organiser la diffusion des récits avant la fabrication du livre dans la série " Je recyle"

Publié le par isa

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Pour tous les nouveaux lecteurs et afin de situer plus facilement les articles concernant le projet d'écriture d'un livre avec les élèves, je propose de redonner chaque semaine un de mes écrits.

 

Le projet des récits de vie  a pour but de réaliser un livre à offrir aux parents, pourquoi donc faut-il diffuser les récits dans le cahier de liaison ?

 

Le temps d’attente chez les petits est moindre, ils ont besoin d’un rythme approprié. En éditant leur récit au fur et à mesure de leur évocation, ils restent dans le projet .On sait combien la répétition permet aux élèves de comprendre les processus d’apprentissage.En entendant régulièrement la relecture des récits, celle-ci leur confirme la permanence del’écrit qu’ils sont en train de découvrir. Cette présentation hebdomadaire aide aussi à l’émulation et à l’inspiration, on peut observer des éléments d’un récit repris par d’autres élèves, comme s’ ils assuraient une continuité sans rupture ce qui ,au demeurant, est un des besoins essentiels dans la vie de l’enfant. Ils créent eux-mêmes un « feuilleton » de leurs récits, et sont fiers de reconnaître leur parole dans le cahier de liaison qui est pour eux le symbole de l’école et de leurs apprentissages. Les aventures avec la marionnette restent au cœur de la classe et sont valorisées régulièrement.

 

Cette valorisation passe , évidemment , par les familles qui sont très concernées par le projet. En donnant à lire les récits presqu’immédiatement, celles-ci suivent aussi le feuilleton de leurs enfants et trouvent dans ce rendez-vous les réponses à la question qu’elles se posent très souvent, : comment mon enfant a raconté ? Cette préoccupation montre tout l’intérêt qu’elles portent à ce projet et il serait dommage de ne pas utiliser celui-ci pour créer un investissement motivé des familles. De plus, en ayant les écrits au fur et à mesure, les parents comprennent ce qui est attendu , eux- aussi ont besoin de cette répétition pour imaginer l’accueil de la marionnette. Ils constatent que ce n’est pas très compliqué et se rassurent dans leurs compétences. Le plaisir de lire les cahiers avec empressement donne à leurs enfants un sentiment de pouvoir dont ils ont grandement besoin pour le chemin scolaire.

 

L’attitude de l’enseignant est le non-jugement , il est un accompagnateur de la parole, il met en place les conditions pour qu’elle s’exprime, il guide , relance, corrige parfois une syntaxe mais le contenu du récit appartient à l’enfant. Il peut être tenté de juger, il aurait souhaité que tel élève si prolixe d’ordinaire fasse un récit plus dense, il trouve que la famille n’a pas suffisamment fait avec son enfant…. Ces jugements exprimés auraient des répercussions sur l’ensemble des récits et de l’accueil des familles, une attente trop définie ,trop exigeante en terme de résultats ( selon l’enseignant) fera blocage à coup sûr. L’enseignant fixe un cadre, donne des repères et se montre ensuite favorable à l’espace choisi par l’élève et sa famille. Il est à noter que ce type de projet emmène l’enseignant à la découverte de ses élèves et souvent de vraies révélations font jour dés lors que l’espace d’expression est respecté.

Publié dans langage 2013

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