la salle des maîtres: Géraldine et sa petite élève qui ne parle pas

Publié le par isa

salle des maitres

Suite à notre débat ( finalement improvisé), j’ouvre avec plaisir notre salle des maîtres.

Chacun y est accueilli, peut y venir en spectateur, en participant, s’y installe confortablement.

Cette salle est dédiée aux petits bobos de l’âme enseignante et aux trucs qui ne marchent pas.

« Entendez ce que je dis. Entendez d'autres personnes et puis faites comme vous l'entendez » pourrait en être la devise.

Chacun peut donner son opinion, sa façon de voir , la contradiction s’y exprime dans la richesse des uns et des autres mais aussi dans le respect, le but final étant d’aider la personne qui parle .

 


 

GERALDINE parle 

J'aurais déjà 1 problème à soumettre à la sagacité de mes collègues du blog

A part une infinie patience et un air de rien remarquer, que peut on faire lorsqu'un enfant refuse de parler à l'enseignante depuis le début de l'année et refuse même toute communication non verbale (yeux détournés, refus de donner 3 assiettes lors d'un atelier numération, par exemple? ) Avec beaucoup de patience, de compréhension ("tu n'as pas envie de me parler mais je sais qu'un jour tu arriveras à le faire"), elle semble plus à l'aise avec moi mais ne me parle toujours pas. J'ai surpris cette petite en conversation avec ses parents et il semble qu'elle a un niveau de langage correspondant à son âge (3 ans). J'ajoute que j'ai eu les 2 grandes sœurs qui étaient presqu'aussi timides.
J'expérimente les séances d'observation que tu proposais, notamment avec cette petite : Elle occupe très peu l'espace, utilise peu le matériel, entre peu en contact avec les autres (même en récréation).
Il me semble qu'elle est un peu plus à l'aise avec les autres, avec moi et dans la classe aussi, depuis la rentrée de janvier. Ma question est: Suis-je sur la bonne voie, est-ce que mon comportement avec elle est adapté? Dois je poursuivre dans cette voie (afin de préparer le terrain pour la moyenne section ! ) Que pourrais-je tenter d'autres? Je précise que le psy scolaire, par ailleurs, très compétent selon moi, m'a suggéré de lui refuser toute participation aux activités tant qu'elle ne voulait pas parler. Je trouve la méthode un peu rude et en totale contradiction avec ce que j'ai essayé de faire. Je pensais faire un point avec la maman et cette petite et évoquer devant elles "cette option" , afin de voir sa réaction, mais je doute de l'efficacité de la démarche et de la méthode. Bref, je suis un peu perdue, au secours les collègues ! Avez vous déjà résolu ce genre de problèmes et de quelles manières?


 

Publié dans la salle des maîtres

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géraldine 16/03/2011 18:18



Quelques nouvelles de ma petite élève qui ne me parle pas. Elle m'a dit : "je veux faire un dessin", la semaine dernière . Elle l'a dit tellement doucement
que je l'ai lu sur ses lèvres, mais bon, nous étions drôlement contentes, mon ATSEM et moi. Le problème c'est que depuis ce jour (coïncidence ?), elle pleure énormément quand sa maman la dépose à
l'école. Toutefois, elle se calme de plus en plus vite au fil des jours. L'avantage c'est qu'on l'entend pour de vrai  appeler sa maman ou réclamer son doudou qui est tombé de son lit. Elle
a même confié à Fifine (mon atsem) qu'elle pensait que sa maman ne reviendrait pas la chercher.


Est ce que cela la bouleverse à ce point de nous parler ( "je suis partagée entre ma maman et l'instit? Est ce que je peux lui faire confiance comme pour ma
maman?) ou est ce qu'il s'est passé autre chose ? j'en ai parlé à la maman qui m'a affirmé qu'il ne s'était rien passé de particulier.


Bref, on progresse et c'est formidable même si cela se fait de manière


bouleversante pour elle et si je cherche toujours à comprendre ce qui se passe dans sa tête .


Merci à toutes pour vos encouragements, vos conseils et votre soutien.



isa 16/03/2011 20:08



chaque étape est une transformation, elle le sent et elle manifeste sûrement son inquiétude face à son propre changement. On voit par exemple les petits moins bien dormir dans la période
d'acquisition de la marche ou se montrer plus difficiles. Ce qui est important dans tes observations, c'est qu'il y ait progrés .



géraldine 05/02/2011 08:51



Bonjour, un petit commentaire pour vous donner des nouvelles de ma petite mutique. Elle me sourit franchement maintenant. Je continue à la
solliciter. J'ai rendez vous avec la maman lundi 14, mais hier la maman m'a rapporté que sa fille lui avait dit qu'elle m'avait parlé. Elle ne l'avait pas fait bien sûr mais a répondu à mes
questions par des hochements de tête et des haussements d'épaules: Peut être que pour elle c'était la même chose? ou peut être qu'elle voulait satisfaire sa maman qui lui fait dire tous les jours
qu'elle me parlera.On avance ! J'ai aussi saisi l'occasion de parler avec sa grande sœur de 10 ans que j'ai eue en classe, dans l'espoir que la petite comprenne que "je ne mangeais" personne et
que même sa grande sœur, pourtant ultra timide parlait avec moi aujourd'hui, comme elle le faisait il y a 5 ans ! Je pense qu'en plus de sa timidité et de son manque de confiance en
elle, les parents se focalisent sur l'idée qu'à l'école on doit être sage ! (merci Valérie 93) Mais je vérifierai cette hypothèse auprès de la maman. Autre chose à vérifier: La maman lui met la
pression pour qu'elle me parle et si elle n'est pas encore prête, ça risque "d'aggraver" la situation, il faut donc que je lui en parle aussi.


Voilà, je suis rassurée par tous ces signes positifs et par le soutien et les bonnes idées du blog. Alors encore merci! Je voulais préciser
aussi que nous proposons des rendez-vous individuels aux parents après la remise des livrets d'évaluations, et que j'utilise l'article "mener un entretien avec les parents" qu'Isa a posté il
y a longtemps déjà. Je pourrai ainsi me préparer correctement. Je dois dire que j'ai plus d'inscrits cette année car j'ai insisté sur l'importance de ces rendez-vous tout en laissant le choix aux
parents d'en prendre un ou pas. Si ça intéresse quelqu'un, j'ai le doc sur mon ordi. Bon weekend à toutes et à tous



Claudine 04/02/2011 18:38



Bonsoir,


pour poursuivre la discussion, je m'interroge sur un petit de ma classe qui parle mais ne se fait pas du tout comprendre : rouge  = tou, maitresse = mai, il a des parents qui ne parlent pas
une autre langue à la maison. il parle peu, ne fait aucune phrase,et ne semble pas progresser pour l'instant. J'avais l'habitude de conseiller un test chez une orthophoniste seulement en fin de
petite section, pour démarrer un travail , si besoin est, en MS.Mais je me pose maintenent la question : dois-je conseiller aux parents un test dès maintenant, si la difficulté semble ne pas
évoluer.Merci pour vos réflexions, à bientôt.



isa 04/02/2011 20:46



personnellement, j'ai toujours été favorable à laisser le temps aux enfants sauf en cas de grandes difficultés qui seraient générales, mais celles-ci sont tellement évidentes qu'il n'y a
malheureusement aucun doute. Si tu te poses des questions,c'est que ce petit n'a que ce souci là ?



Sandrine C 02/02/2011 19:18



Bonsoir,


Dans ma classe j'ai une élève de PS qui ne parle pas (pour être plus précise, elle prononce clairement 4 mots aujourd'hui: maman, non, papa, oui; je les écris dans l'ordre chronologique de leur
formulation) mais elle est TRES expressive!  ah ah haha hm hm hm ... Elle participe énormément, elle "chante", communique avec ses camarades, avec moi et les autres adultes de l'école sans
aucun problème , avec son corps elle mime des situations parfois compliquées. Elle a même beaucoup d'humour!


Bien sûr, les parents sont inquiets. J'ai du mal à comprendre le malaise, si malaise il y a (?). Tout le monde essaie de l'aider à articuler (quand l'occasion se présente: merci, là) et parfois,
pour montrer qu'elle n'est pas de mauvaise volonté, elle nous répond avec ses 4 mots. Elle a vu un pédopsychiatre qui n'a rien avancé de concret...


Nous sommes tous un peu déconcertés, mais ce qui me rassure, c'est qu'elle semble épanouie. Alors il faut laisser le temps au temps (comme dans "Poulette Crevette", livre que ma petite élève a
adoré!), mais je ressens l'angoisse des parents qui comptaient sur l'école pour la faire évoluer rapidement.



isa 03/02/2011 14:13



oui c'est un autre cas, c'est étonnant que le pédopsychiatre n'ait pas cherché à faire des examens pour détecter une aphasie, parce que quand il y a cette volonté de communiquer qui se
heurte à une impossibilité de le faire, on peut soupçonner ce genre de problème. Il me semble me rappeler que c'est à l'hôpital de Garches qu'il y a un service spécialisé dans la
détection.



Mireille 02/02/2011 18:30



Je connais cette situation là et je la rencontre presque chaque année. Pour moi si un enfant parle chez lui et qu'à l'école il n'est pas prêt pour cela, il ne faut par forcer mais stimuler. C'est
parfois difficile à accepter quand on est fatigué ...mais je crois que le temps est notre meilleur allié. Par contre souvent c'est à nous de diagnostiquer face à ce refus de parler s'il s'agit
d'une "simple" appréhension" ou d'un retard scolaire....Chez nous le RASED n'intervient qu'en grande section donc on installe le dialogue avec la famille pour déméler les fils....En fait chaque
situation est unique et on en parlerait des heures, bonne continuation



isa 03/02/2011 14:05



chant absolument magnifique sur ton blog, bravo ! tu chantes parmi toutes ces femmes ?



monique 01/02/2011 21:50



bonsoir Géraldine,


Après plusieurs années en petite section, j'ai eu moi aussi, au moins une fois par an, un enfant qui ne parlait pas et cela me stressait beaucoup.


Puis je suis arrivée dans une école dans laquelle les maitresses de PS faisaient des décloisonnement en GS en début d'après midi. C'était très agréable pour moi car ainsi, je retrouvais mes
élèves 2 ans plus tard. Et bien aucun je dis bien aucun élève qui ne parlait pas du tout en PS ne parlait pas no plus en GS. C'était même souvent ce que dit une autre enseignante, obligée de
demander de se taire à un enfnat dont tu n'avais jamais entendu la voix 2 ans plus tôt, c'était un comble.


Cette expérience a été salutaire pour moi: je ne me stresse plus.J'en ai tirer une grande conclusion philosophique:


certains enfants ont besoin de beaucoup plus de temps que les autres avant d'oser s'exprimer à l'école point barre.


Par contre, il est vrai que je sonde quand même systématiquement les parents pour savoir si l'enfant parle à la maison et je lui adresse systématiquement la parole comme aux autres. j'essaie
aussi de rentrer en contact dans des moments privilégiés: habillage avant ou après la sieste, le manteau les chaussures, et aussi au coin peinture car j'ai remarqué que c'était un atelier dans
lequel les enfants pris dans leur recherche et leurs essias oublient plus facilement leur rôle d'élève.


 


Voila pour ma petite expérience à moi, elle vaut ce qu'elle vaut...


 



isa 01/02/2011 23:18



et elle vaut !!!!



Prépalipopette 01/02/2011 21:32



Bonsoir


Ce que tu nous décris me fait penser à une petite fille de ma classe en début d'année. Très timide, elle ne prenait jamais la parole et passer son temps à me suivre dans mes moindres
déplacements. J'ai naïvement pensé qu'elle ne parlait pas encore. Une rencontre avec les parents m'a aidé à corriger mes premières impressions. C'est en fait une vraie pipelette, mais à la
maison. Une fois son secret dévoilé, mon attitude a changé. Je l'ai donc souvent sollicité en amenant des dialogues avec elle mais en relation duelle pour respecter sa timidité. Et un jour, je
suis passée à un niveau au-dessus (certainement frustrée par le fait que cette situtation n'évoluait pas). De manière plus ferme mais sans agression ni violence verbale, je lui ai parlé de mon
mécontentement, que je discutais souvent avec elle et que ce serait bien d'entendre le son de sa voix. Cela a été le déclic, depuis elle me parle, d'une petite voix fluette et plutôt quand le
groupe est loin. Le silence est enfin rompu. Ce qui est rigolo c'est quand elle ose prendre la parole en groupe, ses copains sont étonnés et me disent "Regarde maîtresse, elle parle". C'est le
côté magique de la petite section.


Isa, super cette tournure Salle des maîtres. Tu as trouvé la solution à ce qui te dérangeait quant au blog. Tu fourmilles d'idées.


Donne soirée



isa 01/02/2011 23:18



merci Sandrine, j'ai trouvé avec vous , c'est vous qui m'inspirez et qui faites évoluer le blog. T'as choisi un fauteuil ?



patrick 01/02/2011 21:27



Salut,


je n'ai pas eu le cas directement mais dans mon école, un petit refusait toute discussion et restait mutique. Sa mère nous affirmait qu'il parlait même beaucoup à la maison , et qu'on ne pouvait
pas l'arrêter. Il a fait la PS et la MS sans rien dire et les équipes éducatives er autres rencontres avec les parents n'aboutissaient à rien. les enseignantes ont poursuivi leur travail de
sollicitation et de dialogue avec lui. En GS, au mois de janvier la maîtresse vient me voir en me disant qu'elle n'en peut plus... il parle trop. il avait eu un déclic et donc avait décidé qu'il
pouvait parler.


alors patience et continue ton travail, sans tenir compte des propos du psy. un jour ou l'autre tu auras la surprise



isa 01/02/2011 23:16



ah enfin un homme rentre dans notre salle des maîtres et ça dés le premier jour de son ouverture ,merci Patrick d'autant plus que tu n'as plus de PS, mais finalement ça peut concerner
tout le monde ! ça va là bas ?



géraldine 01/02/2011 20:19



Je suis d'accord avec vous, pourquoi vouloir absolument les faire parler? Alors que l'on sait très bien que c'est en écoutant leur mère que les bébés apprennent à parler. Mais, il faut également
évaluer leur langage et pas pour remplir des bulletins d'évaluations (ce que je suis en train de faire ) plutôt pour les aider à progresser. C'est un peu notre travail d'enseignant ! Or cette
petite n'a pas 18 mois ou 2 ans, elle en a 3 et j'aimerais l'aider. Ceci dit je suis résignée et j'attendrai patiemment qu'elle se décide tout en cherchant à provoquer des situations qui
pourraient lui donner le déclic ( piste à explorer) . Le problème aussi, c'est qu'à force de se faire toute discrète, j'en oublie parfois de la solliciter. Mais je me
corrige! 



aurelie 01/02/2011 19:57



je suis tout à fait d'accord de laisser la place à chaque élève pour communiquer à sa manière et quand il le souhaite ...


mais certains quand ils finissent par s'exprimer éprouvent tant de difficultés à parler comme les autres enfants de leur age ! Le temps alors n'y change rien. Après pour les épauler au mieux dans
cet apprentissage c'est un long parcours du combattant et certains ont besoin d'une aide extérieure alors je me pose la question moi, comment savoir si l'élève qui ne parle pas est dans ce cas là
où si je peux le laisser cheminer à son rythme ?


Quand on est en classe, on se creuse vraiment les méninges !!!



isa 01/02/2011 20:05



en interrogeant les parents, tu peux déjà savoir si leur petit parle,c'est vrai qu'il faut distinguer ceux qui savent déjà parler mais qui ne le font pas et ceux qui ne savent pas et qui
ont besoin d'aide en langage.


oui c'est un métier où l'imagination est un atout.



dao michele 01/02/2011 19:24



j'ai une toute petite question.... pourquoi voiloir à tout prix que ce genre d'enfant nous parle???? est ce que l'on ne peut pas leur laisser la liberté de n'être pas là où on le voudrait ( je
parle uniquement des enfants hypertimides pas des enfants en difficultés de langage)???


c'est vraiment une question que je me suis posée, ayant dans ma famille connu des enfants des nièces... qui ne parlaient pas ailleurs qu'à la maison et qui pour autant n'ont pas eu de grandes
difficultés scolaires au contraire


ils se heurtaient à ce regard de l'adulte en institution scolaire ... un regard qui me semble incompréhensif . Oui comme d'ailleurs pour d'autres cas d'enfants qui nous interroge la patience et
la compréhension me semble indispensables. bon je lance ça ... de façon ouverte... je ne suis pas certaine d'avoir totalement raison



isa 01/02/2011 19:41



mais si , c'est un peu ce que j'ai dit. Moi aussi, dans ma famille j''ai connu ce cas et souvent ces enfants ont d'autres modes d'expression plus développés que les autres. Cependant, la
difficulté pour nous enseignants est de savoir comment vérifier les acquisitions.



delphine 01/02/2011 19:22



J'ai moi aussi eu affaire à une petite fille ayant un profil analogue à celui que tu décris. Effectivement certains jours tu craques un peu devant tant d'obstination. Maintenant, après un RDV
avec les parents il est apparu qu'elle chantait à la maison les comptines de l'école (alors qu'en classe RIEN!!)


Jusqu'en mars aucun son n'est sorti de sa bouche à l'école ni avec moi ni à la cantine, ni avec les autres enfants...cela s'est décanté UN jour...pourquoi? comment?? mystère...



isa 01/02/2011 19:31



il y a sûrement une raison qui t'a échappée...



géraldine 01/02/2011 19:11



Merci à toutes pour vos conseils et vos suggestions qui ont confirmé que je devais persévérer dans la voie que j'ai suivie jusqu'à présent.
Deux petites précisions:


Ce n'est pas ma première petite élève dans ce cas, je dirais que j'en compte bien 1 ou 2 chaque année. Cela m'intrigue, pourquoi y a
t-il autant d'enfants "mutiques" (bien que toutes les formes de mutisme ne soient pas les mêmes et ne proviennent pas de causes identiques et n'ont donc pas de solutions identiques)


bref,  l'an dernier, un TPS qui ne parlait pas du tout avec moi, ni avec les autres et qui, me semble t-il, ne parlait que par mots avec
sa maman, s'est mis à me parler cette année (je l'ai gardé en PS). J'avais utilisé la "même méthode" ! Alors, je crois qu'il faut être effectivement très patiente. Car il s'agit vraiment d'un
problème de confiance en elle et en moi. Je suis maintenant consciente du fait que c'est elle qui décidera du moment où elle me parlera. Ce qui me manque le plus, ce sont des idées de
situations qui pourraient "l'obliger" à se lancer. Mais voilà que vous m’en avez déjà suggérées quelques unes et je vous en remercie très
sincèrement.


 


Autre précision: Notre psy scolaire m'a étonnée par sa suggestion, en totale contradiction avec son approche des enfants. Il l'a justifiée en
me disant qu'il s'agissait certainement d'une forme d'opposition et qu'à mon tour je devais m'opposer en lui refusant l'accès aux activités. Comme je l'ai déjà écrit, je doutais de l'efficacité
de la méthode mais vous m'avez vraiment convaincue que ce n'était pas une bonne idée !


 Voilà j'ai terminé mon bavardage mais je reste bien sûr impatiente de lire vos commentaires



isa 01/02/2011 19:25



sauf que toi tu es adulte et elle enfant, si on fonctionnait en miroir avec nos élèves:" tu me fais mal, je te fais mal" quelle confiance ils nous accorderaient pour les aider à grandir,
c'est assez surprenant comme position. Cependant je creuse encore pour tenter de comprendre, car c'est tellement violent comme attitude que je voudrais vraiment saisir son choix.



val 01/02/2011 18:34



Bonsoir,


j'avais l'année dernière une petite fille qui ne parlait pas du tout à l'adulte (par contre je l'entendais un petit peu parler aux copains, et chez elle il parait que c'était une pipelette). Elle
était en TPS, de début d'année. On l'a laissée tranquille, la sollicitant comme les autres, elle participait mais sans parler. Cette année elle est en PS, toujours dans ma classe. En début
d'année elle ne nous parlait toujours pas et une fois je l'ai gentiment "brusquée". Je lui ai dit que quand même maintenant on se connaissait et que quand je lui posais une question elle pouvait
me regarder et me répondre. Et bien ... elle s'est petit à petit décoincée. Elle reste réservée bien sûr mais elle me parle, elle lève même le doigt pour parler en regroupement. Je pense qu'elle
le vit aussi bien mieux. Elle a même accepté de nous dire une comptine toute seule !



isa 01/02/2011 19:28



oui parfois, je suis d'accord, il peut être bien de créer un déclic afin de sortir l'élève du rôle dans lequel il s'est enfermé, c'est la fermeté non agressive.



aurelie 01/02/2011 18:13



j'ai connu cette situation l'an dernier. Je peux t'assurer que la meilleure des solutions est celle de la patience. Il faut persévérer.


Il y a souvent de senfants qui ne voient pas l'utilité de parler parce qu'ils n'ont pas encore l'envie de grandir et de faire comme les autres, les grands, les parents ... en leur expliquant que
nous les grands pour communiquer on ne peut pas faire que des hochements de tete sinon personne ne se comprendrait, ils finissent par comprendre.


D'autres fois il y a un profond refus de grandir parce que les parents les couvent trop. La porte de la classe franchie hop la tétine est en bouche ... donc dans ces cas là un dialogue avec les
parents doit être entrepris en leur expliquant qu'il lui faut lui aussi grandir et acquérir de l'autonomie ... et cela passe par le langage !


Ca a très bien fonctionné l'an passé donc car des que les parents ont changé leur façon de faire, l'enfant s'est ouvert aux autres, aux activités et a fini par parler au mois de février ...
YESSSSSSSSSSSSSSSSS


Après dans l'acquisition du langage, il fesait beaucoup d'erreurs, baragouinait, éludait certains sons ... cet élève a eu besoin d'aller chez l'orthophoniste à 10 reprises pour adapter son
langage et puis tout est rentré dans l'ordre même s'il n'a jamais été le plus bavard ;-)


En espèrant avoir pu t'éclairer ...



marieno 01/02/2011 18:06



bonsoir Géraldine,


quelle réponse peu psy pour une psy......j'ai le même cas,  un petit garçon qui auj est en maitien MS dans ma classe. Au départ milieu familial très défavorisé, peu de sollicitation à
l'oral, image de lui-même non valorisée et pauvreté culturelle (ce n'est pas péjoratif mais un constat) ; à celà c'est ajouter le décès du papa à un moment ou j'avais mérité sa confiance.....ce
fut très difficile de regagner du terrain mais mon conseil serait de toujours lui offrir une image positive d'elle-même, la solliciter malgré ses refus , lui faire entendre que son avis, sa
participation nous intéresse ; qu'elle a une place un rôle à jouer dans la classe. La moindre participation doit être valorisée (devant les camarades, aux yeux des parents....). Biensûr, 
peut -être que pour  cette petite comme pour  mon élève, un maintien sera envisageable mais qu'importe, si tu as donné à cette enfant assez confiance en elle et en toi pour que le
blocage se lève , c'est gagné. J'avais des doutes sur le maintien de mon élève mais quand je vois les progrès et sa volonté cette année, je pense avoir tenu mon rôle ; même si le domaine du
langage reste encore le plus faible (trop peu de sollicitation extérieure), l'enfant est entré dans les apprentissages.



isa 01/02/2011 18:12



J'ai l'impression que ton petit est dans une construction du langage défaillante alors que la petite de Géraldine est dans l'hypertimidité.



Valérie93 01/02/2011 17:17



J'oubliai aussi de dire que c'est aussi parfois un problème d'ordre culturel comme chez les indiens ou pakistanais où l'élève qui est considéré comme bon élève est un élève qui ne bouge pas , ne
parle pas et reste très discret le plus possible. c'est alors encore plus délicat bien sûr..il le temps à l'enfant et sa famille de comprendre que nous n'avons pas les mêmes attentes.


 



isa 01/02/2011 18:09



Personnellement, j'ai déjà eu cette situation d'élève mutique et à vrai dire, je comprends, combien avons nous été d'élèves qui n'osaient pas prendre la parole, qui espéraient ne pas être
interrogés,  comme dit Valérie, c'était un peu ce qui était attendu de l'attitude d'un élève ( les "taisez vous" ne nous ont pas aidés). Pour oser parler, il faut à la fois avoir quelque
chose à dire et se sentir suffisamment en confiance pour l'exprimer. Ta petite puce a certainement une grande sensibilité, elle sera plus à l'aise avec d'autres modes
d'expression, peut-être excellera-t-elle en art ? Avant même de vouloir la faire parler ( alors qu'elle le sait), il me semble que la démarche avec elle serait plutôt de favoriser le contact avec
les autres, soit en formant des binômes , soit en sollicitant le groupe pour jouer avec elle à la récré par exemple.Ce qui est essentiel, c'est de ne pas la laisser se
marginaliser et s'exclure, le langage viendra naturellement ensuite.


Pour revenir à ma petite qui ne parlait pas ( alors que je savais qu'elle parlait) à l'atelier langage, je lui ai proposé de décrire les photos à sa place et elle devait hocher la tête
pour dire si elle était d'accord avec ce que je disais, bien entendu au début, dans les premières séances , je disais correctement puis au fil des séances , j'ai commencé à faire des erreurs (
sciemment) et elle a rectifié d'elle-même et c'est ainsi qu'elle a fini par participer.


quant à ton psychologue, je pense qu'il a tort mais je pense aussi qu'il avait des raisons de te proposer cela, a-t-il justifié cette suggestion ?


 



Valérie93 01/02/2011 17:13


Bonjour, je suis choquée moi aussi des propos très peu psychologues pour un psy" refuser toute participation aux activités tant qu'elle ne voulait pas parler." c'est catastrophique!! Comme j'en ai
entendu parler en stage sur le langage les élèves mutiques ont besoin de confiance encore plus que les autres donc il faut instaurer ce climat de confiance et ne pas lâcher le gamin en lui parlant
tous les jours en tête à tête. ce peut être en situation de jeux ( playmobiles, coin cuisine) ou en dehors de la classe en récré en lui parlant de ses habits et effectivement c'est ce qu'à dit
Céline ou bien lorsqu'on ferme les manteaux. Lui dire que l'on sait qu'il sait parler et qu'un jour il va parler... La collègue qui nous en parlait nous a assuré qu'à la fin de l'année pas un
enfant ne parlait...dans l'école Il ne faut pas désespéré!!


Céline 01/02/2011 16:53



Bonjour Géraldine,


tout d'abord je dois dire que je suis choquée de la proposition de la psychologue scolaire !! Si cette petite ne parle pas c'est qu'elle en est dans l'incapacité pour l'instant, je suis persuadée
que lui refuser les activités ne saurait que la bloquer davantage !


Mais voici mon expérience : cette année j'ai une petite qui jusqu'à présent refusait également de parler, et de s'investir dans les activités, notamment celles proposées au regroupement. Sa maman
par ailleurs me disait que depuis qu'elle était à l'école, elle parlait de mieux en mieux, et mon ATSEM, l'ayant vue à l'extérieur avec sa maman, m'a dit qu'elle pouvait être très pipelette !
Mais patience... j'ai continué à la solliciter, sans obtenir au maximum que des hochements de tête pour dire oui ou non. Et puis il y a deux semaines, le déclic ! Je me suis retrouvée à l'emmener
chercher son bonnet pendant une récréation, et là, elle m'a dit qu'elle avait un tee-shirt Hello Kitty et aussi des chaussettes qui allaient avec le bonnet. J'étais stupéfaite et tellement
contente ! Sans paraître surprise outre mesure, j'ai continué la conversation. Et depuis, chaque jour elle parle de plus en plus, c'est impressionnant cette transformation !!


Donc ne te résigne pas, continue à la solliciter sans être trop insistante, c'est le conseil que je te donnerai ! Il faut laisser le temps aux fleurs de s'épanouir, cela prend davantage de temps
pour certaines !



ana 01/02/2011 16:52



Bonjour Géraldine, je voudrais juste te dire que la manière douce du dialogue et de la compréhension m'apparaît toujours plus efficace que celle du bras de fer avec les enfants! Par ailleurs,
oui, tu es forcément sur le bon chemin puisque tu es à l'écoute et que tu es dans le respect. Le langage ne va pas de soi, loin s'en faut, pourquoi parle t-on? Il y en a des réponses différentes
à cette simple question, et c'est nous en PS qui en sommes en quelque sorte les garant(es) par toutes les situations d'apprentissage que nous mettons en place qui permettront dans 1 jour, 1 mois
ou plus de faire émerger le langage. La patience est notre meilleure alliée me semble t-il et si la situation ne se débloque pas ce dont je doute, le réseau alors est un bon relais ( mais bon, il
est pas le même partout hein!)


Bon courage


Ana



isa 01/02/2011 17:48



je reviens de balade en forêt, heureusement j'avais laissé la porte ouverte et je vois que Géraldine a trouvé de l'écoute et des réponses.