faire parler une marionnette ?

Publié le par isa

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Faire parler une marionnette

 

L’utilisation d’une marionnette en classe de PS me semble être un atout majeur concernant le développement du langage chez les élèves. J’ai déjà écrit sur le sujet, j’y reviens afin de donner des détails pratiques comme je l’ai fait la semaine dernière pour l’album langage ; ceci afin de décrire une façon de faire qui pourrait éclairer ceux qui n’osent pas encore se lancer et ont une certaine gêne dans le maniement de cet objet.

 

 

Où ?

 

La marionnette se trouve à proximité du coin regroupement, un endroit aménagé est prévu pour la ranger. Personnellement, j’avais une sorte de pochette accrochée au mur de manière surélevée dans laquelle la marionnette était enfilée et pouvait se tenir droite comme dans un castellet, elle était donc toujours présente et visible. J’avais créé par cette disposition un effet insaisissable qui lui donnait une aura, j’étais la seule personne à pouvoir la prendre et tout en étant très proche des élèves, elle restait à distance. De cette façon, lors de la dernière période quand les élèves en avaient la responsabilité pour le voyage chez eux, ils se sentaient investis d’un grand pouvoir et l’effet ainsi produit les surmotivait.

 

Quand ?

 

Les petits élèves ont besoin de repères dans leur journée et la ritualisation est structurante et sécurisante. C’est pourquoi les retrouvailles avec la marionnette doivent être inscrites dans une habitude quotidienne ( je sais qu’après la séance d’EPS, on va parler avec Dalma, donc on va tout de suite s’asseoir sur le banc). Pour ma part, j’avais donc choisi de faire agir la marionnette au retour de la séance de sport pour calmer les élèves qui se sont agités et il faut reconnaitre que la marionnette a ce don, elle focalise les regards et apaise les tensions. Les petits ont besoin d’un support visuel afin de rester attentionnés, parler dans le vide est un risque majeur avec une classe de petits, ils vont apprendre progressivement cependant en début d’année, mieux vaut ne pas se risquer à cet exercice. La marionnette permet aux élèves de faire un rappel de l’activité passée puisqu’absente (elle reste dans la classe).

 

Comment ?

 

Voilà le point de vos préoccupations souvent évoqué dans vos demandes. La voix de la marionnette compte peu pour les enfants, on peut donc facilement la faire parler en changeant légèrement sa propre voix. J’ai souvent eu des stagiaires qui se chargeaient du regroupement marionnette et les élèves n’étaient pas surpris du changement de voix. Ils savent très bien que c’est l’adulte qui parle et savent aussi très bien que cet objet n’est pas humain.

Il est donc inutile de se cacher derrière une quelconque protection. La marionnette est tenue dans la main de la personne qui la fait bouger et parler. Elle s’anime avec la main qui la tient.

L’importance est de théâtraliser, c'est-à-dire surjouer toutes les émotions afin de lui donner une dimension de spectacle. C’est sûrement la plus grande difficulté quand on est dans la retenue ordinairement. Il suffit pourtant de se lancer en s’étant entrainé chez soi afin de trouver les bonnes intonations conjointes à la bonne manipulation. Sachez que vos petits élèves sont très bon public et qu’ils ne jugent pas votre qualité théâtrale parce qu’ils sont trop absorbés par cette marionnette qui les emmène dans l’imaginaire en évoquant leur vécu.

Effectivement, la marionnette parle du vécu familial en donnant à écouter sa vie, elle a une famille, et il lui arrive ce qu’il arrive à la plupart des élèves. Elle permet ainsi une identification qui ouvre la discussion sur leurs préoccupations d’enfants, leurs peurs, leurs joies… et les aide à se décentrer mais aussi à chercher ensemble des solutions au problème soulevé. Elle parle aussi du vécu scolaire et amorce des pistes de travail que l’enseignant aimerait exploiter ce qui, suggérées ou pointées par la marionnette, facilite l’intérêt des petits élèves.

 

Une marionnette dans une classe, ce sont de merveilleux moments partagés et qui marquent durablement les élèves. Quant à moi, la plupart de mes élèves rencontrés par la suite se souvenaient de Dalma avant moi. Dernièrement, une ancienne maman m’a retrouvée par le blog ,quand je lui ai demandé comment elle m’avait reconnue, elle m’a dit : «  J’ai vu Dalma ».

 

Ai-je fait le tour de la question ? Peut-être pas, à vous de me le dire. 

 

 

Publié dans la salle des maîtres

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vihyko 02/10/2013 14:05


mon dalma a moi n'est pas une marionnette.. c'est une mascotte fabriquée sur mesure rien que pour moi par ma tante lors de ma première année  d'enseignement.. à l'époque, je me suis
retrouvée dans une école de campagne TPS/PS/MS/GS/CP/CE1 ou une grande partie du matériel venait de chez N.th.n et on y retrouvait souvent un petit ours jaune nommé PLOUM..


PLOUM a pris vie sous la machine à coudre de ma tatie, qui lui a fait par la même occasion un trousseau de pull et pantalon des 4 couleurs et petit ours et moi ne nous sommes plus jamais
quittés.. de la GS à la PS..


je ne peux pas mettre ma main dedans, je le regrette mais je n'arrive pas à partir vers une autre mascotte, on a une histoire à deux, j'peux pas le larguer comme ça !! pauv pepère ! et puis du
coup j'aime bien chiner dans les braderie les vieux jeux de la marque où il apparaît, ça m'amuse !


ploum et moi c'est à la vie à la mort !

isa 02/10/2013 14:42



Ploum ne veut pas venir tenir compagnie à Dalma qui lui est à la retraite et s'ennuie dans son placard, bon il a bien des copains qui sont arrivés par le biais de Bailly, mais ils sont trop jeunes, ils
s'agitent dans tous les sens et Dalma a passé l'âge, il aime le calme, Ploum est certainement plus âgé, tu dis Pépère, ils iront peut être ensemble à la maison de retraite des marionnettes de
classe, tu sais celle où on mange à 17h et on est au lit à 19h afin d'avoir suffisamment le temps de rêver à tous ces jours passés à faire parler les petiots des classes. Ah nos sacrées
marionnettes, on y tient quand même !