qu'est-ce que je dis quand tout le groupe s'agite ?

Publié le par isa

salle des maitres

 

Pour poursuivre notre série sur les mots et l’importance de leur choix, je vous propose une nouvelle situation classique et fréquente.

Comme je le proposais dans le dernier article de cette série, il est bien question d’énoncer les phrases utilisées, bien plus encore que les attitudes et les décisions prises. Je pense que nous n’imaginons pas combien ces simples mots vont aider celles et ceux qui se confrontent à ce type de situation en désespérant de parvenir à un résultat satisfaisant.

Je vous remercie par avance d’oser vous lancer dans cet exercice qui n’est pas si facile que ça. L’esprit de solidarité et d’entraide est une caractéristique de ce blog ainsi que le non-jugement et le respect. C’est ensemble que nous surmontons les difficultés et aujourd’hui ceux qu’on aide nous aiderons demain….. Voici donc la question de la semaine.

 

Qu’est-ce que je dis quand tout le groupe d’élèves s’agite ?

Publié dans la salle des maîtres

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Sophie 18/06/2012 15:22


Bonjour Isa, tout d'abord merci pour ton site et les richesses que l'on peut y puiser.


Je ne suis pas non plus adepte des cris pour le retour au calme... en classe de GS et MS lors des ateliers quand le niveau sonore devenait trop élevé, je disais aux enfants en parlant normalement
" levez le doigt les enfants qui m'entendent "?.... Bien sûr les enfants silencieux m'entendaient tout de suite puis selon l'effet boule de neige tous les enfants levaient le doigt , se
taisaient et me regardaient, je pouvais alors leur dire toujours sur le même ton, " et bien maintenant que tout le monde m'entend, baissez le doigt et je vous demande de ne plus faire de bruit et
de chuchoter , vous savez bien qu'on travaille beaucoup mieux dans le calme. Maintenant reprenez votre activité."etc....


Le fait de leur parler " en chantant " est efficace aussi, ça les surprend.


Je retiens l'idée de la mascotte qui ne supporte pas le bruit d'autant que l'année prochaine j'aurai des PS ce sera surement plus efficace. 


Merci à toutes et tous pour leurs commentaires que j'ai pris plaisir à lire


 


 


 

isa 18/06/2012 15:41



merci Sophie et j'apprécie que tu nous donnes la "version" parlée.



Mireille 18/06/2012 13:12


Je voulais ajouter qu'en ateliers lorsque le niveau sonore est trop important, je lance un long BZZZZZZZZ fédérateur puis ensemble nous déclamons "je n'entends que le bruit de la mouche qui
s'enfuit !..." en finissant avec l'index sur la bouche, et ça fonctionne !


Bonne fin d'année à tous et toutes.

isa 18/06/2012 15:43



poétique cette phrase Mireille ! Bel alexandrin ...



mireille 17/06/2012 19:25


Bonjour Isa, je voulais tout d'abord te remercier pour ton site très enrichissant et pour ces débats passionnants. Je retrouve l'esprit de mutualisation des pratiques cher à l'AGEEM.


Voilà ma petite contribution pour le retour au calme. En regroupement, j'utilise la comptine : "bras croisés, pieds serrés, bouche cousue !" que les PS.GS répètent et miment avec moi, l'effet est
immédiat même s'il reste éphémère !


J'utilise aussi le pictogramme du feu tricolore que je montre en silence, ce signal et le comportement attendu ayant été définis et repris en début d'année.

isa 17/06/2012 22:34



merci Mireille, j'ai fait ce que tu m'as demandé sur About me. Oui , comme tu le précises ,il est indispensable de poser les règles et de s'assurer qu'elles ont été comprises dés le début
d'année.



Bettina 17/06/2012 17:32


quand tout le monde s'agite, je ne dis rien, je fais une série de 4 mouvements avec les mains:


je tape des mains sur les cuisses


je tape des mains je fais un moulinet et


je mets mon doigt sur la bouche


au bout de quelques secondes plusieurs enfants m'imitent puis toute la classe c'est un peu magique, mais ça a marché toute l'année!

isa 17/06/2012 22:23



ah super que tu précises que ça fonctionne tout le temps, je pense que tu as instauré un rituel de récupération du groupe, à un moment, les élèves ont besoin qu'on leur rappelle qu'ils
appartiennent à un groupe dont ils doivent tenir compte. C'est simple et efficace.



alexandra 17/06/2012 11:10


OUF! Ca tombe vraiment bien en ce moment! Les enfants sont fatigués et fatiguants et ttes ces idées nous regonflent!!! J'ai très peu d'élèves: 22 mais je suis seule tte la journée (ASEM seulement
1h le matin) et je trouve ça difficile. Surtout les a-m...classe trop petite pour les 22 dc sieste diff car je ne sais pas où les mettre sans qu'ils soient les uns sur les autres, etc...


En regroupement, voici ce que j'effectue : comptines nommées précédemment, chef d'orchestre, musique de relaxation + caresses sur le visage....


Mais lors des ateliers, je n'y arrive pas! entre essayer de canaliser son groupe pour arriver à ce qu'il manipule, prendre du temps pour chacun, corriger les travaux des autres enfants
...j'essaie de mettre en place des ateliers dans lesquels ils peuvent s'inscrire après le travail (dessin sur tableau, Kaplas à 3, jeux de cartes, pochoirs, découpage, perles, plateau de
marrons...qu'ils doivent aller chercher eux-mêmes) mais là le ton monte...dur, dur... et dc je crie....nul, nul!


Allez demain, j'arrête! et j'essaie de mettre en place la mascotte, le sablier ou le bâton de pluie, le drapeau blanc, la mouche (car chanter pdt que j'essaie de me concentrer sur l'atelier que
je mène, je n'y arrive pas...)...


Bon courage à toutes pour ces dernières semaines et merci pour toutes ces idées!


Alexandra


 

isa 17/06/2012 22:16



oulala Alexandra, c'est fou de ne pas avoir d'atsem à temps plein, tu es dans une école rurale ?


et où les enfants dorment-ils, j'ai l'impression que tu fais faire la sieste dans la classe, c'est ça ?


concernant ton énervement, je pense qu'il s'adresse d'abord à tous ces gens qui te laissent travailler toute seule avec tes 22 élèves. Pense que tes élèves n'y sont pour rien, ça aide de
réfléchir à ce qui nous agace. Et sois indulgente avec toi-même. Bien -sûr que dans l'idéal, on aimerait ne jamais s'énerver,je ne criais pas mais je m'énervais aussi, j'ai parfois attrapé un
enfant par le bras pour l'emmener promptement sur la chaise à réfléchir. J'ai aussi le souvenir d'un élève qui m'avait hurlé dans les oreilles à m'en décrocher les tympans, ça résonnait dans ma
tête, j'étais énervée intérieurement, j'avais le coeur qui battait à tout rompre, j'ai pris sur moi du plus profond de mon être et je lui ai dit: " Moi, je pense que tu peux encore crier plus
fort, j'en suis certaine, alors si vraiment tu as besoin de crier à ce point, vas-y , tu peux si ça te fait du bien mais attention ce sera la dernière fois, ensuite je t'emmènerai dehors pour que
tu puisses crier, jamais plus dans la classe" il m'a regardé interdit, il n'a plus jamais crié. Mais franchement j'étais à deux doigts de le soulever et de l'envoyer ailleurs. Ce métier demande
une patience extraordinaire, celle-ci s'acquiert. Il faut toujours penser que l'enfant ne fait pas contre nous, il nous dit quelque chose , à nous de le comprendre et de savoir
répondre.



christine 16/06/2012 10:36


Oui Isa c'est ce que j'aime sur ce site chacun livre ses commentaires librement et ce sont les réponses de chacun qui font progresser... effectivement j'ai frissonné en lisant ce que dit solène
mais en même temps solène l'écrit en filigrane qu'elle ne veut pas déclencher la peur donc elle est en situation de recherche.....


j'ai les m^mes soucis que Sylvie concernant la sieste...c'est le b.....!! il  n'y a  pas d'autres mots et le plus grave à mes yeux c'est que bien souvent peu d'enfants
dorment....L'atsem qui l'encadre est très gentille mais elle parle tout le temps, elle crie, elle bouge.... et c'est compliqué ce n'est pas un temps "école" tout du moins pour le début de cette
sieste et du coup je ne dois rien dire, j'ai essayé d'en parler avec l'atsem mais ça ne passe pas... je suis d'accord avec toi isa, plus il y a de bruit, plus il y a d'agitation et bien souvent
sur le moment hors scolaire : cantine ,sieste c'est vraiment beaucoup de bruit


Collègues comment êtes vous parvenus à faire progresser ce pb d'agitation sur temps du midi? car bien souvent on récupère des enfants complètement agités et c'est à nous d'obtenir un retour à une
"normalité"... comment faire progresser les municipalités sur ce pb sans heurter ? une journée c'est une journée pas un temps école, un temps municipal!

isa 17/06/2012 21:24



Le problème que tu soulèves,Christine, sur l'agitation durant le temps du midi et qui est préjudiciable aux enfants est récurrent. Ce sont tous les temps d'attente qui
génèrent de l'énervement. Il faut donc réfléchir à comment limiter ceux-ci, même si certains sont incontournables et que les élèves ont à apprendre à attendre. Mais néanmoins, il est primordial
de tenir compte de leurs capacités. Quant au temps de sieste, tu es la responsable de la classe , tu as donc à voir comment organiser au mieux ce temps. Tu notes que l'atsem est elle-même agitée,
si c'est sa personnalité, cela me semble indispensable d'en discuter avec elle , voire de lui demander si elle apprécie de surveiller la sieste et éventuellement changer avec une autre atsem plus
calme et plus intéressée. Il faudra aussi que nous parlions de ce temps de la journée, je pense que ce sujet intéresse aussi beaucoup.



paloma 16/06/2012 10:18


Oui, merci Isa de rappeler que ces échanges que tu proposes avec tant de passion ne doivent jamais verser dans le jugement...


Tu rappelles que tu ne détiens pas LA vérité ; et je sais que moi non plus ...Notre métier suscite tant de mouvements, de doutes et de remises en cause que le stress qu'il provoque chez moi
chaque matin ne disparaît malheureusement pas au fil des ans...


C'est pourquoi ton blog est précieux , car on y puise ("c'est un puits sans fond" dis-je lorsque j'en fais la pub") quantité d'idées qui sont un trésor du point de vue de notre pratique, et
quantités de réflexions qui sont tellement porteuses du point de vue de la théorie et de la mise à distance nécessaire à notre quotidien...


Nous allons entrer dans une longue période de vacances , et c'est incroyable de constater comme on a du mal à "décrocher"...Nous ne pouvons nous empêcher de nous projeter déjà à la rentrée
prochaine, et ici , dans ce blog et ces échanges, personnellement en tout cas, je trouve matière à réfléchir encore différemment et à piocher des idées que je couche sur un papier intitulé "I.D
rentrée prochaine"...


Ce matin, je note celle d'écrire le nom de l'enfant ayant une responsabilité , au tableau , devant les élèves qui nomment les lettres écrites...


Encore merci , et notamment pour le lien ; B. Bettelheim est aussi quelqu'un qui m'a beaucoup aidée dans ma façon de comprendre l'enfant...


Bon weekend à tous.

isa 16/06/2012 10:39



Les vacances vont être les bienvenues et il est important de décrocher, de se ressourcer, de faire totalement autre chose. C'est pourquoi j'ai lancé ces débats avant les vacances pour
vous laisser tranquilles pendant. Je pense que tu constates que tu n'es pas la seule à t'interroger et te prendre parfois la tête, c'est important de ne pas se sentir seule face à tout cela.
J'espère que progressivement les échanges t'aideront à prendre la bonne distance, celle qui fait qu'on finit par être satisfait de soi même parce qu'on est capable d'avoir une certaine
indulgence.



Léomie 16/06/2012 09:54


Encore un débat enrichissant, merci Isa !


En ce qui me concerne, j'ai beau être ultra convaincue que crier est contre-productif et préjudiciable à tous (les enfants comme les enseignants), j'ai beau avoir moi aussi mon petit stock de
rituels, comptines et chansons de retour au calme, je me fais bien souvent l'effet d'une "maîtresse dragon". Je débute pourtant chaque journée en me jurant bien de rester douce et calme, sereine
et apaisante...rien n'y fait, je finis presque toujours pas m'emporter quand mon seuil de tolérance est atteint... C'est d'ailleurs un reproche que je me fais aussi en tant que mère !


Je rêve d'un stage "on oublie tout et on recommence", pour désapprendre à crier, me défaire de mes mauvais réflexes, et devenir cette enseignante idéale dont tu sembles être une parfaite
représentante à mes yeux !


Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire !J'ai lu avec grand intérêt certains commentaires et ta proposition sur "Ca fait du bruit" et grâce à ce "petit coup de boost", j'ai bon espoir pour
l'année prochaine ! ;)

isa 16/06/2012 10:31



Oh Leomie , on a tous nos défauts et je ne déroge pas à cette règle, mais chaque défaut a son côté bénéfique,être impulsive fait que tu es une personne réactive et que la prise de
décision est rapide. Il ne faut peut-être pas chercher à être idéale et du coup tu t'agaceras sûrement moins.



sylvie 16/06/2012 00:40


Oui, oui, oui que ce débat est riche et infiniment intéressant ! Dans cette période de  préparation de fête (c’était aujourd’hui),  répétitions, re-répétitions, cadeau papa, cadeau maman, costumes,
comment maîtresses et enfants peuvent-ils ne pas s’emballer ?


 Donc, après lecture de vos précieuses remarques, conseils, tout un ensemble m’est
revenu à l’esprit comme si j’avais besoin d’être « traversé » par tout cela : « la chaise qui fait grandir », je l’avais oubliée, cette année je l’appelais simplement la
chaise orange, elle a repris tout son sens cette semaine grâce à vous, je la connais pourtant mais…oubliée dans ce tourbillon cette année nouvelle dans mon école nouvelle avec ces nombreux
petits…Elle évoque tellement de belles choses et j’ai adoré entendre une petite Floriane reprendre son nom avant-hier.


 J’adore aussi les voyages dans l’imaginaire et c’est vrai que d’un coup, cela
décrispe l’atmosphère. Je l’utilise souvent quand je chante « Fanny » : au moment où l’on évoque la jeune fille, on la mime, « elle faisait comme ça » : on se met du
rouge à lèvres mais il faut l’attraper, il est dans un placard en haut, on le débouche…puis on passe au maquillage des yeux…, on se coiffe…Tout cela aussi, un peu oublié ces derniers temps…Mais
c’est REVENU. J’utilise également  l’horloge sur laquelle est collée une gommette ( à moins 20 qui indique le moment où l’enfant de service doit
secouer la maracas, j’y fais de plus en plus référence), et parfois je dis : Regardez la pendule, cela va être l’heure de la récréation et la classe n’est pas encore complètement
rangée.


En tout cas, même quand la classe a été très agitée cette année, il y a qq chose qui a toujours appelé l’écoute, c’est quand au moment du
regroupement, chaque matin, j’écris le prénom de l’enft qui est de service et ils nomment chaque lettre au fur et à mesure : incroyable comme c’est important pour eux. Il m’est arrivé
d’écrire le prénom rapidt et mal former  une barre d’une lettre, et ils faisaient des remarques :  «  Maîtresse, tu l’as pas bien fait
 », au début, cela m’agaçais, je ne comprenais pas ce qu’ils disaient, voulaient…mais quand j’ai accepté de les écouter, de les entendre….L’importance de voir leur prénom écrit…


A ce propos, une même remarque concernant l’écrit et les prénoms : Pendant  cette période un
peu « bousculée »  et bousculante, le panneau sur lequel  les enfants s’inscrivent pour
indiquer si ils mangent à la cantine ou à la maison avec un sous groupe filles et garçons dans chaque  partie ( c’est mon panneau de présence en fait) était devenu un peu bizarre :
les enfants se trompaient, des cartes étaient à l’envers, comme par hasard les enfants qui se montraient  «pas très bien » dans la classe
oubliaient de placer leur étiquette…   Le panneau était un peu le reflet de la classe !


Depuis cette « observation », prise  de conscience, j’accompagne davantage les
« récalcitrants » par la parole ou j’accompagne physiquement et j’observe davantage mes petits élèves lors de cette inscription sur le panneau pour q’un certain ordre existe et nous
sécurise TOUS. Et c’est marrant, tout va becp mieux, tout est rentré dans l’ordre…Comme quoi symboliquement ce panneau signifie bien des choses.


Par contre, j’ai besoin de tuyaux pour l’an prochain concernant le coucher au dortoir car c’était le fiasco complet cette année : 2
classes de petits avec des toilettes minuscules…50 enfts  pas calmes du tout quand j’arrive à 13h20 ds le dortoir ! Ils sont couchés,
j’appellerais cela  à « la one again », dans l’excitation, avec des allers et retours dans le couloir ( en raison du déplacement vers les
minuscules toilettes), même chose dans la classe d’à côté avec des enfts assez vifs dans les 2 classes. Bref, pas cool du tout l’endormissement : une maîtresse qui doit se fâcher , cela me
met hors de moi.


Je n’en veux pas aux animatrices ni aux atsems ( enfin certainement un peu qud même) mais surtout durant toute une année, nous n’avons pas
trouvé de solution, et j’ai l’impression que les anim ont baissé les bras : quand j’arrive au dortoir les enfants  sont presque debouts
 sur les lits à crier. L’ atsem de ma classe est dans le dortoir quand j’arrive pourtant ! et l’Atsem de l’autre classe arrive 5 minutes après
également pour l’endormissement jusqu’à 14 h à peu près, ensuite nous nous relayons de 14h à15h, 2 jours les Atsem, 1 jour moi, 1 jour l’enseignante qui fait la décharge de la directrice…Durant
cet endormissement, nous sommes auprès des enfts qui ont du mal à s’endormir et nous  établissons un contact physique pour les rassurer, il y a 1
musique douce…mais vu les conditions du coucher…ce n’est  pas cool !


L’an prochain, je change de classe : une classe à un autre endroit, avec un sas, un dortoir qui ne sera pas surchargé à côté, des grandes
toilettes …bref le luxe !!!!!!!


Mais quand même je m’interroge,  je voudrais savoir comment vous vous organisez précisément, avec
livres comme Isa le proposait dans un article… ? Êtes-vous seule durant l’endormissement ou accompagnée ? Tout ce que vous faîtes, m’intéresse. Merci


Pour cette année, je vais tenter de stimuler les anim et les atsems pour des comptines avec mouvement tel que MAINS EN L’AIR…

isa 16/06/2012 10:29



j'ai reconnu ton style sans lire ton prénom, Sylvie.


oui des détails peuvent en dire assez sur l'ambiance d'une classe. Pour la sieste, nous pourrons lancer ce sujet avant la reprise pour se replonger dans l'école avant la reprise et donner
des infos à celles qui arriveront sur le blog inquiétes de cet univers inconnu.


Je pense que ces petits débats servent aussi de rappel de pratiques qui comme tu le dis ont été abandonnées parfois par manque de persévérance, le découragement étant le point faible de
ce métier.



Cerise 15/06/2012 21:36


Eh oui, ce débat est très intéressant : utilisé la peur d’un enfant afin d'obtenir une maitrise, un contrôle de
lui-même


Cette année, j’ai fait une boulette qui m’a coûté chère !


J’ai été découragée, la pression des autres parents pour me signaler un mauvais climat ds la classe. J’ai voulu cadrer un peu plus
fermement le groupe. J’en discute avec le directeur qui me propose pour m’aider « tu m’envoies les élèves qui embêtent les autres ds mon bureau ! »


Bingo ! une heure plus tard, un élève est puni ! (il tapait un copain comme à son habitude ). Il est resté 10minutes, j’avertis les
parents le soir ! et bilan : pas d’amélioration. Les parents ont été vexés ! je suis une  méchante maîtresse ! les parents enlèvent leur enfant de l’école pour l'année
prochaine !


je me suis disqualifiée moi-même (j’ai eu besoin de quelqu’un d’autre et    j’ai fait un abus de pouvoir ! 


La réaction de parents est  disproportionnée (à mon avis) Mais, j’ai réfléchi à d’autres punitions :


NOUVEAUTE : je punis dans la bibliothèque !! (endroit un peu +isolé) et l’enfant s’excuse auprès de l’autre, auprès de moi bla bla  je ne
recommencerai pas …. Il y reste plus ou moins longtemps !!


faire peur aux enfants est malsain, maladroit !! faible et facile pour les adultes. Mais, nous avons nos propres limites !
nous adultes ! et pour éviter de faire de grosses erreurs, il vaut mieux anticiper nos réactions.


Bon we à tous !

isa 16/06/2012 10:20



merci à toi aussi Cerise de nous livrer une expérience malheureuse, ce n'est pas toujours facile d'accepter d'en parler.


Je ne dis pas qu'il ne faut jamais avoir recours à une autre personne, parfois c'est salvateur, il vaut mieux le faire que de piquer une colère contre un enfant. Aprés si c'est tous les
jours, ça entame l'autorité de l'enseignant qui montre qu'il ne peut agir sans l'aide d'un autre. De plus, l'exclusion systématique d'un enfant pose question, certains enfants ont "l'art" de se
faire rejeter, c'est ce qu'ils cherchent pour renforcer la mauvaise image qu'ils ont d'eux-mêmes. Il est alors bon de s'y intéresser de près et de prendre le temps d'observer et de chercher
d'autres moyens d'agir. Oui oui c'est compliqué et j'ai toujours dit que ce métier était difficile, passionnant mais difficile.



paloma 15/06/2012 19:32


A une époque , j'avais une phrase qui disait : "quand j'entends la maracas, plus de bruit dans la classe". Je la disais en faisant donc entendre la maracas en question...Ca marchait bien...


J'ai le "tort" d'avoir une tolérance au bruit assez grande (c'est d'ailleurs une des raisons qui m'ont fait quitter l'élémentaire; j'avais peur de "gêner" mes collègues voisins)..


Cela dit, le cadre chez moi est très présent.. Nous fonctionnons, dans notre école ,  de façons très étroite entre enseignantes. Et le début de l'année scolaire est systématiquement utilisé
pour travailler les règles...Notre but étant d'une part  de faire intégrer aux enfants qu'ils vont ainsi devenir "élèves" , notre but étant d'autre part  de leur faire intégrer les
règles et enfin  de leur faire intégrer que ces régles sont là non pas de par mon bon vouloir à moi la maîtresse, mais pour leur "sécurité,("dans la classe tu te déplaces en
marchant" , est la règle pour faire comprendre qu'ainsi on évite les risques de trébucher et se faire mal)  et le bien être de tout le monde.. 


Le bien-être passe par le respect d'un volume sonore adéquat ...Mais il est vrai que lorsqu'ils jouent , c'est là où ma tolérance est grande...En revanche quand ils travaillent , ou sont
regroupés , ou écoutent une histoire, là , la règle est stricte, car elle participe du bon fonctionnement de la classe et d'une ambiance sereine...


Je trouve que les idées émises ici ou là dans les commentaires précédents  sont vraiment intéressantes..Moi je fais beaucoup de regroupements d'enfants agités en mimant, en faisant ces
fameuses "phrases gestuelles" évoquées plus haut...c'est complètement efficace et très apaisant..


Je trouve qu'Isa est très politiquement correcte dans ses réactions face à cette épouvantable histoire de Gribouillla qui m'a fait grimper aux rideaux !!!En maternelle,  on fait tout ce
qu'on peut pour en finir avec la pensée magique , et voilà que cette histoire nous ramène à la peur des "yeux tout puissants qui voient tout tout le temps "!! bref, je crois qu'Isa a mieux
expliqué que je ne l'aurais fait pourquoi c'est pure folie que de faire croire à la sorcière du placard et de partout !!


Je suis de cette génération qui a pu découvrir Dolto quasiment en direct , et j'ai toujours considéré qu'il ne faut jamais mentir à un enfant...encore moins à nos "élèves"...On n'est pas obligés
de tout dire (car toute vérité, comme dans la vie , n'est pas bonne à dire), mais on doit avoir en tête qu'on ne doit jamais mentir...(d'ailleurs, je ne cautionne pas l'idée du Père Noël , mais
bon, c'est encore porter le débat trop loin) ..


L'accès à l'imaginaire doit être très clair ; et du coup , l'accès à l'humour est ensuite possible ..


Bref, je reviens à la classe agitée...moi aussi , j'aime bien l'idée qu'on utilise l'effet de "surprise" pour calmer le monde...Ex : tout le monde est énervé? Hop !! on va faire un petit tour..!!
dans la cour, dans les couloirs (en ne faisant aucun bruit, comme les petits indiens sur le sentier de la chasse par exemple !! attention , j'ai dit "comme" et non pas : "on est des petits
indiens" !!), dans les escaliers, que sais-je ...un petit tour pour faire tomber les tensions...Ou des massages , qu'on se prodigue les uns les autres....


Et lorqu'il s'agit d'enfants spécifiques, je module mes réactions selon leurs comportements : isolement, massages , câlins, ou simplement donner la main....


Voilà quelques idées supplémentaires....Et rien ne vaut une belle histoire racontée en théatralisant ...Mais en début d'année , le must c'est de chanter.....je suis d'accord avec les
commentaires...


Bon weekend....Je rentre de pique-nique , et j'ai ensuite "accueilli" les futurs Petits de septembre ...(on a joué dehors pendant que les parents étaient en réunion avec notre directrice) ..Donc
, les petinenfan non-stop depuis 8h20, là , j'en ai ma claque ; et je suis claquée!!

isa 15/06/2012 20:04



Il ne s'agit pas d'être politiquement correct Paloma, il est question de dialoguer et j'ai comme principe de ne jamais détenir la vérité, j'ai ma vérité mais elle n'est pas LA vérité, si
dans une discussion, on ne laisse pas la porte ouverte à l'opinion de l'autre, alors inutile d'ouvrir cette discussion. Si Solène nous parle de ce qu'elle fait , c'est qu'elle se sent
suffisamment en confiance ici pour le faire et je pense qu'il est important d'avoir ce sentiment, celui de ne pas être jugée. Nous avons une discussion et maintenant elle s'interroge, peut-être
remettra-t-elle en question cette histoire suite à notre échange ? Je n'ai pas à décider pour elle, pour leur école. Quant à la pensée magique,elle est nécessaire, je te mets un lien , le mensonge non bien évidemment mais la pensée magique est
constitutive du développement de l'enfant, ainsi pour eux jusqu'à leur 6 ans, ils ne peuvent concevoir l'irreversibilité de la mort ( tu meurs et puis après tu te réveilles),  l'enfant a
besoin de cette protection, il ne peut encore affronter certaines de nos réalités. Quant à Dolto, elle a participé à l'écriture de la première carte postale du Père Noël quand la Poste a décidé
de mettre en place ce service aux enfants. Elle était donc en complet accord . Ce qui n'est pas acceptable dans ce personnage, c'est l'utilisation faite par les adultes pour se faire obéir ( "si
tu n'es pas sage, tu n'auras pas de jouets "). Je continuerai d'accueillir tout ce que vous avez à m'offrir y compris des discussions polémiques parce qu'il est important de se dire les choses et
dans l'enseignement, il n'y a pas beaucoup de lieux pour cela.



christine 15/06/2012 17:53


J'aime le silence je le dis haut et pas fort dès que l'occasion se présente, dés le début de l'année j'apprècie et je fais apprècier ce silence et le bien être q'uil génère pour moi et surtout
pour eux, associer à des petits gestes de relaxation (ex semasser la nuque, le front...), je félicite beaucoup dès qu'un atelier travaille dans le calme et je mets des mots dessus...et je m'en
sers dès que ma limite ( car chacun à une zone de tolèrance différente par rapport au bruit) est dépassée, cette zone nous l'écoutons aussi avec un cd, on l'écoute avec le son poussé plus ou
moins et on en parle aussi. Quand il y a trop de bruit j'annonce " stop,(poing fermé comme à la chorale), baissez le son et je mime le fait de tourner le bouton et je fais remarquer le bien être
retrouvé par cette action collective.

isa 15/06/2012 18:15



tu as raison , nous avons chacun notre propre seuil de tolérance ce qui doit nous faire penser que nos élèves aussi. Le bruit est source d'agitation, en le contrant, nous controns
l'agitation.



Solène 15/06/2012 17:39


tu as tout à fait raison, c'est une enfant qui devrait être suivie, malheureusement quand on est en milieu rural, les structures d'aide ne veulent pas se déplacer en maternelle car il y a déjà
beaucoup à faire en élémentaire... Et puis, des fois, les parents sont contre les aides que l'on peut leur proposer... C'est là où l'on se sent seuls et démunis face à certaines situations. Je ne
sais pas si ma collègue avait pensé à tout ce que cela peut engendrer, mais je pense que c'est surtout le seul moyen qu'elle a trouvé dans cette situation.

isa 15/06/2012 17:53



oui et je ne lui jette pas la pierre, je pense qu'il faudrait en discuter avec elle, qu'elle s'interroge sur une pratique qui en apparence donne des résultats, mais qui en profondeur peut
agir contre les enfants dans leur bien-être et dans leur capacité à s'épanouir. La peur est une émotion qui ne permet pas le raisonnement, plus on a peur et plus on est manipulable. Est-ce qu'un
enseignant a pour but d'avoir une classe silencieuse qui ne réfléchit pas ? C'est une question.


L'autre question étant comment agir avec ces enfants si difficiles ? Comment ne pas perdre de vue ses objectifs d'éducation qui respectent l'enfant en l'aidant à sortir de cette
instabilité qui gêne tout le groupe et lui prioritairement ?



Solène 15/06/2012 16:15


Oui je comprends tout à fait ton point de vue.


Mais il est vrai qu'à la base ma collègue avait mis en place ce processus pour une petite fille qui était totalement instable (elle a essayé de sortir de l'école à plusieurs reprises, se mettait
en danger chez elle et à l'école, frappait les autres et essayait même sur les adultes... et on ne m'a pas tout raconté je pense). Ma collègue avait tout essayé mais rien n'y a fait jusqu'à cette
histoire qui l'a totalement scotchée et mise dans l'imaginaire et ce n'est que comme ça qu'elle a réussi à la tenir et à lui faire comprendre certaines règles. Et après, ça fait comme un
roulé-boulé, les autres enfants s'y sont mis, etc.
En début d'année, je n'étais pas pour cette histoire pour mes PS, pour toutes les raisons que tu expliques. J'avais peur que cela terrorise les petits. Mais quand certains enfants ont des grands
frères ou grandes soeurs qui leur en parle, et qu'ils en parlent alors aux autres en rigolant, il a fallu expliquer cette histoire en faisant un parallèle à notre histoire Chuttt. Et c'est ainsi
que tout s'est lancé car les enfants en parlaient aux mêmes au début.

Pour les explications de l'autorité, je pense également que tu as raison, qu'il n'est pas bon d'utiliser ces histoires pour obtenir un respect des règles. Mais parfois, malgré tout ce qu'on peut
essayer, on n'arrive pas à ce respect par certains enfants et tout ce qu'on peut trouver pour nous aider, on saute sur l'occasion sans vraiment réfléchir à ce que cela implique derrière. Surtout
quand cela peut protéger les autres de cet enfant.

isa 15/06/2012 17:30



oui je comprends et face à l'agressivité d'un enfant, l'adulte se sent démuni, il souhaite l'aider à canaliser cette violence, et comme je l'ai dit souvent "nous sommes des chercheurs",
nous faisons des essais, parfois des erreurs , nous en prenons conscience et nous poursuivons la recherche. Le problème selon moi est que cette petite fille relevait d'une aide spécialisée ,
encore une fois, les enseignants ont à se débrouiller seuls parce que l'institution n'a pas comme priorité l'investissement dans les petites classes, là où tout se construit. Mais il est évident
que cette petite fille a un problème de stabilité et de violence contre les autres et contre elle-même (puisqu'elle se mettait en danger), tous ces signes alertent et c'est souvent le seul moyen
qu'à l'enfant pour dire qu'elle ne va pas bien, qu'il faut l'aider, qu'elle subit (peut-être) des violences. L'agitation et l'agressivité montrent la tension intérieure et bien sûr ,celle-ci est
engendrée par des peurs, ce qui fait que ce sont souvent des enfants trés sensibles à l'inconnu, ils peuvent faire les gros durs dans le contexte connu et se montrer terrorisés dés qu'on sort du
cadre identifié. Alors effectivement dés qu'on utilise le ressort peur, ils s'arrêtent, ils se figent parce que c'est ajouter une peur à leurs autres peurs. Est-ce ainsi qu'on peut les aider à
les surmonter ? Peut-on imaginer ce qu'un enfant déjà fragilisé par un univers familial ou bien par des troubles du comportement ressent face à un adulte qui utilise son point faible contre lui ?
En ayant de bonnes intentions, ta collègue entretient les peurs de cette petite fille et ne l'aide pas. Malheureusement à l'adolescence, elle ne croira plus aux sorcières et elle aura accumulé de
la rancoeur envers les adultes. Encore une fois , c'est ma vision à partir de mes références en psychologie. Je suis toute prête à entendre un point de vue qui m'expliquerait le bien-fondé de
cette façon de faire , c'est dans le dialogue que nous pouvons avancer, dans des interrogations que nous partageons sans forcément de la convergence.


 


 



Solène 15/06/2012 15:10


Oui, je suis d'accord là-dessus que pour certains, la peur n'est vraiment pas bon. C'est pourquoi quand je vois que certains ont peur, on rappelle que ce ne sont que des histoires. En effet,
j'aime beaucoup l'histoire "Chuttt" qui reprend l'histoire d'un ogre qu'il ne faut surtout pas réveiller. Mais à chaque fois qu"on lit cet album, on rappelle que quand le livre est fermé, l'ogre
est enfermé et ne peut pas sortir. Là on leur rappelle en effet que les sorcières sont comme notre ogre dans l'histoire, que ce ne sont que des histoires et que ce n'est pas réel, c'est pourquoi
on ferme la porte du placard.
Mais on n'utilise pas la sorcière Grabouilla tous les jours non plus, sinon en effet, je pense que certains de mes petits auraient peur.

isa 15/06/2012 15:56



C'est important de dire ce sont des histoires, elles sont dans les livres. Mais les histoires qu'on raconte n'ont pas pour but de faire obéir les enfants, dans le cas où on utilise la
sorcière pour contraindre , on perd l'objectif et le sens de l'imaginaire. L'enfant a besoin de se confronter à ses peurs dans un cadre où l'adulte se situe en tant que personne tiers, il est le
narrateur, il transmet un patrimoine qui va permettre à l'enfant de construire ses propres images mentales et de tirer les enseignements des situations résolues. Les personnages terrifiants des
livres pourront surgir dans la vie de l'enfant à des moments importants, presqu'à toutes les étapes de son enfance, chaque changement suscite des peurs et celles-ci prennent la forme de loups, de
sorcières, de monstres .... Cela fait partie du développement de l'enfant et c'est presque attendu, cela détermine d'une bonne santé psychique. L'adulte se positionne alors en protecteur, il
rassure, il répète qu'il a lui-aussi eu peur quand il était petit, bref c'est un processus de développement où chacun a sa place à tenir. Vouloir protéger l'enfant de ses peurs, en niant et en
évitant toute histoire qui fait peur est contraire à ce processus. Mais si l'adulte sort de sa place et joue de la peur de l'enfant pour obtenir un comportement qu'il aurait dû obtenir par la
construction du sens ( pourquoi faut-il ne pas crier en classe ? Pourquoi dois-je respecter mes petits copains ? Comment faire pour arriver à me contrôler quand j'ai envie de chahuter ?), il se
disqualifie lui-même ( j'ai besoin d'un autre pour qu'il fasse à ma place), il fait un abus de pouvoir ( je suis fort et j'en profite parce que ce sont des enfants), il crée une situation de
confusion ( alors les sorcières sont dans les livres mais elles sont aussi dans les plafonds, elles peuvent m'entendre, elles peuvent arriver) bref l'adulte n'est plus protecteur, il est complice
de la sorcière qui fait peur aux enfants. Je te donne mon opinion et comme je te le disais tout à l'heure, je sais que c'est pratiqué dans d'autres écoles, et je te remercie d'avoir lancé le
sujet car je crois qu'il est important que chacun y réfléchisse. Certains auront peut-être un avis différent du mien. Il n'est pas question de dire "c'est mal", je crois qu'il est constructif
d'éclairer des questions et de se faire sa propre opinion. Selon l'angle de vue, on peut ne pas avoir perçu les enjeux de tel ou tel choix en matière d'autorité. Parce que on ne l'a pas encore
dit, mais nous sommes en train de faire un débat sur l'autorité et sur la manière de s'affirmer dans sa classe en tant que responsable du groupe qui nous est confié. Et tout ce débat est
formidablement intéressant.



Solène 15/06/2012 13:09


Alors dans ma classe, quand il y a trop de bruit en regroupement surtout, je fais la chanson Mains en l'air. On fait les gestes en même temps que l'on chante.
Les paroles :
Mains en l'air !
Sur la tête,
Aux épaules
et en avant
Bras croisés
Sur les côtés
Moulinez et on se tait!
Chut!

Cette chanson marche plutôt bien.

Et sinon, dans l'école où je suis, ma collègue a instauré depuis 2 ans l'histoire de Grabouilla (seul moyen pour contenir une petite fille très très agitée, et le fait de partir dans l'imaginaire
la calmait tout de suite). Alors je m'explique.
Grabouilla est une sorcière qui vit dans l'école. Elle vit d'ailleurs dans notre placard avec les réserves de matériel. Il y a même un dessin la représentant sur une vitre de l'école.
Et Grabouilla étant une sorcière, elle a des pouvoirs... Eh oui, elle peut tout entendre et tout voir dans chaque classe! D'ailleurs, vous savez pourquoi il y a des trous au plafond dans les
classes? Ce n'est pas pour l'aération mais pour que Grabouilla puisse venir nous espionner!
Quand nous allons aux toilettes, parfois on l'entend gronder (bruit des tuyaux) car on la dérange, on fait trop de bruit. Du coup, pour ne pas la faire sortir de son placard, nous nous déplaçons
toujours à petits pas de souris pour ne pas faire de bruit.
Parfois, quand on voit la porte ouverte de la réserve, ça veut dire qu'elle nous écoute attentivement, qu'elle trouve que c'est un peu trop bruyant.
Un jour, ils étaient vraiment bruyants et la chanson Mains en l'air ne les avait pas calmés, je leur ai dit que s'ils continuaient Grabouilla allait venir. Et à ce moment-là, on toquait à la
porte... Là, grand silence... Je me suis approchée tout doucement de la porte, les enfants ne disaient plus rien. J'ai ouvert... et là... Juste une maman d'élève venue chercher son enfant.
Soulagement de la part de tous les enfants, rire de la maman, et ensuite grand silence dans la classe pendant pas mal de temps!

Bon, je vous rassure, nous ne les traumatisons quand même pas. Mais les enfants se prennent vraiment au jeu de cette sorcière. Et ça calme beaucoup d'enfants, surtout certains sur qui on a tout
essayé et qui n'avait jamais marché.

isa 15/06/2012 14:25



Tu me pardonneras Solène mais nous sommes ici pour discuter et je m'interroge sur le danger d'utiliser les peurs des enfants afin d'obtenir une maitrise, un contrôle d'eux-mêmes qu'ils
ont à acquérir par compréhension du respect de l'autre et d'eux-mêmes, par intégration des règles, par sens de l'intérêt général.... Je comprends bien que parfois nous sommes découragés de
réussir dans cette tache et nous avons la volonté d'obtenir le calme, le silence absolument. Les peurs des enfants sont , me semble-t-il, à prendre avec précaution, certains auront la capacité à
surmonter l'inquiétude suscitée par cette présence fantasmagorique, mais d'autres la vivront dans la terreur, et si toutes les pièces de l'école sont menaçantes, alors une tension permanente peut
les habiter. Partir dans l'imaginaire est effectivement un bon moyen de trouver des réponses aux tensions, mais cet imaginaire ne peut devenir une réalité permanente. Quand les enfants jouent au
loup pour se faire peur, ils sont dans un espace temps qu'ils ont créé, dés lors qu'ils arrêtent d'y jouer, cet espace temps n'existe plus, ils reviennent au réel. Si ce sont les adultes qui
décident de jouer au loup et que ce jeu ne s'arrête jamais,que le loup est présent à longueur de temps, les enfants sont soumis à un stress qui me semble trop risqué pour eux. Qu'en penses-tu ?
La discussion est ouverte car je pense que vous n'êtes pas les seules à utiliser la peur des enfants et que nous pouvons nous interroger tous ensemble.



vihyko 15/06/2012 11:09


chut, chut


plus de bruit


la reine du silence l'a dit


chut, chut,


ferme ta bouche


la reine du silence écoute


chut, chut


ne bouge pas


la reine du silence est là ( bras croisé, on se tait )

Cerise 14/06/2012 21:18


la comptine : retour au calme 


Je cache mes yeux, 


Je montre mes yeux, 


je mets mes mains en l'air


je cache mes yeux, 


je montre mes yeux 


je mets mes mains derrière le dos 


Sans dire un mot  CHUT 


 je pense que cette comptine est sur ton blog !


A réfléchir : à chaque période, j'ai une comptine qui réclame le calme


Pour Noël : " Ecoute , Ecoute , écoute tt là haut, les rennes , ils viennent , écoute leur sabot (claquement de langue +ou - longtps)


calme assuré sur un air propre à chacun.


P3 : schéma corporel Mes mains : frappez !


mes yeux : clignez !


Mes pieds : tapez!


ma bouche fermée (mimer les gestes en même tps)


Mes oreilles écoutent le silence !       et j'exige que le groupe tienne le silence 


P4 : chanson douce : ANi couni ....(cf enfance et musique) nous berçons un bébé (fictif on fait semblant ou la mascotte de la classe) 


P5 : doucement doucement (cf enfance et musique) à pas de velours 


voici voilou 


bonne soirée à tous 

isa 14/06/2012 21:39



Merci beaucoup Cerise !



Isabelle L 14/06/2012 18:45


En coin regroupement si ils sont très agités, surtout au retour de récré, je commence par taper sur mes cuisses, puis le ventre, les épaules, de moins en moins bruyamment, et je finis avec les
deux doigts sur la bouche, tout cela sans rien dire. Les enfants se joignent à moi assez rapidement et le silence vient naturellement;


En atelier, j'ai une chaise qui calme (n'importe laquelle !) mais en ce moment j'ai des plants de maïs (graines que nous avons semé) sur une table, et je leur dit d'aller se calmer en regardant
le maïs pousser ! on en rigole avec mon atsem, elle m'a dit que c'était notre jardin zen et que je devrais acheter un petit rateau

isa 14/06/2012 19:27







jackie 13/06/2012 22:43


Pour ma part, j'utilise un certain nombre des stratégies citées et plus particulièrement une chanson à gestes chantée une première fois puis chuchotée ensuite et pour terminer bouche fermée, nous
refaisons les gestes uniquement, ce qui laisse le temps au silence de s'installer. J'utilise aussi le sablier fabriqué cette année et nous faisons le silence le temps du sablier. Mais hors du
coin regroupement, souvent je compte jusqu'à 3 (parole et doigts) et si le niveau sonore ne baisse pas, j'isole les perturbateurs. Je n'ai pas une voix qui porte, m'égosiller ne sert à rien...

Magali 13/06/2012 21:23


Pour moi aussi, redressement direct...


Disons que depuis le début de l'année, j'ai dû avoir 3 journées très pénibles... dont celle de hier... là où ça dérape... un enfant qui se jette du banc sur le rapis pour faire une roulade en
plein rituels ??? l'autre qui fait tomber son voisin du banc...celle qui se met à pleurer toutes les larmes de son corps parce qu'elle n'est pas à côté de son amoureux... ceux qui décident
d'aller jouer sans terminer leur travail... celui qui monte le toboggan à l'envers... celui qui manque d'avaler une lettre magnétique de 3 cm sur 3... celle qui hurle parce que sa voisine
lui a pris un feutre...


Et là, je punis : isolement de deux ou trois minutes sur la chaise du silence... et parfois je crie tellement leur comportement est loin de ce qui se passe d'habitude...


Mais le soir je me dis" t'es vraiment nulle de leur crier dessus !" Pas toujours facile notre métier  !  C'est plutôt quand ils désobéissent que ça me fait râler, parce que le bruit,
comme j'ai 19 élèves, ça se gère assez bien.
Promis demain je ne hausserai pas une seule fois la voix !


Et pour finir la journée... une maman bien intentionnée me demande la liste des élèves de la classe pour tous les inviter à l'anniversaire de son fils... 4 ans... jusque là tout va bien... elle
prépare les invitations pour le 22 juin de 17h à 21h... c'est à dire que l'on a notre spectacle de fin d'année le 22 à 18h30...


 


 

isa 14/06/2012 14:52



hier soir en rentrant de notre conférence avec ma fille, avant de nous endormir je lui ai lu ton commentaire et nous avons ri , merci à toi pour ce moment de détente car le sujet de la
conférence était trés lourd et nous avions besoin de sourire. Encore merci Magali et courage avec tous ces  tracas de la vie d'école !



Valérie 93 13/06/2012 17:08


Que faire quand ce sont les tambourin des collègues qui aggressent les oreilles et stressent tout le monde du matin au soir!!! çà fait un peu serpent à sonnettes....!!!! ;)


sinon comme vous je hausse fort la voix ( comme j'ai fait du théâtre je maîtrise!)


et en cette fin d'année j'ai l'impression que toutes les recettes sont inutiles : ils saturent en fin de journée ( et moi aussi) alors on sort admirer le jardin quand il ne pleut pas!!!


 

david 13/06/2012 15:56


"Si le bruit ne s'arrête pas à la fin de ma phrase ça va BARDER DU TONNERRE!!!" Dans un crescendo dramatique du plus bel effet que même le final du Poème de l'Extase de Scriabine c'est du
pipi de chat à côté (quelques techniques de chant apprises au conservatoire me permettent de leur en mettre VRAIMENT plein les oreilles quand les miennes saturent :-))... Ou alors moi je continue
à dire ce que j'ai dire à mon groupe ou à la classe en criant bien fort... tout le monde se tait après ça... Sinon, exclusion sur la chaise à grandir devant l'affiche "je parle
doucement à l'école"... En résumé, comme Maud, je doit aller en stage de redressement (ou sur la chaise devant l'affiche lol) !

isa 14/06/2012 19:52



deuxième inscrit au stage, je prévois de la musique d'opéra pour vous apaiser !



joséphine 13/06/2012 15:40


La guitare, Vivi, j'ai fait beaucoup en début d'année. Mais par manque de temps de trouver chansons avec accords, j'ai dû laisser tomber. Si tu as des partitions avec tablatures ou accords, je
suis preneuse!!!

maud 13/06/2012 13:42


chuchoter en jouant bien sur...?

isa 14/06/2012 14:42



me voilà de retour parmi vous, une escapade à la capitale et la recherche de nos livres pour la rentrée.... Je suis heureuse de voir que ma question vous a bien inspirés et que vos
réponses sont aussi diverses que vous, ce qui montre bien que la réponse s'adapte à notre caractère. La chanson , les jeux de doigts et autre réponse gestuelle ont vos faveurs.
Je voudrais rappeler ou signaler que Françoise Dolto qui faisait ses cures d'enfants en présence de psy en formation demandait parfois à ses confrères de l'accompagner dans des chansons en
présence de l'enfant pour calmer ses angoisses. La chanson est donc effectivement un bon moyen d'apaiser. L'origine de l'agitation est parfois incompréhensible ( je crois aux phénomènes
atmosphériques: vent, orage), ce qui est certain c'est le besoin de décharger une tension, d'autre part, cette agitation est communicative, tellement communicative qu'elle va atteindre
l'enseignant. J'aime bien l'idée de les surprendre, j'y avais recours aussi assez souvent :" Oh oui j'en ai assez comme vous d'être dans cette classe , est-ce que vous êtes d'accord pour partir
en avion maintenant et tout de suite, venez on va au coin regroupement , on part, surtout n'oubliez pas votre valise, Killian, tu peux prendre la caisse de légo, il vaut mieux la prendre, on ne
sait jamais , s'il n'y a pas de jouet là où on va, mieux vaut prévoir, allez vite, on y va, montez dans l'avion, fermez votre ceinture, fermez votre bouche, oh lala ça y est on décolle , au
revoir l'école, on va revenir mais là on va prendre l'air ......." Et j'inventais au fur et à mesure ( succés garanti, bien entendu Killian était le petit le plus agité et il se retrouvait à
avoir la responsabilité de la caisse de légo ), puis on revenait à nos activités mais la parenthèse avait calmé tout le monde. Je dois vous faire un aveu, je sais que cela peut surprendre, mais
je n'ai jamais crié de toute ma carrière ( à part en récré pour appeler un enfant), je n'ai jamais crié car je ne sais pas le faire, je ne sais pas crier, et je n'ai pas le sentiment que cela
m'ait manqué et toutes les Atsem qui ont travaillé avec moi ne criaient pas non plus. Effectivement, les régles doivent être installées trés tôt, elles cadrent et donnent les limites, il faut
s'assurer que tous les élèves ont bien compris qu'elles s'adressent à eux en particulier, c'est pourquoi je propose la semaine sur le bruit dans les premières semaines. Je crois à l'exemplarité dans
l'éducation.



Emilie44 13/06/2012 13:33


J'utilise moi aussi quelques uns des trucs qui ont été déjà dits. Notamment le fait de se mettre à chanter, ça marche bien. Moi je commence à chanter une chanson
bien connue de la classe tout doucement, pour que les enfants qui discutent entre eux n'y fassent pas attention au début. Ceux qui écoutent se mettent à reprendre la chanson avec moi, en
chuchotant eux aussi. Très rapidement, tout le monde est pris dans la chanson, et on s'amuse à varier les façons de chanter (en chuchotant, puis en chantant de plus en plus fort, en imitant la
voix c'une sorcière, d'une souris, d'un gros ours...). On finit toujours par rechanter la chanson en chuchotant à la fin, et les dernières paroles se font juste en articulant sans bruit. C'est un
bon moyen de revenir au calme et d'avoir l'attention de tout le monde.

vihyko 13/06/2012 13:27


alors je plaide coupable, je RALE beaucoup..e n début d'année mes élèves sotn morts de peur et après ils sont habitués, lol !! je ne hurle jamais ( ou quand je sens que je vais le faire, j'ouvre
la porte de mon jardinet et je respire à plein poumons ), j'ai appris à protéger ma voix car je fais de la chorale et j'en ai besoin !!


ce qui marche tous les ans :


- la comptine que j'ai inventé "chut, la reine du silence" que je dis en baissant le ton jsuqu'à quasiment ne plus m'entendre


- les jeux de doigts dès qu'ils s'agitent, particulièrement souffler sur chaque doigts, appris en sophro supra efficace !


- taper sur le tableau , sur la porte, sur la table ( surtout en fin de période souvent ..)


- isoler le perturbateur sur une chaise


- dire le prénom de l'enfant qui éxagère avec ma douce voix chantée ( mais puissante) d'alto limite soprane, ça les surprend.


- le truc de la lumière, classique mais efficace


- je fais "maman quichon" : la statue avec son air fâchée ( en coin regroupement, ça marche du tonnerre ) en visant bien avec mes yeux celui qui dépasse les bornes.


en fonction des groupes d'enfants, je trouve qu'il y a des choses qui marchent une année et pas l'autre, surtout quand j'ai beaucoup de jeunes je joue plus avec les comptines mais quand j'ai des
plus grands, je pousse ma guelante ( j'avoue que j'en ai parfois besoin pour EXULTER... hihi... )

isa 14/06/2012 14:10



on veut la comptine Vihyko !!! et la maman quichon en photo !!!!!



maud 13/06/2012 13:15


mon problème c'est que j'ai la voix qui porte vraiment! ;) et que j'ai une capacité idéale pour ce métier : je n'entends pas le brouhaha. Par contre les éclats me
gênent et me font rapidement réagir.


pour la phrase mimée je trouve cela pas mal mais j'aimerai bien savoir comment on fait quand on est en atelier dirigé et que le bruit vient des coins jeux?


perso ma classe est en forme de L et du coup j'ai regroupé les coins jeux pour plus de facilité pour les ateliers. Le point faible c le regroupement des coins
jeux.


Ce qui m'ennuie c'est qu'ils sont trop nombreux en classe pas quils fassent tant de bruit que ça chacun. qaund on descend endessous de 25 la classe est silencieuse
meme avec les "turbulents".


Autre question : comment fait-on pour les faire chuchoter? non parce que je n'ai toujours pas réussi en 6 ans de PS.

vivi 13/06/2012 11:44


Sympa le truc de la marionnette! à essayer!

Christine F. 13/06/2012 11:28


 


Truc pour les maîtresses qui n'ont pas beaucoup de voix :


Comme je n'ai pas de sifflet, ni de voix qui porte, j'ai très vite développé d'autres stratégies pour arriver au calme tant au niveau des regroupements que des ateliers. Cela se travaille dès le
jour de la rentrée et, avec les Petits, il faut voir loin. Bien sûr en début d'année on entend presque les mouches voler mais très vite et progressivement, si on n'y prend pas garde, le volume
augmente et les mauvaises habitudes s'installent. Dur dur alors, même en haussant la voix, d'y remédier durablement.


Et donc, dès les premier jours, j'installe avec les enfants les règles de vie de la classe. Il y en a peu mais elles sont claires et j'entends à ce qu'elles soit respectées. L'une d'elle concerne
le bruit et est symbolisée par une image de ma mascotte, la  souris Nelly d'Ingrid Godon (revue DOPIDO) que j'ai aussi en marionnette à main dans la classe. Nous observons vite que Nelly a
de grandes oreilles et qu'elle n'aime pas le bruit. J'ai ainsi réalisé une grande image plastifiée (30 cm de haut) de Nelly qui fait "chut" avec son doigt.


Dès que le niveau sonore monte "un peu" (je n'attends pas la cacophonie générale) je ne dis absolument rien : je montre l'image de Nelly, quitte à passer dans les rang ou de
table en table et je cache Nelly dans sa boîte.


Je ne sais pas pourquoi (enfin si) mais cela marche parfaitement. Les enfants comprennent de suite la "gène" occasionnée et se calment. Je peux alors dire à Nelly de sortir de sa boîte.


La règle est tellement bien intégrée que les enfants eux-mêmes n'hésitent pas à venir prendre l'image (toujours disponible et bien en vue au tableau) pour la mettre sous le nez d'un camarade trop
bruyant. C'est dire s'ils prennent soin du confort de leur mascotte.


Une image d'enfant, ou d'une autre mascotte peut également parfaitement fonctionner, à condition de mettre les choses en place très tôt et surtout, surtout de bien se conformer à la règle car les
enfants s'engouffrent dans toutes les failles.

vivi 13/06/2012 11:16


 En général, on chuchote en classe le temps des ateliers.  C'est une habitude que les enfants ont pris; mais que je dois répéter souvent.


 J'accepte un peu de bruit dans les coins jeux, en EPS... (Il faut aussi des moments de décompression)mais pas pendant les rituels, la collation, l'histoire et les ateliers... ça fait
beaucoup de CHUT!


L'après midi, les moyens sont obligés de travailler dans le calme vu que la classe est attenante au dortoir. Ils ont appris à chuchoter... J'ai désigné un responsable du calme à chaque table...
mais vers 15h30, la récré étant à 16h00 (c'est long!) je les laisse allez aux coins jeux et s'agiter davantage.


On ne peut pas toujours avoir une classe calme. Mais si une maîtresse ne s'énerve pas (c'est pas toujours facile!), le niveau sonor reste constant. Je prends l'enfant qui dérape et je l'emmène
s'asseoir sur une chaise à part, sans crier. J'exclue "l'élément" perturbateur et je l'amène parfois chez une collègue compréhensive...


Il m'arrive aussi d'arrêter tout pour aller en EPS, quand les enfants sont trop énervés... surtout en fin d'après midi et même si on a déjà fait eps le matin.


Et quand ça dérape vraiment, j'ai un autre moyen très efficace de retour au calme: la guitare!  ça recentre tout le monde sur le même propos et on termine par une chanson calme. Mets
-toi à la guitare Maud!  (je plaisante bien sûr!) (mais je peux aider ceux qui veulent s'y mettre...
Il existe beaucoup de chansons qui tournent avec 3 accords seulement) ... à méditer...

Clanou 13/06/2012 10:07


Une autre technique est de repérer l'inverse : "ohhh regardez comme les enfants de cette table son calmes !! Ils arrivent à travailler sans crier , ils sont concentrés sur leur travail : bravo
!!! " et généralement les autres décident de faire pareil .

clanou 13/06/2012 10:03


Alors moi j'ai plusieurs solutions :


souvent je commence par repérer rapidement les plus bruyants et dire " ALORS ( bien lentement et distinctement comme si je réfléchissais ) RAYANE , INES  ( toujours dans le même ton).... je
crois qu'il y a un problème : vous parlez trop fort ... je vais devoir me fâcher et même vous punir si vous continuez ( ton grave ) ... vous nous empechez de travailler " et si récidive je lui
demande de quitter son activité et d'aller se calmer sur le banc 2 minutes.

Béatrice 13/06/2012 10:03


En regroupement j'utilise un conseil donné il y a plusieurs années par un prof de danse de l'IUFM qui avait pointé que l'on utilisait surtout des rituels auditifs
pour ramener le calme et qui nous avait suggéré de mettre en place un rituel gestuel : créer avec ou pour les enfants un enchaînement de gestes (sans bruitage) destiné à être repris en simultané
par le groupe. Les gestes doivent être lents et aisés à reproduire car doit être mémorisés par le groupe (on lève un bras, puis l'autre, les mains se joignent, redescendent au niveau de la
poitrine, etc....). Cette "phrase" gestuelle, ramène le calme instantanément.
J'ai pu vérifier ce que nous avait prédit ce professeur : à certains moments, lorsqu'un enfant trouve qu'il y a trop de bruit, il prend l'initiative de lancer la
phrase pour ramener le calme... et ça marche !
Voilà un bon moyen de ménager sa voix.

Mélanie 13/06/2012 09:57


Bonjour,


Tout comme cerise, j'ai les mêmes stratagèmes, j'éteins la lumière, je chante des petits comptines et pour les plus récalcitrants je pose ma main sur leur épaule et leur fais signe de se calmer
et de chanter, des petits jeux de doigts ou bruits d'animaux (à la fin souffler comme le vent, faire le poisson avant de leur parler en chuchotant). Le calme revenu je leur dit que ça fait du
bien d'avoir du calme et qu'on ne peut pas bien travailler dans le bruit car on ne peut pas écouter les autres et la maîtresse  et on ne peut pas apprendre plein de choses. J'avoue qu'au
début de l'année, je chante énormément quand je sens que la concentration n'est plus là, que ça commence à s'agiter(en grand groupe, en rangeant, pour se ranger ...). Et les enfants adorent
chanter ! 


Quand on est en ateliers, j'avoue que quand ça monte trop haut, je tape un grand coup sur la table ! :P ça surprend les enfants, du coup ils me regardent tous et je leur parle en chuchotant
que je n'entend plus les enfants avec qui je travaille et qu'on ne peut pas bien travailler dans le bruit car on ne peut pas se concentrer ! J'essaie à ce que l'atsem parle en chuchotant aussi !
Il faut que l'on soit cohérentes toutes les 2. J'essaie tout au long de l'année de leur apprendre le respect des autres classes aussi. Quand on va à la bibliothèque de l'école ou dans la salle de
jeux et qu'on doit se déplacer dans le couloir, on ne fait pas de bruit pour ne pas déranger les autres classes et on chuchote. Au début ils ont du mal mais ils le font assez vite, ce sont vite
des habitudes. Je pense qu'il faut oser "perdre" du temps au début pour leur montrer que c'est important d'être calme à certains moments et qu'on a la récré pour se défouler !

cerise 13/06/2012 09:35


bien vu Marité, j'adore ton ironie !! on ne va pas se laisser faire!!à la fin!!!


Moi : je prends mes affaires (style sac à main, cartable, blouson,) je leur dis "je m'en vais! vous faites trop de bruit !!! et je m'en vais !!!  je claque la porte de la classe  
         non mais dis donc !!!


(j'en ris car une collègue le faisait régulièrement, les pôvres ptits s'inquiétaient ...)


bon, plus concrètement: si c'est l'hiver lumière allumée ds la classe : j'éteins !!


ça les surprend et ils peuvent arrêter!!! à faire 2-3 fois ds l'année scolaire car après plus d'effet!!


 comptine pour le retour au calme : 


je peux dire : la fin de la comptine : "sans dire un mot"


Mais, je crois que le plus souvent c'est au coin regroupement (après la récréation) je chante et spontanément la plupart s'y met. Les plus turbulents,présence physique de la maîtresse : je
m'approche d'eux  et tt en chantant leur fait signe d'arrêter (chut...)


pendant les ateliers : je dis"quand on travaille, on chuchotte" et je chuchotte: tu parles comme ça pour ne pas déranger les copains ...


on m'a évoqué : un drapeau blanc que la maitresse pourrait brandir (signal visuel) CHUT mais je n'ai jamais expérimenté. 


Par contre,cette année , jai fais  moins de regroupement! ou très court !!! ils sont 30 et difficile à canaliser! ça me manque surtt pour les bilans des activités pour voir ce qui a été
réussi ou non! à faire en 1/2 groupe peut-être !


des jeux de mains : insolite pour eux : mimes (moulin, rytmer la pluie avec les doigts : pour les jours de pluie ! et ils ne st pas sortis dehors.)


en gl, je les surprends !! on me dit que je fais le clown ds la classe ou je théatralise !! je me fais plaisir car j'avoue que crier me fatique!! et me stresse!!! l'atsem aurait tendance à le
faire et beurk ...c'est agressif et crée une ambiance de classe "militaire" !!

isa 14/06/2012 14:03



donne nous ta comptine de retour au calme Cerise , merci.



Marité 13/06/2012 09:29


Oui, je le connais ce sketch !!!


Comment agression physique ? Qui c'est qu'a commencé hein ? Je suis en légitime défense...


Re-BISOUS... Je ne m'attarde pas, mercredi-soutien... ça ne rigole pas...

Marité 13/06/2012 09:10


Je prends mon sifflet à roulettes et je siffle ... Tous se bouchent les oreilles... Alors, on entend les mouches
voler !!!

isa 13/06/2012 09:23



agression physique , ça va chercher combien ?, est-ce que tu connais le sketch de
l'instituteur de Jean Dell ?



maud 13/06/2012 09:10


" Hé Ho moins de bruit (fort) s'il vous plait! " tout cela d'une voix bien puissante pour qu'ils m'entendent.


Et oui je ne fais pas partie de cette race d'instits qui ne hausse jamais la voix moi je monte très souvent dans les aigues voir les sur-aigue je fais partie de la
race des crieurs ! j'ai appris à poser ma voix pour ne pas me faire mal.


Je sais on me répondra que mon volume sonore entrainne la hausse du volume sonore de mes élèves mais je ne sais pas faire autrement, j'ai bien essayeé mais "chasse
le naturel, il revient au galop".

isa 13/06/2012 09:20



tu continues de me faire rire Maud, il faudrait que j'organise un stage " Maitrise de sa voix pour sujet résistant", je pense qu'on rigolerait bien !Comme je ne suis pas
la dernière à ne pas être sérieuse, ça risquerait de durer un moment.