la salle des maîtres: Sylvie et la fin du trimestre

Publié le par isa

salle des maitres

Sylvie parle :

J'avais déjà écrit un commentaire au début de l'année pour exprimer des difficultés d'adaptation des élèves et de ma part et d'une certaine violence ressentie en raison d'une organisation de rentrée difficile...depuis les choses ont évoulées, nous avons réalisé des projets dans lesquels nous avons pris du plaisir.Cependant, en cette fin de période, cette violence ressort de façon assezforte:dès l'acceuil l'ambiance est très houleuse, enfants excités, agressifs, présence des parents que je ressens comme excitante également, comme une régression, un peu comme l'ambiance de la rentrée..

face à cela, j'ai 2 explications dérangeantes:

Soit il s'agit de moi qui suis à l'origine de cette ambiance donc "je ne sais pas gérer" et donc c'est un échec (cuisant pour moi car mine de rien lorsque l'on reflechit sur ses pratiques, que l'on se remet en question... c'est douloueux...)

Soit les enfants de ma classe sont "très" vivants, très actifs, avec des personnalités "très fortes" et des difficultés de respect des limites importantes... ( sont prévues é équipes éducatives en février )...cette explication ne me convient pas mais ayant du mal à remédier à mes difficultés, celle ci me rassure...

Bref... je sais bien q'un grand nombre des réponses sont dans ton blog, isabelle et je tente peu à peu de m'approprier ces idées, éléments, outils ( "le grand silence" avec l'aiguille de l'horloge que l'on observe, le "défi des régles de vie à respecter" que je "veux" mettre en place à la rentrée, et bien sûr une pédagogie de l'observation que je pratiquais l'an dernier en EPS tout particulièrement) dans une ps ms avec becp de satisfaction ( et que jai peur dessayer cette année après une  mauvaise expérience en septembre). Pourquoi ne pas commencer dans ma classe en jeux libres pour linstant ?

J'observe tout de même la difficulté des élèves de ma classe à s'endormir ( par rapport à ceux de l'autre classe qui partage le dortoir, la difficulté des animatrices et atsems lors du départ et retour de la cantine: enfts qui ne respectent pas les consignes...se poussent, se roulent par terreDu coup, encore un point à travailler et qui me pose un gros souci

Comme tu vois, jessaie danalyser et donc de remédier maisque cest dur par moment !

Je mexcuse pour ce commentaire interminable.  Je ne sais pas si il a sa place dans ton blog, je comprendrais que tu ne le diffuse pas. Peut-être nai-je pas vu quil existait une rubrique SOS ou ETAT DAMMMMMMMMMME .

Dans tous les cas, merci pour ce blog si riche et si frais que je lis avec grande attention  et aussi joyeuses fêtes

Sylvie

 

Publié dans la salle des maîtres

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pinault Béa 20/12/2011 15:23


je viens de lire plusieurs commentaires à suivre et je me remonte le moral! je suis enseignante en maternelle depuis sept ans principalement en ps. J'ai découvert ton blog cela fait deux ans
environ et je prends vraiment du plaisir à venir m'y ressourcer. J'adorais mon métier jusque là: je suis quelqu'un de dynamique qui aime bien se renouveller dans sa pratique mais qui souffre de
ne pas assez échanger avec ses collègues: une grande école , du soutien sur le temps du midi et cette impression de toujours courir. Cette année je me retrouve avec 27 enfants des parents un peu
froids (pas tous évidemment!) mais assez pour me déstabiliser cette année.Au moment de l'accueil le matin, je reçois les parents et leurs enfants. Des jeux sur table sont installés et
j'accueillle l'enfant. Cette année, quelques familles rentrent, ne me saluent pas et repartent. Jusqu'à un certain matin du mois de novembre ou j'ai peût être insisté sur ce bonjour qui me semble
faire partie de la socialisation et là je me suis fait proprement insultée par un père de famille. cela m'a beaucoup atteinte et m'a remise beaucoup en question. Au delà de ce sentiment de s'être
sentie blessée, je me sens un peu perdue par rapport à mon métier auquel je croyais vraiment et qui est en train de perdre toute sa valeur. La dernière semaine de noêl avant les vacances j 'ai
essayé de me reprendre et de me dire que j'étais là pour les enfants. j'ai l'impression qu'on remet de plus en plus en cause notre côté professionnel.( surtout en ps car les parents pour la
plupart ne se rendent pas compte de ce que nous mettons en oeuvre pour les enfants?) Comment se positionner à l'accueil, que faut-il exiger des enfants et des parents? Comment
affronter de façon zen l'attitude de certains parents. Je vous souhaite à tous et toutes d'agréables fêtes de fin d'année. Merci Isa pour ce blog plein d'idées et de chaleur .

isa 20/12/2011 18:18



Bonsoir Béa, c'est important de délier les noeuds qui nous étreignent et comme je le disais à Sylvie c'est si important de parler de sa déception, de ses inquiétudes de manière ouverte
comme nous le faisons sur le blog. De cette manière d'autres personnes reçoivent ces paroles comme des échos et se sentent moins seules avec leur contrariété. C'est ton cas , Béa.


Alors que s'est-il passé avec ce parent ? Comment t'es tu expliqué sa réaction ? Qu'est-ce que tu appelles de la froideur chez les parents, comment se manifeste-t-elle ?


As-tu lu le débat sur le choix du métier :ICI ? J'avais fait un résumé LA. Parfois il est
intéressant de se poser pour s'interroger sur nos motivations à embrasser cette profession , cette interrogation peut éclairer la manière dont on ressent les choses et ce qu'on attend de
celle-ci. J'ai le sentiment que pour toi, il faut aller voir par là. On en reparle si tu veux.



sylvie 20/12/2011 00:15


Coucou isabelle,


je suis confuse car je viens de m'apercevoir en relisant les commentaires que le commentaire n°9 n'est pas complet, je le publie à nouveau intégralement même si j'ai avancé depuis..


Suis désolée pour ces erreurs de manip, je ne "contrôle" apparemment pas bien mon traitement de texte.


Ne crois pas que je te persécute, je ne vais pas écrire comme cela tous les jours, c'est juste "un cap" à dépasser me semble t'il. Voilà donc le commentaire 9 dans son intégralité j'espère :


Mon commentaire est un roman fleuve, encore une fois je ne sais pas si il faut, si tu vas le publier Isabelle
car je pense qu’il est assez impudique et pourtant il pose un certain nombre d’ éléments de Travail…


En effet , mon discours intérieur et mon agir 
n’étaient  absolument pas en harmonie  ces 2 dernières  semaines : il est vrai que pendant la période précédente ( novembre, une partie de décembre) au cours de laquelle  tout était becp plus léger, où le plaisir était là, il y avait certainement un nombre d’éléments à prendre en compte : il n’y avait pas 30 élèves mais 25
(gastro, virus) et 3 des enfants qui étaient absents font partie de ceux avec qui ce n’est pas toujours simple…, par ailleurs il est vrai que durant cette période, les  projets menés m’ont becp  plus et donc aux enfants aussi ( réalisation d’arbres en arts plastiques avec un fond
façon Brice Marden et du langage, de la manipulation à propos des éléments de l’automne , tri, kim visuel… puis  prépa de Noël : carte
d’invitation réalisée à la peinture aux billes, couronne de l’avent avec collage d’éléments naturels, déco de la classe …) et la semaine où cela a commencé à dégénérer : réalisation de
sablés  très houleuse … pour clôturer le 16 déc  par un goûter chorale dans ma classe( parents très
nombreux et enftants un peu becp inhibés pour chanter mais moment convivial)…La semaine d’après, dégradation de façon crescendo…avec activités de décoration de comptines, reproduction de modèles
de pâte à modeler( traits dans boule…) et fin de projet. Est-ce que le projet de ces 2 semaines avait moins de sens pour moi ? pour eux ? Ma classe  moins  préparée, moins pensée ? certainement, il est vrai que les moments forts étaient passés…mais cela ne
suffit pas à expliquer la situation .


Qu’est ce qui me pose le plus de problèmes ?  Clairement
l’EPS, Il est vrai que je n’ai pas pris le temps de travailler les séquences que tu proposes, j’ai essayé au départ ( début d’année), la séquence « courir » à partir de l’album
Archibald qui avait très bien marché l’an dernier en PS MS, cela a foiré lamentablement et après j’ai eu très peur…


 j’ai donc repris becp de déplacements, de manipulation de
cerceaux, de jeux de maisons de couleur, jeu des lapins dans leur cerceaux..J’ai aussi très tôt proposé les séances d’observation en EPS, j’ai vite arrêté car cela devenait très vite  dangereux…j’en avais parlé dans mon premier message en septembre et je n’ai pas eu, pas pris le temps de lire le débat que tu m’avais proposé à l’époque
(c’étaient les vacances et je faisais un break je crois), voilà, voilà..il est vrai que l’eps m’a toujours posé problème.


Sinon, quels sont les enfants qui me posent le plus problème ?  Principalement  5 enfants me semblent rencontrer de grandes difficultés :


1  pour qui la frustration est hyper difficile, c’est une des
rares fois dans ma carrière où j’accepte qu’un enfant ne soit pas toujours avec le reste du groupe en  regroupement, ou dans les mêmes activités que
ses camarades sinon il hurle, se débat,…Il est très MOTEUR , dans la cour il grimpe partout, il est très souvent en mouvement ( en récréation il grimpe, grimpe sur la structure), il est
aussi capable de se poser un peu : il joue aux voitures  plutôt seul mais ne m’apparaît pas complètement coupé de la relation d’avec les autres,
même si en y repensant, je me rends compte que je ne l’ai pas assez observé...il aime beaucoup vider les bouchons d’une boîte et  les mettre dans une
autre boîte, en début d’année je remarquais qu’il aimait également sortir une caisse d’un rangement et la ranger, il n’a pas du tout le langage , répète le mot à ma demande depuis peu tel que
CHOCOLAT, dans sa relation avec moi, il dit bonjour ou au revoir car sa maman ou moi insiste .J’ai l’impression d’avoir en face de moi un enfant de 18 mois avec une motricité très développée .il
a été élevé par la grand-mère car la maman travaillait loin et maintenant celle ci est en congé parental car il y a une petite sœur de 1an, je précise qu’il est issu d’un milieu défavorisé.
 En accord avec la psychologue et surtout en accord avec sa mère, il ne vient que 2 matinées par semaine mais même si la psychologue l’a vu 2 fois
dans ma classe, et même si elle m’a confirmé le fait que c’était vraiment une bonne décision, j’ai eu et j’ai le sentiment d’être seule avec cette décision et je n’ai absolument pas l’habitude.
Une  équipe éducative est prévue début février (pourquoi pas Juin ?) … Quand je parle de la nécessité de la présence d’une AVS pour lui et pour
la classe, il m’est répondu qu’il n’y en a pas, plus… par ma directrice. Je ne sais pas quoi penser, j’ai tellement eu l’habitude d’un suivi des élèves de nos classes en ZEP, d’une synthèse en
sept, oct avec l’équipe du Rased, une circulation des informations dans l’école concernant les enfants, leurs difficultés  et  les nôtres  par la même occasion, des regards croisés sur les enfants , un échange le midi entre instits, un
debriefing (ortho ?), une façon d’évacuer en parlant, une mise &a

isa 20/12/2011 09:38



peut-être faut-il le mettre dans deux commentaires consécutifs , car à nouveau il est coupé dans une phrase ?


 



sylvie 19/12/2011 23:51


Mon amie s’était trompée et ce n’était pas Munch mais l’Expressionnisme allemand début 20 éme : un peu de Kandinsky, August Macke, Ernst
Ludwig Kirchner, Erich  Heckel,  début de l’abstraction, on sent venir le cubisme, Picasso… c’était super
coloré… j’ai passé un très bon moment !


   Je suis un peu troublée parce que tu écris : cela me bouscule, va
falloir que « je  bouge » des choses dans cette école… et aussi que j’accepte de me « lancer » ouille ouille ouille. Tout n’est
pas agréable à « entendre »  dans ce que tu écris…


Alors je vais m’y mettre tout de suite à lire et préparer  cette période, avant de me sentir
vraiment  en vacances ! Ce n’est peut-être pas un mal car reculer l’échéance a souvent pour résultat « the stress » : ce n’est pas
faute d’y penser mais au lieu de préparer concrètement tout de suite, je m’y prends au dernier moment de façon un peu bancale, le  résultat est
insatisfaisant et la boucle est bouclée il serait intéressant d inverser la machine !


Concernant tes propositions de modification d’emploi du temps et les remarques sur les nombreux temps collectifs, l’atsem de ma classe me
faisait justement part du fait que peut-être que j’en demandais trop aux élèves en ce qui concerne l’Attention, qu’il leur fallait plus « de liberté »…quelque part, elle avait bien
perçu ce besoin de moins de contrôle et sans doute ai-je multiplié ces moments collectifs ces 2 dernières semaines et ce n’est pas la première fois que « ayant peur de les perdre, j’ai cette
espèce de réflexe « le collectif », le regroupement, effectivement pour les avoir «  sous contrôle (eurkkk).


Concernant l’horaire d’EPS à avancer, c’est malheureusement impossible, la classe d’avant a l’horaire : 10h15-10h45…Donc
10H45-11H15 EPS pour ma classe. Retour en classe 11h15-11H30 : Toilettes pour certains avec l’atsem, pendant que les autres s’habillent avec l’animatrice et moi dans la classe (l’habillage a en
effet toujours lieu dans la classe avant les récréations, pourquoi il en serait autrement ?)  puis installent leur panière ( et doudou à
l’intérieur) sous les bancs de la classe : lecture du menu, petites comptines …( le temps passe super vite à cette heure là)  


Concernant la récré l’après midi, il va falloir que j’argumente…ce n’est pas un problème mais me faire entendre…faire comprendre qu’il s’agit
bien des enfants :


15h - 15h25 :   habillage après dortoir jeux dans la classe


15h25 – 15h55 : ateliers dans la classe ( album langage…jeu de langage et autres)


16h – 16h10 : Album  


16h10 -16h20 : Habillage – sortie


Que ce moment est propice au langage et qu’il est important de l’utiliser puisque nous nous plaignons souvent et à juste titre de ne pas
trouver le temps de langage en petit groupe !


On avance non ?


(au fait, comment réduire le format de photos que je veux envoyer en piéces jointes? )


Merci et bonne nuit

isa 20/12/2011 00:36



Je réalise en me relisant que j'ai été plus que directe, et c'est sûrement que je te sentais prête à entendre, c'est un bon signe qu'il faut que tu  vois et quand tu me dis "on
avance, non ?" ,alors je crois effectivement que tu as changé de position.Concernant les moments collectifs, les enseignants pensent à tort que ce sera plus facile d'avoir tous les élèves sous la
main, c'est au contraire les moments les plus difficiles à gérer , d'ailleurs ta plus grande difficulté n'est-elle pas l'EPS c'est à dire ce grand moment collectif où les élèves ne sont plus
assis ,dans un espace moins contenant qu'une classe, avec des consignes qui doivent être exécutées et comprises par tous, avec le risque qu'un élève emmène le groupe dans l'agitation, alors le
rattrapage est beaucoup plus complexe. Si tu reprends tous les moments qui te posent problème , je veux bien parier qu'ils sont tous collectifs. Plus les élèves sont dans une activité , plus la
maîtrise du groupe est facile. C'est pourquoi quand on fait le bilan de sa classe, on doit réfléchir au temps d'activité, il doit être plus important que le temps collectif d'attente. Il est
préférable d'expliquer dans les petits groupes les consignes, le travail , que de passer un long temps à le faire en grand groupe. tu vois quand on a des difficultés de discipline , il est bon de
commencer à trouver ce qui d'un point de vue pratique et d'organisation peut déjà aider à améliorer les choses, enfin personne n'a la certitude des résultats mais il faut essayer, et si ça ne
fonctionne toujours pas, on essaie autre chose. Après la forme, il y a le contenu mais bon je ne vais pas aller trop vite. Je suis contente de voir tes interrogations qui petit à petit trouvent
tes réponses, je t'ai aidée à repenser ton emploi du temps, c'est ma vision ,mais je pense que tu dois faire comme tu ressens les choses. c'est pourquoi il faut que tu t'écoutes et que tu ailles
vers ce qui te semble le mieux pour eux et pour toi. Je me doutais bien que l'horaire d'EPS n'était pas changeable. Ne te rends surtout pas malade à l'idée de devoir convaincre tes collègues, tu
le feras si tu ressens vraiment que cela doit changer. Les choses bougeront avec tes propres remises en question.


Je trouve que tu as un grand mérite car tu vois ,je fais régulièrement via ma messagerie ce genre de soutien, tu n'es pas la seule à avoir besoin d'aide, mais tu es une des rares à
accepter de le faire sur le blog de manière aussi approfondie. Or je pense que ces échanges sont importants à lire par d'autres pour montrer comment on avance dans sa réflexion. On peut avoir été
en grande difficulté , le reconnaître et trouver la force de chercher comment en sortir. C'est pourquoi j'ai toute confiance pour toi.


Pour les photos, je te conseille de télécharger Photofiltre ( gratuit) et tu importes tes photos, tu cliques droit sur la photo, tu cliques sur taille de l'image et tu indiques ce que tu
veux , personnellement je retravaille toutes les photos qu'on m'envoie et je mets 600 en largeur.


bonne nuit Sylvie



sylvie 19/12/2011 13:53


je viens de réaliser que j'ai zappé un bout de mon dernier commentaire, voici  la suite:



 "  Donc  après l’EPS, pas de séance de langage vraiment possible. Mais pourquoi  ne pas
essayer d’être très à l’heure  dans la salle de jeux,  mettre  Noisette dans son petit lit  dans un coin et finir la séance en langage avec elle ( rituel de fin de
séance)?


Après l’EPS : toilettes collectives ( comme j’aime !!!!), je me passerais volontiers de ce moment et je le remplacerais
allègrement par un album plaisir dans ma classe pdt que l’atsem viendrait chercher les enfts de la cantine, tranquillement, sans énervement…. ( comme dans mon école précédente)


Malheureusement il y a un hic, des toilettes minuscules pour 2 classes de PS donc j’accepte en rentrant de la salle de jeux de passer
par les toilettes (qui sont grandes) et donc c’est moi qui passe aux toilettes avec l’atsem , l’animatrice nous y rejoint, nous traversons ce long couloir et c’est LE BRONX ( c’est mieux qu’en
début d’année  mais j’exècre ce moment où les enfants de la cantine  commencent à s’habiller ( dans un
espace très réduit) pendant que les 5 autres entrent dans la classe pour s’habiller, prendre leur sac, leur doudou … ce n’est vraiment pas confortable, « sécur » pour eux, pour moi…Ils
sont, nous sommes « entre 2 », entre 2 portes, entre la maitresse qui les abandonne rapidement en fermant la porte pour rentrer dans la classe avec les 5 qui s’en vont et l’animatrice
et l’atsem qui tentent bien que mal de les faire s’habiller dans cet étroit  couloir .


La dernière frustration concerne la récréation de l’après midi :trop tôt ? trop tard ?


Dans mon école, l’an dernier les petits sortaient si ils le désiraient et peu en début d’année, peu en hiver…j’ai évoqué ce fait mais
les collègues m’ont répondu que la collègue que je remplaçais , ne sortait effectivement pas mais que cela posait un problème de services dans une école de 9 classes..Je ne sais pas trop mais
c’est sûr que ,voyant les difficultés au début de l’année  pour que les enfants soient  habillés
 et  complètement prêts quand les parents arrivent et le fait que j’ai envie de « prendre
l’air » et voir une collègue je suis sortie….


 


Mais ne pas raconter d’histoire  à la fin de la journée, cela manque …


 


Voilà, cette description non pas pour me plaindre mais à la fois pour faire le point et essayer d’améliorer. Si tu as, si vous avez des remarques, idées même si je sais que je vois certainement
plus clair  car vue de l’extérieur, ce n’est pas évident.


 


Merci beaucoup pour le temps que tu prends pour moi Isabelle.


j'en profite pour ajouter une dernière reflexion : en relisant ton travail sur les 5 sens (2009 je crois), prévu pour cette période justement, avec plein de chouettes  propositions, je
me dis que ce serait bien que je suive cette progression puisque c'est en complète adéquation avec mon projet d'école, faisons nous confiance quoi!... Je vais voir si je trouve les
livres et je vais relire les séances...mais cet après midi expo sur Munch à la pinacothèque..waouhhh ...contente!  


 

isa 19/12/2011 17:01



J'adore voir le cheminement qui est parti d'un grand sentiment de désespoir et qui progresse vers une prise de conscience que les détails peuvent jouer et qu'il faut commencer par ce côté
là.


Effectivement, je le dis aussi souvent sur ce blog, ce ne sont pas les élèves qui doivent s'adapter ( même si c'est aussi un processus normal) mais c'est aux adultes de trouver les
solutions pour que les choses s'améliorent.


Reprenons du début:


tu te sens si vulnérable que tout te fait peur et je crois que tu hésites sur beaucoup de choses. tu parles de temps qu'il te faut pour t'approprier les idées ( projet, eps, choix des
préparations du blog), je pense que c'est une manière de ne pas choisir. J'ai le sentiment que tu ne te sens pas encore chez toi dans cette école et t'investir reviendrait à accepter ce
changement qui pour le moment te frustre et t'entretient dans une certaine nostalgie de ce que tu as connu. Il me semble que c'est dans cette acceptation qu'il faut que tu travailles: " Accepter
les choses qu'on ne peut changer ".


Jusau'à présent nous étions dans le ressenti, puis tu es enfin arrivée à ton organisation temporelle et pratique, celle -ci a effectivement un rôle dans l'agitation et
l'insatisfaction.


Quand je lis ton emploi du temps, je ne suis pas étonnée de tes problèmes. Pourquoi ?


Si on attribuait des couleurs aux moments collectifs ( disons rouge) et aux moments individuels (disons bleu), d'après toi quelle couleur serait majoritaire ?


 en ce qui te concerne , sans hésitation ce serait rouge. Or, le type d'élèves que tu m'as décrit est plus en difficulté lors des moments collectifs, ces moments demandent un grand
contrôle, ils n'en sont pas capables. Il va donc falloir revoir cette organisation qui les met en difficulté.


Mes propositions sont:


premier regroupement 8h50- 9h05 : regroupement rituels +livre


9h05-9h40: ateliers en petits groupes


9h40-9h45: habillage ( les élèves vont chercher leur manteau dans le couloir et reviennent s'habiller dans la classe), si une surveillante est dans la cour, les élèves sortent au fur et à
mesure qu'ils sont prêts.


10h15-10h35: regroupement marionnette + discussion autour de la séance d'EPS en anticipation ou bien en bilan de la veille.


10H40-11h10 ( si c'est possible d'avancer de 10 mn, peut-être pas dans une école à 9 classes) mais bon si c'est possible, ce serait bien,séance  EPS qui doit durer au minimum 30
mn.


11h10-11h30 ateliers dans la classe ( album langage ou autres) et l'atsem prend les élèves qui ont besoin d'aller aux toilettes( on sait trés bien que dans un passage aux toilettes, un
petit nombre en a vraiment besoin) et les emmènent dans les petites toilettes. Ensuite, retour dans la classe et habillage dans la classe avec l'aide de l'animatrice et l'atsem de ceux qui vont à
la cantine, les 5 qui restent jouent tranquillement dans le coin regroupement. Il faut bannir l'habillage dans un couloir étroit, c'est source de stress cette promiscuité. L'habillage peut être
un moment de défi, de jeu qui fait que les élèves le vivent bien.


Concernant la récré en fin d'après midi, il faudra que quelqu'un m'explique à quoi ça rime, une récréation est obligatoire pour permettre aux élèves de souffler au milieu de deux plages
de classe ( re-création), elle doit leur permettre d'évacuer l'énergie accumulée durant le temps de concentration demandée en classe. Faire une récré en fin d'après midi, c'est méconnaître les
bienfaits de cette parenthèse et réfléchir en terme d'organisation pratique au détriment du bien-être des élèves. Cela me rappelle la première école où j'ai débarqué après mes années d'école
normale, il y avait un bac à sable ( normal dans une cour d'école maternelle) mais les élèves n'avaient pas le droit d'y aller car ils rapportaient du sable dans les couloirs, du coup , pour
arranger le travail des adultes on privait les enfants d'une activité qui leur était soustraite devant les yeux. Je n'ai jamais accepté de telles pratiques et malgré mon jeune âge et mon
inexpérience, j'ai refusé de faire la chasse au sable. D'autres collègues m'ont suivie et finalement il a été décidé de changer cette régle. Au début , les atsem m'en voulaient puis finalement
elles se sont aperçues que les récré étaient beaucoup moins fatigantes car les enfants jouaient tranquillement au sable, par ailleurs je les respectais et les aidais du mieux que je pouvais, donc
au final, les relations se sont améliorées pour finir dans une trés bonne entente.


Tout ça pour te dire que tu arrives dans cette école, visiblement on te donne l'horaire que personne ne veut en EPS, on te demande de faire le passage aux toilettes ici et pas là, on te
refuse l'idée que tu ne sortes pas en récréation l'après midi si tu estimes que tes élèves n'en ont pas besoin puisqu'ils ont dormi, donc tu acceptes mais tu es frustrée, malheureuse, alors il
faut à un moment donné voir comment améliorer ton organisation et si tu dois un peu toucher à l'organisation générale tu dois oser le faire. L'idée c'est que les choix seront toujours faits dans
l'intérêt des élèves , voilà la seule justification, les adultes doivent passer après l'intérêt des élèves, il ne faut jamais l'oublier.


Je pense que tu vas trouver ta confiance et que tu vas réaliser que ta peur n'est pas justifiée. Sylvie quand on se lance dans un projet, on a à la fois le droit à l'erreur et à la fois
le droit de changer, on dirait que tu es dans l'irréversibilité, rien n'est figé, lance toi !


Et Munch ?






sylvie 19/12/2011 11:57


 


Très contente de lire ta réponse à mon commentaire, je redoutais je dois dire...et cela me fait chaud au
coeur! C'est vrai qu'en écrivant, je me demandais en même temps ce que j'attendais de toi, et une iddé me venait parfois en tête, je te la livre telle qu'elle est venue: "dommage qu'il ne soit
pas possible d'avoir un coach dans sa classe"... (moi qui ai horreur de toutes ces émissions débiles), je sais bien que c'est idiot et dangereux car je ne suis pas l'Autre... Je sais que cela
m'est venu comme un "appel" de désespoir, tu écris "vulnérabilité" et c'est bien le mot du moment par rapport à la situation. Pour tout te dire, je pense à la prochaine période et moi qui en
général, suis assez "traditionnelle" en janvier (fête de la galette, roule galette et le "tutti quanti" avec bien sûr des idées d'arts plastiques piochées dans ton blog+ un livre sur les visages
couronnés ( travail sur les prénoms, l'initiale: loto, modelage...),j'oscille donc entre cette envie de faire ce que je viens de décrire et le fait que le projet d'école porte sur "les 5 sens" et
donc tenter de suivre ta progression de 2009 découvrir le monde, mais j'ai peur de me lâcher dans le vide ( excuse moi tes propositions ne le sont absolument pas : peur de ne pas trouver les
bouquins, que cela soit trop compliqué, que je n'y arrive pas quoi, en cette petite période sympathique de dout. Alors, je réflechis et comment cela se fait que cela a très bien fonctionné à la
rentrée de nov: même recette, becp de moi, un peu de ( excuse moi : toi) et la sauce a prise! alors pourquoi pas accepter de me , leur faire confiance?


Effectivement, reste le problème du projet d'école qui est pourtant fort intéressant à travailler. Je
remarque que j’ai toujours besoin d’un certain temps pour me l’approprier donc laissons le temps aux choses et parcourons tes idées tranquillement, je vais bien trouver. J’ai déjà amorcé comme
mes collègues le « Gouter » avec les fruits en début d’année, en reprenant tes types d’expérience… j’aime, je n’aime pas… Je n’étais pas très convaincue par ce morcelage, découpage des
sens dans l’année mais la sortie au verger et mes collègues m’ont plus ou moins décidés, j’y suis allée… je pense que l’année prochaine sera différente.


Quand à l’EPS, il va falloir que je m’y
attèle (  vilaine expression qui montre  mon  envie…euh). Pour cela, je pense que je n’ai pas assez
parcouru, lu les séances que tu proposes, je vais donc le faire et essayer de me les approprier. Le lancer m’intéresse  …je dois réfléchir et
peut-être te poser des questions après lecture et aussi lire un certain débat que  tu avais évoqué à un certain moment.


Cependant, des points me gêne depuis le début de l’année concernant mon emploi du temps :


Je le décris rapidement :


8h20- 8h45 : accueil coins jeux modelage dessin….avec parfois reprise de ce qui a été fait dans la semaine…


8H45 : rangement


8h50 – 9h 30 : rituels activités en ateliers


9h 30 – 9h 45 : chants habillage


9h45- 10H15 : récré


10h15 – 10h45 : album et séance de langage avec Noisette la marionnette ( pas toujours assez préparée). Pas le temps pour séance
album langage…


10H50-  11h15 : EPS


11h15 -11h30 : passage aux toilettes collectif


13h 20- 14h45 / 15h-  15h45 : habillage /jeux dans la classe et tentative d’activité
mais temps trop court donc  pas très confortable et pas assez de temps pour parler avec les enfants à l’habillage donc priorité redonnée à ce
temps


15h45- 16h15 : récréation


16H15-16h30 : enfants ne se déshabillent pas car préparation  de la sortie, sacs à
mettre sur le dos, doudous à vérifier,  cahiers qu’enfant distribue le vendredi et parfois d’autres jours , enfants de la garderie qui
partent…            Il faut livrer les enfants « clé en main » car les parents viennent
les chercher par la sortie de la cour .


De nombreuses frustrations avec lesquelles je me suis plus ou moins « faite » :


Principalement l’horaire d’EPS : l’an dernier, j’ai goûté  à l’ horaire d’eps de 9h
ou 8h45, enfants très attentifs, séance de langage avec Noisette  qui coulait de source  (très
fonctionnelle et ayant becp de sens  car les enfants racontaient…prenaient conscience de ce qu’ils avaient « appris » mais une collègue a
demandé ce créneau horaire libre quand je suis arrivée car c’était celui de la personne ayant quitté l’école dont j’ai récupéré le poste, j’ai dit qu’il m’intéressait mais je n’étais pas
prioritaire et elle avait eu mon créneau actuel depuis qu’elle est dans  l’école (3,4 ans) et elle 
n’arrivait pas aller en EPS à cet horaire. Elle a des Petits moyens   ( 8 PS et le reste MS). Dommage !


Donc  après l’EPS, pas de séance de langage vraiment possible. Mais pourquoi  ne pas essayer d&rs

sylvie 18/12/2011 22:53


Mon commentaire est un roman fleuve, encore une fois je ne sais pas si il faut, si tu vas le publier Isabelle
car je pense qu’il est assez impudique et pourtant il pose un certain nombre d’ éléments de Travail…


En effet , mon discours intérieur et mon agir 
n’étaient  absolument pas en harmonie  ces 2 dernières  semaines : il est vrai que pendant la période précédente ( novembre, une partie de décembre) au cours de laquelle  tout était becp plus léger, où le plaisir était là, il y avait certainement un nombre d’éléments à prendre en compte : il n’y avait pas 30 élèves mais 25
(gastro, virus) et 3 des enfants qui étaient absents font partie de ceux avec qui ce n’est pas toujours simple…, par ailleurs il est vrai que durant cette période, les  projets menés m’ont becp  plus et donc aux enfants aussi ( réalisation d’arbres en arts plastiques avec un fond
façon Brice Marden et du langage, de la manipulation à propos des éléments de l’automne , tri, kim visuel… puis  prépa de Noël : carte
d’invitation réalisée à la peinture aux billes, couronne de l’avent avec collage d’éléments naturels, déco de la classe …) et la semaine où cela a commencé à dégénérer : réalisation de
sablés  très houleuse … pour clôturer le 16 déc  par un goûter chorale dans ma classe( parents très
nombreux et enftants un peu becp inhibés pour chanter mais moment convivial)…La semaine d’après, dégradation de façon crescendo…avec activités de décoration de comptines, reproduction de modèles
de pâte à modeler( traits dans boule…) et fin de projet. Est-ce que le projet de ces 2 semaines avait moins de sens pour moi ? pour eux ? Ma classe  moins  préparée, moins pensée ? certainement, il est vrai que les moments forts étaient passés…mais cela ne
suffit pas à expliquer la situation .


Qu’est ce qui me pose le plus de problèmes ?  Clairement
l’EPS, Il est vrai que je n’ai pas pris le temps de travailler les séquences que tu proposes, j’ai essayé au départ ( début d’année), la séquence « courir » à partir de l’album
Archibald qui avait très bien marché l’an dernier en PS MS, cela a foiré lamentablement et après j’ai eu très peur…


 j’ai donc repris becp de déplacements, de manipulation de
cerceaux, de jeux de maisons de couleur, jeu des lapins dans leur cerceaux..J’ai aussi très tôt proposé les séances d’observation en EPS, j’ai vite arrêté car cela devenait très vite  dangereux…j’en avais parlé dans mon premier message en septembre et je n’ai pas eu, pas pris le temps de lire le débat que tu m’avais proposé à l’époque
(c’étaient les vacances et je faisais un break je crois), voilà, voilà..il est vrai que l’eps m’a toujours posé problème.


Sinon, quels sont les enfants qui me posent le plus problème ?  Principalement  5 enfants me semblent rencontrer de grandes difficultés :


1  pour qui la frustration est hyper difficile, c’est une des
rares fois dans ma carrière où j’accepte qu’un enfant ne soit pas toujours avec le reste du groupe en  regroupement, ou dans les mêmes activités que
ses camarades sinon il hurle, se débat,…Il est très MOTEUR , dans la cour il grimpe partout, il est très souvent en mouvement ( en récréation il grimpe, grimpe sur la structure), il est
aussi capable de se poser un peu : il joue aux voitures  plutôt seul mais ne m’apparaît pas complètement coupé de la relation d’avec les autres,
même si en y repensant, je me rends compte que je ne l’ai pas assez observé...il aime beaucoup vider les bouchons d’une boîte et  les mettre dans une
autre boîte, en début d’année je remarquais qu’il aimait également sortir une caisse d’un rangement et la ranger, il n’a pas du tout le langage , répète le mot à ma demande depuis peu tel que
CHOCOLAT, dans sa relation avec moi, il dit bonjour ou au revoir car sa maman ou moi insiste .J’ai l’impression d’avoir en face de moi un enfant de 18 mois avec une motricité très développée .il
a été élevé par la grand-mère car la maman travaillait loin et maintenant celle ci est en congé parental car il y a une petite sœur de 1an, je précise qu’il est issu d’un milieu défavorisé.
 En accord avec la psychologue et surtout en accord avec sa mère, il ne vient que 2 matinées par semaine mais même si la psychologue l’a vu 2 fois
dans ma classe, et même si elle m’a confirmé le fait que c’était vraiment une bonne décision, j’ai eu et j’ai le sentiment d’être seule avec cette décision et je n’ai absolument pas l’habitude.
Une  équipe éducative est prévue début février (pourquoi pas Juin ?) … Quand je parle de la nécessité de la présence d’une AVS pour lui et pour
la classe, il m’est répondu qu’il n’y en a pas, plus… par ma directrice. Je ne sais pas quoi penser, j’ai tellement eu l’habitude d’un suivi des élèves de nos classes en ZEP, d’une synthèse en
sept, oct avec l’équipe du Rased, une circulation des informations dans l’école concernant les enfants, leurs difficultés  et  les nôtres  par la même occasion, des regards croisés sur les enfants , un échange le midi entre instits, un
debriefing (ortho ?), une façon d’évacuer en parlant, une mise à distance, des fous rires partagés, de la connivence…ici, personne ne mange ensemble, après laide personnalisée( je laisse
cette erreur typographique car dans ce contexte où je cours tte la journée, je trouve que c’est assez juste même si ce que je fais avec les grands ne me déplaît pas du tout,c’est juste pas ma
priorité en ce moment) , c’est repas soit dans sa classe, soit retour à la maison. C’est  un choc pour moi mais je « m’y fais » ou
vais

isa 19/12/2011 00:39



bien-sûr Sylvie que je laisse ton commentaire et qu'il est important pour ceux qui nous lisent de voir les cheminements: le tien et le mien.


Donc suite à ce commentaire, j'ai sorti 11 mots qui m'ont intéressée et je leur ai donné une explication ou bien une interrogation, ces mots sont dans l'ordre où tu les as
écrits:


1      
impudique : se livrer totalement sans contrôle, reconnaître  que ça ne marche pas


2      
foiré : ça ne marche pas


3      
peur : perte de la maîtrise, du contrôle


4      
dangereux : risqué pour qui ?


5      
hurle : cri donc non contrôle


6      
rangement : ça marche quand il range, quand il contrôle


7      
surtout : surmoi , ce sont les parents


8      
seule : pas de soutien


9      
évacuer : sortir, partir ?


10choc : réalité


11m’y fais : méfie


Comme tu le vois, j'ai pointé combien ton questionnement sur le contrôle (de toi et des élèves) était ta préoccupation, celui ci se mélange et c'est bien normal, si les élèves perdent
leur contrôle , l'enseignant peut se sentir en danger ( mot qui apparaît dans ton écrit). Je pense que tu es en insécurité, tu n'es pas maître de ta classe dans le sens où tu es sur la défensive
vis à vis des parents et vis à vis de ta directrice ainsi que tes collègues dont tu n'oses pas parler, ton sentiment de solitude est réel et tu découvres que dans une école plutôt "favorisée", il
n'y a pas de solidarité et d'appui. Du coup, les élèves ressentent cette faille, rien de tel pour qu'ils te provoquent, non pas pour te faire flancher mais au contraire pour te dire: " eh
maîtresse nous avons besoin que tu sois forte". Tu vois bien que tu as renoncé à faire certaines choses que tu aurais aimé faire mais qui te mettaient en vulnérabilité plus encore. Ta solitude te
pèse, tu recules sur des projets et du coup, tu fais des choses plus contrôlées mais sûrement ennuyeuses de ton point de vue. Tu vis une grande frustration, tout cela les élèves le perçoivent.
Ils ont besoin de sincérité. Alors forcément les plus problèmatiques sont encore pires car ce sont eux qui se sentent le plus en danger. Le petit que tu décris montre des attitudes
caractéristiques d'enfant qui relève d'une aide spécialisée, cet apaisement dans les gestes répétitifs est un signe typique. Mais quelque soit les enfants et leurs difficultés , ils ont besoin
d'un cadre rigoureux qui les contiennent. Effectivement , le nombre n'aide pas et c'est toujours avec vigueur que je dénonce les conditions d'accueil que nous proposons actuellement à ces petits
enfants. J'assistais récemment à une conférence où il était question de travailler avec des petits enfants et le prestigieux conférencier disait combien plus les enfants sont petits et plus les
personnes qui s'en occupent devraient être qualifiées et les conditions d'accueil soignées. Malheureusement, nous en sommes toujours à des classes à 30 et un certain rabaissement de la fonction
d'enseignant en maternelle.


Tu as vécu la réalité de cette école et son fonctionnement différent de ce que tu connaissais, tu n'as toujours pas surmonté ce choc ( comme tu le dis), c'est un choc car je pense que tu
t'imaginais autre chose et tu ne pensais pas que l'école puisse être vécue dans l'indifférence.


Les points positifs selon moi sont d'abord


ta démarche:



chercher de l'aide (tant pis ailleurs que dans ton école pour le moment), tenter d'analyser en sortant des choses intimes, oser reconnaître ses ratages et en parler



tes petits élèves:



ils te disent des choses et je crois qu'ils sont tes voyants lumineux, ils te préviennent quand ça ne va pas. oui c'est difficile mais il faut comprendre que dans une classe, il ne faut
pas vivre en adversaire mais plutôt en co-équipier. Personne n'a intérêt à ce que tu craques ou que la classe soit ingérable. La sincérité, c'est dire:" Stop on arrête et là je vous dis, ce
n'est pas possible ,je n'y arrive plus, comment on va faire ?"



une partie de la période a marché et même bien:



ce qui veut dire que c'est possible ,même s' il te manquait des élèves, c'est positif.



Maintenant, ce n'est pas ce soir que les choses vont changer mais je pense que dans cette réflexion tu construis petit à petit une compréhension de la situation qui va te permettre
d'éclairer le tunnel.


dernière chose: qu'attends tu de moi ? Cette question est abrupte mais elle doit te permettre de chercher en toi la direction que tu veux prendre.


Bonne nuit Sylvie et merci de ta confiance , personnellement je pense que tu es une enseignante trés valable, je suis à peu près sûre que tu es quelqu'un qui travaille beaucoup mais ton
désir de perfection joue contre toi.



sylvie 17/12/2011 16:55


Bonjour à  toutes et tous,


Hier, après l'école j'ai écrit un commentaire très long et tout d'un coup celui ci s'est envolé( peut être 1 mauvaise manip)...sur le coup, j'étais très déçue, j'y avais mis tellement de moi et
puis aujourd'hui finalement je me dis que cela me permet d'avoir un peu de distance par rapport à ces 2 dernières semaines passées dans ma classe et aussi ce message était assez violent et
douloureux...alors aujourd'hui simplement je dirais que: malgré vos conseils, encouragements et phrases très sensées ces derniers moments ont été "comme une tempête ( excitation de Noël, pas
de récré,  mon organisation qui laissait fortement à désirer pour la fête de noël) et j'étais sans dessus dessous, la classe était un chaos et alors que j'avais essayé d'être cadrante et
encourageante, la machine s'est emballée ( le petit enfant qui ne supporte pas la frustration et qui ne vient que 2 matinées par jour suite à 1 entretien avec la maman dont J'ai pris
l'initiative en novembre, était là toute la journée) et je pense que ma patience, ma RESISTANCE était déjà fort entamée depuis ces 2 semaines , n'était plus "opérationnelle" et il
n'a pas été possible de faire machine arrière. Je me rends compte que ce message va être long lui aussi ...Je dois dire qu'il est important pour moi de le livrer, de tenter d'analyser ici
puisque l'Institution ne propose aucun lieu pour ce type d'échanges sur nos pratiques.


j'ai déjà rencontré ce genre de difficultés selon les groupes classes, sans doute moins évident  pour moi quand les enfants ont particulièrement besoin que je "tienne "bon le cadre...J'ai
travaillé dans des groupes de pédagogie institutionnelle, un peu freinet et un peu plus personnellement... Cependant depuis qqlques années, j'avais trouvé une sérenité dans ma classe (petite et
moyenne section en ZEP dans 1 équipe très généreuse et solidaire, joyeuse), j'avais trouvé un cadre qui me satisfaisait ...Sans doute le changement d'école,et surtout la petite section 
à 30 enfts et plusieurs enfts qui me semblent avoir de très grosses difficultés face aux limites ont entaillé , réveillé des éléments qui me font peur et me déstabilisent complètement.


Je précise qu'après une rentrée très difficile ,au mois de novembre et jusqu'au 16 décembre , je me sentais très bien dans ma classe et les enfants aussi et bien entendu dans ce cas, je
me sens RICHE de mon métier, très ouverte et convaincue...par contre ce que j'ai vécu ces derniers temps ont été l'effondrement, le sentiment d'aboyer sur les enfts, de régler les choses au coup
par coup et puisque la parole ne faisait pas sens le corps a parlé ( comme chez les enfts non parleus): j'asseyais un enft qui avait besoin de se calmer de façon non sereine mais emportée,
brusquement et bien entendu je me suis détestée... Et cette violence revient souvent ds mon ressenti: voilence de la rentrée, sans doute faut il y reflechir...Brf, par le biais de ton blog
Isabelle je trouve de nombreuses réponses, je sais que l'organisationnel est primordial et tu évoques des outils, des idées très riches...J'arrête ici mon message car il pourrait encore
s'envoler? Je précise juste que tout va très bien dans ma vie par ailleurs, je nsuis pas dépressive...Juste ce problème quand il surgit , m'obsède et j'essaie de l'analyser....En début de
vacances, cela  me semble préferable A bientôt

isa 17/12/2011 17:59



Tu as raison Sylvie de venir dire ici ce que tu ressens. Concernant ton commentaire, ce que je te conseille ,si tu penses avoir un long message à écrire,est de le faire d'abord sous word,
ensuite tu copies et tu colles dans le cadre à commentaire. Cela t'évite ces problèmes de disparition.


Je me doutais un peu que les choses n'allaient pas s'arranger dans l'immédiat, sachant par expérience combien cette période de Noël était un grand moment d'agitation et de
fatigue.


J'ai le sentiment que tu culpabilises beaucoup de ne pas être à la hauteur, de ne pas réussir à te contrôler, à contrôler ta propre violence face à celles des élèves, que tu as le
discours intérieur et l'agir extérieur en plein conflit. L'un te dit ce que tu voudrais, et l'autre fait comme il ressent sans tenir compte de ta volonté, ce dilemme te laisse un trés mauvais
goût. Tu t'en veux, tu en veux aux élèves aussi, d'autant plus que tu as eu une période qui a fonctionné, tu pensais donc être sortie de la mauvaise passe du début, c'est encore plus difficile
quand on a le sentiment de régresser.


Tu ne parles pas de tes collègues, de l'atsem qui t'accompagne, dans quelle ambiance travailles-tu ? te sens tu soutenue ? peux-tu parler de ce que tu vis en dehors de notre salle des
maitres ?


Quand tu tentes d'analyser les choses, parviens-tu à comprendre ce qui s'est passé ou bien tout se bouscule sans que tu puisses poser ta réflexion ?


combien d'élèves sont pour toi difficiles à maîtriser ? Quand rencontres-tu le plus de difficultés ? As-tu le sentiment d'avoir relâché ton travail, tes exigences ou bien rien n'a changé
et pourtant ça ne marche plus ?


Si une collègue rencontrait ses mêmes difficultés , que lui dirais-tu ?


J'essaie de t'aider dans ta réflexion en te posant toutes ces questions, tu y réponds si tu le souhaites mais tu peux aussi le faire pour toi. Ma démarche est de donner différents angles
à analyser afin de regarder la situation de manière variée. Je reste à ton écoute Sylvie, je ne prends des vacances qu'à partir du 23.


 



Magali 15/12/2011 22:14


Juste un petit mot... pour permettre aux enfants d'attendre les parents, ou bien la cantine, j'affiche les comptines que l'on a déjà apprises dans le couloir... quand il y a un peu trop
d'agitation, on les reprend... ça permet de patienter... et de combattre alzheimer...pour moi !

Muriel 15/12/2011 20:24


Les conseils de Liette sont très intéressants en effet... Bien sur la situation nous oblige parfois à sortir de notre "place", càd de l'attitude qu'on aimerait avoir (genre bienveillante et
douce)... et c'est douloureux de ne pas pouvoir se comporter comme on le voudrait (càd être sévère et autoritaire, par ex).


Les calendriers de comportement s'établissent avec l'enfant et la famille suite à une rencontre: on décide conjointement d'un critère simple qui sera évalué chaque jour: un pour l'école et un
pour la maison (car ne nous leurrons pas: s'ils sont affreux en classe, c'est pareil à la maison, avec des parents désorientés qui ne savent plus quoi faire...!!!) et un codage qui sera noté sur
un "calendrier" qui fait la navette maison/école chaque jour (soleil/nuage, feux tricolores, smiley ou autre à notre convenance)


Les enfants se sentent cernés par des adultes cohérents et cadrants, la relation de confiance famille-école est établie, et en général rien que ça ça fait de l'effet! Les parents jugent s'ils y a
une sanction ou une récompense à la clé... mais les efforts sont mis en mots chaque jour. C'est contraignant, cela se fait sur une durée limitée (mois, période,...) mais contractualise les choses
avec l'enfant.


Par ex il y a quelques années, j'en avais un enfant de MS violent avec ses camarades à l'école, (notre critère: ne pas embêter mes camarades) et pour la maison cela a été "je ne tape pas ma
maman"... je n'en dis pas plus, vous avez compris... On ne voit en classe que la partie émergée de l'iceberg...


A bientôt Sylvie!

Liette 15/12/2011 18:20


Bonjour à tous,


premier commentaire pour moi, je brave ma timidité pour vous refiler mes quelques tuyaux qui n'engagent que moi...


Première précision j'ai des grands depuis trois ans mais j'ai eu des petits...


Deuxième précision j'enseigne en zep donc j'ai moins de 25 enfants dans ma classe.


Troisième précision, je suis une impatiente et impulsive.Alors, je dois sans arrêt faire un travail sur moi pour ne pas m'agacer. non pas qu'ils soient agacants, mais ben ce sont des enfants
quoi...


Donc ma méthode mise au point depuis deux trois ans et qui fonctionne, je dois le dire, très bien  : leur donner un cadre très strict avec un cadre très très précis jalonné de
repères rigoureux. à la rentrée, je ne lache rien et je perds un temps fou pour mettre en place tout ca, mais après, quel plaisir, quel bonheur...


Donc, pour être un peu plus concrète, dans le cas de l'habillage des enfants, moi je te conseillerai de raccourcir quelque peu ta séance de gym pour pouvoir organiser cet habillage dans le calme
le plus complet, quitte à y consacrer un quart d'heure au début...


Ils sont sur les bancs? Alors  déja j'attendrai que t tout le monde soit assis,ensuite j'enverrai deux par deux les enfants prendre leurs vêtements (manteaux?) . Quand deux enfants
se sont rassis, j'en envoie deux autres qui retournent là ou ils étaient.... les adultes passant et aidant les enfants qui doivent  eux, rester à leur place. cet organisation peut ensuite
évoluer quand ils auront compris que l'habillage se fait dans le calme.


Pour l'accueil, peut être que tu peux fermer les coins jeux sources de bruit et de conflits et leur proposer des activités calmes, type dessin, ou puzzles,ou livres ou que sais je encore
qu'ils font à une table tranquillement. Tu as une atsem je suppose , elle peut être chargée d'installer chaque enfant à la place de son choix pendant que tu accueille chaque enfant avec son
parent, qui à cette époque de l'année ne devrait pas rester plus de cinq minutes, il me semble.


Voilà pour les queslques conseils que je me permets de te donner.


bon courage et ne désespère pas, ca va venir. !!


 

isa 15/12/2011 18:43



merci Liette et bienvenue ici, je suis contente que tu aies bravé ta timidité pour aider une collègue. La rigueur est une qualité positive et tu expliques trés bien que tu as besoin de
celle-ci pour surmonter ton propre tempérament. Chacun trouve l'expression de sa propre rigueur, mais il est certain que lorsque je dis "tenir bon", je dis la même chose. Avoir toujours les mêmes
exigences. Nous avons nos règles, ce qui est important c'est la cohérence.



laurence 15/12/2011 01:10


Tu ne peux pas essayer d'organiser l'habillage dans la classe en y consacrant 10 mn au lieu de 5?


Vous seriez ainsi 3 adultes également.


Féliciter et récompenser  aussi à ce moment leur accession à l'autonomie ( gommette, etc..)mais également sanctionner immédiatement une attitude délibérément "désobéissante" par le même
procédé.


Sinon,mon expérience en milieux zep et favorisé, me fait constater que les enfants qui ont le plus de difficultés à adopter le comportement souhaité à l'école sont les
enfants à qui la famille ne donne pas la bonne place non plus à la maison: survalorisés ou trimballés, surinvestis ou ignorés.


Rajoutons à cela le doute et la culpabilité de ne pas être , pour diverses raisons, le parent parfait et les comportements éducatifs conséquents deviennent souvent néfastes voire toxiques.


Essayer d'aider les parents, quand cela est possible, et souvent la mère, à lâcher et à faire confiance à son "bébé"....


Je pense aussi comme toi ,Isa, que le mot "aimer"n'est surtout pas le bon ici, mais que nous serions de bien mauvais enseignants sans compréhension ni empathie pour nos  élèves.


Mais contrôler ses émotions est une compétence à travailler chaque jour de notre vie adulte aussi.


J'essaie, j'essaie....


Bon repos , bonnes vacances à tous, bon courage aussi pour la suite


Isa, merci pour ce temps de parole autorisée, ce temps d'écoute, qui compensent ceux que nous ne savons pas ou ne pouvons pas vraiment instaurer dans nos journées. 


 


 


 

isa 15/12/2011 11:52



J'ai vraiment du plaisir à lire vos commentaires et à chaque ouverture de la salle des maîtres , je me félicite ( oui ,ça arrive, ça fait du bien) de l'avoir créée parce que tout ce que
vous dites est tellement sincère et plein de vérité. J'ai bien senti que Sylvie avait besoin de soutien et je me suis dépêchée de mettre en ligne car je savais qu'il y aurait des personnes pour
venir lui apporter des paroles qui soulagent. Personne n'est à sa place et nous ne savons pas ce qu'elle vit, mais en parler est déjà une forme de partage et donc de soulagement. Un lieu pour
déposer le poids de son ressenti est une nécessité professionnelle, j'espère qu'un jour, les décideurs en mesureront la justesse et choisiront d'aider leurs professeurs à supporter un quotidien
qui peut parfois ressembler à un enfer. Le jour où ceci arrivera, je serai la première à me porter candidate pour tenir une salle des maîtres "en vrai".



sylvie 14/12/2011 23:53


Je rentre de la danse africaine et je lis vos messages. Merci pour votre "écoute" et ces conseils : se mettre à distance en théâtralisant la colère, cela me parle, j'ai bien envie d'essayer de
façon à garder mon sang froid et ne pas être "chaud bouillant" à l'intérieur. Garder obstinément en tête le fait que  oui c'est un défi de "rester cet adulte qui "tient", qui montre les
règles de vie très visuelles écrites en gros et qui ont pris leur sens au début de l'année si peu évident pourtant ( des enfants m'ont d'ailleurs demandé de les écrire au tableau devant
eux!). oui, je pense également écrire un petit mot sur ma porte expliquant doucement aux parents que leurs enfants ont grandi et qu'ils peuvent maintenant les laisser entrer seuls dans la
classe...L'an dernier je travaillais en ZEP et je ne m'attendais pas à rencontrer autant de difficultés dans 1 école de centre ville (enfants dans la toute puissance...), je suis un peu tomber
des nues... comme quoi les préjugés... les difficultés ne sont pas les mêmes mais elles existent. Il est vrai que l'effectif n'est pas le même non plus : 30 PETITS,17 garçons et 13 filles. Je
suis entrain de mettre en place des "métiers"( comme "ranger la pâte à modeler, la cuisine..." afin de les responsabiliser, de faire en sorte qu'ils appartiennent davantage au groupe de la
classe (ils conservent leur métier un très long moment, c'est pourquoi je ne les appelle pas "responsabilités" et plus tard ils pourront changer et demander à changer,
choisir... )j'utilise les métiers en petite moyenne section depuis longtemps et c'est vraiment intéressant et magique de voir la façon dont certains enfants "naissent" ( j'exagère un
peu...) dans la classe par ce biais. je tardais à les mettre en place ( c'est moins facile en Petite Section pure, j'appréhendais ... mais comme tu l'écris Isabelle, ce sont eux les enfants
qui nous mettent au travail, il y a toujours à inventer, à se remettre en question et je crois qu'il y des années où l'on est obligé de s'y mettre davantage.


Par contre, je ne sais pas, Muriel, ce que sont les calendriers de comportement. Si tu peux m'expliquer, cela m'intéresse.Je pense mette en place le défi: je ne tape pas et je ne crie pas et
j'obtiens une gommette chaque jour...mais j'ai un peur de me lancer ( peur que cela ne prenne pas son sens pour les enfants? peur du regard des parents? ou tout simplement, il faut que je me
l'approprie moi de façon matérielle, organisationnelle ( quand est-ce qu'on fait le bilan du défi  dans la journée?...)


La nuit porte conseil...Alors bonne nuit à toutes et à tous!


PS :Par contre, si quelqu'un avait une idée pour ce fichu moment  entre-deux: après l'EPS,à 11h25 nous traversons un long, très long couloir et ensuite tandis que les 23 à
25 enfants qui mangent à la cantine s'habillent dans ce couloir étroit  en présence de l'atsem et de l'animatrice de cantine  et "s'assoient" ( pas vraiment) sur le
banc sous leur porte- manteau (en fait, ils font plutôt les 400 coups, transgressent de nombreux interdits), je me rends dans la classe avec les 5 à 7 autres enfants (qui s'habillent
dans la classe et non dans le couloir car sinon ils se mélangent, il n'y pas assez de place...)  et repartent avec leur parent par une autre sortie de la classe (celle de la cour).Je suis
consciente que c'est le chaos complet, au sens propre et figuré...Si vous avez des idées, n'hésitez pas et d'avance merci


 


 


 


 

isa 15/12/2011 11:37



Je constate que ta réflexion avance et que tu te sens un peu moins déboussolée par cette recrudescence de transgressions.


en te lisant, je perçois que ta difficulté est aussi du côté des parents, est-ce parce que tu sens leurs attentes plus fortement qu'en ZEP ? Est-ce parce que tu n'as pas suffisamment
d'assurance pour te confronter à leurs éventuelles critiques ou réactions ? Il est encore et toujours question de légitimité. C'est toi la professionnelle, Sylvie. Tu peux avoir en face de toi
des personnes socialement favorisées, cela ne leur donnera jamais ton expérience et tes connaissances pédagogiques. Les erreurs ,on en fait tous et eux également, c'est pourquoi il n'est pas
question de se laisser envahir et déstabiliser. En revanche, personnellement, je suis pour une ouverture de la classe aux parents, j'en parle assez souvent sur le blog et je  défends l'idée
que ce lien à créer a des répercussions indéniables sur la lutte contre l'échec scolaire. Cette ouverture doit se faire dans le respect et la confiance. Si le matin, tu ressens une forme
d'agitation lors de l'accompagnement des parents avec leur enfant, ce n'est pas normal. Il faut tenter de comprendre ce qui se passe. Dés lors que les enfants entrent dans la classe aux horaires
scolaires, ils deviennent tes élèves et tu agis comme tu le ferais sans les parents , c'est à dire que tu as à intervenir dans les transgressions y compris si le parent est là. C'est aussi en ça
que tu es la professionnelle, tu remplis ton rôle et tu prends ta place.


Mets en place des règles qui te conviennent, par exemple: à telle heure, je ferme la porte et tous les parents doivent avoir quitté la classe.


Je ne doute pas que tu vas parvenir à surmonter ce passage plus difficile.


à propos du défi gommette, je faisais l'inverse de ce que tu veux mettre en place, je donnais une gommette à tout le monde partant du principe que je croyais en eux, je les pensais
capable de se contrôler, et ils perdaient celle-ci si la règle ( ne pas crier par exemple) était enfreinte. Cette perte se faisait sur le moment, pas le midi ou le soir, c'était immédiatement
afin que l'élève fasse le rapprochement entre son comportement et la perte de sa gommette. C'est complètement différent que de rassembler les élèves en leur disant : " toi tu as été sage, une
gommette, toi non, pas de gommette" c'est trop abstrait , trop incompréhensible pour des enfants qui sont encore dans l'immédiateté et dans l'impossibilité de l'évocation. D'ailleurs le moment de
retrait de la gommette se faisait devant l'affiche de la règle et l'élève la rappelait avec moi. Cette période de défi doit être limitée dans le temps une voire deux semaines. En général , c'est
trés efficace. Les parents sont contents de voir les progrés de leur enfant, je n'ai jamais eu de réaction négative parce qu'il y avait frustration de leur enfant ( perte de gommette). Il faut
bien expliquer qu'il s'agit d'une étape vers l'apprentissage du contrôle. C'est une forme de coup de pouce, ce n'est pas un enfermement ( carotte-bâton). Le but est que l'élève soit capable de se
contrôler sans avoir recours à un système de surveillance permanent.


Petit détail, il faut que la règle soit claire et simple ( ne pas crier ou ne pas faire mal), il n'est pas question de faire des amalgames ( tu as déchiré le livre, je te retire ta
gommette), l'élève a besoin de repérer ce qui lui est demandé, le flou est le meilleur moyen de perdre toute efficacité. Il vaut mieux dire:" tu as déchiré le livre, tu le répares". Mais la
gommette c'est contre les cris, éventuellement il peut y avoir une autre contre les coups.


Voilà j'espère que tout cela t'aidera dans ta réflexion et te permettra de te faire ta propre opinion.



Muriel 14/12/2011 22:01


Merci ISA pour le lien sur la pédagogie de l'observation (ce site est si fourni que je n'avais pas lu cela)!!!    Je pense aussi aux temps d'ateliers libres (Cf mon dossier sur les ateliers Montessori) qui sont aussi un moment où l'adulte est en retrait et peut observer
(bien sur on observe autre chose, comme la constance, l'esprit de recherche et de tâtonnement, l'assurance, etc...). Ou les simples ateliers de début d'année (qui n'ont souvent pas trop de
consignes que le seul respect du dispositif) qui sont une mine pour découvrir les nouveaux élèves par la simple observation... On ne perd jamais son temps à savoir le prendre quand c'est
nécessaire (c'est pas de Sénèque, cette fois, mais de moi )

isa 15/12/2011 10:59



Tout à fait, l'observation est une attitude à avoir le plus souvent possible, même si effectivement c'est difficile de se mettre en retrait quand on a 30 élèves. C'est pourtant une
posture qui apporte une réelle connaissance des élèves et de leur fonctionnement. Quand on prend l'habitude de le faire lors de séances dédiées à cela, on finit par le faire à d'autres moments et
notamment lors d'activités d'apprentissage avec les procédures et stratégies employées par les élèves. On ne s'attache plus seulement au résultat mais aussi et surtout au cheminement.


Quand nous travaillions encore le samedi matin, ayant moins d'élèves ( c'est certain) que les autres jours, avec mon autre collègue des PS, nous réunissions nos deux classes et nous
laissions les élèves jouer une partie de la matinée. Pendant ce temps-là, nous observions ensemble nos petits élèves. Du point de vue de l'échange, de l'analyse et de la compréhension nous avons
beaucoup appris ensemble. C'était , certes, incomplet et uniquement intuitif, mais je pense que nous avons appris à poser notre regard et à suivre ( c'est souvent cela le problème, le regard ne
s'arrêtant pas suffisamment longtemps sur un élève) les agissements d'un seul élève.


Quand j'ai commencé à mettre en place mes séances du Vendredi, je retrouvais ces moments d'observation et je ressentais le besoin d'affiner celle-ci avec une grille assez simple mais qui
aidait à percevoir la dimension relationnelle, objectif majeur dans la mesure où je prenais comme objectifs principaux de mon rôle d'enseignant de petite section: la socialisation et le
langage.



michèle 14/12/2011 21:45


Bonsoir,


dur dur le métier...l'on peut aussi trouver tout simplement des explications à une ambiance de classe éprouvante en se référent au nombre d'élèves, au -delà de 27 enfants  la bascule 
est fréquente .Mais aussi dans la répartition filles garçons,bien souvent ces derniers sont plus agités.


Mes petits trucs:


Essayer de "se mettre en colère",  comme au théatre en rajouter, avec le recul de la "mise en scène" on reste bien souvent maître de la situation...et si l'on est vraiment en colère une mise
à distance fait beaucoup de bien, l'élève est donc dirigé dans une autre classe durant un moment.


En cas d'élève très perturbateur, juste se dire qu'on n' a pas le même à la maison et rien que pour cela on est chanceux.


Et puis pour un temps d'accueil plus serein, il est grand temps que la séparation avec les parents soit effective;la maîtresse salue chaque enfant et ses parents sur le seuil de la porte...cela
n'a rien de culpabilisant, en confiance les parents laisse l'enfant.


Durant les congés les oublier pour mieux les retrouver...


 


 


 

Muriel 14/12/2011 20:22


Bon courage SYLVIE... Ton message n'est pas ennuyeux car bien écrit et reflète une situation que nous avons tous connue... Il suffit de quelques individus pour que toute la classe s'envenime. Tu
parles d'équipe éducative donc tu as dû cibler certaines têtes...As-tu prévu des calendirer decomportement?  Peut-être que d'essayer à la rentrée un accueil en limitant les parents ce serait
bien? Et repartir sur des ateliers où l'objectif est l'observation et le respect des règles... pourquoi pas... (c'est quoi cette pédagogie de l'observation dont tu parles?) Je suppose que les
règles de vie ont été écrite en début d'année? et si tu filmais des moments de classe pour les analyser avec eux, tu crois que ça aiderait à leur faire prendre conscience? En tout cas on sait
bien que nos petits élèves/ enfants-rois souvent chez eux, ont de la peine avec la frustration et la non-toute-puissance et que l'école les leur fait découvrir ... Il y a de sales années (puisque
même les autres adultes s'en plaignent dans ton cas...) mais il faut faire avec et faire pour le mieux car certains souffrent de ces classes agitées et "violentes", et c'est intolérable de penser
à cela. Courage donc, tiens nous au courant de ce que tu mets en place en 2012...Repose-toi pendant les vacances

isa 14/12/2011 21:06



c'est trés juste ce que tu dis Muriel, je pense qu'il faut être en équilibre avec ses élèves, parfois cela penche du mauvais côté, on a tendance à se laisser entrainer et à perdre ses
appuis, il faut au contraire appuyer encore plus fort. Les petits élèves qui nous provoquent nous mettent au défi, ils nous poussent au fond de nous-mêmes à aller rechercher cette patience si
importante mais aussi si malmenée. Plus les élèves nous provoquent , plus nous devons les "aimer" ( je n'arrive pas à trouver le bon mot, mais celui-ci indique la disposition d'esprit). C'est un
peu leur dire: " Tu vois, je ne céde pas, je reste l'adulte coûte que coûte qui te rappelle ton besoin de contrôle jusqu'à ce que tu arrives à te contrôler toi-même, je vais t'aider , tu peux me
faire suer, je sais que tu es capable et je veux que tu le comprennes. En gardant cela en tête, on agit de manière invisible sur le ressenti des élèves, et petit à petit les choses
changent.


Quant à la pédagogie de l'observation, c'est de moi, je te mets le lien Muriel : ICI