qu'est-ce que je dis quand je suis content(e) d'eux, d'elle, de lui?

Publié le par isa

salle des maitres

Nous continuons notre série sur les mots et l’importance de leur choix, et voici une nouvelle situation.

C’est peut-être celle qui ne nous interroge pas, est-ce que nous prenons le temps de dire notre satisfaction, le faisons-nous souvent ?

 

Je vous remercie encore de vous lancer dans cet exercice qui n’est pas si facile que ça. Notre dernier sujet a suscité de nombreuses réponses et j’en suis très satisfaite parce que je sens que nous formons un véritable groupe d'échanges, chacun a eu sa manière de dire et la parole était libre par la diversité des propositions.


Alors aujourd’hui, je vous demande de dire ou d’imaginer ce que vous pourriez dire ( si ce n’est pas dans vos habitudes de le faire) dans la situation que je vous propose.

 

Qu’est-ce que je dis quand je suis contente d’eux, d'elle, de lui ?

Publié dans la salle des maîtres

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christine 21/06/2012 22:20


Ah oui ce marché des connaissances me parle bien Merci Mireille là je suis preneuse... faut absolument que je teste ça l'an prochain!

SYLVIE 20/06/2012 23:31


Très contente de pouvoir reflechir sur la notion de  "gâcher du papier" en dessinant librement: je me rends compte qu'il ne s'agit pas cela en fait mais plutôt decomment  faire 
pour quecertains enfants papillonnent un peu moins dans la classe ( commençant becp et finissant moins, partant commencer une autre activité...).


Cette discussion m'a permis de faire le point sur ce dont il était vraiment question.


 Car, en effet la liberté des dessins libres est importante et rien qu'à voir comment ils se jettent sur les feuilles, les enroulent ou tentent de les plier pour les enfourner ds leur
sac...pour les rapporter à Papa ou Maman, je vois que c'est  indispensable. je leur propose des formats qui varient, en ce moment des grosses lettres pour tracer le contour, il y a eu des
formes géométriques, des gommettes ou encore des feuilles avec un petit coeur collé dessus( au moment de la fête ces mamans) pour " les inciter à". Certains utilisent ces
propositions, d'autres pas du tout et c'est très bien comme cela.


Concernant les petits  "papillons", je dois certainement leur demander de rappeler, énoncer (pourquoi pas en grand groupe)  les règles et conditions des activités
libres de la classe... 

isa 21/06/2012 14:30

Travailler la persévérance est un défi qui demande à trouver quel angle va permettre d'amorcer un peu de stabilité d'où l'observation !

vuivihyko 20/06/2012 16:52


"un peu" possessive, tu es gentille.. je suis une vrai louve !!  je ne les couve pas ( tomber c'ets le métier qui rentre) mais par contre je les protège bec et ongles et je ne supporte
pas de les voir angoissés. en début d'année quand je débarque dans la cour telle maman canard avec mes petits cramponnés à mes 28 doigts (si si !), mes "anciens" devenus Ms et Gs savent qu'ils
ont pas intérêt à en bousculer un ou à le porter comme une poupée parceque là j'aboie et il passe leur récré puni, on a pas le droit d'abîmer mes pioupious.. !! non mais !


Lors de mon premier stage en maternelle ( il ya 12 ans, mon dieu !) j'ai eu des TPS et la conseillère péda qui m'avait visité m'avait dit "vous êtes faite pour la maternelle parceque vous les
sécurisez dans un climat affectif mais vous ne gagatiser pas". voilà, ça me décrit bien en fait car je ne supporte pas qu'on parle aux petits comme si ils avait 3 de QI, défaut souvent observé
chez mes stagiaires. ils sont petits, ils ne sont pas débiles ! c'ets le cas de la dame de service qui s'en occupe à la cantine et ils font d'elle ce qu'ils veulent, c'est affligeant !


vous allez me trouver horrible mais je dis toujors à mes stagiaires : les petits de 3 ans sont comme les gremlims : tout va bien tant qu'ils ne sont pas mouillés... lol !

vuivihyko 20/06/2012 13:43


arrivée tardive ce matin, trop absorbée par mon boulot...lol ! moi j'affectionne le " bravo, tu as trés bien travaillé, je suis trés contente, on va le dire à maman tout à l'heure, regardez le
travail de X, il a bien réussi , non ??" en plus je suis une utilisatrice indécrotable des noms de ménageries : mon chat, ma puce, ma louloute, ma poupée, mon coeur, mon loulou.. je suis
allergique aux bisous alors je compense par le langage affectif, je leur donne aussi facilement des surnoms. les petits sont sensibles à ces marques d'affection et quand je ne suis pas contente
je dis leur nom et leur prénom, ça marque de suite la différence !! du coup, quand je suis contente d'eux, j'y vais avec la louche sur les surnoms . Un exemple, avec la préparation de la danse :


"claire, ma loupette, t'es à l'envers, retournes-toi/ oui, c'est bien ma lou, super" et la fois d'après elle est dans le bon sens.


"attention charlie, tu es prêt, ça va être à toi, tout seul je te dis rien ( mais je fais un air qui veut dire maintenant) / bravo, tout seul, c'est très bien " et mon charlie a le sourire
jusqu'au oreilles.


j'avoue que j'use beaucoup des encouragements que je trouve plus efficaces avec les petits que la réprobation car ils comprennent ce qu'ils font bien mais ils ne comprennent pas toujours ce
qu'ils font mal. comme je l'ai déja dit je râle beaucoup en classe mais je n'aime pas dévaloriser un enfant. quand je suis vraiment en colère je dis " je vais en faire de la compote de pruneaux
!"

isa 20/06/2012 15:12



comme toujours tu me fais élargir le sourire avec ton côté un peu possessif avec tes petits élèves,  j'adore ta spontanéité. On sent le vécu.



Valérie 93 20/06/2012 10:27


Juste une anecdote: quand je leur dis combien je suis contente d'eux à chaque fois j'ai la chair de poule...comment expliquer çà ?


Je pense que je suis aussi fière de moi quelque part...et heureuse tout simplement!!!


et individuellement je leur dis: "tu peux être fier de toi pour qu'il s'attribue leur réussite..." car je me suis aperçue qu'ils travaillaient souvent pour la maîtresse, les parents ou pour les
cadeaux!!!


Par contre les couronnes çà ne me dis rien, et pour le papier je pense toujours à Picasso qui avait son atelier jonché de feuilles d'essai, la création et l'élan des élèves ne doivent pas être
freiné par "un souci d'économie qui reste un problème d'adultes" à mon avis et je rejoins Isa car oui nous devons les sensibiliser au tri, à l'écologie et au respect de la planète mais ils sont
en apprentissage ils ont besoin d'entraînement et ils utilisent des feuilles de brouillons donnés par les parents ( papier de récup) pour leurs essais.


mais rien ne me désole plus qu'un casier d'élève vide de dessins.... 

isa 20/06/2012 11:26



et oui, tu te sens concernée alors tu ressens une émotion que tu observes physiquement.


La couronne nous interroge mais je dois dire que je la préfère au bonnet d'âne que j'ai connu petite et qui humiliait celui qui le portait. Il y a une forme de toute puissance de l'adulte
vis à vis de l'enfant, c'est pourquoi il est préférable d'établir les règles et que l'obtention de cette couronne soit comprise sur des critères de réussite, me semble-t-il ! Quand on mange la
galette, ils comprennent qu'ils gagnent la couronne s'ils ont la fève, personne ne remet en question ce critère objectif et chacun accepte de ne pas l'obtenir dés lors qu'il n'a rien dans sa
part. Cette expérience leur apprend à ne pas obtenir satisfaction dés qu'ils en ont le désir, c'est un apprentissage que celui de la frustration et ils doivent y être confrontés, c'est
structurant.



mireille 20/06/2012 10:12


Oui la couronne crée une saine émulation. J'ai oublié de dire que je coche discrètement sur une liste d'élèves celui ou celle qui l'a eue pour veiller à ce que tous l'aient au moins une fois, et
lorsqu'un des plus bougeons l'obtient ça permet de pointer et de valoriser le petit progrès dans son comportement face au travail et ainsi de le féliciter aux yeux de tous.


En ce qui concerne la valorisation du groupe, il m'arrive aussi d'avoir un discours du type :"vous voyez vous avez grandi, vous êtes prêts pour le CP après les grandes vacances d'été, vous savez
travailler dans le calme, vous concentrer, vous arrivez à atteindre l'interrupteur pour allumer la classe en fin d'année, vous ne rentrez plus dans vos pyjamas de naissance... (après l'expo sur
le temps qui passe), bref tout est prétexte à leur faire prendre conscience qu'ils ont grandi dans leur corps ou dans leur tête et à les encourager à continuer !


Enfin, voici ma façon de créer une ambiance de classe positive, "type ruche", de valoriser le groupe-classe : à la fin de la deuxième période puis en fin de chaque période, j'organise un temps de
partage des connaissances ou des savoir-faire type marché des connaissances. Par moitié de classe, chacun se met à la disposition de celui ou celle qui souhaite apprendre à ...(construire une
tour Eiffel en légos par exemple) et ensuite on inverse les groupes. En amont, on aura préparé ce moment en identifiant ce que chacun sait faire et a envie d'enseigner aux autres. La première
fois c'est un peu le bazar mais petit à petit ils entrent dans ce fonctionnement de tutorat volontaire...tout au long de l'année on travaille la précision du vocabulaire à employer en vue de
ce temps d'explication. J'évalue en fin d'année en demandant à chacun de venir présenter le fonctionnement de son atelier autonome préféré devant toute la classe.  

isa 20/06/2012 11:08



trés intéressant ce marché des connaissances, là aussi je suppose que tu permets que tous les élèves à un moment de l'année aient quelquechose à apprendre aux autres. Ca me plait beaucoup
! Cela les incite à identifier ce qu'ils savent faire pour transmettre et cette mise en commun doit être formidablement motivante. Voilà on est parti d'une couronne et on arrive au marché, comme
c'est passionnant ces échanges ! Il y a des interrogations , il y a des découvertes, il y a des divergences, il y a des convergences, l'essentiel est de nous pousser à aller plus loin que nos
pratiques pour les interroger ,les comprendre, les faire évoluer.



christine 20/06/2012 09:33


et je comprends fort bien ce que tu veux dire Paloma (premier commentaire )dans  le "je suis contente n'est pas une fin en soi" .


C'est vrai que les mots ont beaucoup d'importance.. par exemple je dis souvent "tu as gagné" et à chaque fois je me dis "non , tu devrais dire tu as bien réussi.." mais ça ne sort pas...

isa 20/06/2012 10:18



ou tu sais le faire .... tu as appris, il s'agit de construire l'idée qu'on y arrive en apprenant, en fournissant le temps et les efforts nécessaires, mais on peut gagner quand il s'agit
d'un défi qu'on a lancé pour vérifier que les efforts ont porté leurs fruits.



christine 20/06/2012 09:17


la couronne me gêne beaucoup....la reine ou le roi est un être idéalisé qui est " au dessus" des autres et je suis républicaine...j'exagère mais c'est un peu ce que je ressens. Isa insiste
beaucoup sur la solidarité et là j'ai le sentiment que cet objet n'en est pas...personnellement je préfère les mots... "bravo" ", très souvent "je te félicite ou je vous félicite" accompagné ou
non d'une poignée de main comme reconnaissance d'un "grandissement".Lors d'une production intéressante d'un enfant je stoppe le groupe classe 2 minutes et je montre  à tous et ce sont les
autres qui expriment leur "whaouuu", le double niveau aide bien car si je montre c'est que c'est un travail significatif de la réussite particulière de cet enfant( et cela peut-être un
gribouillis) mais tout le monde a appris à évaluer le plus pour cet enfant à ce moment précis. Ca me semble très important.


Et ce qu'ils préfèrent c'est que je prenne en photo...une construction, un modelage...et je leur montre sur l'appareil.au début je culpabilisais car je ne peux pas tout imprimer mais bizzarrement
jamais ils ne réclament, comme si ca leur suffisait de savoir que j'ai pris en photo...

isa 20/06/2012 09:31



Je ne suis pas hostile à la couronne, je pense que cela peut ressembler à un concours à condition que les critères pour gagner la couronne soient "lisibles", après la question pourrait
être: est-ce intéressant d'organiser des concours ? Et si ce sont toujours les mêmes qui gagnent , comment on fait ? .... Je laisse l'espace de réflexion



Valérie 20/06/2012 09:11


Le mot que j'utilise le plus souvent est " je suis E-PA-TEE". AU début, les petits sont destabilisés et demandent ce que ce mot signifie, mais avec les yeux écarquillés... ils comprennent que je
suis ravie. Sinon, "ça y est, tu es prêt pour aller chez les moyens" ou "j'ai montré ta production à la maîtresse des moyens, et elle aussi était épatée!".


Pour le groupe, c'est aussi "ça y est, vous êtes prêt pour aller chez les moyens!" Ils adorent, surtout que cette année, le groupe de moyens est bouge-bouge et leur maîtresse regarde nos petits
avec des yeux d'envie.


Lors des activités, pour les motiver, j'utilise aussi "est-ce que t'es cap de..." Hier après-midi, je voulais vérifier s'ils étaient cap' d'écrire leur prénom sans modèle. Ceux qui ont eu des
difficultés ont vu qu'ils devaient encore s'entraîner...


Pour le comportement, quand un enfant qui a habituellement des difficultés à rester en place passe un moment plus concentré devant son activité, je le fais remarquer lors du bilan : "Noa, là je
suis contente de toi car tu as pu travailler sans déranger les copains". Et bien sûr, tous les copains : "moi aussi, hein, moi aussi..."


Je sais qu'ils ne travaillent pas pour moi, mais le fait qu'il voit que je suis contente (ou épatée) leur fait aussi plaisir.

Emilie44 19/06/2012 23:41


Pour valoriser les dessins particulièrement réussis, j'avais dans mon ancienne classe un cadre rococo que j'avais peint en doré, et je mettais dedans le plus joli
dessin de la semaine. C'était super car les enfants étaient valorisés et les autres pouvaient s'en inspirer. Je me rends compte que j'avais oublié cette bonne idée et que je ne l'ai pas reprise
dans ma nouvelle école!

Nelle 19/06/2012 23:28


Salut !


Comme d'autres, lorsque je suis fière d'eux, je leur dis, souvent en théâtralisant , et j'emploie des termes comme "chapeau" "waouuhh ! bravo", je fais mine d'être ébahie quand c'est quelque
chose de très difficile, pour les grands..


Et puis quand je suis fatiguée de répéter la même chose (quand un élève vient me voir pour la 4ème fois de la journée parce qu'il a réussi à mettre son manteau sans le poser par terre, "comme les
grands") ou quand les autres travaillent et qu'il ne faut pas faire de bruit, je fais un immense sourire et je lève le pouce.


 


Et bien sûr, je valorise le travail en le montrant en regroupement, en l'affichant, en le mentionnant aux parents le soir "Cunégonde a très très bien réussi son graphisme aujourd'hui, elle s'est
vraiment appliquée"...


 


[et sinon, pour le papier : en dessin libre les premiers temps, je leur laissais prendre toutes les feuilles qu'ils voulaient (feuilles de brouillon récupérées auprès des parents), coupées en
format A5 ; et puis j'en ai eu assez du gaspillage (un gribouillage et ça part dans le casier), donc j'ai opté pour le "cahier de dessins", 6 ou 7 feuilles A4 agrafées, et je n'accepte de le
changer que quand les pages sont suffisamment remplies à mon goût, et recto-verso.]

isa 20/06/2012 09:16



alors ce n'est plus du dessin libre, c'est du dessin imposé et ta consigne est :" remplir toute ta feuille de dessins". J'ai évoqué plus haut ma vision du gaspillage. Tu es d'accord que
lorsque tu dis "dessin libre", la notion de liberté est que l'enfant peut choisir de faire un rond et de s'arrêter. Dés lors que l'adulte décide d'y mettre des contraintes, il ne peut être
question d'expression de soi, d'expérimentation, de tatônnement, d'auto-évaluation ( combien d'élèves avons nous eu venant dire:" Maitresse j'ai raté, je recommence" à propos d'un dessin
libre).Toutes ces expériences sont nécessaires, cette liberté d'agir est la même que lorsque nous les laissons jouer . Si l'élève n'a plus cet espace d'expérimentation, s'il ne doit répondre
qu'aux exigences de l'enseignant, où construit-il son autonomie ?



sylvie 19/06/2012 22:22


Comme la plupart d'entre vous, je félicite:
pendant les ateliers, je n'hésite pas à élever la voix et montrer à toute la classe en théâtralisant :"regardez ! et nous l’applaudissons...Je remarque en écrivant qu'il s'agit plutôt de
travaux de graphisme, AP.


 


 En ce qui concerne les autres domaines c’est peut-être plus
individuel, je demande à l’enfant si il est content, fier de ce qu’il a fait car il peut l’être.


 


En ce moment ,je leur fais souvent observer pendant les activités qu’ils ont vraiment grandi depuis la
rentrée, j’insiste là-dessus pour leur dire qu’ils sont grands, qu’ils vont bientôt aller chez les Moyens, changer de classe, j’en profite pour nommer les maîtresses concernées…De même quand ils
« papillonnent »d’un atelier à un autre durant l’accueil ou après la sieste, qu’ils gribouillent une feuille à toute vitesse pour la mettre dans leur casier pour entamer un puzzle…je
leur dis qu’ils ne sont plus des bébés, je fais référence à leur petit frère, sœur pour qui c’est normal mais j’insiste pour dire q’ils sont des grands, eux maintenant.


 


Sinon, Depuis le retour des vacances de pâques, les enfants qui allaient à l'atelier manipulation pendant
que les autres étaient aux 3 autres ateliers, posaient leur réalisation sur la petite table du coin regroupement avec leur prénom dessus et nous nous regroupions tous et ces enfants
présentaient ce qu’ils avaient fait : « j’ai trié les ours par couleur », « j’ai fait un collier multicolore », « j’ai fabriqué un robot qui marche comme
cela »…  et un jour, un enfant( qui est un peu récalcitrant pour se séparer de sa maman et pour qui les activités ne sont pas toujours les
bienvenues) m’a demandé si il pouvait présenter sa réalisation : graphisme pour illustrer une comptine…


 


Et depuis, les enfants qui veulent présenter leur travail, le mettent dans une boîte sur la table du coin
regroupement (et par terre si il y a de la colle). Ils sont très fiers. Je me rappelle l’avoir fait en Moyenne section et ensuite venaient les questions sur la production, c’était intéressant, je
pense qu’en moyenne section( peut-être aussi chez les PS), la 3 ème étape pourrait être : Tiens untel, tu sais tracer des ponts : pourrais tu apprendre à des copains ? Qui
voudrait… ? et proposer un temps pour ce tutorat.


 


Par contre, j’ai une petite question : comment faîtes vous pour lutter contre le gâchis de papier. Je
me rends  compte  que je leur ai accordé une grande liberté avec ciseaux, papier et colle, ce qui est
bien car ils manient bien les ciseaux, ils sont assez autonomes. Par contre, ils papillonnent un peu trop, abandonnant très vite pour vaquer à d’autres occupations. Cet après midi après la
sieste, je leur ai réexpliqué que cela coûtait cher, qu’il n’y aurait bientôt plus de feuilles…j’ai même décidé qu’en raison des excès, ils viendraient me demander une feuille et m’expliqueraient
ce qu’ils feraient ( dessin, découpage, collage). Ensuite j’ai accroché sur la porte de classe la production d’une petite fille qui avait réalisé une production en 3 étapes avec becp de
graphismes et collages ( afin de valoriser et donner envie à d’autres). Voilà, alors vous cahier de dessin ou quoi d’autre ? Comment le gérez-vous ?


 


 

isa 20/06/2012 09:05



J'ai une approche différente concernant le papier gâché. Je pense que les apprentissages ne doivent pas être regardés avec un esprit économique, apprendre c'est coûteux, en termes
d'effort, de temps, d'argent. Comme nous en avons discuté dans la série du temps, à l'école , il faut accepter de perdre du temps pour en gagner ensuite, de la même façon, nous ne pouvons avoir un discours sur l'argent dépensé pour eux pour
les aider à apprendre, sur les économies qu'ils doivent faire parce que notre devoir n'est pas celui là. Notre devoir est de leur donner les moyens, tous les moyens pour les amener à devenir ce
qu'ils doivent être, et à l'école tout est coûteux, le personnel, le matériel, les murs, tout. Il n'y a aucune rentabilité visible, mais c'est une erreur car comme le temps perdu, l'argent
"gâché" donnera à long terme un investissement dans l'intelligence d'une société. Bien-sûr qu'il est important de leur apprendre le respect du matériel, le respect de l'environnement mais quand
il s'agit de s'exercer, de faire des tentatives, de faire des erreurs et de recommencer, de créer, il ne peut y avoir cet aspect économique. Cela me trouble d'autant plus que dans la création
artistique c'est pour moi incompatible cette idée de remplir une feuille pour ne pas gâcher, on ne peut à la fois créer, inventer et s'obliger à reprendre la même feuille parce qu'il reste de la
place (!!!!!!!!) C'est manquer le processus créatif que d'être dans un carcan économique. Je comprends que vous ayez le souci du gaspillage, mais il y a d'autres moyens d'agir que de culpabiliser
les enfants dans leur élan, leurs essais. Ils n'ont pas à porter cette responsabilité là.L'argent n'est pas de leur ressort, c'est d'ailleurs pour eux un moyen qui relève de la pensée magique: "
on va à la banque et on prend de l'argent". Les autres moyens peuvent être de s'approcher d'une imprimerie et d'aller récupérer des feuilles de papier déclassées, de faire de la récupération
auprès des familles.... J'espère ne pas avoir été trop catégorique mais ce sujet m'interpelle toujours et c'est bien que tu le soulèves, cela permet encore une fois de reculer et de regarder
autrement. Notre société doit investir dans l'intelligence pour faire des économies plus tard.



guilaine 19/06/2012 21:22


oui c'est très intéressant cette histoire couronne. pour ma part j'ai remarqué que les élèves aiment les "grands mots" comme c'est excellent ou c'est parfait. Et puis serrer la main aussi les
impressionne!

isa 20/06/2012 08:38



les grands mots donnent un caractère particulier à leurs efforts, c'est toujours ce fameux besoin de reconnaissance.



cerise 19/06/2012 20:45


salut à tous! comme MClaire, je théâtralise (surtt qd c'est exceptionnel !) poignée de mains : FELICITATIONS x2-3 fois,tu as très bien travaillé...


Au regroupement, nous applaudissons ! comme en éducation physique! il y a les petits bravos (un doigt ds la main, deux doigts... pour nuancer) et les gds bravos ! j'adore !!ça détend l'atmosphère



La couronne me fait un peu peur !!! est ce que tu parviens à  la poser sur ttes têtes?? Certains enfants doivent attendre plus longtps que les autres ? Ca me rappelle les bons points !
j'utiliserai la couronne peutêtre sur une seule période !! pourquoi pas ??  à discuter ???


bonne soirée à tous 

isa 20/06/2012 08:31



oui à discuter, c'est la question de la récompense et  de l'émulation ? Objectivité et subjectivité ?


Quels critères, qu'est-ce qui permet aux élèves de savoir qu'ils pourront gagner la couronne ? C'est un sujet passionnant, je pense que nous avons beaucoup de choses à dire.



Emilie44 19/06/2012 18:22


Super cette idée de couronne!!!

M Claire 19/06/2012 17:38


Moi aussi je les félicite et les encourage le plus souvent. Il faut dire ue j'essaie d'encourager ma collègue d'à coté qui est plutôt très négative avec les enfants.


Je force quelque fois le trait , je théâtralise mes félicitations , par exemple je leur serre la main en les félicitant.


Pour la danse pour la fête ça tellement bien marché que les parents me disaient que les enfants étaient fiers de leur progrès.


C'est ausi très valorisant pour moi de voir leur joie. je leur fait plaisir et le plaisir rejaillit sur l'ambiance de la classe et sur les relations avec les parents.

isa 20/06/2012 08:25



tu pointes une conséquence de la valorisation, effectivement la réussite des élèves est aussi la réussite de l'enseignant, c'est donc notre propre estime qui s'en trouve renforcée, ainsi
donc quand nous félicitons un enfant, nous nous félicitons nous-mêmes. Et, la question serait:" Est-ce que je réussis pour moi ou est-ce que je réussis pour la reconnaissance des parents, des
collègues, de l'inspecteur ?" J'interroge sur cet idéal dont nous parlions plus haut et que nous aimerions inculquer aux enfants, avons-nous cette distance affective que nous aimerions voir chez
les autres ? Pardon de pousser la réflexion, mais je crois que changer d'angle de vue est toujours trés intéressant.



mireille 19/06/2012 15:08


Il nous arrive d'applaudir un élève qui en regroupement vient de présenter sa réalisation (construction, puzzle, modelage...) au reste de la classe. Pour que l'élève soit valorisé et qu'il
développe sa confiance en lui, j'enchaine en lui demandant s'il sera d'accord d'aider celui qui à l'avenir voudra réaliser la même construction que lui : joues rosies et torse bombé assurés !!


Sinon en classe, nous consignons sur un cahier collectif les réussites énoncées en dictée à l'adulte en les datant. Nous le relisons ensemble parfois pour savoir si untel à déjà expliqué qu'il
avait réussi à faire du vélo sans roulettes, à nager sans brassards ou à sauter de la poutre les yeux fermés...(j'ai une classe de PS GS).


Enfin lorsque nous sommes en ateliers, une couronne est posée bien en vue sur mon bureau. En fin d'atelier, je la dépose sur la tête du "roi ou de la reine de l'atelier" pour le féliciter de son
calme, de sa concentration ou de sa bonne écoute des consignes. 


Là encore c'est un honneur convoité ! Et lorsqu'il m'arrive d'oublier la couronne, j'entends bien vite un : "Maitresse, et la couronne ??!"


Je crois à l'idée de trouver des astuces pour permettre de s'arrêter sur le positif et créer ainsi une dynamique de classe tournée vers l'envie de bien faire.

isa 20/06/2012 08:15



Et le groupe Mireille, est-il aussi valorisé ? La dimension individuelle est importante et l'enseignant veut la réussite individuelle, mais celle-ci peut-elle être indépendante d'un
esprit de groupe ? Comment favorisez cette notion de solidarité ( tu en parles avec la proposition d'aide quand l'un est parvenu) dans l'expression d'une satisfaction générale ?



nolwenn 19/06/2012 14:30


Je suis bien d'accord avec Paloma, c'est important qu'ils réussissent aussi pour eux. Je leur dis qu'ils peuvent être fiers d'eux et aussi que je suis fière d'eux. Lorsqu'ils réussissent quelques
chose d'important parfois je plaisante en disant: "non, ce n'est pas possible! Je n'y crois pas! tu as réussi à faire ça?" et là ils me répondent:" mais oui maîtresse, regarde!" avec une fièreté
immense dans les yeux. J'essaye au maximum de leur donner confiance en eux. je valorise les efforts même si la réussite n'est pas toujour au bout. "Tu as essayé de faire ton mieux, c'est bien!
Quand tu recommenceras tu y arriveras encore mieux".

isa 20/06/2012 08:06



Réussir pour soi est un long chemin, c'est un idéal vers lequel tendre, cependant les petits sont dans l'affect et leurs progrés ont pour eux un effet sur les personnes qui comptent dans
leur vie. Dés tout petit, la maman s'extasie sur chaque étape franchie, le bébé se met debout et toute la famille le félicite, le bébé fait au revoir avec la main et toute la famille est
ravie.... Il intègre donc à travers ses expériences précoces que chaque marche montée déclenche une démonstration d'affection.



paloma 19/06/2012 12:49


Qu'il s'agisse de travail réussi, ou d'effort en matière de comportement, lorsque je suis contente d'un enfant, je le lui dis tout le temps en ces termes : "tu peux être fier-e- de toi"...


Je suis sensible au fait que la réussite lui appartient, et qu'il faut signifier à mon petit élève qu'il travaille pour lui , et non pas ni pour moi , ni pour sa maman ou son papa. Le fait
que je suis contente n'est pas une fin en soi, mais bien pour lui la reconnaissance de son enseignante, et la possibilité de ressentir ainsi la fierté qui lui est propre...Je ne sais pas si je me
fais comprendre...A la fois je ne manque pas de dire que je suis contente , et à la fois j'associe systématiquement le fait que ce qui est important ce n'est pas que sa maman sera fière de lui,
mais que lui soit fier de lui , car c'est pour lui qu'il travaille...Et même si c'est difficile car ils sont encore jeunes et donc attachés à ce que leurs parents soient fiers (et c'est bien
légitime!) , je m'attache à ne pas perdre de vue qu'il s'agit pour chacun d'entre eux de ressentir sa propre fierté à avoir réussi un travail ou fait un effort de comportement ..

isa 20/06/2012 07:55



oui Paloma, le besoin de reconnaissance est un des besoins fondamentaux de l'être humain, être fier de soi dépend  de l'approbation des autres, si personne ne dit: " Bravo, tu y es
arrivé", quel moyen va permettre à l'enfant de se situer ? Tu ne dis pas si tu exprimes ta satisfaction au groupe, le fais-tu ?