le zèle au travail : la salle des maîtres

Publié le par isa

salle des maitres

zele-au-travail.jpg Un article qui mérite d'être lu pour prolonger nos différentes discussions sur l'investissement au travail, le burn out de certains...

Comment trouver le bon équilibre ? C'est de circonstance en période de Noël

Publié dans la salle des maîtres

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cerise 05/12/2012 23:44


merci Isa, tu es FORMIDABLE !!


je travaille pour ma classe sans compter car je pense que je suis consciencieuse, que j'ai à coeur que les élèves progressent tt en se sentant TRES  bien dans la classe !!
car ne l'oublions pas c'est une PRIORITE .. je viens d'être inspectée et grâce au blog, j'ai pu m'affirmer, prendre confiance dans ma pratique... nous sommes souvent seules !! le seul regard
extérieur ce sont les parents!!et dans mon école, ils sont plutôt frileux !! donc je n'ai pas bcp de retours : ni positif ni négatif !!je chemine tt seule ou avec ma collègue !! mais grâce au
blog, j'ai OSE, j'ai affirmé mon identité !! il en faut peu ... mais ça manquait !! j'ai écouté le commentaire de Viviane Bouysse (?) : en maternelle, nous n'avons pas de manuel qui explique le
cheminement d'un enfant de 3 ans qui apprend à parler ! 


je pense qu'une enseignante de maternelle peut exercer en élémentaire plus facilement que l'inverse !! les petits sont déconcertants !! Bref, mon inspection s'est très bien passée, je ne suis pas
tes préparations au pied de la lettre, je pdrs (bcp) les idées : le langage, les albums, les évaluations ... et je compose... 


pour information : l'inspecteur a adoré "les albums langage" qui se font de plus en plus dans la circonscription. Il a "kiffé" la séance "agir ds le monde" avec les défis. bref,


il m'a même demandé quelle évolution de carrière, j'envisageais ??? JE N'ai pas su répondre MAIS 


 j'avoue ... tu me vois ds une classe de pS ms JUSqu'à mes 60 ans ?? Aîe !! que faire ??? me spécialiser pour n'avoir que 2 à 8  enfants dans la journée ??? je me tâte..


il me reste au moins 20 ans à faire et là ça fait peur !!! 


bon la nuit porte conseil...merci Isa !! est-ce que tu peux me donner ton e-mail? svp : j'ai des photos de mon école à envoyer : salle d'éducation physique exigue mais ce n'est peut-être plus
d'actualité ! 


surtout, tiens bon, nous avons encore besoin de toi !!! 

isa 05/12/2012 23:56



bravo Cerise pour cette réussite , ton énergie t'a portée. Une carrière dans une école maternelle est tout à fait envisageable, c'est un lieu d'innovation, d'expérimentation, il faut se
lancer des défis et la vie passera dans le bonheur et la satisfaction, crois moi !Après tu peux choisir d'aller conseiller, recois déjà des jeunes enseignants dans ta classe pour te rendre compte
de ce glissement de fonction et voir si cela t'intéresse.


Je suis trés contente d'apprendre que dans ta circonscription les albums langage ont trouvé leur place ! J'espère y avoir un peu contribué...


Je te joins par ma messagerie



Isa D 02/12/2012 20:01


Merci encore... je suis beaucoup plus sereine ce soir...


J'ai décoré le sapin avec mes fils et je suis d'attaque pour une nouvelle semaine!


Bises

isa 02/12/2012 20:10



tant mieux Isa, tu connais la maïeutique ? J'aime ça !



Isa D 02/12/2012 17:26


Merci de ton oeil extérieur qui me ramène aux fondamentaux...


En fait, je m'aperçois que je suis en colère car nous avons été poussés à des extrémités qui ne me ressemblent guère...


 

isa 02/12/2012 17:55



Voilà où je souhaitais t'amener, Isa. J'ai bien compris que ce genre de décision était beaucoup plus douloureuse qu'elle n'en avait l'air et que c'est cela qui t'a blessée. Et là je suis
totalement d'accord avec toi. 


 



Isa D 02/12/2012 15:58


C'est vrai. Je ne dis pas que ce soit la bonne solution... C'est d'ailleurs la première fois qu'on envisageait ce genre de chose... Et je ne voulais pas faire subir une injustice à B. Mais ce que
je dis c'est que c'est la seule chose qui a fait bouger tout le monde... L'inspectrice, les services sociaux, les parents... Peut-être que si tout le monde s'était bougé dès le départ et n'avait
pas compté sur la bonne poire qui reste jusqu'à 17h30 tous les soirs au détriment de ses propres enfants (mon petit n'avait pas goûté et le grand rentrait du collège seul pour faire ses devoirs),
on ne serait pas arrivé à cet extrémité!


Je suis d'accord avec toi mais ce n'est pas l'éducation nationale qui a aidé à résoudre la situation et personne ne nous a aidé et j'ai vraiment eu l'impression de sortir de mes attributions et
d'être lâchée de toutes parts... Faire du zèle pour les enfants parcequ'on me culpabilise sur le fait que je dois protéger cet enfant... Mais en le protégeant, j'encourageais les parents dans la
mauvaise voie puisqu'ils n'écoutaient pas le discours qui accompagnait cet effort...  Alors on était dans une impasse... Je comprends que ce soit choquant... Comprends tu mon dilemne ? Entre
la réalité de chaque jour, la mauvaise foi et les mensonges répétés des parents, l'inertie des services sociaux et l'absence de soutien d'un côté... Et la théorie et mes convictions de l'autre...


Nous n'avons pas exclu B mais le fait d'en parler a fait bouger les choses... Je suis d'accord que B ne doit pas en être victime. Je lui ai d'ailleurs toujours expliqué les choses. Et je
reconnais que c'est une équipe fatiguée des abus qui en est venue à parler d'exclusion! Et la fatigue n'est pas bonne conseillère...


B n'est pas venu à l'école vendredi et a fait connaissance avec son petit frère; les services sociaux ont enfin rappelé l'école pour chercher à résoudre le problème, et nous voyons enfin le bout
du tunnel mais c'est un épisode qui laisse des traces... Sur l'équipe, qui pense comme toi que nous avons un devoir de justice envers nos élèves, sur les rapports avec l'inspectrice... J'ai
toujours gardé la communication avec la famille mais ils ont cristallisé leur rancoeur sur la directrice... Quant à B., il a toujours été protégé et je lui ai beaucoup parlé en incitant à sa mère
à en faire autant...

isa 02/12/2012 17:47



c'est une expérience douloureuse , je l'entends bien Isa et je ne veux pas te culpabiliser, je te dis juste mon regard extérieur et ce qui me semble infranchissable comme limite.
Maintenant, je ne suis pas à ta place ni dans ta fatigue , ni dans ta colère, ni dans ta relation difficile avec cette famille...Je pense pourtant que tout cela aura servi à votre équipe et que
vous aurez avancé dans une réflexion sur la difficulté de ce type de responsabilité.



Isa D 02/12/2012 14:54


Bien sûr! Nous n'avons pensé qu'à B. Il nous étatit inconcevable de prévenir la gendarmerie et je suis toujours restée avec lui parcequ'il
paniquait si je m'éloignais... Voir tous les autres partir et rester seul, c'est effrayant et c'est ce que j'ai essayé de dire à sa mère... Ah oui? a été sa réponse...


Bien sûr, je em suis sentie trahie par la réponse de l'inspectrice... Ce sont les syndicats qui m'ont donné la solution d'écrire au maire pour demander la prise en charge de cet enfant.. La
garderie ne fait plus d'exceptions car c'est une structure privée qui, face à trop d'impayés a durci son discours...


Je suis toujours restée pour garder les élèves dont les parents arrivaient en retard. La solution de priver l'enfant d'école, c'était le dernier recours et face à tant de mauvaise foi, la façon
de faire comprendre à cette maman que l'école n'est pas une garderie et moi, pas une nounou! La culpabilité vis à vis de l'enfant, c'est ce qui nous a fait accepter cette situation très
longtemps. Mais là, c'était aussi une façon d'obliger la maman à ne pas abandonner cet enfant de père inconnu face à l'arrivée de l'enfant de l'amour! Et je crois que la journée où elle a été
obligée de l'emmener à la maternité a fait beaucoup de bien à B puisque jusqu'à présent ils ne lui avaient pas présenté ce bébé ni même expliqué que maman avait accouché! (c'est moi qui l'ai
fait!)


Non, je ne vais pas me désinvestir pour ça. Je n'ai jamais travaillé pour la reconnaissance de mes supérieurs, mais ça fait mal d'avoir ce genre de réaction...

isa 02/12/2012 15:17



je comprends bien Isa et je vois bien que tu te démènes avec une situation difficile, il n'empêche que je n'arrive pas à concevoir qu'on exclut un enfant de l'école à cause d'un problème
d'adulte, tous les arguments qu'on me donnera ne pourront justifier à mes yeux ce genre de décision. Les adultes sont là pour protéger les enfants. Encore une fois , comment lui expliquer qu'il
ne peut venir à l'école à cause de sa mère qui ne vient pas à l'heure pour le chercher ? Il a droit à des explications lui aussi et si tu arrives à me dire que c'est possible de tenir un tel
discours à un petit garçon qui semble-t-il est déjà fragilisé par la situation vécue alors je ne comprends plus notre engagement de justice envers nos élèves. Je suis un regard extérieur Isa, je
te dis les choses comme je les ressens, j'ai moi aussi été parfois excédée des retards de certains parents , mais j'avais remarqué que plus je me braquais et plus les choses empiraient, au
contraire, plus je montrais d'indulgence et plus les personnes s'en montraient reconnaissantes. C'est compliqué les relations humaines !



Isa D 01/12/2012 15:02


Désolée, c'est long, c'est brouillon, mais quand je m'énerve...


Je sais que pour faire du bon travail, je passe beaucoup de temps, et j'aime ça, même sans reconnaissance... Je sais que la hiérarchie compte sur ma conscience professionnelle et en abuse (une
seule journée de prérentrée... ils pensent qu'on arrive des vacances les mains dans les poches, la veille de la rentrée???)


Bref, je me suis toujours investie ...et pas pour la reconnaissance de mes employeurs! mais là, je me suis sentie trahie!


Mais rassurez vous, c'est le week end et  je prépare des rouleaux de papier pour faire des "colonnes de buren"...


Je suis issue de plusieurs générations d'instituteurs de la république et il en faut plus pour m'abattre!!!

isa 01/12/2012 16:56



sauf que tu t'es sentie trahie non pas par la décision de l'inspectrice mais par son désinvestissement à elle, par le fait qu'elle vous laisse dans une situation dont vous ne savez pas
comment en sortir. Mais si tu te places du point de vue de l'enfant , tu choisis quoi ?



Isa D 01/12/2012 14:45


Cet article tombe vraiment bien! On dirait que tu as eu vent de ma journée de vendredi! Car je me posais des questions... pourquoi m'investir encore dans mon travail?


L'an passé, j'ai souffert pendant 4 mois avec mon petit E le dévastateur... J'ai réalisé une fois qu'il a été parti (ouf il a déménagé) que j'avais peur tous les jours d'école! peur qu'il ne se
fasse mal, qu'il fasse mal à un autre, qu'il se sauve... et la fatigue nerveuse... L'inspectrice m'avait félicitée pour ma façon de gérer la situation et ne m'avait aucunement aidée...puisque je
gérais! (j'étais inspectée, je n'ai pas osé lui "rentrer dedans"!)


Sa nouvelle maîtresse m'a appelé le soir même de sa première journée dans sa nouvelle école, elle n'en revenait pas! C'était sa première année en petite section après des années de primaire...
elle paniquait! Elle était enceinte et  trois semaines après l'arrivée de E (et deux coups de poing dans le ventre de E), elle a fait une fausse couche (un lien?)... Après, le rased a pris
les choses en main... Et il était accepté seulement deux heures par jour et soins dans une structure!


Quel rapport avec hier?


Tout ceci m'est revenu en mémoire lorsque j'ai encore eu le non soutien de ma chère inspectrice!


J'ai un élève dont les parents arrivent systématiquement en retard depuis le début de l'année... La maman étant enceinte, j'étais cool... même si je voyais que ça devenait une habitude... Depuis
les vacances, elle a accouché et son bébé est en néo nat à 1h de route en voiture... Et ils arrivent tous les soirs entre 17h et 17h30!!! Après avoir demandé à ce qu'il soit inscrit à la garderie
(structure privée), rappelé les horaires, menacé d'appeler la gendarmerie... ("ah oui, appelez les gendarmes, ils me l'amèneront à la maternité!"), cru dans des mensonges... (promis, je serai là
à 16h25, je vais l'inscrire à la garderie...), appelé les services sociaux (ils ont déjà une mesure aemo pour B de ma classe et deux grands en famille d'accueil)... Excédés de rester tard, la
directrice payant la garderie pour sa fille, mon fils ne goutant que tard et l'aide personnalisée perturbée, et devant la mauvaise foi de cette famille,  nous nous sommes réunis en conseil
des maîtres exceptionnel pour prononcer l'exclusion temporaire de cet enfant, jusqu'à ce qu'une solution de garde soit trouvée (en fait, que l'aide sociale débloque de quoi payer la garderie).


Là, nous avions besoin du soutien de notre hiérarchie... Non, l'école maternelle n'est pas une garderie, les enseignants ne sont pas payés à surveiller les siestes et changer les couches
... Pour un enfant qui n'est pas en obligation scolaire et devant la durée de l'abus... C'est la première fois que nous faisions ce genre de demande depuis 10 ans que je suis dans cette
école... Bref, nous attendions un peu de soutien...


Et bien, elle a refusé de valider cette exclusion d'une semaine et a dit que nous devions montrer que l'éducation nationale est compréhensive face aux cas difficiles (je voudrais la voir tous les
soirs jusqu'à 17h30, elle qui n'est jamais là le vendredi après midi!) faire une équipe éducative et agir graduellement...


Bref, elle a complètement nié tout ce que nous avions déjà fait depuis le début de l'année et nous l'avons ressenti comme une trahison!


S'investir dans son métier  : oui ! Nous sommes une équipe de 4 très actifs, engagés, qui ne comptons ni notre temps ni notre argent pour l'école publique en laquelle nous croyons...


Mais que notre hiérarchie ne nous soutienne jamais, quand ce n'est pas nos ministres qui nous enfoncent... Comment ne pas s'étonner que certains parents nous prennent pour une garderie!


Je me posais beaucoup de questions hier soir... Parce que plus ça va, plus on nous "flique" (tableau des 108 h à remplir... au cas où ces feignants n'en feraient pas assez?) et moins on nous
soutient...


Alors, oui, pourquoi s'investir plus que demandé?


 

isa 01/12/2012 16:53



Deux choses dans ton témoignage, une situation inextricable dont l'enfant "paie" les frais et une non reconnaissance qui pousse à se désinvestir. Franchement, je comprends tout à fait ce
sentiment d'en faire trop et de ne pas en avoir le retour, même si je pense que travailler dans l'éducation est un métier "de vocation" et le professionnalisme doit nous détacher de l'aspect
"rétro-don". Mais le bon sens me semble ne plus être l'enjeu dans la situation que tu me décris, vu de l'extérieur, je me demande pourquoi ce petit ne peut être mis à la garderie (on va dire
exceptionnellement en attendant une prise en charge des services sociaux) , pourquoi doit-il vivre une situation où sa famille devient un poids pour lui alors qu'il doit certainement être trés
malheureux d'être dans l'incertitude de l' arrivée de sa maman ?


Tu auras compris Isa que pour moi ,il est inconcevable de mettre un enfant à la porte d'une école pour mettre ses parents face à leur défaillance et la non obligation scolaire n'enlève
rien à ce choix. L'enfant n'a pas à être mêlé aux problèmes des adultes, il en subit déjà sûrement les effets.


Maintenant l'inspectrice peut peut-être prendre ses responsabilités aussi et tenter d'utiliser son poids auprès de la famille et des services sociaux. Bref, les adultes doivent trouver
une solution mais l'élève ne peut être privé de sa place auprès de ses copains.


Quant à l'investissement, c'est une question, seulement le désinvestissement est aussi un risque au même titre que le zèle, il est donc intéressant de s'interroger sur notre engagement et
nos attentes.