la sécurité dans les situations d'apprentissage

Publié le par isa

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La sécurité lors des apprentissages :

En poursuivant l’article sur la sécurité de la semaine dernière, j’aborde maintenant la sécurité dans la classe ou autre espace d’apprentissage.

Il me semble important de rappeler une règle essentielle qui ne peut être perdue de vue tout au long de l’année, y compris lorsqu’on connaît bien ses élèves, il s’agit de la visibilité. Aucun élève ne doit se trouver en dehors du champ de vision de l’enseignant sauf s’il est confié à un autre adulte responsable. Mais en dehors de cette exception, chaque élève est visible. Ceci m’amène à parler d’une situation connue, celle de l’exclusion du groupe d’un élève perturbateur. Aucun enfant ne peut être laissé seul dans un couloir, derrière une porte, dans une autre pièce. L’exclusion du groupe se vit dans la classe, sur une chaise qui peut être écartée du groupe et destinée à cette sanction. Dans le cas d’une trop forte exaspération de l’enseignant vis-à-vis d’un élève, l’exclusion peut alors se faire dans la classe des collègues qui acceptent de recevoir l’élève, cette décision revêt un caractère exceptionnel et ne peut devenir une habitude qui n’aurait alors plus aucun effet, si ce n’est d’amplifier le sentiment de rejet que l’enfant concerné aurait. Notre métier n’a pas pour objectif de brimer ni d’exclure, nous visons l’éducation et la construction de l’être en devenir. Aux adultes de trouver comment amener l’élève à se contrôler et l'aider à développer son désir d’apprendre, la remise en question n’est pas du côté de l’enfant, elle est du côté des adultes. Cependant, aucune règle ne tient si elle ne s’accompagne pas de limites et de sanction en cas de dépassement de celles-ci. C’est pourquoi je ne récuse pas l’exclusion, je conseille un cadre qui tient compte de la sécurité. Ces petits élèves n’ont pas toujours conscience du danger, certains n’y ont jamais été confrontés, d’autres le recherchent. C’est pourquoi, l’enseignant se comporte en protecteur à la fois en proposant des situations où l’élève devra mesurer les risques mais aussi en proposant un environnement sécurisé.

Cela m’amène à aborder les séances d’EPS. Lors de la préparation, l’enseignant pense par anticipation aux réactions de ses élèves, il envisage les réponses et les risques qui peuvent être pris. En fonction de cette anticipation, il sécurise son aménagement par des tapis par exemple, par des éloignements d’objets qui pourraient s’avérer dangereux comme des bancs sur un parcours de course, par des consignes claires et fortes ( ex :« tu ne fais pas mal aux autres «  ou bien «  tu attends que le tapis soit vide pour sauter »), par une présence supplémentaire selon la difficulté de la séance ( ex :prévoir l’aide de l’Atsem), par des suspensions de séance lorsque la sécurité n’est plus satisfaisante et un rappel collectif ou individuel des règles.

Dans la classe, l’aménagement est aussi pensé en fonction des risques, et celui-ci peut être revu selon les élèves. Ainsi j’ai longtemps eu une patinette dans ma classe sans aucun problème, malheureusement une année, celle-ci s’est avérée plus insécurisante du fait de l’agitation des élèves, j’ai donc choisi de la retirer. Il faut savoir trouver la juste mesure : apprendre aux élèves à s’adapter à l’environnement tout en ne les mettant pas en insécurité. Il est difficile de faire la liste de ce qui peut être dangereux et le bon sens est la meilleure des approches, personnellement j’avais une hantise de tout ce qui était petit objet ingérable et "introduisable" ( je veux parler du nez, des oreilles, les petits ont tendance à remplir ce qui peut être rempli en utilisant des cailloux, des perles, des boules de papier d’aluminium, des graines….). De la même façon, les bonbons durs étaient bannis et les bonbons mous devaient être très mous. Concernant la nourriture, les allergies se sont, hélas, multipliées et des règles encadrent l’utilisation d’ingrédients pour la confection des gâteaux. J’ai eu une petite allergique dans ma classe et son niveau d’allergie ne souffrait pas la moindre erreur. Cette contrainte a des conséquences sur nos choix et j’avoue que cette année là, j’ai peu cuisiné avec mes élèves. Sans sombrer dans l’obsession sécuritaire, l’enseignant va prendre en compte les dangers et mesurer les risques, il doit être à la fois le garant de la sûreté des élèves mais il a aussi pour tâche de les accompagner dans la capacité à évaluer l’obstacle avant de s’y lancer. C’est donc permettre à ceux qui ne se sont jamais confrontés aux risques à cause d’une surprotection de les mesurer pour s’y essayer mais aussi tempérer ceux qui recherchent le danger par manque de limites posées : un savant dosage…

Le prochain article parlera de la récréation.


Publié dans rentrée scolaire

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Noémie D 17/09/2011 18:36



Toujours intéressant de lire tes articles, même si je n'ai aucun lien direct avec l'éducation de par mon parcours. Mais c'est enrichissant au niveau de la culture G, et on n'imagine pas à quel
point un PE doit penser à une multitude de petites choses !


Vivement le prochain article sur la rentrée, où à mon avis l'affaire se corse puisqu'il faut surveiller tous ces petits bouts qui courent partout !!


A bientôt ;-)



isa 17/09/2011 19:43



bonjour Noémie, ravie de te retrouver, oui la rentrée ça continue avec des conseils et des échanges. Tu as raison, la récré n'est pas une mince affaire, c'est assez significatif de
l'atmosphère d'une école.



muriel 16/09/2011 21:47



C'est tellement clair et précis qu'il n'y a rien à ajouter!!!


J'attends l'article sur la récrée avec impatience, car il y a beaucoupà dire!


Je conserve tes écrits comme pistes et argumentaires pour mes PES... ah, tu n'as pas ton CAFIPEMF pour rien!!!


Et ton livre qui devrait arriver sous peu! chic chic chic!


Merci pour tout!



isa 17/09/2011 10:57



Merci Muriel, il y a parfois des vérités si évidentes pour nous qu'on oublie de les rappeler à ceux qui débutent et n'ont pas cette vision claire. La récré demanderait presque un débat
tellement le sujet est multiple.



silvia 16/09/2011 10:30



Je reprends ma casquette d'enquêtrice : "où vais-je?" : un déménagement en vue ou bien te demandes tu si tu pourras te rendre au festival des jardins?



isa 17/09/2011 10:31



me voilà de retour, je te retrouve bien Silvia et je demandais où était le festival des jardins auquel je suis allée, une merveille , à recommander pour les contemplatifs amateurs d'art
contemporain !