série "début d'année": cela part dans tous les sens

Publié le par isa

 

Pour la première période , je vous propose une série d'articles sur les questionnements du début, à raison d'un éclairage par semaine.

 

Voici le programme des affirmations qui seront traitées:

 

1 Je crains le jour de la rentrée

 2 Je ne supporte pas ou plus les pleurs.

3 J'ai peur de parler aux parents.

4 J'ai le sentiment que cela va dans tous les sens.

5 J'ai le sentiment de ne pas avoir d'autorité.

6 Je me sens découragée.

 

Le quatrième point à traiter que je vous propose est une affirmation à laquelle nous avons TOUS à un moment ou à un autre pensé.

 

J'AI LE SENTIMENT QUE CELA VA DANS TOUS LES SENS

 

Quelles situations nous amènent à penser cela ?

Lorsque les élèves vont au gré de leur envie, de leur attirance sans tenir compte de ce qui a été annoncé ou demandé, lorsqu'ils s'agitent en regroupement et que la discussion a bien des difficultés à avoir lieu, lorsque durant la séance d'EPS, ils courent partout et ne tiennent pas compte des appels répétés de l'enseignant, lorsqu'au moment des sorties et des entrées en classe, ( pré et post récréation) et des passages aux toilettes, ils font les petits fous, lorsque la mise en ateliers est un défi à la patience, bref tous les moments où l'enseignant a l'impression de ne plus « avoir la main ».

Un premier rappel est à faire, les petits élèves n'ont que 3 ans, il faut songer à ce qu'ils étaient il y a 3 ans ! Il est donc inutile de croire à la classe tenue et disciplinée que parfois on rêve d'avoir. Lorsqu'on est nommé dans une petite section, il est important de regarder autour de soi ( dans les magasins, dans la famille …)à quoi ressemble un petit de 3 ans pour ne pas s'illusionner d'une classe silencieuse et prompte à l'obéissance. En disant cela, je ne me résigne pas à souffrir d'une impossibilité à changer les choses, mais je rappelle la réalité tout simplement. Il y a parfois un décalage entre ce qui est exigé et les possibilités psychiques et physiques des petits élèves.

Cependant , ils arrivent à l'école et viennent y apprendre à devenir élève, c'est pourquoi le rôle de l'enseignant est déterminant. Il ne va pas les canaliser d'un coup de baguette magique , tout cela va être progressif et il pourra mesurer à la fin de l'année les progrès accomplis et l'étendue de sa réussite.

Comment donc éviter que la classe parte  le moins possible dans tous les sens?

J'en ai parlé dans un précédent article, mais donner des repères aux élèves est un des moyens de les canaliser. Les repères temporels type journée en photo, calendrier, petite musique pour ranger, musique au retour de récréation pour faire revenir le calme … sont structurants et apaisants, dés lors que les élèves ont compris leur permanence et leur récurrence, ils se trouvent encadrés par eux ,et cela les sécurise.

Effectivement, les élèves ont besoin de cadre, reprenons les situations difficiles évoquées en début d'article:

  • Le regroupement est un moment qui peut être très incontrôlable, pour donner du cadre à ce moment, plusieurs règles sont à retenir: éviter de parler sans support visuel , en effet les élèves ont besoin d'avoir un point d'appui visuel afin de mieux contrôler leur attention, éviter de prolonger un regroupement dés lors que l'attention d'un petit groupe est perdu, éviter de laisser s'asseoir des élèves qui se perturbent mutuellement les uns à côté des autres, il est tout à fait possible , une fois tous les élèves assis de remanier le groupe afin d'équilibrer la concentration, éviter de laisser à portée des élèves des objets qui pourraient les distraire de la tâche d'écoute, créer la surprise ( par exemple: s'arrêter de parler puis reprendre en play-back, ou bien se mettre à parler ou lire à toute vitesse, ou bien lancer un mime : «  on dirait qu'on serait en avion et qu'on volerait au dessus de la classe …. » afin de capter de nouveau l'attention pour ensuite poursuivre ),faire venir un élève pour qu'il fasse une tâche précise ( exemple : dire la comptine, parler à la marionnette) cette méthode attire l'attention car il y a un phénomène d'identification qui opère à coup sûr, certains élèves ont parfois besoin d'un espace plus délimité qu'un banc , ils se trouvent perdus sans limites précises et du coup s'agitent, c'est pourquoi pour ce type d'élève , il est peut être mieux de leur prévoir une chaise personnelle ( en soutien langage grande section, il m'est arrivé de rajouter une chaise par-dessus le banc pour des élèves particulièrement difficiles, ils se sentaient mieux ainsi, comme si la chaise donnait un contour à leur place).

  • La séance d'EPS peut être un nid de difficultés, là de nouveau, le cadre mal délimité d'une salle de sport ( grande et vide) donne à certains un sentiment de perte qui les poussent à tenter de remplir par des cris et des mouvements cet espace inquiétant. Il est donc nécessaire de créer des repères et des habitudes. Des ritualisations peuvent être installées : farandole pour arriver dans la salle, coin pour s'asseoir avant le début de la séance afin d'écouter l'enseignant dans de bonnes conditions, distribution de rôles ( ainsi avant une séance , je repérais les élèves qui semblaient agités et je leur demandais d'aller fermer les portes par exemple), repère sonore ( tambourin, claquement dans les mains) pour tout signal, regroupement dés que le groupe semble déraper, et activité maximum puisqu'il s'agit bien de cela en EPS.

  • Pour les moments de passage type entrée et sortie de récréation, passage aux toilettes, il est important de jouer sur l'autonomie et la durée,pas question de prévoir des temps trop longs d'attente , faire en sorte que les élèves aient quelque chose à faire ( par exemple: un élève est habillé et doit attendre les autres pour aller dehors, lui demander d'aider son copain à mettre son manteau).

  • Durant les ateliers, l'enseignant peut être assailli par tous ceux qui ont déjà fini et ceux qui n'ont pas encore commencé, j'ai à plusieurs reprises expliqué mon fonctionnement d' ateliers en début d'année où la notion de groupe est très souple , ainsi pour faciliter la répartition des élèves aux activités leur carte de présence est posée sur une table avec celles d'autres camarades, chacun trouvant sa place en autonomie. Cependant dés qu'un élève du groupe a terminé , il peut aller voir dans un autre groupe si une place s'est libérée et peut de nouveau faire une nouvelle activité, l'avantage de cette pratique est que les élèves plus rapides ont toujours quelque chose à faire et ne se retrouvent pas désoeuvrés donc agitables, d'autre part , ils multiplient les activités y compris celles déjà faites et l'on sait combien la répétition est importante dans les apprentissages. Au fil de l'année, les groupes se stabilisent et chacun a plus de capacités à rester à sa tâche.

Tous ces conseils sont à adapter à sa situation et à ses élèves,cependant, dés lors qu'une difficulté est repérée , il est conseillé de la clarifier, et de chercher à en sortir, ainsi des solutions sont à chercher, à tester, à affiner. Une réponse ne suffit pas toujours mais il est certain qu'il y a UNE réponse adéquate et qu'il est préférable de la trouver pour que enseigner ne devienne pas un enfer.

Dans cet article, je ne parle pas du contenu ni de la forme des apprentissages, mais ce sont des points importants qui peuvent être à l'origine des comportements des élèves, je veux prendre pour exemple une pratique fréquente observée en maternelle et qui est l'abus de la pratique du coloriage. Parfois en pensant maintenir des élèves à une tâche de manière prolongée, il leur est proposé de faire un coloriage dans une fiche dite d'apprentissage et ce tous les jours de la semaine. Sans vouloir juger une pratique, je fais le constat que la rudesse et la contrainte de faire un coloriage parfois interminable crée une tension musculaire et nerveuse qui a pour effet d'agiter les élèves pendant et au sortir de leur tâche. Par ailleurs , si quelques petits élèves se trouvent bien dans cette activité très contenue, la plupart sont rebutés par cet exercice et de ce fait crée un sentiment de souffrance pour la chose scolaire. C'est pourquoi je veux dire à tous ceux qui pensent gagner de la tranquillité en proposant fréquemment des coloriages qu'ils font le lit de leurs difficultés, l'enseignant qui n'a pas compris qu'il gagnera la confiance de ses élèves et donc leur motivation en respectant leurs besoins élémentaires ( celui de mouvement, de création, d'autonomie, d'exploration …) aura un chemin plus long et plus fastidieux pour travailler avec ses élèves.

Enfin pour conclure sur ce sujet, il est un point important qui permet aussi de sortir du « J'ai l'impression que cela part dans tous les sens » c'est l'autorité , il en sera question dans le prochain article de cette série.

 

Vous voulez réagir à mes propos, ce blog vous est ouvert.

 


Publié dans rentrée scolaire

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Nat 20/07/2014 10:13

Bonjour Isa,
Après des années de cycles 2 et 3, je prends la responsabilité d'une classe de PS/MS/GS à la rentrée. Je lis donc avec avidité tes articles et tes conseils. Merci infiniment pour ce partage qui calmera certainement quelques unes de mes angoisses et permettra à mes élèves d'avoir une maîtresse moins perdue à la rentrée!
Merci encore et bonnes vacances.

isa 21/08/2014 10:26

bienvenue Nat et n'hésite pas à nous interroger si besoin.

sonia 27/09/2010 11:50



J'adhère complétèment à cette notion de "contenant". Avec un discours un peu plus relaché, je me dis parfois que les élèves en difficultés ( qui sont aussi le plus souvent des enfants en
difficultés) sont en vrac. Il me semble que c'est l'une des missions de l'enseignant de les accompagner à construire de la cohérence, à se structurer, découvrir et comprendre le monde avec
confiance.Merci pour  tes réponses et ton article sur l'autorité.



sonia 24/09/2010 21:12



Merci Isa pour cette réponse. je fais plus court aujourd'hui. En fait, je suis allée dans une rubrique de ton site que je ne connaissais pas:
les élèves et j'ai pris l'idée des gommettes que l'enfant agressif (cas de Ronan) perd à chaque fois qu'il enfreint les règles. J’ai renforcé le procédé que tu me conseilles, que je faisais déjà,
par celui-ci. Quand il perd ses gommettes, il ne peut plus être seul. Les autres enfants ont trop peur car ses coups même s’il y en a beaucoup moins que les deux ou trois premiers jours de classe
sont toujours aussi forts.


Les 2 premiers jours, il a mordu, tapé et passé son chemin puis il a compris qu’il faisait mal, maintenant quand il a tapé ou autre, il
s’excuse ou se met à hurler. Les parents inquiets sont sa maman (depuis plus d’un an et demi, personne ne veut garder son enfant) mais aussi les autres parents de la classe.


Ce qui me frappe chez cet enfant, c’est que les récréations et les séances d’EPS se passent bien. A ces moments, je le laisse seul, bien
sûr.


Pour la gestion des ateliers, j’ai compris grâce à ta réponse que j’en ai trop demandé à ces petits ! oups !


Merci pour ce blog.



isa 25/09/2010 12:03



ce que je comprends Sonia, c'est que ton petit a plus de difficultés dans sa relation aux autres dans des situations contraignantes  où la promiscuité est plus importante. C'est
difficile de loin de comprendre les raisons d'une telle agressivité et ce sera le rôle de la psychologue qui intervient dans ton école. Cependant, pour le moment , ton intervention est de lui
proposer un contenant, c'est à dire un cadre. Il acquiert le code social avec toi et le groupe, il apprend le vivre ensemble, il a besoin d'un adulte pour le protéger contre lui-même. Dans toutes
ces situations de forte agressivité, je recherche toujours la peur cachée derrière tout cela, et plutôt que trop culpabiliser l'enfant qui (certainement) a de grandes difficultés à se contrôler,
je pense qu'il est préférable de lui dire qu'il va y arriver , qu'on est là pour l'aider, qu'il peut s'appuyer sur nous tout en étant ferme, bref, de croire en lui et non pas être comme ce qu'il
a vécu jusqu'à présent des adultes qui craignent ses réactions et qui contournent les problèmes ( personne ne veut plus le garder !).



sonia 23/09/2010 21:05



Voilà encore un article qui m'apporte des pistes pour un point qui me préoccupe fortement depuis le début de la semaine: la gestion des ateliers. Convaincue que les groupes fixes ne sont pas
adpaptés au début d'année de PS, les élèves ont fréquenté les ateliers selon leur intérêt sauf l'atelier dirigé et l'atelier ATSEM pour lesquels un pointage a été effectué et donc une demande à
tous les élèves d'y passer. Depuis mardi après-midi, j'ai mis en place un système d'inscription avec la carte présence aimantée que les élèves posent sur une boite métallique posée au milieu de
la table signifiant je fais cet atelier et qu'ils sont sensés prendre quand il change d'atelier...oups, aujourd'hui 5 ou 6 cartes ont été perdues, les boites métalliques ont été
deménagées... et j'ai fait la girouette vérifiant que sur la boite étaient bien posées les étiquettes correspondant aux élèves présent autour de la table, ce qui était loin d'être le cas. De
plus, il y a quelques élèves qui ne viennent pas aux ateliers autonomes alors qu'ils viennent à l'atelier dirigé et à l'ateler ATSEM. Je ne parle pas ici des élèves qui papillonnent beaucoup et
ont du mal à être avec le groupe d'une façon générale, je parle de ceux qui pourraient mais à qui ces ateliers semblent facultatifs. Quelle validation faire des ateliers autonomes? prendre une
photo de 2 ou 3 réalisations intéressantes? Les montrer en regroupement. Idéalement, je souhaiterais que les ateliers autonomes servent un projet, par exemple déchirer du papier pour faire un
collage en rapport avec l'album ou autre. Mais ce n'est pas toujours le cas.


Pour le reste, séance EPS, regroupement, déplacements le groupe est bien en place. Ce ne sont globalement pas des élèves difficiles sauf 1 très jeune, le seul qui ne vient pas en regroupement et
part loin en EPS.


Un autre élève me pose question car il est très en demande mais aussi très agressif ( morsures, griffures répétées). Quand il est au coin cuisine rares sont ceux qui osent y aller pourtant je me
fais le lien entre lui et la classe, je suis très présente à ses cotés, souvent même obligée de lui tenir la main ou les deux car les coups sont forts et partent vite. Le problème majeur, c'est
qu'il n'y a pas lieu d'être proche absolument tout le temps. Quelquefois, quand il n'est pas prêt de moi j'anticipe qu'un coup va être porté mais pas toujours. Les parents sont inquiets. Comment
les rassurer?


Une rencontre avec le psy scolaire a eu lieu, j'attends le "bilan".je fais le point avec au moins la maman tous les vendredis. Elle n'est ni fuyante ni envahissante au moment de l'accueil,
elle fait un dessin avec son fils ou autre puis la séparation se passe bien. Que mettre en place pour protéger le groupe sans stigmatisé plus cet enfant qui se "stigmatise" lui-même. Il va aux
toilettes en décalé des autres, je pense que dès demain, il ne pourra pas participer au regroupement. Certes, en regroupement, plus de la moitié du temps, voir les trois quarts du temps ça se
passe bien mais quand un coup, une morsure est faite la marque reste plusieurs jours. Il accepte et respecte les mises à l'ecart parce que coup porté, il dit de lui même qu'il sera privé de
"moto" quand il donne le premier coup du jour. Il n'est pas dans le déni, contrairement aux premiers jours mais il monoplise l'ATSEM ou moi trop souvent. Je ne vois pas comment faire sans un
troisième adulte pour lui dans la classe. Il y a moins de coups portés mais ces coups comptent double ou triple dans l'esprit des parents et un peu aussi dans le mien du fait de l'accumulation.
D'un autre coté, je crois voir du progrès, des liens se tissent avec certains autres enfants( dès lors, cela crée des situations de jalousie qui peuvent déraper) mais il constitue
encore un danger pour les autres.


Merci Isa pour tes conseils avisés,


 



isa 24/09/2010 19:48



il y a beaucoup de choses dans ton commentaire Sonia, pour l'organisation des ateliers, il faut anticiper les comportements des élèves, si tu les laisses afficher seuls leur carte, c'est
beaucoup plus compliqué que si c'est toi ou l'atsem qui les pose , car tu sous -entend qu'ils ont suffisamment d'autonomie pour réguler eux -mêmes les groupes, or c'est beaucoup plus difficile.
Il faut faire les choses graduellement. si tu veux lire l'organisation des ateliers tu peux lire cet article : http://soutien.over-blog.fr/article-27158527.html


concernant ton petit garçon mordeur et griffeur , tu ne dis pas s'il parle, si son comportement est vraiment " anormal" ou bien s'il comprend trés bien et sait qu'il fait
mal.  C'est fréquent les petits qui rentrent en communication par le corps , y compris l'agression physique. si les parents sont inquiets , est-ce parce que c'est aussi le cas à la
maison, que dit le papa , que lui disent-ils ?


essaie cette manière de faire: en début de matinée, tu lui demandes de donner la règle d'or ( auparavant, tu auras travaillé sur l'interdiction de faire mal aux autres : mordre, taper,
griffer+ image), tu l'aides à la dire s'il a du mal à parler, tu le félicites de la connaître, puis tu le laisses vivre, à chaque fois qu'il l'enfreint, tu le reprends, tu exiges qu'il s'excuse
auprès de celui qui a subi son agression, tu l'emmènes devant l'image de la règle, tu lui répètes ou tu lui fais répéter, tu l'exclus du groupe uniquement s'il se montre agressif. Vois comment il
intégre cela, il faut au moins une semaine pour voir des progrès ( en cas d'agression normale, je dirais) mais durant cette semaine ,tu ne lâches rien. Ce n'est pas la solution miracle, c'est une
façon de faire. Dimanche l'article devrait t'intéresser.



Claire 22/09/2010 15:12



Il fallait lire 30 petits moyens !



isa 22/09/2010 17:09



j'avais compris !



Claire 22/09/2010 15:11



Merci pour cette mise au point qui permet de relativiser et de retrouver des forces pour la journée d'école à venir. Tous les ans c'est pareil, j'ai beaucoup de mal avec mes nouveaux élèves (3à
petits moyens cette année!), mais au fur et à mesure que l'année avance, ils grandissent, ils deviennent autonomes, débrouillés et je me régale. Puis la fin de l'année arrive, et il faut tout
recommencer !!!


Pour les regroupements, je demande à mes élèves de s'asseoir "un gars-une fille-un gars- une fille…" ça diminue un peu les bavardages, les chahuts, on travaille le langage (X change de place avec
Y/ met-toi entre X et Y…) et les algorithmes.



isa 22/09/2010 17:08



courage !



jeannick 20/09/2010 18:31



ohh!!que je suis contente de lire ton avis sur le coloriage : pour moi cela n'a jamais constitué un atelier. Je trouve que cela durcit le poignet plutôt que cela ne l'aasouplit!!Merci merci
encore: si tu pouvais avoir convaincu beaucoup de nos collègues!!!


 



isa 20/09/2010 19:21



je ne dis pas qu'il ne faut pas en faire mais bien savoir pourquoi on utilise le coloriage et identifier l'intérêt de l'élève.



Jardinière d'Eveil 19/09/2010 11:45



J'utilise des pédagogies alternatives dans mes ateliers de 3h. Donc des âges mélangés, et je sais que cela joue...Cela dit, ils ont entre 15 mois et 4 ans, alors y'en a de la vie qui a envie
d'aller dans tous les sens ! lol


J'oscille selon les beoins, entre regroupements réguliers (1 le matin pour se dire bonjour, 2 pour faire une ronde d'éveil corporel et comptine chantée). En pédagoge Steiner, ainsi, j'utilise une
harpe ou un petit xylophone (ou alors ces petits instruments en bois avec petites plaque de métal sur lesquels on appui avec les doigts, don je ne me souviens plus le nom) comme signal, et aussi
une petite chanson pour inviter les enfants à ranger en fin de séances.


Chaque objet à sa place répond au besoin d'ordre qui sécurise l'enfant, c'est sûr.


En Montessori, il y a moins voire pas de regroupements, mais dans tous les types de pédagogies que j'utilise, chacun va vers ce qui l'intéresse. En montessori, à partir de 2 ans, nous montrons
comment se servir de tel ou tel activité, mais en individuel, donc toute l'attention est tournée vers un enfant, tandis que les autres vaquent à leurs occupations personnelles. L'assitant(e)
veille à l'ambiance générale pendant le temps de présentation. C'est vrai qu'au début, on a la sensation d'une ruche, mais ça fonctionne !


En Steiner, rien n'est montré, pas de présentation du matériel. C'est l'enfant qui découvre à son rythme les aménagements adapté à son âge.


Je vois bien que cela est possible grâce aux âges mélangés, car du coup sur une trentaine d'enfants par exemple, il n'y a qu'une dizaine de 3 ans et ainsi de suite...


Je partage cette notion d'espace contenant, d'un point de vue relaxation et relation d'aide, je le constate aussi : les jeunes enfants que j'accompagne se sentent plus à l'aise et plus calme
quand l'endroit où je les reçois n'est pas gigantesque par rapport à eux :-)



isa 19/09/2010 11:56



nous pratiquons les mises en situation sans explication plutôt en EPS, bien que dans les ateliers d'activité, les élèves découvrent le matériel et cherchent ce qu'ils peuvent en faire,
par contre, nous fonctionnons avec des consignes avec l'idée de donner du sens à sa présence en classe.


je suis aussi tout à fait d'accord avec la notion d'ordre, à un moment il faut ranger et trouver une place permanente, mais non figée car en cours d'année , il faut apprendre l'adaptation
au changement.



Marie-Claude 19/09/2010 10:03



Merci pour toutes ces bonnes idées. Je les ai mis sous forme de liste pour m'y référer de temps en temps et me rafraîchir la mémoire.


Depuis une semaine nous travaillons sur le bruit dans la classe et je ne sais pas comment faire comprendre à mon ATSEM (Carole), sans la blesser, de parler moins fort.


Nous devons montrer l'exemple aux enfants et je fais en sorte de parler calmement et doucement en baissant volontairement la tonalité de ma voix.


Mais Carole, à côté de moi parle souvent trop fort (si fort que les élèves de mon groupe n'écoutent plus mes consignes). Lorsque nous rentrons de la motricité je mets tout en oeuvre pour qu'ils
arrivent en classe dans le calme. Ainsi le fait de parler doucement les apaisent et ils se mettent à chuchoter. Mais lorsque Carole se met à parler en 2 minutes les élèves se lâchent et haussent
le ton.


Généralement, je sais lui dire les choses avec diplomatie, mais là comme cette forte voix est dans sa nature je crains qu'elle ne le prenne mal. J'ai déjà essayé de lui faire comprendre en lui
répondant doucement quand elle me parle, pour l'aider (comme les enfants) à baisser le ton. Mais rien n'y fait.


Pouvez-vous me conseiller ?



isa 19/09/2010 11:08



voilà une situation qui montre combien la communication est parfois délicate, il s'agit de faire comprendre à quelqu'un que sa manière d'élever le ton n'est pas appropriée pour aider au
calme et qu'au contraire parfois cela la dessert. Il me semble que la période est propice pour avoir une petite discussion avec elle, non pas en lui faisant des reproches car je pense qu'elle
croit en toute bonne foi que c'est un bon moyen, elle a toujours fait ainsi et c'est devenu une habitude, mais plutôt en abordant l'angle de son point de vue "Hausser le ton est-ce
rassurant  quand on a affaire à un groupe d'enfants ?", il me semble qu'il est intéressant d'amener la personne à penser son comportement et à y réfléchir, elle le fait par réflexe mais à
quoi cela correspond-il ? Tu ne peux imposer ta manière de faire à quelqu'un qui ne la comprend pas et qui pense que cela peut la fragiliser, par contre , en disctutant et en lui disant que
tu la comprends, il y a fort à parier qu'elle va observer ta façon d'agir. Par ailleurs, il  y a aussi ( me semble-t-il) dans ce comportement une façon d'affirmer sa place, comment de ta
part la rassurer sur sa complémentarité avec toi ? Tu vois, Marie-Claude, on ne fait pas changer les personnes, on les aide à comprendre qu'elles ont à gagner à modifier leur attitude, mais
ce sont uniquement elles qui le décident. Tiens moi au courant, c'est intéressant !



Laure 19/09/2010 09:35



c'est rassurant de lire ça car effectivement c'est un peu déstabilisant. mais on s'y fait, et on se lance dans cet apprentissage qu'est "devenir élève". Merci



Lola 19/09/2010 08:45



Merci Isa pour tes conseils...C'est toujours un plaisir de te lire.