impossible de faire atelier langage ?

Publié le par isa

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De même que la semaine dernière j’ai repris le commentaire d’Audrey ( enquête de satisfaction n°5), cette semaine je m’intéresse à celui de David qui écrivait ceci :

 

Moi qui m'étais dit IMPOSSIBLE de faire atelier-langage

 

J’ai déjà écrit plusieurs articles sur l’intérêt d’organiser des ateliers langage quotidiennement dans sa classe, j’ai sûrement oublié certaines choses et j’aimerais y revenir.

Afin de mieux comprendre les réticences, je vais essayer d’imaginer les questions que vous vous posez ou les remarques que vous faites à ce propos.

 

A quoi ça ressemble ?

L’enseignant réunit 4/5 enfants autour d’une table, il a disposé sur la table des photographies (il en faut plus que d’élèves, disons 8 ou 10), chacun est invité à les prendre, les regarder, les commenter (phase collective), puis il demande que chacun trouve sa photographie, celle qu’il désire coller dans son album. Pendant que les 3 autres collent leur photo, l’enseignant va s’asseoir auprès de l’élève qui va commencer à commenter (choisir de commencer par l’élève le plus remuant sinon il ne tiendra pas jusqu’à son tour lors des premières séances puis progressivement il devra apprendre à attendre lors d’autres séances). Celui-ci décrit, raconte le moment de la photo, l’enseignant écrit, relance, encourage, utilise le feed-back (répéter à l’identique ou différemment ce qui vient d’être dit). Dés que l’élève a terminé, il quitte le groupe et l’enseignant passe à un autre élève, il va toujours s’asseoir à proximité pour bien entendre et créer une complicité. Quand une place se libère, un autre élève peut venir s’asseoir.

 

Quelles photographies ?

L’enseignant prend des photos lors d’activités collectives, de groupes, personnellement je profitais des séances d’EPS et des coins jeux pour les faire. L’avantage de l’EPS est qu’ils sont souvent tous là, tous ensemble. Je mettais les photos sur mon ordinateur, je les réduisais ( sur A4, 4 photos) et je les imprimais puis les photocopiais ( noir et blanc) , les découpais. Ceci a l’avantage d’être économique et d’avoir plusieurs exemplaires de la même photo qui concerne autant d’élèves qu’elle contient.

 

Et les autres ?

Les autres élèves ont des activités en groupe (ou individuel type ateliers autonomes) avec un groupe pris en charge par l’atsem. Ces activités doivent être suffisamment motivantes pour que la tâche soit prenante et que les élèves ne sollicitent pas l’adulte. Personnellement, je conseille l’activité peinture libre, une fois qu’ils ont appris à se débrouiller ( et ça va très vite) , ils sont captivés et peuvent y rester un bon moment. L’atsem y jette un œil mais peut s’occuper d’un autre groupe.

 

Pas assez de silence pour entendre ce qui est dit ?

Voilà pourquoi dés les premières semaines, le travail sur le bruit doit être mis en place, expliqué, régulé et exigé avec des règles claires de respect des autres. Quand l’enseignant est avec son groupe de langage, il insiste les premiers temps sur la nécessité de comprendre ce que l’élève lui dit et rappelle à l’ensemble de la classe qu’il est nécessaire de parler doucement pour favoriser le travail de langage. Etant donné que tous les élèves passent à l’atelier langage, ils comprennent assez vite et se montrent respectueux parce qu’ils se sentent concernés.

 

Ça prend trop de temps ?

Pas du tout, un élève de petite section ne fait pas des phrases et des phrases pour commenter une photographie, il parle deux minutes et c’est bien. Ce travail est basé sur la régularité, prendre l’habitude de parler, oser sa parole, s’exprimer pour penser par soi-même. Il ne faut pas que cela soit fastidieux, la fluidité est le moteur de l’activité.

 

Et celui qui refuse ?

C’est exactement la même chose que celui qui refuse de peindre, il faut respecter son refus, tout en le sollicitant à nouveau à un autre moment. Il y a celui qui veut coller sa photo mais qui bloque au moment de parler avec l’adulte. L’enseignant se montre patient et peut tenter de débloquer en proposant que l’enfant pointe ( montre moi où tu es, montre moi Maitresse, montre moi untel ….) puis l’encourage à dire un mot ( qu’est-ce que tu as dans les mains ?). Si le refus persiste, l’enseignant écrit X a refusé de parler.

Normalement la situation se débloque en quelques séances mais il arrive que certains enfants soient particulièrement fermés. Cela m’est arrivé. J’ai pris le parti de la bienveillance en proposant à l’élève de lui faire des suggestions et elle devait dire si cela lui convenait en faisant oui ou non de la tête , j’écrivais donc une phrase que j’avais moi-même prononcée ( en notant bien que c’était moi qui l’avait dite). Suite à plusieurs séances, j’ai choisi délibérément de me tromper pour la faire réagir, ce qui fut le cas et c’est ainsi qu’elle a fini par accepter de parler.

 

Pas toujours facile d’écrire ce qui est dit ?

Contrairement au bilan langage (proposé chaque trimestre), ce travail sur le langage s’attache aux objectifs langagiers suivants : les pronoms, les temps et la complexification. Il n’est pas question de l’articulation même si en utilisant le feed back, l’enseignant permet à l’élève de se réapproprier sa phrase et éventuellement de corriger sa prononciation. Ainsi l’enseignant écrit les phrases qu’il entend en ne reproduisant pas les défauts d’élocution ( z’ai un banon devient j’ai un ballon), c’est important parce que cet album langage va être repris avec l’enseignant , avec la famille qui lira à l’enfant et il aura besoin d’entendre ce qu’il a dit de manière corrigée, seule la syntaxe est gardée , y compris si elle n’est pas correcte ( moi jouer au ballon). La syntaxe est conservée parce que c’est elle qui intéresse et que l’évolution doit être visible.

 

C’est difficile de parler à l’élève en pensant à l’objectif langagier recherché ?

Effectivement l’enseignant fait parler l’élève en ayant en tête un objectif langagier, l’utilisation du pronom JE peut parfois prendre du temps selon les élèves. Il va donc interroger ceux-ci en cherchant à les faire parler d’eux-mêmes, Il accepte toutes les étapes : celui qui parle de lui en disant son prénom, ou moi ou bébé ou i , tout en lui faisant une proposition un peu au dessus de son niveau (  l’enfant dit : alexandre ballon – l’enseignant propose : moi j’ai un ballon) si l’élève répète après l’enseignant , celui-ci note , sinon il écrit alexandre ballon. Evidemment, pour un autre élève, il peut avoir un objectif différent si celui-ci maitrise complètement l’utilisation du pronom Je. Cela demande donc une certaine gymnastique intellectuelle qui est facilitée par la répétition de la situation.

 

Comment faire passer tous les élèves ?

Un temps quotidien est programmé d’environ 15/20mn , pour mon organisation, il s’agissait du temps d’atelier 1 avant la récréation. Cela permet de prendre jusqu’à 6/7élèves (c’est très variable mais les 4 élèves du début de séance ont le temps de parler). Ensuite peut se rajouter des temps pris à la sortie de sieste, pendant l’accueil du matin….  Tous les élèves parlent sur la semaine.

 

Voici les questions auxquelles j’ai pensé, je ne doute pas qu’il y en ait d’autres, je compte sur vous pour les trouver.

 

 

 

 

Publié dans la salle des maîtres

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Christelle 29/10/2016 22:08

Bonjour, jai des enfants de petite section mais jai du mal à savoir quoi travailler en langage. Pourriez vous m'éclairer ? Merci !

MAHAUT 25/01/2014 19:07


Avec plaisir : j'espère que j'aurais quelques petits escargots à présenter à Lily !!!!


Je lui souhaite un très bon anniversaire !!!!

MAHAUT 25/01/2014 13:22


Eh oui je suis bien celle que tu crois ! Enfin je crois ???? Nous sommes très proches géographiquement ....


Je suis d'accord le langage c'est LA priorité et depuis quelques années j'ai de plus en plus d'élèves qui arrivent avec d'importantes difficultés de langage et un vocabulaire de plus en plus
limité .


 

isa 25/01/2014 16:33



oui oui Sandrine, je croyais bien. Je suis contente que tu viennes apporter ton expérience et ton recul de deux ans d'utilisation du blog. J'espère que tu vas bien. Demain nous fêtons les
6 ans de Lily, nous passerons te voir pendant les vacances de Février.



Christine F. 25/01/2014 12:18


Moi aussi, Florence, j'ai eu des moments de doute comme toi avec les mêmes constats et arguments mais je
suis entièrement d'accord avec Isa. Il faut beaucoup de persévérance mais aussi de régularité, car cela peut-être être parfois long à mettre en place.


Je recommande donc de commencer par des  séances très courtes de 5 minutes au début mais très tôt
dans l'année, dès la rentrée, lorsque les élèves sont encore en recherche de repères et avec un tout petit nombre d'élèves (3-4), le temps d'assoir les règles et de faire comprendre à tous
(surtout les + jaloux et les + curieux) que leur tour viendra.


Il faut aussi bien penser les ateliers périphériques pour que les élèves soient suffisamment
autonomes et actifs pour ne pas être tentés par autre chose. Prévoir un coin langage bien identifié  avec des règles claires répétées quotidiennement : ex. : quand la maîtresse s'y
trouve avec un petit groupe il ne faut pas les déranger mais aller voir l'ATSEM s'il y a un problème (celle-ci devrait bien évidemment être présente et donc il convient de bien s’assurer de son
entière collaboration, efficacité et complicité).


Rappeler les règles avant la séance et faire le
bilan après en félicitant les élèves lorsqu’ils n'ont pas dérangés tout en les rassurant en expliquant que leur tour viendra.


La réussite de telles séances tient souvent à ce genre de petits détails, c'est en étant confrontés à
toutes les difficultés que tu recenses avec beaucoup de justesse que tu peux imaginer tes propres solutions. Tu as déjà fait le plus gros du travail : tenter l'expérience et identifier les
difficultés. Reste à repenser l'organisation avec tes propres critères notamment ton seuil de tolérance concernant le "silence" ou le nombre d’élèves ou encore la durée. Nulle part il est dit
qu’une séance doit durer 20 ou 30 minutes.


Comme l’année est déjà bien entamée je peux te proposer une idée de scénario pour relancer
l’activité :


Arriver un matin avec un grand bout de tissu rond (ou nappe ronde) à poser sur le tapis du coin
regroupement ou sur une table pour identifier un nouvel espace de langage qui sera comme une « bulle », « une maison »,… (à toi de trouver) qu’il ne faudra pas déranger
lorsque la maîtresse s’y trouve avec ces quelques élèves. Tu peux même matérialiser le temps en installant un sablier de 5 à 10 minutes pour commencer. Tant que le sable coule on ne peut pas
venir déranger la maîtresse car elle est dans la bulle avec ces élèves, elle n’entend rien et ne voit rien, il faut s’adresser à l’ATSEM et ne pas faire trop de bruit car sinon la bulle va
éclater. Matérialiser au tableau ou sur le calendrier de la semaine des bulles de couleurs des groupes que tu auras prévus avec les prénoms ou les photos des élèves pour qu’ils sachent qu’ils
vont également faire partie d’une « bulle » (je suis dans la bulle verte et la bulle verte est placée sous le mardi donc j’irai mardi dans la bulle avec la maîtresse).


C'est une idée lancée comme ça, sans plus, dans le but d'essayer d'apporter sinon une réponse au moins un
soutien car je me suis reconnue, il y a quelques années, dans ton commentaire.

isa 25/01/2014 16:35



je n'ai rien à rajouter à ton commentaire Christine, tout est dit 



MAHAUT 25/01/2014 11:45


Bonjour Isa ,


Eh oui tout arrive !!!! Après 2 ans à travailler avec toi je me décide enfin à parler : je suis un peu comme nos petits j'ai besoin de me sentir en confiance et aussi d'avoir l'impression d'avoir
quelque chose d'intéressant ou de nouveau à dire ...


Concernant l'album langage j'ai eu au départ les mêmes réticences que Florence : j'ai une classe unique donc trois niveaux à gérer avec plusieurs enfants en difficultés (comme dans toutes les
classes je pense ) . Il faut se jeter à l'eau et commencer : au début c'est difficile puis peu à peu l'habitude se met en place et les progrès arrivent avec le temps .... Je pense qu'il faut se
faire confiance et faire confiance à ses élèves : le climat de classe et les échanges tout au long de la journée ( récréation, couloir ,cantine ....) doivent leur permettre de se sentir
importants  et de sentir que nous accordons de l'importance à ce qu'ils nous disent .


Concernant Patricia , j'ai déjà testé le dispositif " Coup de pouce langage " à partir des histoires à parler d'Asforel ( il existe un site Asforel ) . La démarche est toute simple : il s'agit de
lire une histoire très simple qui fait référence à la vie quotidienne de l'enfant ( petits livres vendus sur le site ) en étant assis à côté de son élève et en lui permettant d'être acteur du
moment en tournant les pages puis on referme le livre et on lui demande de nous reconter à son tour l'histoire . Pour cela l'enfant fait appel à sa mémoire avec l'aide des illustrations ( sur
chaque page un dessin et quelques phrases ). Au premier abord les livres paraissent peu attrayants ( rien à voir avec les superbes albums d'Isa ) mais les enfants apprécient ces histoires très
simples ( la proximité avec l'adulte qui lit rien que pour eux y est pour beaucoup aussi ) et les progrès se voient assez rapidement l'enfant s'hahituant progressivement à faire de phrases
correctes et apprenant du vocabulaire nouveau régulièrement .


Ouh là là !!!! Pour un premier commentaire j'ai été un peu longue !!!!


Encore merci à toi Isa  et à tous ceux qui partagent sur ce blog !!!!

isa 25/01/2014 12:24



ne serais-tu pas une certaine Sandrine ? Oui-Non. J'apprécie ton premier commentaire et il peut être long, court, avec fautes, sans faute, rigolo, triste, peu nous importe, c'est
l'échange qui prime. Je pense que tu dis bien comment faire des petits pas vers des innovations qu'on pensait impossibles. Et ce que je veux ajouter c'est qu'il faut être convaincu que le travail
sur le langage est une priorité, c'est parce que nous cherchons à aider nos élèves à parler de mieux en mieux pour ensuite pouvoir entrer plus facilement dans l'écrit que nous envisageons de
nouvelles pistes. Si on pense que son travail fait en classe favorise suffisamment l'oral alors tant mieux, si au contraire, il apparait que c'est insuffisant et non satisfaisant en terme de
progrès alors le désir de changer va émerger. Je ne connais pas le site Asforel, je vais aller voir, merci de l'information.



Florence 24/01/2014 22:02


Bonjour , 


 


Pour le silence : c'est impossible . Cela suppose AUCUN enfant en difficulté , aucun enfant perturbateur pas de conflit ; imposssible de mettre 20 élèves à la peinture ; impossible d'avoir 20
élèves qui ne solliciteront pas la maîtresse  et c'est oublier La JALOUSIE  : ah tu ne t'occupes pas de moi maîtresse   tu vas voir .....    C'est très simple votre
organisation n'est pas réaliste et ne tient pas la route .  Et en plus cela culpabilise ceux qui n'y  arrivent pas ...

Bay 30/10/2016 07:42

Bonjour Florence, effectivement, le silence en maternelle est impossible....
Non pas, parce que les enfants sont en difficulté mais bien parce ce sont des enfants et qu'ils ont besoin de s'exprimer, de bouger, de montrer ce qu'ils ont réussi, etc...Tu parles de mettre 20 enfants à la peinture, là aussi, c'est impossible car le fonctionnement de la maternelle est justement le travail en atelier. Il peut y avoir 20 enfants qui vont faire de la peinture mais ils vont s'y succéder à des moments différents et par petits groupes, soit en autonomie, soit avec l'Astem, soit avec toi. De plus, il ne faut pas oublier que nous sommes en maternelle, le cycle des apprentissages fondamentaux. Et si je reprends les contenus des I.O : L'école maternelle est une école qui s'adapte aux jeunes enfants, une école qui tient compte des transitions vécues par les enfants, une école qui tient compte du développement des enfants, une école qui pratique une évaluation positive, une école qui organise les modalités spécifiques d'apprentissage, une école où les enfants vont apprendre ensemble et vivre ensemble.
A l'école maternelle, on apprend en jouant : dans le silence, c'est impossible, il faut bien vivre dans son jeu (si je joue à construire un circuit, je vais faire le bruit de la voiture). On y apprend en réfléchissant à des problèmes et en trouvant des solutions : dans le silence, c'est impossible, il faut bien discuter ensemble, argumenter, défendre son point de vue, montrer, rien ne se fait dans la tête. On y apprend aussi en s'exerçant : dans le silence, c'est impossible (si je dois m'entraîner pour construire ma tour de kapla et qu'elle tombe, ça génère du bruit....). On y apprend enfin à se construire comme personne au sein du groupe avec toutes les règles du groupe. Et comme dit Isa, c'est bien parce que l'on aura expérimenté le bruit que l'on essayera d'en faire moins car on aura compris que c'était perturbateur.
Mais, il faut se lancer dans un autre fonctionnement même si cela nous semble irréaliste. Tant que l'on n'a pas testé, c'est difficile de se projeter sur un fonctionnement. Et puis, il faut aussi prendre le temps de mettre en place un nouveau fonctionnement même si cela bouscule nos habitudes et prends du temps. Je pense que l'on ne s'accorde pas assez de temps. Et perdre du temps pour ancrer les habitudes de la classe, c'est en gagner plus tard. Et comme dit l'adage : "Qui ne tente rien n'a rien". Alors tente Florence, lance-toi, teste, analyse, reprends et tant mieux si cela ne marche pas, cela fait avancer sur sa pratique.
Je te souhaite bon courage Florence

isa 25/01/2014 09:47



bonjour Florence et merci d'apporter un regard critique sur une pratique que j'ai eue dans ma classe et qui a fonctionné telle que je la décris dans une école où les élèves étaient issus
de milieux hétérogènes mais majoritairement défavorisés. Je comprends trés bien ce que tu écris et les doutes que tu émets. Cette suggestion de pratique différenciée du langage n'est pas pour
culpabiliser les enseignants, ma volonté est de donner à ceux qui ont le souci de travailler avec leurs élèves de manière plus individualisée une organisation qui peut fonctionner. J'ai
l'impression que tu anticipes les difficultés avant même d'avoir tenté de changer des choses. Tout ce qu'on met en place dans sa classe ne fonctionne pas dés la première tentative, il faut un peu
de temps pour que les élèves comprennent vraiment ce qu'on leur demande et y adhèrent. S'il fallait attendre de n'avoir aucun élève en difficulté dans sa classe pour se lancer dans l'innovation,
on ne ferait jamais rien. L'enfant jaloux dont tu parles a besoin de se sentir reconnu, c'est sa demande et lorsqu'il est pris en individuel avec son enseignant , il apprécie ce moment , il va
comprendre progressivement que cette situation est vécue par chacun mais qu'il ne sera pas oublié, c'est donc au contraire une étape d'apprentissage du vivre ensemble pour lui. Le silence, c'est
difficile et tu as raison, mais là encore, lorsque les élèves sont passés à l'atelier langage et qu'ils ont vécu ce moment dans le bruit , ils comprennent ensuite combien c'est important de
parler plus doucement dans les autres activités. Je ne sais pas à quelles difficultés tu te heurtes Florence mais je sens dans ton commentaire que tu le vis mal et je comprends bien tes
réticences et ton sentiment de culpabilité. Ce blog est un outil d'aide pas une vitrine qui se veut la plus belle, je ne nie pas la dureté de ce métier, au contraire, c'est à cause d' elle que
j'ai choisi de soutenir les enseignants bénévolement parce que dans mes débuts j'ai moi aussi eu des vrais moments de découragement et un grand sentiment de solitude. Je vois combien le partage
et l'échange aident, ce blog a plus de 6 ans , je pense avoir aidé un certain nombre de personnes sans jamais les critiquer, ni les rabaisser. J'espère que j'ai répondu à ta critique, le débat
d'idées est nourrissant et fait toujours avancer la pratique.



Patricia 19/09/2013 23:04


Hou là là....va falloir rester zen David.....mais ça confirme ce que je pense depuis une quinzaine d'années....les rentrées sont moches et de plus en plus moches!!! Toujours des soucis d'emplois,
de comptage, de répartitions, de .... Et il faut acceuillir nos élèves et leurs parents dans toutes ces conditions parfois si tendues, répondre aux attentes de tous avec les moyens du bord...Pas
toujours simple!!!


Courage !!!!

Patricia 19/09/2013 22:59


Niveau "théatralisation", je fais très fort cette année, en classe et avec les parents....je pourrai bientôt m'exprimer uniquement par mime   En même temps, ça ne me pose pas de problème, je trouve ça rigolo et les efts (même certains parents) aiment ça.....Les enfants
reproduisent et sont très drôles aussi.....


Pour mon loulou, rassure toi, je fais tout ce que je peux pour le rassurer, il me sourit très très souvent, il vient vers moi le matin pour m'embrasser tout souriant....ça je pense sincèrement
que c'est gagné. Reste à mettre tout en oeuvre pour que la communication verbale s'établisse aussi avec les autres enfants (qui je l'avoue ne sont pas très attentisf à ce problème...je ne peux
pas leur en vouloir, j'ai moi-même du mal...) et qu'il se sente vraiment à l'aise. Je ne veux plus voir sa petite mine qui me montre qu'il s'ennuie, qu'il est un peu perdu,... Donc oui, ça va
s'arranger.... et oui, je reste patiente et positive....et oui, il va être un parfait bilingue (l'élève dépassera le maître!!!!) Il faut juste que je trouve LES solutions. La première sera donc l'album langage. Et puis on verra si il faut trouver d'autres
alternatives ou si tout se débloque....Mais oui, je reste confiante!


Encore merci pour ton aide et ton soutient !!!!

david 19/09/2013 22:56


Hello ! Tiens c'est rigolo cet article partant de mon premier sentiment sur l'album langage ! Je l'ai commencé cette semaine d'ailleurs... Bon ça fait bizarre de revenir à "moi" ou "Titi" ou
"iduhgositjgoeirthj" !!!!  alors qu'il y a deux mois à peine mes petits m'en racontaient des tartines !


Dur dur en tout cas en ce moment, GROS GROS soucis pour mettre sur pied la répartition du futur RPI sur trois écoles, personne ne veut lâcher son niveau ou son village (la maternelle
pourrait même être coupée en 2 sur 2 écoles différentes)... La guerre est bientôt déclarée et on a à peine commencé
l'année... pffffff

isa 19/09/2013 23:14



oh non David , tiens bon , la paternelle ne peut être éclatée comme ça sur l'autel de l'élémentaire, les petits doivent toujours être prioritaires, rappelle cela à tes collègues, plus on
est petit , plus on est fragile, plus on doit être protégé, et les plus forts se font un devoir de protéger les plus faibles. La continuité est nécessaire. Et puis dis leur que tu as tout le blog
avec toi et que ça fait un paquet de gens qui sont contre leurs idées de démantelement ... On compte sur toi David. Négociations mais pas de guerre, sinon qui tranchera ? Je t'envoie toute
l'énergie voulue. Quant à ta remarque sur le langage, je n'ai effectivement pas parlé de ces mots incompréhensibles qui nous font nous pencher pour mieux entendre, et tenter de comprendre , mais
bon sang qu'est-ce qu'il dit ? qu'est-ce que je vais écrire ? tu peux répéter ? Je n'ai pas bien entendu ? tu peux le dire autrement ? bon alors pour l'album langage mieux vaut ne rien écrire
quand on a vraiment rien compris et préciser " X a parlé, impossible à écrire"



Patricia 19/09/2013 21:56


Pour la natation, tu vas rire, mais le mime je l'ai fait aussi !!! tous les moyens sont bons !!! 


Pour les encouragements, les sollicitations, tout ça je fais tu penses bien, au maximum mais je ne le sens pas à l'aise. D'ailleurs il dit toujours "maman" environ 20 minutes avant la sortie de
midi...ça dit tout! Il ne vient pas l'après midi malheureusement, et c'est à ce moment que je pourrais lui consacrer vraiment du temps (petits à la sieste, ne restent que les ms et gs). Mais je
sais que c'est trop tôt pour le proposer (enfin si j'arrive à me faire comprendre). Donc je table sur la patience pour l'instant. Je vais lancer les albums langage dans deux semaines, histoire de
voir comment prendre les photos, apprendre aux aînés à utiliser l'appareil etc. Je croise les doigts pour que ça fonctionne comme tu le dis avec mon petit loulou.... Merci pour tes bons conseils
et ta disponibilité si précieuse.

isa 19/09/2013 22:37



La famille semble culturellement protectrice, et si le petit montre des signes de refus ,cela doit faire monter les réticences. Nous n'en sommes qu'au début de l'année, ne désespère pas,
l'adaptation demande du temps, c'est un bouleversement pour ce petit, imagine toi dans une lieu où personne ne parle ta langue sans aucun repère amical ou familial. Il faut trouver ce qu'il aime
faire, bien l'observer, pour utiliser ensuite tes observations à trouver le biais qui le fera aimer l'école. ça va venir Patricia. Et beau mime , quand je dis qu'il faut théatraliser !



Patricia 19/09/2013 21:37


Merci pour cette réponse Isa. Par contre pour me prendre en photo, il va falloir que je demande aux élèves....chouette, un défi inatendu qui peut être rigolo...heureusement que les appareils
photos numériques existent 

isa 19/09/2013 21:46



tu n'as pas d'atsem ? Non ne me dis pas ça !



Patricia 19/09/2013 21:18


Oups, j'ai oublié une question très importante !!! En effet, j'ai dans ma classe un élève d'origine étrangère qui ne parle et ne comprend pas le français. J'ai d'énormes difficultés à règler
cette situation. J'ai pris des objets de la classe (que nous utilisons régulièrement) en les nommant et en lui faisant répéter mais visiblement, cela ne l'intéresse guère...peu de résultats. Je
me sens désemparée lorsque je raconte une histoire, j'ai tellement de mal à susciter de l'intérêt chez lui. J'avoue que je suis en plein questionnement sans vraiment trouver de solutions....J'ai
peur qu'il ne finisse par s'isoler complètement... 


J'ai déjà eu un élève dans le même cas, mais pour celui là, tout était différent, il s'est mis à progresser en langage à une vitesse V V'....Mais je sais que dans cette famille, tout le monde
faisait des efforts pour parler le français ce qui n'est pas le cas pour l'élève cité plus haut. Je ne sais pas communiquer avec les parents non plus....dur, dur....J'en arrive à faire des
dessins pour tenter d'expliquer aux parents les infos comme le cours de natation, etc.....pas top et pas simple mais mieux que rien....

isa 19/09/2013 21:45



justement l'atelier langage va créer une proximité. Il faut bien comprendre que dans certaines cultures , l'école maternelle n'existe pas et il y a parfois des résistances familiales qui
font que l'enfant ne se sent pas vraiment à sa place. Le risque est effectivement l'isolement, c'est pourquoi il est nécessaire de valoriser au maximum ces enfants , en les félicitant pour ce
qu'ils font, en leur donnant bien la place qu'ils ne veulent pas prendre. Au travers des moments de langage en relation duelle avec la maitresse, ils vont se sentir un peu plus proches, c'est un
étayage plus serré et l'enfant perçoit l'aide comme bienveillante, il y est sensible d'autant plus qu'il s'agit d'apprendre la langue qui va ensuite lui permettre de s'intégrer au groupe. Tes
objectifs langagiers sont les mêmes que pour un petit qui ne sait pas parler. Concernant la famille, tu peux aussi mimer, la natation c'est facile 



Patricia 19/09/2013 21:09


Je suis contente de cette explication très claire. L'année dernière, j'avais acheté deux livres de Boisseau sur le sujet des albums langage mais je ne suis pas arrivée à mettre cette activité en
place (même si j'ai essayé...). J'avais encore des questions auxquelles tu viens de répondre. Super contente, je vais retenter. En plus j'ai tous lesniveaux donc ça va être super intéressant....


Il me reste cependant une petite interrogation, encore : l'enfant peut il choisir une photo sur laquelle il ne se trouve pas ? Et peut-il en prendre plusieurs?

isa 19/09/2013 21:30



alors tout dépend de ton objectif langagier, si tu veux travailler le Je, tu mets des photos où il est présent, tu essaies qu'il soit présent sur toutes les photos, si tu veux travailler
le Tu , tu mets des photos où tu es présente ( merci aux atsems qui photographient), mais sinon effectivement ils peuvent tout à fait faire des choix différents , ça arrive rarement car ils ont
bien compris que c'est un album photo de leur vie à l'école. Non, il ne prend qu'une seule photo, là , il apprend à faire des choix et c'est important de devoir renoncer.



Muriel 19/09/2013 20:43


ah ah ah!


C'est "léger" ce commentaire, tiens!

Gwen 19/09/2013 19:56


Ce rafraichissement est bienvenu!

Muriel 19/09/2013 19:26


Désolée, j'ai fait un "publier" par mégarde avent
d'avoir rectifié mes espaces-mots (ma barre espace est très dure, les mots sont souvent collés spontanémant... grrrrr)....


Bref, merci Isa pour ce bel exemple simple de langage.


J'aime bien mettre en place aussi des jeux de commande (type Suzelle Leclerc): faire deviner une image en la décrivant, faire faire une construction ,
etc.... , un bel échnage entre élèves où le maitre peut observer.

isa 19/09/2013 19:35



oui il ya des petits jeux qui stimulent les moments de langage, j'en donne quelques uns dans ma rubrique remédiation langage en GS à lire ICI ( une progression sur l'année). Je ne connaissais pas Suzelle Leclerc, elle doit être brillante celle-là 



Muriel 19/09/2013 19:22


Une fois de plus tout y est!


J'aimelire ta méthode: lemaître rectifie la phrase pour qu'ellesoit correcte, sil'enfant la répète, il lanote, sinon il écrit ce que l'enfant a dit en premier.


Ca c'est vraiment clair, car c'est une question qu'on se pose souvent quand on transcrit les paroles d'enfants!


On peut s'installer dans un couleoir ou à proximité de la classe si on veut moins de bruit.

isa 19/09/2013 19:29



oui la situation idéale serait de n'avoir personne autour, c'est sûr mais en même temps, les élèves apprennent à respecter ce temps de langage, évidemment, les premières fois, je répétais
souvent aux élèves la règle " parlez doucement que je puisse entendre ce que me dit X, c'est important pour nous deux, à votre tour, j'aurais besoin de vous entendre". Mais c'est ça la règle,
elle doit être souvent répétée et puis un jour on ne s'aperçoit même pas qu'on ne la répète plus. Et franchement, le calme est bénéfique pour tout le monde.



Emilie44 19/09/2013 17:49


Une question Isa, que conseilles-tu pour la constitution des groupes : hétérogénéité ou homogénéité? J'ai testé les deux l'année dernière, et je dois dire que je
préfère faire des groupes avec des niveaux hétérogènes, en faisant passer les élèves les plus timides (ou ayant le langage le moins développé) en derniers. Ainsi, ils ne restent pas mutiques et
peuvent toujours trouver une idée en ayant écouté ce que disaient les élèves précédents.

isa 19/09/2013 18:14



oui c'est mon parti pris: mélanger les élèves, d'ailleurs en début de semaine, il m'arrivait assez souvent de laisser le choix aux élèves, venir spontanément à l'atelier langage et
contrairement à ce qu'on pense, les faibles parleurs y venaient aussi ( les photos attirent). J'avais toujours des photos de tous les enfants  en EPS de manière à pouvoir ne pas être en
manque. Evidemment, il y a du mimétisme, mais peu importe, notre objectif est qu'ils parlent alors ils doivent prendre confiance et tant pis s'ils répétent ce que le copain a dit, au fil du
temps, ils s'affirment. Penser par soi-même, ça vient quand on se sent autorisé. Il s'agit donc d'un climat à installer.



CHRISTELLe 19/09/2013 12:50


MERCI POUR CET ARTICLE, TOUT Y EST BIEN RÉSUMÉ . C'EST RASSURANT ET ENCOURAGEANT D'AVOIR DES REPÈRES.

isa 19/09/2013 14:28



merci Christelle, les questions sont toujours possibles car je ne pense pas à tout, j'en suis certaine.