interrogeons nous sur l'erreur

Publié le par isa

erreur

Dans le Nouvel Observateur du 3 mai 2012 sous le titre :  Ecole : «  Vous avez le droit d’échouer », l’auteur de l’ article commente l’étude de deux chercheurs français en psychologie sociale ( Frédérique Autin et Jean-Claude Croizet) qui ont soumis des groupes d’élèves à un travail difficile , pour l’un ils ont été encouragés en leur donnant le droit à l’erreur que justifie tout apprentissage «  Apprendre n’est pas facile, il est normal que vous vous trompiez. Mais à la longue, vous réussirez de toute façon », pour l’autre aucun encouragement n’a été formulé. Les résultats ont prouvé que le premier groupe a été plus performant que le second. Cette expérience a été renouvelée à de multiples reprises en modifiant la forme mais les résultats ont toujours été confirmés en faveur du groupe préparé à la difficulté et autorisé à échouer. Le sentiment d’incompétence bloque les élèves.


Un autre article du Monde.fr du 17 Mai 2012 d’Isabelle Rey-Lefebvre sous le titre «  Les secrets d’Harvard, la première des universités », décrit le parcours d’une professeure de sociologie française ayant enseigné dans cette prestigieuse école, la formation et les exigences requises, notamment l’attitude toujours positive et constructive face à l’échec. Le professeur ne peut écrire : « Non c’est faux » mais plutôt «  Voici une erreur intéressante, essayons de comprendre d’où vient la confusion pour ne pas la rééditer ». Les professeurs peuvent voir leur contrat non renouvelé s’ils se montrent trop piquants envers leurs élèves.

 

La réussite des élèves est le but de tout enseignant, et de ce fait il n’exige que celle-ci. Mais chacun sait que lors de tout apprentissage du plus loin que l’être humain vient, celui-ci a dû tomber, rater, oublier, manquer … pour construire ses connaissances, ses savoir-faire. Comment réussir sans avoir essayé et essayé encore ? Or le discours n’est pas celui-ci. L’enseignant donne sa leçon, l’élève fait l’exercice et doit immédiatement réussir. Jamais ( disons pas trés souvent) il ne lui est dit qu’il est normal qu’il échoue et que c’est intéressant pour le professeur de se confronter à ce défi, celui d’aider son élève à le surmonter.


Cette approche est pourtant différente selon les pays, l’erreur peut être valorisée, elle fait partie du processus d’acquisition.


Notre système éducatif a choisi l’élitisme, mettre en avant ceux qui réussissent, il s’avère que contrairement à l’émulation qu’il est censé développer, cela engendre un stress qui provoque un sentiment trouble d’infériorité. La plupart des parents ont de l’inquiétude pour l’avenir professionnel de leurs enfants et ne peuvent pas atténuer ce stress mais à l’opposé l’amplifient.

Par ailleurs, leur relation à l’école étant très dépendante du jugement porté sur leur enfant est donc plutôt de l’ordre de la distance quand celui-ci est négatif. Le cercle est donc vicieux, plus les parents s’éloignent de l’école et plus les enfants se sentent démunis face à leur échec.

 

D’ où le titre de cet article : «  Interrogeons-nous sur l’erreur », il est inutile de vouloir tout bousculer et tout jeter, mais n’y a-t-il pas des petits changements à opérer dans le quotidien de la classe qui fassent que chemin faisant l’erreur soit accueillie ?

Comment sortir de cette attitude qui sanctionne l’échec et détruit le sentiment de pouvoir des élèves ?

La théorie permet la réflexion mais la pratique exige du concret et il semble important d’explorer des situations qui pourraient être modifiées à la faveur de ce changement d’état d’esprit.

Comment voyez-vous cela possible ? Qu’est-ce qui dans votre pratique répond à cette question ou bien que pourriez vous changer ? Quelles difficultés soulèvent ce positionnement ?

 

Interrogeons nous sur l’erreur !

 

Publié dans la salle des maîtres

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delf 10/06/2012 16:10


Je te rassure, il pleut aussi chez moi et quand je disais "ici" c'était sur ton blog lol.
Je suis dans les mêmes recherches que toi, et j'ai la chance d'être dans une école d'appli où les enseignants ont le même état d'esprit (enfin cette année...)
C'est vrai que c'est très complexe, mais je me dis qu'on finira par y arriver!!!!

isa 10/06/2012 16:19



oui puisque tu vois, je ne travaille plus et je cherche encore, c'est donc que j'y crois toujours. Et je suis tellement heureuse de partager avec tous les lecteurs du blog qui sont si
professionnels et si impliqués. Je trouve dommage que nous ne puissions pas plus nous concerter sur nos pratiques dans des échanges informels avec des temps dédiés à cela. C'est une demande que
nous entendons depuis des années et des années ( je crois bien que je l'ai toujours entendue), elle n'a jamais été prise en compte. J'essaie de le faire sur le blog.



delf 10/06/2012 15:37


Oui, je viens de voir le liens sur De Vecchi... J'ai vraiment aimé ses livres (le second évaluer sans dévaluer qui vient de sortir est dans le même esprit). D'ailleurs sur son blog il y a un post
sur l'erreur, il est repris texto dans ses livres. Astolfi, lui est plus générique, plus théorique... J'avais bien aimé aussi chez De Vecchi un propos du style "dans une classe où l'erreur n'a
pas un statut positif, les élèves n'osent pas s'exprimer".. rien de pire en mater non? lol


Pour les articles, merci pour le lien, pour les autres je vais tenter de les trouver... Ah quel bon dimanche je passe ici!!! Lol Merci

isa 10/06/2012 15:56



Tu as de la chance, il pleut alors je suis au chaud chez moi et je me réchauffe sur mon blog !


Evaluer sans dévaluer, c'est exactement l'équilibre complexe que chacun aimerait atteindre. Je pense que cet état d'esprit gagne du terrain. Notre culture associe travail à souffrance
avec l'idée que l'échec doit faire souffrir. J'y suis complètement opposée mais je crois que la notion d'effort et de persévérance est encore un terrain de recherche. C'est un des travaux
pratiques sur lequel je me suis penchée durant une bonne partie de ma carrière, comment donner le goût d'apprendre ? Comment surmonter le découragement ? Comment passer du désir de réussir au
plaisir de réussir ? C'est complexe et je n'ai aucune certitude.



delf 10/06/2012 15:09


Isa, si jamais tu avais ces 2 articles quelque part, je suis preneuse pour ma soutenance de mémoire!!! Ils étayent parfaitement mes propos...


Quant à l'erreur, je vous conseille de lire Astolfi, "l'erreur, un outil pour enseigner" qui définit l'erreur en fonction du modèle d'apprentissage.. mais aussi De Vecchi "évaluer sans dévaluer"
et "aider les élèves à apprendre"... Je les ai lus pour mon mémoire, et ils sont vraiment très bien... bon ils disent exactement ce que vous dites ici, mais il y a des phrases que j'aime beaucoup
dedans...


Oui, il faut sortir de la pédagogie de l'échec et donner à l'erreur un statut positif pour que l'élève n'ait plus peur de se tromper.. L'erreur fait partie de l'apprentissage et quand un de mes
élèves me dit je me suis trompé, je lui réponds que ce n'est pas grave, qu'il est là pour apprendre, que s'il savait tout, je ne servirai à rien... ( ça les fait rire en général). Qu'à force
d'essayer on fait des progrès... Je crois que c'est plus facile en maternelle... qu'à l'élémentaire, et encore plus au collège...


Quant à l'évaluation, je la pense nécessaire. Mais il faut revenir à son sens premier "évaluer: donner de la valeur à" et non juger, noter... C'est mon avis.. une évaluation formative, voire
formatrice permet à l'élève de progresser et d'apprendre, en analysant justement ses erreurs. Savoir où l'élève doit arriver, c'est lui permettre de s'approprier les critères d'évaluation et de
comprendre ce qu'on attend de lui...
j'aime bien l'idée du curseur proposé plus haut, mais finalement, c'est proche de l'éval par couleurs non? J'avais trouvé sur le site du ministère de l'éducation au Québec un code avec 3 signe
(étoile, flèche et case grisée) qui correspondait à 3 niveaux: l'enfant sait le faire avec l'aide de l'enseignant, l'enfant sait le faire seul, l'enfant réinvestit la compétence. j'avais bien
aimé cette approche (sur le site, elle est proposée pour les progressions, mais je trouvait ça intéressant pour la communication).. bref.. encore merci pour cet échange, cela me fait encore
cheminer...


 

isa 10/06/2012 15:32



pour l'article sur Harvad, le voici


par contre l'article du nouvel obs semble introuvable sur le net, j'avais acheté le magazine.


De Vecchi est dans mes liens, j'ai moi aussi beaucoup apprécié son "Aider les élèves à apprendre". Je vais me pencher sur Atolfi.



valwi 20/05/2012 16:53


Oh! oui, nous allons essayer d'avancer avec ces encouragements, "faire confiance", et "apprendre à gagner la confiance". Tu es très perspicace Isa ! Merci, ces quelques mots échangés avec toi me
font beaucoup de bien.

valwi 19/05/2012 19:15


Merci pour ta réponse. Ton avis est clair et sage. Tu as raison l'action prime sur les bonnes paroles, instaurer des relations de confiance entre enseignants et parents... oui, c'est vrai. Nous
avons eu un vécu de l'école, dont nous devons nous défaire pour en construire un meilleur. Les brevets dont on parle dans les commentaires précédents sont aussi une solution. Bon, il y a du
boulot. Je suis régulièrement ton blog, merci pour ces échanges riches, nous sommes sur le chemin...


 

isa 19/05/2012 20:54



Tes enfants ont besoin de ta confiance et de celle de leur papa, celles-ci sont primordiales et priment sur toute autre. C'est toujours mieux quand on a l'appui des enseignants mais quand
celui-ci est absent malgré les démarches de dialogue, inutile de leur en tenir rigueur, ça n'aide pas les enfants, à nous les parents de leur apprendre à gagner la confiance des autres.



valwi 19/05/2012 09:45


J'ai aussi été interpelée par cet article du Monde. J'ai deux enfants dyslexiques au collège, et ils vivent un vrai enfer parce que l'erreur et l'échec sont régulièrement stigmatisés par les
enseignants. La menace d'échouer au brevet est proférée quotidiennement. Comment communiquer avec ces collègues qui m'ont apparus sourds et aveugles à toutes mes requêtes d'encouragements pour
mes enfants ?

isa 19/05/2012 11:45



Bonjour Valwi,


en tant qu'enseignants, nous ne sommes pas toujours les mieux placés pour être écoutés dans nos demandes par les autres collègues. Une méfiance guidée par la peur du jugement est souvent
à l'origine des relations compliquées entre nous. C'est donc tout un ensemble qui est remis en cause. Les idées d'équipe, de solidarité, de considération , d'échange ont besoin d'être développés
dans notre profession, quand celles-ci seront plus fortes que la méfiance, la crainte, le repli vis à vis des collègues parents alors, le dialogue sera trés ouvert.


d'autre part, tu évoques cette difficulté à sortir de la pédagogie de l'échec, c'est exactement le sens de cet article, puisque la peur de l'échec brandit trop souvent face aux élèves ne
fonctionne pas, il est peut -être temps de repenser son comportement d'enseignant. Mais pour certains c'est une révolution. Comment les amener à agir autrement ? En s'interrogeant, ce que je
tente de faire avec cet article.


Personne ne peut prétendre faire changer l'autre, seule la personne le décide pour elle et c'est bien ainsi. Alors, pour répondre à ta question, je n'ai malheureusement pas de réponse. Je
pense qu'il faut que vous soyez ( je n'enseigne plus ,je ne peux plus me compter) de plus en plus nombreux à choisir d'inverser cette tendance, plus il y aura de personnes qui feront ce choix,
plus cela gagnera du terrain et s'étendra. Quand j'ai débuté, je pensais qu'il fallait convaincre par les mots, j'ai compris avec le temps qu'il n'y a que les actes qui parlent pour
nous.


En tant que parent, je sais combien c'est compliqué de voir son enfant souffrir de l'intransigeance de ses profs, le dialogue est complexe. S'il y avait une plus grande ouverture aux
parents avec des espaces de parole, je pense que des choses pourraient être échangées, chacun allant à la rencontre de l'autre. C'est souvent par incompréhension que la méfiance s'installe. Toi
en tant que parent,tu peux atténuer la pression pesant sur tes enfants, tu connais le système et tu es capable de désamorcer.



sev 19/05/2012 09:35


Pour l'utilisation des brevets; j'essaye d'en proposer le plus possible car les enfants accrochent bien; je prends des photos de la progression de
l'activité à réaliser, ce qui fait qu'ils voient bien où ils doivent aller pour réussir. Ce sont eux qui mettent la date quand ils ont terminé.


ex pour l'écriture du prénom en ce moment  avec les PS : ici









isa 19/05/2012 11:50



merci beaucoup Sev, c'est parlant.



Valérie 93 19/05/2012 09:34


Merci Krol !! Tu as été plus rapide que moi pour les références...en ce qui concerne le débat sur l'erreur  il s'inscrit dans les débats philosophiques ( je recommande d'ailleurs le film
excellent à ce propos) et cette image- poster est très bien : je teste régulièrement ces débats avec mes élèves et ils ont à chaque fois énormément de choses à dire et souvent ceux qu'on n'entend
pas souvent...


 


Merci à Christine pour ces brevets excellents...je vais me pencher dessus activement...

Krol 18/05/2012 13:32


L’erreur nous donne des ressources bien entendu...
 Je précise également la source: le n° de Pomme d'Api est celui de février 2012, et indique pour le CSA  d’autres sources : Abricot, Toupie, Toboggan, Pirouette….

isa 18/05/2012 14:53



bien vu pour le CSA !



Krol 18/05/2012 10:32


Il existe un poster de Pomme d'Api intitulé :A ton avis, se tromper, c'est bête? ou c'est interessant? Affiche sur
laquelle à gauche, un ourson honteux a fait une grosse tache de peinture sur sa feuille, et à droite, le même ourson mais ravi, a transformé sa tache en grosse fleur...
Parfois, l'erreur nous donne des resources!

isa 18/05/2012 11:00



ce type d'affiche peut être l'occasion d'une discussion avec les élèves, l'occasion de dire combien de découvertes se sont faites à partir d'une erreur ( je pense aux élèves plus grands
puisque cette discussion concerne tous les niveaux de la scolarité ).


D'autre part, l'erreur de l'élève devrait être considérée comme un indice pour l'enseignant afin de comprendre la démarche d'apprentissage de son élève. Le constat ne suffit plus, là
aussi au même titre que je défends l'observation des
élèves, il y a à observer les erreurs de ceux ci pour mieux les comprendre et mieux y répondre. Je sais que c'est un cheminement.



Isabelle L 18/05/2012 09:39


Bonjour, d'abord une reflexion que j'avais entendu en formation d'une prof d'anglais : en Angleterre, lorsqu'un enfant  a fait un exercice et s'est trompé, l'enseignant ponctue son travail
par un "good try",  j'avais trouvé cela excellent. D'autre part, je garde en tête ce qu'une psy avait dit aussi : avant l'école chaque progrès de l'enfant est accompagné de l'applaudissement
et félicitations de l'entourage (quelque soit l'âge d'acquisition de la marche, des premiers mots, chanson, etc) arrivé à l'école il DOIT réussir à un temps X.


Je pense que l'évaluation peut marquer le passage d'étapes qui doit être chaque fois valorisé, en ce sens la philosophie des cycles à l'école me parait interessante, chaque enfant devrait pouvoir
évoluer au sein de ce cycle à son rythme, avec ses accelerations, ses pauses.


Je radote peut  être mais les brevets de christine des maternailes vont dans ce sens !

isa 18/05/2012 10:03



non tu ne radotes pas, je pense qu'il est bon d'insister. Pour plus de clarification, est-ce qu'il y a un brevet pour chaque exercice présenté ou bien est-ce pour des apprentissages
ciblés ? Je le demande mais c'est pour que ceux qui viendront plus tard lire notre discussion aient un peu plus d'informations qui leur donneront envie d'aller plus loin pour comprendre.


En EPS, avec mes élèves, lors des bilans de fin de cycle, s'il y avait remise de diplôme, il y avait un papier pour tout le monde soit "j'ai réussi" soit " j'essaie encore", d'autre part,
j'ai toujours développé l'encouragement mutuel, quand il s'agissait de passer l'épreuve, le groupe était derrière celui qui agissait. Mais il est certain qu'à un moment, les élèves doivent se
confronter au résultat de leur action.



sev 18/05/2012 09:27


Je trouve que les brevets de réussite sont des outils tout à fait pertinents pour faire progresser les élèves à leur rythme; chaque enfant prend "son" temps pour arriver au résultat attendu, il
n'est pas mis sous pression s'il n'y arrive pas en même temps que les autres, il recommence, se trompe, recommence, et quelle joie quand enfin il y arrive !


Je les utilise depuis 2 ans maintenant, Christine Lemoine en a fait une rubrique sur son site; je vous invite à aller y jeter un coup d'oeil car on peut les adapter à n'importe quel
apprentissage, elle propose même un brevet vierge à compléter.

isa 18/05/2012 09:51



oui Sev, tu as raison de signaler l'excellent travail de Christine, peux-tu en faire une description succincte dans la manière dont tu les utilises et comment les élèves les appréhendent
?



Léomie 18/05/2012 07:55


En voilà un sujet de réflexion intéressant ! C'est toujours très constructif de nous pousser à analyser nos pratiques de classe !


En ce qui me concerne, je m'interroge depuis un moment sur le système de "notation" utilisé pour rendre compte du degré d'acquisition de la compétence à chaque travail sur papier. Je n'ai jamais
utilisé le système des bonshommes, qui me semble trop chargé d'affectif et porteur d'un jugement de valeur. En attendant mieux, j'utilise un codage de couleurs (rouge, orange, vert) qui ne me
satisfait pas non plus... Je réfléchis depuis un petit bout de temps à un système de graduations linéaires qui débuterait à "je dois encore m'entraîner", passerait par "j'y arrive presque" pour
arriver à "je sais le faire", ou quelque chose dans le genre, avec un curseur à positionner. Il me semble que cela permettrait à l'enfant de visualiser le chemin parcouru ou qui reste à
parcourir, tout en restant très positif puisque le but final (je sais le faire) est toujours au bout du chemin ! Mais je n'arrive pas à trouver le symbolisme correspondant...et je suis bien
incapable de le dessiner moi-même !


Et vous, comment faites vous ?

isa 18/05/2012 09:43



oui Léomie, ça pose question parce que je pense que ces constatations ou ces démarches changent des habitudes longtemps utilisées et pour lesquelles on ne s'interrogeait plus.


Pour ma part, je n'ai jamais utilisé de codage, j'écrivais oui ou non selon la réussite, quand c'était non le travail était reproposé soit à l'identique soit différent mais avec le même
objectif. Si le travail était le même, je numérotais les différents essais, j'allais jusqu'à 3 et en général au troisième , il était rare que j'écrive non. En cas de non au troisième, je donnais
alors une simplification.


Mais j'avoue que la notion de progrès n'était pas visible alors qu' il y en avait automatiquement ( sauf cas difficile).


Maintenant la question que je me pose est faut-il tout coder ? Est-ce vraiment nécessaire ?


Pour les bonhommes, nous en avons parlé lors du débat sur l'évaluation ICI


J'ai le sentiment que les changements doivent se faire progressivement et que c'est d'abord notre regard sur l'échec qui doit être remis en question , ce n'est pas facile de bouleverser
des conceptions ancrées mais les études faites et les démarches qui fonctionnent doivent nous aider à nous interroger.



Valérie 93 17/05/2012 21:39


Non Isa ce n'est pas moi...mes sources un petit encart dans le journal Pomme d'A.I pour les parents...j'essaye de remettre la main dessus car il y avait des noms de spécialiste...ou alors ce sont
des restes de ma formation en psychologie et sciences de l'éducation ( des bons restes ma foi)... 48 critères...c'est énorme oui...


Et un coucou à Sylvia... courage çà va revenir!! ;)


Bonne soirée demain je retrouve mes élèves ...pas de pont chez nous...et  surement pas de bouchons aussi CHIC!!

isa 18/05/2012 09:47



Il y a pourtant quelqu'un qui m'a envoyé un document, il faut que je cherche dans mes dossiers. J'ai trouvé la page wikipédia qui explique, c'est ICI.


Bien entendu, si tu as d'autres choses à nous faire partager, je prends.






Silvia 17/05/2012 21:04


Bonjour à tous,


je n'ai plus de connexion internet depuis le 20 mai  F...E et F T se renvoient la balle...Bouh...Donc un petit coucou d'1 cyber café!


 

isa 17/05/2012 21:34

Et bien moi ce soir aussi j'ai un souci de connexion avec mon ordi et pas mon iPhone , va comprendre. Coucou Silvia !

Krol 17/05/2012 20:59


Oui, Isa un allégement du nombre de critères d’évaluation me paraît aller dans le bon sens.
Dans les situations ordinaires d’apprentissage, rappeler à l'élève, en cas d’erreur, qu’il est néanmoins en réussite dans un niveau tout juste inférieur - Tu n’as pas réussi aujourd’hui
 tout « l’exercice » à « 3 étoiles » mais tu as réussi une ou plusieurs parties (de l’exercice)  ou bien encore tu sais le faire lorsque la situation est simplifiée « 2 étoiles » (comme moins d’éléments ou éléments non dispersés dans une situation
de dénombrement par exemple) pour rester positif. Donc si erreur il y a, lui remémorer qu'il garde ses réussites antérieures, tout ne s'effondre pas, même si on s’est trompé
aujourd’hui. D’autres façons d’agir, des outils, il en existe sûrement, à nous d’en chercher et avec tes articles/débats, la marmite va encore bouillonner d’idées…. Un grand merci Isa pour ton
implication et ta bienveillance.

isa 17/05/2012 21:42

Trés intéressant Krol, comme toujours. Effectivement , l'utilisation de la négation pourrait être diminuée, tu ne sais pas remplacé par , mais voilà ce que tu sais ou peux faire , il te reste ça et ça. Plus souvent mettre en avant les apprentissages acquis et le faire dire à l'eleve. Continuons à nous interroger , comme dirait l'autre, il en restera toujours quelque chose.

Krol 17/05/2012 19:20


 


Oui Isa et Valérie, je trouve que l’évaluation « brute » tombe comme un couperet et que dire de celles qui doivent
remonter au niveau des circonscriptions, voire du ministère, servent-elles à établir un diagnostic des besoins, car si c’est le cas, la suite logique aurait été de doter les écoles dont les
élèves rencontrent des difficultés, de plus de moyens ; je n’ai pas l’impression que c’est ce qu’il se passait … !!!
Donc l’évaluation oui, à petite dose, si elle est expliquée, relativisée, remise à sa place c’est-à-dire celle d’une photo d’un instant dans les apprentissages. Je crois bien que la France est un
pays qui a un nombre de critères (48 si l’on prend les compétences à acquérir à la fin de l’école maternelle) presque 10 fois supérieur à d’autres pays comme dans le Nord de l’Europe !!!!!
 
Alors, un peu d'apaisement dans cette course  effrénée

isa 17/05/2012 20:02



Les changements seraient de limiter les évaluations pour ne pas créer trop de situations de jugement de manière à développer la confiance des élèves, c'est bien ça ? Et puis dans les
situations ordinaires d'apprentissage, comment accompagner l'erreur, l'échec ? Je comprends que les paroles ont une grande importance, mais y - a-t-il d'autres façons d'agir, des outils à mettre
en place  ou à enlever ? Ma réflexion avance avec la tienne, je n'ai pas de certitudes, je m'interroge.



Valérie 93 17/05/2012 17:54


Tout à fait d'accord moi je parle de l'acquisition de la marche et de la parole...chaque enfant a son rythme...plus le temps passe et plus je suis contre notre système d'évaluation qui sanctionne
plus qu'il n'encourage....alors au moins une rencontre avec les parents en expliquant le processus de l'apprentissage et en rassurant et en proposant des aides et en pointant les
progrès...comment un enfant peut-il avoir envie d'apprendre si on ne pointe que ses échecs et si en plus il se rend très vite compte que les autres ils y arrivent eux....et pas lui...et que
fait-on des richesses de chacun...l'intelligence unique celle qui est mise en valeur à travers ses évaluations papiers il n'y pas qu'elle ..l'intelligence est pluridisciplinaire.... si je puis
dire...et c'est souvent un même type qui est reconnue...

isa 17/05/2012 20:04



est-ce toi qui m'as parlé d'une conférence sur les intelligences multiples ? Si oui, peux tu en faire une petite synthèse , si cela est possible bien -sûr ?



Krol 17/05/2012 16:50


Pour montrer aux enfants parfois découragés, que "apprendre", "savoir faire quelque chose" prend du temps et peut être difficile, je prends l'exemple de l'apprentissage du vélo : au début, tu ne
savais pas, tu as essayé beaucoup de fois, tu es tombé encore et encore, mais un jour, après tous ces efforts tu as réussi à faire du vélo, tu as été fier(e) et heureux; et bien ce que tu
apprends à l'école, c'est aussi parfois difficile, tu fais des erreurs, ce n'est pas grave parce-que plus tu vas t'entraîner (comme les sportifs), plus tu vas faire de progrès et plus tu vas
réussir.
C'est vrai que les attentes institutionnelles et parentales n'aident pas à lever la "pression" des objectifs à atteindre et l'évaluationite aigüe peut nous entraîner à trouver que les
progrès ne sont pas assez rapides...
Bref, pied sur la pédale de frein et ralentir, comme la tortue qui pourtant sans permis, avait déjà tout compris!

isa 17/05/2012 17:43



Merci Krol pour cette manière d'imager les paroles d'encouragement. Tu crois que les évaluations sont facteurs de négativité, n'y -a-t-il pas une façon de les présenter et de les
interpréter positive ? Est-ce que le fait de reconnaitre le droit à l'échec doit aller de pair avec une absence d'évaluation ?