Olaine et son petit "casse-tout": la salle des maitres

Publié le par isa

salle des maitres

Olaine écrit :

J'ai de gros soucis avec mon"casse tout le monde"

Depuis sept, ce petit bonhomme à bcp de mal à partager , mais il est aussi gratuitement violent: il donne de fortes claques, il mord, pousse à terre ou contre les murs... pas facile!

 

Lorsqu'il est en activité, il a fait de gros progrès, participation de plus en plus active et concentration pour faire.

Il est très interessé par ce qu'on lui propose mais avec ses pairs dès l'activité terminée c'est compliqué même si cela allait un peu mieux, il fallait toujours l'avoir à l'oeil.

Le retour après les vaccances est pire... qu'à la rentrée : violence gratuite extrème.

Quand il se déplace ou lorsqu' un enfant saisit ce qu'il voulait il est très violent , chose nouvelle il toise l'adulte ( svt en regroupement qui est son lieu favori de motricité, concours de grimaces et coup de pieds aux voisins, et il y a aussi celui qui l'imite !

Bref quand il n'est pas là c'est cool!

On a tendance à l'isoler et à ne l'intégrer au groupe que pour les activités sous responsabilité de l'adulte , que faire d'autre?

 

 C'est un enfant qui prend le bus 4 fois par jour, j'ai donc très peu de contact : tel et cahier de liaison avec les parents et toujours àl'initiative de l'école , mais il va falloir les rencontrer.

Bcp de questions vont-ils accepter? et que va t on découvrir, je sais déjà que les parents sont très jeunes, la maman à la maison, le mari pas d'horaires et un bébé à la maison!

Avez vous vécu des situations approchantes, que pouvez-vous en dire avec le recul?

 

Publié dans la salle des maîtres

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Olaine 26/02/2013 18:40


Eh oui, Vivi et Christine, moi aussi j'eusse préféré!!!! Mais le mal était fait à mon retour, j'ai réussi a exprimer ma désaprobation, ça c'est déjà pas mal.


La situation m'a bcp atteinte et l'entretien très tendu, m'a bien plombé le moral; c'est pas facile le travail d'équipe!! Et lorsque l'on est à tps partiel, il y ales bons cotés de par la
motivation du choix, mais parfois c'est compliqué, car la preuve nous avons une approche différente des problèmes, et l'absence... n'est pas tjrs si bien acceptée.....En fait en ce qui me
concerne c'est un manque de respect entre collègues et si il y avait vraiment urgence, ma collègue directrice pouvait me joindre, cela c'est déjà fait et je monte souvent à l'école pour
cocertation avec mon collegue qui me complete le jour de ma décharge.


Mais les vacances vont faire leur effet, pour tout le monde!

isa 04/03/2013 09:08



certains enfants dérangent tant les adultes que la seule réponse est de s'en éloigner, parfois même de les rejeter. N'oublions jamais que notre métier est d'aider en enseignant pour que
la personne se construise et se développe de la meilleure des façons, ne pas accepter ce défi, c'est tout simplement renier sa mission. 



Christine F. 26/02/2013 14:27


...d'autant plus qu'elle (la directrice) n'est en aucune manière en position de décider  d'interdire l'accès à l'école à un élève. Personne ne le peut d'ailleurs, même pas l'inspecteur. On
peut simplement et avec accord express de celui-ci, proposer à la famille, qui seule peut accepter ou non, une fréquentation réduite et seulement après réunion de l'équipe éducative. Je pensais
que vue la situation ce petit rappel s'imposait. En tout cas bon courage à toi pour la suite.

vivi 25/02/2013 21:49


Dommage que la directrice prenne une décision concernant un enfant de ta classe sans t'en parler... Je pense qu"ellle aurait dû attendre ton retour pour que vous puissiez décider ensemble.

Olaine 25/02/2013 18:29


Bonjour voici des nouvelles de mon casse tout!


Observations en classe et en récréation constructives: il joue seul et lorsqu'il recherche la compagnie pour jouer, la prise de contact est très souvent physique et très souvent violente!!!


En classe sa participation aux activités est plus complexe qu'avant, une fois acceptée il progresse doucement.


A la rentrée de janv. pdt ma semaine d'absence, il a mordu un de ses pairs avec 1 extrême violence, la directrice de l'école éxédée par ce geste et son agitation au dortoir à éxigé des parents
qu'il ne vienne que le matin à l'école jusqu'au vac de fév.


A mon retour en apprenant les faits et la décision, j'ai exprimé mon désaccord à ma collègue directrice en lui précisant ( elle était pourtant au courrant du contenu de la 1ère rencontre des 2
enseignants de la classe et des parents ) que nous étions persuadés que l'enfant était mieux à l'école toute la journée et qu'avec les atsems de surveillance de dortoir, tout un protocole avait
été mis en place.La directrice a exprimé ne pas revenir sur sa décision, j'ai donc souhaité sa présence lors de la 2ème rencontre.


Le père était très agressif ( je m'y attendait!!) , j'ai d'abord demandé comment cela se passait à la maison: il a répondu qu'il ne comprenait pas les récrimination de l'école, car
bonne nouvelle: à la maison l'enfant est beaucoup plus facile, losrsqu'ils sortent même remarque ,plus de dispute.Il a emmené son fils à la piscine, impécable: il a seulement giflé une enfant en
la croisant, mais le pere l'a sermonné il a compris qu'il fallait pas faire.La maman s'exprime peu.Ils n'ont pris contact avec personne car Mme apprend à conduire donc cela la prend bcp et faire
garder en plus l'enfant l'a.m. c'est compliqué.La directrice a réexpliqué pourquoi elle avait pris cette décision et proposé l'observation de l'enfant dans le mileu scolaire par une psychologue
qui aurait ensuite un entretient avec eux.Le père a tt de suite accepté" si vous croyez que c'est utile, nous notre fils il est normal comme ts les enfants, il fait pas plus que les autres", la
directrice c'est tounée vers la maman et lui a reposé la? et elle a accepté sans commentaires.


J'ai félicité la maman de cet effort et Mr a repris la parole en disant qu'il fallait absolument qu'elle puisse se débrouiller car c'était trop compliqué pour lui de l'emmener tjrs à droite à
gauche en plus de son travail surtout qu'1 3ème enfant va arriver ! Il nous a annoncé aussi que tout le monde va aller vivre chez ses parents à lui avant de s'installer fin avril ds une nouvelle
maison.Et il a ajouté donc : notre enfant continura à faire l'a.m. à la maison pdt toute cette période.


J'ai fait part à la maman de ma crainte d'une réaction défavorable de leur fils s'il n'était remis à l'école la journée entière qu'au moment où sa 3ème grossesse deviendrai fatiguante , et aux 2
parents le risque de faire coincider la découverte d'un autre bébé à venir et le retour à l'école journée entière, tout en ajoutant qu'ils étaient les seuls à décider.


Après le départ de la directrice, le monsieur m'a questionné sur l'enfant mordu, je lui ai répondu que je ne pouvais donner aucun détail puisque cette semaine là j'étais absente et que 
c'était dommage de poser cette question après le départ de la directrice qui aurait pu lui répondre.


Nous nous séparons en évoquant la procédure de visite de la psychologue scolaire: elle viendra observer leur enfant après retour d'une autorisation parentale.


Encore bcp de bouleversements à venir dans la vie de ce petit!


Point positif, tout le monde dit que l'école lui fait du bien! Et je passe la main à une autre personne.


Après une semaine de repos, je prends du recul!!

isa 04/03/2013 09:03



merci Olaine de venir nous informer des suites , ce n'est pas toujours le cas et j'apprécie. Il apparait clairement qu'il y a beaucoup de bouleversements dans la vie de cet enfant déjà
fragile et qui semble se sentir menacé en permanence. Encore une fois, j'ai envie de dire qu'il a besoin de se sentir contenu à la fois par les règles mais parfois aussi physiquement, et
notamment tenu par la main dans toutes les situations qui pourraient l'exposer à sa propre violence ainsi que pour son endormissement. La présence de l'adulte auprès de lui qui lui tient la main
voire les deux mains pour l'aider à s'apaiser  et à trouver le sommeil me semble être un moyen de le contenir.


oui l'école l'aide et il est important qu'il y vienne régulièrement.






Olaine 16/12/2012 13:41


La rencontre a eu lieu, 1er point positif, ils ont entendu comment nous intervenions en douceur mais avec fermeté auprès de B.


L'enfant est somnanbule depuis la naissance de sa petite soeur ( 6 mois), il est indépendant dans ses jeux et supporte mal que le papa lui montre comment jouer autrement.


C'est un enfant indépendant, le papa était comme cela, à l'école fallait pas l'embêter et il aimait s'occuper tout seul, son fils est comme lui.


Il veut que je l'informe au fur et à mesure de se qui se passe à l'école, j'ai accepté à condition qu'ils en discutent avec leur médecin et lorsque l'on se reverra qu'il m'explique quels conseils
il leur a proposé.Nous avons aussi explique comment ns intervenions dans le calme  et évoqué également l'implication de l'enfant dans les activités guidées


Nous ns reverrons avant les congés de fév.En attendant, B. est isolé avec des activités programmées pour la journée et il intègre le groupe pour participer aux activités en présence d'adulte, en
dehors super surveillance pour éviter les dérapages, et observations...


Merci à vous, Olaine.

isa 16/12/2012 17:53



merci Olaine de nous donner la suite de cette situation, c'est intéressant, il y a donc l'arrivée d'une petite soeur , grand bouleversement dans sa vie , il est bon d'en tenir
compte.



Emilie44 09/12/2012 14:03


J'ai eu un élève come ça l'année dernière, peut-être pas aussi violent avec les autres en permanence, mais il hurlait dès que les autres entraient dans sa bulle...
Il ne savait pas parler autrement que par des babillements de bébé, du coup son mode de communication était la violence, les cris, et surtout l'automutilation. Il se tapait la tête par terre
exprès quand un enfant prenait la voiture qu'il voulait prendre. Il ne pouvait pas avoir une minute de pause, donc les regroupements étaient une horreur. Au début, je n'arrivais pas à le faire
venir avec nous dans le coin regroupement, puis au cours de l'année j'ai décidé que je lui demandais d'être au moins avec nous pendant ce moment-là, donc je le prenais sur mes genoux. Au début,
il a tout fait pour me décourager, en poussant des cris, en chantant pour couvrir ma voix, puis comme il a vu que j'étais impassible et que je continuais à parler au groupe, à écouter les
interventions des autres enfants, il s'est rapidement calmé. L'avoir sur mes genous me permettait de le contenir et de voir quand il commençait à monter en pression.


 


J'avais remarque qu'il était plus calme quand il avait un jeu dans la main, donc pendant le spectacle de Noël, je l'avais pris sur mes genoux, avec un jeu dans la
main, et il a été relativement calme pendant tout le spectacle.

Olaine 07/12/2012 12:40


Maintenant que tu l'écris, c'est l'évidence!


C'est fou quand on a le nez dessus, la synthèse est difficile!


Merci, Olaine

isa 07/12/2012 13:57



Reste à savoir comment agir avec lui, mais une étape est franchie quand on a compris son fonctionnement et surtout (comme je le défends avec la pédagogie de l'observation) en le
connaissant mieux , le risque de le prendre en grippe ( qui est aussi compréhensible mais contre lequel il faut lutter) est diminué, c'est aussi ce que dit Muriel qui s'attache aux faits pour ne
pas laisser entrer l'émotion et l'affect. On sait bien que lorsqu'un élève vous bouscule, l'émotion n'est pas toujours facile à contrôler, la tentation est grande de penser qu'il cherche à nous
enquiquiner, à nous faire sortir de nos gonds, qu'il nous en veut or ce petit est emporté par son agitation parfois sa agressivité, il ne contrôle rien,  c'est bien ça le problème pour lui.
Sous son attitude de "casse-tout", il souffre et envoie des messages aux adultes qui sont pour lui les seuls recours. A quoi est due cette agitation ? Maintes raisons peuvent le justifier, c'est
un travail de psychologue, en tant qu'enseignant nous avons à installer un cadre contenant, prendre le temps de l'observer pour nous rapprocher de lui, rencontrer sa famille pour échanger et se
mettre en accord pour l'aider mais au-delà de cela si rien ne change, nous passons le relais à d'autres professionnels.



Olaine 06/12/2012 22:43


Isa, je viens de retourner lire l'article, je n'arrive pas à me dégager du groupe en classe mais l'idée de l'observation en récré , il faut que j'y pense ( à prendre de quoi noter!)


Je ne sais pas si tu as remarqué dans le commentaire que j'ai fais de le séance de ciné:il m'a semblé ne pas comprendre que ce "jeu" là n'était pas drôle et que je n'y participais pas;


Je me souviens avoir remarqué combien il était surpris que certains enfants ne répondent pas à ses grimaces ou à ses coup de pieds.


Tu as raison, l'observation en recul du groupe classe , il faudrai se dégager un temps pour cela.


La nuit va porter aussi conseil...


Merci à toutes Olaine

isa 06/12/2012 22:52



jeu ou je , une belle question ? Le jeu  le fait exister et toi tu ne le trouves pas drôle, contrairement à sa maman qui rit quand il jette son sac par terre, tu vois bien que la
construction de son identité se fait en se mettant en scène et en ayant des spectateurs. 



) 06/12/2012 22:09


Oui, le petit carnet, ça aide à prendre du recul, et a parler de faits  avec les parents, pour éviter que l'affect n'entre trop en jeu. Car ces petits indomptables,
ça nous remue, ça nous dérange dans notre posture (car on est poussée à bout parfois) et ça nous remet en question dans nos capacités à gérer (même si on n'y est pour rien). Il faut garder la
tête froide, rester à sa place d'enseignant pour veiller à ce que rien ne dérape...


Ma psy scolaire m'a dit qu'il existait des éducateurs qui pouvaient aider les parents dans le cadre
familial. Il faut pour cela que les parents fassent une demande d'aide auprès du conseil général. Cela demande du courage sans doute pour faire cette démarche, mais cela doit je pense être une
aide précieuse quand ça se passe mal à la maison (j'ai une élève de 4 ans dont parents appréhendent le week-end tant elle est horrible et ingérable à la maison...il y a des situations très
difficiles dans lesquelles tout le monde s'enlise...). La PMI doit aussi pouvoir aider les familles.


Allez, que la nuit porte conseil....

Géraldine 06/12/2012 21:48


Je connais ce genre de situations pour les avoir vécues ! Dans les 2 cas les plus marquants, l'un avait des problèmes psychologiques et l'autre était sourd
profond ! Comme quoi, l'absence de limites et de frusrations peut être une explication, mais pas toujours ! Cette année, j'ai 2 petits terribles, dont un qui agit avec agressivité. Mais peu à
peu, en prenant le temps d'installer les règles, les choses semblent se tasser un peu, même si je les surveille toujours comme le lait sur le feu. J'ai félicité mon second terrible aujourd'hui
pour avoir aidé ses camarades; la seconde d'après, il jetait les livres au milieu de la pièce. Je pense que c'est un petit, qui cherche à coller à l'étiquette posée sur lui: "attention ! Enfant
terrible". Du coup, il n'avait plus ses repères et a fait "ce que l'on a pour habitude d'attendre de lui" c'est à dire: N'IMPORTE QUOI !Tout ça pour dire que rencontrer les parents et observer
l'enfant me semble la première chose à faire. Et s'il n'y a pas d'améliorations malgré ta patience et ton rappel au cadre, c'est peut être qu'il faut chercher ailleurs et faire appel au psy
scolaire (s'il y en a 1).


Les pistes données par Muriel me semblent très intéressantes, je tiens moi aussi un cahier d'observations dans lequel je consigne les événements et les
progrès, ce qui permet de prendre du recul et de comprendre ( enfin d'essayer en tout cas)et d'avoir des arguments pour convaincre les parents pour qui la réalité est difficile à admettre.
Bon courage Olaine ! 

isa 06/12/2012 22:07



ça me fait plaisir de lire que l'observation devient une de vos pratiques efficaces, effectivement j'insiste encore et toujours sur ce travail, et cela doit aller au delà de la petite
observation quand l'enfant vient de se faire remarquer. Je pense qu'Olaine tu as déjà lu mes articles sur ce sujet : la pédagogie de
l'observation.



cécilia 06/12/2012 21:45


bonsoir,


je pense olaine que tu as déjà de bonnes pistes pour la rencontre avec les parents.


Muriel a donne l'idée de prendre du recul et de l'observer quelques temps et de noter ces actions, cela nous aide vraiment à mieux comprendre le fonctionnement de nos élèves. (merci isa pour
cette attitude d'observateur que tu nous fais prendre cela m'aide beaucoup dans ma pratique)


Il faut biensur garder un cadre très sécurisant pour cet enfant, qu'il sache qu'a l'école les rêgles ne bougent pas, et qu'on lui explique à chaque fois que ce qu'il vient de faire est interdit
et pourquoi c'est interdit. Tu le dis bien c'est épuisant mais il faut tenir le coup et il faut penser aussi a passer le relais à des collègues quand on sent que l'on est à la limite de la
rupture.


Ce soir je rentre justement d'un RV avec des parents d'un enfant de ma classe qui est violent avec les auters (mais surement pas autant que le tien), c'était la deuxième rencontre depuis le début
de l'année (sans compter toutes les discussions d'après classe).


Je démarre souvent un entretien (qui serait a ma demande) en demandant aux parents comment ils "sentent" leur enfant après l'école (est ce qu'il parle de ce qu'il a fait, des copains, de ce qui
lui plait...) pour ensuite parler de ce qui se passe à l'école.


Je souhaitais savoir ce qu'ils penseraient de faire faire un bilan CAMPS mais je ne voulais pas leur présenter cela trop brutalement, alors on a parler de ce qu'il faisait en classe (le travail,
les activités) les bons points et les mauvais points et de ce qui se passait à la maison (si eux avait senti des changements dans son comportement).


je te souhaite bon courage

Olaine 06/12/2012 20:33


Eh oui, il montre par sa participation aux activités proposées son intelligence.Il aime bcp de choses à l'école, il faut le voir concentré sur l'activité ( les photos sont de bons témoins)


Mais il est catalogué, sa réputation d'enfant difficile a dépassé la cour d'école, a l'arrêt du car, il jette son sac à terre et sa maman en rit, mais comment réagir devant les autres? quand on
est mal a l'aise?


Aujourd'hui au cinéma pour le spectacle de Noël il a été attentif 3/4 d'heure et ensuite il fallait qu'il capte l'attention des autres enfants, quand je lui faisait le signe "chut"" ou que je
tenais ses mains, il m'a semblé ne pas comprendre que ce "jeu"" là n'était pas drôle et que je n'y participais pas.


 Pour la rencontre avec les parents effectivement je ne pose pas en juge, je désire savoir comment il vit à la maison avec ses parents et sa petite soeur ses repas, son sommeil les jeux


Le souci est aussi que nous sommes épuisés à nous violenter pour n'avoir aucun geste ou mot violent , l'avoir tjrs à l'oeil, intervenir pour minimiser les conséquences.


J'ai eu un contact avec l'équipe de pmi qui était ds l'école pr les visites des MS, la puéricultrice m'a donnée sa carte on verra en fin d'entretien si les parents désirent de l'aide ?

isa 06/12/2012 21:01



cet enfant demande le cadre serré dont te parlait Muriel, il a besoin plus que d'autres d'être contenu. C'est extrêmement insécurisant d'avoir des adultes qui ne vous protègent pas en
vous exprimant les limites, contrairement à son comportement qui semblerait dire: " Je veux faire ce que je veux" cet enfant demande qu'on lui dise: " ça tu ne peux pas le faire, c'est interdit,
c'est dangereux..." Alors oui, c'est épuisant quand on doit le répéter encore et encore, mais souvent on ne voit pas que les premiers interdits sont intégrés, parce que d'autres situations sont
arrivées et ont à nouveau inquiété ce type d' enfant. Ensuite, il y a aussi les évènements familiaux qui agissent sur le comportement d'un enfant déjà agité. Cela nous échappe mais c'est aussi un
facteur que nous ne pouvons pas éluder.



) 06/12/2012 18:47


Oh oui! J'en ai même un (c'est sa deuxième année, il est en PS2). Des enfants tyrans qui ont tant de peine à se construire leur limites... qu'ils les testent
sans arrêt!


Mes ptits conseils (qui valent ce qu'ils valent...): Il faut rencontrer les parents bien sur, après avoir pris le temps de noter des faits précis sur une
feuille en l'observant quelques jours (prévoir une grande feuille, donc...)


Comme pour tout contact, il ne faut pas braquer les parents (qui se sentent peut être un peu défaillants, donc sont susceptibles d'être sur la défensive, on
ne sait jamais...), en les rassurant sur le fait que notre seul objectif à nous les adultes, c'est le bon développement et le bien-être du petit... et puis penser à dire des choses positives
aussi (parfois ces petits monstres sont aussi terriblement intelligents...)


Comment cela se passe-t-il à la maison? Très vite, on perçoit que c'est souvent comme à l'école et même parfois pire... Parfois on sent aussi comment les
parents eux-même ont vécu leur enfance et leur scolarité, et ce que l'école représente pour eux (certains passés douloureux laissent des traces...)


Les possibilités d'actions doivent être conjointes avec les parents... par ex un cahier journalier de comportement, (avec des pétales de fleur qu'on colore
avec un code couleur par exemple...selon des critères simples et bien définis pour l'enfant) il permet à l'enfant de visualiser son comportement et ses progrès (soyons optimistes!). Ce cahier peut être aussi renseigné à la maison avec les critères définis par les
parents. De plus,comme tu ne vois pas les parents, cela peut être un bon lien. Les parents définissent et jugent des "sanctions et récompenses" qu'ils souhaitent mettre en place selon le
comportement noté dans le cahier... (et oui, ça marche toujours...) c'est leur rôle de parents qui est en jeu...


C'est un peu comme si on construit un couloir de croissance à l'enfant, on érige les murs, tant à l'école qu'à la maison. Certains enfants ont besoin que les
murs soient très proches pour les toucher de chaque côté pour "avancer droit", d'autres supporteront plus d'espace de manoeuvre...


Mon petit a eu un cahier pendant un an, a été vu au CAMSP et suivi (entretien pédopsy seul et avec les parents)... Il savait si bien dire les interdits! mais
si peu les respecter! Cette année, ça va mieux, on n'a pas fait de cahier... 


Mais il faut que tout le monde aille dans le même sens, que le jeu soit joué aussi par les parents. Je rencontre souvent de jeunes parents qui sont en demande d'aide éducative, même dans des milieux "ordinaires"... Je remarque que ce qui pêche parfois, c'est la permanence éducative, càd que les interdits et limites sont fluctuents selon l'état de
fatigue des parents... donc l'enfant a de la peine à s'y retrouver... Ah, C'est si difficile d'être parent...


Et puis parfois les enfants cherchent l'attention... donc leur parler, les observer, passer du temps.... c'est essentiel...


Bon courage, tiens-nous au courant!


(je remarque cependant de plus en plus d'enfants à troubles du comportement dans mon école où je suis depuis 16 ans... la mission éducative est devenue
vraiment prépondérante sur la mission pédagogique je trouve... et c'est parfois épuisant!)

isa 06/12/2012 19:38



tout à fait d'accord avec toi Muriel, la difficulté est double, faire de la co-éducation sans se positionner comme ceux qui savent ( les enseignants ne sont pas forcément à l'aise dans
l'éducation de leurs propres enfants) tout en installant une confiance réciproque qui ne sera effective que dans le non jugement. C'est complexe, aucune formation ne prépare les enseignants à ce
type de tâche qui pourtant est de plus en plus mise sur la table des classes.



Valérie 06/12/2012 18:41


J'ai vécu ça l'an dernier, toute l'année, tous les jours avec 1 seul jour de répit. Tous les jours, j'interpellais les parents. Vu l'extrême violence, les parents des autres enfants se
permettaient aussi de "discuter" avec les parents de ce petit L. J'avais rapidement contacté l'infirmière de la PMI qui avait mis en place un suivi auprès de la famille. En fin d'année, les
parents ont décidé de changer leur fils d'école car il était considéré comme "le petit monstre" de notre établissement (ces mots n'ont été prononcés par personne, mais il était clairement
stigmatisé). En début d'année, il faisait la journée complète + cantine. La maman était la 1ère au portail le matin et nous le laissait en soufflant car il avait été terrible à la maison le
matin. Les parents s'étaient séparés aux 3 mois du petit et se le "refilait", quand l'un en avait la garde, il était "confié" à une mamie, donc peu de contact réel avec les parents. J'ai fini par
dire, en novembre, que sa présence à la sieste n'était plus envisageable pour la sécurité des autres enfants : il sautait sur les autres lits, et donc sur les autres enfants. Nous n'avions aucune
solution pour le calmer. il était aussi violent avec lui-même et se tapait la tête contre les murs. Il était clairement en souffrance. Lorsque je l'ai déscolarisé les après-midi, le papa a été
contraint de s'adapter et a demandé à travailler de nuit pour garder son fils les après-midi. J'ai ressenti un "très léger" mieux... mais je n'ai jamais cédé à leur pression de le remettre à
l'école toute la journée. Cette année, il est en privé et l'infirmière de la PMI m'a annoncé semaine dernière qu'une équipe éducative est programmée pour lui prochainement (il est en MS). Je ne
te donne pas vraiment de solution, mais partage ta détresse.