la salle des maîtres: Véronique et son petit autiste

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salle des maitres

Véronique parle :


Arrivée à la rentrée dernière dans une nouvelle école de trois classes, nous étions deux nouvelles enseignantes : celle de petite section étant la nouvelle directrice et moi-même, je prends la moyenne section. Je savais peu de choses à propos de ma future classe : que son effectif était le plus chargé de l'école (28 élèves) et que parmi eux se trouvait un petit garçon présentant "des troubles du comportement". A la rentrée, la maman me précise rapidement que son fils "n'est pas tout à fait comme les autres" et que dans le courant du mois de septembre, il va subir  dans la grande ville voisine des tests pour confirmer ou non des troubles liés à l'autisme. Puis, elle part travailler. Je ne la reverrai plus. L'enfant est amené et récupéré par sa soeœur aînée, scolarisée dans l'école élémentaire voisine. Le papa vit dans une ville très loin de la nôtre, quand au beau-père, bien qu'en congé parental et habitant en face de notre école, il argue du fait qu'il "n'est que le beau-père" pour ne pas s'engager davantage.


Et me voilà confrontée d'emblée à un problème qui va très vite m'apparaître comme insoluble : un petit garçon qui refuse de s'asseoir, qui s'enfuit de la classe, qui crie, qui pique des crises, ou bien répète en écho toutes les paroles qu'il entend, se met à rire interminablement. Très vite, certains petits camarades de classe se mettent à l'imiter. Les regroupements tournent au cauchemar, impossible de lire un album, de chanter, de dire une comptine, de mettre en place des rituels. Je passe mon temps à lui courir après, ma hantise étant qu'il tombe dans les escaliers ou qu'il se blesse d'une manière ou d'une autre. Il refuse de participer aux ateliers, jette les feutres, prend les ciseaux et s'enfuit avec, prend les affaires qui se trouvent sur mon bureau. Sans compter les séance de motricité, les temps calmes en début d'après-midi, tous ces moments sont ingérables. J'ai aussi très peur de ne pouvoir assurer la simple sécurité des 27 autres élèves. Quant à faire classe...autant ne pas y songer... Toute mon énergie est "bouffée" par cet enfant, j'ai peur de l'accident, je ne dors plus, je ne mange plus, je viens travailler avec un nœoeud à l'estomac. Et la famille est injoignable : mère au travail, beau-père sourd, je ne peux que transmettre des messages à la grande sœoeur.  

Le diagnostic finit par tomber : troubles envahissants du développement mais toujours de pas de prises en charge, toujours pas de notification d'AVS donc pas d'AVS, et une grande agressivité de la part de la maman : je n'aime pas son fils, je n'ai pas assez d'autorité avec lui, je ne sais pas gérer les crises et si l'état de son fils s'est aggravé, c'est à cause de moi qui ne sais pas m'y prendre et qui n'ai pas envie de faire d'efforts. Elle menace même de porter plainte pour "discrimination".  

Depuis, d'interventions de l'inspecteur de circonscription en réunions de suivi de scolarité, de mise en place de séances d'orthophonie (1 par semaine) en mise en route de séances de psy (ponctuelles celles là), de coups de mains des collègues qui me le "prennent pour me soulager" en interminables recherches sur internet pour aller à la pêche au infos sur l'autisme et les TED (troubles envahissants du développement), je navigue à vue, je bricole des solutions temporaires, je fabrique du matériel pédagogique mis en ligne sur des blogs de parents d'enfants autistes, je remplis un cahier de liaison spécialement pour cet enfant,  j'improvise, et surtout je m'épuise lentement. Cet enfant est scolarisé toute la journée, cantine comprise. Cela l'épuise lui aussi car honnêtement, je ne suis pas sûre que pour ce type d'enfant, la vie collective 8 heures par jour soit bénéfique. Il y eu certes des progrès depuis le mois de septembre : le contact visuel est établi, il parle davantage pour communiquer, mais les regroupements lui sont toujours impossibles et le travail purement "scolaire" n'est toujours pas mis en place, malgré mes efforts. Certaines journées sont "lessivantes" et cela commence dès le matin à l'accueil.

Je n'arrive pas à tout gérer : le comportement de ce petit garçon, les relations avec sa famille, mes 27 autres élèves dont certains sont très "costauds" et les relations avec leurs familles, le travail en équipe avec les collègues, les programmations pédagogiques, les relations avec le personnel mairie (atsem, cantinière), ma vie personnelle qui en prend un sérieux coup et j'éprouve selon les moments : du découragement, du cynisme, du désintérêt, de la tristesse, de la colère, de l'exaspération, de l'angoisse, de la peur et parfois tout ça dans la même journée.

Si tout va bien, un ou une AVS devrait arriver après ces vacances pour une durée de 12 heures par semaine. Tant mieux pour nous tous. Mais que de retards, que de lenteurs, que de malentendus !!! Que de dégâts aussi !!  Je ressens beaucoup d'amertume car j'ai la sensation d'avoir été envoyée "au front" sans information, sans formation, et d'avoir été abandonnée. Je dois compter sur mes propres ressources et celles-ci s'amenuisent de jour en jour...

Alors, si certains collègues ont été confrontés à ce type de situation, comment ont-ils géré tout cela ? Que penser de l'intégration scolaire telle qu'elle se pratique la plupart du temps dans les écoles maternelles ?  Merci d'avance à tous et à toutes. Merci encore de m'avoir lue. J'attends vos réactions et vos suggestions.



 

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Catherine Boutten 24/10/2016 11:00

Merci pour cet article, même s'il est "vieux" de cinq ans maintenant. Étant mère d'un autiste + sourd, j'ai aussi traversé ce genre de tourment, à une époque où on était encore très loin d'avoir les connaissances acquises ces dernières années sur cet particularité parfois envahissante. Nous avions eu la chance à l'époque de trouver une petite école privée à petits effectifs (11 dans la classe), où il a pu démarrer sa scolarité en primaire, puis la continuer dans un autre établissement jusqu'à la troisième (le public n'en voulant pas, nous avions été obligés de recourir au privé). Il est maintenant un adulte de 32 ans épanoui et mène une vie sociale et affective heureuse, même si l'intégration professionnelle pose problème pour lui (précarité, chômage...). Le manque d'AVS est un problème très lourd en France. J'espère que les temps à venir verront des réformes sérieuses en ce sens, pour faciliter la vie de tous : soulager les enseignants, rassurer les enfants et leurs parents, et surtout éviter que ces enfants, généralement très intelligents et créatifs, soient écartés de l'enseignement en inclusion.

Catherine Boutten 24/10/2016 11:02

Pardon pour la coquille : "cette particularité"...

Thomas 26/03/2016 14:29

Bonjour je suis maman d une petite fille autiste qui rentre en septembre contrairement à certaines personnes j ai tout mis en place pour que ma fille soit accueilli dans les meilleurs conditions elle rentre qu en septembre mais j ai déjà l accord pour avoir une avs 12 h par semaines de se fait je mettrai ma fille que 4 matinée par semaines je ne comprend pas les parents qui puissent laisser leurs enfant comme sa et encore plus sans prendre de nouvelles auprès des maîtresse je vous souhaite plein de courage

Nath 28/01/2016 22:15

bonjour Isa,
Je m'étais promis de venir donner des nouvelles, par respect pour l'attention portée mais le temps à pssé et les choses se sont compliquées. Au final, la MS de bonhomme s'est révélée catastrophique... Deux enseignants successifs avouant leur incapacité à gérer un enfant, certes remuant, mais pas plus qu'un autre. En janvier 2015, bonhomme a commencé à lire de manière fluide. Le décalage avec ses camarades s'est accentué, la seule réponse de l'encadrement a été l'isolement dans l'atelier, l'envoi dans d'autres classes, les sanctions à répétition, sans aucun aménagement envisageable "tant qu'il ne montrera pas qu'il sait faire ce qu'on lui demande en MS". Le debut de la GS n'a pas été meilleur... En décembre, la rupture avec sa maitresse a été consommée. Bonhomme devenait violent, refusait toute activité, chantonnait pour s'isoler en classe. Nous avons obtenu le changement de maitresse à la rentrée de janvier... Depuis, nous revivons ou plutôt, il revit. Il prend sur lui dans ses relations avec les autres, accepte la contrainte des ateliers et du travail.... Sa maitresse s'adapte à son hypersensibilité (sans se laisser manipuler ;)) , ne lui impose ni de faire plus, ni plus difficile, conclusion, lui qui n'était pas demandeur de travail à son niveau le devient. Envisagée un moment, l'inclusion en cp ne se fera pas, faute d'un vrai projet pédagogique, mis ce n'est pas grave, on le sent enfin heureux d'aller à l'école. Mais quel calvaire pour un gamin d'a peine cinq ans...
Ce petit mot juste pour vous remercier d'exister, vous les maîtresses bienveillantes, a l'écoute de nos petits bouts qui n'entrent pas dans le moule. Un très grand merci.

sonia 28/02/2014 20:18


Bonjour,


Je reprends ce fil de discussion pour « donner des nouvelles » des 2 enfants autistes qui sont cette année dans ma classe. J’avais
écrit en début d’année et Isa m’avait répondu ainsi qu’ à deux ou trois autres collègues sous forme d’un message vidéo autour, entre autres, de l’idée de découragement. En fait, je n’étais pas
découragée mais pleine de questions et très demandeuse à la fois d’  «  astuces », (comme celle du catalogue la Redoute à déchirer !) et de contenu « théorique » ou
 d’expériences de collègues pour mieux répondre aux besoins spécifiques de ces enfants. Quelques mois après, je trouve ça très intéressant d’arriver à
faire fonctionner ce groupe spécial. Il y a des moments où il m’a semblé que je ne fais pas grand-chose pour les deux autistes. Et soudain, je m’aperçois que l’un connait tous les prénoms des
enfants alors qu’au début de l’année, il ne citait même pas ceux avec qui il était en petite section, que l’autre n’a pas mordu depuis 4 mois alors que les morsures graves  étaient quotidiennes en début d’année. Mon objectif aujourd’hui est de les faire progresser encore bien sûr mais aussi de bien faire fonctionner les relations
avec les familles  et  les autres partenaires. Peut-être qu’un jour aussi, il y aura une AVS. ..
Pour l’instant, l’ATSEM et moi, on court souvent après eux, je « bricole » un emploi du temps adapté avec des activités que l’une ou l’autre réalise… ou pas selon :


 le temps que laissent les autres enfants, un atelier qui avance plus vite que
prévu, par exemple,


et la « bonne » disposition  de ces deux « loustics », ils ne sont pas
toujours enclins à accepter quelque chose.


 Mon ATSEM m’a fait remarquer le côté planning à tiroirs de mon emploi du
temps ! Elle ose maintenant elle aussi être inventive et leur proposer une activité dont elle pressent qu’elle va passer même si je ne l’ai pas notée sur ma feuille de journée. On fait
parfois avec le matériel déjà sorti !


Il y a également  tous les moments où ils ne sont pas « mobilisables » alors que l’une
ou l’autre est disponible…


Bref, une fois passée les interrogations de septembre, je dirais que je passe une année enrichissante. Je trouve maintenant que le groupe
avance à peu près comme les autres années tout en accueillant aussi souvent que possible les deux enfants « particuliers ».


Encore une fois merci à ce blog d’exister et d’être un lieu de partage d’expérience mais aussi un lieu d’expression.


 

isa 06/09/2014 09:28

Merci Nath pour ce coucou de rentrée avec des nouvelles plutôt bonnes, j'y suis sensible.

Nath 05/09/2014 21:51

Bonsoir,
Pour vous remercier de l'attention prêtée à mon histoire, un petit mot en cette fin de 1 ère semaine de classe. Fiston est enchanté de sa nouvelle classe. Son maître à semble-t-il compris qu'il fallait le cadrer gentiment d'entrée. Ce soir il a chuchoté à son papa qu'à l'école il apprenait plein de choses. A la question de savoir comment il trouvait ça, il a répondu qu'il adorait ;)
L'école a accédé à notre demande de ne pas le mettre avec les deux principaux monstroplantes de l'an dernier. Il retrouve l'un d'entre eux tout de même au judo, il va falloir faire avec, il devra apprendre a gère ce genre de profils (en dehors de l'école c'est quand même plus simple).
On a pris les devants en prenant une jeune fille pour qu'il sorte dès 4h de l'école et qu'il soit moins fatigué, je pense que c'est un vrai plus, surtout pour un enfant comme lui qui fait normalement encore la sieste (ce qui n'est plus prévu à l'école).
Nous sommes déjà prévenus qu'il aura une autre enseignante sur l'année, sa maîtresse étant en fait en congé maternité. A voir comment se déroulera la transition, mais on m'en a dit beaucoup de bien.
On reste attentifs, on fait confiance, on croise les doigts ;)
Merci encore !

isa 05/07/2014 21:06

Tu as agi avec ton bon sens, ne doute pas de tes capacités, la plupart des parents savent faire mais ne le croient pas, ils doutent et ils perdent leur énergie dans des questionnements sur eux-mêmes, or de l'énergie il en faut pour élever des enfants, c'est une tâche merveilleuse mais tellement ingrate parce que les résultats de notre éducation ne sont mesurés que lorsque nos enfants sont adultes. Ton petit garçon a de la facilité dans la compréhension des apprentissages, c'est un atout, il la conservera si vous n'êtes pas pressés de le voir avancer trop vite, tu parlais du risque d'ennui mais c'est une bonne chose d'être confronté à l'ennui et d'apprendre à le surmonter, c'est aussi un apprentissage, quelle chance ensuite quand devenu adulte tu ne connaisses plus l'ennui parce qu'enfant tu as appris à savoir toi-même t'occuper sans attendre que les autres décident de tes activités. Évidemment, je ne suis pas en train de dire que les enseignants doivent laisser les élèves s'ennuyer, je suis pour rendre les élèves actifs mais également et surtout autonomes.

Nath 05/07/2014 20:36

Encore merci Isa pour ton analyse. Ce que nous attendons ? Nous ne le savons pas nous même. Notre fils est effectivement en avance sur les acquisitions scolaires, mais cela durera-t-il ? Avant même de poster ici, j'avais convaincu mon mari de laisser une chance à la nouvelle équipe, au moins 2 mois, avant d'éventuellement prendre des dispositions. Comme tu le conseilles si bien, nous allons parier sur la confiance : envers bonhomme comme envers à future équipe enseignante. J'ai néanmoins un goût amer dans la bouche concernant cette ps, l'impression d'un gâchis... Et la peur de ne pas avoir suffisamment protégé mon fils... Plus qu'à attendre septembre, faire des plans sur la comète ne génèrera que du stress inutile. Merci encore à toi de m'avoir lu, j'avais vraiment besoin de lire un retour d'une enseignante, sans doute pour me rassurer sur l'existence de professionnelles capables de prendre du recul telles que toi.

isa 05/07/2014 19:23

Nath, je réponds à tous avec la même envie d'aider à comprendre que ce soit des enseignants, des atsem, des parents. Je n'ai pas la solution, je veux seulement permettre à chacun d'écrire son problème, ses difficultés et à travers cet écrit amener à une réflexion qui peut permettre de changer d'angle de vue. C'est souvent parce qu'on reste dans une constatation unique qu'on ne parvient pas à se décaler et à voir autrement ,c'est ce qui fait ressentir une sorte d'impasse à la situation vécue. Tu ( je te tutoie,c'est mon habitude ici sur le blog, mais je vouvoyais les parents d'élève que j'ai eus) anticipes en te disant que ton petit garçon "risque" de reproduire son comportement et son désintérêt. Tu penses que ton intervention pourrait permettre d'alerter l'enseignant(e) et l'aider à veiller sur lui pour éviter cette répétition. J'ai toujours le même conseil quand je m'adresse aux parents, c'est la confiance, il est essentiel que tu aies confiance en ton enfant ; d'ailleurs d'une certaine façon tu as confiance en ses capacités que tu situes dans la moyenne supérieure et je ne doute pas de cela parce que j'ai toujours fait confiance au bon sens des parents, sachant cela qu'est-ce que tu attends ? Quelles sont tes priorités ? Un bon comportement ? Des apprentissages ( et en PS il y en a , ce n'est pas qu'un travail de socialisation, tout ce qui est fait autour des livres, du langage,des arts, des maths constitue la base des apprentissages, c'est invisible, il y a moins de traces que sur une cahier du jour en CP mais sans tout ce travail, les enfants auraient bien plus de difficultés à entrer dans l'écrit , la lecture, la compréhension..) ? Un passage anticipé ? Quelles sont vos attentes avec ton mari ? Quand tu t'interroges sur la manière dont ton garçon va agir en moyenne section,tu t'inquiètes de revoir ce qui s'est produit cette année, mais cette année était une année déplorable avec ces changements , ces enseignants découragés, désabusés, démotivés, évidemment les petits élèves ne pouvaient se sentir bien quand les adultes se montraient aussi défaillants. Et quand tu me dis que 5 enseignants sur 7 s'en vont,cela confirme le malaise possible de cette école. Les changements doivent apporter de nouvelles énergies, il est bon de mettre toute sa confiance dans ces enseignants, d' attendre un peu pour voir comment les choses se passent et surtout de dire à votre petit garçon que vous savez de quoi il est capable et que vous lui faites confiance. Voilà comment les choses se passent, l'enfant sent que les parents doutent de la personne à qui il est confié, il entend ou ressent la méfiance et le mécontentement des parents, il assiste aussi aux déceptions que vous exprimez par rapport au travail fait, il se trouve alors dans un conflit de loyauté, il ne peut s'investir affectivement avec cette personne parce qu'il veut rester loyal envers vous, les parents sont pour leurs enfants au-dessus de tous les autres adultes ( et c'est normal). C'est donc à la fois dans la confiance que vous lui donnez mais aussi dans la confiance que vous exprimez envers son enseignant que l'enfant trouve la bonne place et peut s'engager scolairement. C'est compliqué parce qu'il est difficile de faire confiance quand on a été déçu, mais c'est pourtant ce qu'il est préférable pour votre petit garçon. Pour autant, je dois te dire que c'est le travail de l'enseignant que de parvenir à obtenir la confiance des parents, c'est lui le professionnel. Mais pourtant mon conseil est celui-ci: la confiance. J'espère que je t'aide à voir les choses différemment et à penser ton rôle de manière plus légère. Maria Montessori disait:" C'est l'enfant qui fait l'homme", cela veut dire que c'est l'enfant qui se révèle à lui-même, il a besoin de l'amour et de la protection des adultes mais il se construit d'abord et avant tout dans la confiance.

Nath 05/07/2014 18:28

Bonjour Isa,
Merci de l'intérêt porté à mon témoignage. Effectivement, de la souffrance il y' en a eu durant cette année. De la part de la 1ère maîtresse arrêtée pour dépression, de la part des enfants avec une remplaçante non impliquée qui reconnaissait n'être la que pour le gardiennage... Et de la part des enfants. Tout du moins de certains... La 3ème maîtresse à semblé reprendre la main durant un temps, mais les absences répétées d'autres maîtresses se sont traduites par des effectifs en hausse dans toutes les classes... Comment tenir compte de chaque enfant avec 30 a 34 élèves par classe ? C'est déjà compliqué avec moins... Nous avons, avec mon mari, tenté de pointer l'avance de notre fils par rapport à ses camarades et le risque d'ennui que cela pouvait générer sachant qu'en raison des problèmes de discipline, l'enseignement était minimaliste (attention, je sais que la maternelle et particulièrement la ps sont la pour apprendre à devenir éléve et que les acquisitions "scolaires" sont secondaires, néanmoins, garder un enfant intéressé passe aussi par l'acquisition de connaissances nouvelles. La discipline il la respectait tant qu'il était nourri par sa première maîtresse...). Ce qui m'inquiète désormais pour mon bonhomme c'est la manière dont il va appréhender la rentrée. Va-t-il repartir de 0 comme en début de ps et accepter les règles et les méthodes d'apprentissage ou va-t-il être direct dans l'opposition ? Dans ce dernier cas, quel discours lui tenir ? Cela sera-t-il mal pris si nous anticipons en demandant des la rentrée un rêve pour rappeler les conditions de la ps ? (Cinq des 7 maîtresses s'en vont'...) je crains de braquer directement son enseignant... A l'instar de la directrice de cette année... Merci encore pour votre première réponse et bonnes vacances à vous.

isa 04/07/2014 23:12

Je poursuis: ainsi que le soutien de l'équipe de l'école. Normalement quand il y a aide, prise en charge, travail différencié avec ces petits élèves, l'intégration est bénéfique pour tous, c'est important d'apprendre à vivre ensemble, chacun avec sa singularité. En tant que parent, il est important que tu ailles dire ce que tu observes et ce qui te semble ne pas aller. Le dialogue est la première des choses à faire. J'espère que le changement de classe apportera de nouvelles organisations qui permettront à ton petit garçon de se sentir bien et confiant.

isa 04/07/2014 23:06

Bonsoir Nath, tout ce que tu décris confirme le fait que lorsque les adultes se sentent impuissants face à une situation difficile (élèves relevant d'une aide et d'une prise en charge), les enfants dont ils ont la charge ressentent une insécurité et manifestent leur peur par de l'agitation. Ton petit garçon se montre provocateur pour inciter les adultes à réagir, leur demandant une forme de cadre qui lui permettrait de se sentir contenu. Malheureusement quand tu dis qu'il y a eu trois enseignantes, ça veut dire qu'il y a eu de la souffrance ( enfin c'est ce que j'en comprends) donc un cadre défaillant. L'institution est responsable , il n'est pas acceptable de laisser les professionnels dans des situations trop insupportables, y-a-t-il eu signalement des élèves pour obtenir de l'aide, tout cela compte ainsi que l'équipe de l'école

Nath 04/07/2014 22:49

Quid des autres enfants de vos classes ? Avez-vous constaté un impact sur leur comportement ? Sur leurs acquisitions ? Mon fils vient de finir une ps cataclysmique en raison de 3 petits camarades, non diagnostiqués, mais apparament ingérables. Plutôt volontaire en début d'année, il a plongé après Pâques, devenant lui même "ingérable" selon son enseignante (la 3ème de l'année...). En tant que parents, nous n'avons pas voulu stigmatiser ses petits camarades, mais aujourd'hui je me demande si nous n'aurions pas dû nous battre plus pour que notre fils soit écarté de ces enfants (je précise tout de suite que je suis tout à fait consciente que mon fils n'est pas un ange non plus). Avez-vous rencontré des cas ou l'influence sur certains élèves a été profondément négatives ? Que me conseillez-vous pour faciliter la rentrée de mon fils en moyenne section ? Le dernier mois il refusait carrément de faire les activités et dérangeait ses camarades en chantonnant... Soit tout le contraire des premiers mois...

isa 02/03/2014 09:22



merci beaucoup Sonia d'avoir pris la peine de venir nous donner des nouvelles, c'est parfois difficile de le faire quand le besoin d'aide est moins pressant mais c'est important pour ceux
qui connaitront les mêmes difficultés.



Cécile 18/09/2011 12:03



Je crois bien qu'elle m'a dit 8 mois, hier, mais bon, j'étais peut-e^tre fatiguée !


Je comprends aussi que pour elle ce soit difficile, car elle m'a également confiée qu'elle aimerait bien qui'on lui dise que son enfant est calme !!



isa 18/09/2011 12:11



eh oui, cela en dit long... D'où l'importance de la rassurer et d'affirmer que l'aide (si cela s'avère nécessaire) sera bénéfique pour tous !



Joëlle 18/09/2011 11:02



Tout à fait d'accord :


Pas d'argent,


Pas de place (malgré toute leur bonne volonté, des prises en charge en pointillé aux SESSAD, CAMPS, et établissements spécialisés, sans compter des listes d'attente interminables pour y avoir
accès ...)


Et pas assez de personnel...



Joëlle 18/09/2011 10:16



Le problème, en PS, c'est qu'on nous dit : c'est normal, il leur faut le temps de s'adapter (j'en
parle en tout état de cause, j'ai eu le même problème l'an dernier avec la MDPH), vous êtes trop pressée, certains enfants expriment leur désarroi par des comportements dérangeants.
(Ah bon ? vous ne supportez pas qu’il démonte en criant la classe pendant que vous souhaitez raconter une histoire ? Vous ne supportez pas qu’il
jette les jeux partout ? Mais madame, il n’a que 3 ans…)


Bien évidemment !


Mais quand on a l'habitude d''accueillir des petits de 3 ans, on "ressent" qu’il y a « autre chose » (peut-être seulement un regard, un cri ou un pleur « différents »). Mais QUOI ?


Un ou deux comportements « bizarres », pas de problème. Mais plein de « petits signes » ou un comportement  curieux dans sa globalité, il faut réagir vite, et ça, une maîtresse le sent, on peut aussi nous faire confiance.


Comme nous sommes avant tout pédagogues et pas médecins, il est difficile de mettre des mots sur le problème. En plus, on marche sur la pointe
des pieds et on doit y aller tout en nuances pour pouvoir en parler avec les parents.


Certains se sont déjà bien aperçus que leur petitou avait un comportement différent, et sont soulagés en fait qu’on leur apporte de
l’aide.


D’autres sont carrément dans le déni et subissent  à la maison sans vouloir se l’avouer. Ce sera
plus long, mais en fait, ce que l’on va proposer à l’école sera aussi une aide pour eux. Plus tôt leur enfant sera aidé, mieux ce sera pour tout le monde. Mais c’est vrai que faire le deuil de la
normalité pour son enfant est un vrai traumatisme.


Petite expérience toute personnelle :


L’an dernier, j’ai entendu la pédo-psychiatre du CAMPS dire (dernière équipe éducative de juin): « on ne sait pas ce qu’il a, alors
pour le moment, on ne fait encore que l’observer (soit dit en passant, l’enfant était « observé » une fois tous les 15 jours depuis le mois de
novembre ! oui, oui !!!! Avec ça, on avance !)


Ca m’a bien énervée ! Et nous ? Avec les 29 autres enfants ? Si on « OBSERVAIT » pendant toute une année
scolaire ???


Si on ne sait pas ce qu’elle a, en tout cas, on sait ce qu’elle « n’a pas ». Alors AGISSONS sur ce qui lui manque que diable !
Aidez l’enfant, aidez les parents, et… aidez aussi la maîtresse qui en a aussi bien besoin ! Vite !


Cécile, une directrice n'est pas là que pour "diriger", et un(e) inspecteur(rice) pour "inspecter." Ils sont aussi là pour t'aider,
et DOIVENT le faire. Si ta directrice n'en voit pas l'urgence, peut-être peux-tu te faire aider par ton inspecteur ? Evoque cette éventualité avec elle : cela va peut-être la faire réagir
plus vite ? Qu’est-ce qu’elle attend ?


De toute façon, tu n’as pas besoin de son accord pour demander à la psychologue du réseau (s’il en
reste un qui intervient dans ton école…) de venir faire une observation du comportement de cet enfant dans ta classe. Cela peut t’être très utile.


En petite section, on est  en première ligne. De plus, aucune aide n’est encore mise en
place : à nous de tout  prévoir, et de gérer l’urgence. Bon courage Cécile !


 


Et j’ai aussi une pensée pour les parents qui, périodiquement, doivent se battre pour faire bouger les choses et faire valoir leurs droits.
Quelle énergie il leur faut aussi ! Il est si facile, quand on a un enfant dit « normal », de l’inscrire en PS, et de savoir que sa voie est tracée jusqu’au collège : tout est
au-to-ma-tique.


Les autres parents doivent, tous les ans, toujours chercher, négocier, expliquer,…,…,… !



isa 18/09/2011 10:29



tout est trés lent parce que là comme partout, il n'y a pas d'argent, de place, de personnel et qu'on temporise en argumentant sur l'âge.


ceci dit, il faut éviter de croire que tous les enfants agités relèvent de soins, il y a une forme d'intolérance au fait que les petits bougent actuellement, on aimerait qu'ils soient
déjà là où on va les emmener. C'est aussi le risque ! Tout ce que tu dis Joëlle, je l'ai moi-même vécu et je me souviens des "Bon courage" ( qui sentait la fuite de sa part)que me lançait la
psychologue en quittant ma classe, cependant avec le recul , je me dis que finalement je préférais ma place à la sienne.....



Gwen 18/09/2011 00:58



En effet, ce commentaire était parti dans le flot de mon côté. Bon courage Cécile.



Cécile 17/09/2011 22:47



Alors, j'ai peut-être dit cela hioer soir, car à chaque fois que nous courons après lui dans l'école, il nous regarde en nous souriant !!


Sinon, j'ai parlé longuement avec cette maman à la suite de la réunion, j'ai donc fait des heures supp sans l'accuser ni pointer son fils du doigt devant les autres. 


Je lui ai juste expliqué ce qui se passait et lui ai dit aussi, que je ne voulais qu'une chose : c'est de pouvoir aider son enfant à progresser à devenir un vrai élève de PS , pour son bien à lui
et le nôtre, ma classe !


Et c'est là qu'elle m'a avoué que jusqu'à 8 mois son fils parlait et comptait et que depuis cet âge, il ne fait plus que crier


On a donc reparlé ensemble de la possibilité d'aller voir un orthophoniste, et elle n'a pas refusé. Je n'ai en rien voulu la culpabiliser, je lui ai juste dit que ça pourrait être une bonne chose
pour tout le monde et surtout pour Mamadi.


Elle me tient au courant.


 


Tu sais Isa, j'ai moi-aussi un cousin handicapé mental et je sais combien le deuil est difficile à faire pour les parents. Donc je pense être assez tolérante, mais c'étaient les paroles de la
directrice qui hier m'avaient étonnée. Et en fait c'était la mamie qui nous l'avait présenté à la rentrée comme étant un enfant difficile, car sa maman m'a avoué qu'elle en bavait énormément
uqand elle s'occupe de lui !



isa 17/09/2011 23:08



tant mieux Cécile si tu trouves une bonne issue pour cette situation qui est , certes, difficile. Tu me connais et tu sais combien la place des parents me semblent à privilégier dans la
relation avec l'école. Je n'arrive pas à comprendre cette histoire des 8 mois ,un bébé de cet âge ne parle ni ne compte tu es sûre que ce n'est pas 18 mois ?



Cécile 16/09/2011 21:45



Bonsoir


Du nouveau, mais pas encore du mieux ! Ma directrice a reçu quelques minutes la maman en privé pour lui parler un peu vu qu'hier elle avait mieux vu son attitude notmamment lors du passage aux
toilettes et que mon atsem et moi faisions que de lui courir après toute la matinée. et chos étrange, voire paradoxale, par arpport au début de l'année où il nous avait été présnté comme un
enfant diffiile et qui ne parlait pas, là elle aurait dit que tout se passait bien à la maison, même s'il ne communique pas !!


Mais bon, la mamn est tout de même d'accord pour aller consulter un orl, mais nous laisse entendre qu'il faut quand même lui laisser encore un temps d'adaptation. ma directrice me demande de
noter tout ce qui se passe sur un cahier si on venait à déclencher une RE courant octobre !!


Par contre une chose est sûre ! C'est que même s'il nous fait tourner toute la matinée en bourrique mon atsem et moi, il a l'air d'être assez intelligent pour nous donner l'impression qui'il se
fiche de nous


Toujours est-il qu'il ne communique toujours pas qu'il refuse encore de venir s'asseoir dans le coin regroupeemnt, que ce matin il s'est carrément mis debout sur la table, qu'il refuse de faire
les activités avec les autres même en motricité ! Alors que tousd les autres acceptent de  participer au regroupement et en gym, à part quelques capricieux de service !! 


 


Affaire à suivre !!


 


PS Je balise un peu pour la réunion de demain ! Je ne voudrais pas que la maman m'accuse d'avoir pris son fils en grippe !!



isa 17/09/2011 11:41



Cécile, ne positionne pas la maman de ce petit garçon en adversaire, tu as besoin d'elle et elle de toi, pourquoi imagines-tu qu'elle va forcément t'accuser ? Tu amènes par ta manière de
la percevoir une tension inutile. Tu dis qu'elle a changé son discours entre ce qu'elle a pu dire au début enfant difficile et maintenant "tout se passe bien à la maison", interroge toi sur ce
qu'elle peut ressentir de culpabilité et de désarroi face à ce petit qui est pointé comme "à problème", elle se protège en affirmant ne pas avoir de souci, c'est un voile qu'elle jette sur ce
qu'elle sait au fond d'elle, elle a besoin que son fils soit normal, elle cherche à s'en convaincre. L'acceptation de la différence ( si c'est le cas) est un cheminement que les parents doivent
faire et que les enseignants et autres intervenants accompagnent. Ce n'est pas un bras de fer, personne n'a à gagner de ce type de relation.


Quant à ce petit garçon, tu dis qu'il se fiche de vous, ce n'est pas un point de vue de professionnel, il ne s'agit pas d'un rapport d'égal à égal , tu ne peux pas lui donner des
intentions comme dans une relation d'adulte à adulte, il agit avec ses sensations et son agitation intérieure, il ne raisonne pas sur la manière de vous obliger à lui courir après avec des idées
manipulatrices construites, sur quels critères bases-tu ta déduction "il se fiche de nous" ? Ce petit garçon a pour le moment une impossibilité à se contrôler, il y est poussé par un besoin de
sensation, un besoin de sécurité, par un besoin d'exprimer sa détresse et que les mots lui manquent pour le faire. Plus tu vas croire qu'il agit contre vous,plus la relation va être difficile et
plus vous allez souffrir. Je sais que c'est difficile, j'ai eu des cas compliqués à surmonter et c'est fatigant, mais crois moi Cécile, l'acceptation de la différence ( si c'est le cas) doit
commencer par toi afin que les parents puissent à leur tour l'accepter.



Cécile 14/09/2011 21:03



Bonsoir Silvia


Merci beaucoup de ton commentaire


Pour l'instant, c'est le status quo à l'école, car ma directrice ne juge pas utile de faire venir la psychologue. Elle pense que c'est un peu tôt. Moi j'aimerais juste qu'elle vienne pour me dire
si oui ou non cet élève présente des troubles du comportement et comment on peut nous aider, (lui, mes élèves, moi dans ma pratique est ses parents) afin que ce ne soit pas toujours le grand
capharnaüm dans ma classe que j'essaie de cadrer tant bien que mal ! Heureusement d'ailleurs que mes autres élèves sont dans l'ensemble bien plus mimi que mes moyens de l'an dernier !!


Bon courage


 



isa 16/09/2011 09:05



Insiste Cécile, fais la demande toi-même.



Silvia 14/09/2011 20:52



Bonjour à tous-toutes !


Malheureusement je ne peux pas trop rester devant mon écran car j'ai toujours mal à l'épaule, mais je voulais juste vous dire qu'il me semble que le message de Céciledodo a été oublié sous le
flot de messages (c'est ça le succès!). juste un petit message pour le faire passer en tête et de grosses bises à toi Cécile et plein de courage, je ne peux pas trop t'aider mais je vous
réécrirai dès que ça ira mieux (reprise début octobre à cause de ma fracture)


bises



isa 14/09/2011 21:43



pour ma part , j'ai eu Cécile via ma messagerie, mais tu as raison Silvia, il y a beaucoup de messages et certains sont pris dans le flot des autres.



Cecildodo 11/09/2011 13:59



Bonjour,


Alors moi aussi j'ai depuis la rentrée un élève qui semble présenter ces troubles du comportement. lors de la rentrée lundi, la maman l'a juste présenté à mon atsem en lui disant qu'il était très
difficile, ne parlait pas  et qu'il ne lui obéissait pas du tout. 


Depuis, je ne l'ai plus revue. C'est la fratrie ou le ppai qui vient le chercher. 
heureusement, pour moi, il ne reste pas à la cantine ! Mais la matinée est plombée.


Il se sauve sans arrêt, se déchausse dans la cour, mange la terre, et passe son temps à hurler et refuse qui'on lui donne la main ! Le seul moment où il est calme c'est quand il empile les cubes
géométriques et vfendredi matin quand il est arrivé avec sa tétine !!


 


J'ai déjà averti la directrice, mais pour l'instant, rien n'a été fait. Je suppose aussi parce que c'est le coup de feu de la rentrée et de la nouvelle direction.


 


Je n'ai qu'une hantise c'est qu'il se sauve ou se blesse, surtout que j'ai déjà eu un cas de fugue le jour de la rentrée dans ma classe cette année malgré la présence de 4 dultes dont moi dans la
classe, et la présence de deux collègues à la porte de l'école


Bref : une semaine après la rentrée je suis déjà sur les rotules, surtout qu'en plus, ce n'est pas l'école idéale où je suis.... Mais ça c'est une autre histoire


Je ne sais pas si c'est à moi d'alerter la maman pour envoyer son fils passer un bialn à la pmi, quoique je lui ai déjà conseillé le bilan orl ou si c'est plutôt à la directrice de le faire !!



Cécile 16/03/2011 18:07



Ce témoignage a eu beaucoup d'échos chez moi et je ne n'ai pas beaucoup de réponse, juste mes entiments divers que je vais partager:cette situation je l'ai vécue à différentes reprises. Cela a
laissé des traces dans mon corps, dans mon esprit, dans mon psychisme. C'est la hantise que cela recommence à chaque rentrée. C'est la peur de ne plus pouvoir l'affronter et se maîtriser. Ne plus
être professionnelle. Et enfin, c'est l'angoisse de ne plus pouvoir exercer mon métier dans les conditions qui me sont imposées.


Je pense sincèrement que nous, enseignants nous ne pouvons pas gérer ce genre de situation seuls et que les seuls petits remèdes que nous pouvons trouver, pour rendre la situation la plus
acceptable possible, ne sont pas à la hauteur des problèmes!


Dans tous les cas, que de désastres pour l'enfant que l'on ne soigne pas (car il s'agit bien de soins dont il a besoin et pas d'une immersion violente dans la collectivité à temps complet), pour
les autres élèves (les traces sont profondes et  présentes bien des années plus tard) et enfin chez les enseignants et le personnel des écoles (ATSEM, personnel s'occupant de la
cantine, de la garderie...)


Désolée de ne pas être plus optimiste mais c'est ce que je ressens au plus profond de moi et je doute d'une solution pour que ce monde de l'école fonctionne mieux.



isa 16/03/2011 20:05



merci Cécile de nous donner ta vision, il n'y a pas d'obligation à avoir un discours optimiste, un discours sincère est essentiel et chacun s'exprime avec ce qu'il a ressenti.



isabel 07/03/2011 14:38



Je consulte quelquefois le site et je suis tombée aujourd'hui sur le témoignage de Véronique et son petit enfant autiste.Je souhaite apporter mon expérience et décrire l'évolution de cet enfant


J'ai comme toi accueilli un enfant "extra-ordinaire" voilà maintenant 3 ans.Balancement, echolalie, refus d'être dans le groupe, crise d'angoisse, panique... je pense que cela te parle. Au
départ, j'ai paniqué mais je me suis dit que l'école était son premier contact avec d'autres enfants... je ne le connaissais en fait pas. Difficilement gérable au départ, il répétait sans
cesse"j'attends maman, assis à l'écart des autres, son énorme doudou dans les bras, pleurs, cris...insupportable!!!


Les parents ont eu du mal à accepter ce que je leur décrivais de leur enfant. J'ai pris appui sur la psychologue scolaire, qui après observation en classe , achoisi de recevoir la famille avec
l'enfant. Crise de l'enfant pour se rendre avec sa maman dans le bureau de la psy, espacé de ma classe de quelques 50 mètres. Gros doute sur le mal de cet enfant...le everdict est tombé
...syndrome autistique s'apparentant à de l'autisme asperger.


Passionné par le sujet, j'ai choisi de suivre une formation ( à mes frais parce que l'éducation nationale n'a pas d'argent), les samedis matins pendant 2 mois et j'ai beaucoup appris: de la
formatrice, psychologue; des parents d'enfants autistes, d'une psychiatre et maman d'un autiste de 14 ans maintenant. Je suis prête à t'envoyer mes cours par courrier si cela peut t'aider, te
conseiile de te rapprocher des associations d'enfants et jeunes adultes d'enfants autistes( pour ma part j'ai fait la formation avec TED Côte basque et je peux te mettre en relation avec eux si
tu le souhaites, regarde aussi( sans vouloir faire de pub) le catalogue HOP ToYS où tu trouveras beaucoup de matériel.


Mon conseil: oublie les programmes pour cet enfant, fixe toi un seul objectif: la socialisation et travaille à la récompense( est-ce que cela te parle). au départ les résultats sont infiniment
petits mais je peux t'assurer que cela marche.


J'ai refusé l'aide d'une EVS pendant 2 ans. Aujourd'hui il est en GSection avec une EVS qui ne lui sert à rien ( elle rassure la collègue et c'est déjà beaucoup). Il faut simplement accepter que
ces enfants ont une vision morcellaire du monde, qu'ils fatiguent très vite et que l'enfermement dans leur monde est rassurant. Il faut accepter qu'il décroche mais il faut trouver le moyen de
les accrocher par petits moments. je pense qu'un TIMER t'aidera beaucoup


N'hésite pas à entrer en contact si tu le souhaites et bon courage


Pour moi, la rencontre avec cet enfant m'a ouvert les yeux, je me spécialiserai très vite pour travailler avec ces enfants


Isabel   


 



isa 07/03/2011 16:14



merci Isabel pour ce nouvel éclairage, comme tu lui proposes, je vais donner ton adresse mail à Véronique.



Gwénaëlle 01/03/2011 21:15



Ne prendre aucun parti, énoncer clairement la situation : la classe et toi-même, vous vivez cette année une expérience exceptionnelle, vous accompagnez un enfant extraordinaire, bon an, mal an,
car vous n'êtes pas soutenus par l'institution qui n'a pas affecté d'AVS... alors cette année il a fallu faire des choix et écarter certains projets et se centrer sur l'essentiel. Je suis PE et
maman d'une petite fille TED de 7 ans. Il m'est difficile de ne pas être partie prenante pour l'inclusion des enfants "extraordinaires" dans nos classes ordinaires : les bénéfices seront
partagés... Je suis persuadée que vivre la différence au quotidien "normalise" la différence au quotidien... mais bien sûr il faut que nous en ayons les moyens humains et techniques... Une idée :
as-tu envisagé de contacter le service social de la MDPH qui pourrait peut-être faire relais avec la famille.



isa 01/03/2011 21:52



tu vois Gwenaëlle , tout à l'heure , je disais que je trouvais mes enfants extraordinaires car j'avais le sentiment qu'ils ne me posaient pas autant de difficultés que mon petit élève
dont j'imaginais la difficulté rencontrée par ses parents chez eux, et toi tu me dis, ce sont des petits enfants extraordinaires, je pense que tu as raison, en tant que parent nous trouvons nos
enfants extraordinaires ( parce qu'uniques), et cela me semble important d'avoir ce sentiment et c'est une belle explication pour les autres élèves.



veronique 01/03/2011 19:41



Encore merci pour vos réactions et témoignages. Peut-être ai-je trop de scrupules, mais je me sens souvent mal à l'aise par rapport aux autres parents d'élèves de la classe car je me dis que ce
que vivent leurs enfants au quotidien dans la classe n'est pas à la hauteur de ce qu'ils pourraient attendre. L'atmosphère de la classe n'est pas aussi sereine que je le voudrais, la qualité de
mon enseignement et mon implication non plus. Car on vit parfois des moments surréalistes dans les hurlements et les moments de crises. Parfois, certains enfants se bouchent les oreilles car tout
cela les agresse. Bien sûr, je leur ai expliqué que leur camarade était "différent", qu'il n'était pas "méchant", qu'il ne faisait pas exprès de faire ce qu'il faisait et que parfois, , il
pouvait déroger aux règles communes de la classe(pas toujours, je n'admets pas la violence physique, par exemple). Ah oui, j'ai été aussi accusée par la maman de violence physique à l'encontre de
son enfant, mais parfois, il faut que le contenir physiquement lors de ses crises. Mais que dire aux parents sans que cela paraisse de la délation ? J'ai renoncé, je l'ai déjà dit, à certains
projets et autres sorties dont j'avais parlé en réunion de début d'année, faute d'une énergie suffisante pour les mener à bien. Comment le justifier auprès des parents sans paraître geignarde et
"ramollie" ? Faut-il en parler ouvertement, dois-je me taire ? Quel parti prendre ?



isa 01/03/2011 21:00



tu peux réenvisager tes projets en envisageant et en proposant à la maman de ton petit de vous accompagner pour une sortie et en lui expliquant que tu ne pourras pas l'emmener sans son
aide ( elle peut peut-être se libérer pour une journée , cela me semble faisable), ces projets te donneraient sûrement un élan et un sentiment de travail accompli. Quels sont les autres projets
que tu n'as pas pu mener ? Personne n'imagine ce qu'un enfant handicapé aussi lourdement peut demander d'énergie quand on n'a pas été confronté à cette situation, mais tes petits élèves parlent
et chez eux, ils doivent sûrement évoquer ce petit garçon différent, je pense que les parents le savent déjà. Attends de voir comment les choses évoluent , si ton AVS arrive ,tu vas peut-être
pouvoir relancer tes projets. Ne cherche pas obligatoirement à te justifier vis à vis des parents.



Céline 01/03/2011 19:22



Bonjour Véronique


Tout d'abord, je te félicite pour ton investissement ! Je sais à quel point il est difficile d'avoir un enfant autiste face à soi car j'ai été AVS avec un élève de PS lorsque je préparais le
CRPE.


Cet enfant, J, refusait toute communication, tout contact, physique ou visuel, et n'aspirait qu'à 2 choses : s'enfuir aux toilettes pour mettre sa tête dans  une cuvette de
wc puis tirer la chasse et observer la lumière des néons. Evidemment, il ne parvenait pas à rester avec les autres enfants.


J a été dépisté très tôt (avant la PS) et les parents étaient très présents et motivés. Ils ont fait une demande d'AVS auprès de l'IEN avant la rentrée et je suis arrivée dans la classe en
octobre. Aussitôt, la maman m'a donné ses astuces et les réactions à éviter (ne pas élever la voix, ne pas le forcer à faire quelque chose, rechercher le contact visuel avant tout échange). Elle
m'a énormément aidée, heureusement car je n'ai jamais pu bénéficier des 60h de formations qui étaient prévues! De plus, J venait à mi-temps au début puis un peu plus au fur et à mesure qu'il se
socialisait.


Je ne suis pas une experte mais je peux te dire ce qui fonctionnait avec J. Si ton élève est aussi très attiré par l'eau qui coule, tu peux lui mettre une petite bassine d'eau avec
un entonnoir, des assiettes et verres du coin cuisine, des passoires, etc. Ceci peut lui permettre de retrouver un état calme et peut le rassurer si ça devient un rituel. S'il est très attiré par
une autre activité, autorise-le à la pratiquer dès qu'il ne tient plus en place. Lorsque tu veux lui parler, attends qu'il te regarde droit dans les yeux. Lorsque son regard est fuyant, c'est
qu'il est "ailleurs", dans son monde, il n'entend pas. Pour J, je devais parfois répéter son prénom 10 ou 15 fois en mettant mon visage au même niveau que le sien. pour qu'il "m'entende".


Si tu n'as pas d'AVS, demande à ton ATSEM de t'aider car tu ne peux pas gérer ta classe et ton élève autiste. Elle peut le surveiller lorsqu'il trouve (enfin) une activité qui lui convient,
l'accompagner lorsqu'il veut absoluement "visiter" l'école et ses escaliers, etc. D'un autre côté, tu devras alors lui demander moins de préparation de matériel.


Une dernière chose : Internet, c'est bien, mais ça a ses limites. Demande aussi de l'aide à l'hôpital de jour, à l'IME, au RASED, à l'IEN, etc.


J'espère que ces quelques idées t'aideront un peu, qu'une AVS sera affectée dans ta classe et que tu finiras cette année scolaire dans de meilleures conditions. Bon courage.



Mélanie 01/03/2011 19:07



Bonjour,


Mon mari et moi sommes PE depuis 10 ans maintenant et nous avons un garçon qui aura bientôt 10 ans et qui est atteint du syndrome d'asperger, un trouble envahissant du comportement proche de
l'autisme. Il a été diagnostiqué il y a maintenant 2ans et demi. Dès lors qu'il a été scolarisé, cela a été le parcours du combattant ... et encore nous sommes enseignants donc nous avions les 2
casquettes et c'est beaucoup plus facile pour les démarches. Nous avons été confrontés à 2 discours pour mettre la machine en route, nous avons interpellé l'inspection, les syndicats, le RASED,
... tout pour obtenir de l'aide car c'est le vrai parcours du combattant. A l'époque, on ne savait pas ce que notre fils avait exactement, on savait juste qu'il était différent et qu'il avait
certaines difficultés. Nous avons donc commencé à mi-temps et commencé les démarches auprès du rased et de la référente pour monter un dossier MDPH mais quand on n'a pas de diagnostique, ce n'est
pas facile !!! Nous avions accepté le handicap de notre fils et faisions tout pour l'aider. Mais, des fois, c'est choquant d'entendre des choses sur son enfant. Nous avons quand même entendu dire
que notre fils n'était pas assez handicapé pour obtenir une AVS ! Il faut que les parents se fassent une carapace et que les enseignants comprennent notre quotidien, notre détresse aussi et
il faut également que les parents prennent conscience que pour nous enseignant, ce n'est pas facile d'accueillir des enfants quand on en n'a pas les moyens. Et rien n'est jamais gagné car tout
les ans, il faut renouveler l'avs, réunions d'équipes éducatives relativement tôt (mars pour être dans les 1ers passages de commissions MDPH).nous avons aussi sollicité des rencontres
entre psy et les enseignants, (le CRA aussi ) pour informer les enseignants, les aider , leur donner des pistes de travail, qu'ils puissent dire aussi leurs difficultés !


J'ai eu l'occasion au cours de ma carrière, d'intégrer des enfants autistes, malentendants ou présentant un trouble du comportement. C'est plus facile de faire comprendre les choses aux parents
ou de leur faire prendre conscience de certaines choses quand nous on a vécu la même chose. Je suis admirative déjà par tout ce que tu as entrepris car beaucoup d'enseignants auraient déjà baissé
les bras mais cela nous renforce, nous fait gagner de l'expérience pour mieux gérer à l'avenir ce genre de situation. Beaucoup de conseils ont été donnés, je ne vais pas les répéter mais ce genre
de situation nous épuise c'est vrai mais j'en ressors toujours grandis car je me dis que j'ai bien fait mon boulot, j'ai tout tenté pour cet enfant avec les moyens que j'avais et que malgré tout,
grâce à notre volonté, notre ingéniosité, notre patience et persévérence, l'enfant a tout de même progressé. Même si c'était dur, épuisant sur le moment, il faut être fière de ce qu'on fait !
C'est vrai qu'on manque cruellement de moyens et que ce n'est pas normal des situations pareilles mais c'est pour ça qu'il faut  "se battre" ! Je trouve aussi que c'est très important de
bien informer les autres élèves de la classe pour que l'intégration ne soit pas un "traumatisme" pour eux mais pour qu'ils comprennent bien, pour qu'ils soient tolérants et qu'ils acceptent la
différence et qu'ils puissent eux aussi l'aider à s'intéger.


Garde courage et ressource-toi en mettant tout cela de côté pendant les vacances ! 



isa 01/03/2011 20:40



merci beaucoup Mélanie, voilà, nous avons aussi l'autre côté de la situation, celle de parents confrontés au handicap de leur enfant et leur désir légitime de le voir parmi les autres. Je
te suis reconnaissante de nous apporter ton éclairage qui permet de changer l'angle de vue, c'est trés important d'entendre ce désir.



frédérique 01/03/2011 16:29



bonjour,


je suis la femme d'un enseignant et je suis confrontée à ce problème depuis le mois de septembre puisqu'il a un autiste non verbal dans sa classe! je confirme ce que tu ressens l'impression
d'écoper un bateau qui coule sans aucune valeur ajoutée pour l'enfant qui n'est pas dans une structure adaptée à ses difficultés,l'épuisement de mon mari qui jongle entre les visites des psys,des
équipes éducatives,des spécialistes de l'autisme,des psychomotriciens...la fatigue des élèves de sa classe dont certains se mettent les mains sur les oreilles pour ne plus entendre leur camarade
hurler ou courir,le désarroi des parents de cet enfant qui n'ont pas accepté son handicap,la succession d'AVS qui baissent les bras...il ne faut surtout pas que tu t'épuises ,la mission que l'on
t'a confiée est impossible,impossible de faire classe correctement avec cet enfant en même temps politiquement incorrect d'être entendu sur cette impossibilité,le problème est cornélien.Comment
réagissent les autres parents des élèves qui supportent ce disfonctionnement ont -ils entrepris des démarches? l'année prochaine que va-t-il se passer pour cet enfant? la scolarité d'un élève
a-t-elle le droit de nuire à toute une classe? et si tu refusais tout simplement de faire classe en t'arrêtant?l'élève suivi par mon mari n'est plus scolarisé que le matin.


bon courage et surtout préserve toi,ta carrière n'est pas finie.



isa 01/03/2011 19:04



c'est intéressant aussi d'avoir le témoignage d'un tiers qui vit  les difficultés de ce métier par imprégnation de la souffrance en quelque sorte. Je comprends Frédérique ton souci
de voir ton mari s'épuiser à une tâche qui semble perdue d'avance. C'est effectivement une question que cette scolarité "forcée", je crois néanmoins que si les conditions d'accueil étaient
correctes avec une prise en charge conjuguée et un temps de scolarisation adapté, il y aurait une possibilité d'évolution donc de satisfaction réciproque. Pour les autres élèves, la confrontation
au handicap est importante ,elle doit leur permettre d'apprendre la tolérance et le respect, ainsi que la solidarité. On remarque d'ailleurs et certaines de vous l'ont dit qu'il y a une attitude
naturelle à aider celui qui paraît amoindri. Malheureusement certains handicaps sont lourds car les comportements sont impulsifs, imprévisibles et trés perturbateurs. Il faut beaucoup d'énergie
lorsque cela nous arrive et toute la famille, parfois, en pâtit. Personnellement, quand je rentrais chez moi le soir après ma journée et particulièrement mon après midi passé avec mes élèves dont
mon petit A, je trouvais mes enfants extraordinaires, je n'ai jamais ressenti un tel sentiment de paix que cette année là et j'avais bien souvent une pensée pour la famille de A que j'imaginais
privée de ce sentiment.



Krol 01/03/2011 16:28



Cet enfant, après une année en petite section semble encore avoir de grosses difficultés à s'intégrer dans un groupe classe; pourquoi l'administration ne veut-lle  pas le voir, l'entendre,
le comprendre?! un manque de budget (pour l'emploi de personne formée pour accompagner ce petit garçon), une politique de l'autruche (tant que rien de grave n'arrive)...
Cela me fait penser à une situation que j'ai vécue il y a quelques années. L'inspectrice de circonscription m'avait demandé, en catastrophe, de bien vouloir accueillir dans ma classe de petite
section, au mois d'avril, un petit garçon en souffrance dans son école car une Atsem, dans un moment d'énervement, l'avait frappé ; depuis ce jour, la situation était devenue invivable pour
l'enfant, ses parents et le personnel de l'école.
J'ai accepté l'accueil ce petit garçon dans ma classe... et ...je me suis vite rendue compte que son comportement était très déstabilisant (pour l'adulte qui en avait la charge et pour les autres
enfants qui risquaient de faire les frais de ses moments de violence) et n'était pas dû qu'à un "pétage de plombs" de son ex atsem. (Je passe sur l'amertume de m'être bien faite berner) Son
comportement a fait l'objet de compte-rendus réguliers, auprès d'équipes éducatives, avec le RASED, car ce ne doit pas rester le problème de l'enseignant qui l'a en charge pour l'année, puis du
suivant l'année d'après, car voilà comment les problèmes sont déplacés sans être résolus. Des aménagements d'horaires avaient été décidés, pour le bien de tous, mais particulièrement pour
l'enfant qui doit être socialisé mais pas comme n'importe quel autre. Durant cette année assez difficile, comme le lait sur le feu, je le "surveillais" et me demandais chaque matin quelles
nouvelles trouvailles il allait expérimenter, j'ai fini l'année é-pui-sée; heureusement, à la maison, mon compagnon, par son écoute (qu'est-ce que je l'ai "bassiné"!) était d'un grand réconfort
et par son humour, arrivait à dédramatiser des anecdotes navrantes!!!
Je pense que malheureusement, il m'arrivera encore à vivre des situations de ce type, j'espère que comme toi, je garderai l'envie de trouver des solutions même si parfois celle de baisser les
bras pointe le bout du nez.




edith 01/03/2011 15:06



Reponse à ta question:


oui, oui, oui: il faut arriver à diminuer le temps scolaire. ......il faut travailler dans ce sens, car depuis le début cet enfant vit un "carcan" car rien n'est aménégé pour lui, ce qui doit lui
créer des angoisses qui entrainent un comportement déstabilisé, tout le contrarire de ce qui pourrait le strucuturer, le rassurer.


Ce sera difficile, mais il faut essayer de s'appuyer sur le médecin scolaire ou médecin de PMI qui peut constater que pour le bien de l'enfant une refonte totale de son emploi du temps
(école, prise en charge, aides extérieures....) l'aidera à cosntruire sa scolarité. 


Les parents de l'enfant que je connais ont eu la chance de tomber sur un médecin PMI sensibilisé à l'autisme et sont en train de demander plus de temps d'école....car l'enfant en est maintenant
capable.


Faire le point précis de ce qui est acquis pour lui, et de ce qui n'est pas adapté pour l'instant. Se fixer des objectifs simples, réalistes, adaptés à lui.


Je te félicite encore de tout ce que tu as mis en place pour avoir de l'aide et donc pour aider cet enfant, et j'espère que ta situation va s'améliorer, ainsi que celle de ton élève.



edith 01/03/2011 14:40



suite de mon message qui a été tronqué (trop long!!!)


Les reproches de la maman doivent t’atteindre profondément, ce sont des paroles de souffrance pour moi. « On n’aime pas son
fils » ce n’est pas le propos : on tente de faire le travail d’enseignant avec un enfant différent en grande difficulté d’intégration à la vie en collectivité. Essaie d’employer le
« On » à la place du « je » pour inclure tes collègues, le personnel communal et les personnes qui t’aident.


 


L’autorité ne fonctionne pas avec les autistes. La gestion de crises : comment s’y prend-t-elle à la maison ? Si elle
réussit des choses à la maison, ses « recettes » peuvent t’être utiles. Elle doit comprendre que vous devez être partenaire et nous vous affronter. Tu as su montrer ta bonne volonté, tu
as le mérite de faire toutes ces recherches, de fabriquer du matériel, de te renseigner, de faire ce cahier de liaison. Avec qui souhaites-tu entrer en relation avec ce cahier de liaison ?
ou alors est-ce un cahier des progrès de l’enfant ? On peut en reparler par la suite.


 


Tu n’as pas à avoir peur de la discrimination dont elle t’accuse, l’enfant est scolarisé, tu es une professionnelle et tu pointes les
difficultés de cet enfant liées à sa différence et tu attends une aide, une formation, des pistes pour travailler mieux avec lui et les
autres , car qui dit « intégration » dit « contact avec les autres, échanges »


 


Avec le recul j’ai beaucoup appris au contact de mon élève autiste et au contact de sa famille. Tu en ressortiras grandie et fière de
tout ce que tu as su mobiliser pour cet enfant. Ne te décourages pas. Merci d’avoir osé nous dire tes difficultés.


A bientôt pour des nouvelles ou des idées pratiques à essayer.


 


Edith


 



edith 01/03/2011 14:33



Très touchée par ton récit, tes déboires, tes angoisses, tes inquiétudes, ta lassitude, ton découragement et ton engagement. J’ai vécu
l’accueil à temps plein d’un enfant autiste en PS, et 2 ans ensuite en MS dans une classe à 3 niveaux à lourd effectif, (le diagnostic a été tardif, mais les parents étaient conscients et
ouverts à des échanges, nous avons toujours communiqué)


 


Je suis aussi sensibilisée à la question de la scolarisation d’enfant autiste dans mon entourage et je suis témoin des difficultés
qu’ont les parents dans le parcours scolaire de leurs enfants atteints de TED.


 


Ma première question est : ton ATSEM est-elle suffisamment
présente ? tu ne peux pas passer ton temps à lui courir après. Même si elle n’est pas formée, ni toi d’ailleurs, ton AVS ne le sera pas plus (sauf si elle a déjà eu à faire à des tels
comportements) tu ne peux restée seule tout le temps. Si tu n’as pas d’ATSEM a temps plein, c’est aux collègues de comprendre l’urgence de la sécurité et de détacher leur ATSEM sur ta classe le
plus possible, voire à temps plein.


Sinon, cet enfant pourrait-il « naviguer » d’une classe à l’autre, mais avec un emploi du temps précisé entre vous et
inclus dans le PPS? A-t-il un PPS et a-t-il un dossier à la MDPH ? une fois le handicap reconnu (et accepté par les parents) des cadres se mettent en place (dont AVS)


 


Pour en revenir à un emploi du temps adapté dans le cadre d’un intégration, d’une adaptation difficile aux activités, aux
rythmes, cet enfant pourrait être plutôt avec les PS à certains moments pour des activités qu’il affectionne ou pour le changer de lieu, pour lui permettre de « bouger » ?


Pour lui : apprendre à se déplacer dans l’école en donnant la main à l’adulte, essai de participation aux manipulations, aux jeux
libres de l’accueil, aux activités de découverte (peinture, pâte à modeler, transvasements…) de motricité fine. De tout petits objectifs, et ne pas essayer de lui faire suivre le travail en MS,
renoncer à ton rôle d’enseignante avec lui.


 


Deuxième remarque : effectivement la présence scolaire et
périscolaire quotidienne, journalière ne convient pas à un enfant atteint de TED. Si il y a une équipe de suivi de scolarité, c’est à elle de définir le temps de présence pour le bien de l’enfant et d’envisager une évolution progressive au cours de la scolarité. J’ai eu, pour ma part beaucoup d’aide d’une rééducatrice
du RASED (soutien, prise en charge de l’enfant, rencontre avec les parents et déculpabilisation) Mais j’ai beaucoup paniqué,
j’avais l’impression de ne rien faire pour lui. Par contre il était plutôt calme, il refusait de participer aux ateliers, j’ai admis de lui faire faire autre chose, même des choses répétitives
qu’il aimait, pour qu’il reste près de nous, dans l’atelier qui lui était proposé, j’ai même laisser l’enfant choisir là où il voulait aller.


Ton élève a-t-il été scolarisé en Petite Section ? as-tu des contacts avec la collègue qui l’a eu ? peux-tu t’appuyer sur
les activités qui sont source de motivation pour lui ?


 


Troisièmement : la douleur, l’attitude agressive des parents, leur
difficulté au quotidien sont à prendre en compte. L’école est pour eux une représentation de l’idéal d’enfant. « Si mon enfant va à l’école, il est comme les autres ». Oui, mais ses
besoins, ne sont pas les mêmes. Il faut absolument renouer le dialogue avec cette maman (et le papa, dans l’absolu, il faudrait
qu’il soit là, informé lui aussi), quitte à lui donner rendez-vous à un horaire où elle peut se rendre à l’école, et la recevoir avec la directrice de ton école ou avec l’enseignant référent de
la circonscription en charge des enfants atteints de handicaps, en tout cas pas seule.


 


Tu as fait un travail formidable pour lui (mise en place du cahier de liaison, recherche d’activités, questionnement quotidien,
recherche d’appui) elle doit l’admettre et ne plus t’agresser. Elle doit comprendre les contraintes du programme de la classe, de l’attention que tu dois porter à chacun et du souci de sécurité
de tous.


 


Avec elle tu peux envisager d’informer les enfants de ta classe des raisons du comportement de cet enfant. Tes MS ont appris en Petite
Section à « devenir élève » ils savent qu’ils ne doivent pas crier, se déplacer n’importe comment, détruire le travail d’autrui…. Ils doivent être informés qu’on attend aussi d’eux de
l’aide pour intégrer cet enfant, qui a des difficultés à faire comme eux, qu’à 4 ans ou 5 ans, il n’a pas encore appris  tout ce que eux savent déjà
faire…tout cela avec doigté, mais informer, expliquer, communiquer.


 


La maman est-elle informée des difficultés qu’elle impose à son enfant en le mettant en collectivité toute une journée ? Est-elle
informée des mécanismes de socialisation que l’équipe de suivi de scolarité, dont font partie les parents, doit mettre en place pour aider à l’intégration ? Que sait-il faire chez lui ?
Comment s’y prennent-ils pour le faire évoluer, s’autonomiser ? C’est un travail de chaque minute avec un autiste. Un mot aussi pour dire : quelle responsabilité est donnée à la grande
sœur !


 




veronique 01/03/2011 14:27



Merci pour vos messages. Ca fait du bien d'être écoutée. Oui, cet enfant avait été scolarisé en section des petits dans la même école. Mais la première et unique équipe éducative avait eu lieu
seulement au mois de juin. Donc, la machine administrative n'avait pas pu se mettre en route. A mon avis, on a perdu beaucoup de temps par manque de transmission d'informations sur le déroulement
de la première année de scolarité qui avait été bien sûr extrêmement difficile, mais ça, je l'ai su plus tard. Cet enfant avait passé son année à déambuler dans l'école en poussant des cris et en
étant gardé par les atsem. A la rentrée, elles n'en pouvaient plus et n'avaient plus envie d'assumer une fonction qui de toute façon n'est pas la leur. On les comprend. J'ai très vite tiré la
sonnette d'alarme : psy du rased, médecin de la pmi, inspecteur de circonscription, sans compter mes collegues et en particulier ma collègue directrice qui a fait tout ce qu'elle a pu pour faire
avancer le dossier, allant même jusqu'à "heberger" ce petit quelques temps dans sa classe pour me permettre de ne pas craquer nerveusement. Mais est-ce bien normal tout cela ? J'ajoute que j'ai
déjà eu dans ma classe des enfants trisomiques, mais à mi-temps, avec AVS et des parents conciliants. Ca n'a rien à voir. C'est au contraire un vrai bonheur de voir ces enfants s'intégrer, se
lier d'amitié avec les autres enfants, rechercher la communication et l'affection. Pensez-vous que je peux demander un aménagement du temps scolaire de cet enfant et faire en sorte qu'il ne
vienne à l'école que pendant que son AVS est là ? A mon avis, c'est trop tard. Le dialogue avec les parents, la maman en particulier, se renoue peu à peu. J'ai décidé de rédiger un cahier de
liaison spécial, qui doit circuler entre l'école, la maison, le psy, l'orthophoniste. Je rédige une note quotidienne relatant les faits marquants de la journée, sans pathos, le plus objectivement
possible et je la colle sur le cahier, ainsi que d'autres infos. Mais sincèrement, j'ai du mal à "assurer" le travail pour le reste de la classe. J'ai l'impression de faire un travail au rabais,
à l'économie. J'ai dû renoncer à bien des projets, je ne m'en sens plus l'énergie. Je trouve que c'est du gâchis. Voilà. Encore merci pour vos messages. Ca aide. Et courage aux collègues qui
vivent des situations similaires qui, je le répète, ne sont pas normales. Mais qui voudra bien nous entendre ?



isa 01/03/2011 15:07



oui je pense que tu peux demander un aménagement du temps du scolaire pour ce petit. C'est beaucoup trop long une journée entière pour lui et pour toi. Rien n'est jamais trop
tard.



Prépalipopette 01/03/2011 14:25



Bonjour Véronique


Ton témoignage est très poignant et peint un portrait réaliste de l'intégration d'enfants autistes en milieu ordinaire.


Depuis octobre, j'accueille également un enfant souffrant de signes autistiques lourds avec présence d'AVS. J'avoue avoir été désemparée face à cette maladie, que je connaissais peu. Mes
recherches sur le net, les blogs de mamans d'enfants autistes et des lectures d'ouvrages sur le sujet ont été tout et sont toujours comme toi mes priorités, mes bouées de sauvetage même. Cela m'a
permis de mieux en comprendre les manifestations mais cela ne suffit pas à combler mon manque de compétences.


Désemparée et outrée aussi face à l'Education nationale!!!La première équipe éducative fixait le nombre d'heures de présence, sans même connaître l'enfant et surtout sans nous offrir de
formations, de pistes de travail, d'accompagnement. Le maître mot qu'on m'a donné est : SOCIALISATION.


Face à un enfant autiste, ce mot est dénué de sens, d'intérêt même.


Depuis son entrée, je note cependant des évolutions dans son comportement : regard moins fuyant, repères dans la classe, repères des adultes, s'asseoit spontanément à côté de moi lors des
regroupements. C'est encourageant mais à côté de cela ces crises sont de plus en plus violentes (il se tape la tête sur le sol) et longues (mardi cela a duré 1h15 de cris et de hurlements dans la
classe sans que mon AVS ou moi trouvions un moyen de l'aider à dépasser cette crise).


Dans ce cas, nous essayons tout et n'importe quoi. nous y mettons beaucoup de volonté car nous comprenons bien qu'il est en souffrance. Mais parfois rien n'y fait, nous ne sommes pas armées pour
l'aider.Alors, on en parle, on revient sur le net et on redoute la prochaine


Puis nous sommes aussi confrontées à la triste réalité : intégration d'enfants handicapés mais soumise aux restrictions budgétaires. Peu d'AVS pour peu d'heures.Depuis le début, je réclame plus
de présence de l'avs, mais nous sommes face à un mur.


L'Education nationale a même rejeté ses responsabiltés sur moi. En disant clairement lors de la dernière équipe, nous n'aurons pas plus D'heures d'AVS, ce n'est pas possible, en revanche, pour
contourner cela je n'avais qu'à accueillir l'enfant en classe sans AVS.


Que répondre à cela, quand on a en face de nous une famille dans une détresse profonde, et bien oui......


Je pense à la reprise et cela m'inquiète beaucoup : que vais-je pouvoir lui offrir en disponibilité et mes autres élèves, en cas de crises, comment va-t-on gérer la classe.


Donc je n'ai pas de conseils à part si : nous avons contacté le CRA : centre de Ressources pour l'autisme. Un spécialiste est venu dans notre école pour une formation générale et ce gratuitement.
Cela a été l'occasion de l'interroger.


Je suis aussi en contact avec la personne qui le suit au CMP qui m'a confié que malgré son expérience, il peine aussi avec cet enfant.


Nous tentons de ritualiser ses activités, mais certains jours, il lui est incapable d'en faire ne serait-ce qu'une. Alors, on s'adapte, et c'est dur.


Il est important d'essayer de s'entourer, de travailler en équipe, car je pense que c'est cela qui nous permet de le vivre avec autant de sérénité que possible.


Tout ce que je peux te dire c'est courage, et je sais bien que cela n'est pas assez.


Sandrine



isa 01/03/2011 15:03



Comme tous ces témoignages montrent la dure réalité de certaines classes et combien chaque classe peut être différente d'une autre, vous n'êtes pas toutes logées à la même enseigne , ça
c'est sûr, un peu le hasard, un peu les équipes pédagogiques, beaucoup l'administration qui disait à une de mes collègues face à un élève difficile: " Vous êtes fonctionnaires, vous êtes là pour
fonctionner !!!" Malgré la grande désespérance qu'on perçoit en vous lisant, il est une chose certaine , c'est qu'on sort différent de telle expérience, je pense sincérement qu'on en sort
renforcé et plus expérimenté dés lors qu'on a tenu. Mais il faut tenir. L'imprévisibilité de tels petits est une source d'angoisse pour les adultes, le refus de contact est particulièrement
difficile à vivre car la proximité ne s'établit pas et qu'il est difficile de ne pas avoir de source d'attachement, la différence trouble et inquiéte, l'incompréhension mine ( on voit bien votre
désir de comprendre en allant chercher et chercher encore des informations). Cependant comme pour tous les enfants, ils ont besoin d'être contenus, d'être compris. J'ai assisté à une conférence
sur l'autisme avec  Didier Houzel , il disait que ce que l'enfant exprime a du sens, qu'il faut être attentif aux circonstances ( tu te sens en désordre car untel n'est pas là), que
l'adulte qui s'en occupe doit occuper les deux fonctions :maternelle ( compassion) et paternelle ( régle , exigence), qu'il faut un temps de scolarisation adapté,et de l'importance d'avoir des
tiers à qui parler de ce qui est vécu avec l'enfant.



fabienne 01/03/2011 12:11



bonjour,


Voilà une situation que j'ai connue il y a 4 ans.


A son arrivée en petite section, c'est moi qui ai signalé L. au RASED car je trouvais son comportement "étrange" Les parents refusaient de le voir et me disaient qu'il était juste "petit" Il
n'était pas propre, criait, pouvait se montrer violent.


Avec les parents et l'IEN nous avons décidé de le scolariser à l'école 2 matinées et de le faire fréquenter la halte garderie de la commune les autres matinées (il y trouvait la socialisation
sans la pression des apprentissages) C'est en partenariat avec la halte Garderie que nous avons persuadé les parents d'aller consulter: L. a été diagnostiqué autiste.


L'année suivante il est revenu pour une nouvelle année de petite section. J'avais alors une AVS pou lui. En parallèle les parents recevaient chez 2 fois par semaine une personne spéciisée dans ce
trouble qui faisait travailler L. Je l'ai moi-même recontrée plusieurs fois pour qu'elle m'aide. L. est à présent en CP où il est très bien intégré.


En résumé, il faut faire appel à ton IEN et faire une équipe éducative pour aménager la scolarité de ton élève: Pour lui, pour toi et pour les autres élèves.


Tout ceci est plus aisé quand les parents ont pris conscience et accepté le trouble de leur enfant: Il faut donc les diriger vers une centre pour qu'un diagnostic soit posé.


Je te souhaite également d'avoir une AVS et que cette personne soit compétente (j'en ai connu 2 avant de trouver la bonne personne. Parfois il faut mieux être seule...)


Et puis pense d'abord à tes autres élèves: leur climat de classe, leurs apprentissages. Ton petit élève lui est là pour se socilaliser et une fois qu'il sera bien avec toi, les autres, les règles
(car même pour lui il en faut) il rentrera dans les apprentissages.


Profite bien te tes vacances pour prendre du recul.


 Et repose toi!



Cécile Robert 01/03/2011 10:53



Je pense effectivement que ces vacances sont bien méritées!! Repose-toi et profite en pour te ressourcer (des massages, c'est peut-être  pas si mal!!)


Concernant cet enfant, tu peux peut-être demander l'aide de l'enseignante référente dont dépend ton école. Il me semble également qu'une scolarisation à plein temps n'est pas souhaitable.
Cependant, une diminition du temps de scolarisation sera difficile à faire accepter à la famille.Où en est son dossier à la MDPH? Qu'en est-il du PPS? Quels sont les objectifs?


bon courage à toi.



Mélina 01/03/2011 10:46



Bonjour Véronique,


Je ne vais pouvoir t'aider car je n'ai jamais été confrontée à une telle situation !Je suis consternée de voir qu'elle puisse puisse exister et admirative que tu sois toujours en train de te
battre. Je te souhaite beaucoup de courage mais il faut avant tout que tu te préserves car ta fatigue physique (et psychique) pourrait bien te conduire sans que tu ne t'en rendes compte vers une
grosse dépression...Ce problème n'est pas uniquement le tien : c'est celui de toute l'équipe de ton école  qui doit t'aider et te  trouver des solutions pour te soulager  (et pas
seulement des petits coups de mains) en attendant qu'une aide extérieure ne se mette en place. 


Profite de tes vacances si tu en as encore pour te ressourcer avec ta famille ou tes amis. Et bon courage !



Krol 01/03/2011 10:19



Le petit garçon dont tu parles, avait-il été scolarisé auparavant, en petite section, dans cette école, ou même ailleurs?
A la lecture de ta situation, il apparaît clairement qu'elle n'est pas supportable; pourtant tu continues de chercher des ressources pour essayer d'avancer avec cet enfant et ça, c'est vraiment
remarquable!



Cassendre 01/03/2011 10:17



 * J'ai une classe de 28 PS/MS/GS. J'accueille une petite souffrant de TED.


* J'ai observé et "apprivoisé" la petite pendant un mois et 1/2 environ. Coup de chance, elle était dans une bonne phase. J'en ai profité moi aussi pour me "former" par internet et par les
bouquins.


* Tout d'abord, je ne l'oblige jamais à participer à une activité, à venir au regroupement, etc. Je sais que ce n'est pas "bien" en temps ordinaire mais là, pas le choix : j'utilise "la ruse" ou
le chantage.


Je m'explique : je me suis aperçue très rapidement que la musique, elle adore ça. Pour l'attirer au regroupement je mets en route le poste. Mais si elle veut chanter avec nous, il faut d'abord
passer aux toilettes (si elle n'entend pas la musique, elle refuse d'y aller).


* Quand je sens qu'elle est dans une période favorable, pour les ateliers où elle ne veut pas aller je lui dis ceci :


"Tu ne veux pas faire l'activité. Tu as le droit. Mais je veux que tu restes avec ton groupe car je ne peux pas m'occuper de toi pour le moment. Tu t'asseois et tu regarde faire les copains."


* Je la mets toujours sous la surveillance de l'ATSEM, quand j'ai prévu une activité avec un autre groupe.


* Son attention est très limitée.


* Quand je vois qu'elle est très fatiguée, je la laisse jouer aux coins jeux.


* Après les vacances de la Toussaint : ça a été une vraie catastrophe. Elle a eu des crise "d'auto mutilation". Moi aussi j'ai "abandonné" le reste de mes élèves pour la tenir du mieux que
possible entre mes bras (incroyable la force de ces petits bouts de choux en crise) ; une seule pensée : l'immobiliser pour l'empêcher de se blesser, la calmer. Entre deux chansons douces lui
expliquer que je ne peux pas la laisser se faire mal. L'éloigner visuellemnt des autres enfants ; ne pas lui faire sentir que toi aussi tu es mal, très mal.


* J'ai bien entendu fait appel aux parents : le maman réalise qu'il y a un "problème". Le papa ne veut pas "voir" ; pour lui il d'agit de "caprices".


* Le diagnostic a été posé il y a 1 an.


* J'ai fait appel à l'IEN : pas de sous, pas d'AVS. "Débrouillez vous au mieux" ... YOUPI !!!!   :(((


* J'ai fait appel au RASED. Les parents ont collaboré sans souci. Les réunions ont été nombreuses (avec et sans les parents) pour les aider à cheminer dans la maladie de leur petite. Ils ont fini
par accepter il y a 15 jours de faire une demande à la MDPH (pour me soulager, parce que j'ai beaucoup d'élèves).


J'espère ainsi pouvoir avoir une AVS l'année prochaine ... Mais rien n'est sûr pour l'instant (tout dépends du nombre de dossiers et de la "gravité des cas").


* Ce que je peux te conseiller : faire en sorte que la maman (ou le papa) vienne à 1 RDV. Pour cela, il faut que ta directrice la convoque. Si elle ne vient toujours pas, propose lui de la
rencontrer en dehors de l'école (mais pas chez elle). Fais un courrier aussi au papa et tu en informes la maman. Dernier recours, l'IEN : tu les préviens de la situation en leur expliquant que tu
ne peux pas gérer ta classe, que les parents refusent de venir aux RDV.


 


Si je peux t'aider d'avantage, n'hésites pas.


Bon courage et surtout ne baisse pas les bras.


 


 



Myriam 01/03/2011 10:13



Le ministère de l'éducation nationale met à disposition des enseignants un guide pour aider à la scolarisation des enfants présentant de l'autisme ou des TED: "Scolariser des élèves autistes ou présentant des TED"


Il propose des repères, des ressources et des pistes d’adaptation pédagogiques. Mais ça ne vaut pas l'aide "humaine"! Bon
courage.



edith 01/03/2011 10:12



J'ai plein de choses à te dire aussi. Je n'ai pas beaucoup de temps à l'instant.


Je mets en forme mon commentaire dans la journée et je publie dès que possible. 


Si Isa veut te donner mes coordonnées personelles,  je peux aussi échanger avec toi.


Bon courage, bonnes vacances.


 



marieno 01/03/2011 10:04



bonjour Véronique,


En lisant ton courrier j'ai cru revenir une dizaine d'années en arrière. Une amie a vécu exactement la même situation que toi.Ce fut une année très éprouvante pour elle tant au niveau physique
que psychologique.L'administration a mis trop de temps à réagir : l'école n'apportait rien à cet enfant dans ces conditions et c'est inacceptable..;et l'Education Nationale a laisser en
souffrance une enseignante qui comme toi faisait de son mieux. Seulement, il y a le reste de la classe qui subit un climat de classe stressant et déséquilibrant.


Ce qui a été finalement proposé en réunion d'équipe éducative c'est un aménagement du temps scolaire...peut être est-ce une voie ?


La maman était aussi plus qu'agressive avec mon amie, tout simplement parce qu'elle n'acceptait pas la différence de son enfant. Le dialogue était rompu ; il a fallu solliciter un entretien avec
l'inspecteur, les enseignants de l'école pour témoigner de l'urgence et de la gravité de la situation. L'Inspecteur est aussi intervenu lors de l'équipe éducative afin de clarifier les choses
auprès de la famille.


je te souhaite une belle journée et dis toi que cette année est particulière et que tu fais de ton mieux avec les conditions de travail que l'on te donne (qui sont inacceptables!!!!).
Préserve-toi.


marieno



cyrille 01/03/2011 09:57



Chère Véronique,


Ton désarroi me touche beaucoup ! L'an dernier j'étais nouvelle directrice d'une école maternelle à deux classes en campagne.


J'avais les TPS/PS : 18 élèves. Dès les premiers jours j'ai eu un petit garçon de 3 ans présenté avec les symptômes de Prader-Willy. Je ne connaissais rien de cette pathologie et je découvrais un
petit garçon sans aucune forçe physique, en effet toute la nourriture qu'il mange se transforme en graisse et non en muscle.


Concrètement , en classe cela donnait un enfant qui tombait souvent, qui n'avait aucune préhension ( outil de peinture, crayon, fourchette...), qui n'émettait que quelques bruits pour communiquer
en plus des pleurs et des crises de colère, qui avait un rapport avec la nourriture très compliqué puisque cela l'attire et que nous devons réguler au plus juste pour éviter le surpoids..... et
qui était incontinent puisque pas assez de muscle pour les sphincters.


Bref tout ça pour dire qu'après des équipes éducatives pour que les parents ( présents mais travaillant tous les deux) fasse un dossier MDPH pour demander une EVS, des appels à l'inspection (
néant) et mes recherches sur Internet, je me suis retrouvée en mai avec les mêmes soucis qu'en septembre. Effectivement mon petit avait fait des progrès, il arrivait à tenir le coin regroupement
sans partir et hurler, il se tenait l'entrejambe quelques secondes pour que l'on conmprenne qu'il fallait vite l'emmener aux toilettes et pendant mon inspection fin mai, l'inspectrice m'a dit que
c'était dommage d'avoir une EVS. En effet, cette personne pourrait "parasiter" la relation avec moi, l'enseignante personne référente !!! J'ai changé d'école ( pour des raisons géographiques)
mais je sais que cet enfant n'a toujours pas d'EVS.


Tout ça pour te dire que je ne suis pas sûre que l'institution te donne un coup de main. Je n'ai aucune solution pour toi mais un conseil : nous avons un métier qui nous "mange" complètement
et des circonstances quelquefois plus lourdes que d'autres et c'est ton cas aujourd'hui. S'il te plaît, ne laisse pas tous ces soucis envahir ta vie privée... Essaie de te concentrer sur les
progrès que cet enfant a fait depuis le début de l'année, continue à te faire aider avec les collègues et j'espère de tout coeur que l'AVS sera présente après les vacances. Bon courage.



Céline 01/03/2011 09:55



Bonjour Véronique,


comme je compatis et comme je te comprends ! Car j'ai "le même" dans ma classe de TPS-PS-MS. Je reconnais tes journées épuisantes, mais mon petit électron libre et dévastateur est en PS, et ses
parents sont très préoccupés, à l'écoute et soucieux de ce qui peut améliorer les temps scolaires de leur enfant. Nous avons réussi à obtenir que l'enfant ne vienne que le matin à l'école, en
faisant comprendre aux parents, avec le soutien de l'IEN et de la psychologue du RASED, que l'école et la collectivité était une source énorme d'angoisse pour cet enfant. Je ne comprends pas que
cet enfant de ta classe soit scolarisé à temps plein avec la cantine !! De notre côté il n'est pas question que le petit passe à des journées complètes, même l'an prochain, à moins d'avoir une
AVS pour toute sa période de présence. Comme toi j'attends une AVS pour cette rentrée de mars, que d'espoir !! Peut-être pourrons-nous enfin mettre en place des règles de vie, des regroupements
sereins... c'est sûr que c'est souvent désespérant, on voit que rien n'avance, surtout avec des petits qui se chargent d'imiter les cris, les mots répétés en boucle...


Voilà, je ne t'aide pas beaucoup mais en te lisant je me suis dit "il y en a d'autres alors !!" et je voulais te dire que tu n'étais pas seule. Cela dit, l'école avant 6 ans n'est pas
obligatoire, et tu ne devrais pas avoir à subir cela toute la journée, si le dialogue est possible avec ton IEN, vois si une scolarisation à mi-temps (juste le matin) n'est pas envisageable.
Notre IEN est catégorique avec ce genre de cas : pas de scolarisation complète !! Bravo en tous cas d'avoir tenu jusque là, tu as fait plus de la moitité du chemin, et avec l'AVS, ça va aller
mieux. Courage ::



Myriam 01/03/2011 09:48



Bonjour Véronique,


Je crois que tes vacances, nos vacances vont nous faire du bien! Avant de te raconter moi aussi mon expérience, je te dis juste de prendre le temps pendant ces deux
semaines de laisser ton cartable de côté et de profiter de tes enfants si tu en as, de tes proches et surtout de toi!


Je suis en PS2 - MS dans une classe de 28 élèves qui comporte un enfant diagnostiqué autiste en mai dernier. L'année dernière, il était également dans ma classe en
MS, j'avais alors 29 élèves! L'année dernière, jusqu'en février il n'avait pas d'EVS. Mais il venait toute la journée du lundi ainsi que tous les après-midi des jours suivants. Parellement à sa
scolarisation, il était suivi, lui, au CPEA. Cette année, il va dans ce centre les lundi et mardi et vient à l'école les jeudi et vendredi.


Tout ce que tu as décris me parle! Cette année je vis mieux sa présence dans ma classe parce que j'ai pris du recul, non du désintérêt. Mais l'année dernière,
j'étais comme toi. Je passais mon temps à lire tous les blogs possible, tous les sites internet, les revues spécialisées... Tant que je n'avais pas d'EVS, je travaillais avec mon élève  en
duo, donc je laissais les autres de côté! J'adaptais, j'avais une progression spécifique, je travaillais avec des photos.... mais je m'épuisais! Les temps de regroupement sont aussi très
difficiles à gérer. Systématiquement, ils veulent faire le contraire de ce qu'on leur propose: va sur le banc "non, tapis!" alors, va sur le tapis, "non, banc"! Il déteste toute frustration et se
met à hurler! Pendant le temps de sieste, l'année dernière, il ne dormait quasiment jamais, il bougeait beaucoup, criait, tapait sur les murs ou se mettait à pleurer... La joie! Après, quand on
entend qu'à la sieste c'est cool! Moi, j'aurais préférer faire classe en CM!


Le rapport que j'entretiens avec les parents est bon. A l'inverse de toi. Les différentes équipes éducatives m'ont permis de dire devant les parents, l'infirmière
référente du CPEA, dvant le directeur ma réalité de classe. La première fois, j'ai vraiment dis que c'était un peu facile l'intégration des enfants "différents", car on ne se préoccupait pas du
tout de ce que nous enseignants ressentions. Je n'ai aucune formation, mais je dois quand même travailler avec cet enfant et également ne pas oublier les autres! J'ai retenu une chose ce
jour là: l'important, c'est la sociabilisation. Alors, j'ai laissé tomber un moment les fiches, je lui donnais plus un puzzle à faire ou un coloriage, ou un bac de semoule... Mais je
culpabilisais! En février 2010, une EVS est arrivée, elle non plus pas formée, mais très patiente et très motivée! Elle travaillait seule avec lui dans un petit coin de la classe, quant il
faisait des crises, elle sortait avec lui, elle lui racontait des histoires quand nous nous faisions autre chose. Nous avons décidé que pour la sieste, il ne pouvait plus dormir avec les autres
alors nous avons aménégé un petit coin pour lui dans une autre salle: beaucoup mieux pour tous! L'année scolaire s'est terminée plus sereinement. Pour cette année, il a été décidé qu'il serait
maintenu dans ma classe. Il a une nouvelle EVS et un nouvel emploi du temps. Il a fait des progrès. Il est propre en journée (pas encore à la sieste) (ça aussi on oublie! les atsem ne sont pas
toujours dispos pour changer les couches de caca... alors on le fait), accepte de faire un peu plus de graphisme... Mais il grandit, a découvert les gros mots et en dit sans arrêt en classe en
hurlant! Les temps de regroupement sont toujours aussi catastrophiques, le temps de motricité... Je pense que l'intégration a ses limites. Il progresse certes, mais ce que je lui propose est loin
de ce qu'on pourrait lui proposer dans un centre spécialisé pour autistes. Quand on voit les reportages TV sur les différentes méthodes, ça fait envie. Alors, on bricole, on essaie de faire un
peu pareil...


Les jours où ce petit garçon est là, je suis exténuée, l'Evs et l'atsem aussi. J'ai pris le parti de lui faire accepter de passer un peu de temps avec nous assis
comme les autres. Il ne supporte pas, mais je ne cède pas, je suis très ferme avec lui, dans ces moments là et parfois ça marche. Je lui donne un livre, ou un petit  jeu et il accepte
de rester avec nous. Ce qui marche un jour ne marche pas forcément le lendemain! 


Les parents devaient se renseigner pour un IME...ils ne l'ont pas fait. L'année prochaine, il va donc rentrer en GS !


Je pourrais écrire encore et encore à propos de ce sujet. Ce que j'ai écrit est décousu, désolée! Ce que nous vivons est difficile, parfois enrichissant. Les autres
élèves l'acceptent sans trop se poser de questions, l'aident quand il en a besoin, ils sont très tolérants!


Ce qui nous manque, c'est une réelle formation ou en tout cas des gens formés pour travailler à nos côtés. Les EVS - AVS font ce qu'ils peuvent mais n'ont aucune
connaissance de ce handicap!


Bon courage à toi. Dis toi qu'il est scolarisé à l'école avant tout pour apprendre à vivre au milieu des autres. Tant pis pour ta progression en découverte du monde
ou en graphisme... Et puis, il faut espérer que ta hiérarchie t'épaule au plus vite et que les parents prennent leur responsabilité de parents! A bientôt peut-être pour d'autres nouvelles.
Surtout, bonnes vacances!!! Myriam



isa 01/03/2011 10:47



Personnellement, j'ai eu moi-aussi au cours de ma carrière trois petits autistes ( deux diagnostiqués et un pressenti). Le premier fut le plus complexe, et le plus désorganisé: absolument
aucun langage, une porte ouverte et la fuite assurée, grimpant partout, déchirant tout, refusant tout contact sinon il se tapait la tête avec les poings, aucun regard vers l'autre, ne pouvant pas
rester en place ( regroupement impossible), poussant des cris, pas de violence puisque pas de contact, je me suis aussi bien épuisée, mais j'avais la "chance" qu'il ne vienne que les après midi,
j'avais à l'époque des petits et des moyens, il ne me restait que 15 moyens quand les petits faisaient la sieste. J'ai tout de suite expliqué aux autres enfants que A ne pouvait pas rester assis
avec nous, qu'il avait des difficultés et qu'il fallait accepter qu'il fasse des choses que nous avions pourtant bannies avec nos règles de vie ( crier, courir dans la classe), cependant les
règles restaient les mêmes pour eux, qu'A avait besoin d'eux, d'apprendre à vivre avec eux. Quand je voulais pouvoir travailler de manière concentrée avec les autres élèves, je lui donnais un
catalogue type La Redoute et il déchirait méticuleusement les pages , il faisait de grandes bandes verticales, cela l'apaisait et je savais qu'il était capable d'y rester. C'est vraiment la seule
activité que j'ai réussie à trouver avec le coin eau. Je lui parlais, je le sollicitais quand j'avais fini avec les autres, il faisait un peu de peinture mais vraiment quelques minutes et jamais
assis, je me montrais ferme sur ce que je pensais qu'il était capable de faire , ainsi progressivement il n'est plus monté sur tout ce qui était en hauteur. Mes relations avec la famille étaient
quotidiennes, le papa venait le chercher dans la classe, il aurait été impossible de le laisser partir avec un autre enfant tellement il tirait quand on le tenait par la main et il se serait mis
en danger. Toutes mes portes de classe étaient fermées, en fin d'année , j'ai même dû fermer à clé car il avait compris comment ouvrir et il se sauvait ce qui était trop risqué, je préférais donc
m'enfermer à clé. Les deux autres enfants autistes ont été moins difficiles à vivre ,même si parfois, on est découragé, mais je pense que l'expérience de A m'a appris à prendre du recul.
Effectivement, notre difficulté est de renoncer à notre mission d'enseignement avec ces enfants et d'accepter d'être là avec le sentiment de ne pas les aider, effectivement ils viennent vivre
avec les autres et c'est déjà essentiel, il y a un autre point que j'ai toujours gardé en mémoire durant cette année difficile :" Est-ce que si j'avais un enfant autiste, je n'aspirerais pas à le
voir à l'école avec les autres enfants ?", la famille est en grande souffrance, sa réaction agressive est à la mesure de ses désillusions, c'est aussi un accompagnement que nous menons sur le
chemin du handicap pour elle. Maintenant, il faut les moyens et l'école maternelle est celle qui révèle les difficultés, la lourdeur des décisions et des prises en charge fait que souvent il faut
travailler sans aide, c'est inadmissible, car s'ajoute à la souffrance de la famille ,celle de l'enseignant et ce n'est certainement pas bon pour cet enfant. J'aimerais que tous ces décideurs
vivent une seule journée avec la responsabilité d'une telle prise en charge et peut-être y aurait -il des accélérations ? J'ajoute qu'en fin d'année, la psychologue qui venait de temps en temps
me voir et qu i repartait en disant :"Bon courage !!!" m'a dit que le pédopsychiatre de l'hopital de jour où allait être accueilli A lui avait dit que l'école était facteur d'angoisse .......
J'avais un peu accusé le coup à l'époque au vue de l'énergie déployée et du constat sans détour fait par Le spécialiste.C'était il y a plus de 20 ans !


En attendant, parler de ses difficultés est aussi un moyen de les surmonter, Véronique , tu as ici l'opportunité de le faire et nous t'ouvrons notre porte avec chaleur.