la journée de Sylvie le 5 Octobre 2012

Publié le par isa

salle des maitres

Voilà Hugo : petit garçon aux beaux yeux bleus, qui a pleuré au début de l'année mais qui prend plaisir à l'école, participe aux activités sans problème MAIS en grand groupe, regroupement,émet des bruits: genre heurk (difficile à retranscrire), heuuuu, ou postillionne genre (prout)....Je ne me SOUVIENS PAS SI JE LUI AI DEMANDE POURQUOI IL FAISAIT CELA. En tout cas, je lui ai expliqué qu'il dérangeait la classe, demandé c'était possible de faire cela, il n'a pas répondu je crois ( à redemander je pense au lieu de réagir tout de suite), en tout cas comme il a recommencé, j'ai pris la classe à témoin, est ce que l'on a le droit faire cela, des bruits..? Cela ne l'a pas calmé, au contraire, il repart au quart de tour....un peu comme de la provocation que je pense tournée vers moi car à la cantine, pas de problème m'a dit Dominique. Bien sûr, je lui ai dit qu'il ne pouvait pas rester avec nous à déranger la classe,avant j'ai essayé de lui dire que ce sont les BB qui font cela, lui est grand... rien n'y a fait, donc je lui ai dit d'aller s'asseoir sur la petite chaise qui fait grandir, il ne voulait pas, j'ai joint le geste à la parole (erreur? En tout cas, moi je n'aime pas)et il ne voulait pas rester, il continuait de plus belle, j'ai donc dit qu'il allait aller avec Dominique dans le sas pendant qu'elle s'occupait de la cantine....Il s'est calmé ...mais tous les jours il y a rebelote... un peu comme un jeu, il sait que ça fait craquer sa maîtresse et il appuie sur le bouton, je me sens un peu OBJET (bon, j'exagère un peu mais je sais bien ce que ce genre de jeu se met en place avec nos propres enfants...) 

Qu'est ce que je fais pour entraîner ces comportements?????

Sylvie

Publié dans la salle des maîtres

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Isa B 10/10/2012 22:59


Je ne vois ta question que maintenant mais je réponds parce que ton "problème" me parle.


J'ai le même genre de petit élève, qui en regroupement (mais pas que à ce moment là) va commencer à claquer de la langue, faire le "lion" en crachant un peu et en mettant ses mains en griffes (je
ne sais pas si c'est très clair), tape des pieds et continue après que j'ai fait taper les pieds à tout le monde, va se coucher sous les bancs... Et tout ça en me regardant bien clairement!!


La plupart du temps, je lui rappelle la règle, lui fait verbaliser, quand il se cache sous les bancs, je lui dit que je l'ignore (ça il n'aime pas et au bout d'un long moment il finit par se
rasseoir).


Mais j'avoue que c'est fatiguant, ça entraine les autres et je me sens comme toi un peu désemparée...


 

isa 11/10/2012 11:35



Isa, oui c'est décourageant de voir que les efforts pour tenter de lui faire reprendre un autre comportement se soldent par un échec ( il recommence régulièrement), il est nécessaire de
ne pas  ressentir cet enfant comme un adversaire, c'est dans ce positionnement qu'est la clé. Nous avons tendance dans ces confrontations à prêter de mauvaises intentions à ces enfants qui
nous dérangent ( il veut m'embêter ....), regarde le comme un enfant qui demande de l'aide, sois plus en empathie avec lui , essaie de ressentir ce qu'il peut ressentir pour agir ainsi, observe
le en dehors de ces moments désagréables, prends du temps chez toi pour analyser ce que tu ressens envers lui et reconnaître qu'il a un comportement qui t'agace, que par moment, tu aimerais ne
plus l'avoir dans ta classe mais que ce n'est pas la solution parce que des enfants qui nous défient, il y en aura toujours dans les classes. C'est pourquoi il est nécessaire de construire une
attitude éducative et non de rejet. Accepter aussi que cela soit difficile, que tu as choisi un métier difficile et qu'il te met à l'épreuve de toi-même. Sache que ce petit va se calmer
progressivement, il y aura des moments pires et des moments acceptables, puis si tu trouves le lien qui vous relie tous les deux alors il y aura aussi des moments chaleureux, c'est cette
recherche là qu'il faut entreprendre et non pas te dire "bon allez je l'ai jusqu'en Juin et il va falloir que je le supporte" , cette attitude là génèrera un véritable obstacle à son changement
d'attitude, parce que cela veut dire que tu renonces à l'aider. Et aucun enfant ne mérite qu'on oublie de l'aider.....



sylvie 06/10/2012 14:20





Effectivement, quand j’analyse  la situation à l’aide de vos commentaires-conseils,
je me rends vraiment compte que  Hugo est en fait très angoissé mais qu’il apprécie l’école, les activités. Il me sollicite, questionne tous les jours
(matin et aprèm ) pour me demander si je suis de service de récré ( c’est sa première phrase en se levant après la sieste : « Sylvie, t’es de service ? »). Hugo parle très,
très bien et je pense  que le grand groupe l’angoisse et comme vous dîtes, il doit se sentir un peu perdu dans ce grand groupe. Certains matins, comme
pour d’autres, en m’apercevant qu’une petite angoisse montait en quittant sa nounou, j’ai emmené Hugo voir le calendrier de la semaine pour voir l’activité de sport représentée par un dessin (à
côté du jour) et cela l’a calmé immédiatement. C’est donc qu’Hugo a besoin que l’on s’adresse  davantage à lui, que je lui montre que j’ai vu qu’il
est là. Isabelle me conseillait aussi peut-être de lui demander  si il avait qq chose à nous dire afin de lui montrer qu’il avait bien sa place avec
nous. En tout cas, je vous remercie de cette précieuse écoute qui aident à chercher. Hugo procède de la même façon dans le rang pour se déplacer de tps en tps : je vais donc tenter de le
mettre devant juste derrière moi. Je vous raconterai !


Ce qui m’ennuie, c’est que j’ai parlé au papa d’Hugo vendredi midi (d’habitude je vois la nourrice) et je lui ai parlé posément
du comportement d’Hugo (car je me sentais un peu déroutée…), lui disant qu’il montrait parfois de l’hostilité envers moi et envers ses camarades et lui décrivant  son attitude. Il m’a répondu qu’il était étonné, qu’à la maison il n’avait pas ce comportement, il s’est dit surpris. Je lui ai dit que j’avais du mal à cerner
son attitude, à savoir pourquoi et ai re-parlé des règles de la classe à ce moment- là à Hugo en m’appuyant sur le cahier dans lequel elles étaient  présentées.


Et bien entendu, aujourd’hui je m’aperçois que j’étais bien à côté de la plaque et il est toujours plus facile d’être offensif
et de trouver une explication  bidon quand on est « déroutée »,c’est une petite leçon pour moi….j’espère m’en souvenir :  au lieu d’angoisser un papa, une maman ,un peu « accuser » l’enft de mal réagir…(c’est si facile !, mieux vaut chercher, réfléchir et ne pas
partir au quart de tours ! ). Ah !Ce besoin d’avoir une réponse pour tout, tout de suite ! Cela ne ferait- il pas partie de cet inconscient  désir de tout puissance de l’Enseignant ?

isa 06/10/2012 14:46



Tu avances bien Sylvie et cet espace de parole permet de mettre la bonne distance, je me permets d'ajouter ici le mail que je t'ai envoyé suite à ta demande, je constate que je rejoins
les copines ( bien entendu complètement OK avec Silvia sur la formulation de la règle et la valorisation de la réponse ) dans l'analyse de ce comportement, un petit garçon qui cherche à se faire
entendre pour ne pas se sentir en fusion totale dans le groupe ( entre parenthèse, le travail sur Kusama devrait tout à fait lui convenir, le programme sort demain !!!). Avant de coller mon mail,
je voulais aussi te dire Sylvie que tu portes un regard sévère sur toi-même, ce que tu as dit au papa est légitime, c'est important de partager ses difficultés et de chercher à comprendre tel ou
tel comportement, les parents ont aussi un levier d'action vis à vis de leur enfant. Autant tu n'as pas à en parler à la nourrice, autant avec les parents tu peux à un moment donné évoquer cette
difficulté, alors tu as fait une interprétation en disant le mot "hostilité", tu lui as prêté des intentions , avec les parents mieux vaut s'en tenir aux faits, ne pas en tirer des conclusions,
tu racontes ce qu'il fait: le bruit, le refus d'arrêter, le refus de la sanction, mais c'est tout, tu ne dis pas qu'il est hostile, encore une fois ce qui compte ce n'est pas ce qu'il est (
puisque c'est forcément comme tous les enfants un petit garçon aimable dans le sens aimé), mais ce qu'il fait. 


voici donc la réponse envoyée hier:


Ton petit Hugo te dit quelque chose, tu n'as pas encore la réactivité parce que tu es dominée ( et cela commence à changer) par ta propre remise en question, dés qu'un enfant semble vouloir
échapper à ton cadre, tu réagis en te disant que tu es "mauvaise", cela pollue tes pensées et en conséquence, tu n'agis pas dans la spontanéité. Mais en regroupement, un enfant qui cherche à
provoquer dit :" Regardez moi, votre intérêt m'est important, je suis perdu dans une masse d'enfants, j'ai peur de m'y perdre", il a donc la volonté d'attirer l'attention quitte à gêner et à
risquer d'être sanctionné. Il a alors besoin que l'adulte reformule: "  Hugo a quelque chose à nous dire, viens à côté de moi Hugo, viens dire ce que tu as à nous dire, nous sommes trés
curieux de savoir ", c'est une manière de faire qui souvent stoppe les démonstrations vocales, ou bien " ah Hugo a trouvé une drôle de manière de parler, essayons de faire comme lui " et tu te
mets à faire ses heurks, et autres onomatopées. En général, moi j'exagérais bien le bruit, le faisant monter de plus en plus fort et de plus en plus longtemps, ce qui avait l'art de les scotcher
y compris le bruiteur, qui n'y revenait pas, je faisais la même chose avec ceux qui tapent des pieds pour gêner, je les faisais taper des pieds longtemps, longtemps  ( toute la classe
bien-sûr)et ensuite la tension retombait, et ce n'est pas pour autant qu'ils recommençaient le lendemain. Cette manière d'agir permet à la fois de mettre en avant cet enfant qui pour le moment a
besoin de ça quand il est dans le groupe, et aussi de valoriser ce qu'il fait en disant qu'il est créatif, qu'il inspire les autres et du coup, il se sent exister, c'est ce qu'il veut. Quand tu
dis que tu ne lui as pas demandé pourquoi il faisait ça, je pense qu'il aurait bien été incapable de te répondre, il est dominé par un besoin d'exister et n'arrive pas à contrôler cela. Il faut
que tu réussisses à te dire que ce n'est pas toi , pour ce que tu es qu'il rejette, mais plutôt qu'il te met à l'épreuve de le comprendre et c'est ce que tu fais qui va changer son comportement,
lorsqu'il aura l'assurance d'exister dans ce groupe. Tu peux par exemple au moment du regroupement , lui parler devant les autres du genre: " ouah Hugo tes chaussettes elles sont super, ou bien
Hugo tu es sûr de vouloir t'asseoir à côté d'un tel ou encore Hugo tu sais ce qu'on va faire ou encore, Hugo tu veux bien me rendre un service ? " Bref afin de désamorcer son comportement gênant
,tu anticipes les prochaines fois.


voilà rapidement un premier jet de réflexion.



vivi 06/10/2012 11:46


Quand un enfant commence les bruitages, cela entraîne souvent les autres... J'utilise alors un Cd que je te recommande "J'ai 3 ans, j'écoute et je chante". on y trouve la chanson de M. CHUT qui
permet aux enfants de claquer la langues, taper des mains et des pieds pour finir en silence..." ça canalise leur énergie et recentre tout le monde dans la même direction. Solution
temporaire...mais déstressante.

Silvia 06/10/2012 11:04


Un conseil que m'avais donné Isa et qui asouvent marché c'est de demander à l'enfant de donner la règle en grand groupe. Ainsi tu pourrais lui en parler à l'accueil (pourquoi pas avec ses
parents), "aujourd'hui c'est toi qui va nous rappeler la règle, je suis sûre que tu vas réussir, tu es d'accord?" ("quand on est sur les bancs on est calme") ".


Parle t'il? Sinon tu lui proposes de l'aider c'est toi qui verbalise le rappel de la règle mais il est quand même sur la place centrale (sur ta chaise) et c'est lui qui aquiesce.


  Ensuite tous les élèves peuvent même applaudir pour le féliciter d'avoir fait ce rappel et d'avoir pris cet engagement.


Est ce qu'il maîtrise le français? ça me fait penser à un enfant qui cherche à attirer l'attention autrement que par le langage, donc si c'est le cas je pense que ses progrès lui premettront de
s'exprimer avec les mots. Ce qu'il faut éviter à mon avis face à ce type d'attitude c'est l'énervement car sinon ça risque d'être la surenchère. Donc je suis d'accord avec les collègues si ça ne
marche pas plutôt lui trouver une place plus contenante, à côté de toi par exemple.Et puis dis-toi bien que tu n'es pas responsable du tout, on est tous-tes confrontés à de telles situations.


 

Emilie44 06/10/2012 10:16


C'est peut-être une manifestation de son stress, un peu comme un tic nerveux incontrôlable? Ca me fait penser à ces élèves qui sourient quand tu les grondes,
simplement parce qu'ils ne savent pas comment marquer leur gêne et leur stress.


 


Moi je pense que tu devrais essayer de le rassurer au lieu de l'attaquer frontalement. Par exemple, continuer ce que tu es en train de dire aux autres, tout en te
levant tranquillement, le prenant par la main et l'installant à côté de toi avec ta main sur l'épaule ou carrément assis sur tes genoux. J'ai fait ça l'année dernière avec un élève qui était très
très très agité et violent, ça a fini par porter ses fruits. Il avait besoin d'un contact rassurant et d'une autorité calme (pas toujours évident face à des élèves très difficiles de garder son
calme!!!).

maud 06/10/2012 10:13


la fille d'une copine (5 ans et demi à l'époque) s'est mise à claquer la langue comme cela du jour au lendemain.


Cette grande petite fille s'est faite grondée par la maitresse devant sa maman à 16h30, le soir au lit elle a dit à sa maman "tu sais je ne fais pas exprès c'est plus fort que moi". sa maman
lui a répondu qu'elle le savait, que ce n'était pas grave que cela allait passait.


En fait cette grande petite fille était très stressée, elle était en plein démménagement, elle n'arrivait pas à être ce que la maîtresse voulait qu'elle soit (enfin ce qu'elle pensait que la
maîtresse voulait qu'elle soit:parfaite).


Tout cela non pas pour te culpabiliser, je sais au combien ces petits bruits sont insupportables et font perdre les pédales, mais plutôt pour essayer de voire si cet enfant n'est pas engoissé, de
voire avec lui ce qui lui fait peur, de le lui demander calmement, de peut-être lui permettre un temps plus de souplesse lors des regroupements (pour certains ces moments sont des tortures et je
pese mes mots).


 


Non??