"l'omniprésence de l'enseignant et l'autonomie des élèves" dans la série "je recycle"

Publié le par isa

 

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Pensant à toutes les nouvelles personnes qui viennent sur le blog et sachant qu'il n'est pas toujours facile de s'y retrouver, je propose une série " je recycle" qui édite à nouveau les articles d'actualité que j'ai écrits il y a quelques temps.

Cet article se trouve dans la salle des maitres.

 

 

Suite au débat de Mardi 11 Janvier 2011sur l’omniprésence de l’enseignant et l’autonomie des élèves, j’ai préparé une sorte de petit résumé – article pour revenir sur quelques points.

 

Manifestement, la difficulté énoncée la plus citée est la gestion des groupes de travail : le sentiment de devoir être partout à la fois, les risques de "bazar", le bruit, la répartition dans les groupes, les laisser choisir ou pas, les consignes pas comprises ou pas appliquées, la conclusion non verbalisée des activités , les différences de rythmes des élèves….

 

Le sujet était la posture de l’enseignant et il s’est avéré difficile de s’y confronter, en analyse des pratiques, la réflexion doit nous amener à nous interroger sur nos comportements pour mieux avancer dans notre pratique, mais il est compliqué d’analyser et d’expliciter son propre fonctionnement. Il y a un paradoxe bien exprimé par Flavie qui dit : « Je suis partagée entre le sentiment qu'ils ont besoin de moi et je dois être là, et le sentiment qu'ils doivent apprendre autonomie ». La question est donc « être là » signifie –t-il  avoir des sollicitations pour être sûre d’être utile parce que c’est visible, parce que cela me renvoie l’image d’un enseignant qui est actif pour ses élèves et cela s’oppose à l’autonomie parce qu’il y a dépendance ? Autrement dit, nos propres représentations du métier nous imposent une présence très multiforme et une mise en retrait est insupportable du point de vue de notre image d’enseignant. Et l’idée de l’autonomie est présente mais incompatible selon nous avec l’âge des enfants. Des commentaires vont dans ce sens : « en CE2 c’est mieux », et pourtant je pourrais vous trouver des enseignants de CE2 qui diraient exactement le contraire. C’est pourquoi comme il a été souligné, il y a  des différences de niveaux d’autonomie en PS et des différences de perception chez les enseignants.

 

Pourquoi apprendre l’autonomie à nos élèves ?

Est-ce uniquement pour faciliter le travail de l’enseignant qui aura une classe qui « tourne » ?

L’autonomie est la garantie de la réussite pour l'élève.

L’autonomie est la capacité à utiliser les outils donnés pour apprendre.

L’autonomie est la liberté de faire des choix et de mesurer les enjeux de ses actes.

L’autonomie est le respect des autres et l’estime de soi.

 

Il revient donc à l’enseignant la tâche d’accompagner ses élèves dans la conquête de cette faculté.

 

Nous en avons discuté et cela est revenu dans la discussion à plusieurs reprises, l’autonomie ne se construit que dans un cadre. Pour aider ses élèves, l’enseignant construit ce cadre puis l’explicite, mais il ne suffit pas de dire que le bruit est une nuisance pour que les élèves se taisent. Le cadre doit être compris, et l’enseignant va veiller à la qualité de ses consignes ( c’est pourquoi dans  mes  préparations j'écris la consigne car je pense qu’il est important de réfléchir à l’avance aux mots qu’on va employer pour dire ce qui est attendu. Quand on réfléchit ainsi , on se met à la place des élèves et on imagine ce qu’ils vont comprendre), et il va veiller aussi à la reformulation de celles-ci pour vérifier la compréhension. Et dés lors qu’il sera nécessaire , la reformulation sera de nouveau demandée.

Nous avons évoqué aussi le contenu des ateliers dits autonomes, une vraie insatisfaction a fait jour : trop facile = chahut, trop difficile= possibilité de n’importe quoi, coins jeux trop bruyants, pas de repères pour identifier la fin de la tâche…..

Un atelier dit autonome n’est pas un atelier sans contenu, uniquement pour occuper les élèves de manière à être disponible pour le groupe avec lequel on travaille. L’atelier autonome doit être pensé comme tout autre atelier, sauf qu’il permet aux élèves de se mesurer à leurs propres compétences. Dans ces ateliers, les élèves utilisent ,mobilisent ce qu’ils ont appris. Il n’est pas question de nouvelles notions qui demanderaient la présence de l’enseignant, il est question de refaire sous une même forme ou sous une autre forme un travail , une compétence précédemment acquise. Dans ces ateliers, les élèves ont un but, une finalité clairement exprimée et dont l’intérêt va être suffisamment motivant pour les inciter  au défi qui leur est lancé et qu’ils pourront éventuellement mesurer ( je pense aux puzzles avec des fiches de réussite par exemple), par ailleurs , ils peuvent aussi être acteurs en participant au rangement de l’atelier ou à son installation, la confiance qu’on leur donne en les responsabilisant est un moteur d’estime de soi. C’est pourquoi ces ateliers demandent une préparation aussi rigoureuse que ceux qui bénéficient de la présence adulte car il s’agit de mettre en place des situations suffisamment construites pour que l’autonomie des élèves soit possible.

 L’enseignant peut aussi développer le tutorat, c'est important de faire valoir et de reconnaitre que chacun peut apporter ou partager , il doit aussi travailler la concentration et la persévérance ( exemples : travail de la concentration , jeu de mémory , travail de la persévérance, course d’endurance en EPS).

Je n’ai pas cité l’importance de l’organisation matérielle mais dans le débat , des idées ont été données qui montrent qu’en veillant à des petits détails, la classe fonctionne mieux, cela relève aussi de la préparation.

 

Ainsi, nous avons mesuré l’importance de revoir notre regard sur notre place dans la classe, ce n’est pas tant notre présence qui est déterminante, mais c’est principalement tout ce que nous avons mis en place, tout ce sur quoi nous avons réfléchi, tout ce que nous  avons pris le temps d’observer ( or dans une omniprésence , nous ne voyons que peu de choses) qui influenceront nos élèves à plus d’autonomie.

 

Ma pratique m’a appris qu’on peut tout à fait laisser toute sa classe et se mettre en retrait pour observer quelques temps , ( j’en parle dans cet article), contrairement à ce qu’on imagine ( élèves qui font n’importe quoi) il est très intéressant de constater qu’ils se créent de nouveaux cadres eux-mêmes et qu’ils se répartissent des rôles, qu’au fur et à mesure des séances, ils acquièrent de l’assurance dans leur « liberté » et qu’ils mettent en pratique bon nombre d’activités, discussions ou compétences vues avec l’enseignant. Au début de cette expérience ( que j’avais décidé suite au besoin de mieux comprendre mes élèves), j’avais des scrupules, j’étais là , j’écrivais mais je n’agissais pas avec eux, la représentation de mon rôle était bousculée, j’ai malgré tout persévérer car je tirais tellement d’enseignements de mes observations que cela s’avérait indispensable à ma pratique.

 

Je crois qu’il faut oser tenter des choses quand on se sent en insatisfaction, rien n’est plus terrible pour ses élèves et pour soi que de figer cet état.

 


Publié dans la salle des maîtres

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neefs virginie 21/09/2012 20:27


Bonsoir Isa,


un tout grand merci d'avoir répondu à mon message si rapidemment,j'ai pu ajouter à ma liste des livres ceux de la prochaine période et je pense pouvoir en commander plus tard éventuellement, me
voilà prête pour de nouvelles aventures et projets!! j'enverrai les photos de mes activités ou projets sur l'automne prochainement...bon we et merci pour toutes tes recherches si riches