et vous les maths, c'était comment ?

Publié le par isa

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Suite au commentaire de Joëlle M que voici : les matheux qui ne  m'ont jamais aimée parce que toute petite, je leur disais " Mais pourquoi un et un font deux ? Deux, c'est quoi? Tu me dis quoi toi? C'est quoi ton histoire? C'était en 65. Je me suis dit qu’il pourrait être intéressant de raconter nos débuts en maths, en calcul pour certains d’entre nous avec la vision d’alors, celle de l’enfant qui découvre. C’est un exercice de mémoire brute, qu’est-ce qui a fait qu’on s’est passionné ou au contraire dégoûté de cet enseignement ? Il me semble que cela peut permettre de mieux comprendre les mécanismes que les élèves reprennent sûrement encore face à la manière dont on leur présente cette matière.

Après Joëlle et son bref aperçu,voici ma propre expérience. J’étais en maternelle, dans un environnement que j’ai évoqué quelque part, c'est-à-dire bonnet d’âne et cageot de punition. Lors d’une fin de journée, la maîtresse nous fit cette annonce d’un ton sévère: «  Demain, nous allons faire quelque chose de très difficile », et rien de plus. Je me rappelle repartir chez moi et commencer à m’angoisser de ce qui allait m’attendre le lendemain avec tous les scénarios qu’une tête d’enfant peut faire surtout quand celle-ci ( moi) est particulièrement inventive. Le lendemain, je repartais donc avec l’anxiété de l’inconnu et le désir de faire demi-tour. Le moment venu, la maitresse sortit ces fameuses bûchettes et nous annonça que nous allions apprendre à compter. Les détails de la séance d’apprentissage m’ont complètement quittée mais je me souviens avoir senti mon esprit s’embrouiller et ne rien parvenir à retenir de ce qu'elle disait ou demandait. J’en gardai le souvenir que j’allais souffrir dés lors qu’il s’agirait de compter. Il m’a fallu toute ma scolarité pour trouver enfin une professeure passionnée qui sut me transmettre son goût pour les maths , ce fut en terminale , ça tombait bien puisque je m’en sortis avec un 19/20 au bac B (ES actuellement). Comme quoi souffrir autant et avoir un résultat aussi peu représentatif du niveau de ma scolarité mais gagné en un an, ça interroge ! Et vous, c’était quoi vos débuts ?

 

 

Publié dans découvrir 2013

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Géraldine 04/03/2013 22:08


Alors moi, le souvenir est douloureux mais pas linéaire ! Peu de souvenirs précis dans les premières années, à part un problème de train en CE2 que je
n'arrivais pas à résoudre et mon enseignant qui agitait la carotte " Si tu ne termines pas à temps, tu ne pourras faire gym !" M'en fiche ! J'aime pas la gym! j'aime pas les trains! j'aime pas
les maths ! Ca n"a pas bcp changé !!! Bon, et au collège la lente dégringolade avec des profs qui ne me motivent pas (j'avais pas compris que je travaillais pour moi, j'avais encore besoin d'être
séduite pour me motiver: Hé Ho, Dr. Freud, es- tu là ?). Mes parents ayant peu fréquenté l'école, ils ne pouvaient pas m'aider et pensaient que comme eux, je n'avais pas la bosse des maths ! Ah
si mon papa m"avait appris à extraire une racine carrée: contre mon gré. Je ne sais plus faire mais je me souviens avec tendresse de ce moment ! Juste la moyenne en 3ème et la chute en
seconde puis des progrès en 1ère et terminale littéraire ! Quand j'ai préparé le concours, j'ai horrifié mon prof qui m'a certifié que je n'aurais pas mon concours .... et j'ai décroché un 14/20
! Bref, c'est en préparant le concours que j'ai compris des choses comme les identités remarquables !!! Comme bcp de personnes dans mon cas,,en cycle 3, je sortais discrètement ma calculette! Il
a même fallu que je donne des cours aux parents qui ne comprenaient pas la méthode de division pour les chiffres à virgule ! Celle de l'enseignante que je remplaçais était le contraire de ce
qu'ils avaient apprise ! Le seul point positif, c'est que souvent, je comprends les difficultés des élèves et je peux me les expliquer et les aider ! Mais bon, j'appréhende le jour où je devrai
faire faire les devoirs de maths de mes 2 zouzous ! Ma fille est en CE2 et mon fils au CP, alors pour l'instant j'arrive à suivre ! Mais pour combien de temps !!! Heureusement leur papa est un
matheux !

isa 05/03/2013 09:00



il y a du bon sens dans ce que tu dis Géraldine, à savoir mieux comprendre les enfants quand on est soi-même passé par des difficultés, disons que tu ressens leur désarroi, mais ensuite
il est bon de sortir de la reproduction à savoir l'attitude de l'enseignant que tu as eu en face de toi et qui n'a pas su t'expliquer, t'encourager et te donner confiance. C'est parfois la chose
la plus difficile à faire parce que nous sommes imprégnés de tous ces comportements et devant la difficulté, nous pouvons avoir tendance à nous accrocher à ce qu'on a vu et le reproduire presque
malgré nous. La difficulté doit nous obliger à créer, à risquer d'autres manières de faire.


Quant à tes enfants, peut-être n'auront-ils jamais besoin que tu leur fasses faire leurs devoirs de maths, c'est bien inégalitaire tous ces devoirs, le fossé se creuse dés lors que les
parents doivent intervenir dans les études de leurs enfants et devenir les profs de leurs enfants. Alors on constate que ceux qui réussissent sont en majorité les enfants de
profs, ça parait logique mais ça montre aussi un système qui dysfonctionne.



Sandrine 02/03/2013 09:10


Moi et les maths c'est une histoire de guerre ! Je me souviens de mon CP et de cette ardoise où il fallait écrire le résultat d'un calcul mental...J'avais un maître formidable mais je n'ai jamais
réussi à compter "dans ma tête" et le temps de bouger mes doigts il fallait lever l'ardoise... J'ai toujours été nulle en maths tout allait trop vite pour moi : dès que je commençais à
comprendre, zou on changeait de thème et on apprenait autre chose. C'est peut être pour cela qu'aujourd'hui encore je vais lentement avec mes élèves et m'assure que chacun comprenne avec des
exercices réccurents que je différencie progressivement. Heureusement j'étais excellente en français/histoire géo... Du coup que ce soit en géométrie, en mesure ... je ne me suis jamais investie
en maths. Et quand j'ai voulu passer le concours, c'est tout simplement au CDDP que je suis allée. J'ai emprunté des livres de 6è et de 5è : pleins d'exemplaires différents et j'ai appris seule à
déchiffrer les propriétés des carrés, à comprendre les fonctions... Pendant une année je suis allée tous les jours au CDDP pour palier à mes manques dont j'avais si honte. Je n'osais pas en
parler et je savais que je voulais être maîtresse d'école. Et la conclusion : un tout petit 10 au concours (mais pas en pédagogie où j'ai été très bonne) mais le concours et en prime je me suis
découverte une passion pour la géométrie où je suis plutôt bonne ! Par contre même aujourd'hui alors que j'ai appris des tonnes de résultats par coeur, si on me demande un simple calcul devant
quelqu'un je me noie et suis incapable de compter. J'adore Brissiaud, la simplicité de sa démarche... Il y a toujours trop peu d'enseignants qui savent "entendre "leurs élèves.

delph 01/03/2013 14:36


D'ailleurs c'est ce qui m'a mise en échec au concours...la note éliminatoire en math !!!

delph 01/03/2013 14:35


Et bien les maths et moi c'est une grande histoire mais pas d'amour...Je pense que d'aussi loin que je me souvienne je n'ai jamais aimé ça et que les instits disaient à mes parents :"ce ne sera
pas une matheuse".


Pourquoi je ne sais pas !!!! En 6ème/5ème ma prof de math pourtant sévère m'a fait décrochée de super notes...Et arrivée en 4ème : la cata !! une prof m'a fait reculer de 300 pas et ne m'a jamais
aidée à progresser. Quand elle a eu mon frère et lui a dit "ah tu es la soeur de delphine...." d'un air dédaigneux heureusement pour lui il est meilleur en maths que moi...


Quand j'arrive  en cycle 3 pour un remplacement,  je suis tellement peu sûre de moi que j'appréhende les séances de maths..


Maintenant ma fille est en cinquième et quand je l'aide à faire ses devoirs je prends du plaisir à chercher avec elle la solution mais d elà à  dire que j'aime les maths....

maud 31/01/2013 23:39


les maths mes meilleures ennemies!


petite j'aimais bien compter et puis les divisions, qu'est-ce que j'ai pu pleurer!!! un mercredi mon père m'en avait préparées toute une page pour m'entraîner, il en
vait même mis une super dure! à 3 chiffres (100) il m'a dit "si tu y arrives tu n'oublieras jamais et tu sauras toutes les faire! calme toi et concentre toi" après avoir bien chouiné, j'ai
reniflé pris ma feuille et réalisé toutes mes divisions même celle à 3 chiffres, elles étaient toutes justes! je n'ai jamais oublié et je pose encore mes divisions à la main!


le collège facile, le lycée ca a commencé à se gâter, 1°S c'est devenu l'horreur, Terminale S l'enfer, mais j'ai refusé d'abdiquer (pour tout un tas de bonnes et de
mauvaises raisons, la meilleure je venais d'un milieu social défavorisé et j'allais leur montrer à ces quelque'uns (dont ma prof de math qui ne comprenait pas qu'on ne comprenne pas!!) qui
ne croyaient pas en moi qu'ils avaient tort), j'ai eu mon bac à la repèche mention miracle avec 5 en math coef 7! (de toute façon j'avais 3 de moyenne... en regardant le verre à moitié plein je
m'en étais plutôt pas trop mal sortie ;))


je me rappellerai toute ma vie du fameux "i carré égal moins 1" tous mes copains de classes ont crié au scandale ce ne pouvait pas être possible, je fut la seule à
soupirer que l'école et les maths n'avait jamais fait que nous mentir et que tout était vrai dans un ensemble et qu'il n'y avait vraiment pas de quoi s'en émouvoir...


bref je préfère me souvenir des maths du primaire voir du collège de toute façon je ne me sers plus trop de la trigonométrie ni du pivot de gauss ni des courbes
affines ni des équations à plusieurs inconnues!


mais que j'ai apprécié mes années lycée quand il s'est agit de passer mon concours, cela m'était quand même plus facile que pour mes cops littéraires...

isa 01/02/2013 00:01



en vous lisant, en te lisant, je me rends compte que j'ai la chance d'avoir de merveilleuses lectrices ( je mets au féminin parce que les garçons ne sont pas venus sur ce fil de
discussion), je vous trouve vraiment extrêmement intelligentes, c'est l'émotion de vos mots qui me font dire cela. Quand on peut exprimer aussi bien en quelques lignes des sentiments aussi
profonds, c'est la preuve d'une finesse d'esprit et j'avoue que c'est trés agréable d'être celle qui vous réunit.Merci Maud de me donner l'occasion de vous dire ce que je ressens .



Valérie93 30/01/2013 22:09


AH les maths!!!!!!!! comme çà les 1er souvenirs...


les récrés enCM2 passées en classe avec les fichus problèmes....


( la maîtresse de ma fille leur a dit qu'elle préfère appeler çà des défis le mot problème en pose un justement pour certains enfants!!!,), puis 0,5 de moyenne en 3ème... le tableau qui est tombé
sur ma prof de maths en plein cours ( à l'époque çà m'a bien fait rire!!! elleavait la bosse des maths elle !!)


et 10 au bac A2 à l'oral avec 1 prof hyper cool ( barbu ave cson casque de moto au bras)  qui me parlait de tout sauf de maths ( exemple de question pour mon oral: bon alors dis moi en gros
c'est quoi le nombre d'or???) !!!!! ...et puis pour passer le concours étrangement j'ai aimé checrhé et je me revois dans le jardin d'une copine sous le cerisier en train de refaire le théorème
de Pythagore...


Voilà moi et les maths çà a évolué positivement car c'était pas gagné même si en cycle 3 les élèves me battent j'en suis sûre ( heureusement j'avais toujours ma calculatrice avec moi!!) et
aujourd'hui j'aime savooir comment çà marche tout çà les nombres la logique et l'enfant ( pas lu Piaget pour rien en Psycho)


Merci pour cette question Isa!!

isa 30/01/2013 22:32



ça fait du bien de voir qu'on a chacun son chemin , ça fait réfléchir pour les petits élèves dans la manière de diversifier l'approche et surtout croire en eux et ne pas penser que les
maths c'est uniquement pour ceux qui aiment ça ! J'ai entendu dans un reportage une femme chercheur qui voulait démonter les préjugés du type "les garçons sont meilleurs en maths que les filles
....", elle expliquait qu'un cerveau de garçon est le même qu'un cerveau de fille et que c'est surtout culturel , d'une certaine façon on éduque les enfants dans ces idées préconçues. Elle
racontait qu'un test organisé avec deux groupes de filles homogènes à qui on fait faire la même chose mais à qui on dit pour les unes :" C'est un exercice de géométrie " et pour les autres: "
C'est un exercice de coloriage", le second groupe réussit beaucoup mieux que le premier. Sortons de ces idées reçues.



sylvie g 30/01/2013 19:33


Houlala,moi c'est tout l'inverse!!!! Si les maths avaient un sens! si je pouvais prendre un tant soi peu
de plaisir avec!!! peut-être dans une poésie...


je suis fâchée avec ...Depuis le Cp.


Je me souviens de cubes que j'assemblais pour réaliser la dizaine, leur odeur et l'odeur de la boîte qui
les contenait, c'est le dernier souvenir concret agréable!


Après je n'ai jamais rien compris : que des incompréhensions! Je crois avoir essayer d'appliquer,
copier...laborieusement sans grand succès. Ca sert à quoi? Pourquoi je fais cela???? sont les questions qui me reviennent. Comment certains peuvent parler de "jeu" me suis-je dit depuis
longtemps, ce avec quoi je me "bats". il faut dire que mon père n'était pas patient et la baffe partait quand la "table" n'était pas sue et ce n'était pourtant pas faute d'essayer d'apprendre. Je
me souviens de me débrouiller pour venir quand ma mère faisait la vaisselle pour ne pas qu'elle soit loin... je me souviens d’un instit qui nous envoyait des craies quand nous nous
trompions.


Ensuite, avec les problèmes de proportion....quelle horreur puis les équations.....Berk ! Je prenais
les chiffres, je les mélangeais et au petit bonheur la chance je faisais une opération mais laquelle ? Pareil au petit bonheur la chance...plutôt bien souvent la malchance. Je me souviens du
nom d’un prof de math : MAZO....


Une année, pendant un moment j’ai eu la révélation, je redoublais ma 3ème et pendant le premier
trimestre, mes résultats ont été bons et j’ai pris du plaisir.


En terminale L : le prof était indien, avait un super accent et nous parlait ainsi : Racine
carrèe de 1 éléphant, ça fait combien ? Nous devions être insupportables et insolentes (pas becp de garçons !) 6 à l’oral
 au bac( ! il a dû halluciner le prof !) Pour le concours j’ai ramé, bossé, je ne me souviens plus  de ma note : 8, 9 ?  


A l’EN, le prof avait de l’asthme ou un souffle au cœur et parlait avec un essoufflement constant, j’ai
évité tous les travaux pédagogiques mathématiques que je pouvais car là encore il y avait incompréhension....


Aujourd’hui je ressens une grande honte et dans le domaine de la vie quotidienne, c’est un Handicap :
calculer le nombre de carrés de carrelage nécessaire pour la salle de bain quand on ne sait pas calculer une surface...avoir du mal à calculer le pourcentage de présents/absents de la classe sur
le cahier d’appel (j’ai un post it et j’applique !!!)...utiliser ses doigts pour calculer les atouts dans les jeux de carte. D’ailleurs je ne suis pas très joueuse avec les jeux de chiffres,
stratégies non plus, je préfère le jeu du dictionnaire, le tabou.



Et par contre, j’adore la grammaire, l’orthographe et là je peux parler de plaisir, jeu !!! mais j’envie énormément les personnes qui acceptent, comprennent cette abstraction  des
mathématiques, moi cela me panique tout simplement! Voilà, j’ai fait mon Coming out !

isa 30/01/2013 22:12



beau coming out , comme tu dis, c'est courageux !


Il faudrait que tu reprennes tout à zéro pour ne pas avoir ce sentiment de honte, tu n'as pas cherché à regarder les programmes de tes filles, tu peux tout à fait t'y remettre ? Je pense
que tu as un vrai blocage sur ce que tu penses de toi, ce que tu es capable de comprendre, mais c'est une erreur, nous sommes tous capables de réussir à comprendre les maths. Quand j'ai aidé mon
fils à s'exercer pour son brevet maths, je lui ai demandé qu'il m'explique et finalement c'est lui qui m'a remis dans le bain, ensuite on a organisé des "courses", celui qui finit le plus vite
l'exercice , c'est un sportif et je savais qu'il serait motivé de cette façon. A la fin des vacances, il demandait avec enthousiasme notre heure de maths. Ne reste pas avec ce mauvais sentiment
de toi, je crois que tu n'as pas eu les bonnes conditions  qui se sont d'ailleurs étrangement répétées et la crainte  t'a paralysée, les maths étaient devenues ton ennemi. Je suis
certaine que tu as toute l'intelligence pour surmonter cette difficulté si tu le souhaites. J'apprécie que tu aies pu en parler ici, ça montre combien tu te sens en confiance et tu démontres ce
que peut ressentir un petit élève qui se sent noyé et ne se croit pas capable de comprendre. Les encouragements , la patience et la recherche pour trouver comment aider sont la base de
l'enseignement. Merci pour ton témoignage Sylvie!



MClaire 30/01/2013 18:54


Mes souvenirs de Math , ce sont des visages de prof, au collège et au lycée. Très bonne au collège ( j'ai eu mon concours en 3°: je suis un dinosaure de l'enseignement). J'aimais mes profs , les
math c'était facile, ce fut + difficile au lycée mais j'appliquais. Concernant la finalité des maths un prof avait expliqué à ma meilleure amie en classe de C (moi j'étais en D : moins de math et
de physique + de sciences nat) que ce que l'on faisait ne prendrait de sens qu'en fac. Moi je suis allée à l'EN ,donc le mystère est resté entier.


C'était un jeu. Comme un détective cherche à résoudre une énigme. C'est aussi la façon dont j'ai expliqué à mon fils qu'il devrait prendre l'orthographe et cela lui a bien servi dans ses études
supérieures.


 

isa 30/01/2013 21:41



Concours en 3eme , c'est effectivement loin, dans ma promo , il y avait les deux catégories ( 3eme et bac). Dommage de faire des maths en se disant , je ne peux pas comprendre, il faudra
attendre la fac ....






Muriel 30/01/2013 15:45


Moi je ne me rappelle de RIEN!


Mais je me régale à faire des maths à travers des JEUX avec mes élèves... qui semblent adorer aussi!


Et c'est bien l'essentiel!

Sarah 30/01/2013 06:45


Pour te répondre Isa, sur Cédric Villani, oui, je le connais, mais ce n'est pas tant son look qui me plaît (je suis très radiophile, donc je ne mets souvent des visages que très tardivement sur
les gens), mais son discours et sa façon de s'exprimer si particulière...

Béatrice 29/01/2013 23:04


Non, je ne le situe pas. Aussi loin que je remonte, cela me plaisait de faire des maths. Je me souviens que ce qui me plaisait c'est que j'avais la certitude qu'il y avait une solution aux
problèmes qu'on me posait alors qu'en français j'avais le sentiment que ce que j'écrivais était jugé bon ou mauvais au bon vouloir du prof et que le prof faisait dire aux textes ce que
bon lui semblait. Rien de tout cela dans les maths, vu par le petit bout de ma lorgnette d'élève.
Je me souviens, à l'époque où j'étais en fac, m'être relevée en pleine nuit (cela m'est arrivé plusieurs fois) parce que j'avais trouvé la solution d'un problème dans mon sommeil (ou mon
demi-sommeil ?). Ce plaisir-là, de mener une démonstration à bout, je souhaite à tout le monde de le connaître un jour ! Je pouvais ensuite aller dormir tranquille. 

Béatrice 29/01/2013 21:45


Moi c'est en partie grâce ou à cause des maths que je suis devenue instit. J'aimais tellement les ensembles et cela me paraissait si évident, si logique, (je ne sais plus en quelle année on
faisait cela, je suis de 55 moi aussi), que j'ai eu envie de faire découvrir cela aux petits. J'avais la certitude que lorsqu'on présentait les maths correctement aux petits tout le monde devait
devenir bon en maths. Les lectures de Stella Baruk de nombreuses années plus tard  m'ont confortée dans mon idée. Mais j'ai fait un détour par la fac avant d'entrer à l'Ecole Normale, pour y
faire... des maths ! J'aimais vraiment ça !

isa 29/01/2013 21:51



et à quand remonte cet engouement, tu ne le situes pas ? Depuis toujours ?



Christine F. 29/01/2013 21:31


Tiens, moi aussi j'ai eu droit aux bûchettes. je me souviens très bien du jour où la maîtresse, très exitée, est arrivée en nous expliquant que nous allions faire des maths "MODERNES" grâce à ces
fameux petits bout de bois. C'était au CE2 ou CM1 je ne sais plus très bien. Moi j'aimais bien, on avait un peu l'impression de jouer au lieu de toujours manipuler des chiffres sur nos ardoises.


Sinon, pendant toute ma scolarité, jusqu'au collège inclus, je faisais des maths parce qu'il fallait en faire sans me poser plus de question. Je n'étais ni bonne , ni mauvaise, ni passionnée, ni
désintéressée. Ce n'est qu'au lycée que la "chose" mathématique commença à me parler en terme de résultats scolaires, c'était facile d'avoir une bonne note si on appliquait les règles.C'est le
seul plaisir que j'en tirais, la note ! C'est un peu grâce aux maths que j'ai eu mon bac. Mais l'utilité des fonctions, probabilités, etc. restait un mystère dont jamais aucun prof ne prit le
temps de nous expliquer à quoi cela pouvait bien servir nous servir un jour. Donc j'ai appris parce que pour passer le bac il fallait passer des épreuves, point barre.


Ce n'est qu'en fac que j'ai eu La révélation, (j'ai une maîtrise en géographie physique donc beaucoup de géomorphologie, hydrologie, climatologie, cartographie, télédétection, bref que des trucs
qui ne peuvent se comprendre et se pratiquer qu'avec des maths) que tout d'un coup et d'une manière assez brutale, cela a pris du sens et une utilité redoutable. Avec le plaisir qui va avec. Les
maths étaient partout et mieux vallait savoir s'en servir. J'ai adoré.


J'en ai beaucoup voulu à tous ces profs de ne pas nous avoir expliqué, à un moment où un autre, à quoi allait, un jour, nous servir tout ce dont ils nous gavaient. Bon je n'ai pas eu de chance et
je veux bien croire qu'il a existé et qu'il existe toujours des instits et des profs qui savent faire parler et aimer les maths ...autrement.


C'est peut-être aussi un peu pourquoi, aujourd'hui encore je me débrouille toujours pour que les élèves sachent POURQUOI il apprennent quelquechose.


 

isa 29/01/2013 21:37



et oui, ce sont nos manques qui nous guident , c'est pour ça qu'il faut de l'optimisme dans la vie , même en ratant ,nous gagnons tant que nous n'abandonnons pas (évidemment)! tu as aussi
un beau parcours Christine, je suis admirative les filles 



Monique 29/01/2013 21:12


moi, les maths, ça a commencé péniblement. Pas de problème particulier en primaire puis un petit 12/13 de moyenne jusqu'en 3ième. Contrairement à Sarah, je n'arrivais pas du tout à m'interesser à
des formules sorties tout droit du chapeau de magicien du prof et que je devais apprendre par coeur et appliquer.


Puis en 3 ième, LE prof, celui qui m'a fait découvrir que les formules ne sortaient pas d'un chapeau mais d'une démonstration et qu'avec 3 axiomes on pouvait faire de la géométrie et des millions
de théorèmes qui avaient tous une explication rationnelle, une démonstration.


Je suis passée au bout du premier trimestre à 18 de moyenne et une passion pour les maths était. En math tout se démontre, tout s'explique rationnellement!


J'ai fait un bac C puis les classses prépas et une école d'ingénieur. Je ne me suis jamais lassée des maths ( je n'en dirais pas autant de la physique !!!).


Aujourd'hui encore, à chaque rentrée, quand je recouvre les livres de mes enfnats, je n'en ouvre qu'un seul... celui de maths et il m'arrive régulièrement d'aller regarder par dessus l'épaule de
ma fille en Terminale S quand elle fait des maths... ça me permet aussi de constater que mon niveau n'est peut-être plus celui que j'ai pu avoir !!!


Rien que d'en parler, tiens, j'ai envie de faire une petite étude de fonction !

isa 29/01/2013 21:30



ah Monique mais qu'est-ce que tu fais parmi nous ? Pourquoi tu n'es pas dans une grande entreprise en train de créer des ponts ou des médicaments ? C'est super que tu sois instit et que
tu aies envie de faire un et encore un avec des petiots qui te regardent avec affection ! Pour les livres , moi je me plongeais dans les livres de littérature ...



joêlle m. 29/01/2013 20:43


Ah Isa, comment j'adore tespropos.

joêlle m. 29/01/2013 20:20


ET BIEN MOI LES MATHS? c'est un sacré problème. je remets le contexte de mes apprentissages : j'ai 55 ans et toute ma scolarité de primaire et de collège, je l'ai passé en
Afrque Occidentale et qui plus est en brousse.


Jusqu'à la fin du primaire, mes compétences en numération étaient plus qu'acquises. Elles me permettaient de faire du troc ( ça n'a guère changé si l'on y réfléchit bien). Puis, je me suis
retrouvée dèsla sixièeme, prise dans une sphère pédagogique novatrice appellée " maths modernes" avec des notions d'ensembles ( patate A ou B) avec des ensembles réfléchis: un vocabulaire qui
m"échappait totalement. Et je me suis mise à détester les maths, sans compter une prof psycho rigide qui ne comprennait pas pourquoi je puisse être en retard après un trajet plein d'embûches voir
de dangers à travers la brousse ( 60 kms; lever à 5H00pour être au collège à 7H30). Je n'arrive même pas à savoir comment j'ai pu ne pas être éliminée au concours de recrutement d'instits car je
suis incapable de comprendre le théorème de pythagore ( c'est faux,car je n'ai pas eu zéro mais 2et j'ai cartonné en
deuxième partie du concours avec 18 en arts plastiques, musique et 19 à l'oral ( thème architecture et pédagogie).


Est-ce ce parcours atypique fait que j'obtiens de bons résultats en numération avec mes élèves, que je m'intéresse tout particulièrement aux travaux de Brissiaud.Je ne peux pas l'affirmer, mais
il me paraît que oui. A méditer....

isa 29/01/2013 20:32



parce que la difficulté des maths modernes était de faire sens, alors on apprenait ça comme les tables de multiplication, par coeur  sans connaitre la petite histoire, celle qui nous
y aurait fait entrer et pourtant il y a une petite histoire ! Le théorème de Pythagore,c'est en 3eme, moi j'ai tout recommencé avec mon fils et son brevet. Merci les enfants ! 



Emilie44 29/01/2013 20:01


Isa, ton expérience avec une prof de maths de terminale qui t'a enfin donné le goût pour une matière que tu détestais, ça me fait penser fortement à mon histoire
avec l'histoire géo! Je n'avais pas de problème avec ces matières en primaire, mais au collège et au lycée, je n'ai eu que des profs inintéressants qui m'en ont dégoûtée... Je culminais à 9 de
moyenne, jusqu'à ce que j'arrive en terminale avec un prof qui était formateur IUFM et qui m'a vraiment fait partager sa passion. Résultat, j'ai eu 18 au bac (littéraire)! Je suis très fière
d'avoir doublé ma note habituelle!! lol


 


Concernant les maths, je n'ai pas de souvenirs particuliers à l'école primaire, peut-être vaguement d'avoir manipulé quelques allumettes et des timbres en CP mais
pas plus de manipulations. Je n'avais aucune difficultés, j'étais première de la classe et tout rentrait très facilement : je n'avais qu'à écouter en classe et c'était imprimé. C'est une chance
que n'a pas eu mon frère, qui travaillait dur tous les soirs pour apprendre ses leçons et ses tables. J'ai l'impression que ce qu'on nous enseignait, c'était surtout de la mécanisation, savoir
ses tables par coeur, sans compter sur les doigts "quelle horreur!" Moi j'ai développé une stratégie pour compter sur mes doigts sans que ça se voie, je comptais sur mes doigts de tête!
;-)

isa 29/01/2013 20:14



"sans compter sur ses doigts" , comme à une certaine époque, il ne fallait pas lire tout haut, mais dans sa tête, quand tu es petit, c'est difficile. Toutes ces interdictions diminuent
les possibilités stratégiques. Le mathématicien parle aussi du rôle fondamental d'un enseignant marquant dans la vocation...



Coda 29/01/2013 19:53


Mon plus ancien souvenir de math est une série de dessins d'oiseaux et de fils télégraphiques. Ces charmantes petites bêtes se posant ou décollant... Certaines restant posées... Je me
souviens seulement qu'il s'agissait de transcrire la situation par des écritures chiffrées (peut-être additives et soustractives). Moi, je ne voyais pas quel était l'intérêt de cette situation
car dans toutes les images le nombre d'oiseaux visibles était toujours le même... Je n'ai jamais oublié cette sensation de malaise quand on se sent exclus d'une démarche, qui paraît aller de soi
pour tout un chacun, juste par ce qu'on ne sait pas ce que les autres regardent ...

isa 29/01/2013 20:04



c'est le thème du livre Salut:des oiseaux qui arrivent sur un fil les uns après les autres...


Peut-être aurais-tu préféré t'envoler toi aussi !



Isabelle L 29/01/2013 19:34


Moi j'ai toujours trouvé ça rigolo, les bases 3, 4, 5 , plus tard les fonctions à inconnus, un vrai casse-tête, une enigme à résoudre... Et mon bac B grâce aux maths et l'eco !


Par contre aucun souvenir de maternelle, rien de rien à part une fessée déculottée et des pleurs en haut du filet à grimper avec  l'instit qui m'eng... ! Aucun rapport avec les maths !!!

isa 29/01/2013 19:42



aucun rapport avec les maths mais une certaine amertume 



dao michele 29/01/2013 19:20


Coucou, et bien oui, les buchettes je m'en rappelle ( des longues heures pour moi


à m'ennuyer et à refaire les mêmes calculs : la dizaine plus un, la dizaine plus deux.... ETC.... avec vérification table par table de nos buchettes en tas de dix,


bref on manipulait grave comme ils disent !


donc tout au long du primaire rien à dire, math , français pour moi par chance rien ne me paraissait compliqué, la difficulté est venue lorqu'on a commencé à utiliser les calculs avec les
lettres... Mon monde mathématique était construit


sur les chiffres, les nombres qui dans ma tête correspondait à des réalités bien précises matérialisables en quelque sorte, mais les lettres ???? c'était pour moi un monde séparé celui des
livres... QU'est ce que ça venait faire en math ????


J'ai accepté difficilement le passage à cette abstraction là, parce que à mon avis on ne m'a jamais expliqué correctement l'abstraction, et puis comme toi


j'ai rattrapé au niveau du bac b, avec un seize honorable... plusieurs années


de rien foutisme en math.., comme toi avec un super prof, très sérieux qui nous demandait la même rigueur qu'il s'imposait à lui et on acceptait.


Voilà ma vie mathématique. Après un bac b , j'ai voulu faire sciences éco mais mal orientée car le niveau de math demandé était bien au delà des compétences d'un bac b BISOUS Michèle

isa 29/01/2013 19:55



ah les sacrées bûchettes, des indigestions elles nous ont donné et tu as raison , oui il fallait attendre et attendre le passage rangée par rangée et nous étions nombreux en classe ! au
collège et au lycée, j'ai eu principalement des hommes austères et introvertis, en 4eme, le prof piquait des colères inattendues et venait taper d'un grand coup de poing sur ma table, inutile de
 dire que j'étais tétanisée. Mais cette prof de maths en terminale était un vrai soleil, toujours le sourire, toujours à encourager , toujours à voir la difficulté comme une chance, et
surtout beaucoup beaucoup de défis mathématiques dans lesquels on se plongeait avec délice. Moi aussi je m'en suis sortie dans ma scolarité parce que j'écoutais et je travaillais mais je n'avais
aucun goût pour les maths.



Sarah 29/01/2013 18:51


Villani... Si je pouvais, je l'épouserais !

isa 29/01/2013 19:56



est-ce que tu l'as vu ,il te plait ?



Sarah 29/01/2013 14:39


Je n'ai pas vraiment de souvenirs de mes premiers apprentissages en math, j'aimais l'école, elle me le rendait bien, bref... rien de douloureux.


Mais ça s'est corsé en fin de primaire et début du collège, où j'ai eu une période "à qui bon les maths, de toute façon, j'y arrive pas, ça m'énerve, je comprends rien..."


Et là, ma mère m'a juste dit : "les maths, c'est comme les jeux de société, il y a des règles à apprendre et à connaître pour pouvoir avoir du plaisir à jouer" .


Et là, ça a été LA REVELATION ! A partir de ce jour-là, j'ai accepté les règles du jeu, j'ai compris comment réfléchir et
vraiment prendre du plaisir à faire des maths, en prenant cette matière comme une boîte de jeu..vous savez, comme celles qui ont 150 jeux différents, les maths, c'est pareil ! La géométrie = un
jeu, les fractions = un jeu, les identités remarquables = un jeu ! (il faut dire, que le jeu et moi, c'est une grande histoire d'amour... j'ai lâché mes playmos en entrant au lycée, parce que
contrainte et forcée...). Et j'ai fini par passer un bac C. Là j'ai été un peu repue de maths et j'ai arrêté ensuite, mais longtemps, j'ai pensé devenir prof de maths.


Et je me souviens encore de ce jour où une seule phrase m'a ouvert les portes des maths...

isa 29/01/2013 16:45



ton témoignage m'évoque l'interview de Villani ( dont le lien est dans un commentaire mais que je vais mettre sur la préparation semaine 20) qui dit que les mathématiciens font du légo
avec les concepts....