la salle des maîtres: Isabel et son petit mal-voyant

Publié le par isa

salle des maitres

Isabel parle :


besoin d'aide!!!!!! A mon tour, je fais appel à la solidarité!!!

A la rentrée, j'accueillerai un petit enfant mal voyant( à acuité visuelle restreinte, estimé à environ 1/10 et que sur un oeil ). j'ai rencontré la famille et loin de me rassurer m'a enfoncée dans mon questionnement!!! Elle m'a prété des lunettes faites par l'orthoptiste pour me rendre compte de ce que voyait l'enfant! Je me sens complètement démunie et ne trouve personne pour m'aider pour l'instant!!!

Mon cher Inspecteur, lors de mon inspection, a eu une réponse formidable quant au questionnement dont je lui faisais part: le mieux pour cet enfant...c'est que j'apprenne à le connaître et ainsi je pourrai aviser, qu'il croyait profondément à mon adaptation .MERCI MONSIEUR JE PENSE EFFECTIVEMENT QUE C'EST LE MIEUX QUE J'AI A FAIRE!

Aujourd'hui, il n'est pas propre( passe encore, nous en avons vu d'autres et le problème s'est vite réglé), il ne marche pas( pour la maman ce serait du à son handicap et je veux bien le croire), il ne dit que des pseudo-mots( làaussi du à priori à son handicap......... mais là je ne vois plus le rapport  )J'ai bien peur d'un enfant poly-handicapé  et là......je sais pas faire!!!!je connais la maladie mentale, l'autisme mais un problème visuel, en maternelle? qu'est-ce que je fais?

Si quelqu'un a vécu l'accueil d'un non voyant son éclairage me serait précieux. Merci d'avance

 

 

Publié dans la salle des maîtres

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isabel 06/10/2011 14:43



J'ai un petit effectif (20), qui se répartit en 14 PS et 6 MS.


Dans la classe,  des petites choses avaient été mises en place, comme un balisage au sol, les pieds des chaises peints en noir sur 10 cm, fabrication d'un pupitre inclinable,... pour laider
à prendre des repères, toutes les choses qui m'avaient été conseillées pour que l'accueil se passe au mieux. Les premiers jours, il a beaucoup crié,pleuré, il s'est roulé par terre aussi,
 de nombreuses choses l'angoissaient et j'imagine bien que dans un environnement non connu, tout est source à inquiétude pour ce petit bout qui n'avait encore pas 3 ans . Le bruit
de la chasse d'eau par exemple a généré des crises et il nous était impossible de le faire approcher des toilettes( est il utile de préciser que cet enfant n'est pas propre). Progressivement, il
s'habitue... il accepte de s'y asseoir mais n'y fait rien encore.2 EVS se sont présentées mais aucune des 2 n'a voulu travailler avec cet enfant. Après appel du service des EVS à l'Inspection, il
m'est précisé que le recrutement d'une nouvelle EVS ne pourrait se faire que début octobre et que dans tous les cas je n'aurai personne avant le 15/10. Une de mes collègues accepte de me "préter"
son EVS 1H le matin et 1h l'AM geste fantastique quand on sait qu'elle a en charge 1 enfant autiste et un enfant dysphasique pour sa part. En attendant l'arrivée d'une EVS , je propose à la maman
de n'accueillir son enfant que les matinées, sachant que nous le sollicitions énormément malgré l'absence de l'EVS, qu'il était épuisé en fin de matinée et vivant très mal la séparation avec
l'EVS de substitution. La maman a très mal réagi, me précisant qu'elle n'était pas là pour soulager maitresse et que si elle travaillait j'aurais bien dû m'en débrouiller toute la journée, que je
stygmatisait son enfant, l'écartant encore et le mettant en marge.


Sur ce, l'orthoptiste privée, suivant l'enfant ,m'appelle, souhaitant me rencontrer, consciente des difficultés d'organisation des supports à adapter que je rencontrais. Elle vient sur le temps
scolaire, accompagnée de la maman( mais je n'étais pas au courant qu'elle venait) et l'aide que j'attendais a tourné au tribunal. J'ai été amené à me justifier sur ce que je faisais mais en me
reprécisant de manière bien directive que je me devais d'accueillir les enfants porteur d'un handicap. Je l'ai très mal vécu et j'ai des la fin de notre entretien contacté la psy scolaire et le
maitre référent pour provoquer une réunion, équipe éducative. La réunion, plutot houleuse au départ, a finalement tranché une solution provisoire. La maman récupère son enfant 2 AM par semaine
tant que l'EVS n'est pas là, à voir pour la suite.


Les journées complètes sont affreusement difficiles pour cet enfant... La cantine se passe mal( comment pourrait-il en être autrement), la mairie a même décidé de convoquer la famille pour
trouver une solution. Il ne mange rien si ce n'est pas mixé, il refuse de goûter.Nous avons demandé un lit parapluie pour qu'il puisse être contenu et dormir un peu... mais malgré cela il dort
peu alors que la nounou me dit qu'il dort énormément chez elle. Il a vomi un jour, j'appelle la maman qui vient le chercher en larmes( c'est pas après moi me dit-elle mais elle en a marre, c'est
difficile... je lme doute bien mais je ne veux pas qu'elle le récupère pour me soulager ni parce qu'il est porteur d'un handicap mais bien parce qu'il n'est pas bien),


Voilà en gros où j'en suis.... je ne t'ai rien précisé sur l'entrée dans les apprentissages parce que nous n'en sommes pas là, tu l'auras je pense bien compris


BIen sincèrement isabel


 



isa 06/10/2011 18:14



sais -tu pourquoi les EVS ont préféré renoncer ?


On voit bien toute la souffrance de la maman, elle ne supporte pas que tu exprimes toi aussi de la souffrance, cela la renvoie à la sienne. Elle argumente sur des préjugés archi-connus (
stigmatisation et exclusion), mais c'est une manière de te dire: " Soulagez moi !"


Cette rencontre avec l'orthoptiste s'est faite dans quel moment ? Ta directrice était absente de cette rencontre ? Il est évident qu'elle venait à la demande de la maman pour t'inciter à
garder coûte que coûte le petit bout. On voit bien là toute la difficulté de notre société à intégrer les handicapés, on en parle, on s'en glorifie mais on ne donne aucun moyen.


Tout ce que tu dis sur cet enfant montre qu'il est en état d'insécurité pour le moment, je pense qu'il l'est physiquement et psychiquement, tout est risqué , y compris la nourriture, y
compris le sommeil.


La maman qui vient le chercher en larmes montre à quel point elle est sûrement elle-même à bout. Encore une fois, je me répète mais je pense vraiment qu'il faut trouver un terrain
d'entente avec cette maman, vous avez à y gagner toutes les deux, c'est d'ailleurs ce qui va sécuriser ce petit bout perdu et perdant. Bien entendu, l'inspection n'assure pas, quand je relis ce
que tu me disais sur la réaction de l'inspecteur: " Prenez le , vous verrez et vous vous adapterez", c'est un drôle de manière: " Débrouillez vous", c'est pourquoi je pense qu'il faut les mettre
aussi devant leur responsabilité et les solliciter le plus possible afin d'accélérer l'arrivée de l'EVS. Je constate que dans ton école , tes collègues sont soutenantes, c'est important. Y-a-t-il
possibilité que tes élèves aident aussi leur petit camarade ?


Je comprends vraiment que cela soit difficile et que tu craques par moment, personne ne sait vraiment ce que tu vis, on l'imagine mais tant qu'on ne le vit pas ,on ne peut savoir. Je
t'admire car ce sont des épreuves et j'aimerais pouvoir t'aider beaucoup plus. Si tu as besoin d'en parler, n'hésite surtout pas, je suis à ton écoute et j'espère vraiment que dans quelques
semaines tu mesureras des progrés.



isabel 05/10/2011 13:40



·                                
désolée de vous contacter encore mais j'ai besoin d'un peu de soutien...J'accueille réellement un petit malvoyant, et ce qui
n'était qu'une projection angoissée en juin s'est transformée en ce mois de septembre en réalité déroutante...pas d'EVS, pas d'aide du SAAAIS, une inspection académique qui se
défile.


Comment dans le blog puis je crier mon désarroi.merci Isa de nous donner cette possibilité...j'ai envie de pleurer tellement j'en
peux plus


 



isa 05/10/2011 13:42



Peux tu me dire ce qui se passe concrètement dans ta classe ? Combien de temps est scolarisé ce petit ? Quelle relation as-tu établie avec la famille ? Cherchant à comprendre afin de
t'aider dans la mesure de nos moyens.



maud 06/04/2011 12:19



Véro, ton avis m'éclaire pour mon futur petit émiplégique, je m'en vais dès demain appeler la MDPH et faire moi aussi pression pour la rentrée pour avoir une AVS car
à 28 ou 29 je ne sais pas comment on va sen sortir sinon. Merci



Véro 06/04/2011 11:47



Je prends un peu le train en route.Moi aussi, je vous lis souvent sans être jamais intervenue. Je suis directrice d'une école maternelle 7 classes en RAR. Cette année, nous est arrivé un petit
garçon dont on nous avait caché le handicap "pour qu'on ne parte pas avec des pré-jugés". Catastrophe! nous avons vu en PS un petit garçon complètement ingérable, porteur, visiblement (mais nous
ne sommes pas médecin!), de troubles du comportement, se mettant en danger et mettant également les autres en danger. Nous avons tenu 3 semaines avant d'appeler mon IEN.Il nous a entendus et
conseillés. Equipe éducative avec TOUS les partenaires (nous n'étions pas moins de 14 autour de la table!) et contrat passé et signé par tous pour une scolarisation à temps très partiel (le
matin de 8h20 à 10h) jusqu'à l'obtention d'un AVS. Quand on prend des décisions comme cela, cela fait bouger les choses: les professionnels de soin veulent scolariser les enfants au maximum et à
tout prix, alors, quand l'école pose ses conditions, ils accélèrent les bilans, aident les parents à "monter" les dossiers MDPH. Tout va beaucoup plus vite! Mon inspecteur me l'a dit: si vous
acceptez un enfant porteur de handicap sans "contrat", vous êtes coincé. Le dossier est arrivé à la MDPH en un temps record. Nous attendons la notification pour refaire une équipe éducative et
revoir le protocole d'intégration. La loi sur le handicap nous oblige à scolariser les enfants porteurs de handicap en milieu scolaire ordinaire, mais il est stipulé clairement que l'état donnera
les moyens de le faire. On ne devrait pas être les seuls à respecter la loi.


Je me rends compte que c'est un peu long pour une première visite mais ton cas Isabel me bouleverse. Même avec 18 enfants en classe, un enfant comme celui que tu vas accueillir, c'est dur.
Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi, s'il n'est pas propre, vous l'accueillez. Un ministre n'a-t-il pas dit il n'y a pas si longtemps que nous n'avions pas vocation à changer des
couches?...Nous n'avons pas non plus vocation à porter les enfants à longueur de journée. Et puis, il faut penser aux autres enfants qui vont forcément avoir une maîtresse moins disponible,
inquiète.


Nous avons un autre cas dans notre école, mais pour lui, on ne s'est pas fait piéger: il est inscrit mais pas scolarisé. Il le sera à la condition sine qua non  qu'un AVS soit à ses côtés.
Et là encore, notre IEN nous soutient. Je peux te dire qu'il ne se passe pas une semaine sans que le CMP nous contacte pour nous faire part de l'avancée du dossier et nous demander si on
voudrait bien scolariser un peu l'enfant même si le dossier n'est pas finalisé. Notre réponse est toujours la même: non mais dès qu'on a une notif et que l'AVS est recruté, on le prend avec
plaisir!


As-tu essayé de contacter les spécialistes qui s'occupent de ton petit élève pour voir ce qu'eux pensent de tout cela?



isabel 03/04/2011 23:00



Merci à tout le monde. Que de réconfort en vous lisant!!! L'équipe éducative a déjà eu lieu...sans professionnel de santé!!!sans psy!!! directeur+maman+maitre référent+moi.  Que du
bonheur!!!!!!!!


MAIS


Je viens d'apprendre par mon directeur une nouvelle , pour une fois plaisante....nous n'aurons pas de fermeture à la rentrée et n'aurait donc que 18 enfants en classe...le ciel s'éclaircit.... je
vous donnerai des nouvelles


 



isa 04/04/2011 09:27



Une bonne nouvelle pour toi ! Cela me réjouit.Nous continuerons à te soutenir si tu en as encore besoin, n'hésite pas.



virginie 03/04/2011 20:53



 je suis tout a fait d'accord avec Véronique quant à ce que l'on nous demande alors que nous ne sommes pas qualifié(e)s ni même formées....



virginie 03/04/2011 20:50



Bonjour,


je viens de lire ton message et je comprends ton inquiétude. je pense effectivement qu'il faudrait vite une équipe éducative et peut-être voir un aménagement des horaires pour ce nouvel élève.
j'ai eu en classe il y a quelques années une petite fille malentendante. elle venait tous les matins pas l'après-midi mais en petite section c'est courant. J'avais une institutrice spécialiste
des enfants sourds qui venait une fois par semaine ainsi qu'une orthophoniste (même fréquence). je sais qu'il existe des enseignants spécialistes pour les enfants mal voyant ùmais pas dans tous
les départements (chez moi par exemple, il n'y en a pas).une autre année, j'ai accueilli un enfant trisomique pour lequel avait été mis en place un accueil personnalisé : la première année, il
venait 2 fois par semaine (le matin uniquement) et la deuxième année il venait les 4 matins avec intervention d'une orthophoniste une fois par semaine et d'une psychomotricienne une fois aussi.
 je pense effectivement que par rapport à son autonomie et apparemment peut-être à d'autres handicaps, il serait bien que tu puisses avoir une AVSI.Bon courage à toi en tous cas.... et si
cela peut t'aider je peux te dire que ces deux enfants m'ont énormément apporté... même si au départ comme toi, je n'étais pas rassurée



veronique 03/04/2011 19:31



Mais pourquoi nous envoie-t-on sciemment au "casse-pipe ?". Je suis Véronique de "Véronique et son petit autiste". Bonjour à tout le monde. Je vous donne des nouvelles mais avant cela je tiens à
manifester ma solidarité envers Isabel. Te dire qu'il faut tirer dès à présent sur TOUTES les sonnettes d'alarme et sans attendre. MDPH, enseignant référent, PMI, Psy du RASED et tes collègues
pour les questionner et leur dire que tu as besoin d'être aidée. Et ne pas te laisser culpabiliser car tu es mise dans une situation très inconfortable, où on te demande implicitement de réussir
l'impossible, c'est à dire de gommer le handicap de cet enfant. Tout ça sans formation spécifique, sans moyens supplémentaires, sans aménagement d'emploi du temps et perennité d'AVS, elles-même
peu ou pas formées. Bref, la quadrature du cercle. En ce qui me concerne, la situation a évolué favorablement depuis la rentrée des vacances d'hiver. Mon petit élève bénéficie de prises en
charges hedomadaires (psy et orthophonie) et d'un gros mi-temps d'AVS. Pour le reste du temps, cantine plus goûter, on continue de naviguer à vue. Selon les jours, ça va, d'autres c'est la
tempête. Je relativise, je déculpabilise. Mais c'est dur et je reste amère car je ne "digère" toujours pas la solitude qui fut la mienne à la rentrée de septembre 2010. Et je suis
inquiète à l'idée que tout peut recommencer à la rentrée prochaine avec un autre enfant, porteur d'un autre handicap. Je souligne bien sûr que je n'ai RIEN contre ces enfants, que je ressens de
l'empathie pour les familles, mais que j'éprouve de la colère et de l'amertume face à une hiérarchie qui nous enjoint de réussir l'impossible. Voilà. Encore merci pour vos messages de soutien et
beaucoup de pensées positives à Isabel.


 



isa 03/04/2011 21:37

Je suis contente de te lire Veronique , je vois que ta situation avance. Je comprends ton inquiétude concernant l'année prochaine, j'avais aussi eu cette crainte. C'est légitime.Les conditions d'enseignement se complexifient, des formations ne seraient pas de trop ainsi que des moments d'analyse pour aider à soulager le trop plein et se sentir soutenu. Merci pour Isabel, j'espère qu'elle va trouver l'énergie dans vos messages.

maud 03/04/2011 11:53



si ce n'est pas déjà fait, je te conseille de faire une équipe éducative dès maintenant avec tous les partenaires qui s'occupent de cet enfant, pour préparer la
rentrée. cela pourrait rassurer la maman de voir qu'il y a un lien réel entre l'école et le reste de sa vie. De plus tu lui montre ainsi ton professionnalisme et ton investissement pour son
enfant, cela ne peut être que positif. poser des questions à un proféssionnel ne peut pas être un signe d'incompétence mais oplutôt un signe d'ouverture et d'engagement.


J'ai préparé la rentrée future comme cela pour un petit garçon émiplégique, on a tous ensemble monté le dossier MDPH (maintenant je croise les doigts car sans AVS je
ne sais pas comment on va faire vu qu'il y aura 27 ou 28 autres petits loulous dans la classe). Je pense refaire d'ici la fin de l'année une autre équipe pour voir où en sont ses progrés et ce
qui n'est pas encore acquis. A priori il va être scolarisé 4 jours par semaine et toute la journée avec même de la garderie!



isabel 02/04/2011 21:50



Pour te répondre Isa , je me sens dans une impasse parce que peu soutenue au sein de l'école. Je suis dans une école élémentaire avec un directeur sympa mais qui ne sait quoi me dire si ce n'est
" comment tu vas gérer ça?", mes autres collègues du primaire me demandent à chaque fois ce "qu"elle voulait encore la maman de...", me conseillent de l'envoyer balader mais je ne me sens pas le
droit de le faire alors que je peux t'assurer que j'ai un sacré tempérament. Enfin, il n'y a aucune discussion avec ma collègue de maternelle qui ne voit l'accueil de cet enfant que dans 3 ans
pour sa part!!! et pour qui le boulot sera fait.... c'est comme ça, on ne peut pas tous et toutes avoir la même vision de l'enseignement et de ce que l'on a à apporter aux enfants, aux parents et
à l'équipe!


Et puis la psy scolaire, personne formidable, rattachée à l'école mais qui ne sera plus avec nous jusqu'à la fin de l'année,ne se déplacera plus pour les équipes éducatives,...les frais du Rased
dans notre circonscription ont "créé" un trou de 35000€ qu'il sera difficile de combler dixit notre inspecteur. Donc, interdiction de se déplacer et la psy est assignée à demeurer dans
l'école qui pour l'Inspecteur semble avoir le plus de besoin.


tu vois mon impasse? Mais, je suis passionnée par mon métier, des solutions j'en trouverai et cet enfant évoluera dans ma classe! Je ne veux surtout pas que l'on puisse dire que je n'ai pas su
m'occuper de ce cas. mais cette fois, j'ai peur de m'y épuiser! En clair, j'ai juste un mauvais moment avec l'arrivée du printemps...un coup de moins bien!



isa 02/04/2011 23:10



Je comprends bien Isabel, tu nous dis que tu es seule, voilà ton impasse. Face à la difficulté, ce sentiment de solitude est effectivement trés pesant. Mes premiers conseils seraient de
réfléchir à la relation que tu entretiens avec la maman et qui est insatisfaisante, car finalement, ta seule alliée ( celle qui comme toi est concernée et peut comprendre ce que tu vas vivre),
c'est elle. C'est pourquoi il me semble déterminant de ne pas en faire une adversaire ( poids supplémentaire). Je sais, c'est parfois difficile quand la personne nous semble inabordable. C'est
pourtant dans cette direction qu'il y a à avancer. Il ne s'agit pas d'hypocrisie, cela serait contre-productif, il s'agit de chercher une autre manière de communiquer. Tu dis que cette maman te
demande beaucoup de temps, ce type de personnalité est dans le contrôle, elle veut une forme d'exclusivité qui lui permet de se situer autrement que les autres parents, pourquoi ? D'abord , selon
moi, pour s'assurer qu'on va bien s'occuper de ses enfants, pour s'assurer de ce qui se passe dans la classe, c'est une forme de méfiance, ce qui explique ton sentiment de ras-le-bol, elle te
renvoie une mauvaise image de toi-même puisqu'elle manifeste du doute. C'est aussi pour elle une façon de dire: " regardez comme je m'occupe bien de mes enfants, je m'intéresse de trés près à
leur scolarité". Cette maman manque cruellement de confiance en elle au point qu'elle  peut difficilement faire confiance et qu'elle veut à tout prix montrer  le contraire. Comment
faire ?


En reconnaissant son désir d'être rassurée et reconnue. Inutile de palabrer pendant des heures avec elle, cela renforce des positions figées. Par contre, si d'emblée, tu lui dis: " Je
sais que vous vous inquiétez pour votre enfant, que vous vous interrogez sur mon enseignement, je comprends trés bien, c'est normal en tant que maman, je veux vous dire que je vais faire trés
attention à votre fils, que nous ferons tout pour qu'il ait l'aide requise, que je vais l'aider à devenir un élève. De votre côté, faites moi confiance, vous me confiez votre enfant et si vous
voulez qu'ensemble nous l'aidions à s'intégrer , nous n'y parviendrons que dans la confiance, je vous propose de vous recevoir une fois par semaine ( ou autre selon ce que tu estimes) et de
répondre à toutes vos questions mais les autres jours, je ne pourrai avoir la même disponibilité dans la mesure où je me partage entre tous les parents. Soyez assurée de mon professionnalisme
!"


Voilà un petit exemple de discours à avoir qui reconnait le parent dans son désir d'être considéré et qui cadre une relation qui pourrait être envahissante et nuisible aux deux parties.
Mieux vaut consacrer une heure par semaine que tous les soirs des minutes éprouvantes.


Pourquoi commencer par nouer une relation avec la famille alors que les problèmes seront dans ta classe, parce que cette relation est le fondement de ton rapport à l'élève. Par ailleurs,
les parents trés demandeurs qui constatent que l'enseignant est disponible se montrent au final bien moins accaparants ( ça c'est mon expérience qui parle). La confiance les libère du contrôle
qu'ils veulent exercer.


Qu'en penses-tu ? Cela te semble-t-il envisageable ? N'hésite pas à me demander des éclaircissements.


Quant à tes collègues de l'école, ils sont peut-être habitués à te voir te débrouiller seule avec ton tempérament de battante, mais parfois il faut savoir demander de l'aide, ce n'est pas
une faiblesse, c'est un moyen. Et ce n'est pas parce que vous ne l'avez jamais fait que cela ne peut pas se faire, parfois des conditions difficiles aident à souder les équipes.


Quant à ici ( la salle des maîtres), les coups de moins bien on les accueille de la même façon que les bonnes nouvelles parce qu'on sait que la solidarité ce n'est pas uniquement pour les
bons moments. Garde confiance Isabel.



sonia 02/04/2011 16:50



Bonjour,


Je m'appelle Sonia c'est la première fois que j'interviens mais je vous lis toutes souvent... Je suis directrice d'une maternelle (en ZEP) et nous avons dans notre école 2 enfants suivis par des
EVS (1pour chaque enfant).


Alors voilà, nous avec le type de mamans que tu décris, nous les renvoyons sur la psy scolaire (nous en avons une formidable!!!) qui les écoute, les conseille et surtout qui nous donne des
conseils pour qu'elles nous lâchent un peu!! Ensuite, même si le type de handicap que tu décris n'a rien à voir avec ce que nous connaissons dans notre école, nous avons réussi à négocier avec la
maman qu'elle ne nous mette pas l'enfant à plein temps (un ne vient qu'une heure et quart par jour - il  a des troubles autistiques et est suivi en hopital de jour- et l'autre ne vient que
les matins ( là la psy a été d'un grand secours pour expliquer a la maman tout le bénéfice que l'enfant pouvait en tirer) peut être que se sont des pistes que tu peux explorer..


Bon courage



isa 02/04/2011 17:43



bienvenue Sonia dans cette salle des maîtres effectivement une aide psychologique est indispensable pour ces familles confrontées au handicap de leur enfant,  un accompagnement pour
qu'elles acceptent la réalité parfois difficile. C'est douloureux l'enfant réel n'est pas l'enfant idéalisé, l'acceptation de cette affirmation passe en partie par le regard non jugeant du monde
extérieur. C'est pourquoi l'école est si importante et pourtant la formation ne dit rien de cette relation si complexe et néanmoins si constructive ( ce qui explique le désarroi comme celui
d'Isabel) car malgré tout, même avec un contact régulier avec la psychologue scolaire, le quotidien relationnel est vécu par l'enseignant.



isabel 02/04/2011 14:09



Mon petit malvoyant entre à l'école pour la première fois et en PS. Il était jusqu'en fevrier, suivi au centre d'Ambares(33) mais je n'arrive à joindre personne. Son dossier va basculer courant
juin sur une antenne dans les landes( j'attends beaucoup de celle-ci). Une demande au pire d'EVS, au mieux d'AVS, est en cours et  l'enseignant référent m'a donné de bons espoirs pour
une EVS beaucoup moins pour une AVS!!! Le maitre référent m'a également parlé de la possibilité que des professionnels interviennent dans ma classe et j'y ferai surement appel. Mais
aujourd'hui, je suis dans une impasse 


Pour vous donner l'environnement dans lequel j'évolue: sa maman n'est autre que la présidente de l'Assoc des parents d'élèves et j'ai sa fille ainée cet année dans ma classe. Petite fille qu'il
faut toujours canaliser et pour laquelle la maman se pose des questions quant à un éventuel ennui dans la classe, -qui justifierait le fait qu'elle bouge tout le temps-


J'essaie de la rassurer, je comprends que ce soit douloureux d'avoir un enfant porteur de handicap mais elle me "saoule" à vouloir reporter sur sa fille tous ses espoirs déchus!!! Tous les
soirs elle m'accapare 1/2 heure alors j'ose même pas imaginer l'année prochaine!!!


Merci à tous(tes) pour vos conseils



isa 02/04/2011 15:10



J'ai le sentiment en te lisant Isabel que ta relation avec la maman est ta source principale d'inquiétude, cela signifierait-il que tu crains ses remarques et ses exigences ? Je trouve
que c'est trés honnête de ta part de reconnaître qu'il y a un ras-le-bol . Je suis d'accord avec toi,concernant sa fille, elle a sûrement besoin de chercher des raisons qui ne la culpabilisent
pas, ce qu'elle doit sûrement ressentir avec son petit garçon. Ce qu'il faut réussir à comprendre c'est pourquoi cette écoute quotidienne te semble insupportable et comment sortir de cette
relation d'insatisfaction réciproque ? Clairement, cette maman est dans la souffrance, elle renvoie sûrement un sentiment d'impuissance difficile à surmonter. Notre rôle de professionnels est de
trouver la bonne distance, ne pas se laisser enfouir dans les problèmes de la famille , ne pas les prendre à notre compte, tout en étant suffisamment soutenants.


Une autre chose m'interroge, tu dis à plusieurs reprises que tu te sens dans une impasse. Peux tu nous décrire cette impasse ?



daomichele 02/04/2011 11:18



coucou Karine !!!!



isa 02/04/2011 11:56



on se retrouve en salle des maîtres Michèle d'après ce que je comprends !!!!!



Karine 02/04/2011 10:45



A la rentrée 2011, j'accueillerai une petite fille avec un handicap moteur. Il ne s'agit pas du même handicap que ton futur élève, mais du faite de l'absence de l'acquisition de la marche de
cet enfant, je me permets de faire un petit commentaire. Nous avons réalisé une équipe éducative avec la référente, parents, PMI, la structure (crèche) qui l'accueille jusqu'à présent et
l'organisme chargé des soins (CAMSP). Il a été convenu que du fait du handicap moteur, une demande d'AVS à plein temps était faite, l'enfant n'étant absolument pas autonome dans la gestion des
gestes de la vie quotidienne. Les parents s'étaient déjà depuis longtemps rapprochés de la MDPH. Je pense qu'il faudrait déjà commencer par là avec ce petit garçon et voir si les parents sont
déjà en contact avec la MDPH. Fait toi aider par la référente qui est tjs de bon conseil, mais pour une demande d'AVS, il faut que ce soit fait assez rapidement. Suite à cette réunion , tu y
verras peut-être un peu plus clair. Bon courage.


Karine



isa 02/04/2011 12:11



Effectivement Karine, tu as parfaitement raison, le handicap moteur ( pas de marche) nécessite obligatoirement une aide , comment se déplace-t-il ? A quatre pattes ? En donnant la main ?
Faut-il le porter ? Pour les activités, il me semble que la manipulation s'impose prioritairement, cela demande donc un travail spécifique avec une préparation particulière, donc du travail
supplémentaire. Cela va te demander aussi de te rapprocher de structures pour mal-voyants. Nous comprenons complètement ton désarroi et j'espère de tout coeur que tu pourras prendre conseil et
réconfort dans notre salle des maîtres. Nous sommes à ton écoute.



M Claire 02/04/2011 10:38



Rien àajouter au commentaire précédent, si ce n'est que je viens d'entendre sur France Inter qu'en Italie lorsqu'un enfant handicapé est intégré dans une classe les effectifs sont divisés par 2
et il ya un adulte spécialisé en plus de l'enseignant.


On peut toujours rêver.


Bon courage



guinie 02/04/2011 09:40



Il y a quelques années j'ai eu dans ma classe une petite fille quiavait un glaucome. En début d'année, la maman m'a prévenu que sa fille ne voyait pas bien mais en gros c'est tout. Au fil des
jours, des semaines, je la voyais faire comme les autres (sport, travail, récré...) je n'adaptais rien pour elle. En MS, elle a été suivi par le SAAAIS (dit : "S 3A I S). Une instit spé, une
orthoptiste venaient 1 fois par semaine. La 1ère était chargée d' alléger le travail de l'instit, elle a "fabriqué" des outils pour l'enfant en adaptant la taille des supports de travail, nous a
donné des conseils (du type couleur de la feuille pour augmenter le contraste, en format A3...) Le SAAAIS peut aussi mettre du matériel pédagogique à disposition, il avait appuyé la demande de
mobilier (table inclinée, ordi) pour le CP. Il me semble aussi qu'il organise des mercredis d'activités. En CE1, la petite est finalement allée dans une classe pour malvoyant car sa maladie
évoluant, elle devait apprendre le braille, etc...


Mon histoire est différente de la tienne, mais la piste du SAAAIS est à creuser, tout comme celle de la MDPH avec une demande d'AVS puisque ton petit ne semble pas autonome (contrairement à la
mienne ; si on ne m'avait rien dit je n'aurai jamais deviné quoique ce soit tant elle était "comme les autres" dans la classe). Pourquoi arrive-t-il maintenant ? est-ce une 1ère scolarisation ou
a-t-il été déjà scolarisé depuis septembre ? Si non, moi je verrai auprès de l'enseignant référent et de l'IEN pour qu'il ne soit scolarisé qu'une heure ou deux au début par jour ou semaine
(puisqu'il n'y a pas d'AVS apparemment) : sa cécité est déjà lourde, mais si en plus il ne marche ni ne parle, ton ATSEM va être entièrement accaparée par lui. Son handicap est costaud à ce petit
bonhomme, et à mon avis, il fait partie de ceux qui ne peuvent être accueilli sans AVS.


Voilà ce qui me vient pour l'instant, si je repense à quelque chose, je reviendrai.


Bonne journée ensoleillée, Guinie



Isabelle 02/04/2011 09:29



Je ne pourrai pas t'aider, seulement, je pense qu'il serait bon d'attendre qu'il soit propre (un problème de moins), qu'il marche ou qu'il soit diagnostiqué handicapé et donc en fauteuil. Quel
âge a cet enfant ? est-ce si pressé qu'il soit intégré avec de si nombreux questionnements ? est-il déjà dans une structure collective ? beaucoup de questions, excuse moi, mais j'essaie de
comprendre la raison de cette intégration.