le matin !

isa 09/05/2014 11:35



oui c'est une bonne idée cet échange entre familles.



fred 62 08/05/2014 19:02


C'est vrai Isa ce que tu écris il y a plusieurs étapes dans le déroulement des restitutions. Au début les questions sont toujours les mêmes et l'enfant qui a posé sa question une première fois a
tendance à la poser à chaque fois. Au début ce sont les élèves moteurs qui ont déjà acquis la structure interro qui prennent la parole.


Ce que je fais c'est que j'incite les petits parleurs à "réutiliser " les questions en les interrogeant en priorité. Ainsi les élèves plus à l'aise doivent en inventer de nouvelles. C'est en
imitant qu'on apprend.


Moi aussi l'année dernière j'ai été prise par le temps alors je n'ai fait qu'un livre qui a suivi les élèves en moyenne section. Ma collègue leur a lu dès la première semaine de la rentrée et
Jojo est venu les féliciter d'être dans la classe supérieure!

isa 09/05/2014 11:41



C'est un projet qui est toujours à inventer, c'est au fil des années que j'ai introduit différentes nouveautés comme le carnet de voyage et les tâches parce que parfois la trop grande
"liberté" appauvrit les récits ( beaucoup de répétition de situations) et lorsqu'on donne un fil conducteur, chacun s'en empare avec le désir de l'originalité, du coup c'est plus varié et les
récits s'en ressentent donc le vocabulaire, l'expression argumentative.... Cette année par exemple, il y a fort à parier que les peurs de la marionnette vont varier d'une maison à
l'autre.



sylvieg 08/05/2014 16:42


Ah voui Super u! moi aussi j'ai ma carte !!!!! je vais compter mes points!...

Emilie44 08/05/2014 12:21


Concernant l'implication des familles, je pense que dans les classes où on fait régulièrement des prêts de sacs à albums, ça devrait rouler tout seul, car ce sera
comme un sac à album. Ils connaissent l'organisation (il faut faire l'activité le soir même et le rapporter le matin d'école suivant).


 


J'ai mené ce projet pour la première fois l'année dernière, ça a été un vrai succès auprès des familles, même les non francophones. J'avais mis dans le sac de la
marionnette un vieil appareil photo numérique perso, que j'avais eu il y a longtemps avec mes points super U (je l'avais payé 1€ + les points). Les enfants avaient même appris à s'en servir
eux-même (sous la surveillance d'un adulte bien sûr!). La consigne était de prendre quelques photos, puis moi je les imprimais à l'école et les collais sous le récit de l'enfant.


 


La seule difficulté que j'ai rencontrée l'année dernière, c'est que je me suis laissée emporter par le tourbillon de choses à faire à la fin de l'année, et que je
n'ai pas eu le temps de faire le montage des photocopies des pages du classeur des récits, du coup les enfants ne l'ont pas emporté à la maison à la fin de l'année... Cette année, il faudra que
je m'y prenne au fur et à mesure, pour ne pas avoir tout à faire au dernier moment.

isa 08/05/2014 13:57



ça je l'avais dit dans les explications pour la réalisation du livre, c'est préférable de faire les photocopies au fur et à mesure des récits pour constituer progressivement le livre
final sinon c'est un travail trop important surtout en fin d'année.



fred 62 08/05/2014 12:07


merci Valérie pour l'astuce c'est vrai que nous devons être franc avec eux et leur expliquer...tout simplement. J'ai un loulou qui est porteur de handicap, les autres sont très solidaires envers
lui, ils vont le chercher et lui donne la main quand il ne suit pas les déplacements dans l'école, ils lui laissent une place sur le banc à côté d'eux ou ils lui donnent son manteau et l'aide à
s'habiller

Valérie 93 08/05/2014 11:17


Pour ce type d'élève je préviens toujours le groupe que pour "untel" c'est très difficile de parler pour telle raison et que je compte sur eux pour l'aider ( être à l'écoute et répéter le mot (
il faut bien répéter quand on commence à parler) et c'est le groupe qui porte l'enfant en difficulté ainsi que la marionnnette...et moi aussi bien sûr je suis d'ailleurs à côté quand c'est
nécessaire....

isa 08/05/2014 13:53



oui et dans le cas d'un élève qui n'a pas le langage, il m'est arrivé de prendre le récit écrit dans le carnet par la famille, ce fut extrêmement rare mais parfois il est préférable de
trouver un moyen pour que l'enfant se sente tout de même acteur malgré ses difficultés, il présentait le contenu de sa page du carnet de voyage, la séance de questions avait lieu et il hochait la
tête. Et c'est un grand moment pour lui qui peut s'avérer être une étape dans le développement de son langage.



fred 62 08/05/2014 11:08


Bonjour!


Cela fait trois ans que je mène ce projet avec Jojo.( Le marathon Jojo commence lundi)


Les problèmes que je rencontre se situent au moment de la restitution dans le grand groupe. Je suis en RRS et, nouveauté cette année, j'ai 6 enfants allophones alors le  regroupement est
toujours un moment difficile.


Les élèves bougent énormément, nombreux sont ceux qui ne tiennent pas en place, s'intéressent plus au voisin, aux baskets scratch, au bruit que peuvent faire les tambourinnements de leur pieds
sur le sol, ils baillent très vite, s'avachissent rapidement sur le sol ou les bancs etc... etc... En fait ils ne mettent pas de sens sur ce temps de regroupement


Alors quand arrive le moment de la restitution c'est vite laborieux. Certains enfants, malgré le rappel des règles d'écoute, la mise en situation théâtrale de ma part, décrochent assez rapidement
parce que c'est vite long (l'enfant raconte, on pose des questions, je relis le texte que j'ai écrit pour avoir la validation de l'enfant. Cela dure au moins 10 à 15 minutes quand tout "roule")


Parfois moi même je trouve ce moment interminable car quelques enfants ont des difficultés de prononciation, la classe ne les comprend pas.Je ne veux pas les mettre en difficulté, je ne peux pas
leur faire répéter, nous essayons de deviner mais je ressens bien qu'ils comprennent qu'ils ne sont pas compris... J'ai l'impression de ramer


Sur les six enfants qui ne parlent pas le français , deux ne prennent pas encore la parole que ce soit pour dire bonjour, pour l'album langage. J'ai quand même  une communication non
verbale. Comment vais -je organiser leur temps de parole? Je ne sais pas encore...


Voilà les difficultés que j'ai déjà rencontrées ou vais rencontrer cette année.


 

isa 08/05/2014 12:51



As-tu remarqué que ces difficultés s'atténuaient dans le fil de l'aventure ? Je veux dire qu'il y a en fait trois phases selon moi durant ce projet: une première qui est la découverte et qui se passe relativement bien même s' il faut souvent insister sur le respect de la parole du récitant, une deuxième ( la plus difficile à
mes yeux) qui est la période charnière car les élèves connaissent les règles mais ont encore des difficultés dans l'attention et comme il n'y a plus de nouveauté peuvent se désunir facilement,
c'est une période où le découragement selon les classes peut arriver, la rigueur est nécessaire ( insister sur le cadre, faire des rappels, isoler le perturbateur avant qu'il ne contamine le
groupe), et la troisième période est celle des fruits du travail lorsque les récits sont fluides, agréables, avec une séance de questions riche.... C'est donc dans la persévérance qu'on réussit à
aller vers notre objectif.



Valérie 93 08/05/2014 10:20


Oui Isa bien sûr des parents comme çà j'en ai connu dans d'autres communes!!! ;)

Laurent 08/05/2014 06:56


Je rebondis sur ce que disait précédemment Sylvie...


Effectivement les objectifs de ce projet (que je vais mener pour la première fois) sont multiples, mais afin de profiter au mieux de ce moment particulier qu'est la présentation de son récit
devant les camarades (grand moment pour l'élève, je l'imagine bien), il me semble intéressant, comme le disait Sylvie, de prendre peu à peu cette habitude, de façon ritualisée ou non


J'en viens à mon expérience, conduite maintenant depuis plusieurs années et qui fonctionne à merveille : lors du bilan quotidien des ateliers en regroupement, j'invite souvent un élève à poser
son travail, sa construction... (parce qu'il est "remarquable") au milieu du regroupement. A ce moment précis, je pose la question qui est toujours la même "Qui a une question à poser à xxxxx ?".
Dés que la question a été posée, les élèves savent que je n'ai plus "la main" sur le groupe mais que c'est xxxxx qui dirige les débats. Les élèves doivent lever la main, xxxxxx les désigne en les
appelant par leur prénom, et ils peuvent alors poser leur question. 


Si ce n'est pas une question, xxxxx répond "ça c'est pas une question" et il passe au suivant, et si la question a déjà été posée, ce qui arrive souvent au début, xxxxx répond "Machin a déjà posé
cette question" et c'est à Machin de reprendre la parole et de redonner la réponse à la question qui lui avait été faite précédemment. Si j'ai une question à poser, bien sûr je lève le doigt.


Pour info, j'ai des ps et ms, j'ai démarré cette année en février et cela prend 2 à 3 semaines pour être opérationnel... Mais l'écoute est vraiment au rendez-vous, et effectivement, quelle gloire
et quel pouvoir de mener les débats et d'autoriser le maître à parler. Ce "dispositif" trouvera toute sa raison d'être avec le projet marionnette, même si au départ il n'a pas été mis en place
pour cela !

isa 08/05/2014 16:06



oui tout à fait Laurent, c'est exactement la démarche que je décris pour la séance de questions, l'apprentissage progressif d'un fonctionnement coopératif où l'élève-récitant devient le
coordinateur du débat. Peut-être effectivement faudrait-il le lancer préalablement pour faciliter les premiers échanges ? Je l'avais placé à l'intérieur de ce projet parce qu'il me semblait
relever des étapes à franchir et que le questionnement ( démarche difficile puisqu'il est question de savoir se décentrer et se mettre à la place de l'autre n'est pas évident chez des petits)
venait lorsque le langage commençait à se structurer c'est à dire en dernière période pour une grande majorité d'élèves, mais la classe multi-niveaux offre des modèles langagiers aux petits , à
condition de vérifier qu'ils se les approprient et les utilisent également.



maud 07/05/2014 17:28


quand on rentre dans ce projet ce qui peut faire peur outre la tonne de travail après.... mais c'est tellement crop bô que tant pis on continue et on en redemande...
c'est l'inégalité des familles en effet...


d'abord financière et ou phylosophique, j'ai réglé le problème en achetant un appareil photo et une clé USB (coopé de classe) j'ai expliqué aux enfants que c'étaient
les appareils de la classe et qu'il fallait y faire très attention... ils ont répondu "ah bin oui sinon après yaura plus de photos!"


j'ai bien entendu mis un mot dans le cahier de voyage pour expliquer qu'il fallait mettre les photos sur la clé USB ou les laisser dans l'appareil et que à l'école
je pouvais imprimer les photos.


 


Ensuite il y a le problème des familles peu ou pas francophones et peu ou pas dans l'écrit.


Encore une fois (bon après j'en ai très très peu) je prends du temps pour expliquer à ces familles ce qu'il faut faire, remarque même aux autres ;) . Il y a souvent
quelqu'un dans la famille qui maitrise un peu le français. Je dis toujours que je ne regarde pas les fautes d'orthographe, l'important c'est de passer du bon temps avec T'Choupi de prendre des
photos et de se raconter ce que l'on a fait pour aider l'enfant à mieux parler, moi après avec l'enfant je me débrouillerai.


 


Enfin ce qui peut être déroutant voir décourageant ce sont les enfants qui refusent de parler... j'en ai eu 3 en 3 ans de voyage... et bien ce sont les copains qui
posaient les questions et celui qui était censé parlait secouait la tete pour dire oui ou non. Nous sommes toujours dans du langage... A la fin je relisais et demandais à l'enfant
s'il voulait rajouter quelque chose à chaque fois j'ai eu au moins une petite phrase en plus... pari gagné ;)


 


Il y a aussi le souci de l'enfant qui parle tout doucement tellement doucement que je dois me mettre tout à côté et répéter car personne n'entend... mais bon ça
marche quand même


et puis comme dirait Seneque, " ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas les faire, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont
difficiles."


Donc haut les coeurs et en avant tous dans le projet!!!


 

Valérie 93 07/05/2014 17:06


Dolto: l'enfant est un "être de parole dès la vie foetale"........

Valérie 93 07/05/2014 17:00


Alors "le côté inégalitaire des familles", existe de toute façon et il faut bien sûr le prendre en compte et adapter: donc oui il faut prendre du temps pour expliquer à telle famille qui ne sait
pas lire le déroulement et la marche à suivre, puis de retour en classe je pense que mon rôle est d'aider l'élève en difficulté en reprenant le cahier de récit avec lui avant de passer devant le
groupe. Puis le groupe est aussi capable d'aider en reformulant les propos, les élèves en difficulté peuvent ainsi profiter du temps de langage. Comme tu le dis apprendre à écouter l'autre, à
s'exprimer assez fort, à trouver le moment pour intervenir, font parti de l'apprentissage du langage dans sa dimension sociale, communiquer.


C'est pour çà que pour moi le côté inégalitaire ne me gêne pas , chaque enfant a quelque chose à dire, ce n'est pas le contenu le plus important mais la forme, tout ce que l'on doit savoir pour
être un être humain doué de paroles et de raison.... et çà commence même avant la petite section!!!!!

isa 07/05/2014 17:35



  l'inégalité de l'investissement lors de ce projet ne touche pas forcément les élèves en difficulté, certaines familles ne jouent pas le jeu parce qu'elles sont dépassées par leur
propre organisation, par leur manque de curiosité, par leurs soucis. J'ai observé durant toutes ces années de projet que ce sont souvent celles qui n'ont pas une trés forte considération pour
l'école maternelle, qui pensent que ce n'est pas important et qui ont donc d'autres priorités même si cela ne leur demande qu'un ou deux jours dans l'année
scolaire. J'ai cherché longtemps comment arriver à les atteindre, me servant de l'expérience passée, j'en suis arrivée à la conclusion qu'il faut accepter qu'une ou deux familles (c'est trés peu
mais dommage pour les enfants concernés ) ne s'investissent pas, c'est rarement l'équilibre . Est-ce que pour autant il faut remettre en question un projet pareil au nom de l'égalité entre élèves
? Je pose les questions qui dérangent parce qu'il se peut que des personnes le pensent et leur opinion est à prendre en compte.



sylvie g 07/05/2014 16:54


Je mesure exactement l’importance d’un récit par jour
et l'importance de ce TEMPS pour chaque élève et c'est bien pour cela que j'avoue qu'il y a eu 1 véritable problème à mes yeux les 2 jours : un jour sans et un jour  trop (2
récits).
J'ai bien réalisé cela et en même temps, je me
trouvais coincée, un gros dilemme:
Il était question en fait du dernier QDN Objets, les
enfants attendaient cela avec impatience, avaient déposé leur objet à présenter sur l'étagère...j'avais oublié, avant les vacances, de leur dire que celui-ci allait prendre fin...Prise entre 2
choses. 
C’est passé, cela ne se reproduira pas.

isa 07/05/2014 16:56



oui je comprends bien Sylvie, j'insiste juste pour ceux qui débutent dans le projet et qui s'interrogent peut-être sur le dispositif.



SYLVIEG 07/05/2014 14:49


En pensant à la difficulté que pourraient rencontrer 3 familles non francophones de ma classe cette année, je me disais que je pourrais peut-être recevoir chacune un petit moment après la classe
afin d'expliquer et discuter...Que faîtes vous ds vos classes?


L'an dernier, l'investisst des parts a été top, c'était parfois le surinvestisst qui posait problème: 3, 4 ,7 photos.... Cette année, je l'ai joué "fine", pas de  grand  classeur de
bord mais un cahier "petit format!


L'an dernier, la seule difficulté a été pour un parent d'imprimer la photo, j'avais donné mon adresse mail afin qu'il puisse m'envoyer et que j'imprime...mais l'idée de l'appareil photo qui
circule est également chouette!

isa 07/05/2014 16:57



est-ce que tu as la possibilité de remettre en main propre la marionnette ?



sylvie g 07/05/2014 14:40


"Ah Isa, tu nous étonneras toujours voilà ti pas que
l’on doit critiquer ce chouette projet...je  me moque mais en lisant les arguments contre et les questions que tu soulèves, je trouve cela vraiment très intéressant. Cependant ce soir, j’ai
un peu de mal à me concentrer alors je ferai 1 critique  sur ma pratique personnelle concernant  le projet Marionnette  mais avant 2, 3 remarques super positives sur le projet
lui-même :
Comme le dit si bien Valérie (93), le projet est très
cadré, défini  avec des tâches à accomplir , précisé dans le temps avec des enfants qui savent  que leur tour va arriver, des enfants et des parents qui comprennent  ce qui est
attendu d’eux  et tout un tas d’objectifs de différents domaines gravitent autour  de ce projet (concernant le langage, le vivre ensemble, le langage écrit...). 
Isa tu écris : « Ainsi, un élève a très peu de temps
concernant son récit, il ne le fera qu’une seule fois en classe et on peut donc penser à juste titre qu’il n’est pas suffisamment sollicité du point de vue langagier contrairement à l’objectif
visé. Y-a-t-il un effet « projet » sur le langage ? » Effectivement, je ne dirais pas que l’objectif  langagier est premier dans ce projet.   Pour moi, être inscrit puis être face au
groupe pour présenter et raconter, c’est vraiment ce qui est le plus important à mes yeux. Il faut quand même avoir  une grande confiance dans le groupe pour s’exposer ainsi et  les
enfants le font  et moi ...cela me ravit !
Pour ma part, avant le projet Marionnette, pendant la
période précédente (mais je pense le proposer dès janvier l’an prochain), je propose le Quoi de Neuf Objets une fois par semaine ( il y a un codage symbolisant le QDN à côté du LUNDI) , les
enfants peuvent présenter un petit objet qui vient de la maison  (ou un dessin...), ils le posent sur une étagère prévue à cet effet dans une boîte prévue égalt à cet effet (ainsi si plus de
boîtes libres, cela signifie plus de place...afin qu’il n’y ait pas trop de présentations le même jour...ceci dit cette année  nous n’avons jamais rencontré de problème) .
Je trouve ce projet intéressant car il amorce le
projet marionnette : les enfants présentent  qq chose qui est devt eux, ce n’est pas un récit, cela part de leur désir puisque c’est eux qui l’apportent  et ils disent  qq chose à
propos de l’objet, d’abord ils le montrent (comme la maîtresse avec un livre...ils adorent !) et vient le temps des questions , d’abord c’est moi la maîtresse qui les pose et très, très vite ils
m’imitent et pendant tout ce temps là, ce qui m’impressionne c’est toujours le silence, l’écoute et les questions ...Moi, je ne sais pas pourquoi exactement mais pendant  tout ce temps là,
j’ai un cahier sur les genoux sur lequel je note : d’abord j’écris la date après l’avoir dite, la régle d’écoute à respecter...et c’est parti ! 7 présentations à peu près.
Cette année, quand le projet Marionnette a commencé,
les enfants ont tout de suite  su poser des questions (que c’est agréable !) donc oui l’objectif langagier est aussi très présent mais je pense plus  dans un rôle inducteur  mais
néanmoins super porteur !
Concernant la critique sur ma pratique ds le cadre de
ce projet :   toujours  ce rapport  avec le temps...et l’équilibre de l’emploi du temps adapté aux enfants...Cet équilibre ne fut  pas  respecté aujourd’hui car nous
n’avons pas pu écouté de récit hier et il a fallu en « caser » 2 ce matin et si j’écris « caser », c’était vraiment le terme car en plus d’une  petite séance de langage sur l’alimentation
des escargots, le 2ème récit proposé pourtant à  un autre moment de la matinée, a été « too much » et là je dis « quel dommage » et je réalise l’importance de l’équilibre de nos propositions
d’emploi du temps.... Une leçon pour moi ! (c’est souvent la même d’ailleurs !)"

isa 07/05/2014 14:50



Tu dis Sylvie Effectivement, je ne dirais pas que
l’objectif  langagier est premier dans ce projet.   Pour moi, être inscrit puis être face au groupe pour présenter et raconter, c’est vraiment ce qui est le plus important à mes
yeux.oui mais savoir parler devant les autres n'est-ce pas du langage ? Le langage n'est -il pas un moyen de communication avant tout et si pour le faire il faut être confronté à
une situation ( la plus difficile qui soit, personne ou presque n'aime parler devant les autres) , l'élève n'est-il pas en situation d'apprentissage de langage ?


concernant l'organisation des récits, c'est un point important à mes yeux que d'éviter de faire deux récits dans la même journée, je pense que c'est d'une grande intensité à la fois pour
le récitant et pour les spectateurs et c'est pourquoi chacun doit avoir SON temps à lui. Et tu l'as constaté, merci d'ailleurs de le reconnaitre. C'est pourquoi quand on se lance dans ce projet,
il faut bien se dire que le moment du récit est le temps qu'on préserve prioritairement sur tout le reste, on supprime autre chose mais pas le récit, c'est trop compliqué pour un enfant de devoir
attendre plus d'un jour pour faire son petit speech après avoir rendu la marionnette. Tous ces petits détails ont beaucoup d'importance aux yeux des élèves et aussi des familles.



maud 07/05/2014 14:24


pffffffff j'ai beau cherché je n'arrive pas à trouver des points négatifs au voyage de la marionnette dans les familles.... Ils sont tous contrebalancés par la joie
des enfants à raconter, amener la marionnette, s'en occuper... 


J'ai investi (50 euros + 10 euros de carte mémoire) dans un appareil photo ainsi que dans une clé USB (10 euros) ils sont dans une boite et sont dans le sac de
T'Choupi comme ça pas de problème si pas d'appareil ou pas d'ordi pour les photos... ça enlève beaucoup de stress aux familles qui du coup jouent vraiment le jeu...


ils sont toujours contents... Je laisse au coin lecture les anciens livres de T'Choupi (ma marionnette) et ils adorent les feuilleter... en plus comme j'ai beaucoup
de petits frères et petites soeurs, ils retrouvent les grands avec une joie immense, et parfois même ils se trouvent sur les photos quand ils étaient petits, succés assurés....


 


Non vraiment je suis conquise malgré le boulot derrière pour taper les textes, mettre en page, rassembler les photos et finaliser chaque livre... leur
implication dans le projet vaut bien tous ces petits tracas!

isa 07/05/2014 14:36



Je vois que la plupart du temps quand vous êtes convaincu(e)s d'un projet vous êtes à prendre des risques et oser faire des choses comme prêter des objets que vous n'auriez peut être pas
prêtés si on vous l'avait imposé, je suis admirative. J'imagine la reconnaissance que les familles ont en recevant de telles preuves de confiance. 


reste notre question en suspens, l'implication inégale des familles est-ce un frein à ce projet ?



Valérie 93 06/05/2014 21:15


Moi je crois VRAIMENT que la marionnette est douée de magie avec les élèves!!!: la preuve, le tirage au sort est magique: il a permis de donner Souricette en premier à celui qui avait son
anniversaire le WE dernier!!!! et pour le 2ème voyage c'est mon élève le plus en difficulté langagière qui l'emmène chez lui...je crois que je n'oublierai jamais la fièreté de ce petit garçon (
il est haut comme 3 pommes ) avce le sac de Souricette dans son dos.... il n'arrête pas de progresser dans son métier d'élève et je suis certaine que Souricette va le faire grandir encore
plus!!!! Et pendant le 1er récit, pour la 1ère fois cette année nous avons rigolé tous ensemble car l'élève rapporteur était écroulé de rire car son père avait mis le haut de Souricette à
l'envers!!!! De plus les élèves sont très attentifs et respectueux du temps de paroles.... et connaissent les règles et les tâches déjà par coeur....Grande nouveauté Souricette a une vraie petite
valise cette année et une de mes petites élèves a regardé le contenu de la valise au moins 10 fois aujourd'hui!!!! Oui vive ce moment de l'année j'adore !!!! Je joue le jeu à 100% et çà
fonctionne!!! Ils apprennent à patienter et c'est pour cela que c'est encore mieux de l'emmener chez eux...çà me fait penser à l'attente de Noël quelque part...et puis les récits ennuyeux? non si
on les guide vers des questions différentes et puis ils ont beaucoup d'idées....et les différences entre les familles? j'ai connu des voyages de Souricette dans des endroits aisées et d'autre
beaucoup moins à chaque fois la magie est là....les enfants parlent et partagent leur moment d'intimité avec la marionnette....même si parfois ils refusent de l'emmener ( c'est déjà arriver)
finalement ils sont contents!!!!


La recette?: respect, jeu, confiance sont les ingrédients nécessaires pour mettre en place ce projet d'apprentissage du langage:


respect: des règles et des tâches, des temps de paroles et d'écoute, du matériel, jeu: une situation proche de l'enfant et de son univers,


confiance: relations enfant/enseignant, enfant/marionnette, enfant/parents, enseignant/parents


Bon j'ai sûrement oublié des choses mais j'avais envie de partager çà avec vous.


Très bonne idée de prendre le contre pied de ce projet Isa


 

isa 07/05/2014 13:17



merci Valérie, tu es conquise et on le ressent vraiment en lisant ton commentaire. Il est important d'accepter de voir aussi les défauts, les manques et les limites d'un dispositif pour
mieux l'appréhender mais peut être également le défendre. C'est paradoxal mais c'est lorsqu'on a réfléchi à cet aspect qu'on peut tenter de pallier à celui-ci.


et que dis-tu à propos du côté inégalitaire dans la participation des familles ?