"je ne supporte pas ou plus les pleurs" dans la série "je recycle"

Publié le par isa

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Pensant à toutes les nouvelles personnes qui viennent sur le blog et sachant qu'il n'est pas toujours facile de s'y retrouver, je propose une série " je recycle" qui édite à nouveau les articles d'actualité que j'ai écrits il y a quelques temps.

Notre actualité , c'est la rentrée et qui dit rentrée dit pleurs.

Voici ma vision personnelle du comportement et du recul à avoir face à ces torrents de larmes et de cris....

Même si les boules Quiés ne sont pas la bonne réponse, elles sont parfois rêvées et espérées, rien de grave à cela !

JE NE SUPPORTE PAS OU PLUS LES PLEURS

 

L'enfant qui pleure renvoie à l'entourage un sentiment d'impuissance si celui-ci ne parvient pas à le calmer et l'apaiser.

Les pleurs sont les premiers échanges au stade du pré-verbal, la maman apprend à comprendre et à distinguer les différents appels que son enfant lui envoie, elle y répond du mieux qu'elle peut et elle affine sa compréhension au fil des mois.

L'enfant n'a pas les mots, il se fait comprendre.

Bien entendu, nous savons que les pleurs de la rentrée sont l'expression d'une émotion liée à ce bouleversement dans la vie de nos petits élèves, certains n'ont jamais quitté le nid familial, cette entrée sociale est un moment douloureux: perte de repères, perte de sécurité, perte de l'être aimé par sa disparition physique, perte de communication... cela fait beaucoup pour un petit de 3 ans. Néanmoins, sa vie ne peut se construire qu'à travers ces ruptures qui l'amènent à devenir autonome et capable de surmonter ces pertes. L'enfant, inéluctablement, a à traverser ces étapes et à y être confronté, il ne peut vivre dans la toute-puissance maternelle ( une mère omniprésente qui le protège à jamais). Le travail de l'enseignant est de l'accompagner dans cette rupture du mieux qu'il peut en lui offrant une autre base de sécurité. Selon la qualité de ses réponses, l'accompagnement des pleurs durera plus ou moins longtemps.

Voyons ,avant de parler des réponses possibles, l'effet ressenti par l'adulte au moment des pleurs.

Cette période de rentrée en petite section est un des moments les plus difficiles à vivre pour n'importe quel enseignant, c'est absolument épuisant, j'insiste sur cela pour que vous ne vous pensiez pas fragile ou incompétent. Je défie qui que ce soit de me dire que la rentrée en petite section est facile, cela demande une énergie physique et mentale très importante, je pense que l'enseignant de petite section devrait avoir une activité physique régulière pour être en forme afin de l'aider dans sa tâche; enfin c'est ce que je conseille.

Les pleurs sollicitent par leur insistance, par leur intensité ( les oreilles en prennent un coup !!!!), par leur durée, par leur puissance, par leur répétition la patience et la prise de recul de l'enseignant, ils peuvent raviver pour certains de mauvais souvenirs, renvoyer à leur propre impuissance et donner un sentiment d'anéantissement. Un défi mental se met en place: «  Comment ne pas craquer ? », toute cette énergie puisée à contrer cet embrasement intérieur épuise, sans compter la sollicitation physique : porter dans les bras, se baisser pour être à la hauteur du petit interlocuteur, tenir trente six doigts, retenir celui qui veut se sauver, relever celui qui s'est couché par terre de rage, éviter les coups de pieds ( ça arrive aussi)..... Le tableau a de quoi faire peur mais c'est la réalité ( heureusement passagère) . C'est une lutte dont l'issue est l'accompagnement dans la réussite de ce passage symbolique.

Dans le précédent article sur les pleurs, j'avais présenté les types de pleureurs afin de les reconnaître et d'agir de manière adaptée, je n'y reviens pas.

Cependant de manière générale, si l'enfant pleure pour dire son malaise, sa tristesse, l'adulte doit lui dire qu'il le comprend, c'est pourquoi, il est important de mettre en mots et de parler en son nom (exemple: «  tu pleures pour me dire que tu voudrais que Maman revienne tout de suite, j'ai bien compris et je peux te dire que ta Maman va revenir tout à l'heure, pendant qu'elle s'occupe de préparer ton repas, nous, nous allons jouer au ballon , faire de la peinture , parler avec Dalma ….. et quand tu vas la retrouver tu pourras lui raconter tout cela !! OU encore: «  oui je te comprends , c'est très triste de quitter sa maman, tu peux pleurer , ça fait du bien après tu pourras venir jouer avec nous et ensuite tu raconteras tout à ta maman), en agissant ainsi l'adulte indique à l'enfant qu'il prend en compte sa tristesse, elle n'est pas niée, elle n'est pas interdite, elle est accueillie, reconnue et verbalisée. L'enfant se sent compris et rassuré, une autre base de sécurité lui est proposée, il va progressivement diminuer ses pleurs.

Je parlais plus haut de la perte de repères vécue par l'enfant, il est donc nécessaire de lui en redonner au plus vite. Il a besoin de permanence dans sa vie scolaire: permanence des personnes, permanence des lieux, permanence des rythmes et pour cela , une frise de la journée avec des photos du déroulement et petit personnage qui se déplace lui permet de mieux vivre la journée.

Enfin, la présence symbolique de la famille , notamment les objets transférentiels ( doudous, tétines et autres ...)ne peuvent être bannis de l'école, ils sont les seuls repères auxquels l'enfant se rattache, c'est violent de lui demander de s'en passer.

L'élève est donc compris, il a de nouveaux repères, mais cela ne suffit pas encore. L'école est un lieu d'activités, d'apprentissages et l' intérêt de l'enfant passe par cela. C'est pourquoi plus l'élève entre tôt dans l'activité, plus il y trouve du plaisir et moins il est fixé sur la souffrance de la séparation. J'ai pratiqué durant ma carrière de nombreuses fois la méthode essais-erreurs, effectivement, rien ne remplace la recherche et je peux dire que les pleurs s'arrêtent beaucoup plus facilement dés lors que l'élève agit. Cependant, il a envie d'agir si le contexte l'attire, si l'activité a du sens pour lui, celles à proposer s'inscrivent donc dans un terrain connu par l'enfant, c'est à dire qui parle de sa vie, de ses émotions, de ses objets de plaisir, il faut faire appel à sa curiosité, à ce qui le surprend, créer des situations mystérieuses qui mêlent joie et peur, favoriser le partage et le plaisir d'être ensemble, lui signifier de manière induite qu'à l'école, il a tout à prendre pour grandir ….

Pour conclure, et pour reprendre l'affirmation du titre «  Je ne supporte pas ou plus les pleurs », je vous encourage à déplacer votre regard après avoir lu cet article, à vous rappeler qu'il s'agit de 15 jours difficiles( en moyenne) à traverser , à accepter aussi votre propre sentiment tout en allant chercher au fond de vous les ressources que vous possédez, vous avez sûrement au cours de votre vie dû surmonter des moments difficiles, vous avez à ce moment là ,utiliser certaines ressources, elles sont encore présentes en vous, sachez ne pas les oublier.

Vous avez besoin de soutien, ce blog vous est ouvert.

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Publié dans rentrée scolaire

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christel 09/09/2012 22:07


Merci à toutes pour vos conseils. Je suis soulagée de savoir que je peux trouver du réconfort dans ce blog qui nous permet d'échanger entre maîtresses mais aussi entre adultes ; car je l'avoue
moi aussi j'ai pleuré vendredi soir tellement j'étais découragée.Grâce à vous, j'aborde cette semaine avec plus de courage.

isa 09/09/2012 22:19



On reste là, Christel, reviens vers nous si besoin !



Stasia 09/09/2012 19:52


Ne
t’en fais pas Julie ! Les premiers jours peuvent être atroces avec les petits mais tu verras, ils progressent très vite dans leur comportement et c’est extrêmement gratifiant. Pour te
rassurer, j’ai pris des TPS/PS pour la première fois l’an dernier dans un quartier difficile où j’enseigne depuis plus de 20 ans (cette année, j’ai 2 élèves dont j’ai eu les mamans en classe…).
Et bien je peux te dire que j’en aurais pleuré de me sentir si démunie devant ces petits bouts tristes, capricieux, excités, désobéissants…. Difficile de les regrouper, de les canaliser, de les
consoler de lire une histoire…, d’autant plus que la maîtresse E était là pour m’aider mais j’avais plutôt l’impression qu’elle allait me juger bien nulle…Je me suis bien demandée quelle idée
j’avais eu de prendre cette classe et regardais avec envie ma collègue qui recevait mes anciens élèves…Mais grâce au soutien d’Isa et de son blog, je n’ai pas baissé les bras et lors de mon
inspection d’octobre, j’avais déjà bien ma classe en main.  Cette année, j’ai gentiment refusé l’aide de la maîtresse du RASED et pris bien du recul pour gérer cette rentrée organisée selon
les conseils d’Isa. C’était épuisant mais il y a eu très peu de pleurs qui ont duré. La marionnette, jouer du ukukele, sortir dans la cour avec des bulles, jouer avec les cartons de déménagement,
et bidouiller avec l’eau et les petits morceaux de papier pour la boîte à bisous ont été des moments où tous ont participé avec plaisir. Vendredi, toute la classe était là mais j’étais
embêtée : à l’heure de la sortie, après le départ de quelques enfants à la cantine, une gamine s’est mise à hurler, suivie de quelques autres enfants et j’ai ouvert aux parents dans le même
concert de pleurs que le matin quand ils sont partis. L’an dernier, j’en aurais été malade mais là, ça me fait plutôt rire. Un diaporama à la réunion parents profs jeudi et ils verront bien la
mine réjouie de leurs bambins ! Tout ça pour te dire : COURAGE ! Tu vas y arriver et on est tous là pour te soutenir. Moi pas très souvent car j’essaye de me désintoxique du net et
ce WE, par ex, j’étais tout le temps dehors et j’y retourne de suite. On a besoin de s’aérer la tête pour assurer. 

nadine 09/09/2012 14:23


Merci Isa, de ton attention.


Je réponds à ta question à propos de mes petits jumeaux : ce sont des enfants de collègues. je n'ai vu que le papa. au moment de l'inscription en mai, nous avons parlé assez longuement. il
semble que ces enfants ont ce mode de communication à la maison. Ils sont par ailleurs très éveillés....

isa 09/09/2012 18:19



Alors ils vont comprendre le cadre et s'y plaire dés lors qu'il y aura de la découverte qui comble leur curiosité et leur soif d'apprendre. Pose bien le cadre et sois confiante.



F@nny 09/09/2012 13:45


bonjour à toutes et à tous! ( au passage je décerne la palme d'or à Julien pour sa déco de classe!) je tiens à te remercier Isa pour tous tes précieux conseils et vous aussi les collègues
pour les idées que vous partagez . C'est la 2ème année que je fais une rentrée échelonnée dans la classe des petits et maintenant je suis fan! Ballons, guirlandes, affiche " bienvenue
chez les p'tits" décorée par mes élèves en fin d'année ( tout fiers de préparer quelquechose pour les petits qui allaient arriver!), dessin de la famille pour les parents, mascotte cachée dans un
carton et au final: pas de pleurs pour les 2 premiers jours! Quelques larmes et roulages sur le tapis le vendredi pour 3 pitchounes ( et oui, il faut revenir à l'école, ce "truc"-là,
c'est pas juste une journée!), assez vite consolés... Je sais que les chagrins vont revenir encore quelques temps, que j'ai la chance cette année d'avoir un effectif  sympa (18) qui me
permet d'être plus disponible,  je ne sais pas comment va se passer le reste de l'année mais pour le moment, je savoure!!! Les années se suivent et ne se ressemblent pas! Heureusement!!!


( Moi aussi je suis en retard sur ma programmation  Christelle mais tant pis, on prend le temps qu'il faut pour la rentrée! )

isa 09/09/2012 18:16



merci Fanny !



Silvia 09/09/2012 13:38


Ah oui Sev d'accord avec toi, moi hier ça a été mer avec masque et tuba ! (mais cet aprem je refile à l'école..............)


Courage à tous-tes , faut bien se reposer, et puis on trouve du soutien sur ce blog en cas de baisse de moral....

Sev 09/09/2012 13:31


Je m'aperçois en vous lisant qu'on est toutes pareilles, et même après des années de pratique (pour moi, c'est le début de la 10e en PS...et je n'ai toujours pas envie d'en changer  !). Une
intense fatigue après cette première semaine, mais c'est normal, il faut reprendre le rythme et évacuer le stress des premiers jours. Ce dimanche de soleil est le bienvenu pour ça, sortez les
filles ! prenez l'air, et demain, vous serez sereine pour retrouver vos bambins et leurs pleurs. Bon dimanche à toutes ! et tous ! (oups ! j'avais oublié les quelques hommes du blog ...)

isa 09/09/2012 13:38



oui Sev, je m'en vais peindre dehors ....pas un beau tableau, mais un mur , je jette un coup d'oeil tout
de même !



Julie Lemonnier 09/09/2012 11:50


t'inquiète christelle, je suis dans le m^me état que toi.j'ai déjà une semaine de retard sur la progression proposée par isa. cette semaine, je travaille sur le livre de zou!


bon courage


 

isa 09/09/2012 12:39



ce n'est pas grave le retard , personne ne vous le reprochera et puis vous pouvez zapper des semaines , ce n'est pas un problème, mieux vaut aller à votre rythme qu'au mien, moi je mets
un maximum pour ceux qui en veulent beaucoup ( comme j'étais après beaucoup d'années d'expérience et plus trop d'enfants à la maison ,ça aussi ça compte, mine de rien) mais il ne faut surtout pas
penser que vous devez absolument tout faire.



christel 09/09/2012 11:44


Merci infiniment pour cet article "recyclage" sur les pleurs, je suis nouvelle sur ce blog et maîtresse de petite section pour la première fois. Cette rentrée a été très difficile et j'avoue que
je suis fatiguée et destabilisée. Cet article m'aide beaucoup , merci encore.

isa 09/09/2012 12:36



Courage Christel, tu as un cap à passer, comme sur un bateau qui affronte la tempête, c'est difficile , il faut s'accrocher, ne pas baisser les bras et se dire que le calme va arriver.
N'hésite pas à venir chercher du réconfort ici.



Julie Lemonnier 09/09/2012 10:17


merci beaucoup pour votre soutien, ça me remonte le moral!


 

maud 09/09/2012 09:27


Julie,


pour avoir des PS depuis 6 ans (ca passe vite...) et suivre Isa depuis 4, je peux te dire ceci, ce n'est pas grave et ce n'est qu'une impression!


Si tu n'a pas pu faire tout ce que tu voulais et bien tu continueras la semaine prochaine. les mises en routes sont parfois plus longues que prévues, mais prévues
par qui ? par nous les adultes qui connaissons le système, pour les pets c'est une autre limonade!!


 


Je pense vraiment qu'il faut arreter de se sous-estimer nous ne sommes pas des robots et nous n'avons pas des meubles face à nous.


Ce n'est pas toujours facile, c'est parfois même difficile, mais rappelle toi d'une chose, avec Isa et les apports de tout le monde tu vas petit à petit remonter à
la surface et te sentir bien, car avec Isa on gagne quelque chose d'extremement précieux: de la confiance.


Je ne dis pas que je dors comme un bébé la veille de la rentrée, mais les pleurs ne m'attaquent plus le moral et si je n'ai pas fait tout ce qui était prévu : tant
pis, on verra plus tard. Et je tourne sur 3 jours seulement!!! et j'arrive plus ou moins vite à retomber sur mes pieds.


L'important c'est ce que l'on transmet aux enfants pas ce que l'on fait. Si déjà tu calmes les pleurs, tu les tranquilise et les rassures surtout des TPS et
bien tu as fais un gros, gros bout de chemin. Courage


 

isa 09/09/2012 09:42



merci Maud tu viens poursuivre la réponse que j'ai donnée à Julie avec beaucoup de chaleur , j'apprécie vraiment cette solidarité. Bizarre non, je nous trouve plus solennelles que la
semaine dernière où ça rigolait bien, on sent bien qu'il y a de la douleur cette fin de semaine et ça nous rend sérieuses. C'est ce qui me fait dire qu'il y a vraiment un lien entre nous puisque
nous sommes capables de nous sentir malgré la distance des claviers...



Julie Lemonnier 09/09/2012 08:12


bonjour


 


 


merci beaucoup pour tous ces conseils. j'ai fait ma rentrée en TPS/PS cette année pour la première fois( d'habitude j'ai des PS/MS) et je suis rentrée en pleurs le soir. j'ai l'impression de ne
rien faire , de ne pas y arriver et du coup je culpabilise. celà m'a fait du bien de voir que je n'étais pas la seule dans ce cas là; merci beaucoup !!

isa 09/09/2012 09:36



Bonjour Julie, eh oui la rentrée fait pleurer les enfants mais parfois aussi les maîtresses et c'est bien que tu le dises, il n'y a aucune honte à cela, c'est humain. Et ton témoignage
éclaire l'article plus haut de notre propre fragilité en tant qu'adulte et de la grande difficulté que représente la rentrée avec des petits.C'est extrêmement ingrat et l'image qu'on se projette
de notre métier en prend un sacré coup dans ces premiers jours, effectivement il y un sentiment d'inutilité parce que le travail ne ressemble en rien à celui de l'école , du moins celui qu'on
s'imagine. Pourtant tout apprentissage relève de l'éducation et tes petits élèves sont déjà rentrés dans des apprentissages, alors bien sûr il ne s'agit pas de reconnaitre son prénom, ni de
compter jusqu'à 3 mais dis toi que les apprentissages qu'ils entament avec toi sont bien plus fondamentaux que ceux là, car reconnaitre son prénom ils pourraient le faire n'importe où, compter
jusqu'à 3 aussi, par contre, apprendre à devenir élève, à s'intégrer dans une groupe, à accepter la séparation et avoir une maitresse qui n'est pas leur maman, à surmonter les frustrations dues
au groupe classe, à tenir compte des autres, à devenir autonome dans un lieu d'apprentissage, tout cela et j'en oublie est la base sur quoi le reste va se construire, ce sont les fondations et
c'est tellement important les fondations. Notre métier est passionnant et il est dommage que la projection de la plupart des gens soit uniquement fondée sur l'apprentissage de la lecture, j'ai
l'impression qu'en dehors du CP, l'école pourrait se passer de maitres, nous avons une sorte de vénération pour cette classe parce que la lecture est un apprentissage visible. Et pourtant le
travail en amont compte autant que le découpage des mots en syllabes. D'ailleurs la meilleure preuve est que certains enfants fréquentant la maternelle apprennent à lire seuls. Voilà pourquoi je
dis "attention de ne pas dévaloriser soi-même son propre travail", Julie ton travail avec tes petits est aussi important que le travail de ta collègue de CP, sans toi,elle ne pourra pas avoir des
élèves socialisés et stables, capables de concentration et d'attention, ayant le goût des livres, ayant la curiosité et le goût d'apprendre, ayant l'imagination et la créativité qui les aidera à
imaginer le sens de la phrase lue, ayant l'autonomie pour se prendre en charge matériellement et psychologiquement, ayant l'énergie de tenir assis longtemps, ayant la capacité à mettre en pensée
, ayant un langage construit qui leur ouvre les portes de l'écrit ...... Tu peux toi-même chercher tout ce à quoi tu contribues et c'est inépuisable , crois moi.... Sois fière de ce que tu fais,
c'est tellement important !



NADINE 08/09/2012 23:57


Merci Isa pour ce recyclage, il y a tellement à lire dans ce site, ces articles sont pour moi essentiels, ils sont si bien écrits, si réconfortants !


Je viens  demander conseil pour ...ma classe. J'ai Cette année des jumeaux (fille garçon) qui sont très éveillés mais qui ont une attitude de refus de toute frustration, qui
pleurent pour tout.. il veut un ballon en récréation , et quand je lui donne, il le trouve trop dur, et lorsque je lui donne celui en mousse, il pleure parce qu'il est troué.... je sens
qu'il se durcit vis à vis de moi, car il prend de plus en plus de liberté, court, grimpe...et je dois l'arrêter. Sa soeur se contente de pleurer. Ces pleurs sont très
bruyants, et peuvent être arrêtés de suite si leur attention peut être détournée. Bien sûr, cela, je le mettrais sur le compte de la rentrée, si je n'avais eu leur soeur aînée il y a deux
ans. cette petite a passé son année de petite section à pleurer, crier, très souvent aussi en moyenne section. Je ne sais comment régir. Ma première réaction est la patience, l'explication,
la réponse individuelle à chaque incident. mais bien vite, je me sens débordée, il y les autres... et mon action n'a qu'un effet très court... Je pense que je dois maintenant prendre un cap, et
le tenir pour l'année, mais lequel ? : la sévérité en leur demandant de ne pas crier sans arrêt, l'isolement : les laisser pleurer tout leur saoul mais à l'écart... les caliner, encore plus.
quelque soit ma réaction , je suis dans le doute...

isa 09/09/2012 09:13



bonjour Nadine et merci d'apprécier mon recyclage. D'abord, je voulais te dire que nous avons ouvert une discussion pour une situation difficile chez Camille avec conflit et hurlements,
tu peux aussi aller lire les commentaires qui sont d'une grande aide, c'est ICI


Pour répondre à ta question, ce que je lis est d'abord ta propre appréhension vis à vis de ces deux petits ayant souffert avec la soeur aînée, tu te dis "ça va recommencer", de ce fait là
, tu doutes d'avoir les capacités à les arrêter chacun dans leur manière de réagir. Il est bon de te rappeler que tous les enfants sont uniques, chaque parcours est différent, si je comprends
bien la soeur aînée est rentrée à l'école et elle avait deux petits frère et soeur qui restaient à la maison (?), c'est donc sa situation et non pas celle de sa fratrie. Ensuite, maintenant la
maman te connaît et c'est important dans son rapport à toi et ce qu'elle transmet à ses enfants. Le petit garçon est ce qu'on appelle un capricieux mais c'est une manière de  s'assurer ton
attention, alors plutôt que de lui redonner un autre ballon parce qu'il est trop dur ou trop moche, tu lui dis:" Non je t'en ai donné un, maintenant va jouer avec le ballon, je te regarde", et le
Non doit être suffisamment dissuasif, il ne s'agit pas d'avoir un ton agressif, mais plutôt un ton déterminé qui sous-entend " tu peux faire tes caprices, tu peux te rouler par -terre, tu peux
hurler, je reste à ce que j'ai dit", il n'y a pas besoin de longs palabres surtout avec un enfant éveillé ( dis-tu), il comprendra aussitôt.


c'est beaucoup dans l'attitude que nous avons et qui inconsciemment donne des signaux.


la petite soeur est perdue apparemment et le fait savoir bruyamment , surtout ne demande pas à son petit frère de la prendre en charge, tu peux lui demander qu'il joue avec elle mais ne
lui donne pas la responsabilité de la protéger, ça c'est ton travail, un enfant n'a pas à faire le travail des adultes. Pour elle, parle lui de sa soeur qui est venue dans ta classe et ce qu'elle
a fait avec toi, dis lui qu'elle a le droit de pleurer tout ce qu'elle veut et que quand elle sera prête ,elle s'arrêtera et qu'elle viendra faire les activités que sa soeur a faites elle aussi.
C'est une façon de l'inscrire dans sa lignée et de lui donner une identité, car les enfants "perdus" ont le sentiment de perte d'identité, ils n'ont plus de repères et donc n'existent plus. Sois
compréhensive et n'attends pas que la situation connue il y a deux ans se reproduise car sinon elle se reproduira parce que tu vas l'induire dans ta façon d'être, mais au contraire dis toi que
c'est une autre histoire, d'autres enfants. Quel est ton rapport avec leur maman ? 



murielle 08/09/2012 14:04


Merci, merci,


tous les ans, je rentre vidée, épuisée, je me trouve nulle, j'ai la sensation de ne pouvoir rien faire pour certains, l'impression d'être impuissante . cette année, au delà des pleurs, j'ai eu
des colères énormes avec des pipis, des cacas, et des vomissements!!!Des triplés qui hurlaient tappaient des pieds se débattaient et effrayaient les autres! Mon bilan de cette première journée:
je vais changer de métier! aussi, en te lisant vendredi midi je me sentais déjà mieux!!! bilan: j'aime vraiment ce blog!!!


 


 


 


 


 


 


 


 

isa 08/09/2012 16:38



oui il y a beaucoup de découragement et ça aussi c'est normal, il faut passer le cap comme on dit. Tant mieux si en parler quelque part peut permettre de penser à démissionner mais ne pas
le faire :))))



laurence 08/09/2012 11:54


Moi je ne suis pas une jeunette dans le métier, je croyais être armée pour faire face à une rentrée en tps/ps : rentrée
échelonnée, classe accueillante, ballons, le zil présent cette semaine. Et une première journée sans pleurs (13 ps) YESSSSSS mais le jeudi et le vendredi j'ai déchanté : cris et hurlements toute
la matinée!!!!. 4 enfants inconsolables et un effet boule de neige garanti  : finallement c'est dehors, en
récré (avancée d'1/2 h) que nous avons réussi à calmer tout le monde.... et que nous avons pu ensuite faire quelques activités (un seul enfant hurlait car il ne voulait pas rentrée !!!!! : le
zilien l'a emmené se promener). Dommage que ce soit le weekend car je crains que lundi il faille tout recommencer grrrrrr.


Donc un petit témoignage pour dire que ça arrive à tout le monde. Et comme dit Isa ça ne dure pas.......Meric pour ton réconfort 


 

maud 08/09/2012 10:21


Ah par contre un truc que je ne peux pas supporter ce sont les pleurs de caprices.


La tristesse de la séparation ça je gere nickel, compassion, douceur, calins, mots doux autant que nécessaire et à volonté.


Mais alors les caprices et les comédies ça ça a tendance à me faire virer rouge.


Je n'arrive pas à être souple, ça me fait sortir de mes gongs. alors je sais que derrière ces "caprices" il y a des peurs, de la tristesse, de la détresse mais au
bout de la 30ème minute de cris non stop, de piétinage j'ai tendance à ne plus être trop sympa!


faut-il lâcher et permettre par exemple pour avoir la paix laisser cet enfant garder sa sucette et son doudou tout le temps alors que les autres font un effort
surhumain pour les poser? faut-il lui permettre un statut particulier alors que les autres tentent d'e^tre grands au prix d'énormes efforts?

isa 08/09/2012 10:38



les premiers jours oui, c'est absolument nécessaire. Ils n'ont pas tous la même capacité à surmonter la même situation et c'est comme pour les pleurs , à partir du moment où c'est permis,
ils en perdent rapidement le besoin car c'est le fait de savoir qu'ils y ont accés qui les rassurent.


pour les caprices, c'est une autre expression de la souffrance, ce sont souvent des enfants qui ont ressenti le désintérêt des adultes et qui n'ont trouvé que ce moyen pour les faire
réagir. Ils ont besoin d'entendre qu'on ne les oublie pas, qu'ils comptent autant que les autres , que tu es là pour eux. Les petits enfants n'agissent jamais avec des arrières-pensées, ils n'en
sont pas capables, puisqu'ils n'ont même pas encore accés à ce stade de développement intellectuel, ils agissent en fonction de la réaction des adultes, selon celle-ci ils comprennent et adoptent
un comportement qui va leur permettre d'exister. 



maud 08/09/2012 10:13


Oh pinaise de pinaise de pinaise! pas moyen de remettre la main sur ma marionnette!!!!!!


bon heureusement j'ai la peluche T'Choupi mais ça m'agaaaaaaaaaaaace car en plus c'est totalement et uniquement de ma faute!


le mieux est toujours l'ennemi du bien (bin oui T'choupi avait un petit bobo et je voulais le réparer avant la rentrée, où ai-je bien pu le mettre?
mystère...)


 


bon sinon pour coller à l'article, Isa merci! que dis-je mille mercis! tes phrases pleines de bon sens et d'humanisme m'ont bien aidé à calmer les pleurs et à mieux
les gérer et les supporter.


J'avais un petit garçon qui pleurait à chaude larmes après le départ de ses parents, je prends ma plus douce voix, sais faire aussi moi!! et je lui dis que je
comprends sa tristesse, qu'il a le droit de pleurer en classe, que je suis là pour le consoler et lui faire des calins s'il le veut ou s'il en a besoin, que je ne suis pas sa maman mais sa
maîtresse mais que c'est aussi mon travail d'être là pour lui, et bien en 10 secondes il a arreté de pleurer et s'est blotti dans mes bras pour me faire un gros calin. j'en étais toute
chamboulée


 

isa 08/09/2012 10:30



et voilà le travail , oui !!!!! Merci pour ce témoignage qui démontre combien les mots sont importants,
les enfants ont besoin d'entendre ce qu'ils ressentent, mettre des mots sur leurs émotions et surtout les accepter, ne pas les inhiber est leur faire grand bien.



vivi 07/09/2012 22:56


Bonjour Isa,


Ton article est rassurant et permet de prendre du recul. Je suis rentrée épuisée par les pleurs de la première journée...


 Quels hurlements pour le départ à la cantine!!! alors que d'autres ont la chance de retrouver papa et maman...ça fait de la peine pour ces bouts de chou qui débarquent à l'école et font
déjà 8h00 d'affilé.  Heureusement que ça ne dure pas trop longtemps.


Point réconfortant: dès que les enfants rentrent dans les activités, les pleurs cessent. La lecture d'une histoire a aussi bien calmé les pleurs.  Donc: trouver des albums captivants et des
activités intéressantes.... sur ce blog il y en a plein!


 

isa 07/09/2012 23:10



oui et l'épuisement est partagé quelque soit le nombre d'années d'ancienneté, je me souviens de mes dernières années où en Septembre , certains midis j'aurais dormi sur mon bureau si je
m'étais laissée aller !



Christine F. 07/09/2012 22:29


Quelle bonne idée (le recyclage) et comme il est bon de lire ou relire ton article !


Relativiser,  prendre du recul, surtout ne pas culpabiliser..... C'est bien de rappeler tout cela. J'espère que beaucoup seront rassuré(e)s.


Bien sûr qu'il n'existe pas de recette miracle, il faut prendre sur soi, faire preuve de beaucoup de patience et d'endurance.


Je crois sincèrement qu'il faut trés vite proposer des mises en activités variées, motivantes et courtes. Bien sûr, comme l'explique si bien Isa, il faut reconnaître leur souffrance, mettre des
mots dessus et bien évidemment rassurer, encore et encore. La confiance qu'ils auront en vous va en partie venir de ces moments là.


Pour faciliter ce passage vers l'acceptation de la séparation et le bonheur de venir à l'école en étant pleinement rassurés je vous dévoile une partie de mon plan d'attaque : J'en reviens pour
cela à mes deux petites mascottes Nelly et César. Je crée une petite mise en scène : Nelly, toute pimpante, est absolument ravie d'aller à l'école, César traîne les pieds, pleure et réclame sa
maman. Nelly ne sait plus quoi faire. Elle demande l'aide des enfants. Il faut qu'ils lui expliquent tout ce qu'on va faire à l'école et surtout que sa maman va revenir le chercher quand ce sera
l'heure. Les enfants(pas tous bien sûr, mais une bonne partie)  prennent ainsi du recul par rapport à leur angoisse, ils endossent  le rôle de celui qui rassure et apaise. Cela leur
permet de rejouer ensuite la scène entre eux avec les mascottes. En même, temps une vraie complicité naît entre les 2 mascottes et les enfants. C'est magique.Ce plan ne m'a jamais déçu sans pour
autant résoudre tous les problèmes. Allez, courage, on tient le bon bout, déjà une semaine et cap tenu !


 


 


 


 

isa 07/09/2012 23:08



ah les fameuses marionnettes , bien-sûr qu'elles sont incroyables et qu'elles rassurent tant. Je suis totalement d'accord avec toi, l'utilisation de la marionnette c'est le miroir qui
permet aux enfants de se regarder et de se voir. C'est un excellent moyen pour transférer ses émotions et de pleureur passé à consoleur. c'est une autre forme de symbolisation et c'est hautement
recommandé !