question sur la manière de lire un album avec les petits par Julie B: la salle des maitres

Publié le par isa

salle des maitres

bonjour, 
Je débute en petite section, auparavant je travaillais avec le cycle 3. Je m'inspire largement du travail du blog avec beaucoup de satisfaction. Mais je me pose encore mille questions dont celle de la lecture d'album. Y a t il une méthode pour lire un album aux élèves ? Personnellement, je lis la page avant de montrer les illustrations, je me dis qu' ainsi ils peuvent̀ voir l' acte de lire. Merci de votre réponse.

 JULIE B

Publié dans la salle des maîtres

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Christine F. 18/03/2013 18:44


Oh oui tu as bien raison. J'en abuse également beaucoup. Parfois, le jeu, c'est d'écrire nous même le texte, avec leurs mots à eux. L'objectif : faire lire aux parents (ou à une autre classe),
ils peuvent alors se rendre compte de la permanence de l'écrit. Cela aussi est important. Quand quelque chose est écrit, quelque soit la personne qui lit, le texte est toujours le même.


J'aime vraiment bien leur proposer des albums sans texte, très courts bien sûr,  surtout en début d'année. Je leur demande alors de bien regarder les images et je ne dis rien, il y en a
toujours un qui fait remarquer "Pourquoi tu lis pas, maîtresse ?" Alors je leur demande "est ce que quelqu'un sait pourquoi je ne lis pas ?" on arrive à la conclusion que "je ne peux pas lire
parce qu'il n'y a rien d'écrit." Alors on peut raconter, deviner, inventer l'histoire, mais est-ce la même chose que lire ? Comment faire pour se rappeler demain ce qui vient d'être dit ? Il faut
écrire, écrire permet de se souvenir de l'histoire à la virgule prêt (bon je résume un peu vite mais c'est juste pour expliquer). Plus tard dans l'année, on peut même aller jusqu'à faire prendre
conscience qu'on écrit pas tout à fait comme on parle. Mais pour cela il faut l'avoir pratiqué plusieurs fois. Moi j'adore, ils aiment beaucoup et sont très fiers de raconter par coeur, oups
"lire" à la maison avec leurs parents leurs propres textes.


 

Christine F. 18/03/2013 12:38


Il existe aussi tous les albums où le texte lu n'apparait pas dans les illustrations : Les Oralbums de Philippe Boisseau avec un texte adapté à chaque niveau, imprimé au dos des pages et les
"albums Kamishibaï". On peut alors expliquer aux élèves que la maîtresse va lire l'histoire mais qu'il n'y a qu'elle qui voit le texte (on peut leur demander de trouver où il se cache).

isa 18/03/2013 16:56



plus tous les albums sans texte qui ouvre grand la porte de l'imaginaire et dont il ne faut pas se priver sous prétexte qu'il n'y a rien à lire ....



maud 17/03/2013 21:14


perso j'aime bien lire à l'envers (je lis par dessus le livre, ce sont les mots qui sont à l'envers pas l'histoire), ça les impressionne toujours (je leur dis que
c'est un truc de maîtresse) et du coup quand je me trompe et que je reprends le livre à l'endroit ça les fait rire. Ce que j'aime par dessus tout c'est quand ils sont assis ensuite à ma
place et qu'ils lisent à l'envers comme maitresse!!!


 


apres il y a des livres que je lis d'abord puis je montre les images, d'autres fois c'est l'inverse, parfois encore je lis plusieurs pages avant de montrer les
images.


 


Par contre je suis intraitable sur la tenue des enfants: bien assis sur les bancs, les mains sur les genoux (pas dans la bouche ni dans le nez) et la bouche fermée
(bon là ce n'est pas toujours facile) j'attends le silence avant de commencer et je théatralise au maximum, je change de voix, j'en rajoute, bref je fais vivre l'histoire.

julie 16/03/2013 15:12


merci pour toutes ces idées, ces pistes. Et je retiens un mot important: le plaisir! plaisir de lire, d'écouter, de participer...pour tous! Et c'est ce pour tous qui me posait difficulté par rapport à ma question.  

isa 16/03/2013 16:24



tu as à la fois des pistes pratiques et des pistes théoriques, tu vas te faire ton propre jugement et tu pourras tenter, changer et choisir en fonction de ce que tu observes. J'avais bien
compris que tu avais rencontré des difficultés avec certains de tes élèves, tu peux déjà te dire que tous les enfants aiment les livres,je peux le dire,  mes années de carrière en maternelle
où j'ai toujours travaillé autour du livre avec des élèves trés différents culturellement et socialement m'ont appris qu'ils ont tous une véritable attirance, je n'ai pas le souvenir d'un de mes
élèves hermétique au livre , c'est d'ailleurs ce qui m'a frappé. Evidemment, le travail, les propositions variées , riches , originales mais aussi traditionnelles, la manière de lire, les
conditions matérielles ,enfin tout ce qui a déjà été dit vont influencer et faire émerger cette attirance. Mon objectif était de les aider à entrer dans cet univers de la curiosité, de la
connaissance, de l'imaginaire, pour cela, ( c'est sur le blog mais j'en parle ici parce que tout le monde ne suit pas tout ce qui se fait ici), chaque période, dans ma classe, je leur soumettais
un petit bilan: choisir leurs 3 activités préférées dans lesquelles il y avait lire (voir ICI). Mon but était qu'à la dernière période, ils choisissent lire parmi leurs 3 choix. J'ai toujours eu de grandes satisfactions.



david 16/03/2013 14:11


Dans ce registre, je leur ai lu une fois la citation d'Epictète qui ouvre "Oh non George !" : "Penser est facile. Agir est difficile. Ce n'est pas par la satisfaction du désir que s'obtient la
liberté, mais par la destruction du désir. Nul homme n'est libre s'il ne sait se maîtriser." Ils me demandaient à chaque pourquoi je ne lisais pas ce qu'il y avait écrit sur cette page (comme
quoi sans faire comme les inspecteurs disent, mes élèves voient très bien si je lis ce qui est écrit ou pas !!!). Gros fou rire intérieur devant leurs mines ahuries de n'avoir absolument rien
compris !

isa 16/03/2013 14:24



J'adore !!!! Beau sujet de philo, tu aurais pu leur proposer un débat tout de même !


moi je l'ai souvent raconté, mais quand ils connaissaient bien un livre, il m'arrivait de le lire à toute vitesse, ils étaient hilares et à la fois surpris puisque le texte ne variait pas
, ils le retrouvaient mais autrement. J'ai toujours aimé les faire rire autour du livre parce que je pense que les bons moments s'inscrivent dans notre mémoire et que l'association livre -bonheur
doit être recherché. Regarde les livres que les enfants élisent livre de l'année, la plupart du temps ce sont des livres qui les ont fait rire.



david 16/03/2013 13:21


Il ne faut pas prendre pour argent comptant tout ce que nous disent les inspecteurs... Moi le coup de l'acte de lire blablabla on me l'a fait aussi, et ben je reste persuadé qu'on perd un bon
tiers des effectifs comme ça, et Isa a raison, ne pas perdre de vue non plus le PLAISIR tout simple de la lecture, sans y coller à toute force une foultitude d'objectifs pédagotralala... Et c'est
un ALBUM avec des IMAGES qu'on leur lit, pas un roman de Zola ! Faudrait ptet refaire du tri d'écrits avec les IEN des fois :-)

isa 16/03/2013 13:46



quoique un roman de Zola, pourquoi pas !!!! J'aime tellement l'absurde que je me vois bien prendre un roman et commencer à leur lire pour voir leur réaction, il faut parfois sortir des
sentiers battus et créer l'étonnement donc le questionnement.



Coda 16/03/2013 12:14





La rencontre de l’écrit, c’est une attitude « culturelle », donc, elle se construit, et ça prend du temps. Cela ne peut être que
PROGRESSIF. Vouloir que des enfants de PS se comportent d’emblée avec l’écrit comme des enfants de GS est une GROSSE-ILLUSION-PAS-PEDAGOGIQUE–ET–DANGEREUSE , à mon avis.


Pour certains enfants (une majorité ?), le livre n’existe qu’à l’école. De toutes façons, à l’école, c’est un objet de l’école, et on ne
l’aborde pas comme à la maison ! Le VRAI travail, en PS serait peut-être de construire un rapport au livre, à l’écrit, et de le construire collectivement en plus !


Pour moi, le plus important serait que TOUS les enfants se sentent concernés. Alors oui, l’installation matérielle est primordiale…


L’attitude de l’enseignant est modulable à souhait, et je me permets TOUT (enfin, dans les limites de l’éthique et de la morale je vous
rassure… !) pour éviter que certains enfants ne « laissent passer » ce « moment du livre » sans déranger, mais sans être concernés. Je dois aller toucher chaque enfant là
où il en est, pour lui offrir ce qu’il est capable de prendre… Je dois donc me positionner volontairement du côté des enfants en réception… Je dois rendre possible pour TOUS cette entrée dans la
culture écrite, la faciliter, l’accompagner…


Les travaux de Mireille BRIGAUDIOT décrivent et analysent les difficultés de la transmission orale d’un texte écrit, surtout pour les plus
jeunes. Elle joue dans « la cour des petits » ! Elle analyse les obstacles qui gênent les plus petits dans leur construction du sens et d’une « culture album ». Elle
explique comment une acculturation demande d’aménager beaucoup la situation au début… et le début c’est nous, en PS !


Ici, je veux remercier Isa pour le choix des albums proposés : parce qu’ils sont de qualité, porteurs, variés et riches. Je m’arrange
(quitte à payer de mes deniers) pour  que le corpus d’albums travaillé dans la classe reste disponible toute l’année, comme un patrimoine du groupe.
Il faut pouvoir y revenir, quand on veut, à tout moment de l’aventure culturelle de la classe. La compréhension s’affine aussi au cours du temps, par le croisement des références aussi…


Je ménage aussi des temps de rencontre avec le livre en petit comité (un ou 2 enfants et moi autour d’un album choisi par un enfant). Quand on
prend ce temps (pas facile) c’est un vrai bonheur à vivre ! C’est aussi un temps ou on apprend à comprendre parce qu’on se dit ce qu’on comprend…


Pour que « jamais un enfant n’accepte d’ENTENDRE un récit OFFERT auquel il ne COMPREND rien, et ne prenne l’HABITUDE de se retrouver dans
cette situation » (Mireille BRIGAUDIOT)

isa 16/03/2013 14:12



oui Coda, l'écoute active dépend de l'attitude de l'enseignant et il y a différentes formes de lectures, plus on varie, plus on crée les changements d'angle qui vont permettre aux élèves
de ne pas s'installer dans un rituel passif, oui  tu as raison, l'élève peut être sage et ne rien comprendre .Effectivement il faut pouvoir y revenir, voire anticiper avec un petit groupe
d'enfants repérés plus en difficulté de compréhension et leur raconter le livre en avant première de manière à ce qu'ils soient plus en écoute active en grand groupe. Il y a de nombreuses formes
, c'est ce que je dis à Julie, soyons inventifs et ne nous enfermons pas dans des formes qui se veulent trop scolaires.



isa57 16/03/2013 11:51


Bonjour Isa,


Par rapport à la lecture d'album, tout dépend de l'objectif que l'on s'est fixé. Si c'est la lecture plaisir ou cadeau, on peut associer les images au texte. Si c'est pour tavailler en langage,
cette année nous avons eu une conférence de Pierre Péroz sur ce sujet. Il a une approche très personnel et très différente de nos pratiques (du moins en ce qui me concerne, je ne pratiquais pas
du tout comme il le préconise). Son livre " Aprentissage du langage oral à l'école maternelle, pour une pédagogie de l'écoute" est très intéressant et très perturbant car il remet en cause nos
pratiques. Mais je le conseille. Si quelqu'un connait ou pratique, j'aimerai bien avoir son avis. Merci de nous offrir cet espace de partage.

isa 16/03/2013 12:06



peux-tu nous en dire plus ? oui bien-sûr l'objectif premier comme je le dis dans mon premier commentaire est l'apprivoisement-découverte, la conquête du livre pour qu'il devienne un outil
d'apprentissage ensuite.



Edith 16/03/2013 10:33


Je pense aussi que les auteurs-illustrateurs créent leur livre dans une intercation entre l'image et le texte.


J'ai eu la chance de rencontrer Mario Ramos qui nous avait fait prendre conscience de l'application qu'il mettait à dessiner et écrire. Combien
d'essais et de tentatives avant d'aboutir exactement à ce qu'il voulait montrer et dire! La connivence entre l'image et le texte, de même que la connivenc entre le jeune enfant non lecteur et
l'adulte qui lui lit l'hsitoire était mis en avant par Mario Ramos. Le plaisir que l'auteur a eu est transmis au lecteur qui transmet au jeune enfant...et Mario Ramos attendait de nous des
retours de nos lectures aux enfants de ses histoires. Il disait avoir besoin du retour de ceux qui "utilisaient" ses livres.


La prise d'indices visuels aide à la compréhension et ouvre à des questionnements de la part de chacun. La confrontation des points de vue de compréhension fait partie du plaisir de la lecture à
trnasmettre dans nos classes.


Lire pour leur plaisir avant tout avec nos élèves...puis décortiquer, apprendre, réfléchir sera une autre étape.

isa 16/03/2013 10:57



oui Edith, je suis tout à fait d'accord, l'album ce n'est pas que le texte, et les illustrations méritent autant de respect que l'écrit, elles ont d'ailleurs un pouvoir esthétique à
développer aussi pour l'imaginaire de nos petits élèves. Pour moi , les récits à lire sans images sont les contes, la force de l'écrit est suffisante pour captiver les enfants. Et puis, il y a
aussi des albums qui jouent sur la non redondance de l'illustration et du texte afin de donner aux enfants des prises d'indices différentes et qui croisées permettent une pleine compréhension. A
travers ces albums , l'élève apprend que l'image ne donne pas tout et qu'il faut écouter le texte pour atteindre l'histoire en totalité, cela veut aussi dire que l'un ne va pas sans
l'autre. 



Sonia 16/03/2013 09:31


Bonjour,


J'ai une classe de TPS PS en REP. Le moment où je lis l'album est très ritualisé:


- on se déplace, on va dans la salle de jeux où j'ai aménagé un coin où on lit l'album. Cet endroit ne sert qu'à ça. Les élèves savent donc que quand on va là, il va falloir rester assis et
écouter, on va leur lire une histoire


- les élèves s'installent, je sors l'album d'une vieille valise, je le pose sur la table bien à la vue de tous. Et de ma valise, je sors aussi des petites marionnettes en carton que j'ai
fabriquées, des photos des lieux ou des objets (exemple: si dans mon album il ya le terme "masure" je vais avoir le dessin d'une vieille maison).


- Je raconte l'histoire avec mes mots (exemple pour masure, je dis vieille maison et en même temps je montre le dessin préparé). je mets en scène les personnages (les
marionnettes). Avant j'ai bien pris soin de dire aux élèves que je vais leur raconter l'histoire qu'il y a dans ce livre. De temps en temps, je leur montre quelques illustrations


- Quand les élèves ont compris l'histoire, alors là je leur dis: "aujourd'hui je vais vous lire l'histoire, je ne vous montrerai pas les images vous pourrez les voir après et
regarder le livre après" Et je prends le livre et je lis en suivant avec mon doigt, je ne change alors aucun mot.


- à la fin de chaque séance, on range le livre et les accessoires dans la valise en faisant bien attention qu'aucun personnage ne s'échappe. Et l'histoire reste dans notre tête.


- toutes les marionnettes sont dans la classe et parfois on joue avec. On essaie de dire ce que ferait tel personnage s'il rencontrait tel autre. C'est très surprenant et enrichissant.


A bientôt


sonia

isa 16/03/2013 09:57



en fait , tu fais le film avant le livre.



christine D 16/03/2013 07:42


chez nous aussi quand l'inspectrice est venu nous faire "sa petite visite", elle a insisté sur le fait que l'on devait lire l'histoire aux enfants et  montrer les images après: ils doivent
nous voir lire .

isa 16/03/2013 09:30



Moi je ne suis pas d'accord avec cette manière de faire dés l'entrée à l'école avec des petits, il faut déjà installer les élèves dans une position d'observateurs, leur donner le plaisir
et nous savons bien que le plaisir passe par l'image, c'est frustrant de n'avoir que les mots d'abord, d'autant plus que parfois ce langage n'est pas compréhensible pour certains à qui ils
manquent trop de vocabulaire, avec les images ils prennent les indices qui vont les aider à décoder le texte. Pour moi, la lecture de l'album doit correspondre à une progression,


d 'ailleurs quand on lit des livres aux bébés, c'est l'objet livre qui est en avant. Cette manière scolaire de lire des livres qui est conseillée par les inspecteurs ne prend pas en
compte le plaisir qui est d'abord et avant tout à atteindre, ensuite les élèves seront capables de participer à toutes les  façons de lire, une fois que le livre est synonyme de plaisir.
Personnellement, mon expérience me permet de dire que tous les enfants sont attirés par les livres et lorsqu'on ne parvient pas à l'attention et à la concentration de ses élèves c'est qu'il faut
revoir sa manière de faire. Je suppose que Julie m'a écrit parce qu'elle avait un souci de ce côté là, et c'est pourquoi je lui réponds: plaisir, plaisir, plaisir, oui nous sommes à l'école mais
rien ne peut fonctionner si les élèves n'adhèrent pas. Et je maintiens que l'acte de lire peut être ailleurs, notamment je l'ai beaucoup fait avec mes séances de langage autour du cahier de
liaison.Comme David, je suivais les mots avec mon doigt et les élèves avaient pris l'habitude de faire de même pour lire les comptines, les chansons, l'interaction oral-écrit c'est aussi quand on
décide de prendre des notes en collectif et qu'on écrit tout en lisant , puis qu'on relit ce qu'on a écrit le lendemain, il faut le faire souvent, c'est important.






cerise 15/03/2013 21:50


je fais comme Christine, petit rituel pour commencer la lecture " Cric Crac mon histoire est dans ma poche, cric crac mon histoire est enfin là " et tous les enfants sont disponibles pour
écouter... 


pour la lecture de l'album, je faisais comme je le sentais, mais l'inspecteur m'a conforté en précisant quil faudrait dire aux enfants " je vais LIRE l'histoire, je vous montrerai les images plus
tard...!!!"   j'essaye mais je suis quelquefois mal à l'aise car spontanément les élèves me réclament les illustrations !!! il faut verbaliser QUE tu es en train de lire !!!  pour que
les enfants percoivent la persistance de l'écrit ....


bref, lis et continue de lire !!!! les enfants adorent ... 

isa 16/03/2013 09:35



bien entendu qu'ils réclament les images et c'est parasitant dans ta lecture, du coup, l'attention n'est pas au maximum. Cette manière de lire ne peut s'installer que lorsque les élèves
ont des habitudes et du plaisir anticipatoire, dans ce cas, ils sont capables d'attendre. On peut imaginer commencer avec un livre qu'ils connaissent bien et qu'ils aiment pour apprendre à
attendre. Mais je trouve que cela fait trop d'attente en début d'année.



Emilie44 15/03/2013 21:47


Bon, ben complètement d'accord avec tous les autres commentaires! Moi aussi je suis très attentive à l'emplacement des élèves sur les bancs au moment de la
lecture.

david 15/03/2013 19:19


Je suis d'accord avec les commentaires précédents : mieux vaut montrer les images en même temps qu'on lit pour être sûr d'avoir le plus d'attention possible... Je suis du doigt le texte en même
temps que je lis quand ils connaissent bien le texte et les images, et qu'avoir ma main devant les illustrations est moins gênant. L'autre truc, avec des histoires un peu plus compliquées, c'est
de leur en donner le résumé avant en dévoilant même la fin, pour qu'ils puissent comprendre un maximum la sructure de l'histoire et savoir où ça les emmène.


En tout cas, on a d'autres moments en classe que celui-là pour leur montrer l'acte de lire à mon avis, si tu y tiens vraiment.

Christine F. 15/03/2013 18:42


Tout à fait d'accord avec les deux commentaires précédents.


Je souhaitais juste apporter quelques précisions sur "la mise en bouche". Lire un album n'est pas un moment anodin, il requiert une attention particulière et soutenue de tout le groupe et ce
n'est pas toujours facile surtout lorsque l'on débute.


Il faut s'assurer que tous soient en situation d'être bien attentifs.


Cela passe bien évidemment pas la manière dont ils sont assis et disposés autour de l'enseignant.


L'idéal serait d'avoir tous les élèves assis dans un angle de 45° de 10h à 14h si on considère qu'on est le point au centre de l'horloge. Cela évite de tourner le dos du livre à ceux de gauche ou
ceux de droite selon que l'on montre les images à ceux de droite puis ceux de gauche car pendant ce temps la moitié de la classe peut se dissiper.


Par exemple : j'utilise un truc tout simple à mettre en place si tu as une disposition en U de trois bancs : sur les deux bancs de droite et de gauche, j'ai collé des autocollants (découpés avec
une grosse perforatrice dans du velleda coloré) que j'ai collé aux endroits où je ne souhaitais pas que les enfants s'assoient  ou quand je leur lis une histoire (ou lorsque je veux qu'il
regarde tous au tableau car il faut toujours penser que les enfants assis sur les côtés sont souvent dans les angles morts par rapport à ce qui se passe à l'endroit où se situe l'enseignant d'où
leur attention souvent toute relative). Ainsi lorsque j'annonce que je vais leur raconter une histoire, ils savent, très vite tous seuls, qu'il ne faut pas s' assoir sur les autocollants car ils
ne verraient pas bien les images du livre et j'ai tout mon petit monde bien en face de moi au bout des deux bancs latéraux, sur le banc en face et un groupe assis au milieu sur le tapis.


Ensuite , "exiger" que les élèves soient assis correctement, ni couché, ni de travers, ni avachis ou encore à genoux sur les banc, etc.


Enfin il peut être intéressant de mettre en place un petit rituel qui prépare et recentre l'attention.


Voici par exemple ce que je leur dis avant chaque lecture : "on se frotte les oreilles pour bien les préparer puis on les ouvrent toutes grandes pour bien écouter l'histoire que je vais vous
lire"


"on frotte ses yeux doucement puis on les ouvrent bien grands pour bien regarder le livre et seulement le livre"


"on attrape la clé et clic clac on ferme sa bouche puis on range la clé dans sa poche : et hop, on ne peut plus parler" (bien sûr en joignant le geste à la parole).


et là enfin la lecture commence....

lxn 15/03/2013 14:33


bonjour, moi je montre les images en même tmps que la lecture. Je suis en REP dc pour certains certains enfants la comprénsion passe avant tout par le visuel sinon, ils décrochent vite. Qd
l'histoire est bien comprise, je fais comme toi . Je pense qu'il faut faire comme on le sent, d'après son ressenti et sa classe.

isa 15/03/2013 15:20



pour ma part, j'avais déjà répondu à Julie ainsi, ça rejoint ce que tu dis Lxn:


 


En Petite section, le travail autour du livre est d’abord accés sur la découverte et le goût des livres, c’est souvent un objet inconnu pour beaucoup et ils ne sont pas forcément attirés par
celui-ci d’emblée. L’enseignant va donc devoir leur ouvrir ce nouveau champ. Pour cela, il devra utiliser le livre de la meilleure des manières afin de provoquer l’engouement et le plaisir.


C’est pourquoi il est indispensable de théatraliser sa lecture, c’est le premier conseil. Une lecture vivante est un facteur d’accroche et de compréhension.


Les élèves de PS sont un public volatile et tout ce qui va couper leur attention peut nuire à la lecture, c’est pourquoi les premiers temps, je ne suis pas favorable à une lecture qui passe de
l’auditif au visuel, c’est compliqué pour eux. Ils ont besoin de visuel permanent pour s’accrocher au livre, ensuite après plusieurs lectures, ils finissent par comprendre que l’histoire est
permanente. Progressivement dans l’année, des livres sans texte vont apparaitre et l’enseignant leur dira : «  il n’y a rien d’écrit, je ne peux pas lire , il faut
raconter », ils distingueront alors lecture et récit, puis ta manière de faire aura sa place dés lors qu’ils auront acquis le plaisir d’écouter et ensuite, ils devront étre capable d’écouter
toute une histoire ( je le faisais avec des contes ) sans images. Enfin, l’acte de lire fonctionne surtout pour moi quand l’enfant fait une dictée à l’adulte et que celui-ci relit à l’enfant ce
qu’il a dit, alors il voit vraiment ce moment comme l’interaction oral-écrit. Voici ma manière d’agir, il y a bien sûr d’autres points de vue.