la peinture en classe

Publié le par isa

 

 peinture.JPG

 

 

Sur ce blog , je développe une démarche en arts plastiques qui s’inspire exclusivement d’artistes.

J’ai déjà écrit dans certaines des préparations qu’il était aussi important de laisser les élèves explorer, faire, inventer à leur convenance et que la peinture « libre » est aussi importante à mes yeux que la peinture en inspiration d’artistes ainsi que le dessin « libre » ( voir période 2 2011-2012).

Notre période 2 consacrée au domaine Percevoir, sentir, imaginer, créer est propice à rappeler cette conviction.

La peinture en libre accès devrait pouvoir être progressivement envisagée dans une classe de petite section. Pour l’avoir expérimentée durant toute ma carrière en maternelle, cette activité répond à un besoin ( organique) des élèves et toutes les préparations proposées dans ce blog ne laissent pas suffisamment apparaitre l’importance de la place à lui accorder. Je l’ai fait dans les deux premières années du blog et par souci de vous laisser libres d’organiser vos ateliers dits autonomes mais aussi par gain de temps pour moi, j’ai négligé de rappeler que cette activité devait être proposée le plus souvent possible.

Les arguments avancés qui vont à l’encontre d’une telle organisation sont l’âge des élèves, le souci de propreté, la préparation matérielle, le manque d’autonomie, le désir de faire une « belle peinture » ( selon les critères des adultes)….. Je les balaie tous d’un grand revers de main et j’assure à tous ceux qui les utilisent qu’ils se trompent complètement, qu’ils passent à côté d’une activité extrêmement importante pour leurs élèves, qu’ils ne connaissent pas combien cette activité autonome aident leurs élèves dans leurs apprentissages « dirigés », qu’ils négligent une phase importante de leur travail c'est-à-dire celle du réinvestissement, effectivement tout le travail autour des artistes nourrit leur imaginaire et leur technique, il est donc incontournable d’observer comment ils se réapproprient tout ce qu’ils ont acquis. Il est nécessaire pour eux d’être soumis à leur imaginaire, qu’ils osent se lancer dans le simple plaisir de créer, de recommencer encore et encore autant de fois qu’ils veulent le même barbouillage et qu’ils puissent le reprendre si telle est leur volonté, de ne pas se conformer au désir des adultes parce qu’aucune consigne n’est donnée et qu’aucun jugement ne vient sous-entendre une attente , qu’ils aient toute la liberté pour que la trace émane de leur être sans aucune autre contrainte. L’attitude qui découle de cette démarche est créatrice, elle prépare donc la personne à la positivité, cette qualité offre aux élèves la possibilité de chercher en eux les ressources qui vont les aider à répondre à leur curiosité de la vie et à leur manière de l’affronter. C’est donc éminemment important de leur offrir cet espace de création.

Concernant les contraintes matérielles ( tout comme les ateliers autonomes dont nous faisons l’écho depuis Muriel) il s’agit d’établir des règles claires de fonctionnement, de responsabiliser les élèves, de chercher tous les moyens pratiques pour faciliter leur autonomie, de leur faire confiance, de ne pas « attendre » un résultat , ce n’est pas ça qui compte mais plutôt tout ce qui se passe chez l’élève dans ce type d’activité. Alors bien entendu, il n’est pas question d’évaluation, mais par contre il est question d’observation ( il faut de temps en temps s’en donner le temps), certains vont recouvrir une production qui semblait aboutie ( encore les critères des adultes !), il est intéressant de l’observer mais il ne sera pas question de l’ empêcher puisqu’il y aurait alors jugement de valeur, donc attente et pour que les élèves se révèlent complètement dans leur création il est nécessaire qu’ils n’aient plus ces injonctions scolaires.

Alors que  dire encore  pour  convaincre de s' y lancer  ceux qui craignent de ne pas maîtriser un tel atelier, d’abord et avant tout que vous passez à côté de moments fabuleux, les petits sont tout à fait capables de mettre leur blouse en s’entraidant, qu’ils sont tout à fait capables de prendre et déplacer leurs pots de peinture, qu’ils sont tout à fait capables de changer de feuille si l’organisation a été pensée, qu’ils sont tout à fait capables de rester très longtemps sur leur peinture en silence, c’est la deuxième activité avec l’atelier eau qui permet un véritable apaisement. J’avais parfois jusqu’à 7 petits qui peignaient en même temps sans que je ne m’en occupe ni mon atsem et l’atelier tournait sans difficulté, il y avait un tel plaisir , une telle concentration, un tel sérieux parfois que j’avais le sentiment de vivre de grands moments d’école, ensuite notre objectif vise l’autonomie de nos élèves , autonomie dans leurs apprentissages, autonomie dans leur choix, autonomie dans l’expression de ce qu’ils sont, si nous ne les confrontons pas à ces moments de « liberté » comment pourront-ils construire celle-ci ?

Comme pour la réflexion autour du jeu ( que nous avons eue à la précédente période), il est important d'offrir un équilibre entre activités dirigées et libres.

Exprimez vos craintes, vos réticences, ou bien votre expérience , mais parlons-en, c’est le moment !

 

Publié dans percevoir 2013

Commenter cet article

Isaaroulettes 08/11/2015 17:06

Moi aussi, je me suis lancée dans la peinture libre après avoir lu ton article. Les MS/GS adorent !! Ma modeste contribution : voici une idée pour ne pas gaspiller de peinture. J'ai préparé la gouache à la bonne consistance dans un pot de yaourt en plastique. J'ai percé le couvercle et les enfants peuvent se servir seuls avec une pipette qu'ils mettent sur leur palette. Ainsi, les pots ne se renversent pas, et peu de peinture est prise à chaque fois.

isa 08/11/2015 22:00

Bonne idée, merci pour l'astuce

Alison 06/09/2015 12:48

Bonjour,
Je suis PES, et je trouve cette idée de peinture très intéressante.
Cependant je ne vois pas bien comment présenter l'atelier aux enfants.
Quelle consigne leur donner ?

Merci par avance.

isa 06/09/2015 14:03

Il suffit de définir le cadre et de dire aux enfants qu'ils peuvent peindre comme ils veulent, aussi longtemps qu'ils le souhaitent et qu'ils s'arrêtent quand ils pensent qu'ils ont fini. Les élèves éprouvent un grand plaisir dans ces moments SANS consigne. Pour autant des apprentissages s'y passent, notamment en terme d'autonomie.

olivia 08/09/2013 15:40


Bonjour,


Isa tu parles dans les commentaires des préparations de Lorelei en arts visuels. Je cherche sur le bog mais je n'arrive pas à trouver...Quelqu'un pourrait-il me donner des infos .


Ton bolg est vraiment super, une mine d'info. Bravo pour tout ce travail.


Peinture libre dès demain dans ma classe pour le plus grand bonheur des "petits".

isa 08/09/2013 15:57



Tu as lu trop vite OLivia, je répondais à Lorelei en lui disant de bien lire les préparations dans lesquelles j'indique comment aborder les oeuvres des artistes, ce sont quasiment toutes
les préparations puisque les artistes sont présents toute l'année, tu as la liste de tous ces artistes dans un module à droite ( artistes vus) quand tu es sur une page d'article non pas sur la
page d'accueil.



Valérie 93 03/09/2013 21:30


Un vrai plaisir de lire cet article en ce 1er jour de rentrée...il y a toujours un trésor à trouver sur ton blog Isa... vive la peinture libre que j'ai eu la chance de vivre pettie chez mon
parrain en atelier d epeinture...la magie de l'odeur de la peinture et des grands feuilles blanches à barbouiller m'ont toujours remplie d e joie....alors offrons-leur ces moments de création oui
 et re-oui!!!


Sinon ma rentrée s'est bien passée malgré 1h30 de pleurs sur 1h30 de présence pour 1 petit ( sur 6 élèves ) et 1 autre heure de pleurs pour un autre cet après-midi... je me sens pleine de
confiance et de patience pour ces petits et comme tu le dis prête à dialoguer encore plus avec ces familles-là ..la rentrée étant échelonnée je prends tout mon temps pour les accueillir et leur
présenter la vie de la classe et Souricette ...


Mes poissons rouges et les instruments de musique en libre accès ont remporté un franc succès...je pense qu'il y aura encore beaucoup de pleurs mais je me sens zen alors çà c'est super pour la
suite!!!!;)

isa 03/09/2013 21:56



oui les pleurs font partie de la rentrée, il faut d'abord les accepter comme tu le fais et ensuite ça passe, pauvres petits bouts qui pleurent si longtemps, ils sont épuisés dés la
première journée de classe ! Ils vont vite trouver que la peinture c'est génial et ça ils ne le font pas à la maison ! ( ou rarement)



david 14/11/2012 15:52


A la paternelle chez les petits, c'est à l'heure des levers que la peinture est en accès libre. Je me rapelle quand je suis arrivé dans cette école avant que ce soit une vraie paternelle, ma
collègue m'avait pris pour un fou quand je lui avais dit que je laissais les piou-pious se débrouiller tout seuls à la peinture ! Puis elle a changé d'avis quand elle vu qu'il ne se passait
aucune catastrophe (du moment que l'on accepte en effet que le truc sympa fait au début se transforme en une couche uniforme d'une couleur peu engageante !)... et puis petit à petit certains
réinvestissent ce qu'on a fait, d'autres copient, et la bouillasse disparaît...


En atelier dirigé, on insiste bien sur " à chaque pot son pinceau", on leur apprend à se prêter les couleurs, et il y a toujours plus de pots que d'élèves... Après, quand ils y vont  seuls
l'après-midi, ça fonctionne bien. Le plus dur c'est enfiler le tablier... et ne pas reprendre à l'envers un tablier bien barbouillé juste avant !! Mais bon c'est les risques de leur métier ! Je
conseille aux parents dès la rentrée de trouver la lessive miracle, et surtout d'éviter les habits coûteux à l'école !


Après niveau budget peinture, avec mon collègue on n'achète quasiment que de la gouache (les trucs à paillettes, irisés, marbrés, cuivrés j'en passe et des plus stylés qui coûtent un bras, ça
nous laisse de marbre) rouge bleue jaune noir et blanc, et nos Atsem sont les reines de la fabrication des couleurs ! Donc finalement, on s'y retrouve malgré une forte consommation.


Voilà , laissez-les peindre sans consigne !!

isa 14/11/2012 16:55



ah oui , leur apprendre à se prêter les pots de peinture, c'est chouette quand ils font leurs échanges, j'adore ces moments de complicité. 


oui moi aussi c'était de la gouache ordinaire ; et pareil, je fabriquais toutes les couleurs , d'abord parce que j'ai toujours aimé ça et que j'aimais bien me lancer le défi de trouver ce
vert Monet ou ce rose Rothko , une passion ! 



SYLVIE G 14/11/2012 15:41


Je me souviens de mon premier stage  de 2 mois en maternelle quand j'étais à l'école normale: j'avais proposé comme couleurs du noir et blanc à mes élèves de petite section,
certains avient utilisé principalement le noir et c'était vraiment leur traces (normal non?), et bien la directrice, qui faisait visiter l'école à de nouveaux parts, avait exprimé une moue et un
commentaire péjoratif, genre "oh que c'est triste!" ou un commentaire de ce style, j'avais été stupéfaite mais plus tard, j'ai compris: pour la fête des mères, elle prenait la main de l'enft pour
diriger son geste pour peindre à l'encre le "joooli!!!" foulard en soie pour maman.... Bref!   

isa 14/11/2012 16:51



Ce sont aussi des personnes qui regardent l'art abstrait en disant " J'aurais pu le faire", cela s'appelle des préjugés, une sorte de pensée commune sans réflexion ni connaissances, mais
je ne critique pas parce que ces personnes peuvent changer, la curiosité vient à leur secours parfois.... Et bien évidemment la main sur le foulard, c'est le résultat qui compte, pas l'action de
l'élève, autrement dit, seule sa main est intéressante, pas son cerveau !



Sophie (pas si) sage 14/11/2012 09:48


Dans la classe, depuis le début d'année j'ai alterné tous les jours des séances de "patouillage" (découverte libre d'outils : mains, doigts, éponge, bouchons de
liège, carte, cube, coton-tige, kapla, fourchette, rouleau ...) et de peinture à consigne (en s'inspirant des peintres), toujours sur la surveillance de l'atsem qui était juste là pour aider à
enfiler le tablier, à donner la feuille (où elle écrit le prénom), à servir en peinture s'il en manquait. Je n'ai pas eu encore l'idée de laisser mes élèves se débrouiller tout seul dans cette
activité alors qu'ils le font dans les autres activités. 


Les essais réalisés par les élèves lors des séances de "patouillage" me servent pour illuster les comptines (albums de comptines). Donc, pas de gaspillage de
peinture. Pour l'instant, ils ont 1 ou 2 couleurs à dispo.


Bon là j'ai pris du retard ... mais dès que j'ai fini je compte les laisser totalement libre dès l'accueil.


Je vais accrocher 3 grandes feuilles sur mon chevalet et en laisser 2 sur la table du coin "arts visuels". Je laisserai de la peinture dans des barquettes (celles de
la cantine). Je pense que dans un premier temps je proposerai 2 couleurs dans 2 barquettes différentes. Je pense que ça sera plus facile de préveler de la peinture dans les barquettes avec les
différents outils proposés que dans des petits pots en verre. Je donnerai 2 couleurs car je souhaite qu'ils expérimentent la fabrication des couleurs secondaires.  Je laisserai des outils à
dispo dans une grande barquette (ceux déjà utiliser et sûrement d'autres) et là ils seront libres de faire ce qu'ils veulent. Même pas la consigne "on remplit la feuille". Je ne sais pas encore
si je changerai les feuilles tous les matins, tous les 2 jours ou au bout d'une semaine ... Je verrai bien comment ça va se passer et ce qu'ils vont me faire ... En tout cas pas de prénom
derrière les feuilles. J'aurai ainsi des fonds que je découperai ensuite (pleins de pois en perspective) et ils les colleront ultérieurement. Pas de gaspillage donc puisque tout cela recycler
!!!!


Oh la, la , je sens qu'ils vont encore plus s'éclater !!!!

isa 14/11/2012 11:16



et puis ensuite ( quand tu seras prête), tu les laisseras faire leur peinture individuellement et celles-ci ne serviront à rien parce qu'il y a aussi la nécessité de faire pour RIEN,
juste le plaisir sous-jacent, la liberté de faire, et c'est tellement important mais c'est aussi tellement en contradiction avec les représentations qu'on a de l'enseignement... L'acte est
souvent infériorisé par rapport au résultat, on s'attache à la production plus qu'à l'action, c'est la difficulté de se détacher des jugements de valeur à la fois pour les élèves et aussi pour
soi :"Si mes élèves font du barbouillage, ce sera mal vu !". C'est d'ailleurs pour cela que la démarche avec les artistes fonctionne aussi bien chez les enseignants, à la fois les enfants peuvent
enfin barbouiller ( ce qui est , je le répète, un besoin organique) sous couvert d'une référence artistique, du coup, le regard sur le barbouillage change et il prend une autre dimension. Reste
que le barbouillage libre dérange encore, il a un côté "gaspillage" qui freine parce qu'il ne correspond pas à l'idée du résultat attendu ordinairement , je comprends totalement ces réticences et
j'essaie de les expliquer.



Silvia 14/11/2012 07:15


Tes petits pots en verre c'était du style "petits pots de bébé"? Et tu ne mettais pas trop de peinture au fond c'est ça?

isa 14/11/2012 07:22



Oui c'est ça !



sylvie G 13/11/2012 23:58


Moi aussi,je vais le proposer cet atelier autonome tout comme je propose depuis le début de l'année un atelier graphisme sur plan vertical avec éléts inducteurs (bouchons, gommettes à coller) et
je me demandais justement comment le faire évoluer...Comment fais-tu Isa pour arriver là juste à l'endroit où l'on se pose la Question?? (Excuse mon français, j'écoute Frédéric Tadéi en même
temps...)

isa 14/11/2012 00:04



Et pourtant ils parlent bien ce soir et j'ai été ravie d'apprendre l'étymologie du mot gentillesse:)))



Muriel C. 13/11/2012 22:12


J'ai toujours peinture libre à l'accueil, sur plan vertical, avec plusieurs pots de peinture. On leur apprend en début d'année à ne pas mélanger les pinceaux, donc on arrive à garder le "jaune
citron".


Il y a les habitués, qui ont envie d'en faire tous les jours. Le senfants prennent beaucoup de plaisir. Quand les enfants ont appris un graphisme, j'ai remarqué que souvent ils le reproduisaient
(surtout les MS et après certains PS les imitent) : j'ai eu ainsi beaucoup de lignes verticales, sans avoir donné de consigne ...


Accès libre donc comme les coins jeux ; une bassine d'eau est prête à proximité pour le lavage des mains.


Ils sont par contre pas tous autonomes pour mettre les tabliers donc je suis souvent postée à cet endroit de la classe.


Je propose aussi de la peinture sur table à l'accueil, mais là souvent, l'activité est plus "dirigée" (exemple : avant les congés, oeuvre collective façon Marden, avec les bâtons dans les
couleurs d'automne , fonds pour le sportemanteaux, que je renouvelle par saisons : peinture aux rouleaux fantaisie, à l'éponge, etc ...).


Je fais aussi des ateliers peinture (ce matin, avec retard par rapport au blog, mais celà correspondait à ma progression "graphisme", coulures de peinture comme en période, en reprenant l'idée du
cadre noir donnée par une collègue : chouette effet.


La peinture occupe une place importante dans ma classe et ce blog me permet vraiment de diversifier ma pratique ; encore merci Isa!

isa 13/11/2012 22:29



tu le dis trés bien , les petits ont besoin de reprendre ce qu'ils ont fait en activité dirigée et tentent de refaire avec ce qu'ils ont appris, ils savourent leurs nouvelles possibilités
et parfois ( de plus en plus avec le temps )ils l'enrichissent. C'est d'ailleurs une grande satisfaction pour l'enseignant que de voir leurs progrés.



cliclaude 13/11/2012 22:08


Bonsoir,


 


Tous ces échanges sont vraiment intéressants. A mon tour j'ai envie de me lancer dans les ateliers libres de peinture.


Faut-il prévoir une position verticale sur chevalet ? Ou horizontale sur une table ?

isa 13/11/2012 22:24



C'est comme tu as l'habitude de faire avec tes élèves ! Est-ce qu'ils peignent à la verticale ou à l'horizontale ordinairement ? En général, pour les petits la position verticale est plus
pratique pour atteindre tout l'espace de leur feuille mais ce n'est pas une obligation  .



! 13/11/2012 21:39


Merci pour le lien ISA  !


Toute cette lecture est très motivante!


Je vais essayer de lancer la peinture libre au quotidien un de ces jours, c'est sur!


Depuis 2 ans, je fais une fois par semaine un grand atelier peinture en 1/2 classe (les autres sont en BCD avec ATSEM pour emprunt) au sol dans la salle de
jeu, on se met un musique et on se régale... C'est super calme et inspiré. Et je vais tenter aussi en classse entière (juste pas assez de tabliers...faut que je demande des vieilles chemises usagées aux parents...). En salle de jeux, c'est aussi plus facile à nettoyer!


Et je vais relire les préps des ateliers peinture de ce site pour lister tous ces possibles géniaux ...

isa 13/11/2012 22:15



oui c'est interessant, et fais-tu aussi des ateliers de peinture libre qui côtoient tes autres ateliers ?



Monique 13/11/2012 20:42


Pour moi, cette année, je me lance timidement dans la peinture libre: j'ai découvert au fond d'une armoire plusieursboites der peinture (celles de supermarché avec les ronds de couleur).


J'ai faitbun atelier dirigé en début d'année pour expliquer le fonctionnement et je les mets en service l'après-midi à disposition des enfants.


C'est vrai que c'est beaucoup moins riche que la vraie gouache (pas d'épaisseur, pas de possibilité de faire des traces) mais j'ai le calme assuré avec ceux qui la pratiquent !

isa 13/11/2012 20:48



comme quoi même avec du matériel de moindre qualité ils prennent du plaisir, mais attention de ne pas montrer que c'est une sous-activité en ne donnant que cela à ce moment là, il est
nécessaire de les mettre en autonomie dans les mêmes conditions qu'habituellement. Alors tu peux mixer les deux médiums.



Joëlle 13/11/2012 20:15


Tu parles de crainte et de réticences...


Pour moi, c'est le problème de la quantité de peinture utilisée (budget peinture qui explose ???).


Comment faîtes vous pour que les quantités utilisés par les petits artistes restent raisonnables et que le jaune  ne devienne pas tout marron dès la première utilisation ? Moi, ça me fend le
coeur de voir mon beau jaune pétant tranformé en vert/maron caca d'oie en une minute...


Quel récipient ? quel format ? quels pinceaux ?

isa 13/11/2012 20:35



oui ça c'est un choix difficile, je pense que l'éducation passe à des moments par du gaspillage mais celui-ci va permettre par la suite des économies. Comme le bébé que tu laisses manger
seul et qui en met partout, forcément il y a de la nourriture gâchée mais ensuite quand il sait, quelle victoire ! Avec les petits, c'est comme ça, tu ne peux éviter ça. J'étais une grande
consommatrice de peinture dans mon école à la fois parce que mes élèves en faisaient beaucoup , tous les jours et en plus j'animais des ateliers avec les GS deux après midi par semaine et durant
ces ateliers, ils apprenaient à fabriquer les mêmes couleurs que l'artiste étudié, c'est d'ailleurs passionnant de voir combien ils ont le sens des couleurs et des mélanges. Bref, je n'étais pas
dans une école riche loin de là mais je n'ai jamais été réprimandée par ma directrice, il faut dire que je donnais un petit pot et celui ci ne pouvait déborder au moment des mélanges. Concernant
ton jaune pétant, c'est beau pour toi ,mais un vert caca d'oie ce peut être joli aussi et associé à un beau rouge quel bonheur !!!! Voilà, c'est selon la considération qu'on attache à cette
activité peinture qu'on aura envie ou non de dépenser de l'argent pour elle. Acheter des cahiers ne pose pas de souci, personne ne remet ces achats en cause et pourtant parfois on les utilise
parcimonieusement, mais la peinture est pour moi indispensable parce que c'est un besoin organique et nous devons y répondre, le prendre en compte et y attacher toute l'importance qu'il mérite.
C'est lorsqu'on a enfin compris les enjeux à long terme qu'on se dit " oui il y aura du gaspillage mais cela vaut le coup" ( bien entendu, je conseille d'apprendre le respect des choses à
d'autres moments de la classe)


petit pot en verre, grande feuille ( c'est important les grands formats) , toutes les grosseurs de pinceaux mais aussi d'autres outils à disposition.



Lorelei 13/11/2012 20:09


Bonsoir, la peinture libre dans ma classe c'est, dans mon esprit, pour la première période, comme découverte de la peinture en fait. Mais tout comme nous proposons des dessins libres, il est vrai
qu'on peut le faire avec la peinture. Effectivement je vais essayer de ritualiser ça en atelier. Je m'y mets dès jeudi, on verra ce que ça donne . Par contre j'ai juste une question. Dans notre académie on nous "initerdit" de procéder en arts avec "A la manière de". Du
coup, je fais observer les oeuvres aux élèves, je leur demande de réfléchir comment l'artiste a pu faire, on essaie leurs hypothèses en individuel, puis je leur donné "le truc" et on l'essaie
à  nouveau. Mais je trouve que du coup ça restreint la démarche à une sorte de raisonnement scientifique ! Et on perd tout ce qui fait la différence entre une oeuvre d'art et un objet
artisanal par exemple. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Enfin, comment amener tout ça, par exemple pour Kusama ? Merci de vos lumières... Bonne soirée!

isa 13/11/2012 20:43



il faut que tu lises les préparations Lorelei, il y a vraiment différentes manières d'amener les oeuvres des artistes, et bien entendu , les "à la manière" ont été "bannis" parce que cela
ressemblait à de la copie, et il n'est pas question de ça, il s'agit de prendre un procédé, une technique, une démarche artistique et de faire sa propre réalisation, d'ailleurs la meilleure façon
de savoir si ta séance est réussie, c'est lorsque tu obtiens 28 productions différentes. Chacun exprime comment il s'approprie l'inspiration de l'artiste, c'est pourquoi je parle d'hommage à
...


Non la peinture libre ce n'est pas que de la découverte, c'est de l'expression de soi, c'est l'autonomie, c'est la source de créativité, c'est la liberté de choix, c'est tellement
important de faire avec sa propre volonté et de laisser sa trace . Quel dommage de ne pas penser la peinture comme l'écriture d'une dissertation ....



Valérie 13/11/2012 19:22


Parfois, je laisse à l'accueil le matériel nécessaire et ceux qui le souhaitent peuvent se lancer. Je m'aperçois que ce sont toujours les mêmes qui aimeraient peindre chaque matin, nous les
laissons faire, et d'autres qui ne vont jamais à cet atelier.Rien n'est imposé à ce moment de la journée.


Au moment des activités (ateliers) je laisse rarement la consigne "peinture libre", trop rarement peut-être...

isa 13/11/2012 20:17



La peinture est associée à des interdits chez les enfants, ne pas se salir, ne pas déborder, ne pas renverser, c'est pourquoi certains n'y vont pas spontanément, ils recherchent des
activités qui sont plus conventionnelles, plus acceptées par les adultes. C'est pourquoi il est important de les inciter à y aller en leur offrant des ateliers de peinture libre durant les
ateliers d'activité , en y prenant plaisir, ils y viendront à l'accueil aussi.



véronique 13/11/2012 18:26


Je te rejoins Isabelle. Je m'en suis rendue compte lors de la première période om mon atsem m'a suggéré la peinture libre. Je lui ai donné mon feu vert et ni elle ni moi ne nous sommes occupées
de surveiller l'atelier (par contre nous avons mis les tabliers mais j'ai tout de même une majorité de 2 ans et c'était  le début de l'année). J'ai obtenu des travaux très variés, certains
très aboutis (une élève de 2 ans a réalisé ni plus ni moins qu'un algorithme de 2 couleurs de traits verticaux sur toute une feuille). Certains se limitent à de simples traces. Par contre je ne
l'ai pas envisagé comme un temps d'observation pour moi. Et j'avoue que j'aurai très peur de trop intervenir.


Cela ne pourra peut être se faire pour moi qu'au bout de plusieurs moments de pratique où ils auront été libres sans oeil adulte pour regarder.


Merci beaucoup pour tous tes articles toujours très intéressants que je prends toujours le temps de lire mais rarement celui de commenter.


 

isa 13/11/2012 19:02



l'observation est aussi un moment de complicité et les enfants aiment qu'on s'intéresse à eux . En prenant le temps de le faire, cette attitude montre aux élèves que ce qu'ils font sans
consigne est aussi pour nous d'un grand intérêt. C'est bien entendu pas toujours facile de le faire et c'est pourquoi je précise qu'il faut y arriver de temps en temps. Quant à ton désir
d'intervention, c'est vrai que les habitudes sont fortes de guider, de faire faire comme on pense, de retenir des élans de barbouillage... sauf si tu penses que ce n'est pas le résultat qui
compte mais que les élèves ont bien plus à apprendre de ce moment d'autonomie que de tes conseils de réalisation.