"le temps perdu" dans la série " Je recycle"

Publié le par isa

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Pensant à toutes les nouvelles personnes qui viennent sur le blog et sachant qu'il n'est pas toujours facile de s'y retrouver, je propose une série " je recycle" qui édite à nouveau les articles d'actualité que j'ai écrits il y a quelques temps. 

Cet article peut être retrouvé dans le module "rentrée" où différents billets évoquaient la notion de temps dans la classe.

 

Difficile d’évaluer ce qu’est le temps perdu, on sait très bien qu’avec les petits certains moments nous semblent très longs ( un enfant qui tente de s’habiller tout seul par exemple) et nous aurions la furieuse envie de voir abréger cet interminable effort. Ce type de temps n’est pas perdu, il y a un apprentissage en jeu et le futur nous montrera que nous avons gagné du temps puisqu’il acquiert l’autonomie qui dégage notre indispensable présence.

 

Alors y –a-t-il du temps perdu en classe avec nos petits qui sont à chaque instant dans l’expérience du monde ?

 

On pourrait répondre que non en extrapolant et en estimant que la vie ensemble est une source inestimable d’initiation.

 

Cependant, il me semble que tous les moments où les élèves se retrouvent en situation d’attente sont pour moi du temps à récupérer, et qu’il est préférable de privilégier l’action le plus possible. C’est d’ailleurs une des façons de créer un bon climat et d’éviter les cris, les transgressions et les bagarres.

Si , vous réfléchissez aux moments où les élèves vous posent le plus de problèmes, vous arriverez certainement au constat suivant : dés qu’ils se retrouvent en situation de passivité.

Mettons de côté les perturbateurs qui ont besoin d’une attention particulière et qui vont chercher par tous les moyens à accaparer l’attention de l’enseignant, et prenons le groupe classe, il est indiscutable que les passages aux toilettes, les moments d’habillage, les regroupements trop longs, les attentes de passage aux ateliers d’EPS, les coins jeux qui durent, les récréations qui durent, les temps de collation pour ceux qui ne goûtent pas …  sont des temps à haut potentiel d’agitation et sont aussi des temps où les apprentissages ne sont pas effectifs.

 

Que faire ?

 

A nouveau, il faut faire des choix et s’interroger sur le bien-fondé de chaque moment. Celles et ceux qui me suivent ont pu lire certaines de mes prises de positions, notamment contre lacollation en milieu de matinée qui coupe et immobilise le groupe avec un fort sentiment de temps perdu et ceci sans que des études aient montré que cette restauration était indispensable à la bonne santé de nos petits.

 

De même, je ne suis pas favorable aux passages collectifs aux toilettes dés lors que les locaux le permettent ( proximité classe-sanitaires). Si cela n’est pas possible autrement, ce temps de passage peut être utilisé à l’apprentissage de chants,comptines afin de créer une activité pour ceux qui n’ont rien à y faire.

 

L’accueil du matin est modulable et peut au fil de l’année se raccourcir pour entrer plus rapidement dans les activités.

 

Les regroupements sont des temps de vivre ensemble , leur durée doit correspondre à la capacité d’attention d’un petit, dés lors que celle-ci est dépassée, il ne sert plus à rien de vouloir poursuivre et le temps perdu à reprendre les élèves, à faire le « gendarme » peut être utilisé aux ateliers où l’élève va trouver tout le plaisir d’apprendre ; alors qu’assis sur son banc , déconnecté de ce qui se dit, il pense que l’école c’est vraiment ennuyeux.

 

Les ateliers EPS doivent être conçus de manière à privilégier l’action, il est intéressant de mesurer l’activité réelle des élèves, c'est-à-dire quand leur corps est en mouvement , si celle-ci est inférieure au temps de discussion ou attente , il faut revoir sa préparation.

 

De même, on connaît l’importance du jeu et il n’est pas question de priver les élèves de ces moments si constructifs mais si le temps consacré à jouer est prépondérant, il y a un déséquilibre qui se crée et devient source de problème. Une juste mesure est à trouver, j’ai toujours constaté que la régulation se fait d’elle-même si les activités d’apprentissage proposées sont motivantes et diversifiées.

 

C’est à chacun de lister sa journée et de voir quels moments sont perdus et comment organiser ce temps autrement. Cette démarche a non seulement comme vertu un gain de temps mais elle permet aussi de régler des problèmes de discipline souvent inhérents aux situations inadaptées.

Publié dans la salle des maîtres

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vihyko 17/09/2012 22:56


j'ai fait des mes temps perdus des temps d'apprentissages !! en raison des déplacement slongs dans notre école, passage aux toilettes qui se fait à ce moment là aussi et collation ..


je vais trancher mon avis, je suis POUR la collation et je peux justifer mon choix .. car j'ai monté tout un projet pédago autour !!! je fais des fiches lexiques pour tout ce que l'on mange et
boit : d'où ça vient, où on le trouve etc.. on parle de la couleur, de la texture, du goût.. ma collation dure un quart d'heure mais elle est considérée dans mon emploi du temps comme
 un atelier langage et découverte du monde. Pendant les rituels à partir de janvier, 3 enfants vont aider isabelle à préparer. on mage des fruits, es yaourts, du fromage, de la confiture,
des fruits secs etc.. on DECOUVRE. les parents suivent bien et moi je complète la diversité avec la coop. COmme ça je ne culpabilise pas de ce temps de "goûter", en plus il y a un rendu au
parents car on affiche tous le sjours ce qu'on a mangé et bu !


les toilettes , idem, dasn mon cahier journal, je mets des comptences et des objectifs et c'ets mon projet hygiène et découverte du corps. et j'avoue que c'ets mon moment blabla pour le plaisir
avec mes élèves : trop belle ta culotte hello kitty.. montre tes chaussettes , apprentissage des clip, zip, scracht et j'en passe, j'aide le copain en appuyant sur le poussoir du robinet pour
qu'il se rince.. bref, tout un projet aussi !!


conclusion, on peut utiliser ces temps de manière pédagogiques. et le fait de les ritualiser autour de ces moments de langage font aussi qu'ils sont de plus en plus courts au fur et à mesure de
l'année.


je ne sais pas rester à rien faire.. donc pas de temps morts dans ma classe, on enchaîne !! mais justement, je trouvais que je me posais pas assez avec me spioupious et le temsp des toilettes bah
ça me permet de le faire en fait.. mais je suis encore trop speed à mon goût, je voudrais pouvoir e^tre plsu zen dans les enchainements .. mais toujours cette peur de perdre du temps.. vive mes
10 mn de relaxation après la motricité, ça fait du bien !

isa 17/09/2012 23:24



chasser le temps perdu ne veut pas dire courir et faire un maximum d'activités, c'est au contraire pour avoir le temps de faire calmement les activités sans se dire "oh mon dieu, je n'ai
plus le temps pour faire l'EPS et donc vite on y va et c'est la course...


bien sûr que ces moments peuvent être transformés en activité formatrice, et c'est trés intéressant car les enfants adorent tout ce qui concerne la nourriture, un de leurs sujets de
prédilection !!! L'occasion de faire un vrai travail sur le bien se nourrir. Personnellement, j'ai fonctionné par projet mais impossible de tenir l'année. Mais voilà nous sommes différents et
c'est bien de confronter nos façons de faire et d'exprimer nos points de vue, voilà des personnes autonomes !!!



nadine 15/09/2012 17:57


pardon, "sachent" !

nadine 15/09/2012 17:56


Ce ne doit pas être si clair pour moi....


en tout cas je pensais rendre ce moment moins contraignant en matérialisant des points sur le sol, des paires de couleur, pour que les petits savent où se placer... Est ce une bonne idée selon
toi ?


 

isa 16/09/2012 09:18



cela peut être une étape qui permette effectivement d'entrer dans la notion de rangement et je pense que les élèves aimeront ce côté ludique : aller sur le point de la même couleur que le
copain. Tu peux imaginer ensuite une progression qui les amènerait à le faire seuls à la fin de l'année. 



nadine 15/09/2012 16:01


Bonjour ! Merci Isa !


Et apprendre à se ranger, pour des petits, est ce que c'est une perte de temps ?


 

isa 15/09/2012 16:04



non ce n'est pas une perte de temps et d'ailleurs s'il y a agitation c'est que l'apprentissage n'est pas adapté, il faut réfléchir à une façon de faire qui les rendra actifs et non
passifs. Et puis l'apprentissage doit faire sens, pourquoi se ranger ?



Joëlle 15/09/2012 11:43


Comment nous nous retrouvons!!!


après un choix non anodin de l'album "petit ours n'a  pas peur" en 2011/2012 dont la lecture est double, pourrions-nous engager cette discussion des agressions sexuelles plus nombreuses
qu'on ne le croit dans la cour, dans les coin-jeux, aux toilettes?


Je sais ISA, je touche sur un sujet tabou mais............


 

isa 15/09/2012 13:02



qu'est-ce que tu appelles "agressions sexuelles" ?



Joëlle 15/09/2012 07:27


Au début de l'année, le passage aux toilettes est collectif puis je profite de la période  différence fille/garçon pour scinder le groupe en deux (pas toujours facile selon la répartition de
classe) mais toujours les filles ensemble et les garçons ensemble. J'évite les "petites découvertes" qui parfois peuvent dégénérer  en agression. ( oui, il faut y penser cela évite bien des
problèmes de responsabilité à l'enseignant ) et l'avantage de cette organisation de passage me permet surtout de faire du langage en groupe restreint. J'alterne un coup les garçons en premier, un
coup les filles pour permettre aux enfants d'être en apprentissage même pour cet instant de classe. 

isa 15/09/2012 10:07



dans le choix de privilégier un passage non collectif de la classe ,il y a aussi la construction de l'autonomie de besoin, des enfants à qui l'on commande de faire pipi et caca tous
ensemble n'ont plus à ressentir leur corps, ils ne décident plus et confondent leurs besoins avec le désir des adultes , et pourtant c'est la base de l'autonomie que d'identifier soi-même ses
besoins.



Lydie 14/09/2012 20:57


Je suis tout à fait d'accord avec toi,j'ai fait la chasse au temps perdu cette année,collation de milieu de matinée qui durait entre 20 et 30 mns! supprimée,désormais nous proposons à celui qui
le désire un verre de chocolat juste après l'accueil,debout autour d'une table et ça prend 5 mns,seul le goûter d'anniversaire est maintenu.J'organise le passage aux toilettes en autonomie,chacun
s'y rend quand il a besoin,seuls les tout-petits sont invités à passer systématiquement aux toilettes plusieurs fois dans la matinée.J'ai aussi gagné du temps le soir où l'année dernière
j'habillais les enfants pour qu'ils soient prêts à 16H30,c'était l'habitude dans l'école et désormais les parents récupèrent leur enfant dans le couloir et l'habillent eux-mêmes,ça leur prend 2
minutes et nous gagnons un quart d'heure et de l'agitation en moins..De ce fat depuis la rentrée je réussis presque à faire toutes les activités que tu proposes,j'y arriverai tout à fait quand
tous mes petits pleureurs se seront calmés et me feront encore gagner du temps (et de l'énergie parce que c'est épuisant les débuts d'année!!).

delphine 14/09/2012 18:05


Je suis tout à fait d'accord qu'il faut adapter et moduler les temps d'attente et d'activité à l'attention des enfants. Effectivement, réfléchir à cela dans la préparation de la journée me parait
essentiel! Cela étant, il faut aussi, dans ce monde où tout va vite et où souvent les adultes sont à la "disposition" des enfants, leur apprendre à attendre leur tour, à patienter, les temps
d'attente (raisonnables) font partie de la vie.

isa 14/09/2012 18:18



tout à fait et durant l'année scolaire ils seront confrontés à différents types d' attentes qui parfois pour eux seront trés longues comme le sapin aux chocolats de Noël ou la marionnette
à emmener chez soi, c'est un apprentissage que l'attente. Ce dont je parle dans cet article , c'est l'attente non constructive, celle qui peut être éviter pour une passivité trop génératrice
d'agitation. Le but n'est pas d'empêcher l'attente à tout prix, le but de mon article est d'empêcher l'agitation.