question sur le passage anticipé par Karine: la salle des maîtres

Publié le par isa

salle des maitres

Cela fait plusieurs années que je lis les articles de ce blog et que je m'en inspire pour mon travail en classe. J'ai commencé la Petite Section il y a 8 ans (après plusieurs années en cycle 2) avec beaucoup d'appréhension mais grâce à ce blog, j'ai appris à aimer ce niveau. Je n'ai jamais osé poster de message jusque là mais aujourd'hui, j'ai besoin d'avis extérieurs sur une question qui revient de plus en plus souvent ces dernières années. J'ai une classe de TPS/PS, avec seulement 3 TPS. Les parents d'une TPS souhaitent la faire passer en MS à la rentrée prochaine, sous le prétexte qu'elle est née en début d'année. Au moment de l'inscription, la directrice leur avait bien précisé que leur fille suivrait 2 années en TPS/PS. J'ai réitéré l'information lors de la réunion de rentrée, car j'avais déjà eu des demandes de parents l'an passé. Leur fille est certes très dégourdie, parle plutôt bien, mais je ne la trouve pas très mature pour passer u ne classe. Je précise qu'en classe, je différencie le travail que je fais avec les TPS et les PS. Je n'ai pas le sentiment qu'elle s'ennuie en classe. J'ai expliqué aux parents que si c'était leur souhait, il faudrait avoir l'avis de la psychologue scolaire et ensuite, de l'inspecteur. Ils ont répondu qu'ils feraient tout ce qu'il faudrait pour obtenir une réponse positive à leur demande.
La question que je me pose, c'est quel est l'intérêt de l'enfant dans tout ça ? A quoi ça va lui servir de passer en MS ?
Elle va "gagner" une année, et alors ?
Si vous avez des réponses à me donner, des arguments pour les parents (pour ou contre), je suis preneuse.
Merci de m'avoir lue et merci Isa pour ce blog formidable.

 

KARINE


Publié dans la salle des maîtres

Commenter cet article

mAriOn 19/01/2016 17:50

Bonjour à tous,
Je voudrais contribuer à vos échanges, même si ils datent de plusieurs années, car je me retrouve en temps que parent confronté à cette question.
Pour autant je ne me retrouve absolument pas dans les descriptifs que vous faites de ces parents la.
De mon côté, mon fils est en TPS depuis septembre. Il y va tous les matins. Nous ne l'avons pas inscrit en TPS dans l'espoir de lui faire gagner un an d'avance, mais parce qu'il bassinait tous les jours son Ass Mat pour aller au regroupement d'Ass Mat dans la garderie de l'école 2 fois par semaine. On aurait toutefois préféré le faire rentrer en TPS en janvier seulement mais l'école ne le permettait pas. On savait qu'il ne tiendrait pas un an complet de plus chez son Ass Mat. Voila pour ce qui est de ce premier choix.
Ensuite depuis qu'il est tout petit, le corps médical nous dit toujours qu'il est très en avance, blabla. De mon côté j'ai toujours fais l'autruche, car ce n'est pas dans ma mentalité de surestimer ma famille. Depuis qu'il est scolarisé, la différence avec les autres enfants se fait beaucoup plus sentir (j'ai d'autres référentiels). La maitresse m'a dit une fois que mon fils la sidérait (par ses apprentissages), mais nous ne sommes pas plus rentré que ça dans les détails, ça s'est passé sur le temps d'accueil. Je tiens également à préciser que nous ne stimulons pas notre enfant à outrance pour qu'il ait des connaissances (franchement on s'en fiche). On répond juste à ses demandes, et encore pas toujours.
La maitresse m'a dit une fois, lorsqu'il me questionnait sur les minuscules, ce à quoi je lui ai répondu qu'il était encore petit pour les minuscules, qu'effectivement il était encore petit. (Moins de 2 ans et 1/2). Je n'ai donc jamais évoqué le sujet avec lui. Puis j'ai appris un jour, le jour ou la maitresse m'a dit qu'il la sidérait, justement, qu'il connaissait les minuscules (il les a appris seul, en classe, sur un tableau indiquant les majuscules et les minuscules).
Maintenant il me sollicite pour l'écriture. La maitresse lors de la réunion d'entrée nous avait à tous stipulé qu'il ne fallait surtout pas apprendre à écrire à un enfant en dehors de la classe, car il y avait tout un processus avant pour que l'enfant ait les bons réflexes. J'ai toujours respecté les consignes, et ne répond encore pas à ses attentes. Pour autant je pense qu’il va apprendre seul, à l’insu de ses parents et de sa maitresse, et le risque qu’il apprenne mal est bien plus élevé je suppose, que si je lui explique comment faire, bien évidemment lorsqu’il m’y invite, et non pas de ma propre initiative.
J’ai donc demandé à la maitresse si on pouvait discuter 5 minutes (pour cette question d’écriture). Elle sera disponible en fin de semaine.

D’autre part, on m’a invité à me rapprocher d’une association d’enfant à haut potentiel, ce que j’ai fini par faire, plutôt à reculons. Je voulais savoir les avantages et les inconvénients d’un test psychométrique si jeune. De mon côté quitte a y être confronté, j’aimerais autant avancer sereinement plutôt que sur des œufs, et donc qu’il passe ses tests. Mais du côté de l’association on m’a plutôt conseillé d’attendre ses 6 ans, pour des raisons économiques (puisqu’il est nécessaire de faire passer un wisc vis-à-vis de l’éducation nationale, si saut de classe il y a), sauf si le corps enseignant de maternel était très réfractaire au sujet.

Du coup je me retrouve très embêté car je ne vois pas comment aborder ça avec le-dit corps enseignant, justement, je ne souhaite pas qu’on me prenne pour une personne qui ne voit que la compétition, ce qui n’est absolument pas le cas. Mais il est normal je suppose que je me pose la question d’un sauf de classe (ou autres aménagements), quand à deux ans et 8 mois mon fils sait compter jusqu'à 69 (et qu’il connaît bon nombre de nombre jusqu'à 99), qui a déjà fait des additions simples, mais pure et dure, sans compter des carottes et des patates, juste des nombres, et de tête à 2 ans 1/2. Il sait lire depuis ses 2 ans et 5 ou 6 mois tous les prénoms des enfants de sa classe, même justement ceux des GS qui sont écris en minuscule, alors qu’il y a encore énormément de PS qui peinent à retrouver leur prénom parmi ceux de leur groupe de 4 à 5 enfants, et que mon fils s’en donne a cœur joie de leur donner leur étiquette. En 3 min il boucle des nouveaux puzzles de 25 pièces, etc, etc.

Je pense me rapprocher d’un psychologue spécialisé en haut potentiel, pour voir avec lui ce qu’il en pense et ce qu’il est préférable pour mon fils vis-à-vis de sa scolarité, en prenant tous les facteurs, puisqu’un enfant HP n’est pas en avance dans sa gestion des émotions par exemple, mais plutôt en retard par rapport à sa tranche d’âge. Et de ce que j’ai pu lire partout les psychologues scolaires ne sont aucunement formés aux haut potentiels, alors c’est quelque part un peu aberrent de devoir s’y référer lorsqu’il est question de saut de classe.

Donnez moi vos avis, ils sont tous bon a prendre.

isa 19/01/2016 22:57

Je te conseille de t'informer sur la pédagogie Montessori à propos de l'approche de l'écriture à partir des lettres rugueuses, l'enfant apprend d'abord à toucher les lettres, à suivre leur tracé, à s'en imprégner, si cet enfant à le désir d'écrire, il apprendra très rapidement en ayant acquis cet apprentissage tactile. M.Montessori avait bricolé ces lettres avec du papier émeri, les lettres sont en cursive. Je ne pense pas qu'en procédant ainsi, tu mettes en péril son apprentissage futur. L'apprentissage de l'écriture ne débute en petite section qu'à la dernière période et encore qu'avec ceux qui le désirent. Concernant les préjugés, chacun essaie d'être la personne la meilleure qui soit, mais c'est vrai que l'objectivité est une qualité difficile à tenir. Ici on essaie du mieux qu'on peut tout en sachant que la liberté de parole doit être favorisée. C'est alors un équilibre compliqué parfois.

mAriOn 19/01/2016 22:20

J'ai plusieurs interrogations.
La première est de discuter avec la maitresse sur comment concilier sa vision de l'apprentissage de l'écriture, avec les besoins de mon fils vis à vis de cet apprentissage. Souhaite-elle me donner des tuyaux pour que je puisse répondre a ses demandes, souhaite-elle mettre en place sa pédagogie rapidement pour mon fils (si elle en a la possibilité)? Autre?
C'est pour ces interrogations que je lui ai demandé de lui parler 5 min après la classe.
Après dois-je lui parler de cette éventuelle précocité? Si j'écoute l'association des parents d'enfant HP, je dois en parler mais ne pas faire de tests tout de suite, et ça ne me convient pas, car je n'aurais pas de problème à en parler avec des "preuves" si je puis dire, par rapport à des spéculations, qui vont quand même plus loin que de simples spéculations, puisque bon nombre de personne autour de moi (professionnels de santé ou pas) me parlent de ça.
Je ne sais pas non plus si il a besoin d'une adaptation, dès à présent, ou si il en aura besoin d'une plus tard.
Je ne veux pas d'un enfant avec tant ou tant de QI (pour la simple raison qu'on en fait ce qu'on veut, et que ça ne fait pas de nous un génie), je souhaite juste que mon enfant soit épanoui que ce soit intellectuellement et émotionnellement.
Je suis pour la confiance réciproque, mais quand on voit toutes les réponses du précédent billet, les préjugés des enseignants vont quand même bon train, et je n'aime justement pas les préjugés...

isa 19/01/2016 19:45

Bonsoir Marion, merci de ton intérêt pour le blog et merci pour tous ces détails qui exposent bien ta situation. Ce que je comprends, c'est ton interrogation sur la manière d'aborder les enseignants afin d'être entendue sur l'avenir scolaire de ton petit garçon. Est-ce bien ta question ? Tu crains d'être considérée comme une mère qui pousse son fils, mais en quoi cela est-il gênant ? Si tu considères que ton enfant a besoin d'être reconnu dans sa précocité et qu'il nécessite une adaptation scolaire, en quoi y-a-t-il un problème de l'évoquer auprès des personnes à qui tu l'as confié ? Ce que les personnes pourront penser de ta demande n'a pas à empêcher celle-ci. La confiance réciproque et la considération passe par un dialogue sans préjugés que ce soit de la part des enseignants mais aussi de la part des parents.

Laetitia 25/03/2013 20:52


Il me semble que dans mon cas, en tant qu'enseignante, je me bats chaque jour pour que chaque enfant en difficulté, enfant moyen ou enfant précoce, chacun trouve sa place et de l'intérêt à ce que
l'on fait en classe. D'où mon intérêt grandissant pour ton blog, avec son lot d'expérimentations autour des arts, des ateliers autonomes, des lectures variées, des marionnettes.... essayer chaque
jour de réinventer sa classe pour que chaque enfant trouve son bonheur... Et je souhaiterais un jour faire de la formation pour donner envie à d'autres collègues de faire pareil, de ne pas se
contenter de "faire la classe" et de ne pas laisser le désintérêt grandir.


Note aussi que pour mon petit loulou, je suis tout à fait d'accord sur le fait de ne pas lui faire sauter de classe parce qu'il lit. Mais peut être pourrait-on essayer de développer chez lui
d'autres sensibilités, d'autres intérêts afin qu'il y ait une émulation (comme tu dis)


Questions: A quoi sert l'Ecole alors si je fais le boulot à sa place ( émulations culturelles, sportives, artistiques)? Et pour tous les parents qui n'en ont pas les moyens (aux
sens propres et figurés!!!) n'est-ce pas à l'Ecole de prendre le relai?

isa 25/03/2013 22:04



Je comprends bien ce que tu veux dire Laetitia, et j'entends bien ton désappointement parce que cette maitresse n'a pas mis tout en oeuvre pour tenir compte des capacités de ton enfant et
adapter son enseignement. Mais ce problème là est le problème de tout enseignant quelque soit les élèves qu'il a en face de lui, il n'est pas juste que des élèves soient atteints de désintérêt
pour ce qui leur est proposé ( je ne veux pas dire que l'enthousiasme est obligatoire) car  la curiosité, l'envie d'apprendre, l'attrait pour l'autre, le plaisir d'imaginer, d'inventer est
universel ( sauf cas spécifiques) et que le travail d'enseignant est de chercher à les faire émerger. Alors, en tant que parent-enseignant, on peut mieux observer et parfois exiger que cela soit
fait avec nos enfants vifs , c'est ton attente. Mais je répète ce que je te disais, certains élèves vivent le désintérêt à longueur d'année, et pour ceux là, personne ne vient dire "Mon enfant
s'ennuie". Finalement, l'ennui ne serait entendable que pour sauter une classe. Ce que je veux dire par là, c'est que l'enseignant a la responsabilité de mener tous ses élèves vers le goût
d'apprendre qu'ils en aient soif ou qu'ils en aient peur. C'est une sacrée responsabilité mais qui a dit qu'enseigner était l'un des métiers les plus difficiles qui soit ?


C'est pourquoi tout au long de la scolarité de ton petit garçon ,tu auras par moments des grandes satisfactions et aussi des désillusions parce que tel ou tel enseignant n'aura pas autant
la passion que les autres, ce qui compte c'est que ton enfant ait la capacité à s'adapter à toutes ces personnes différentes, c'est aussi un apprentissage de la vie. Tu l'aideras parce que tu es
enseignante et que tu connais les codes, mais mon conseil est de le laisser aussi se construire ses propres ressources, sa propre autonomie. Si tu lui fais confiance alors il pourra affronter
toutes les situations parce qu'il saura qu'il a ses parents derrière lui qui croient en lui.



Laetitia 25/03/2013 17:00


Bonjour Isa!!! Le sujet me parle d'autant plus que je l'ai vécu aussi bien en tant que parent qu'enseignant.Je trouve qu'aujourd'hui, il est de plus en plus difficile de convaincre un parent
que son enfant doit prendre le temps de vivre ses expériences plutôt que de "sauter des classes".


Je me suis retrouvée 2 fois dans cette situation où les parents voulaient faire raccourcir le cycle 1 à leur enfant et dans les 2 cas, il s'agissait de parents INSTITS de surcroît!!!! Et il
est très difficile de faire comprendre même à nos collègues que non, les apprentissages scolaires ne se limitent pas à lire, écrire, compter jusqu'à 100... Que la maturité, l'envie d'apprendre,
la prise d'initiative, la capacité à se débrouiller dans des situations diverses, l'autonomie dans les apprentissages, l'attitude d'élève et de camarade de classe sont tout aussi importants voire
plus que d'être un CHIEN SAVANT... Il faut donc discuter, et poser toutes ces questions aux parents eux-même: "quel intérêt pour votre enfant? que va lui apporter ce passage anticipé?" Il est
aussi intéressant de faire intervenir le psy scolaire en observation dans la classe, pour ne pas donner l'illusion aux parents que cette décision est arbitraire et que nous enseignants prenons
bien en compte leur demande et cherchons des solutions à leurs inquiétudes.


 De l'autre côté du miroir, en tant que parent, je vis cette situation car mon petit actuellement en MS est déjà lecteur. Il ne porte que très peu d'intérêt à ce qui se passe dans la
classe (dixit la maîtresse!!!) et est souvent ailleurs, peu concentré, très passif. C'est très dur car j'ai la sensation qu'il n'est pas NOURRI intellectuellement et culturellement. Je remplis
donc cette mission mais je vois bien que l'école n'est pas le lieu où il s'épanouit (son attitude est tout autre en éveil musical ou au judo!!!!) C'est très dur pour une instit de faire son deuil
et de dire que son fils n'aime pas beaucoup l'école: la faute à qui? Je peux comprendre l'angoisse de certains parents qui veulent le mieux pour leurs enfants. Il faut les rassurer et leur
rappeler que notre intérêt est bien celui de faire au mieux pour leur enfant.

isa 25/03/2013 17:25



oui je sais bien qu'on juge assez vite avec nos représentations d'adultes si l'enfant semble en désintérêt et malheureusement cette question inquiéte les parents quand les enfants sont
performants mais jamais quand l'enfant est dans la moyenne, et pourtant le désintérêt est parfois aussi bien présent et que dit-on alors ? Pourquoi un enfant brillant ne devrait -il pas vivre ce
que certains vivent à longueur de scolarité ? Tu comprends bien Laetitia que mon voeu serait que chacun puisse être pris avec ce qu'il a, ce qu'il est , qu'il puisse avancer comme il en a la
capacité, qu'il puisse provoquer une émulation pour les autres ( on oublie aussi combien entre eux les élèves peuvent se stimuler) et qu'il soit en accord avec son âge. C'est le rôle des adultes
de favoriser ces conditions optimales, l'enfant n'est responsable de rien. Pourquoi devrait-il perdre ses copains sous prétexte qu'il sait lire et pas eux ? Pourquoi les adultes ne savent pas
faire et se contentent de constater que le désintérêt est là alors que le potentiel est supérieur, cela me semble une vraie incohérence ! 



Valérie 93 24/03/2013 18:13


Merci Isa pour tes réponses...

isa 24/03/2013 18:30



elles sont ma vision des choses , comme d'habitude, je suis prête à discuter sur des arguments contradictoires.



Karine 24/03/2013 17:20


Oui, c' est exactement la question que je me pose et que je voudrais poser à ces parents. Je ne suis pas sûre qu' ils se la posent. Pour moi, ils ne voient que le côté performance. Mon enfant est
doué,  il a sauté une classe... je ne me suis JAMAIS considérée comme plus douée que les autres parce que j' avais un an d' avance (presque 2 avec certains de mes camarades puisque je suis
née en octobre). Ma scolarité primaire s' est très bien passée (petite école,  triple niveau), mais le passage au collège a été difficile du fait de ma taille (plus petite que tout le
monde), et aussi je pense mon manque de maturité ! Je me suis sentie bien dans mes baskets à l'IUFM, quand la difference d' âge ne se ressentait plus (au lycée et  à la fac, j' avais jusqu'à
4 ans d' écart avec certains et certaines remarques n' étaient pas toujours agréables à entendre).


 

isa 24/03/2013 18:29



J'apprécie ton honnêteté Karine, moi aussi ma dernière était dans une petite école en triple niveau, c'est parfois systématique dans ces écoles dés lors qu'un élève sait lire avant l'âge
et les parents ne voient pas tous les autres enjeux, on leur fait cette proposition et ils l'acceptent, il faut être dans le métier pour faire un choix tel que le mien et avoir une autre vision
qui n'est pas beaucoup partagée puisque les instits font la proposition de passage anticipé.



Karine 24/03/2013 15:34


Cet échange est vraiment très intéressant et me rassure sur ce que je pensais. Je vais avoir des arguments à fournir aux parents de ma petite élève.


Sur la question du passage anticipé TPS/MS, comme Joelle, je me pose la question si c' est possible ou pas. Mon inspectrice doit passer dans l' école cette semaine, j' essayerai de lui poser la
question.


Le plus drôle dans tout ça, c' est que moi aussi j' ai "sauté" une classe. Et qu' est-ce que ça m' a apporté? rien ! J' ai été une bonne élève tout au long de ma scolarité, mais au final, je fais
ce que j' ai toujours voulu faire, instit ! Et sans cette année d' avance, je crois que ça n' aurait rien changé...

isa 24/03/2013 16:51



je parle bien entendu des demandes concernant des élèves intellectuellement dans la norme, pour les précoces qui représentent 2 % de la population, il est important de les détecter et de
les prendre en charge, ce sont des personnes hypersensibles.


Tu as bien compris en me lisant Karine de quel côté je me situais face à ce type de demande, contrairement à toi qui as sauté une classe , moi j'ai vécu l'inverse, on m'a proposé pour mes
deux dernières filles ( pas du même âge) qu'elles sautent la GS, avec mon mari, nous avons refusé, nous avions envie qu'elles prennent leur temps et qu'elles soient épanouies, qu'elles ne
cherchent pas à être à la hauteur de l'attente des adultes, qu'elles n'aient pas ce poids de ne pas décevoir, qu'elles soient à l'aise dans leur scolarité et qu'elles profitent des copines et
copains de leur âge, qu'elles ne sentent pas en décalage et surtout surtout qu'elles aiment apprendre. Actuellement ma dernière fait ses études à l'étranger , elle fréquente des étudiants de tous
pays et il se trouve qu'elle est la plus jeune de sa classe alors qu'elle n'a pas d'année d'avance, ses copains lui disent :"Mais pourquoi tu es si jeune ?" La plupart ( surtout ceux des pays
scandinaves) dit : " Chez nous on prend son temps, on va vadrouiller puis on revient faire ses études". Dans la vie, il y a les études mais il y a aussi toutes autres choses qui vont autant voire
parfois plus compter que les connaissances accumulées, cela veut dire qu'il faut dés le plus jeune âge donner à son enfant la confiance en lui et le temps pour la construire. La question est donc
:" Quel est l'intérêt principal de votre enfant à sauter une classe pour sa vie future ?"



Valérie 93 24/03/2013 14:19


( je recommence car j'arrivais plus à enlever le caractère gras)


Donc oui cette mère a sans doute des attentes et de l'ambition pour sa fille ( unique) ce qui est bien sûr normal pur une mère mais pas de calquer la scolarité de sa fille sur la sienne!!


D'autre part elle a entendu dire ( radio trottoir ;) que dans une classe de l'école double niveau MS/GS un élève de MS bénéficiait du travail de GS alors que sa fille dans ma classe,  non!
Mais après en avoir discuté avec l'instit de PS de l'an passé cette mère avait déjà abordé la question du passage en PS et ellle avait remarqué que cette petite fille n'avait pas le niveau
d'excellence de l'autre élève ( qui est en double niveau pour lui faciliter le passage en GS d'ailleurs en vue de passer au CP).


Ce que je n'ai pas apprécié c'est qu'elle a sollicité 3 fois la directrice sans m'en parlé pour lui dire ce qu'elle avait appris et donc il faudrait faire un RV avec elle...et moi je passe
énormément de temps pour 2 élèves dans ma classe et mettre en place un dispositif d'aide avec le CMP...


J'ai aussi appris que mon autre élève arrivé en janvier avec de gros pbs de comportement ( aggressif)   n'était plus sourd!!! La mère m'a menti ouvertement ( + de 2h d'entretien en période
3!!) et là j'apprends qu'elle a dit a la directrice qu'il n'avait jamais été sourd!!!!!!! juste un retard de langage!!!!!!!!!


  Vite le suivi de la famille please...3 mois d'attente au CMP....et pas de psy disponible ....


 


 

isa 24/03/2013 14:46



pour ton second cas, il est clair que cette maman a besoin d'aide, je ne sais pas si c'est l'école qui peut lui apporter mais disons que l'enfant est le symptôme d'un problème familial,
c'est malheureusement des situations qui parfois nous dépassent et qu'il faut pour autant gérer du mieux possible en gardant à l'esprit l'intérêt et la protection de l'enfant.



Valérie 93 24/03/2013 14:08


"qu'y a t-il derrière le discours d'un parent qui dit que son enfant s'ennuie ? que
te dit cette mère Valérie ?" 


ah oui Isa j'ai oublié de préciser que cette mère avait elle même sauter une
classe!! 

isa 24/03/2013 14:40



on est bien dans la projection ! C'est une forme de manque de confiance dans l'enseignant mais plus grave dans l'enfant que le parent exprime derrière ce discours et peut être aussi
finalement en lui même. Désirer accélérer le temps de son enfant est souvent exprimer comme un droit à l'échec sans conséquence ( comme ça il aura une année d'avance) sauf que l'échec reste un
échec et sera vécu comme tel quelque soit les jokers qu'on possède, par ailleurs réfléchir ainsi c'est bien partir de l'idée que l'échec est envisagé, or une confiance totale en son enfant ne
peut se placer dans ce type de perspective. Je suis toujours dans ce qui est exprimé clairement, mais la profondeur des intentions est encore ailleurs, le désir non avoué est , me semble-t-il,
dans l'admiration recherchée, cette façon de se placer hors du commun, d'avoir le sentiment d'être de bons parents parce que l'enfant a de l'avance signe de la réussite dans notre société. Mais
alors, quelle confiance a-t-on en soi et en lui quand dans notre esprit, notre réussite passe nécessairement par le regard des autres. Faut-il avoir l'assentiment de la société pour savoir qu'on
s'occupe bien de son enfant ? N'avons nous pas nos propres critères ? Notre but de parent n'est-il pas de permettre à nos enfants de s'adapter et de s'intégrer harmonieusement à la société et
lorsque nous avons confiance en nous et en lui , a-t-on besoin d'en faire la démonstration ?



Emilie44 24/03/2013 12:56


Moi aussi en tant que directrice ET enseignante de TPS-PS, je sais bien que l'info a été donnée plusieurs fois aux parents de TPS : j'insiste bien à l'inscription
pour décrire la scolarité d'un enfant qui rentre en TPS (et je leur dis textuellement que le fait que leur enfant fasse une TPS ne lui fera pas gagner un an, car l'année de TPS on ne poursuit pas
les mêmes objectifs et les mêmes compétences que pour les enfants de PS, même s'ils sont dans la même classe); je reviens là-dessus pendant la matinée portes ouvertes fin juin, et aussi pendant
ma réunion de rentrée en septembre. Ensuite, les parents qui me demandent des RDV et qui cherchent malgré tout à faire passer leur enfant, je leur redis encore une fois et je réexplique tout
depuis le début... Il faut être patient avec certains!


 


Les parents qui disent que leur enfant s'ennuie à l'école, je leur réponds dans 99,99% des cas que moi je ne le constate pas du tout en classe, que leur enfant a
toujours de l'intérêt pour le travail fait en classe et que si sa vie scolaire au jour le jour se passe bien, avec une bonne intégration parmi ses camarades, il n'y a aucune raison pour venir
tout chambouler. Mieux vaut être le meilleur élève de sa classe d'âge que d'être un élève moyen de la classe d'âge supérieure (surtout que l'intégration peut se révéler difficile). S'il y a une
classe à passer en cours de scolarité, ce n'est pas la PS qui est la plus adaptée. On veut faire grandir trop vite les enfants à l'heure actuelle, ils n'ont plus le temps de jouer et d'être de
vrais petits, la chasse à la performance commence de plus en plus tôt...


 


J'ai reçu une famille cette semaine pour une inscription en PS à la rentrée 2013 : la petite est du mois de janvier, donc forcément plus grande et dégourdie que ceux
du mois de décembre... La maman m'a déjà annoncé que sa fille ne faisait plus de sieste et qu'elle voulait qu'elle soit avec des MS car elle avait peur qu'elle s'ennuie avec des plus petits
qu'elle... D'ailleurs, elle l'a retirée de la crêche, car sa fille ne voulait plus y aller puisqu'il n'y avait "que des bébés". Je lui ai bien expliqué le principe de la classe d'âge par année de
naissance, et que de toute façon même si elle était dans une classe de PS-MS, elle ne ferait pas du travail de MS, mais je ne sais pas si elle a bien voulu entendre ce que je lui
expliquait...

bregowy 24/03/2013 12:07


je n ai pas de reponse la fois ou j ai deja fait ca la gamine a eu son bac s a 16 ans elle est inge en aeronautique mais c une fille assez desagreable a vivre odieuse avec son entourage


peut etre ma faute?.


non je blague c toujours complexe le juste entre je fais de la pedagogie differenciee, je nourris les esprits mais je ne bourre pas les cranes et je ne reponds pas aux attentes exponentielles des
familles il faut quand meme etre un peu sure de soi et de l equipe avec laquelle on travaille


franchement  mais vraiment franchement on est tous et toutes sur la meme longueur d ondes?.


hormis tous ceux qui lisent ce blog on travaille tous en differenciant..?c juste une question de dimanche ou il fait beau et ou je vais aller marcher au soleil


 

isa 24/03/2013 12:44



sauf que je pense que la pédagogie différenciée est plus pratiquée dans les petites classes que dans les grandes, à un moment donné, le groupe doit suivre le programme un point c'est tout
et c'est une grande majorité des cas ou sinon on fait des classes de niveaux et on met tous les moins bons ensemble et le phénomène d'émulation ne peut plus fonctionner, l'écart se creuse et on
en arrive au constat: la France est le pays où il y a le plus grand fossé entre ses meilleurs élèves et ses plus faibles. Je rêve d'une autre vision de l'école où l'organisation en maternelle
soit dupliquée jusqu'au lycée, que le travail de groupes hétérogènes soit favorisé, que l'oral ait toute sa place, que chacun puisse avancer à son rythme sans stigmatisation et avec les
encouragements de tous, le plaisir serait au rendez vous et du coup personne n'aurait envie que la scolarité soit plus courte, chacun voudrait en profiter à fond.



Joëlle 24/03/2013 11:54


Partout la même demande, même s'il est TRES CLAIR, à l'inscription des TPS que l'enfant fera 4
ANS de maternelle... (je le sais bien, puisque c'est moi-même, en tant que directrice, qui admets les enfants, je ne peux pas dire que ce n'est pas dit, et J'INSISTE !)


"Oui, oui, bien sûr, pas de problème, j'ai bien compris !!! (et ils sont prêts à tout accepter et tout comprendre pour qu'on leur prenne leur petit de 2 ans, sachant que c'est tout à fait
exceptionnel vu le nombre de places disponibles...)


Ben tiens donc...


Dès décembre, les premières insinuations, parce "qu'il (elle) est très dégourdi(e) quand même, vous ne trouvez pas ???"


"bof !!!"


et en janvier le fameux : "ELLE (IL) VA S'ENNUYER !!!" Imparable !!!


Alors là, je réponds que JE NE PEUX PAS le (la) faire passer en MS, mais que ce sera à revoir en fin de MS, pour un passage anticipé au CP, sans
faire de GS. Et que bien évidemment, les enseignants sauront adapter leur pédagogie (ce qui est vrai).


Alors là, les parents sont plus dubitatifs. Parce qu'autant ils pensent qu'on ne fait pas gd chose en TPS, PS et MS, autant ils se disent qu'en GS, quand même...


Et en fait, dans les textes, a -t'on le droit de faire passer en TPS en MS ??????????? Dans mon département, je ne pense pas que cela soit accepté par l'IEN...

isa 24/03/2013 12:33



tu vois bien le chemin à parcourir dans les têtes pour considérer  ce qui est fait en PS et MS comme des apprentissages. Et c'est pourquoi notre rôle est de défendre notre travail,
de le valoriser dans le sens attendu, dans la perspective d'une scolarité entière. Pour cela, il faut que nous soyons convaincus nous-mêmes de cela, et j'ai parfois le sentiment que ce n'est pas
le cas, qu'il y a encore y compris parmi les enseignants de PS, des personnes qui ne croient pas aux enjeux pédagogiques de cette classe. Et il ne faut pas croire que les parents ne sont pas
capables de les comprendre non plus, il faut leur faire confiance et leur expliquer pourquoi leur enfant a tout à gagner à faire 4 ans en maternelle.


Quant à l'argument de l'ennui, je m'interroge toujours sur la capacité d'un enfant de 3 ans à dire " Je m'ennuie" , comment à cet âge un enfant aurait-il conscience de ce qu'est l'ennui?
On voit bien dans ces remarques d'adultes qu'il y a une véritable projection d'eux-mêmes. Et l'ennui ? L'enfant ne doit -il pas s'y confronter , l'ennui n'est-il pas un merveilleux moteur à
l'imaginaire ? faut-il que les enfants soient toujours occupés ? Ne peuvent-ils pas rêver en ne faisant rien ? Quelle est cette obsession de l'agir ?   Bien des interrogations autour de
cette question du passage anticipé ..... On voit bien que l'école n'est pas associée au plaisir mais plutôt au rique d' ennui, aimer l'école ne va pas de soi. Plus nous montrons ce que nous
faisons , plus nous défendons notre travail. 



bregowy 24/03/2013 10:13


en meme temps il faut aussi etre vigilant au fait que parfois nous avons dans nos classes des eleves qui progressent tres vite surtout dans les classes tps ps ms avec des tps qui viennent tous
les matins depuis septembre


moi j ai le cas avec une eleve et c est moi qui vas luii proposer que l an prpchain elle travaille plutot avec les ms


en tout cas ce ne sont jamais les parents qui me dictent ce que je dois faireau risque peut etre de changer d ecole


 quant a la psycho scolaire on est encore dans le meme cycle elle intervient quand on est en fin de cycle pour passage en cycle 2 et c est votre conseil de maitre ecole qui prend la decision


 


ne laissez pas les parents decider mais parfois le fait de faire travailler avec la section au dessus fait apparaitte des difficultes et donc on peut revenir a la section d avant ou on peut aussi
faire travailler seulement certaines competences c est ca aussi le travail en cycle


nous on a des gs qui lisent avec les cp mais qui font le reste avec leur section mais la aussi c est sur proposition de l enseignante


bon courage mais l ecole c est quand meme encore une affaire d enseignants

isa 24/03/2013 11:37



oui et ça , ça s'appelle la pédagogie différenciée, et c'est ce qui devrait se poursuivre tout au long de la scolarité .... Favoriser la curiosité, les recherches de connaissances, les
défis personnels bien évidemment qu'il est primordial d'en tenir compte , c'est aux enseignants de nourrir intellectuellement les élèves et de les encourager à apprendre, vouloir apprendre...
Pour autant, faut-il que les jeunes gens se retrouvent à l'université à 15 ans ? Quel est l'intérêt de finir plus jeune sa scolarité ? Face au monde du travail, ils devront attendre  car
 l'argument trop jeune leur sera asséné dans la plupart des cas.



Valérie 93 23/03/2013 18:59


Bonjour, pas plus tard qu'hier il y a une mère d'élève de ma classe qui réclame un passage anticipé sous prétexte que sa fille s'ennuie dans ma classe de MS ( je ne voudrai pas dire mais nous
croulons sous les projets divers et culturels ( classe à PAC) et bien sûr il n'y a pas énormément de feuille A4 dans les classeur..... car la manipulation est et reste une des activités
primordiale de la maternelle...bref je suis aussi les conseils d'Isa concernant le langage oral donc toutes les smaines je donne le cahier dans les familles et je sais très bien que cette maman
ne regarde pas le cahier( jamais signé ni complété) bref tout çà pour dire qu'il faut bien sûr en parler avec les collègues voir le psychologue mais de toute façon très souvent les parents ont le
dernier mot malheureusement et cela se traduit par un changement d'école parfois. Et l'enfant dans tout çà? Combien de scolarité gâchée parce qu'on veut leur faire gagner une année? C'est toujour
le même problème: la course à l'émulation, la compétitivité, c'est moi la meilleure...et les amis de l'enfant dans tout çà? Il commence juste à se faire des liens sociaux et tout est à
recommencer...l'expérience est rude tout de même....


De plus l'école maternelle est encore le lieu où l'enfant a du temps, peut expérimenter, aller à son rythme revenir en arrière, recommencer...tout le monde sait qu'en primaire c'est beaucoup plus
difficile d'avoir de la souplesse.... donc tout çà pour dire qu'il ne faut pas se remettre en question


J'ai tendance à être plus avec mes élèves "perdus" et peu autonomes qu'avec ceux pour qui tout roule et dont je sais qu'il y a du suivi à la amison... ( je suis en RSS et sans ATSEM!!)


De plus la différenciation est difficile à mettre en place pour tous les moments de la  journée... comment vous faites-vous? Décliner une compétence et adapter à chaque  niveau
d'élèves???


 

isa 23/03/2013 19:35



c'est pourquoi je propose que nous cherchions des arguments qui valorisent notre travail en maternelle,mais des arguments qui auraient tout de même un rapport avec les attentes des
parents sans les juger en écoutant ce qu'ils disent: exemple : qu'y a t-il derrière le discours d'un parent qui dit que son enfant s'ennuie ? que te dit cette mère Valérie ?



Carole 23/03/2013 18:54


Bonjour,


moi aussi tous les ans, j'ai droit à cette demande...


Ma réponse :


- à cet âge, les écarts entre les enfants sont grands tant au niveau du langage que de la connaissance des chiffres (mais savent-ils ce que signifie 30 ?) ou des lettres (mais savent-ils
pour autant à quoi elles servent ?) mais dans deux ou trois ans, ces écarts seront-ils toujours là ?


- à partir du CP, les enfants vont passer des années assis sur une chaise, à écouter et engranger des informations 6 heures par jour... Laissons-les profiter de la maternelle le plus longtemps
possible, avec son rythme souple, ses grandes plages de créativité (peinture, pâte à modeler...) et surtout cela leur permet de gagner encore en maturité


- si en élémentaire, les écarts sont toujours importants, alors on envisagera un saut de classe à ce moment-là (voire un passage direct de la GS au CE1 si l'enfant sait lire en maternelle)


J'ai un autre argument : ma propre fille a fait ses 4 années de maternelle, en sachant lire en MS... En accord avec l'équipe enseignante, nous l'avons maintenue en maternelle jusqu'en GS (et elle
ne s'ennuyait pas ! en même temps, le maître lui donnait un statut particulier de "lectrice" et "rédactrice", il adaptait quoi...)


Ensuite, elle est passée directement au CE1 et ça se passe vraiment très bien, je n'ai aucun regret (j'avais même plutôt peur de brûler les étapes et de m'en vouloir plus tard si on avait
précipité les choses...)


Avec toutes ces informations, les parents ont jusqu'à présent, toujours suivi mes conseils...

Karine 23/03/2013 18:21


Merci de vos réponses. Je vais effectivement en parler avec mes collègues en conseil de cycle. J'en parlerai aussi avec la psychologue scolaire.


Ces dernières années, cette situation revient de plus en plus souvent. L'an passé déjà, les parents d'une PS voulait qu'elle passe en court d'année en MS, au prétexte qu'elle avait fait une TPS
dans une autre école. C'est vrai qu'elle était grande pour son âge, mais je la trouvais à l'aise dans la classe, sans plus. Pour les parents, elle s'ennuyait, leur réclamait du travail à la
maison (!)... La psychologue scolaire lui a fait passer un bilan et a conclu qu'elle était bien dans sa classe d'âge. Elle a fini l'année dans ma classe, mais ils l'ont finalement changée d'école
(en me disant bien entendu que ça n'avait rien avoir avec moi !). Je n'en garde pas un bon souvenir du tout, beaucoup de stress, l'impression de ne pas faire correctement mon travail.


Donc je n'ai pas envie de revivre la même chose cette année.

katia 23/03/2013 16:27


Désolée erreur de manip, j'ai validé trop tôt. Je pense que les parents voient leurs enfants comme un symbole de leur réussite dans leur métier de parents, c'est pour ça que se sont surtout des
parents qui peuvent être en admiration devant  leur enfant. L'apparence compte alors plus que l'intérêt de l'enfant, de toute façon il n'y a pas grand chose qui est fait pour les enfants à
l'école il suffit de regarderr les rythmes scolaires, on ne parle pas d'intérêt de l'enfant.


 Je pense qu'en tant qu'enseignant on ne peux que donner son avis, conseiller et ensuite on ne peut pas tout maîtriser, disute avec tes collègues, c'est une décision de conseil de maître ne
reste pas seule face à cette décision.Bon courage Katia

katia 23/03/2013 16:19


J'entend aussi de plus en plus de parents demander de"faire sauter" une classe à leur enfant et je n'ai que des ps. Une maman m'a même demandé si sa fille ne pouvait pas aller chez les ms l'après
midi car elle ne dort plus. je lui ai dit que les enfants qui ne dormaient pas se reposaient une demi heure puis venaient dans la classe avec moi. Je ne sais pas pourqoi ils couent apréès le
temps comme ça. La recherdhe de la performance, la compétitivité. J'ai fait une fois glisser un élève de tps à ps mais c'était un enfant grand en taille, qui parlait bien, comptait mieux que les
autres ps et écrivait son prénom. Il est maintenant au collège et s'en sort bien, mais ce genre d'enfant est r are.


Il y a plus de parents d'enfants précoce que d'enfants précoces

Francine 23/03/2013 14:54


Ah la la ! Les parents ont en effet du mal à comprendre qu'il y a 4 années en maternelle !


Ils parlent souvent de redoublement !


Il faut leur dire qu'il n'y a pas de raccourcissement de cycle possible en cycle 1 !


Les rassurer en insistant sur le fait que toute l'équipe sera vigilante.


Courage.


Cordialement,


 


francine qui a déjà vécu cette situation...


 

isa 23/03/2013 19:28



une discussion avait déjà eu lieu sur ce sujet , à lire ICI.


Il y a effectivement des demandes pressantes avec le sentiment que notre avis de professionnel n'est pas toujours entendu, comme si ces années de maternelle ne correspondaient pas à une
véritable école. C'est pourquoi notre discours doit argumenter sur le bénéfice d'avoir ces années supplémentaires à la maternelle: consolider son langage absolument nécessaire pour entrer dans
l'écrit, apprendre à vivre avec les autres pour être lui même à l'aise en société ( si nécessaire dans tant de métiers), prendre confiance en lui grâce au temps qu'on lui laisse et qui lui permet
de construire cette base de confiance sur laquelle il pourra s'appuyer tout au long de sa scolarité et il en aura tant besoin ( également dans sa vie professionnelle), développer son imaginaire
et sa créativité indispensable pour devenir un être curieux et en désir d'apprendre ( essentiel pour devenir un bon matheux !!!!), bref trouvons ensemble les bons arguments qui interrogeront les
parents et qui leur permettront de comprendre les enjeux de la maternelle, parce que dans ces demandes ,il y a une mauvaise considération de ce qui est fait dans nos classes, c'est aussi pourquoi
la réaction de l'enseignant est un peu épidermique. La tendance est de regarder ces demandes avec un certain jugement ( encore des parents qui croient au génie ou qui espèrent le génie, qu
poussent leur enfant.....), oui bien sûr , il y a un peu de ça, mais la société ( et personne n'y échappe) fait en sorte que la performance soit valorisée, que l'échec soit associé à l'image de
mauvais parents. Si l'école est regardée autrement qu'un lieu de compétition et si l'école maternelle a une vraie fonction dans le regard de la société alors il n'y aura plus ce type de demande.
Nous sommes tous responsable de cela.