série"début d'année": je me sens découragée

Publié le par isa

 

Pour la première période , je vous propose une série d'articles sur les questionnements du début, à raison d'un éclairage par semaine.

 

Voici le programme des affirmations qui seront traitées:

 

1 Je crains le jour de la rentrée

2 Je ne supporte pas ou plus les pleurs.

3 J'ai peur de parler aux parents.

4 J'ai le sentiment que cela va dans tous les sens.

5 J'ai le sentiment de ne pas avoir d'autorité.

6 Je me sens découragée.

 

Nous terminons par l'état le plus sombre de nos affirmations, celui qui parfois nous amène dans de grandes difficultés psychologiques et dans une grande souffrance:

 

JE ME SENS DECOURAGEE

 

Lapsus orthographique ou non, je viens de me rendre compte que j'ai écrit « je me sens découragée » au féminin, même si ce sentiment est partagé entre femmes et hommes, je pense que ce métier étant largement féminisé, beaucoup plus de femmes sont concernées.

Le découragement est un sentiment qui peut être momentané mais aussi durable.

Lorsqu'il s'inscrit dans le temps, la souffrance qu'il engendre peut entraîner de graves conséquences psychologiques et des remises en question parfois définitives. Cet état provoque un véritable effrondrement intérieur.

Les raisons sont multiples, je pense cependant que la non-maîtrise de sa classe, les débordements incessants des élèves et la mise à mal de son autorité représentent une large majorité parmi les différentes causes.

Quelles sont les hypothèses de compréhension de ce manque d'autorité dont les élèves ressentent si bien les signes ?

Lors de notre rencontre Mercredi , nous avons cherché ensemble à comprendre et il est apparu qu'il était difficile de l' expliquer: Etait-ce dû à l'âge mais dans ce cas, pourquoi certains enseignants traversent leur carrière en subissant leur manque d'autorité ? Était ce lié à la préparation mal faite ou non adaptée , ce qui signifierait qu'en travaillant celle-ci les problèmes s'envoleraient, était-ce un manque de règles qu'il suffirait de mettre en place pour voir une amélioration... bref des raisons extérieures à soi qui , à mon avis, font sûrement partie du problème mais qui ne sont pas suffisantes pour comprendre le manque d'autorité. Nous avons évoqué une raison intérieure qui, à mon sens, est un axe majeur du problème , celui du ressenti concernant sa place en tant qu'enseignant, cette fameuse légitimité qui regroupe la confiance en soi et le regard extérieur ; ce regard extérieur des élèves, des collègues, des parents jugeant notre compétence et que nous intériorisons et interprétons de manière réelle ou imaginaire. «Tenir sa classe » est un des critères de réussite de notre métier,  c'est voyant, nombre de personnes jugent à cet indicateur, il semble incontournable. Et c'est ainsi que le découragement arrive quand l'autorité tarde à s'installer, la légitimité est ébranlée, le regard sur soi-même est sévère allant parfois jusqu' au déni de ses difficultés tellement insupportables à voir mais intérieurement si destructeur. Le cercle vicieux est terrible car ce sentiment de manque de légitimité est renvoyé aux élèves qui renforcent encore un peu plus celui-ci en réagissant à cette menace: «  Mon enseignant ne me rassure pas, il doute de ses compétences, va-t-il pouvoir m'aider ? » et l'on sait ce que l'insécurité provoque chez les enfants et particulièrement les petits: une agitation incontrôlable. L'enfant montre son état intérieur par une mise en scène corporelle. Et l'on sait aussi combien l'angoisse est communicative, il suffit de songer aux pleurs de début d'année et de constater qu'un seul enfant peut faire pleurer tout un groupe, le même phénomène opère dans l'agitation.

Avant de livrer des pistes de réflexion sur le comment tenter de surmonter son découragement, je voudrais faire une remarque sur ce fameux indicateur de réussite qu'est l'observation extérieure d'une classe dite tenue. J'ai  posé la question lors de notre discussion de Mercredi, une classe silencieuse est-elle le signe d'une classe épanouie ? Ceci rejoint mon sujet précédent sur l'autorité et l'autoritarisme. Je pense que parfois les jeunes qui débutent ont cet objectif: avoir une classe silencieuse car leur modèle a été celui-là et ils ont construit cette représentation. Je voudrais les mettre en garde contre cette illusion, ce n'est pas parce que les élèves sont silencieux qu'ils apprennent mieux , qu'ils comprennent mieux, qu'ils sont plus motivés. L'autorité recherche l'instauration de conditions optimum d'apprentissage, chacun a besoin d'un cadre pour se sentir bien et en sécurité, le bruit est une nuisance qu'il faut maîtriser pour le bien-être de tous, cependant il n'est pas question d'exiger le silence , il s'agit de laisser chacun s'exprimer dans un climat calme et confiant. Par moment, le silence vient ponctuer la vie de la classe pour apprendre à accepter ce vide, à l'apprivoiser, à l'écouter mais il n'est pas la référence. La classe est un lieu accueillant de la parole, elle est attendue, recherchée , encouragée. Particulièrement en maternelle, le langage est au centre de la vie de la classe, vouloir brimer celui-ci est contraire aux objectifs de l'enseignant, plus les élèves parlent et plus l'enseignant devrait être satisfait , à lui d'orchestrer cette mise en mots.

Cet éclaircissement fait ( et cela me tenait à coeur), regardons maintenant comment surmonter son découragement.

Pour ma part, la première et principale action à faire est de chercher de l'aide.  Oui l'enseignant est seul face à sa classe, oui , il doit chercher comment gagner son autorité, mais dans bien des cas, il ne peut le faire seul au risque de ne jamais y parvenir et connaître une carrière qui confine au désespoir et qui laisse des élèves sacrifiés. La question que j'ai posée Mercredi sur  pourquoi les enseignants et les formateurs sont si mal à l'aise avec cette aide à apporter n'a pas trouvé de réponse. Il faut croire que cela dérange de voir un collègue subir son manque d'autorité. C'est une vraie interrogation et le sentiment exprimé par Marie-Claire qui disait :  «  ...et là j'ai tellement peur de blesser l'autre ... » est partagé par nombre d'entre nous. Pourquoi cette peur est plus forte que l'envie d'aider, pourquoi imaginer que la blessure infligée par la mise en lumière de son manque d'autorité sera plus forte que ce qu'il vit tous les jours dans sa classe ? Cela nous renvoie-t-il à nos propres failles ? Le découragement serait-il communicatif et chacun chercherait-il à se protéger ? Sommes nous nous-mêmes prêts à une remise en question extérieure ? Toutes ces questions nous agitent. Pourtant, en aidant l'autre, on s'aide soi-même. Une classe agitée dans une école n'est pas sans conséquence sur la vie de l'école, les récréations sont plus difficiles, le bruit émanant de la classe en question perturbe les autres classes, les non-dits gênent les relations entre adultes ….

Alors comment aider ? Encore Mercredi, des idées ont été avancées, certaines étant déjà en place dans des écoles, je pense à Isa27 qui nous a décrit un fonctionnement d'école basé sur la coopération entre enseignants et sur le dialogue ouvert, d'autres sont des suggestions  envisagées avec pour base: la parole. Il apparaît clairement que le fait de dire ses difficultés sans forcément avoir des réponses est un bienfait important. Le non-jugement permet un sentiment de reconnaissance qui autorise l'enseignant à être en échec. Le groupe soude, il protège, il agit comme une soupape et permet la mise à distance. Les remises en question personnelles sont atténuées par les expériences des uns et des autres qui trouvent écho à leurs propres difficultés et c'est ainsi que Marie-Claire nous dit: «  j'ai maintenant une stratégie , il faut leur raconter nos galères », et c'est vrai, cela les inscrit dans une filiation , ils ne sont plus seuls. Les effets de ce partage sont tellement constructifs. Nous le savons et pourtant des résistances subsistent. Oui les effets ne sont pas immédiats, mais notre métier nous apprend que le temps est notre soutien.

L'autre forme d'aide qui est en train de se mettre en place avec tous les jeunes sans formation qui arrivent dans les classes  et qui me laisse perplexe est le co-enseignement avec l'aide d'un tuteur. Autant je pense que deux enseignants dans une classe , c'est possible et c'est très enrichissant, autant , cette forme d'aide doit être bien faite parce qu'il y a un fort risque de disqualification de l'enseignant débutant. On le lit d'ailleurs dans le témoignage de Claudine : « On se sent un peu délégitimés en tant qu'enseignant responsable d'une classe, d'autant plus que plusieurs personnes interviennent régulièrement dans nos classes pour nous seconder! ». Effectivement, dans un rapport de tuteur à stagiaire, les places ne sont pas au même niveau et on voit bien le lien de subordination qui agit. Si le tuteur s'interpose dans la tenue de la classe et vient mettre de l'autorité là où l'enseignant stagiaire ne l'a pas fait, il est immédiatement disqualifié pour ses élèves. C'est pourquoi, un co-enseignement n'a de valeur que dans une égalité et une clarification des places. La question de la légitimité est cruciale dans la construction de sa propre image d'enseignant.

Ce qui est ressorti de notre discussion de Mercredi et qui devrait aider à surmonter son découragement, est qu'il faut sortir de la perfection et l'idéalisation de sa propre représentation du métier, c'est un travail sur le deuil du rêve d'enseigner. Dans la vie d'un enseignant, il y a des jours qui ressemblent à notre rêve mais il y a aussi des jours qui n'y ressemblent absolument pas, il faut accepter cette incertitude.

Le travail est une chose mais notre vie n'est pas que cela et je pense sincèrement qu'il est important d'avoir des activités qui nous passionnent en dehors de notre métier, qu'elles soient sportives, culturelles, associatives ….. Ces moments de respiration sont nécessaires à notre bien-être général et agissent sur notre travail indirectement.

Enfin , pour finir et conclure cette série « début d'année », il faut garder à l'esprit le désir du changement pour atteindre le plaisir du changement, quand on se retrouve dans une impasse, plutôt que de continuer à se taper contre les murs, il faut oser changer des choses, tenter, prendre le risque que ça ne fonctionne pas non plus mais garder espoir de trouver.

 

Comme je le raconte dans un article sur mes débuts, j'ai  failli démissionner dans un grand moment de découragement, j'ai trouvé des personnes compréhensives, attentives, et qui m'ont dit: «  L'école a besoin de personnes comme vous » ,cette simple phrase m'a fait un bien fou , j'ai remonté la pente et j'ai mesuré l'importance des mots, des simples mots sur le destin d'une vie.

 

Des réactions ? ce blog vous est ouvert.

 


Publié dans rentrée scolaire

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Emilie 28/05/2014 16:36

C'est bien vrai...je suis depuis quelques mois en pleine remise en question professionnelle mais aussi personnelle et je ne cesse depuis plusieurs heures de lire vos articles. Vous avez mis des mots sur mes questionnements, mes doutes.. Après une longue période de renoncement, je commence à reprendre espoir et même plaisir à aller travailler. Et miracle, cela se ressent sur l'attitude des élèves. j'ai eu l'impression que votre article sur l'autorité a été écrit pour moi...Maintenant il faut que j'arrive à mettre tout ça en pratique. Encore merci.

isa 28/05/2014 17:04

Une démarche de changement demande d'être rigoureuse tout en étant souple avec soi-même, il faut de la patience donc du temps pour voir que ce qu'on fait aboutir dans le sens qu'on souhaite. Tu as raison quand tu dis que la manière dont tu abordes ton métier aura un effet sur les élèves, encore faut-il pouvoir changer de perspective et quand tu es seule ou qu'il n'y a pas d'écho à tes interrogations, c'est compliqué. Chaque petite avancée doit être le petit caillou qui t'emmène vers la classe que tu souhaiterais, n'oublie pas d'observer ces petites avancées. Et puis accepte l'idée que l'idéal ne sera jamais la réalité, toute notre vie se définit autour de l'illusion et la désillusion, il faut savoir rêver et il faut savoir se contenter. c'est difficile mais c'est le bon équilibre. Trouve ton équilibre et tu sauras apprécier ce que tu fais. Il y a beaucoup de joie et de contrainte dans ce métier, il est à la fois passionnant et épuisant, c'est sa réalité mais c'est un métier qui nous élève. Mais je dis toujours qu'il faut savoir ne pas aller au delà de ce qu'on peut supporter et trouver de l'aide.Tu peux compter sur moi.

Emilie 28/05/2014 16:09

Que dire, à part merci ? Tellement de bon sens, de clarté, de simplicité et aussi de générosité dans tous vos articles...Une révélation pour moi qui étais tant découragée. MERCI.

isa 28/05/2014 16:26

J'espère Emilie que tu sauras demander de l'aide quand tu en auras besoin, il n'est pas bon de rester avec tous ces tourments en soi. Ici, c'est un lieu neutre, ni l'Education Nationale, ni le bureau du directeur, ni chez soi, c'est ailleurs et c'est parfois plus facile de parler de ce qui pèse.

Marionnette 05/10/2010 06:48



Bonjour ! Trop d'émotions bien sûr ... Alors que dire ? D'abord que je suis très touchée forcément par ton témoignage Virginie , oui , nous sommes des amies "virtuelles" et ce blog fait un bien
fou aussi dans les moments difficiles ... Je te souhaite beaucoup de courage , de douceurs , de bonheur ... Vie de dingue moi aussi ... c'est vrai qu'il faut apprendre à lacher du lest
... pour moi , le site d'Isa a été une VRAIE bouée de secours à un moment où je ne savais plus gérer . Je penserai à toi aussi jeudi ... BISOUS .



Marité 04/10/2010 22:48



Je viens tard, mais j'ai lu avec beaucoup d'émotion le message de Virginie et d'une autre personne que je connais bien. Parfois, il suffirait de peu pour que la vie d'enseignante
se transforme en un cauchemar tout noir. Alors, il faut savoir s'arrêter et prendre le temps de s'écouter... Ce n'est pas facile, mais il faut en parler pour pouvoir se sentir moins seule. Des
collègues peuvent ne pas forcément comprendre, alors ne pas insister, c'est peine perdue, l'aide ne viendra pas. Prendre dans ses bras comme tu le dis si bien Isa, c'est un geste qui fait un bien
fou... A la fois pour la personne qui est mal et pour celle qui entoure.


J'ai la gorge nouée... et là, ce soir, je n'ai pas trop envie de rigoler... mais, ça va passer.


COURAGE à vous toutes... vous êtes vraiment FORMIDABLES.


GROS BISOUS.



isa 05/10/2010 08:46



notre sensibilité est à l'origine de nos rires mais aussi de nos tristesses, Marité. Et c'est important de la conserver.



Gwénaëlle 04/10/2010 19:25



Bon courage Virginie.



Mélina 04/10/2010 18:49



Que d'émotion en lisant ton commentaire Virginie ! Difficile de trouver les mots qui pourraient atténuer ta peine.  Je l'ai connue et la connait encore mais tu sembles très lucide et
bien entourée, alors courage... On ne se connait pas mais sache que je serai de tout coeur avec toi jeudi!



vihyko 04/10/2010 15:55



je me retrouve dans vos angoisses, votre perfectionisme, vos exigences, la difficulté à tenir la tête hors de l'eau quand on bosse matin, midi, soir et Week end. J'étais comme ça avant, le suis
encore un peu ( beaucoup) mais j'ai progressé. Gràace à un suivi thérapeutique dû à une histoire familiale très lourde qui a engendré, alimenté et gangrainé mon perfectionisme à l'extrème.
J'utilisais le boulot comme un échapatoire, une sécurité, une raison de vivre..


un jour, j'ai rencontré mon homme, qui au début à accepté, puis un jour m'a demandé de nous libérer un WE de temps en temps ( un exploit pour moi), puis quelques soirées..


un jour suivant, mon petit homme a débarqué et a foutu en l'air l'équilibre fragile que j'avais réussi à mettre en place : pas de temps, fatigue, stresse, angoisse et c'était reparti.. alors pour
notre bien à tout les deux, j'ai décidé de le faire garder le mercredi pour me donner uen chance de lui accorder du temps le soir et le WE.. et on a trouvé notre équilibre. il est pas parfait,
l'ordinateur est presque comme son petit frère a qui maman doit accordé du temps.. ça n'a pas été facile, mais mon titi est autonome maintenant, il a 3ans1/2 et sait que maman travaille le
dimanche après midi et que c'est le moment avec papa. Mais ce n'est qu'en début d'année, après maman se libère aussi le dimanche..


 


et enfin ce dernier jour ou je me suis enfin sentie capable d'assumer un autre enfant dans ce rythme de vie de dingue sans sacrifier pour autant notre équilibre acquis..en me posant mille
angoisses, comment je vais faire, comment gérer.. Mon état de santé m'a obligé à quitter ma classe, très dur moment et on accepte et on profite de ce temps pour préparer des choses, des belles
preps, de beaux projets..


Aujourd'hui, le coeur de mon petit ange s'est arrété dans mon ventre et tout s'écroule, mais mon ordianteur et ce dossier ECOLE que j'aimerais parfois effacer, tellement il prend de place dans ma
vie, c'est lui qui aujourd'hui me permets de maintenir mon équilibre et celui de mon petit hommme parceque c'est ma gniac pour mon métier qui va une nouvelle fois me permettre de ne pas sombrer.


la différence entre aujour'dhui et il y a 10 ans, c'ets que mes priorités ont changées : je m'accorde un We avec des amis même si mon cahier journal est partiellement fait, une pause avec mon
titi pour regardez les animaux sur mon ordinateur alors que ma prep n'est pas fini.. Mon équilibre n'est pas parfait, la rentrée, la fin de l'année sont encore des moments difficiles mais je
lutte en permanence contre moi même pour gardez la tête hors de l'école, parceque je le dois à celui qui me subit tous les jours et qui malgré ça, veut encore agradnir notre famille.


je suis en arrêt jsuqu'au vacances de la toussaint, on va enlever mon bébé de mon ventre jeudi, et le moral est catastrophique..mais je vois ma reprise du boulot comme un renouveau, un
rédémarrage même si ça me fait très peur.


la conclusion de ce très long récit, c'ets que chacun doit penser avant tout à se faire plaisir dans son boulot et dans sa vie pour ne pas subir ni l'un ni l'autre. Je suis aussi directrice et je
mène une vie de dingue, toujours au taquet.. mais ce qui m'arrive aujourd'hui m'oblige à relativiser, m'oblige à prendre du temps pour regarder ou j'en suis.. et Je suis fière de dire que j'ai
fait du chemin dans mon perfectionisme et mes exigences et que cela a été bénéfique à tout le monde, même à mes élèves.


prenons le temps de vivre nos vies et ne laissons pas l'école gangrainé nos existences. Pour toutes celles qui ont l'impression de se faire bouffer par le boulot, ayez en tête qu'il faut se
préserver et VIVRE à côté : voir des amis, faire du sport, accepter que tout ne soit pas parfait car rien ne l'est jamais.


désolée isa pour la longueur.



isa 04/10/2010 17:03



décidément Virginie, parler du découragement fut comme ouvrir un robinet, l'eau s'écoule et on sent bien qu'elle avait besoin de s'écouler, même si c'est difficile et qu'une certaine
tristesse s'en dégage. Ton témoignage m'émeut , il s'agit d'un deuil et  la mort me bouleverse. Je trouve que tu as un beau courage de nous faire part de ta douleur, faut-il croire
que tu sens que le réconfort peut venir de nous ? C'est un signe de grande confiance. Les mots me manquent dans ces circonstances, j'aurais préféré pouvoir te réconforter physiquement avec des
bras qui entourent et qui réchauffent. Je ne peux le faire donc je cherche comment te dire que je suis avec toi malgré cet écran qui nous sépare , que mes pensées seront avec toi Jeudi et que ta
peine est entendue, comprise, si bien comprise d'ailleurs, que cette épreuve ,tu la surmonteras parce que l'être humain est ainsi fait, il trouve au fond de lui les moyens et les ressources pour
survivre. J'ai bien compris que tu étais entourée d'un mari aimant et compréhensif, et d'un petit garçon équilibré, ce sont des forces inestimables. Je ne doute pas que tu retrouves ton énergie,
il te faudra un peu de temps car on n'efface pas une vie en devenir trop vite. Prends soin de toi et n'hésite pas à nous solliciter si tu en éprouves le besoin, bien entendu, tu peux aussi me
joindre sur ma messagerie. Tout ce que tu dis sur la vie personnelle et le travail est juste, ce n'est pas toujours facile mais on finit par trouver des compromis qui nous conviennent. C'est
NOTRE vie et il n'y a que nous pour savoir.


Je t'embrasse trés chaleureusement.


 



Mélina 04/10/2010 05:39



Bonjour Isa, Mais oui, je sais tout cela mais difficile de s'y tenir...Notre métier est passionnant mais sans limites et la difficulté vient du fait que nous devions travailler à la maison sans
quota précis d'ailleurs ; ce qui semble anormal à notre entourage. Je voudrais juste dire que je  n'aurais pas dû utiliser le mot perfection ; je ne recherche pas de
 toute-puissance, ce serait trop prétentieux de ma part! Je cherche juste à améliorer ce que je propose pour trouver des solutions pour les enfants en difficulté ou pour susciter l'intérêt
chez certains. Car pour les autres, tout fonctionne. Et puis, je pense que l'on nous met de plus en plus la pression avec tous les documents écrits que nous devons rédiger. L'inspectrice venue me
voir l'an passé, m'a demandé de prévoir davantage encore de différenciation dans mes préparations, d'anticiper les difficultés que peuvent rencontrer les élèves et bien sûr les remédiations et je
vous  épargne toutes ses exigences ... Alors, même si ce n'est que l'inspectrice, même si j'essaie de relativiser, même si ce qu'elle préconise nous rend plus professionnels, penser cela
puis le mettre en mots, se traduit par du temps... Mais ceci dit, tous les mots écrits dans ces commentaires font leur chemin et cela fait du bien de les partager. En plus de tes idées
pédagogiques, ton blog offre effectivement un espace de parole que nous ne trouvons pas toujours dans notre école.  Que répondre à ta dernière question ? Mes amis trouvent que le "milieu"
enseignant est particulier...



isa 04/10/2010 14:43



la perfection, la toute-puissance sont des expressions qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre, mais elles indiquent combien chacun veut croire qu'il peut agir dans cette
direction. Sauf que ce type d'exigence envers soi-même peut être plus destructrice que constructive. Je suis tout à fait d'accord avec toi sur les demandes de plus en plus envahissantes de
l'administration. Quant au milieu enseignant, c'est une entité bien vague, difficile de résumer toutes ces personnalités à un seul groupe qui aurait les mêmes caractéristiques. Quand je vous lis
sur le blog, je trouve que les enseignants sont motivés et enthousiastes, pour autant, le sont-ils tous ? Il y a comme ça des préjugés, on englobe toute une profession dans un type de
personnalité et c'est ainsi qu'on crée une image négative relayée par tous, je me méfie des idées reçues, d'autant plus que chaque jour sur le blog vous me prouvez le contraire.



Isabelle 04/10/2010 00:14



Je ne sais pas pourquoi les mayonnaises tournent mal parfois. Incompatibilité de caractères? Volonté de se protéger d'un environnement perçu comme hostile, difficile à supporter? Simple égoisme?
Souffrance personnelle qui rend aveugle aux autres? Il y a parfois aussi des glaces à briser. Une collègue qui est devenue une de mes meilleures amies, était très distante le premier mois de mon
arrivée dans son école. Fin septembre, je suis allée lui proposer des fiches que j'avais faites (j'avais vu à ses affichages qu'elle bossait sur un thème rejoignant le mien, je me doutais qu'on
avait des vues compatibles sur le travail). Ce fut le début d'une grande collaboration et d'une amitié solide, qui perdure malgré l'éloignement géographique (on s'appelle souvent, on se
soutient, on se remonte le moral au téléphone). On a beaucoup ri depuis de cette froideur initiale, elle avait eu justement des soucis avec une collègue qui venait de quitter l'école après y
avoir semé une grande zizanie, et était très méfiante vis-à-vis de la nouvelle venue, elle se protégeait.



isa 04/10/2010 14:27



merci , c'est ce que je voulais t'entendre dire ....



Isabelle 03/10/2010 22:47



Ce qui m’a aidée à me défaire (un peu) de ma tendance perfectionniste qui me poussait à amputer mon temps de sommeil pour parfaire mes prep,
ce sont les fois où un grain de sable est venu enrayer mes belles prévisions longuement élaborées (ex : atsem absente, classeur oublié à la maison un matin de précipitation, ordi en panne,
enfants particulièrement indisponibles parce que dehors il neige etc)  et où il m’a fallu adapter en urgence, ou carrément improviser à chaud autre chose que ce que j’avais longuement prévu.
Hé bien, je me suis rendue compte que finalement, ces jours-là, la classe ne tournait pas si mal, les séances improvisées pouvaient se révéler très fructueuses, et ça m’a permis de peu à peu
passer moins de temps à peaufiner, d’arriver parfois en classe avec juste un synopsis griffonné à la main, parce que je n’avais pas eu le temps de faire plus, parce que mon bébé était malade,
parce que j’avais du monde à la maison tout le week-end, etc. Et le ciel ne me tombait pas sur la tête pour autant ! Les années, l’expérience aident beaucoup aussi, on peut recycler ce qui
marche bien, ne pas tout refaire à neuf d’une année sur l’autre, décider cette année je vais plus me concentrer sur les prep d’EPS  (par ex) et me
faire un répertoire perso réutilisable, et préparer moins telle autre matière que je peaufinerai l’année prochaine. On ne peut pas être à fond tout le temps, être sur tous les fronts, on est
humaines et ce n’est pas l’administration qui nous remerciera du temps supplémentaire passé à bosser, ni en salaire, ni en louanges ; d’ailleurs, l’ingratitude de la hiérarchie m’a aussi
permis de lâcher du lest !


Sinon, la rencontre avec certaines  collègues au fil des nominations dans des écoles différentes
peuvent être déterminantes . Tout à coup, on rencontre quelqu’un avec qui on se trouve immédiatement des atomes crochus, avec qui les échanges d’idées, de prep se font naturellement, ou des
collègues décomplexées pleines d’humour qui ont l’art de tout dédramatiser, ou quelqu’un à la grande expérience assortie d’une humanité exceptionnelle qui vous lâche les petites paroles qui vous
libèrent et vous font du bien, parfois sans même que celle qui les dit s’en rende compte (comme le relate Isa). Hélas, on n’a pas toujours la chance d’être nommé dans une école à bonne ambiance
ou de rencontrer des collègues avec qui le courant passe. Souvent chacun se replie sur sa classe, voire un climat de méfiance mutuelle, de compétition larvée règne carrément, où on se surveille
du coin de l’œil, où chacun essaie de tirer son épingle du jeu, où les jugements sans aménité fusent dans la salle des maitres dans le dos des collègues visées. Petites ou grandes vacheries,
trahisons et gros péchés d’égoisme («moi d’abord, les autres tant pis ») abondent dans les écoles. J’ai connu de grandes déceptions, j’ai toujours beaucoup de mal à supporter les
mesquineries et les ambiances pourries, c’est pour moi pire que l’agitation des élèves. C’est très douloureux de réaliser quelqu’un en qui on avait confiance nous a fait des coups bas. L’équipe
n’est pas toujours un recours possible, il arrive qu’elle soit à l’origine du malaise qu’on ressent. Et c’est là qu’il est important d’avoir une vie en dehors, des appuis ailleurs, de se dire que
le boulot n’est pas toute la vie.



isa 03/10/2010 23:35



oui, je suis d'accord Isabelle, il y a des ambiances pas terribles, mais chaque personne dans un autre contexte ne serait peut -être pas comme elle est là , alors pourquoi ?



anonyme 03/10/2010 22:04



Merci.


La pente est remontée, j'espère ne pas avoir à la redescendre un jour.



anonyme 03/10/2010 19:01



Une année, mon découragement s'est tranformé en une immense souffrance qui m'a value un long arrêt de travail. Certains avaient tenté de m'aider, je leur en suis reconnaissante.


Je me suis demandée si j'étais faite pour ce métier ... j'ai repris en Petite Section avec le soutien de ton blog Isa, et j'ai retrouvé le PLAISIR d'enseigner, même si ce n'est pas évident chaque
jour: MERCI!


 



isa 03/10/2010 21:52



je suis trés contente pour toi et je t'encourage à continuer cette remontée de pente.



aurélie 03/10/2010 18:32



Isa exprime de par son expérience ce que je pense sincèrement et dieu seul sait que c'est parfois dur de s'y tenir:


"Je fais du mieux que je peux et ma vie personnelle compte beaucoup pour que je sois bien dans mon travail, je dois donc me préoccuper d'équilibrer tout cela"


Merci Isa ;-)



fanny 03/10/2010 17:33



je ne sais pas en fait, je patouille...un gros sentiment d'inneficacité...je sais qu'il faut m'organiser autrement...je reste dèjà à l'école le midi et j'en profite pour faire mes affichages,
imprimer mes photos, mes comptines, lire la paperasse, faire les comptes de la coopé parfois...souffler quand j'ai le temps, manger au lance pierre...avec le soutien qui finit à 17h20, le temps
de ranger la classe ensuite, je ne pars jamais de l'école avant 18h, je suis chez moi une demi heure après, je fais une pause avec mon chéri, la douche, la préparation du repas et je me remets à
mon cahier journal sur le canapé après tout ça...On en a déjà discuté avec mes collègues et je suis la seule sur les 3 à travailler autant le soir à priori, je ne sais vraiment pas comment je me
débrouille!!! mal, visiblement...et là, il est presque 17h30 et la trame de ma semaine n'est pas prête, je ne sais pas à quelle heure je vais finir...alors le stress monte, je veux tout faire
enmême temps et  au final rien n'avance...tu me demandes que changer pour éviter ce dimanche blues mais justement c'est la question... travailler plus le samedi? pas évident, entre les
courses, la famille à aller voir et qui habite loin, les rendez-vous divers qu'on a pas réussi à caser le mercredi...ça vient de moi sans doute, je te remercie dèjà de pouvoir vider mon sac, ton
blog c'est aussi un espace où le partage, les échanges  ( dernièrement avec sev pour mon emploi du temps ) me font un bien fou et m'apportent déjà du réconfort... bon je remets au boulot si
je ne veux pas y passer la nuit...( mais je garde un oeil sur l'ordi)



isa 03/10/2010 18:13



il faudrait que tu reprennes mes articles sur le temps dans la rubrique organisation. Je crois qu'il est trés important de savoir faire des choix, ne ferais-tu pas partie de ces
personnalités qui ont peur de l'ennui  , du vide et qui se trouvent une multitude de choses pour combattre ce sentiment ? Je ne juge pas, j'ai d'ailleurs une de mes filles qui est
ainsi, elle a choisi un métier trés trés prenant et maintenant elle cherche comment avoir plus de temps pour ses enfants.


c'est une vraie ambiguité ce rapport au temps.



Béatrice 03/10/2010 17:28



Je voudrais souligner qu'une des difficultés que nous rencontrons est que notre travail ne se résume pas aux heures que nous passons à l'école... or beaucoup de gens le pensent. Une très grosse
part de notre travail ne peut se situer que :


- le soir


- le mercredi


- le week-end


- pendant les vacances


Ce qui fait que - même lorsque la personne qui partage notre vie est ouverte et compréhensive - l'Autre a toujours (souvent, trop souvent ? comment le formuler ?) l'impression que c'est du
"trop", du "surplus", ou le résultat d'une mauvaise organisation de notre part et on perçoit confusément de la culpabilité, surtout si c'est notre tendance profonde.


Je l'entends entre les lignes dans le propos de Fanny à qui son chéri dit "tu travailles encore ?".



isa 03/10/2010 18:02



ah oui c'est cela qui est complexe:travailler chez soi. Il faut y voir aussi un avantage, car après tout, on met ce travail là où on veut, on s'organise en fonction de nos désirs. C'est
tout de même agréable d'avoir cette liberté. Le revers est que l'entourage ne le voit pas toujours comme ça , la présence sous entend "exclusivité familiale", mais ce n'est pas possible, faute de
quoi la classe ne peut fonctionner sans préparation. Il faut trouver le bon équilibre et savoir se satisfaire.



fanny 03/10/2010 16:35



bonjour à toutes et à tous! je viens de parcourir cet rticle et j'avoue que les larmes me sont montées aux yeux...Je me sens aussi découragée en ce moment, la fatigue commence à peser sans
doute... Je fais moi aussi partie de celles à qui ont a fait un jour remarquer que je travaillais beaucoup, trop même ( la preuve en est que mon chéri est en train de se balader avec le chien
alors que je vais me mettre au boulot), je maudis parfois, souvent, ces dimanches après-midi où je suis coincée derrière mon ordi, mon bureau, pour préparer ma semaine. Je me maudis de mon manque
d'organisation sans doute...Et comme si ça ne suffisait pas, les soirs de semaine où je prépare mon cahier journal, toujours derrière le bureau ou sur le canapé, pour avoir l'impression de ne pas
trop délaisser mon chéri...comment ferai-je quand j'aurai des enfants? je n'ose même pas y penser...J'ai tellemnt la sensation de toujours courir après le temps, de toujours penser à l'école...Et
quand je l'entends dire presque tristement " tu travailles encore?!", comme je culpabilise et me sens nulle... comment s'organiser,arriver à tout faire de façon à ne décevoir personne? mon chéri,
ma famille, mes élèves et moi...je ne suis pas superwoman...



isa 03/10/2010 17:04



alors Fanny, que peux -tu modifier dans ton organisation pour éviter le dimanche blues ?



monique 03/10/2010 15:40



Merci, Mélina. Tu as écrit exactement ce que je ressens ! ça fait du bien de savoir qu'on n'est pas tout seul à avoir ce sentiment.


Isa, facile de dire de prendre du recul mais je me sens une énorme responsabilité envers les enfants dont j'ai la charge. Pour ceux qui se débrouillent, pas de problème mais je culpabilise
énormément envers ceux qui sont en échec, déjà à 4 ans.


Je pars du principe que tous les enfants sont capables d'apprendre la même chose mais que pour certains, il faut utiliser des chemins de traverse ou prendre beaucoup plus de temps, trouver ce qui
va leur faire un déclic il faut réfléchir au moyen de les "atteindre" quelle que soit la raison de leur retard par rapport à ce qu'on peut appeler la norme. Je n'arrive pas à me détacher de ces
enfants là et je passe beaucoup de temps, même quand je suis chez moi à faire autre chose à penser à eux car on sait très bien que souvent un enfant en difficulté a le déclic grace à un
enseignant, un professeur qui leur a donné envie, leur a montré une autre façon de faire, leur à donner de nouveaux outils, leur a fait voir les choses autrement et les a repêché.


Je passe beaucoup de temps à chercher des nouveaux outils, méthodes, tactiques...tout ce que vous voulez, pour essayer de repêcher ces enfants et cela "mange" beaucoup de ma vie personnelle.


 


Merci de mettre à disposition cet espace de parole et je vais essayer de prendre un tout petit peu de recul...essayer



isa 03/10/2010 17:02



Monique, j'entends bien ce que tu me dis, mais ce que je te dis et dis à Mélina ,c'est que nous devons penser le mieux, certes, mais que la toute-puissance dans laquelle nous aimerions
être , n'existe pas, rien n'est parfait, il y a toujours des "hic" et croire que nous allons pouvoir agir sur tous les maux que nous rencontrons est une illusion de la vie. Bien-sûr qu'il faut se
battre du mieux que l'on peut, il ne faut jamais se résigner, il faut espèrer. Simplement, je pense que nous aidons plus les enfants en étant bien dans notre peau d'enseignant parce qu'on a su
aussi souffler , aussi rire de soi, choisir la modestie et profiter des petits riens que la vie nous offre sans culpabilité. et oui ici c'est un lieu de parole qui offre la possibilité d'enfin
dire ce qu'on a sur le coeur et je te remercie de la confiance que tu m'accordes en le faisant.



aurelie 03/10/2010 14:09



grâce à Isa (que j'ai découverte dès ma première année de titularisation il y a 1 an), j'ai compris que même si j'aime mon métier, il ne doit pas passer en premier plan. C'est un bonheur qd à la
fin de la journée, je sais que mes élèves ont appris ou retenu qq chose mais ce n'est pas un tout car après le travail, il y a encore plein de petits bonheurs ... à partager ac son mari, ses
enfants, ses amis par téléphone, conversation interposée ac sa caissière ... se défouler à la piscine ou à la danse ... partir un weekend en amoureux ... et laisser pr 2 jrs les tracas derrière
soi, il sera bien assez tôt d'y revenir lundi matin ;-)


 


Je ne suis que T2, je suis passée par une LC très difficile moralement où j'ai failli tout lâcher mais jamais plus je ne culpabiliserai de n'en faire jamais assez, je fais et c'est déjà beaucoup
!



isa 03/10/2010 16:52



voilà ce qu'il est préférable de se dire: je fais du mieux que je peux et ma vie personnelle compte beaucoup pour que je sois bien dans mon travail, je dois donc me préoccuper
d'équilibrer tout cela.



lilou 03/10/2010 13:29



je n'anticie pas une inspection ratée ,j'ai acquis une certaine philosophie des inspections je sais que notre ien
est très branché ecrire tout ce que l'on fait et moi je résume ce que je fais , je ne suis pas un ecrivain et refuse de faire des roman de preparation je pense que 1H30 par jour pour le cahier
journal (car j'ai un eleve hyper difficile et il faut que j'écrive tout ce qu'il fait dans la journée ) plus trois heure les mercredis pour la prepartion de la semaine. mon soucis c est que je
n'arrive pas à me projeter sur le temps à prévoir sur trois semaines j'avance jour après jour ....car je n'ai pas d'idée sur les activités,je ne sais pas comment mettre en place les ateliers .



isa 03/10/2010 16:49



comment est-ce possible qu'une telle exigence soit faite ? sois confiante et réfléchis à l'avance sur les arguments qui te permettront de justifier ta manière de faire. Ne te résigne pas
et préserve ta vie.



segolene 03/10/2010 12:10



bonjour,


cet article est très intéressant, moi aussi j'avoue ma fatigue physique à cette période de l'année ( déjà!! et pourtant je suis jeune et n'ai pas d'enfant!!) cependant grâce à ce blog et aux
échanges j'apprends à  moins me mettre la pression de la perfection.  L'année dernière j'ai été inspectée, une classe de ce1/ce2  et je ne me suis accordée aucun répis, résultat
j'ai fini l'année sur les rotules complètement démoralisée avec l'impression de courir après ma vie. Je suis très heureuse d'avoir retrouvée la maternelle et grâce à vous je suis plus zen tout en
étant des plus motivée, c'est diffcile à expliquer, je travaille beaucoup pour ma classe mais j'apprends aussi à profitter de la vie. Ce sentiment d'être démotivée est moins présent cette année
et ça fait un bien fou. Bien sûr tout ne roule pas toujours comme je l'avais prévu mais j'arrive à relativiser, nous travaillons avec des enfants de 3/4ans tous différents, il y a toujours une
part d'incertitude quant au déroulement d'un atelier, je crois qu'il faut l'accepter, et essayer de comprendre ce qui n'a pas été et essayer de l'améliorer la prochaine fois.Je suis d'accord avec
toi Isa quand tu dis que la perfection que nous recherchons dans nos préparations est peut-être d'avantage pour nous que pour les élèves. 



isa 03/10/2010 12:15



oui Ségolène, il faut y réfléchir et s'avouer peut-être certaines choses.



Béatrice 03/10/2010 11:37



Merci Verderie pour cette histoire ! Elle met vraiment en image une réalité... je la garde en mémoire car je crois que par moments je mets le sable avant les balles de golf, moi aussi !


Quant au sentiment de découragement, je crois Isa que tu as raison de mettre l'accent sur l'importance de garder une activité pour soit, pour exister en dehors de nos autres fonctions (travail,
famille,...) car c'est dans ces moments-là que l'on se ressource et que l'on fait le plein d'énergie qui rejaillira auprès des membres de notre famille et dans notre travail.
Je crois que pour parvenir à sauvegarder ces moments où l'on a rendez-vous avec nous-mêmes - si on a tendance comme moi à se laisser déborder par le désir des autres - le mieux est d'être engagé
dans une acitivité, inscrit, car on "sautera" moins de séance.
Pour ma part je n'ai jamais lâché le chant, même lorsque j'étais seule avec mes deux petits (1 et 4 ans), je les laissais en garde à la voisine pour aller à la répétition. Je leur expliquais que
pour être une maman il fallait d'abord que je sois une femme et que je fasse des choses avec des gens de mon âge. Je crois qu'ils l'ont bien compris.



isa 03/10/2010 12:16



oui Béatrice, les petits riens qui ne sont ni la bière ni le sable .....



verderie 03/10/2010 11:07



Un petit texte que j'ai relu, il y a quelques jours, et qui me permet de remettre les choses à leur juste place....quand je ne me sens plus en phase avec moi-même et mes proches...


LE POT DE MAYONNAISE ET LA BIÈRE !

Quand les choses de la vie te paraissent incontrôlables, quand 24 heures dans une journée ne suffisent pas, souviens-toi du pot de mayonnaise... et de la bière.
Un professeur était debout devant sa classe de philosophie et avait quelques articles sur le bureau devant lui. Quand le cours débuta, sans dire un mot, il prit un grand pot de mayonnaise vide et
il commença à le remplir de balles de golf. Ensuite, il demanda aux étudiants si le pot était plein.
Les étudiants dirent : " Oui ".
Alors, le professeur prit une boîte de billes et en mit dans le pot. Il brasse le pot de mayonnaise. Les cailloux roulèrent partout autour des balles de golf. Il demanda encore aux étudiants si
le pot était plein.
Les étudiants dirent : " Oui ".
Le professeur prit ensuite un sac de sable et en versa dans le pot. Le sable s’intégra partout entre les balles de golf et les billes. Il demanda encore si le pot était plein.
Les étudiants répondirent unanimement : " Oui ".
Le professeur prit alors une bouteille de bière sous la table et la versa dans le pot de mayonnaise remplissant effectivement tout l’espace libre entre le sable. Les étudiants se mirent à
rire.
"Maintenant, dit le professeur, je voudrais vous montrer comment ce pot de mayonnaise représente votre vie. Les balles de golf sont les choses les plus importantes dans votre vie : votre famille,
vos enfants, votre santé, vos amis, vos passions : des choses que même si vous veniez à perdre tout le reste, s’il ne vous restait que celles-là, votre vie serait bien remplie.
Les billes représentent les autres choses qui ont une importance pour vous comme votre travail, votre maison, votre automobile.
Et le sable est tout le reste : des petites choses sans vraiment d’importance. Si vous placez le sable en premier dans le pot, dit-il, il n’y aura plus de place pour les billes et les balles de
golf.
C’est la même chose dans votre vie. Si vous dépensez toute votre énergie pour des affaires secondaires, il n’y aura jamais de place pour celles qui sont importantes pour vous. Portez une
attention toute particulière aux choses qui sont nécessaires à votre bonheur : jouer avec vos enfants, prendre le temps de passer un examen médical régulier, aller au restaurant avec son conjoint
ou sa conjointe, rencontrer vos amis régulièrement, visiter vos parents plus souvent, jouer un autre 18 trous, etc. Il restera toujours du temps pour nettoyer la maison ou sortir les ordures.
Prenez soin des balles de golf en premier, les choses vraiment importantes. Ayez des priorités, le reste c’est juste du sable."
Un des étudiants leva sa main et demanda au professeur : " Et la bière dans tout ça ? "
Le professeur se mit à sourire et dit : "Je suis heureux que tu me le demandes. C’est juste pour vous montrer que même si votre vie est remplie à pleine capacité, il y a toujours de la place pour
une bonne petite bière ".


Je pense comme Isa, qu'il faut modifier le regard que nous portons sur notre  propre pratique. Certes, cette pratique est perfectible, mais elle n'est déjà pas si mal. Si, si,
il faut s'en convaincre ! 


Verderie, qui apprend à se délester des grains de sable...



isa 03/10/2010 11:34



merci Verderie de nous proposer ce texte plein de bon sens.



lilou 03/10/2010 10:47



bonjour, comme je me reconnais dans vos commentaires ....seule et 4 enfants qui subissent les longues préparations de classe , oh comme ils sont autonomes me disent mes amis ....je n'en suis pas
fière , ils le sont par la force des choses ...


alors j'ai réduit mes temps de préparation et tant pis si ce n'est pas tout écrit, tout beau avec une belle mise en page , et puis j'ai aussi décidé de faire comme si ...comme si j'étais une
secrétaire : nous rentrons vers 19H00 soutien + préparation classe our le lendemain ...à la maison je ne fais rien pour l'école .


les mercredis mes loulous le savent je travaille pour l'école et ainsi je nous garde le week end .Notre métier est un vampire qui nous en demande toujours plus .


bientôt l'ien m'inspectera ,il me descendra parce que je n'ai pas tout écrit peut -être , mais ce n'ai pas grave , mes enfants ma famille passe avant l'école désormais ...et pourtant il s'en
passe des choses dans ma classe meme si je suis un peu à côté de la plaque parce que je viens du cycle 3 , je sais que je prépare énormément .et vous savez quoi je fais partie de celle à qui un
jour on adit "j'en ai marre de ton travail qui ne s'arrête jamais" je refuse que mes enfants me le disent un jour .



isa 03/10/2010 11:07



merci Lilou pour ton témoignage qui aidera sûrement d'autres qui le liront. Par contre, je ne suis pas d'accord sur le fait que tu anticipes une inspection "ratée", je crois que nous
influençons les choses en les pensant positives. A quoi bon imaginer le pire, pensons plutôt le meilleur et si celui-ci n'arrive pas , au moins cela ne nous aura pas gâcher la vie pendant des
jours et des jours, et puis la déception sera égale à celle que nous aurions eue en anticipant négativement, donc conclusion pensons à ce que nous voudrions et nous aurons plus de chance de
l'obtenir car  étant dans cet état d'esprit , nous suscitons la réussite, notre confiance nous influence, c'est le cercle vertueux. Je pratique cette méthode et j'avoue que la vie me sourit.
Tout à fait d'accord avec toi sur la priorité familiale ....



vio 03/10/2010 09:58



Bonjour
Moi aussi je me sens découragée. 32 élèves (6 petits et 26 grands), la direction. J'ai pleuré dans la classe, dans le bureau. S'arrêter n'est pas la solution. Notre métier est très prenant, trop
? Je suis patiente avec les élèves, et craque le soir avec mes propres enfants. (Mari quasi absent de part son travail). Et puis une fois qu'ils sont couchés on se remet au travail parce que on
veut une classe qui tourne et qu'il faut bien "penser" les apprentissages en amont. Gros moments de doute et de solitude pour moi. oui je suis d'accord, il faut trouver du temps pour soi, pour
faire autre chose, mais quand ? trouver une baby sitter ? et comment ne pas culpabiliser parce qu'on les laisse encore une fois alors qu'on n'a déjà pas beaucoup de temps pour eux ?
Voilà trois semaines que j'ai envie de pleurer... et pourtant je suis passionnée par notre métier, j'ai envie d'avancer, d'apprendre encore et encore pour faire encore mieux.
Merci pour ton soutien Isa



isa 03/10/2010 10:57



je trouve bien que tu oses nous confier ton désarroi et je suis complètement bouleversée par tes mots car je sens bien la lourdeur du poids que tu portes. Ce n'est pas par hasard que
j'avais programmé cet article à cette époque car il s'agit de la période où la fatigue prend le pas sur l'énergie. On entend bien dans ton témoignage la fatigue accumulée, effectivement 32 élèves
c'est ( pour moi) de la folie, il faut renoncer à travailler de la même façon qu'à 25, il faut être modeste. Ce n'est pas pour toi uniquement, mais c'est aussi pour les élèves qui subissent aussi
cette fatigue due au nombre. Ce blog a pour but entre autres de vous aider et de vous faire gagner du temps, il ne faut pas que vous vous sentiez obligées de faire tout ce qui est proposé, je
l'ai dit et redit, chacun doit adapter selon ses conditions de travail. J'ai eu moi aussi 33 élèves et mes 4 à la maison (dont un bébé , ma dernière), j'ai eu des grands coups de fatigue mais je
travaillais dans une école où l'ambiance entre collègues étaient super, cela m'a énormément aidée, quand j'insiste sur cet esprit de cohésion et d'entraide, je crois vraiment que cela peut faire
la différence. Bien-sûr tu me dis que tu es directrice, c'est une charge supplémentaire. Que est pour toi, le plus difficile : la classe ou la direction ?


quant à la vie de famille, c'est aussi une priorité. Personnellement, je ne travaillais à ma classe que le soir, lorsque mes enfants étaient couchés, moi aussi, j'étais souvent seule le
soir et parfois les week-end, je m'accordais une heure de danse par semaine, et sinon j'utilisais un vélo d'appartement sur lequel je lisais ( je lis toujours en pédalant d'ailleurs), ce qui fait
que j'étais là avec mes enfants et je faisais du sport pour m'aérer la tête. Des petits trucs, chercher des petits trucs qui vont te donner une bouffée d'air tout en s'accordant avec tes
priorités. Nous avons chacun nos propres réponses et dans ton cas, il y en a, ce sont souvent des petits riens auxquels on ne pense pas toujours. Je reste à ton écoute. 



Mélina 03/10/2010 09:32



"je me sens découragée" : c'est exactement ce que je ressens ce matin, lorsque j'ouvre mon ordinateur pour travailler... J'ai hésité à écrire car mon découragement ne se situe pas au niveau de
l'autorité dans ma classe mais la dernière partie de ton article sur la perfection, sur l'idéalisation, sur la nécessité d'avoir une vie à côté font pleinement écho chez moi. Je suis déjà
fatiguée physiquement et moralement. Comment tout faire ? Comment préparer sa classe dans les règles de l'art , avec les objectifs, les compétences...comment préparer des projets intéressants,
comment prendre du temps pour lire de la pédagogie et comment trouver du temps pour sa famille, pour sa maison, ses amis, pour soi !... J'ai l'impression de tout mal faire, de tout faire vite et
pourtant je ne suis pas une débutante. Internet, c'est formidable mais demande du temps aussi. Plus les années passent et plus je découvre comment améliorer mon travail mais à chaque fois cela
prend du temps et cela me décourage car je prends conscience que je suis encore loin d'approcher la perfection : et oui, je crois que j'aimerais que tout soit bien mais je n'y arrive pas !
Difficile d'être satisfaite de soi...Difficile de ne pas culpabiliser vis à vis de sa famille...Parfois, je me dis que je ne suis pas faite pour ce métier, que je ne suis pas douée si je passe
autant de temps après toutes ces années ; comment faites-vous ??? Tu vois Isa, je déborde du sujet mais en lisant ton article, de nombreux mots ont fait écho...



isa 03/10/2010 10:38



je crois Mélina, qu'il faut sortir de ce désir de perfection et accepter l'incertitude, tu as plus de chance de réussir en étant satisfaite de toi qu'en cherchant toujours mieux. Ce que
tu ne vois pas, ce sont tes qualités, à tes yeux ,elles ne sont pas suffisantes, tu te compares aux autres sans savoir réellement ce que les autres sont, uniquement sur des images( pour le blog)
ou sur ta propre dévalorisation. Nous avons tous nos failles et nos défauts, j'en ai pleins. Moi aussi, j'ai pensé que ce travail était au-dessus de mes forces, mais je pense que c'est bon pour
toutes les professions, on s'imagine toujours que les autres vivent mieux que nous leur métier, mais des sentiments sont partagés, je le vois bien avec mes enfants qui exercent d'autres métiers
que le mien et qui parfois, parlent de la difficulté de telle ou telle chose. Préserve toi en t'accordant le droit à l'imperfection. J'avais une collègue dans une école où j'ai travaillé qui
passait sa vie à l'école, qui préparait énormément et qui fignolait tout ce qu'elle faisait, c'était beau, elle travaillait bien, elle était célibataire sans enfant. A l'époque , j'avais déjà
deux petits bouts à la maison et je me disais: " Finalement, crois tu vraiment que la différence entre ce que tu fais et ce qu'elle fait se verra sur la réussite des élèves ?" Non, entre
quelqu'un qui travaille correctement mais sans plus car sa vie personnelle est aussi une priorité et une personne qui y passe sa vie, je ne pense pas que les élèves soient moins bien pris en
charge. Donc conclusion, c'est uniquement pour soi-même qu'on décide d'y passer sa vie. Réfléchis bien à cela Mélina.